Tajemniczy rybak. Le Pilote du Danube - Juliusz Verne

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Le Pilote du Danube

I. Au concours de Sigmaringen

Ce jour-la, samedi 5 ao?t 1876, une foule nombreuse et bruyante remplissait le cabaret a l'enseigne du Rendez-vous des P?cheurs. Chansons, cris, chocs des verres, applaudissements, exclamations se fondaient en un terrible vacarme que dominaient, a intervalles presque réguliers, ces hoch ! par lesquels a coutume de s'exprimer la joie allemande a son paroxysme.

Les fen?tres de ce cabaret donnaient directement sur le Danube, a l'extrémité de la charmante petite ville de Sigmaringen, capitale de l'enclave prussienne de Hohenzollern, située presque a l'origine de ce grand fleuve de l'Europe centrale.

Obéissant a l'invitation de l'enseigne peinte en belles lettres gothiques au-dessus de la porte d'entrée, c'est la que s'étaient réunis les membres de la Ligue Danubienne, société internationale de p?cheurs appartenant aux diverses nationalités riveraines. Il n'est pas de joyeuse réunion sans notable beuverie. Aussi buvait-on de bonne bi?re de Munich et de bon vin de Hongrie a pleines chopes et a pleins verres. On fumait aussi, et la grande salle était tout obscurcie par la fumée odorante que les longues pipes crachaient sans relâche. Mais, si les sociétaires ne se voyaient plus, ils s'entendaient de reste, a moins qu'ils ne fussent sourds.

Calmes et silencieux dans l'exercice de leurs fonctions, les p?cheurs a la ligne sont, en effet, les gens les plus bruyants du monde d?s qu'ils ont remisé leurs attributs. Pour raconter leurs hauts faits, ils valent les chasseurs, ce qui n'est pas peu dire.

On était a la fin d'un déjeuner des plus substantiels, qui avait rassemblé autour des tables du cabaret une centaine de convives, tous chevaliers de la gaule, enragés de la flotte, fanatiques de l'hameçon. Les exercices de la matinée avaient sans doute singuli?rement altéré leurs gosiers, a en juger par le nombre de bouteilles figurant au milieu de la desserte. Maintenant, c'était le tour des nombreuses liqueurs que les hommes ont imaginées pour succéder au café.

Trois heures apr?s midi sonnaient, lorsque les convives, de plus en plus montés en couleur, quitt?rent la table. Pour ?tre franc, quelques-uns titubaient et n'auraient pu se passer compl?tement du secours de leurs voisins. Mais le plus grand nombre se tenaient fermes sur leurs jambes, en braves et solides habitués de ces longues séances épulatoires, qui se renouvelaient plusieurs fois dans l'année a propos des concours de la Ligue Danubienne.

De ces concours tr?s suivis, tr?s f?tés, grande était la réputation sur tout le cours du cél?bre fleuve jaune, et non pas bleu comme le chante la fameuse valse de Strauss. Du duché de Bade, du Wurtemberg, de la Bavi?re, de l'Autriche, de la

Hongrie, de la Roumanie, de la Serbie, et m?me des provinces turques de Bulgarie et de Bessarabie, les concurrents affluaient.

La Société comptait déja cinq années d'existence. Tr?s bien administrée par son Président, le Hongrois Miclesco, elle prospérait. Ses ressources toujours croissantes lui permettaient d'offrir des prix importants dans ses concours, et sa banni?re étincelait des glorieuses médailles conquises de haute lutte sur des associations rivales. Tr?s au courant de la législation relative a la p?che fluviale, son Comité directeur soutenait ses adhérents, tant contre l'État que contre les particuliers, et défendait leurs droits et privil?ges avec cette ténacité, on pourrait dire cet ent?tement professionnel, spécial au bip?de que ses instincts de p?cheur a la ligne rendent digne d'?tre classé dans une catégorie particuli?re de l'humanité.

Le concours qui venait d'avoir lieu était le deuxi?me de cette année 1876. D?s cinq heures du matin, les concurrents avaient quitté la ville pour gagner la rive gauche du Danube, un peu en aval de Sigmaringen. Ils portaient l'uniforme de la Société : blouse courte laissant aux mouvements toute leur liberté, pantalon engagé dans des bottes a forte semelle, casquette blanche a large visi?re. Bien entendu, ils possédaient la collection compl?te des divers engins énumérés au Manuel du P?cheur : cannes, gaules, épuisettes, lignes empaquetées dans leur enveloppe de peau de daim, flotteurs, sondes, grains de plomb fondus de toutes tailles pour les plombées, mouches artificielles, cordonnet, crin de Florence. La p?che devait ?tre libre, en ce sens que les poissons, quels qu'ils fussent, seraient de bonne prise, et chaque p?cheur pourrait amorcer sa place comme il l'entendrait.

A six heures sonnant, quatre-vingt-dix-sept concurrents exactement étaient a leur poste, la ligne flottante en main, pr?ts a lancer l'hameçon. Un coup de clairon donna le signal, et les quatre-vingt-dix-sept lignes se tendirent du m?me mouvement au-dessus du courant.

Le concours était doté de plusieurs prix, dont les deux premiers, d'une valeur de cent florins chacun, seraient attribués au p?cheur qui aurait le plus grand nombre de poissons et a celui qui capturerait la plus lourde pi?ce.

Il n'y eut aucun incident jusqu'au second coup de clairon, qui, a onze heures moins cinq, clôtura le concours. Chaque lot fut alors soumis au jury composé du Président Miclesco et de quatre membres de la Ligue Danubienne. Que ces hauts et puissants personnages prissent leur décision en toute impartialité et de telle sorte qu'aucune réclamation ne f?t possible, bien qu'on ait la t?te chaude dans le monde particulier des p?cheurs a la ligne, nul ne le mit en doute un seul instant. Toutefois, il fallut s'armer de patience pour connaître le résultat de leur consciencieux examen, l'attribution des divers prix, soit du poids, soit du nombre, devant rester secr?te jusqu'a l'heure de la distribution des récompenses, précédée d'un repas qui allait réunir tous les concurrents en de fraternelles agapes.

Cette heure était arrivée. Les p?cheurs, sans parler des curieux venus de Sigmaringen, attendaient, confortablement assis, devant l'estrade sur laquelle se tenaient le Président et les autres membres du Jury.

Et, en vérité, si les si?ges, bancs ou escabeaux, ne faisaient point défaut, les tables ne manquaient pas non plus, ni, sur les tables, les moss de bi?re, les flacons de liqueurs variées, ainsi que les verres grands et petits.

Chacun ayant pris place, et les pipes continuant a fumer de plus belle, le Président se leva.

" Écoutez !... Écoutez !... " cria-t-on de tous côtés.

M. Miclesco vida au préalable un bock écumeux dont la mousse perla sur la pointe de ses moustaches.

" Mes chers coll?gues, dit-il en allemand, langue comprise de tous les membres de la Ligue Danubienne malgré la diversité de leurs nationalités, ne vous attendez pas a un discours classiquement ordonné, avec préambule, développement et conclusion. Non, nous ne sommes pas ici pour nous griser de harangues officielles, et je viens seulement causer de nos petites affaires, en bons camarades, je dirai m?me en fr?res, si cette qualification vous paraît justifiée pour une assemblée internationale.

Ces deux phrases, un peu longues comme toutes celles qui se débitent généralement au commencement d'un discours, m?me quand l'orateur se défend de discourir, furent accueillies par d'unanimes applaudissements, auxquels se joignirent de nombreux tr?s bien ! tr?s bien ! mélangés de hoch !, voire de hoquets. Puis, au Président levant son verre, tous les verres pleins firent raison.

M. Miclesco continua son discours en mettant le p?cheur a la ligne au premier rang de l'humanité. Il fit valoir toutes les qualités, toutes les vertus dont l'a pourvu la généreuse nature. Il dit ce qu'il lui faut de patience, d'ingéniosité, de sang-froid, d'intelligence supérieure, pour réussir dans cet art, car, plutôt qu'un métier, c'est un art, qu'il plaça bien au-dessus des prouesses cynégétiques dont se vantent a tort les chasseurs.

" Pourrait-on comparer, s'écria-t-il, la chasse a la p?che ?

- Non !... non !..., fut-il répondu par toute l'assistance.

- Quel mérite y a-t-il a tuer un perdreau ou un li?vre, lorsqu'on le voit a bonne portée, et qu'un chien - est-ce que nous avons des chiens, nous ? - l'a dépisté a votre profit ?... Ce gibier, vous l'apercevez de loin, vous le visez a loisir et vous l'accablez d'innombrables grains de plomb, dont la plupart sont tirés en pure perte !... Le poisson, au contraire, vous ne pouvez le suivre du regard... Il est caché sous les eaux... Ce qu'il faut de man?uvres adroites, de délicates invites, de dépense intellectuelle et d'adresse, pour le décider a mordre a votre hameçon, pour le ferrer, pour le sortir de l'eau, tantôt pâmé a l'extrémité de la ligne, tantôt frétillant et, pour ainsi dire, applaudissant lui-m?me a la victoire du p?cheur ! "

Cette fois, ce fut un tonnerre de bravos. Assurément, le Président Miclesco répondait aux sentiments de la Ligue Danubienne. Comprenant qu'il ne pourrait jamais aller trop loin dans l'éloge de ses confr?res, il n'hésita pas, sans craindre d'?tre taxé d'exagération, a placer leur noble exercice au-dessus de tous les autres, a élever jusqu'aux nues les fervents disciples de la science piscicaptologique, a évoquer m?me le souvenir de la superbe déesse qui présidait aux jeux piscatoriens de l'ancienne Rome dans les cérémonies halieutiques.

Ces mots furent-ils compris ? Probablement, puisqu'ils provoqu?rent de véritables trépignements d'enthousiasme.

