La Débâcle
PREMI?RE PARTIE
I
A deux kilom?tres de Mulhouse, vers le Rhin, au milieu de la plaine fertile, le camp était dressé. Sous le jour finissant de cette soirée d'ao?t, au ciel trouble, traversé de lourds nuages, les tentes-abris s'alignaient, les faisceaux luisaient, s'espaçaient réguli?rement sur le front de bandi?re ; tandis que, fusils chargés, les sentinelles les gardaient, immobiles, les yeux perdus, la-bas, dans les brumes violâtres du lointain horizon, qui montaient du grand fleuve.
On était arrivé de Belfort vers cinq heures. Il en était huit, et les hommes venaient seulement de toucher les vivres. Mais le bois devait s'?tre égaré, la distribution n'avait pu avoir lieu. Impossible d'allumer du feu et de faire la soupe. Il avait fallu se contenter de mâcher a froid le biscuit, qu'on arrosait de grands coups d'eau-de-vie, ce qui achevait de casser les jambes, déja molles de fatigue. Deux soldats pourtant, en arri?re des faisceaux, pr?s de la cantine, s'ent?taient a vouloir enflammer un tas de bois vert, de jeunes troncs d'arbre qu'ils avaient coupés avec leurs sabres-ba?onnettes, et qui refusaient obstinément de br?ler. Une grosse fumée, noire et lente, montait dans l'air du soir, d'une infinie tristesse.
Il n'y avait la que douze mille hommes, tout ce que le général Félix Douay avait avec lui du 7e corps d'armée. La premi?re division, appelée la veille, était partie pour Fr?schwiller ; la troisi?me se trouvait encore a Lyon ; et il s'était décidé a quitter Belfort, a se porter ainsi en avant avec la deuxi?me division, l'artillerie de réserve et une division de cavalerie, incompl?te. Des feux avaient été aperçus a Lorrach. Une dép?che du sous-préfet de Schelestadt annonçait que les Prussiens allaient passer le Rhin a Markolsheim. Le général, se sentant trop isolé a l'extr?me droite des autres corps, sans communication avec eux, venait de hâter d'autant plus son mouvement vers la fronti?re, que, la veille, la nouvelle était arrivée de la surprise désastreuse de Wissembourg. D'une heure a l'autre, s'il n'avait pas lui-m?me l'ennemi a repousser, il pouvait craindre d'?tre appelé, pour soutenir le 1er corps. Ce jour-la, ce samedi d'inqui?te journée d'orage, le 6 ao?t, on devait s'?tre battu quelque part, du côté de Fr?schwiller : cela était dans le ciel anxieux et accablant, de grands frissons passaient, de brusques souffles de vent, chargés d'angoisse. Et, depuis deux jours, la division croyait marcher au combat, les soldats s'attendaient a trouver les Prussiens devant eux, au bout de cette marche forcée de Belfort a Mulhouse.
Le jour baissait, la retraite partit d'un coin éloigné du camp, un roulement des tambours, une sonnerie des clairons, faibles encore, emportés par le grand air. Et Jean Macquart, qui s'occupait a consolider la tente, en enfonçant les piquets davantage, se leva. Aux premiers bruits de guerre, il avait quitté Rognes, tout saignant du drame o? il venait de perdre sa femme Françoise et les terres qu'elle lui avait apportées ; il s'était réengagé a trente-neuf ans, retrouvant ses galons de caporal, tout de suite incorporé au 106e régiment de ligne, dont on complétait les cadres ; et, parfois, il s'étonnait encore, de se revoir avec la capote aux épaules, lui qui, apr?s Solférino, était si joyeux de quitter le service, de n'?tre plus un traîneur de sabre, un tueur de monde. Mais quoi faire ? quand on n'a plus de métier, qu'on n'a plus ni femme ni bien au soleil, que le c?ur vous saute dans la gorge de tristesse et de rage ? Autant vaut-il cogner sur les ennemis, s'ils vous emb?tent. Et il se rappelait son cri : ah ! bon sang ! puisqu'il n'avait plus de courage a la travailler, il la défendrait, la vieille terre de France !
Jean, debout, jeta un coup d'?il dans le camp, o? une agitation derni?re se produisait, au passage de la retraite. Quelques hommes couraient. D'autres, assoupis déja, se soulevaient, s'étiraient d'un air de lassitude irritée. Lui, patient, attendait l'appel, avec cette tranquillité d'humeur, ce bel équilibre raisonnable, qui faisait de lui un excellent soldat. Les camarades disaient qu'avec de l'instruction il serait peut-?tre allé loin. Sachant tout juste lire et écrire, il n'ambitionnait m?me pas le grade de sergent. Quand on a été paysan, on reste paysan.
Mais la vue du feu de bois vert qui fumait toujours, l'intéressa, et il interpella les deux hommes en train de s'acharner, Loubet et Lapoulle, tous deux de son escouade.
- Lâchez donc ça ! vous nous empoisonnez !
Loubet, maigre et vif, l'air farceur, ricanait.
- Ça prend, caporal, je vous assure... Souffle donc, toi !
Et il poussait Lapoulle, un colosse, qui s'épuisait a déchaîner une temp?te, de ses joues enflées comme des outres, la face congestionnée, les yeux rouges et pleins de larmes.
Deux autres soldats de l'escouade, Chouteau et Pache, le premier étalé sur le dos, en fainéant qui aimait ses aises, l'autre accroupi, tr?s occupé a recoudre soigneusement une déchirure de sa culotte, éclat?rent, égayés par l'affreuse grimace de cette brute de Lapoulle.
- Tourne-toi, souffle de l'autre côté, ça ira mieux ! cria Chouteau.
Jean les laissa rire. On n'allait peut-?tre plus en trouver si souvent l'occasion ; et lui, avec son air de gros garçon sérieux, a la figure pleine et réguli?re, n'était pourtant pas pour la mélancolie, fermant les yeux volontiers quand ses hommes prenaient du plaisir. Mais un autre groupe l'occupa, un soldat de son escouade encore, Maurice Levasseur, en train, depuis une heure bientôt, de causer avec un civil, un monsieur roux d'environ trente-six ans, une face de bon chien, éclairée de deux gros yeux bleus a fleur de t?te, des yeux de myope qui l'avaient fait réformer. Un artilleur de la réserve, maréchal des logis, l'air crâne et d'aplomb avec ses moustaches et sa barbiche brunes, était venu les rejoindre ; et tous les trois s'oubliaient la, comme en famille.
Obligeamment, pour leur éviter quelque algarade, Jean crut devoir intervenir.
- Vous feriez bien de partir, monsieur. Voici la retraite, si le lieutenant vous voyait...
Maurice ne le laissa pas achever.
- Restez donc, Weiss.
Et, s?chement, au caporal :
- Monsieur est mon beau-fr?re. Il a une permission du colonel, qu'il connaît.
De quoi se m?lait-il, ce paysan, dont les mains sentaient encore le fumier ? Lui, reçu avocat au dernier automne, engagé volontaire que la protection du colonel avait fait incorporer dans le 106e, sans passer par le dépôt, consentait bien a porter le sac ; mais, d?s les premi?res heures, une répugnance, une sourde révolte l'avait dressé contre cet illettré, ce rustre qui le commandait.
- C'est bon, répondit Jean, de sa voix tranquille, faites-vous empoigner, je m'en fiche.
Puis, il tourna le dos, en voyant bien que Maurice ne mentait pas ; car le colonel, M. de Vineuil, passait a ce moment, de son grand air noble, sa longue face jaune coupée de ses épaisses moustaches blanches ; et il avait salué Weiss et le soldat d'un sourire. Vivement, le colonel se rendait a une ferme que l'on apercevait sur la droite, a deux ou trois cents pas, parmi des pruniers, et o? l'état-major s'était installé pour la nuit. On ignorait si le commandant du 7e corps se trouvait la, dans l'affreux deuil dont venait de le frapper la mort de son fr?re, tué a Wissembourg. Mais le général de brigade Bourgain-Desfeuilles, qui avait sous ses ordres le 106e, y était s?rement, tr?s braillard comme a l'ordinaire, roulant son gros corps sur ses courtes jambes, avec son teint fleuri de bon vivant que son peu de cervelle ne g?nait point. Une agitation grandissait autour de la ferme, des estafettes partaient et revenaient a chaque minute, toute l'attente fébrile des dép?ches, trop lentes, sur cette grande bataille que chacun sentait fatale et voisine depuis le matin. O? donc avait-elle été livrée, et quels en étaient a cette heure les résultats ? A mesure que tombait la nuit, il semblait que, sur le verger, sur les meules éparses autour des étables, l'anxiété roulât, s'étalât en un lac d'ombre. Et l'on disait encore qu'on venait d'arr?ter un espion prussien rôdant autour du camp, et qu'on l'avait conduit a la ferme, pour que le général l'interrogeât. Peut-?tre le colonel de Vineuil avait-il reçu quelque télégramme, qu'il courait si fort.
Cependant, Maurice s'était remis a causer avec son beau-fr?re Weiss et son cousin Honoré Fouchard, le maréchal des logis. La retraite, venue de loin, peu a peu grossie, passa pr?s d'eux, sonnante, battante, dans la paix mélancolique du crépuscule ; et ils ne sembl?rent m?me pas l'entendre. Petit-fils d'un héros de la grande armée, le jeune homme était né, au Ch?ne-Populeux, d'un p?re détourné de la gloire, tombé a un maigre emploi de percepteur. Sa m?re, une paysanne, avait succombé en les mettant au monde, lui et sa s?ur jumelle Henriette, qui, toute petite, l'avait élevé. Et, s'il se trouvait la, engagé volontaire, c'était a la suite de grandes fautes, toute une dissipation de tempérament faible et exalté, de l'argent qu'il avait jeté au jeu, aux femmes, aux sottises de Paris dévorateur, lorsqu'il y était venu terminer son droit et que la famille s'était saignée pour faire de lui un monsieur. Le p?re en était mort, la s?ur, apr?s s'?tre dépouillée, avait eu la chance de trouver un mari, cet honn?te garçon de Weiss, un Alsacien de Mulhouse, longtemps comptable a la Raffinerie générale du Ch?ne-Populeux, aujourd'hui contremaître chez M. Delaherche, un des principaux fabricants de drap de Sedan. Et Maurice se croyait bien corrigé, dans sa nervosité prompte a l'espoir du bien comme au découragement du mal, généreux, enthousiaste, mais sans fixité aucune, soumis a toutes les sautes du vent qui passe. Blond, petit, avec un front tr?s développé, un nez et un menton menus, le visage fin, il avait des yeux gris et caressants, un peu fous parfois.