Alors, apr?s avoir repris haleine en vidant une chope de bi?re neigeuse :

" Il ne me reste plus, dit-il, qu'a nous féliciter de la prospérité croissante de notre Société, qui recrute chaque année de nouveaux membres et dont la réputation est si bien établie dans toute l'Europe centrale. Ses succ?s, je ne vous en parlerai pas. Vous les connaissez, vous en avez votre part, et c'est un grand honneur que de figurer dans ses concours ! La presse allemande, la presse tch?que, la presse roumaine ne lui ont jamais marchandé leurs éloges si précieux, j'ajoute si mérités, et je porte un toast, en vous priant de me faire raison, aux journalistes qui se dévouent a la cause internationale de la Ligue Danubienne ! "

Certes, on fit raison au Président Miclesco. Les flacons se vid?rent dans les verres, et les verres se vid?rent dans les gosiers, avec autant de facilité que l'eau du grand fleuve et de ses affluents s'écoule dans la mer.

On en f?t demeuré la, si le discours présidentiel e?t pris fin sur ce dernier toast. Mais d'autres toasts s'imposaient, d'une aussi évidente opportunité.

En effet, le Président s'était redressé de toute sa hauteur, entre le secrétaire et le trésorier également debout. De la main droite, chacun d'eux tenait une coupe de champagne, la main gauche posée sur le c?ur.

" Je bois a la Ligue Danubienne ", dit M. Miclesco en couvrant l'assistance du regard.

Tous s'étaient levés, une coupe au niveau des l?vres. Les uns montés sur les bancs, quelques autres sur les tables, on répondit avec un ensemble parfait a la proposition de M. Miclesco.

Celui-ci, les coupes vides, reprit de plus belle, apr?s avoir puisé aux intarissables flacons placés devant ses assesseurs et lui :

" Aux nationalités diverses, aux Badois, aux Wurtembergeois, aux Bavarois, aux Autrichiens, aux Hongrois, aux Serbes, aux Valaques, aux Moldaves, aux Bulgares, aux Bessarabiens que la Ligue Danubienne compte dans ses rangs ! "

Et Bessarabiens, Bulgares, Moldaves, Valaques, Serbes, Hongrois, Autrichiens, Bavarois, Wurtembergeois, Badois lui répondirent comme un seul homme en absorbant le contenu de leurs coupes.

Enfin le Président termina sa harangue, en annonçant qu'il buvait a la santé de chacun des membres de la Société. Mais, leur nombre atteignant quatre cent soixante-treize, il fut malheureusement obligé de les grouper dans un seul toast.

On y répondit d'ailleurs par mille et mille hoch ! qui se prolong?rent jusqu'a extinction des forces vocales.

Ainsi s'acheva le second numéro du programme, dont le premier avait pris fin avec les exercices épulatoires. Le troisi?me allait consister dans la proclamation des lauréats.

Chacun attendait avec une anxiété bien naturelle, car, ainsi qu'il a été dit, le secret du Jury avait été gardé. Mais le moment était venu o? on le connaîtrait enfin.

Le Président Miclesco se mit en devoir de lire la liste officielle des récompenses dans les deux catégories.

Conformément aux statuts de la Société, les prix de moindre valeur seraient proclamés les premiers, ce qui donnerait a la lecture de cette sorte de palmar?s un intér?t grandissant.

A l'appel de leur nom, les lauréats des prix inférieurs dans la catégorie du nombre se présent?rent devant l'estrade. Le Président leur donna l'accolade, en leur remettant un diplôme et une somme d'argent variable suivant le rang obtenu.

Les poissons que contenaient les filets étaient de ceux que tout p?cheur peut prendre dans les eaux du Danube : épinoches, gardons, goujons, plies, perches, tanches, brochets, chevesnes et autres. Valaques, Hongrois, Badois, Wurtembergeois figuraient dans la nomenclature de ces prix inférieurs.

Le deuxi?me prix fut attribué, pour soixante-dix-sept poissons capturés, a un Allemand du nom de Weber dont le succ?s fut accueilli par de chaleureux applaudissements. Ledit Weber était, en effet, fort connu de ses confr?res. Maintes et maintes fois déja, il avait été classé dans les rangs supérieurs lors des précédents concours, et l'on s'attendait généralement a ce qu'il remportât le premier prix du nombre, ce jour-la.

Non, soixante-dix-sept poissons seulement figuraient dans son filet, soixante-dix-sept bien comptés et recomptés, alors qu'un concurrent, sinon plus habile, du moins plus heureux, en avait rapporté quatre-vingt-dix-neuf dans le sien.

Le nom de ce maître p?cheur fut alors proclamé. C'était le Hongrois Ilia Brusch.

L'assemblée tr?s surprise n'applaudit pas, en entendant le nom de ce Hongrois inconnu des membres de la Ligue Danubienne, dans laquelle il n'était entré que tout récemment.

Le lauréat n'ayant pas cru devoir se présenter pour toucher la prime de cent florins, le Président Miclesco passa sans plus tarder a la liste des vainqueurs dans la catégorie du poids. Les primés furent des Roumains, des Slaves et des Autrichiens. Lorsque le nom auquel était attribué le second prix fut prononcé, ce nom fut applaudi comme l'avait été celui de l'Allemand Weber. M. Ivetozar, l'un des assesseurs, triomphait avec un chevesne de trois livres et demie, qui e?t assurément échappé a un p?cheur possédant moins d'adresse et de sang-froid. C'était l'un des membres les plus en vue, les plus actifs, les plus dévoués de la Société, et c'est lui qui, a cette époque, avait remporté le plus grand nombre de récompenses. Aussi fut-il salué par d'unanimes applaudissements.

Il ne restait plus qu'a décerner le premier prix de cette catégorie, et les c?urs palpitaient en attendant le nom du lauréat.

Quel ne fut pas l'étonnement, plus que l'étonnement, quelle ne fut pas la stupéfaction générale, lorsque le Président Miclesco, d'une voix dont il ne pouvait modérer le tremblement, laissa tomber ces mots :

" Premier au poids pour un brochet de dix-sept livres, le Hongrois Ilia Brusch ! "

Un grand silence se fit dans l'assistance. Les mains pr?tes a battre demeur?rent immobiles, les bouches pr?tes a acclamer le vainqueur se turent. Un vif sentiment de curiosité immobilisait tout le monde.

Ilia Brusch allait-il enfin apparaître ? Viendrait-il recevoir du Président Miclesco les diplômes d'honneur et les deux cents florins qui les accompagnaient ?

Soudain un murmure courut a travers l'assemblée.

Un des assistants, qui, jusque-la, s'était tenu un peu a l'écart, se dirigeait vers l'estrade.

C'était le Hongrois Ilia Brusch.

A en juger par son visage soigneusement rasé, que couronnait une épaisse chevelure d'un noir d'encre, Ilia Brusch n'avait pas dépassé trente ans. D'une stature au-dessus de la moyenne, large d'épaules, bien planté sur ses jambes, il devait ?tre d'une force peu commune. On pouvait ?tre surpris, en vérité, qu'un gaillard de cette trempe se compl?t aux placides distractions de la p?che a la ligne, au point d'avoir acquis dans cet art difficile la maîtrise dont le résultat du concours donnait une irrécusable preuve.

Autre particularité assez bizarre, Ilia Brusch devait, d'une mani?re ou d'une autre, ?tre affligé d'une affection de la vue. De larges lunettes noires cachaient, en effet, ses yeux, dont il e?t été impossible de reconnaître la couleur. Or, la vue est le plus précieux des sens pour qui se passionne aux imperceptibles mouvements de la flotte, et de bons yeux sont nécessaires a qui veut déjouer les multiples ruses du poisson.

Mais, que l'on f?t ou que l'on ne f?t pas étonné, il n'y avait qu'a s'incliner. L'impartialité du Jury ne pouvant ?tre suspectée, Ilia Brusch était le vainqueur du concours, et cela dans des conditions que personne, de mémoire de ligueur, n'avait jamais réunies. L'assemblée se dégela donc, et des applaudissements suffisamment sonores salu?rent le triomphateur, au moment o? il recevait ses diplômes et ses primes des mains du Président Miclesco.

Cela fait, Ilia Brusch, au lieu de descendre de l'estrade, eut un court colloque avec le Président, puis se retourna vers l'assemblée intriguée, en réclamant du geste un silence qu'il obtint comme par enchantement.

" Messieurs et chers coll?gues, dit Ilia Brusch, je vous demanderai la permission de vous adresser quelques mots, ainsi que notre Président veut bien m'y autoriser. "

On aurait entendu voler une mouche dans la salle tout a l'heure si bruyante. A quoi tendait cette allocution non prévue au programme ?

" Je désire d'abord vous remercier, continuait Ilia Brusch, de votre sympathie et de vos applaudissements, mais je vous prie de croire que je ne m'enorgueillis pas plus qu'il ne convient du double succ?s que je viens d'obtenir. Je n'ignore pas que ce succ?s, s'il e?t appartenu au plus digne, e?t été remporté par quelque membre plus ancien de la Ligue Danubienne, si riche en valeureux p?cheurs, et que je le dois, plutôt qu'a mon mérite, a un hasard favorable. "

La modestie de ce début fut vivement appréciée de l'assistance, d'o? plusieurs tr?s bien ! s'élev?rent en sourdine.

" Ce hasard favorable, il me reste a le justifier, et j'ai conçu dans ce but un projet que je crois de nature a intéresser cette réunion d'illustres p?cheurs.

" La mode, vous ne l'ignorez pas, mes chers coll?gues, est aux records. Pourquoi n'imiterions-nous pas les champions d'autres sports, inférieurs au nôtre a coup s?r, et ne tenterions-nous pas d'établir le record de la p?che ? "

Des exclamations étouffées coururent dans l'auditoire. On entendit des ah ! ah !, des tiens ! tiens !, des pourquoi pas ?, chaque sociétaire traduisant son impression selon son tempérament particulier.