Weiss était accouru a Mulhouse, a la veille des premi?res hostilités, dans le brusque désir d'y régler une affaire de famille ; et, s'il s'était servi, pour serrer la main de son beau-fr?re, du bon vouloir du colonel de Vineuil, c'était que ce dernier se trouvait ?tre l'oncle de la jeune madame Delaherche, une jolie veuve épousée l'année d'auparavant par le fabricant de drap, et que Maurice et Henriette avaient connue gamine, grâce a un hasard de voisinage. D'ailleurs, outre le colonel, Maurice venait de retrouver dans le capitaine de sa compagnie, le capitaine Beaudoin, une connaissance de Gilberte, la jeune madame Delaherche, un ami a elle, intime, disait-on, lorsqu'elle était a Mézi?res madame Maginot, femme de M. Maginot, inspecteur des for?ts.
- Embrassez bien Henriette pour moi, répétait a Weiss le jeune homme, qui aimait passionnément sa s?ur. Dites-lui qu'elle sera contente, que je veux la rendre enfin fi?re de moi.
Des larmes lui emplissaient les yeux, au souvenir de ses folies. Son beau-fr?re, ému lui-m?me, coupa court, en s'adressant a Honoré Fouchard, l'artilleur.
- Et, d?s que je passerai a Remilly, je monterai dire a l'oncle Fouchard que je vous ai vu et que vous vous portez bien.
L'oncle Fouchard, un paysan, qui avait quelques terres et qui faisait le commerce de boucher ambulant, était un fr?re de la m?re d'Henriette et de Maurice. Il habitait Remilly, en haut, sur le coteau, a six kilom?tres de Sedan.
- Bon ! répondit tranquillement Honoré, le p?re s'en fiche, mais allez-y tout de m?me, si ça vous fait plaisir.
A cette minute, une agitation se produisit, du côté de la ferme ; et ils en virent sortir, libre, conduit par un seul officier, le rôdeur, l'homme qu'on avait accusé d'?tre un espion. Sans doute, il avait montré des papiers, conté une histoire, car on l'expulsait simplement du camp. De si loin, dans l'ombre naissante, on le distinguait mal, énorme, carré, avec une t?te roussâtre.
Pourtant, Maurice eut un cri.
- Honoré, regarde donc... On dirait le Prussien, tu sais, Goliath !
Ce nom fit sursauter l'artilleur. Il braqua ses yeux ardents. Goliath Steinberg, le garçon de ferme, l'homme qui l'avait fâché avec son p?re, qui lui avait pris Silvine, toute la vilaine histoire, toute l'abominable saleté dont il souffrait encore ! Il aurait couru, l'aurait étranglé. Mais déja l'homme, au dela des faisceaux, s'en allait, s'évanouissait dans la nuit.
- Oh ! Goliath ! murmura-t-il, pas possible ! Il est la-bas, avec les autres... Si jamais je le rencontre !
D'un geste menaçant, il avait montré l'horizon envahi de tén?bres, tout cet Orient violâtre, qui pour lui était la Prusse. Il y eut un silence, on entendit de nouveau la retraite, mais tr?s lointaine, qui se perdait a l'autre bout du camp, d'une douceur mourante au milieu des choses devenues indécises.
- Fichtre ! reprit Honoré, je vais me faire pincer, moi, si je ne suis pas la pour l'appel... Bonsoir ! adieu a tout le monde !
Et, ayant serré une derni?re fois les deux mains de Weiss, il fila a grandes enjambées vers le monticule o? était parquée l'artillerie de réserve, sans avoir reparlé de son p?re, sans rien avoir fait dire a Silvine, dont le nom lui br?lait les l?vres.
Des minutes encore se pass?rent, et vers la gauche, du côté de la deuxi?me brigade, un clairon sonna l'appel. Plus pr?s, un autre répondit. Puis, ce fut un troisi?me, tr?s loin. De proche en proche, tous sonnaient a la fois, lorsque Gaude, le clairon de la compagnie, se décida, a toute volée des notes sonores. C'était un grand garçon, maigre et douloureux, sans un poil de barbe, toujours muet, et qui soufflait ses sonneries d'une haleine de temp?te.
Alors, le sergent Sapin, un petit homme pincé et aux grands yeux vagues, commença l'appel. Sa voix gr?le jetait les noms, tandis que les soldats qui s'étaient approchés, répondaient sur tous les tons, du violoncelle a la fl?te. Mais un arr?t se produisit.
- Lapoulle ! répéta tr?s haut le sergent.
Personne ne répondit encore. Et il fallut que Jean se précipitât vers le tas de bois vert, que le fusilier Lapoulle, excité par les camarades, s'obstinait a vouloir enflammer. Maintenant, sur le ventre, le visage cuit, il chassait au ras du sol la fumée du bois, qui noircissait.
- Mais, tonnerre de Dieu ! lâchez donc ça ! cria Jean. Répondez a l'appel !
Lapoulle, ahuri, se souleva, parut comprendre, hurla un : Présent ! d'une telle voix de sauvage, que Loubet en tomba sur le derri?re, tant il le trouva farce. Pache, qui avait fini sa couture, répondit, a peine distinct, d'un marmottement de pri?re. Chouteau, dédaigneusement, sans m?me se lever, jeta le mot et s'étala davantage.
Cependant, le lieutenant de service, Rochas, immobile, attendait a quelques pas. Lorsque, l'appel fini, le sergent Sapin vint lui dire qu'il ne manquait personne, il gronda dans ses moustaches, en désignant du menton Weiss toujours en train de causer avec Maurice :
- Il y en a m?me un de trop, qu'est-ce qu'il fiche, ce particulier-la ?
- Permission du colonel, mon lieutenant, crut devoir expliquer Jean, qui avait entendu.
Rochas haussa furieusement les épaules, et, sans un mot, se remit a marcher le long des tentes, en attendant l'extinction des feux ; pendant que Jean, les jambes cassées par l'étape de la journée, s'asseyait a quelques pas de Maurice, dont les paroles lui arriv?rent, bourdonnantes d'abord, sans qu'il les écoutât, envahi lui-m?me de réflexions obscures, a peine formulées, au fond de son épaisse et lente cervelle.
Maurice était pour la guerre, la croyait inévitable, nécessaire a l'existence m?me des nations. Cela s'imposait a lui, depuis qu'il se donnait aux idées évolutives, a toute cette théorie de l'évolution qui passionnait d?s lors la jeunesse lettrée. Est-ce que la vie n'est pas une guerre de chaque seconde ? est-ce que la condition m?me de la nature n'est pas le combat continu, la victoire du plus digne, la force entretenue et renouvelée par l'action, la vie renaissant toujours jeune de la mort ? Et il se rappelait le grand élan qui l'avait soulevé, lorsque, pour racheter ses fautes, cette pensée d'?tre soldat, d'aller se battre a la fronti?re, lui était venue. Peut-?tre la France du plébiscite, tout en se livrant a l'empereur, ne voulait-elle pas la guerre. Lui-m?me, huit jours auparavant, la déclarait coupable et imbécile. On discutait sur cette candidature d'un prince allemand au trône d'Espagne ; dans la confusion qui, peu a peu, s'était faite, tout le monde semblait avoir tort ; si bien qu'on ne savait plus de quel côté partait la provocation, et que, seul, debout, l'inévitable demeurait, la loi fatale qui, a l'heure marquée, jette un peuple sur un autre. Mais un grand frisson avait traversé Paris, il revoyait la soirée ardente, les boulevards charriant la foule, les bandes qui secouaient des torches, en criant : A Berlin ! a Berlin ! Devant l'Hôtel de Ville, il entendait encore, montée sur le si?ge d'un cocher, une grande belle femme, au profil de reine, dans les plis d'un drapeau et chantant la Marseillaise. Était-ce donc menteur, le c?ur de Paris n'avait-il pas battu ? Et puis, comme toujours chez lui, apr?s cette exaltation nerveuse, des heures de doute affreux et de dégo?t avaient suivi : son arrivée a la caserne, l'adjudant qui l'avait reçu, le sergent qui l'avait fait habiller, la chambrée empestée et d'une crasse repoussante, la camaraderie grossi?re avec ses nouveaux compagnons, l'exercice mécanique qui lui cassait les membres et lui appesantissait le cerveau. En moins d'une semaine pourtant, il s'était habitué, sans répugnance désormais. Et l'enthousiasme l'avait repris, lorsque le régiment était enfin parti pour Belfort.