" Quand cette idée, poursuivait cependant l'orateur, m'est venue pour la premi?re fois a l'esprit, je l'ai adoptée sur-le-champ, et sur-le-champ j'ai compris dans quelles conditions elle devait ?tre réalisée. Mon titre d'associé de la Ligue Danubienne limitait, d'ailleurs, le probl?me. Ligueur du Danube, c'est au Danube seul qu'il me fallait demander l'heureuse issue de mon entreprise. J'ai donc formé le projet de descendre notre glorieux fleuve, de sa source m?me a la mer Noire, et de vivre, durant ce parcours de trois mille kilom?tres, exclusivement du produit de ma p?che.

" La chance qui m'a favorisé aujourd'hui augmenterait encore, s'il était possible, mon désir d'accomplir ce voyage, dont, j'en suis certain, vous apprécierez l'intér?t, et c'est pourquoi, d?s a présent, je vous annonce mon départ, fixé au 10 ao?t, c'est-a-dire a jeudi prochain, en vous donnant rendez-vous, ce jour-la, au point précis o? commence le Danube. "

Il est plus facile d'imaginer que de décrire l'enthousiasme que provoqua cette communication inattendue. Pendant cinq minutes, ce fut une temp?te de hoch ! et d'applaudissements frénétiques.

Mais un tel incident ne pouvait se terminer ainsi. M. Miclesco le comprit, et, comme toujours, il agit en véritable président. Un peu lourdement peut-?tre, il se leva une fois de plus entre ses deux assesseurs.

" A notre coll?gue Ilia Brusch ! dit-il d'une voix émue, en brandissant une coupe de champagne.

- A notre coll?gue Ilia Brusch ! " répondit l'assemblée avec un bruit de tonnerre, auquel succéda immédiatement un profond silence, les humains n'étant pas conformés, par suite d'une regrettable lacune, de mani?re a pouvoir crier et boire en m?me temps.

Toutefois, le silence fut de courte durée Le vin pétillant eut tôt fait de rendre aux gosiers lassés une vigueur nouvelle, ce qui leur permit de porter encore d'innombrables santés, jusqu'au moment o? fut clôturé, au milieu de l'allégresse générale, le fameux concours de p?che ouvert ce jour-la, samedi 5 ao?t 1876, par la Ligue Danubienne, dans la charmante petite ville de Sigmaringen.

II. Aux sources du Danube.

En annonçant a ses coll?gues réunis au Rendez-vous des P?cheurs son projet de descendre le Danube, la ligne a la main, Ilia Brusch avait-il ambitionné la gloire ? Si tel était son but, il pouvait se vanter de l'avoir atteint.

La presse s'était emparée de l'incident, et tous les journaux de la région danubienne, sans exception, avaient consacré au concours de Sigmaringen une copie plus ou moins abondante, mais toujours capable de chatouiller agréablement l'amour-propre du vainqueur, dont le nom était en passe de devenir tout a fait populaire.

D?s le lendemain, dans son numéro du 6 ao?t, la Neue Freie Press, de Vienne, notamment, avait inséré ce qui suit :

" Le dernier concours de p?che de la Ligue Danubienne s'est terminé hier a Sigmaringen sur un véritable coup de théâtre, dont un Hongrois du nom d'Ilia Brusch, hier inconnu, aujourd'hui presque cél?bre, a été le héros.

" Qu'a donc fait Ilia Brusch, demandez-vous, pour mériter une gloire aussi soudaine ?

" En premier lieu, cet habile homme a réussi a s'adjuger les deux premiers prix du poids et du nombre, en distançant de loin tous ses concurrents, ce qui, paraît-il, ne s'était jamais vu depuis qu'il existe des concours de ce genre. Ce n'est déja pas mal. Mais il y a mieux.

" Quand on a récolté une pareille moisson de lauriers, quand on a remporté une aussi éclatante victoire, il semblerait qu'on soit en droit de go?ter un repos mérité. Or, tel n'est pas l'avis de ce Hongrois étonnant, qui se prépare a nous étonner plus encore.

" Si nous sommes bien informés - et l'on connaît la s?reté de nos informations - Ilia

Brusch aurait annoncé a ses coll?gues qu'il se proposait de descendre, la ligne a la main, tout le Danube, depuis sa source, dans le duché de Bade, jusqu'a son embouchure, dans la mer Noire, soit un parcours de trois mille kilom?tres environ.

" Nous tiendrons nos lecteurs au courant des péripéties de cette originale entreprise.

" C'est jeudi prochain, 10 ao?t, qu'Ilia Brusch doit se mettre en route. Souhaitons- lui bon voyage, mais souhaitons aussi que le terrible p?cheur n'extermine pas, jusqu'au dernier représentant, la gent aquatique qui peuple les eaux du grand fleuve international ! "

Ainsi s'exprimait la Neue Freie Press de Vienne. Le Pester Lloyd de Budapest ne se montrait pas moins chaleureux, non plus que le Srbské Noviné de Belgrade et le Românul de Bucarest, dans lesquels la note se haussait aux dimensions d'un véritable article.

Cette littérature était bien faite pour attirer l'attention sur Ilia Brusch, et, s'il est vrai que la presse soit le reflet de l'opinion publique, celui-ci pouvait s'attendre a exciter un intér?t grandissant a mesure que se poursuivrait son voyage.

Dans les principales villes du parcours ne trouverait-il pas, d'ailleurs, des membres de la Ligue Danubienne, qui considéreraient comme un devoir de contribuer a la gloire de leur coll?gue ? Nul doute qu'il ne reç?t d'eux assistance et secours, en cas de besoin.

D?s a présent, les commentaires de la presse obtenaient un franc succ?s parmi les p?cheurs a la ligne. Aux yeux de ces professionnels, l'entreprise d'Ilia Brusch acquérait une énorme importance, et nombre de ligueurs, attirés a Sigmaringen par le concours qui venait de finir, s'y étaient attardés, afin d'assister au départ du champion de la Ligue Danubienne.

Quelqu'un qui n'avait pas a se plaindre de la prolongation de leur séjour, c'était, a coup s?r, le patron du Rendez-vous des P?cheurs. Dans l'apr?s-midi du 8 ao?t, avant-veille du jour fixé par le lauréat pour le début de son original voyage, plus de trente buveurs continuaient a mener joyeuse vie dans la grande salle du cabaret, dont la caisse, étant données les facultés absorbantes de cette client?le de choix, connaissait des recettes inespérées.

Pourtant, malgré la proximité de l'événement qui avait retenu ces curieux dans la capitale du Hohenzollern, ce n'est pas du héros du jour que l'on s'entretenait, le soir du 8 ao?t, au Rendez-vous des P?cheurs. Un autre événement, plus important encore pour ces riverains du grand fleuve, servait de th?me a la conversation générale et mettait tout ce monde en rumeur.

Cette émotion n'avait rien d'exagéré, et des faits du caract?re le plus sérieux la justifiaient amplement.

Depuis plusieurs mois, en effet, les rives du Danube étaient désolées par un perpétuel brigandage. On ne comptait plus les fermes dévalisées, les châteaux pillés, les villas cambriolées, les meurtres m?me, plusieurs personnes ayant payé de leur vie la résistance qu'elles tentaient d'opposer a d'insaisissables malfaiteurs.

De toute évidence, une telle série de crimes n'avait pu ?tre accomplie par quelques individus isolés. On avait certainement affaire a une bande bien organisée, et sans doute fort nombreuse, a en juger par ses exploits.

Circonstance singuli?re, cette bande n'opérait que dans le voisinage immédiat du Danube. Au dela de deux kilom?tres de part et d'autre du fleuve, jamais un seul crime n'avait pu lui ?tre légitimement attribué. Toutefois, le théâtre de ses opérations ne paraissait ainsi limité que dans le sens de la largeur, et les rives autrichiennes, hongroises, serbes ou roumaines étaient pareillement mises a sac par ces bandits, qu'on ne parvenait nulle part a prendre sur le fait.

Leur coup accompli, ils disparaissaient jusqu'au prochain crime, commis parfois a des centaines de kilom?tres du précédent. Dans l'intervalle, on ne trouvait d'eux aucune trace. Ils semblaient s'?tre volatilisés, ainsi que les objets matériels, parfois tr?s encombrants, qui représentaient leur butin.

Les gouvernements intéressés avaient fini par s'émouvoir de ces échecs successifs, vraisemblablement imputables au défaut de cohésion des forces répressives. Une conversation diplomatique s'était engagée a ce sujet, et, ainsi que la presse en donnait la nouvelle ce matin m?me du 8 ao?t, les négociations venaient d'aboutir a la création d'une police internationale répartie sur tout le cours du Danube sous l'autorité d'un chef unique. La désignation de ce chef avait été particuli?rement laborieuse, mais finalement on s'était mis d'accord sur le nom de Karl Dragoch, détective hongrois bien connu dans la région.

Karl Dragoch était, en effet, un policier remarquable, et la difficile mission qui lui était confiée n'aurait pu l'?tre a un plus digne. Âgé de quarante-cinq ans, c'était un homme de complexion moyenne, plutôt maigre, et doué de plus de force morale que de force physique. Il avait assez de vigueur, cependant, pour supporter les fatigues professionnelles de son état, comme il avait assez de bravoure pour en affronter les dangers. Légalement, il demeurait a Budapest, mais le plus souvent il était en campagne, occupé a quelque enqu?te délicate. Sa connaissance parfaite de tous les idiomes du Sud-Est de l'Europe, de l'allemand et du roumain, du serbe, du bulgare et du turc, sans parler du hongrois, sa langue maternelle, lui permettait de n'?tre jamais embarrassé, et, en sa qualité de célibataire, il n'avait pas a craindre que des soucis de famille vinssent entraver la liberté de ses mouvements.

Sa nomination avait, comme on dit, une bonne presse. Quant au public, il l'approuvait a l'unanimité. Dans la grande salle du Rendez-vous des P?cheurs, la nouvelle en était accueillie d'une mani?re tout particuli?rement flatteuse.

" On ne pouvait mieux choisir, affirmait, au moment o? s'allumaient les lampes du cabaret, M. Ivetozar, titulaire du second prix du poids, lors du concours qui venait de finir. Je connais Dragoch. C'est un homme.