D?s les premiers jours, Maurice avait eu l'absolue certitude de la victoire. Pour lui, le plan de l'empereur était clair : jeter quatre cent mille hommes sur le Rhin, franchir le fleuve avant que les Prussiens fussent pr?ts, séparer l'Allemagne du Nord de l'Allemagne du Sud par une pointe vigoureuse ; et, grâce a quelque succ?s éclatant, forcer tout de suite l'Autriche et l'Italie a se mettre avec la France. Le bruit n'avait-il pas couru, un instant, que ce 7e corps, dont son régiment faisait partie, devait prendre la mer a Brest, pour ?tre débarqué en Danemark et opérer une diversion qui obligerait la Prusse a immobiliser une de ses armées ? Elle allait ?tre surprise, accablée de toutes parts, écrasée en quelques semaines. Une simple promenade militaire, de Strasbourg a Berlin. Mais, depuis son attente a Belfort, des inquiétudes le tourmentaient. Le 7e corps, chargé de surveiller la trouée de la For?t-Noire, y était arrivé dans une confusion inexprimable, incomplet, manquant de tout. On attendait d'Italie la troisi?me division ; la deuxi?me brigade de cavalerie restait a Lyon, par crainte d'un mouvement populaire ; et trois batteries s'étaient égarées, on ne savait o?. Puis, c'était un dénuement extraordinaire, les magasins de Belfort qui devaient tout fournir, étaient vides : ni tentes, ni marmites, ni ceintures de flanelle, ni cantines médicales, ni forges, ni entraves a chevaux. Pas un infirmier et pas un ouvrier d'administration. Au dernier moment, on venait de s'apercevoir que trente mille pi?ces de rechange manquaient, indispensables au service des fusils ; et il avait fallu envoyer a Paris un officier, qui en avait rapporté cinq mille, arrachées avec peine. D'autre part, ce qui l'angoissait, c'était l'inaction. Depuis deux semaines qu'on se trouvait la, pourquoi ne marchait-on pas en avant ? Il sentait bien que chaque jour de retard était une irréparable faute, une chance perdue de victoire. Et, devant le plan r?vé, se dressait la réalité de l'exécution, ce qu'il devait savoir plus tard, dont il n'avait alors que l'anxieuse et obscure conscience : les sept corps d'armée échelonnés, disséminés le long de la fronti?re, de Metz a Bitche et de Bitche a Belfort ; les effectifs partout incomplets, les quatre cent trente mille hommes se réduisant a deux cent trente mille au plus ; les généraux se jalousant, bien décidés chacun a gagner son bâton de maréchal, sans porter aide au voisin ; la plus effroyable imprévoyance, la mobilisation et la concentration faites d'un seul coup pour gagner du temps, aboutissant a un gâchis inextricable ; la paralysie lente enfin, partie de haut, de l'empereur malade, incapable d'une résolution prompte, et qui allait envahir l'armée enti?re, la désorganiser, l'annihiler, la jeter aux pires désastres, sans qu'elle p?t se défendre. Et, cependant, au-dessus du sourd malaise de l'attente, dans le frisson instinctif de ce qui allait venir, la certitude de victoire demeurait.
Brusquement, le 3 ao?t, avait éclaté la nouvelle de la victoire de Sarrebruck, remportée la veille. Grande victoire, on ne savait. Mais les journaux débordaient d'enthousiasme, c'était l'Allemagne envahie, le premier pas dans la marche glorieuse ; et le prince impérial, qui avait ramassé froidement une balle sur le champ de bataille, commençait sa légende. Puis, deux jours plus tard, lorsqu'on avait su la surprise et l'écrasement de Wissembourg, un cri de rage s'était échappé des poitrines. Cinq mille hommes pris dans un guet-apens, qui avaient résisté pendant dix heures a trente-cinq mille Prussiens, ce lâche massacre criait simplement vengeance ! Sans doute, les chefs étaient coupables de s'?tre mal gardés et de n'avoir rien prévu. Mais tout cela allait ?tre réparé, Mac-Mahon avait appelé la premi?re division du 7e corps, le 1er corps serait soutenu par le 5e, les Prussiens devaient, a cette heure, avoir repassé le Rhin, avec les ba?onnettes de nos fantassins dans le dos. Et la pensée qu'on s'était furieusement battu ce jour-la, l'attente de plus en plus enfiévrée des nouvelles, toute l'anxiété épandue s'élargissait a chaque minute sous le vaste ciel pâlissant.
C'était ce que Maurice répétait a Weiss.
- Ah ! on leur a s?rement aujourd'hui allongé une fameuse raclée !
Sans répondre, Weiss hocha la t?te d'un air soucieux. Lui aussi regardait du côté du Rhin, vers cet Orient o? la nuit s'était déja compl?tement faite, un mur noir, assombri de myst?re. Depuis les derni?res sonneries de l'appel, un grand silence tombait sur le camp engourdi, troublé a peine par les pas et les voix de quelques soldats attardés. Une lumi?re venait de s'allumer, une étoile clignotante, dans la salle de la ferme o? l'état-major veillait, attendant les dép?ches qui arrivaient d'heure en heure, obscures encore. Et le feu de bois vert, enfin abandonné, fumait toujours d'une grosse fumée triste, qu'un léger vent poussait au-dessus de cette ferme inqui?te, salissant au ciel les premi?res étoiles.
- Une raclée, finit par répéter Weiss, Dieu vous entende !
Jean, toujours assis a quelques pas, dressa l'oreille ; tandis que le lieutenant Rochas, ayant surpris ce v?u tremblant de doute, s'arr?ta net pour écouter.
- Comment ! reprit Maurice, vous n'avez pas une enti?re confiance, vous croyez une défaite possible !
D'un geste, son beau-fr?re l'arr?ta, les mains frémissantes, sa bonne face tout d'un coup bouleversée et pâlie.
- Une défaite, le ciel nous en garde !... Vous savez, je suis de ce pays, mon grand-p?re et ma grand'm?re ont été assassinés par les Cosaques, en 1814 ; et, quand je songe a l'invasion, mes poings se serrent, je ferais le coup de feu, avec ma redingote, comme un troupier !... Une défaite, non, non ! je ne veux pas la croire possible !
Il se calma, il eut un abandon d'épaules, plein d'accablement.
- Seulement, que voulez-vous ! je ne suis pas tranquille... Je la connais bien, mon Alsace ; je viens de la traverser encore, pour mes affaires ; et nous avons vu, nous autres, ce qui crevait les yeux des généraux, et ce qu'ils ont refusé de voir... Ah ! la guerre avec la Prusse, nous la désirions, il y avait longtemps que nous attendions paisiblement de régler cette vieille querelle. Mais ça n'emp?chait pas nos relations de bon voisinage avec Bade et avec la Bavi?re, nous avons tous des parents ou des amis, de l'autre côté du Rhin. Nous pensions qu'ils r?vaient comme nous d'abattre l'orgueil insupportable des Prussiens... Et nous, si calmes, si résolus, voila plus de quinze jours que l'impatience et l'inquiétude nous prennent, a voir comment tout va de mal en pis. D?s la déclaration de guerre, on a laissé les cavaliers ennemis terrifier les villages, reconnaître le terrain, couper les fils télégraphiques. Bade et la Bavi?re se l?vent, d'énormes mouvements de troupes ont lieu dans le Palatinat, les renseignements venus de partout, des marchés, des foires, nous prouvent que la fronti?re est menacée ; et, quand les habitants, les maires des communes, effrayés enfin, accourent dire cela aux officiers qui passent, ceux-ci haussent les épaules : des hallucinations de poltrons, l'ennemi est loin... Quoi ? lorsqu'il n'aurait pas fallu perdre une heure, les jours et les jours se passent ! Que peut-on attendre ? que l'Allemagne tout enti?re nous tombe sur les reins !
Il parlait d'une voix basse et désolée, comme s'il se f?t répété ces choses a lui-m?me, apr?s les avoir pensées longtemps.
- Ah ! l'Allemagne, je la connais bien aussi ; et le terrible, c'est que vous autres, vous paraissez l'ignorer autant que la Chine... Vous vous souvenez, Maurice, de mon cousin Gunther, ce garçon qui est venu, le printemps dernier, me serrer la main a Sedan. Il est mon cousin par les femmes : sa m?re, une s?ur de la mienne, s'est mariée a Berlin ; et il est bien de la-bas, il a la haine de la France. Il sert aujourd'hui comme capitaine dans la garde prussienne... Le soir o? je l'ai reconduit a la gare, je l'entends encore me dire de sa voix coupante : " Si la France nous déclare la guerre, elle sera battue. "
Du coup, le lieutenant Rochas, qui s'était contenu jusque-la, s'avança, furieux. Âgé de pr?s de cinquante ans, c'était un grand diable maigre, avec une figure longue et creusée, tannée, enfumée. Le nez énorme, busqué, tombait dans une large bouche violente et bonne, o? se hérissaient de rudes moustaches grisonnantes. Et il s'emportait, la voix tonnante.
- Ah ça ! qu'est-ce que vous foutez la, vous, a décourager nos hommes !
Jean, sans se m?ler de la querelle, trouva au fond qu'il avait raison. Lui non plus, tout en commençant a s'étonner des longs retards et du désordre o? l'on était, n'avait jamais douté de la raclée formidable que l'on allait allonger aux Prussiens. C'était s?r, puisqu'on n'était venu que pour ça.
- Mais, lieutenant, répondit Weiss interloqué, je ne veux décourager personne... Au contraire, je voudrais que tout le monde s?t ce que je sais, parce que le mieux est de savoir pour prévoir et pouvoir... Et, tenez ! cette Allemagne...
Il continua, de son air raisonnable, il expliqua ses craintes : la Prusse grandie apr?s Sadowa, le mouvement national qui la plaçait a la t?te des autres États allemands, tout ce vaste empire en formation, rajeuni, ayant l'enthousiasme et l'irrésistible élan de son unité a conquérir ; le syst?me du service militaire obligatoire, qui mettait debout la nation en armes, instruite, disciplinée, pourvue d'un matériel puissant, rompue a la grande guerre, encore glorieuse de son triomphe foudroyant sur l'Autriche ; l'intelligence, la force morale de cette armée, commandée par des chefs presque tous jeunes, obéissant a un généralissime qui semblait devoir renouveler l'art de se battre, d'une prudence et d'une prévoyance parfaites, d'une netteté de vue merveilleuse. Et, en face de cette Allemagne, il osa ensuite montrer la France : l'Empire vieilli, acclamé encore au plébiscite, mais pourri a la base, ayant affaibli l'idée de patrie en détruisant la liberté, redevenu libéral trop tard et pour sa ruine, pr?t a crouler d?s qu'il ne satisferait plus les appétits de jouissances déchaînés par lui ; l'armée, certes, d'une admirable bravoure de race, toute chargée des lauriers de Crimée et d'Italie, seulement gâtée par le remplacement a prix d'argent, laissée dans sa routine de l'école d'Afrique, trop certaine de la victoire pour tenter le grand effort de la science nouvelle ; les généraux enfin, médiocres pour la plupart, dévorés de rivalités, quelques-uns d'une ignorance stupéfiante, et l'empereur a leur t?te, souffrant et hésitant, trompé et se trompant, dans l'effroyable aventure qui commençait, o? tous se jetaient en aveugles, sans préparation sérieuse, au milieu d'un effarement, d'une débandade de troupeau mené a l'abattoir.
Rochas, béant, les yeux arrondis, écoutait. Son terrible nez s'était froncé. Puis, tout d'un coup, il prit le parti de rire, d'un rire énorme qui lui fendait les mâchoires.