- Et un habile homme, renchérit le Président Miclesco.

- Souhaitons, s'écria un Croate, du nom peu facile a prononcer de Svrb, propriétaire d'une teinturerie dans un des faubourgs de Vienne, qu'il réussisse a assainir les rives du fleuve. La vie n'y était plus tolérable, en vérité !

- Karl Dragoch a affaire a forte partie, dit l'Allemand Weber, en hochant la t?te. Il faudra le voir a l'?uvre.

- A l'?uvre !... s'écria M. Ivetozar. Il y est déja, n'en doutez pas.

- Certes ! approuva M. Miclesco. Karl Dragoch n'est pas d'un caract?re a perdre son temps. Si sa nomination remonte a quatre jours, comme le disent les journaux, il y en a au moins trois qu'il est en campagne.

- Par quel bout va-t-il commencer ? demanda M. Piscéa, un Roumain au nom prédestiné pour un p?cheur a la ligne. Je serais bien embarrassé, je l'avoue, si j'étais a sa place.

- C'est précisément pour ça qu'on ne vous y a pas mis, mon cher, répliqua plaisamment un Serbe. Soyez s?r que Dragoch n'est pas embarrassé, lui. Quant a vous dire son plan, c'est autre chose. Peut-?tre s'est-il dirigé sur Belgrade, peut-?tre est-il resté a Budapest... A moins qu'il n'ait préféré venir précisément ici, a Sigmaringen, et qu'il ne soit en ce moment parmi nous au Rendez-vous des P?cheurs ! "

Cette supposition obtint un grand succ?s d'hilarité.

" Parmi nous !... se récria M. Weber. Vous nous la baillez belle, Michael Michaelovitch. Que viendrait-il faire ici, o?, de mémoire d'homme, on n'a jamais eu a déplorer le moindre crime ?

- Eh ! riposta Michael Michaelovitch, ne serait-ce que pour assister apr?s-demain au départ d'Ilia Brusch. Ça l'intéresse peut-?tre, cet homme... A moins, toutefois, qu'Ilia Brusch et Karl Dragoch ne fassent qu'un.

- Comment, ne fassent qu'un ! s'écria-t-on de toutes parts. Qu'entendez-vous par la ?

- Parbleu ! ce serait tr?s fort. Sous la peau du lauréat, personne ne soupçonnerait le policier, qui pourrait ainsi inspecter le Danube en parfaite liberté. "

Cette fantaisiste boutade fit ouvrir de grands yeux aux autres buveurs. Ce Michael Michaelovitch !... Il n'y avait que lui pour avoir des idées pareilles !

Mais Michael Michaelovitch ne tenait pas autrement a celle qu'il venait de risquer.

" A moins... commença-t-il, en employant une tournure qui lui était décidément famili?re.

- A moins ?

- A moins que Karl Dragoch n'ait un autre motif de venir ici, poursuivit-il, passant sans transition a une autre hypoth?se non moins fantaisiste.

- Quel motif ?

- Supposez, par exemple, que ce projet de descendre le Danube la ligne a la main lui paraisse louche.

- Louche !... Pourquoi louche ?

- Dame ! ce ne serait pas b?te, non plus, pour un filou, de se cacher dans la peau d'un p?cheur, et surtout d'un p?cheur aussi notoire. Une telle célébrité vaut tous les incognitos du monde. On pourrait faire les cent coups a son aise, a la condition de p?cher dans l'intervalle, histoire de donner le change.

- Oui, mais il faudrait savoir p?cher, objecta doctoralement le Président Miclesco, et c'est la un privil?ge réservé aux honn?tes gens. "

Cette observation morale, peut-?tre un peu hasardeuse, fut frénétiquement applaudie par tous ces passionnés p?cheurs. Michael Michaelovitch profita avec un tact remarquable de l'enthousiasme général.

" A la santé du Président ! s'écria-t-il en levant son verre.

- A la santé du Président ! répét?rent tous les buveurs, en vidant les leurs comme un seul homme.

- A la santé du Président ! " répéta un consommateur solitairement attablé, qui, depuis quelques instants, semblait prendre un vif intér?t aux répliques échangées autour de lui.

M. Miclesco fut sensible a l'aimable procédé de cet inconnu, et, pour l'en remercier, il esquissa a son adresse un geste de toast. Le buveur solitaire, estimant sans doute la glace suffisamment rompue par ce geste courtois, se considéra comme autorisé a faire part de ses impressions a l'honorable assistance.

" Bien répondu, ma foi ! dit-il. Oui, certes, la p?che est un plaisir d'honn?tes gens.

- Aurions-nous l'avantage de parler a un confr?re ? demanda M. Miclesco, en s'approchant de l'inconnu.

- Oh ! répondit modestement celui-ci, un amateur tout au plus, qui se passionne pour les beaux coups, mais n'a pas l'outrecuidance de chercher a les imiter.

- Tant pis, monsieur... ?

- Jaeger.

- Tant pis, monsieur Jaeger, car je dois en conclure que nous n'aurons jamais l'honneur de vous compter au nombre des membres de la Ligue Danubienne.

- Qui sait ? répondit M. Jaeger. Je me déciderai peut-?tre un jour a mettre moi aussi la main a la pâte... a la ligne, je veux dire, et, ce jour-la, je serai certainement des vôtres, si je réunis toutefois les conditions requises pour l'admission.

- N'en doutez pas, affirma avec précipitation

M. Miclesco excité par l'espoir de recruter un nouvel adhérent. Ces conditions fort simples ne sont qu'au nombre de quatre. La premi?re est de payer une modeste cotisation annuelle. C'est la principale.

- Bien entendu, approuva M. Jaeger en riant.

- La seconde, c'est d'aimer la p?che. La troisi?me, c'est d'?tre un agréable compagnon, et je consid?re que cette troisi?me condition est d'ores et déja réalisée.

- Trop aimable ! remercia M. Jaeger.

- Quant a la quatri?me, elle consiste uniquement dans l'inscription du nom et de l'adresse sur les listes de la Société. Or, ayant déja votre nom, quand j'aurai votre adresse...

- 43, Leipzigerstrasse, a Vienne.

- Vous ferez un ligueur complet au prix de vingt couronnes par an. "

Les deux interlocuteurs se mirent a rire de bon c?ur.

" Pas d'autres formalités ? demanda M. Jaeger.

- Pas d'autres.

- Pas de pi?ces d'identité a fournir ?

- Voyons, monsieur Jaeger, objecta M. Miclesco, pour p?cher a la ligne !...

- C'est juste, reconnut M. Jaeger. D'ailleurs, cela n'a gu?re d'importance. Tout le monde doit se connaître a la Ligue Danubienne.

- C'est exactement le contraire, rectifia M. Miclesco. Songez donc ! certains de nos camarades habitent ici, a Sigmaringen, et d'autres sur le rivage de la mer Noire. Cela ne facilite pas les relations de bon voisinage.

- En effet !

- Ainsi, par exemple, notre étonnant lauréat du dernier concours...

- Ilia Brusch ?

- Lui-m?me. Eh bien ! personne ne le connaît.

- Pas possible !

- C'est ainsi, affirma M. Miclesco. Il n'y a pas plus de quinze jours, il est vrai, qu'il fait partie de la Ligue. Pour tout le monde, Ilia Brusch a été une surprise, que dis-je ! une véritable révélation.

- Ce qu'on appelle un outsider, en style de course.

- Précisément.

- De quel pays est-il, cet outsider ?

- C'est un Hongrois.

- Comme vous alors. Car vous ?tes Hongrois, je crois, monsieur le Président ?

- Pur sang, monsieur Jaeger, Hongrois de Budapest.

- Tandis qu'Ilia Brusch ?

- Est de Szalka.

- O? prenez-vous Szalka ?

- C'est une bourgade, une petite ville, si vous voulez, sur la rive droite de l'Ipoly, rivi?re qui se jette dans le Danube a quelques lieues au-dessus de Budapest.

- Avec celui-la, du moins, monsieur Miclesco, vous pourrez par conséquent voisiner, fit observer M. Jaeger en riant.

- Pas avant deux ou trois mois, en tous cas, répondit sur le m?me ton le Président de la Ligue Danubienne. Il lui faudra bien ce temps pour son voyage...

- A moins qu'il ne le fasse pas ! " insinua le Serbe facétieux, en se m?lant sans façon a la conversation.

D'autres p?cheurs se rapproch?rent. M. Jaeger et M. Miclesco devinrent le centre d'un petit groupe.

" Qu'entendez-vous par la ? interrogea M. Miclesco. Vous avez une brillante imagination, Michael Michaelovitch.

- Simple plaisanterie, mon cher Président, répondit l'interrupteur. Cependant, si Ilia Brusch ne peut ?tre, selon vous, ni un policier ni un malfaiteur, pourquoi n'aurait-il pas voulu se payer, comme on dit, notre t?te, et pourquoi ne serait-il pas tout simplement un farceur ? "

M. Miclesco prit la chose sur le mode grave.

" Votre esprit est malveillant, Michael Michaelovitch, répliqua-t-il. Cela vous jouera un mauvais tour un jour ou l'autre. Ilia Brusch m'a fait l'effet d'un brave homme et d'un homme sérieux. D'ailleurs, il est membre de la Ligue Danubienne. C'est tout dire.

- Bravo ! " cria-t-on de tous côtés.

Michael Michaelovitch, sans paraître autrement confus de la leçon, saisit avec une admirable présence d'esprit cette nouvelle occasion de porter un toast.

" Dans ce cas, dit-il, en saisissant son moss, a la santé d'Ilia Brusch !

- A la santé d'Ilia Brusch ! " répondit en choeur l'assistance, sans excepter M. Jaeger, qui vida consciencieusement son verre jusqu'a la derni?re goutte.