- Qu'est-ce que vous nous chantez la, vous ! qu'est-ce que ça veut dire, toutes ces b?tises !... Mais ça n'a pas de sens, c'est trop b?te pour qu'on se casse la t?te a comprendre... Allez conter ça a des recrues, mais pas a moi, non ! pas a moi qui ai vingt-sept ans de service !
Et il se tapait la poitrine du poing. Fils d'un ouvrier maçon, venu du Limousin, né a Paris et répugnant a l'état de son p?re, il s'était engagé d?s l'âge de dix-huit ans. Soldat de fortune, il avait porté le sac, caporal en Afrique, sergent a Sébastopol, lieutenant apr?s Solférino, ayant mis quinze années de dure existence et d'héro?que bravoure pour conquérir ce grade, d'un manque tel d'instruction, qu'il ne devait jamais passer capitaine.
- Mais, monsieur, vous qui savez tout, vous ne savez pas ça... Oui, a Mazagran, j'avais dix-neuf ans a peine, et nous étions cent vingt-trois hommes, pas un de plus, et nous avons tenu quatre jours contre douze mille Arabes... Ah ! oui, pendant des années et des années, la-bas, en Afrique, a Mascara, a Biskra, a Dellys, plus tard dans la grande Kabylie, plus tard a Laghouat, si vous aviez été avec nous, monsieur, vous auriez vu tous ces sales moricauds filer comme des li?vres, d?s que nous paraissions... Et a Sébastopol, monsieur, fichtre ! on ne peut pas dire que ç'a été commode. Des temp?tes a vous déraciner les cheveux, un froid de loup, toujours des alertes, puis ces sauvages qui, a la fin, ont tout fait sauter ! N'emp?che pas que nous les avons fait sauter eux-m?mes, oh ! en musique et dans la grande po?le a frire !... Et a Solférino, vous n'y étiez pas, monsieur, alors pourquoi en parlez-vous ? Oui, a Solférino, o? il a fait si chaud, bien qu'il ait tombé ce jour-la plus d'eau que vous n'en avez peut-?tre jamais vu dans votre vie ! a Solférino, la grande brossée aux Autrichiens, il fallait les voir, devant nos ba?onnettes, galoper, se culbuter, pour courir plus vite, comme s'ils avaient eu le feu au derri?re !
Il éclatait d'aise, toute la vieille gaieté militaire française sonnait dans son rire de triomphe. C'était la légende, le troupier français parcourant le monde, entre sa belle et une bouteille de bon vin, la conqu?te de la terre faite en chantant des refrains de goguette. Un caporal et quatre hommes, et des armées immenses mordaient la poussi?re.
Brusquement, sa voix gronda.
- Battue, la France battue !... Ces cochons de Prussiens nous battre, nous autres !
Il s'approcha, saisit violemment Weiss par un revers de sa redingote. Tout son grand corps maigre de chevalier errant exprimait l'absolu mépris de l'ennemi, quel qu'il f?t, dans une insouciance compl?te du temps et des lieux.
- Écoutez bien, monsieur... Si les Prussiens osent venir, nous les reconduirons chez eux a coups de pied dans le cul... Vous entendez, a coups de pied dans le cul, jusqu'a Berlin !
Et il eut un geste superbe, la sérénité d'un enfant, la conviction candide de l'innocent qui ne sait rien et ne craint rien.
- Parbleu ! c'est comme ça, parce que c'est comme ça !
Weiss, étourdi, convaincu presque, se hâta de déclarer qu'il ne demandait pas mieux. Quant a Maurice, qui se taisait, n'osant intervenir devant son supérieur, il finit par éclater de rire avec lui : ce diable d'homme, que d'ailleurs il jugeait stupide, lui faisait chaud au c?ur. De m?me, Jean, d'un hochement de t?te, avait approuvé chaque parole du lieutenant. Lui aussi était a Solférino, o? il avait tant plu. Et voila qui était parler ! Si tous les chefs avaient parlé comme ça, on ne se serait pas mal fichu qu'il manquât des marmites et des ceintures de flanelle !
La nuit était compl?tement venue depuis longtemps, et Rochas continuait d'agiter ses grands membres dans les tén?bres. Il n'avait jamais épelé qu'un volume des victoires de Napoléon, tombé au fond de son sac de la boîte d'un colporteur. Et il ne pouvait se calmer, et toute sa science sortit en un cri impétueux.
- L'Autriche rossée a Castiglione, a Marengo, a Austerlitz, a Wagram ! la Prusse rossée a Eylau, a Iéna, a Lutzen ! la Russie rossée a Friedland, a Smolensk, a la Moskowa ! l'Espagne, l'Angleterre rossées partout ! la terre enti?re rossée, rossée de haut en bas, de long en large !... Et, aujourd'hui, c'est nous qui serions rossés ! Pourquoi ? comment ? On aurait donc changé le monde ?
Il se grandit encore, levant son bras comme la hampe d'un drapeau !
- Tenez ! on s'est battu la-bas aujourd'hui, on attend les nouvelles. Eh bien ! les nouvelles, je vais vous les donner, moi !... On a rossé les Prussiens, rossé a ne leur laisser ni ailes ni pattes, rossé a en balayer les miettes !