Cette boutade de Michael Michaelovitch n'était cependant pas aussi dénuée de bon sens que les précédentes. Apr?s avoir annoncé son projet a grand fracas, Ilia Brusch n'avait plus reparu. Nul n'en avait plus entendu parler. N'était-il pas singulier qu'il se f?t ainsi tenu a l'écart, et ne pouvait-on légitimement supposer qu'il avait voulu en faire accroire a ses trop crédules coll?gues ? Pour que l'on f?t fixé a cet égard, l'attente, en tous cas, ne serait plus de longue durée. Dans trente-six heures, on saurait a quoi s'en tenir.

Ceux qui s'intéressaient a ce projet n'avaient qu'a se transporter a quelques lieues en amont de Sigmaringen. Ils y rencontreraient assurément Ilia Brusch, si celui-ci était un homme aussi sérieux que le Président Miclesco l'affirmait de confiance.

Toutefois, une difficulté pouvait se présenter. La situation de la source du grand fleuve était-elle déterminée avec précision ? Les cartes l'indiquaient-elles avec exactitude ? N'existait-il pas quelque incertitude sur ce point, et, quand on essaierait de rejoindre Ilia Brusch a tel endroit, ne serait-il pas a tel autre ?

Certes, il n'est pas douteux que le Danube, l'Ister des Anciens, prenne naissance dans le grand-duché de Bade. Les géographes affirment m?me que c'est par six degrés dix minutes de longitude orientale et quarante-sept degrés quarante-huit minutes de latitude septentrionale. Mais enfin cette détermination, en admettant qu'elle soit juste, n'est poussée que jusqu'a la minute d'arc et non jusqu'a la seconde, ce qui peut donner lieu a une variation d'une certaine importance. Or, il s'agissait de jeter la ligne a l'endroit m?me o? la premi?re goutte d'eau danubienne commence a dévaler vers la mer Noire.

D'apr?s une légende qui eut longtemps la valeur d'une donnée géographique, le Danube naîtrait au milieu d'un jardin, celui des princes de Furstenberg. Il aurait pour berceau un bassin en marbre, dans lequel nombre de touristes viennent remplir leur gobelet. Serait-ce donc au bord de cette vasque intarissable qu'il conviendrait d'attendre Ilia Brusch le matin du 10 ao?t ?

Non, la n'est point la véritable, l'authentique source du grand fleuve. On sait maintenant qu'il est formé par la réunion de deux ruisseaux, la Breg et la Brigach, lesquels se déversent d'une altitude de huit cent soixante-quinze m?tres, a travers la for?t du Schwarzwald. Leurs eaux se mélangent a Donaueschingen, quelques lieues en amont de Sigmaringen, et se confondent alors sous l'appellation unique de Donau, d'o? les Français ont fait Danube.

Si l'un de ces ruisseaux méritait plus que l'autre d'?tre considéré comme le fleuve lui-m?me, ce serait la Breg, dont la longueur l'emporte de trente-sept kilom?tres, et qui naît dans le Brisgau.

Mais, sans doute, les curieux plus avisés s'étaient dit que le point de départ d'Ilia Brusch - s'il partait toutefois - serait Donaueschingen, car c'est la qu'ils se rendirent, la plupart appartenant a la Ligue Danubienne, en compagnie du Président Miclesco.

D?s le matin du 10 ao?t, ils se mirent en faction sur la rive de la Breg, au confluent des deux ruisseaux. Mais les heures s'écoul?rent, sans que la présence de l'homme du jour e?t été signalée.

" Il ne viendra pas, disait l'un.

- Ce n'est qu'un mystificateur, disait l'autre.

- Et nous ressemblons singuli?rement a de bons niais ! " ajoutait Michael Michaelovitch, qui n'avait pas le triomphe modeste.

Seul, le Président Miclesco persistait a prendre la défense d'Ilia Brusch.

" Non, affirmait-il, je n'admettrai jamais qu'un membre de la Ligue Danubienne ait pu avoir la pensée de mystifier ses coll?gues !... Ilia Brusch aura été retardé. Patientons. Nous allons bientôt le voir arriver. "

M. Miclesco avait raison de se montrer aussi confiant. Un peu avant neuf heures, un cri s'échappa du groupe qui se tenait au confluent de la Breg et de la Brigach.

" Le voila !... le voila ! "

A deux cents pas, au tournant d'une pointe, apparaissait un canot conduit a la godille, le long de la berge, en dehors du courant. Seul, debout a l'arri?re, un homme le dirigeait.

Cet homme était bien celui qui avait figuré quelques jours avant au concours de la Ligue Danubienne, le gagnant des deux premiers prix, le Hongrois Ilia Brusch.

Lorsque le canot eut atteint le confluent, il s'arr?ta, et un grappin le fixa a la berge. Ilia Brusch débarqua, et tous les curieux se réunirent autour de lui. Sans doute, il ne s'attendait pas a trouver si nombreuse assistance, car il en parut quelque peu g?né.

Le Président Miclesco vint le rejoindre, et lui tendit une main qu'Ilia Brusch serra avec déférence, apr?s avoir retiré sa casquette de loutre.

" Ilia Brusch, dit M. Miclesco avec une dignité vraiment présidentielle, je suis heureux de revoir le grand lauréat de notre dernier concours. "

Le grand lauréat s'inclina par mani?re de remerciement. Le Président reprit :

" De ce que nous vous rencontrons aux sources de notre fleuve international, nous en concluons que vous mettez a exécution votre projet de le descendre, en p?chant a la ligne, jusqu'a son embouchure.

- En effet, monsieur le Président, répondit Ilia Brusch.

- Et c'est aujourd'hui m?me que vous commencez votre descente ?

- Aujourd'hui m?me, monsieur le Président.

- Comment comptez-vous effectuer le parcours ?

- En m'abandonnant au courant.

- Dans ce canot ?

- Dans ce canot.

- Sans jamais relâcher ?

- Si, la nuit.

- Vous n'ignorez pas qu'il s'agit de trois mille kilom?tres ?

- A dix lieues par jour, ce sera fait en deux mois environ.

- Alors bon voyage, Ilia Brusch !

- En vous remerciant, monsieur le Président ! "

Ilia Brusch salua une derni?re fois, et remonta dans son embarcation, tandis que les curieux se pressaient pour le voir partir.

Il prit sa ligne, l'amorça, la déposa sur l'un des bancs, ramena le grappin a bord, repoussa le canot d'un vigoureux coup de gaffe, puis, s'asseyant a l'arri?re, il lança la ligne.

Un instant apr?s, il la retirait. Un barbeau frétillait a l'hameçon. Cela parut d'un heureux présage, et, comme il tournait la pointe, toute l'assistance acclama par de frénétiques hoch ! le lauréat de la Ligue Danubienne.

Tajemniczy rybak

 

I. Konkurs w Sigmaringen.

 

 

W sobotę, piątego sierpnia 1876 r. liczne i hałaśliwe zgromadzenie odbywało się w Sigmaringen, w gospodzie pod znakiem "Spotkanie Rybaków". Śpiewy, okrzyki, brzęk szklanek, oklaski, nawoływania, tworzyły ogłuszającą wrzawę, przerywaną tylko przez donośne toasty "Hoch", któremi objawia się radość niemiecka, w chwilach najsilniejszego natężenia.

Okna gospody stojącej na samym krańcu ślicznego miasteczka Sigmaringen, wychodziły na Dunaj, którego źródła znajdują się niedaleko. Zebrali się w niej członkowie "Związku rybaków na Dunaju", stowarzyszenia międzynarodowego, do którego należeli ludzie wszystkich narodowości, zamieszkujących pobrzeża tej rzeki.

Żadne zebranie w Niemczech nie może się obejść bez pijatyki, więc i w rybackiej gospodzie popijano obficie doskonałe piwo monachijskie i wyborne wino węgierskie, popijano je pełnemi kuflami i szklankami. W wielkiej sali aż ciemno było od dymu tytuniowego, buchającego z niezliczonych fajek, ale zebrani towarzysze, choć twarzy swych nie mogli dojrzeć w kłębach dymu, słyszeli jednak swe głosy, hałaśliwe i donośne.

Zwolennicy łowienia ryb na wędkę z samego charakteru swego zajęcia są spokojni i milczący - ale na zebraniu, gdy odłożą rybackie przybory, przedzierzgają się chyba w najhałaśliwszych ludzi na świecie. Opowiadania ich o dokonanych połowach dorównywają słynnym opowieściom myśliwskim.

Kończyło się właśnie śniadanie, do którego zasiadło stu przeszło biesiadników, rozmiłowanych w wiosłowaniu, wędce i podrywce. Wybiła trzecia, gdy powstali od stołu. Niektórzy, o słabszej głowie, chód mieli nieco chwiejny, lecz ogół trzymał się krzepko na nogach.

Wielkim rozgłosem i sławą cieszyły się te konkursy rybackie, odbywające się parę razy do roku. Od granic księstwa Badeńskiego aż do Bulgarji i Bessarabji - wówczas jeszcze tureckich prowincji - napływali ochotnicy, ze wszystkich krajów, położonych nad żółtemi wodami Dunaju, które wyobraźnia poetów przemianowała na "błękitne".

"Związek rybaków na Dunaju" istniał już od lat pięciu; stowarzyszenie to, doskonale prowadzone przez przewodniczącego im Węgra Miklesko, rozkwitało bujnie. Wzrastające zasoby dawały możność wyznaczania wysokich nagród na konkursach, a na sztandarze rybackim błyszczały liczne medale, zdobyte w zapasach z innemi Towarzystwami. Komitet, biegły w prawach o rybołówstwie, umiał bronić swoich członków w zatargach z rządami i prywatnymi mieszkańcami. Konkurs, o którym mowa, był już drugim w ciągu 1876 roku.

O piątej rano uczestnicy wyszli z miasta na lewy brzeg Dunaju, w dół rzeki. Wszyscy ubrani w mundury stowarzyszenia: krótką bluzę, pozostawiającą zupełną swobodę ruchów, spodnie wpuszczone w buty z grubej skóry i na grubych podeszwach, i białe czapki z szerokiemi daszkami. Rozumie się, że wszyscy mieli w porządku potrzebne przyrządy: trzciny, drążki, wędziska, wędki, opakowane w pokrowcach irchowych, zapasy ołowiu, sznurki, włosie i stuczne muchy. Co do samego połowu, pozostawiano zupełną swobodę rybakom, każdy mógł się urządzać według swojej woli.

Punkt o godzinie szóstej rano dziewięćdziesięciu siedmiu uczestników konkursu stanęło na stanowiskach, z wędkami w ręku, gotowych do zarzucenia przynęty. Na znak dany trąbką, dziewięćdziesiąt siedm wędek jednym ruchem wyprężyło się nad wodą.

Na konkursie ustanowiono kilka nagród: dwie pierwsze, po sto guldenów każda, przeznaczone były dla tego, który złowi największą ilość sztuk i dla tego, który ułowi sztukę najwspanialszą.

Na pięć minut przed jedenastą, odgłos trąbki obwieścił koniec konkursu. Rybołówcy złożyli plon swoich trudów pod sąd ciała sędziowskiego, złożonego z czterech członków stowarzyszenia z Miklesko jako prezydującym. Nikt nie powątpiewał o bezstronności tego "jury", ale należało uzbroić się w wielką cierpliwość, zanim się ujawni wynik żmudnej pracy.

Przyznanie nagród, bądź za wagę złożonych ryb, bądź za piękność pojedynczych okazów, miało pozostać w tajemnicy, aż do chwili wręczenia nagród, po skończonym bankiecie, który zgromadził wszystkich współzawodników przy wspólnej, braterskiej uczcie.

Nadeszła wreszcie chwila uroczysta. Rybacy, nie mówiąc już o ciekawych widzach, przybyłych z Sigmaringen -czekali przed estradą, na której zasiadał prezydujący, na czele "jury". Nie brakowało ławek i taburetów, więc siedzieli wszyscy obecni; nie brakowało też stołów, zaś na stołach kufli z piwem i butelek z winem, ani szklanic i kieliszków.

Prezydujący wstał.

- Baczność! Baczność! - rozległo się naokoło.

Miklesko na początek wychylił kufel piwa i przemówił po niemiecku:

- Kochani towarzysze! Nie spodziewajcie się odemnie krasomówczej przemowy, bo nie po to zebraliśmy się tutaj. Będę mówił do was, jak do braci, o sprawach naszego stowarzyszenia.

Wstęp ten przyjęto z zapałem, różnojęzycznemi okrzykami, a że prezydujący wzniósł kufel do góry, zebranie odpowiedziało mu godnie, wychylając do dna swoje kufle.

Miklesko w dalszym ciągu przemowy wysławiał zalety ludzi, uprawiających sport rybołówczy. Chwalił cierpliwość, pomysłowość, zimną krew, wytrwałość, jakich potrzeba w tym zawodzie, który stawiał wyżej od myśliwskich czynów.

- Czy można nawet porównać polowanie z łowieniem ryb na wędkę? - wołał z zapałem.

- Nie! Nie! Nie można! - odpowiedzieli mu z niemniejszym zapałem słuchacze.

I cóż to za sztuka zabić kuropatwę, lub zająca, którego się ma przed sobą ł którego pies wytropił! Zwierzynę, wytropioną przez psa, myśliwy widzi, może do niej celować, może marnować dowoli śrut, którego tyle przepada bez korzyści. Ryba zaś, to zupełnie co innego! Nikt jej nie może dojrzeć..., Ryba kryje się w głębiach wodnych. Jakiejże potrzeba zręczności, ile wysiłku umysłowego, jakiej zwinności, ażeby ją przynęcić, wziąć na haczyk i wydobyć z wody uczepioną na końcu wędki, miotającą się i oddającą tem miotaniem hołd zręczności rybaka!...

Grzmot oklasków odpowiedział mówcy. Widocznie wyraził on dobrze uczucia wszystkich obecnych. Popił znowu piwa i nabrawszy tchu, zmierzał ku zakończeniu.

- Mogę tylko winszować obecnym tu i sobie rozwoju naszego stowarzyszenia, które się cieszy zasłużoną sławą w całej środkowej Europie. Mogę śmiało twierdzić, że samo należenie do niego jest już niezaprzeczonym zaszczytem!

Miklesko, wyprostowany jak struna, stanął między sekretarzem a skarbnikiem; każdy z nich ujął w prawą rękę kieliszek szampana, a lewą położył na sercu.

- Piję na cześć "Związku rybaków na Dunaju!" - zawołał gromko prezydujący, tocząc wzrokiem po zebranych.

Wszyscy powstali z miejsc, każdy z kieliszkiem w ręku. Niektórzy, chcąc lepiej widzieć, powchodzili na ławki i stoły, a wszyscy z zapałem wychylili toast, wzniesiony przez prezydującego, w kilku językach.

Na tem zakończył się drugi punkt programu; pozostał jeszcze punkt trzeci: rozdanie przyznanych nagród.

Wszyscy oczekiwali ze wzruszeniem, ponieważ wynik pracy sędziów trzymano dotąd w tajemnicy. Teraz nadeszła chwila wyjaśnienia.

Prezydent zaczął odczytywać listę nagród. Stosownie do przepisów "Związku rybaków", na początek miano ogłosić nagrody mniejszej wartości. Wywoływani kolejno drugorzędni laureaci podchodzili do estrady. Prezydujący witał każdego braterskiem uściśnieniem i wręczał dyplom wraz z pieniężną nagrodą.

Połów składał się z ryb pospolitych w wodach Dunaju: z kiełbi, płotek, szczupaków, okoni, linów i innych. Pośród nagrodzonych byli Wołosi, Węgrzy, Badeńczycy, Wirtemberczycy.

Drugą nagrodę przyznano za złowienie siedmdziesięciu siedmiu sztuk Niemcowi Weberowi, którego powitano gorącemi oklaskami, jako znanego już zwycięzcę na wielu poprzednich konkursach: przewidywano też ogólnie, że uzyska on i teraz nawet pierwszą nagrodę.

Ale nie! W jego sieci znalazło się tylko siedmdziesiąt siedm sztuk, gdy drugi współzawodnik, może nie zręczniejszy lecz szczęśliwszy, przyniósł sztuk dziewięćdziesiąt dziewięć.

Tym szczęśliwcem był Węgier Ilia Brusz. Gdy ogłoszono to nazwisko, publiczność zadziwiona nie przyjęła go oklaskami. Nikt go nie znał, bo Ilia Brusz wstąpił świeżo do "Związku rybaków".

Ponieważ nagrodzony nie stawił się osobiście po odbiór stu guldenów, Miklesko, nie tracąc czasu, zabrał się do odczytywania listy zwycięzców, których połów miał największą wagę. Byli wśród nich i Rumuni i Słowianie i Austryjacy. Nazwisko zdobywcy drugiej nagrody powitano także oklaskami; był to znany wszystkim członek Związku, Iwetozar. Ten chlubił się wspaniałą rybą ważącą cztery i pół funta, która niezawodnie wymknęłaby się łowcy, mającemu mniej zimnej krwi i zręczności.

Pozostała już tylko do przyznania pierwsza nagroda tej samej kategorji; serca wszystkich zabiły żywiej, w oczekiwaniu nazwiska nagrodzonego.

Ale jakież było zadziwienie, więcej nawet - osłupienie ogólne - gdy prezydujący oznajmił głosem, którego drżenia nie mógł pohamować:

- Pierwszą nagrodę za wagę, przysądzoną szczupakowi, ważącemu siedmnaście funtów, otrzymuje Węgier - Ilia Brusz.

Nastała cisza. Ręce przygotowane do oklasków - znieruchomiały, usta gotowe do okrzyków na cześć zwycięzcy- zamilkły. Wszyscy siedzieli bez ruchu, zaciekawieni w najwyższym stopniu.

Czy wreszcie ukaże się ten Ilia Brusz? Czy przyjdzie odebrać z rąk prezydującego swoje dyplomy i dwieście guldenów?

Nagły szmer przebiegł po zgromadzeniu.

Jeden bowiem z obecnych, stojący dotąd na uboczu, posunął się ku estradzie.

Był to zwycięzca - Ilia Brusz.

Sądząc z jego twarzy, starannie wygolonej a uwieńczonej gęstą czupryną, czarną jak smoła, Ilia Brusz miał co najwyżej lat trzydzieści. Wzrostu więcej niż średniego, szeroki w ramionach, mocny w nogach, wydawał się bardzo silny, można było nawet dziwić się, że człowiek takiej siły znajduje przyjemność w zajęciu tak spokojnem jak łowienie ryb na wędkę i że on w niem zdobył tak wielką wprawę, której dał teraz niezaprzeczone dowody.

Jeszcze dziwniejszem zdawało się to, gdyż miał on widocznie jakąś wadę wzroku. Wielkie, ciemne okulary zasłaniały mu oczy, których barwy nie można było odróżnić pod szkłami. A jednak dobry wzrok jest jednym z najważniejszych warunków powodzenia w rybołówstwie, gdzie trzeba śledzić najlżejsze drgania wędki i zwalczać rozliczne wybiegi rybiego narodu.

Ale czy kto się dziwił, czy nie, każdy musiał uchylić czoła przed zwycięzcą; nikt nie mógł wątpić o bezstronności sędziów. Ilia Brusz był niezaprzeczenie zwycięzcą, i to podwójnym zwycięzcą, co się jeszcze nigdy dotąd nie trafiło.

Nareszcie zebrani rozpogodzili się i zabrzmiały oklaski na cześć tryumfatora, w chwili, gdy mu prezydujący wręczał dyplom i pieniądze.

Lecz Ilia Brusz, zamiast zejść z estrady, powiedział coś do prezydującego, a potem zwrócił się do publiczności z przemową.

- Panowie i koledzy! - zaczął, - Chciałbym powiedzieć wam parę słów, na co otrzymałem łaskawe pozwolenie pana prezydującego...

Zapanowała taka cisza w hałaśliwej dotąd sali, że możnaby usłyszeć przelatującą muchę. Ilia Brusz po krótkiej przerwie zaczął znowu mówić.

- Pragnę na wstępie podziękować wam za waszą sympatję i oklaski, oraz zapewnić, że powodzenie nie wbiło mnie w pychę, bo więcej zawdzięczam je szczęśliwemu zbiegowi okoliczności, niż własnej zasłudze. Powodzenie nasunęło mi myśl, którą chcę poddać wam do osądzenia. Ponieważ obecnie wszystkie sporty ustanawiają rekordy, dlaczego my - rybacy - mielibyśmy pozostać w tyle za innymi!

Umilkł a wśród zebranych odezwały się głosy:

- Zapewne!

- Czemu nie?

- Ma słuszność!

Ilia Brusz zabrał głos znowu.

- Mój tytuł, członka "Związku rybaków na Dunaju", nakłada na mnie pewne granice, w których muszę zamknąć moją działalność. Postanowiłem zatem przepłynąć całą długość naszej sławnej rzeki, od jej źródeł aż do morza Czarnego, żywiąc się w czasie tej podróży, na przestrzeni trzech tysięcy kilometrów, wyłącznie z owoców mojego połowu. Mam nadzieję, że szczęście, które mi dotąd sprzyjało, dopisze mi w tej wyprawie, którą zamierzam rozpocząć dziesiątego sierpnia, t. j. w przyszły czwartek, naznaczając panom miejsce spotkania u samych źródeł Dunaju.

Łatwiej sobie wyobrazić niż opisać zapał, jaki wywołało to niespodziewane oznajmienie. Przez pięć minut wrzała istna burza oklasków i okrzyków. Ale prezydujący przerwał ten huragan, powstając z miejsca, z kieliszkiem szampana w ręku.

- Za zdrowie i powodzenie naszego kolegi, Ilii Brusza! - wykrzyknął ze wzruszeniem.

- Niech żyje! - odpowiedział mu huczny okrzyk zebranych, którzy jednym tchem wychylili swe kielichy.

Po tym toaście nastąpiły jeszcze inne i wśród ogólnego rozweselenia zakończył się w sobotę piątego sierpnia 1876 r. słynny konkurs "Związku rybaków na Dunaju", odbyty w ślicznem miasteczku Sigmaringen.

 

 

II. U źródeł Dunaju.

 

 

Czy o rozgłos szło Ilii Bruszowi, kiedy oznajmiał związkowym kolegom zamiar przepłynięcia Dunaju w całej długości, z wędką w ręku! Jeżeli tak, to mógł sobie powinszować powodzenia.

Wszystkie dzienniki, wychodzące w miastach położonych nad Dunajem, zajęły się tym projektem i dawały obszerne i szczegółowe sprawozdania, pochlebiając zwycięzcy i zwracając uwagę ogółu na jego osobę.

Popołudniu ósmego sierpnia, na dwa dni przed dniem oznaczonym na rozpoczęcie niezwykłej podróży, kilkudziesięciu gości zebrało się w wielkiej sali gospody w Sigmaringen, ale pomimo zbliżającego się dnia uroczystego, nie o bohaterze projektowanej wyprawy rozmawiali ci goście. Ważniejsze jeszcze wypadki stanowiły przedmiot rozmowy mieszkańców Dunajowych wybrzeży.

Bo oto od kilku miesięcy trapiło te wybrzeża nieustanne rozbójnictwo. Trudno zliczyć napadane folwarki, złupione zamki, okradzione wille, a nawet morderstwa spełnione na mieszkańcach, stawiających opór niepochwytnym złoczyńcom.

Sądząc z wielu poszlak, ten szereg zbrodni nie mógł być dziełem pojedynczych zbrodniarzy. Należało przypuszczać istnienie bandy dobrze zorganizowanej i zapewne licznej, oceniając z dokonanych przez nią czynów.

Lecz co było dziwne, że banda ta działała tylko w najbliższem sąsiedztwie Dunaju, w odległości dwóch kilometrów od rzeki złoczyńcy nie dawali już znaku życia. Ale same wybrzeża w granicach państwa austrjackiego, węgierskiego, serbskiego czy rumuńskiego, były pustoszone przez bandytów, których nie udawało się nigdy pochwycić na uczynku.

Po dokonaniu zbrodni znikali oni aż do nowego napadu, który zdarzał się nieraz o setki kilometrów od poprzedniego. W przerwach między jednem a drugiem przepadały wszelkie ślady zbrodniarzy, jakby się rozpłynęli w powietrzu; ulatniali się razem z łupem, niekiedy bardzo obfitym i ciężkim.

Rządy państw niepokojonych przez te napady zaczęły wreszcie oburzać się ciągłem niepowodzeniem swoich władz policyjnych.

Przeprowadzono nawet w tej sprawie korespondencję dyplomatyczną, a dzienniki doniosły, że państwa zainteresowane utworzyły międzynarodowy oddział policji, rozstawiony na wybrzeżach Dunaju, pod dowództwem jednego naczelnika.

Wybór tego wodza przedstawiał niemałą trudność, ale w końcu zgodzono się na Karola Dragosza, ajenta policji węgierskiej, dobrze znanego w tych okolicach.

Karol Dragosz był rzeczywiście człowiekiem wybitnych zdolności i zasługiwał na to wyróżnienie. Człowiek czterdziestopięcioletni, wzrostu średniego, szczupły, miał więcej siły moralnej niż fizycznej. Posiadał przytem wytrzymałość, konieczną do znoszenia trudów powołania, i dość męstwa, by stawić czoło niebezpieczeństwu. Urzędownie mieszkał w Budapeszcie, lecz najczęściej przebywał w podróży, zajęty śledzeniem jakiej subtelnej sprawy. Znał doskonale wszystkie języki i narzecza południowego wschodu Europy, co mu ułatwiało stosunki z mieszkańcami. Publiczność z zadowoleniem przyjęła wieść o mianowaniu Dragosza przywódcą wyprawy i w sali pod "Spotkaniem rybaków" rozbrzmiewały jednomyślnie jego pochwały.

- Nie można było uczynić lepszego wyboru! - dowodził Ivetozar, gdy zapalono lampy w sali. - Znam Dragosza, To dzielny człowiek!

- I zręczny - dodał Miklesko.

- Ale będzie miał do czynienia z silnym przeciwnikiem - wyrzekł Weber, kiwając z powątpiewaniem głową. Zobaczymy go zresztą przy robocie.

- Zobaczymy! - powtórzył Ivetozar. -On już z pewnością zaczął robotę; możesz pan być tego pewny.

- Cztery dni temu otrzymał nominację - mówił Miklesko. - Niezawodnie już od trzech dni zabrał się do roboty.

- Ale od czego zacznie? - zagadnął jakiś Rumun.

- Trudno to zgadnąć - odparł żartobliwie jeden z gości. - Może skierował się do Białogrodu, może został w Budapeszcie... a może przyjechał tu, do Sigmaringen, i siedzi z nami w tej sali?...

Przypuszczenie to obudziło ogólną wesołość.

- W tej sali! - powtórzył Rumun. - A pocoby tu przyjeżdżał?

- Poco? - odezwał się Serb, Michał Michaiłowicz. - Choćby po to, żeby pojutrze być obecnym przy wyjeździe Ilii Brusza... Jeżeli tylko - bo i to możliwe! - Ilia Brusz i Karol Dragosz nie są jedną i tą samą osobą!...

Słuchacze zdumieni wpatrywali się w mówiącego.

- Nie! Jeden tylko Michał Michaiłowicz miewa podobne pomysły!

- A może - dodał on zamyślając się - może... Karl Dragosz ma inne podejrzenia...

- Jakie?

- Przypuśćmy, że ten zamiar przepłynięcia całego Dunaju, z wędką w ręku, wyda mu się podejrzanym?...

- Dlaczego?

- No! Bo byłaby to niezła sposobność dla łotra, ukryć się w skórze rybaka i to tak znakomitego rybaka... najbezpieczniejszy sposób zachowania "incognito"... Możnaby bez przeszkody dopuścić się mnóstwa zbrodni, pod warunkiem, ażeby między jedną a drugą dla niepoznaki łowić ryby...

- Tak, ale na to trzeba być rybakiem - odezwał się prezydujący. - A rybołówstwo, to zajęcie uczciwych ludzi!

Uwagę tę przyjęto z zapałem. Michał Michaiłowicz skorzystał z chwili i wznosząc w górę szklankę zawołał:

- Zdrowie prezydującego!

- Niech żyje! - zawtórowali chórem obecni.

Siedzący przy bocznym stoliku, samotny gość, który przysłuchiwał się uważnie rozmowie, przyłączył swój głos do tego chóru i również wypił zdrowie prezydującego.

Miklesko ujęty jego uprzejmością, gestem zaprosił go do swego stołu, z czego gość ów nie omieszkał skorzystać i zaraz przysiadł się do prezesa.

- Czy mam zaszczyt mówić z kolegą - rybakiem? - zagadnął go Miklesko.

- Z miłośnikiem rybołówstwa tylko - odrzekł skromnie nieznajomy.

- Szkoda! Panie...

- Jeger - podpowiedział nieznajomy.

- Szkoda, panie Jeger, - dodał prezydujący - bo z tego wnoszę, że nie będziemy mieli nigdy zaszczytu zaliczyć pana do naszego stowarzyszenia.

- Kto wie? - odrzekł Jeger - może i ja kiedyś zdecyduję się wziąć do ręki wędkę, a wtedy, znając odpowiednie warunki, zaciągnę się niezawodnie do pańskich szeregów...

- Łatwo to spełnić i teraz, bo warunki są tak proste, że każdy może im zadość uczynić - zawołał Miklesko, ucieszony nadzieją zdobycia nowego członka. - Trzeba tylko opłacić skromną składkę roczną, lubić rybołówstwo i zapisać swoje nazwisko i adres na liście stowarzyszonych. A że już znam pańskie nazwisko, więc gdy otrzymam adres...

- Wiedeń, ulica Lipska 43 - powiedział nieznajomy.

- Więc za cenę dziesięciu guldenów rocznie możesz pan zostać członkiem "Związku rybaków".

Obaj roześmieli się, a nieznajomy dodał:

- Żadnych więcej formalności? Ja zaś sądziłem, że w tym "Związku" wszyscy muszą znać się osobiście...

- Bynajmniej! - objaśnił Miklesko. - Jedni mieszkają tu, w Sigmaringen, inni na wybrzeżu morza Czarnego... Nie ułatwia to znajomości!

- Prawda!

- Naprzykład nasz najświeższy laureat Ilia Brusz. Nikt go nie zna.

- Czy być może?

- Napewno! - potwierdził Miklesko. - Od dwóch tygodni zaledwie został członkiem naszego "Związku". Dla nas wszystkich jego występ by? prawdziwą niespodzianką...

- Jakiejże on jest narodowości?

- Węgier.

- A z której mianowicie strony kraju?

- Z Szalki.

- Gdzież to jest ta Szalka?

- To mieścina na prawym brzegu Ipoty, rzeki, która wpada do Dunaju, o kilka mil powyżej Budapesztu.

- Więc pan z nim sąsiadujesz, panie prezesie! - roześmiał się Jeger.

- A raczej będę sąsiadował za jakie dwa lub trzy miesiące - odrzekł równie żartobliwym tonem Miklesko. - Bo tyle czasu zabierze mu zamierzona podróż...

- Jeżeli ją odbędzie! - odezwał się drwiąco Serb, Michał Michaiłowicz, wtrącając się bez ceremonji do rozmowy.

Inni członkowie rybackiego związku także zbliżyli się do prezydującego i nowego znajomego, pana Jegera.

- Co to ma znaczyć? -oburzył się Miklesko. - Masz bardzo bujną wyobraźnię, Michale Michaiłowiczu!

- Prosty żart, nic więcej, panie prezesie - odrzekł zagadnięty. - Ale jeżeli Ilia Brusz, według waszego zdania, nie jest ani złoczyńcą, ani ajentem policyjnym, jakiż mamy dowód, że nie zadrwił sobie poprostu z nas? Że nas nie wyprowadził w pole?

Miklesko oburzył się na dobre.

- Jesteś skłonny do złośliwych podejrzeń, Michale Michaiłowiczu! - odrzekł. - Ilia Brusz zrobił na mnie wrażenie dzielnego i uczciwego człowieka. Jest przytem członkiem "Związku rybaków na Dunaju". To także coś znaczy!

- Brawo! - wykrzyknęli obecni.

Michał Michaiłowicz, niezmieszany wcale uwagą prezesa, z wielką przytomnością umysłu pochwycił sposobność do nowego tematu.

- W takim razie - zawołał, podnosząc szklankę wina - wypijmy zdrowie Ilii Brusza!

- Niech żyje Ilia Brusz! - krzyknęli chórem wszyscy, a z nimi i pan Jeger, który swoją szklankę wychylił sumiennie do ostatniej kropli.

Uwaga Michała Michaiłowicza nie była jednak zupełnie bezpodstawna. Bo Ilia Brusz, oznajmiwszy z wielkim rozgłosem plan swojej podróży, nie pokazał się wcale. Nikt o nim nie miał wiadomości. Nie byłoż to dziwne, że trzymał się tak na uboczu i czy nie można było posądzać, że nadużył łatwowierności swych kolegów? Ale niepewność niedługo już będzie trwała. Za trzydzieści sześć godzin wszystko się wyjaśni.

Ci, których zaciekawiał zamiar Ilii, mieli się udać kilka mil w górę rzeki, za Sigmaringen. Zastaną tam niezawodnie Ilię, jeżeli to jest człowiek poważny i uczciwy, za jakiego uważał go prezes Miklesko.

Ale pozostawała jeszcze jedna trudność. Gdzie właściwie wytrysku ją źródła Dunaju? Czy na mapach oznaczono je dokładnie? A może dążący na spotkanie w jednem miejscu, zminą się z Ilią, który zacznie podróż od innego punktu?

Nie podlega wątpliwości, że Dunaj - zwany w starożytności Ister - ma źródło w wielkiem księstwie Badeńskiem. Geografowie oznaczają położenie źródła pod szóstym stopniem dziesięciu minutami długości wschodniej i pod czterdziestym siódmym stopniem czterdziestu ośmiu minutami szerokości. Ale to określenie obliczone jest co do minut, lecz nie co do sekund, co może stanowić znacznąróżnicę. A tu chodziło o to, by zarzucićwędkę w tem właśnie miejscu, gdzie pierwsza kropla wód Dunaju wytryska z ziemi, dążąc do morza Czarnego.

Według podania, które długi czas uchodziło za pewnik geograficzny, źródło Dunaju ma wytryskać w książęcym ogrodzie Fürstenbergów. Kolebką jego jest marmurowy basen, z którego liczni turyści czerpią kubkami wodę. Może więc tam, przy basenie pełnym zawsze wody, pojawi się Ilia Brusz, rankiem dziesiątego sierpnia?

Ale prawdziwe źródło wielkiej rzeki nie tam właściwie leży. Wiadomo już teraz, że Dunaj powstaje z połączenia dwóch strumyków, zwanych "Breg i Brigach", które spływając z wyniosłości ośmiuset siedmdziesięciu pięciu metrów, płyną przez bory Czarnego Lasu. Wody ich łączą się w Donaueschingen, o kilka mil powyżej Sigmaringen i odtąd już przybierają nazwę Dunaju.

Jeżeliby któremu z tych dwóch strumieni należało przyznać pierwszeństwo, to chyba Bregowi, który jest dłuższy o trzydzieści siedm kilometrów, niż Brigach, a wytryska w Bryzgowji.

Lecz ciekawi widzowie nie wątpili, że Ilia Brusz za punkt początkowy swej wyprawy obierze Donaueschingen i tam też zgromadzili się członkowie Związku, z prezesem swym, Miklesko.

Wczesnym rankiem, dziesiątego sierpnia, rozstawili się na straży na wybrzeżu Bregu, w miejscu gdzie się łączą oba strumienie. Ale mijały godziny, a oczekiwany bohater nie ukazywał się.

- Nie pojawi się wcale - mówili jedni.

- To jakiś oszust - dodawali inni.

- A my wszyscy wyszliśmy na łatwowiernych głupców! - szydził nieubłagany Michał Michaiłowicz.

Jeden tylko Miklesko bronił wytrwale Ilii Brusza.

- Nie! - powtarzał z uporem. - Nie uwierzę nigdy, ażeby członek "Związku rybaków na Dunaju" mógł oszukać i wprowadzić W błąd swoich kolegów! Niezawodnie coś opóźniło wyjazd Ilii Brusza. Bądźmy cierpliwi! Zobaczymy go niezadługo...

Miklesko miał słuszność okazując tak niezachwianą ufność. Bo przed samą dziesiątą rozległ się krzyk w gromadce stojącej w tem miejscu, gdzie Brigach łączy się z Bregiem.

- Płynie! Płynie! - wołano stamtąd.

O dwieście kroków, na zakręcie Bregu ukazała się łódź, popychana wiosłem umieszczonem z tyłu, płynąca blizko brzegu, po za granicami prądu. Jeden tylko człowiek, stojący na tyle łodzi, kierował ją wiosłem.

Był to ten sam człowiek, który przed kilku dniami wystąpił na konkursie Związku, jako zdobywca obu pierwszych nagród, Węgier Ilia Brusz.

Kiedy łódź wypłynęła na połączone już wody dwóch strumieni, zatrzymała się, a wioślarz zarzuciwszy kotwicę, przymocował ją na wybrzeżu. Z łodzi wysiadł Ilia Brusz, którego wnet otoczyli ciekawi. Nie spodziewał się on zapewne zastać tak licznego zgromadzenia, bo wydawał się trochę zmieszany.

Prezes Miklesko przyszedł go witać i podał mu rękę, Ilia Brusz uścisnął ją z uszanowaniem, zdjąwszy z głowy czapkę z futra foki.

- Witaj nam Ilio Brusz! - przemówił Miklesko z wielką godnością - cieszę się, że widzę zwycięzcę z naszego konkursu!

Zwycięzca skłonił się, a Miklesko mówił dalej:

- Spotykając się tu, u źródła naszej międzynarodowej rzeki, wyprowadzamy stąd wniosek, że zamierzasz urzeczywistnić swój zamiar i przepłynąć z wędką w ręku całą długość Dunaju aż do samego ujścia.

- Istotnie, panie prezesie, taki jest mój plan - odrzekł Ilia Brusz.

- I dziś właśnie rozpoczynasz swą podróż?

- Dziś, panie prezesie.

- A w jaki sposób zamierzasz płynąć?

- Poddając się prądowi.

- W tej łodzi?

- Tak, w tej łodzi.

- Bez zatrzymywania się?

- Przeciwnie! Będę się zatrzymywał na noc.

- Ale wiesz chyba, że masz przebyć trzy tysiące kilometrów?

- Płynąc dziesięć mil dziennie, powinienem przebyć tę przestrzeń w ciągu dwóch miesięcy.

- A zatem, szczęśliwej podróży, Ilio!

- Dziękuję z głębi serca, panie prezesie!

Żeglarz skłonił się raz jeszcze zgromadzonym i wsiadł do łodzi, a tłumy ciekawych tłoczyły się na sam brzeg, ażeby widzieć jak odpłynie.

Ilia wziął wędkę, założył przynętę, położył ją na ławeczce, wciągnął do łodzi kotwicę, silnem uderzeniem odepchnął łódź od brzegu, a potem, usiadłszy w tyle łodzi, zapuścił wędkę.

Po chwili wyciągnął ją z wody. Piękny okoń trzepotał się na końcu wędki. Było to pomyślną wróżbą dla podróży, a gdy Ilia zakręcił łódź i ruszył, zebrani na brzegu żegnali odpływającego laureata pełnemi zapału okrzykami.