Sous le ciel sombre, a ce moment, un grand cri douloureux passa. Était-ce la plainte d'un oiseau de nuit ? Était-ce une voix du myst?re, venue de loin, chargée de larmes ? Tout le camp, noyé de tén?bres, en frissonna, et l'anxiété épandue dans l'attente des dép?ches si lentes a venir, s'en trouva enfiévrée, élargie encore. Au loin, dans la ferme, éclairant la veillée inqui?te de l'état-major, la chandelle br?lait plus haute, d'une flamme droite et immobile de cierge.
Mais il était dix heures, Gaude surgit du sol noir, o? il avait disparu, et le premier sonna le couvre-feu. Les autres clairons répondirent, s'éteignirent de proche en proche, dans une fanfare mourante, déja comme engourdie de sommeil. Et Weiss, qui s'était oublié la si tard, serra tendrement Maurice entre ses bras : bon espoir et bon courage ! il embrasserait Henriette pour son fr?re, il irait dire bien des choses a l'oncle Fouchard. Alors, comme il partait enfin, une rumeur courut, toute une agitation fébrile. C'était une grande victoire que le maréchal de Mac-Mahon venait de remporter : le prince royal de Prusse fait prisonnier avec vingt-cinq mille hommes, l'armée ennemie refoulée, détruite, laissant entre nos mains ses canons et ses bagages.
- Parbleu ! cria simplement Rochas, de sa voix de tonnerre.
Puis, poursuivant Weiss, tout heureux, qui se hâtait de rentrer a Mulhouse :
- A coups de pied dans le cul, monsieur, a coups de pied dans le cul, jusqu'a Berlin !
Un quart d'heure plus tard, une autre dép?che disait que l'armée avait d? abandonner W?rth et battait en retraite. Ah ! quelle nuit ! Rochas, foudroyé de sommeil, venait de s'envelopper dans son manteau et dormait sur la terre, insoucieux d'un abri, comme cela lui arrivait souvent. Maurice et Jean s'étaient glissés sous la tente, o? déja Loubet, Chouteau, Pache et Lapoulle se tassaient, la t?te sur leur sac. On tenait six, a condition de replier les jambes. Loubet avait d'abord égayé leur faim a tous, en faisant croire a Lapoulle qu'il y aurait du poulet, le lendemain matin, a la distribution ; mais ils étaient trop las, ils ronflaient, les Prussiens pouvaient venir. Un instant, Jean resta sans bouger, serré contre Maurice ; malgré sa grande fatigue, il tardait a s'endormir, tout ce qu'avait dit ce monsieur lui tournait dans la t?te, l'Allemagne en armes, innombrable, dévorante ; et il sentait bien que son compagnon non plus ne dormait pas, pensait aux m?mes choses. Puis, celui-ci eut une impatience, un mouvement de recul, et l'autre comprit qu'il le g?nait. Entre le paysan et le lettré, l'inimitié d'instinct, la répugnance de classe et d'éducation étaient comme un malaise physique. Le premier pourtant en éprouvait une honte, une tristesse au fond, se faisant petit, tâchant d'échapper a ce mépris hostile qu'il devinait la. Si la nuit dehors devenait fraîche, on étouffait tellement sous la tente, parmi l'entassement des corps, que Maurice, exaspéré de fi?vre, sortit d'un saut brusque, alla s'étendre a quelques pas. Jean, malheureux, roula dans un cauchemar, un demi-sommeil pénible, o? se m?laient le regret de ne pas ?tre aimé et l'appréhension d'un immense malheur, dont il croyait entendre le galop, la-bas, au fond de l'inconnu.
Des heures durent se passer, tout le camp noir, immobile, semblait s'anéantir sous l'oppression de la vaste nuit mauvaise, o? pesait ce quelque chose d'effroyable, sans nom encore. Des sursauts venaient d'un lac d'ombre, un râle subit sortait d'une tente invisible. Ensuite, c'étaient des bruits qu'on ne reconnaissait pas, l'ébrouement d'un cheval, le choc d'un sabre, la fuite d'un rôdeur attardé, toutes les ordinaires rumeurs qui prenaient des retentissements de menace. Mais, tout a coup, pr?s des cantines, une grande lueur éclata. Le front de bandi?re en était vivement éclairé, on aperçut les faisceaux alignés, les canons des fusils réguliers et clairs, o? filaient des reflets rouges, pareils a des coulures fraîches de sang ; et les sentinelles, sombres et droites, apparurent dans ce brusque incendie. Était-ce donc l'ennemi, que les chefs annonçaient depuis deux jours, et que l'on était venu chercher de Belfort a Mulhouse ? Puis, au milieu d'un grand pétillement d'étincelles, la flamme s'éteignit. Ce n'était que le tas de bois vert, si longtemps tracassé par Lapoulle, qui, apr?s avoir couvé pendant des heures, venait de flamber comme un feu de paille.
Jean, effrayé par cette clarté vive, sortit a son tour précipitamment de la tente ; et il faillit buter dans Maurice, soulevé sur un coude, regardant. Déja, la nuit était retombée plus opaque, les deux hommes rest?rent allongés sur la terre nue, a quelques pas l'un de l'autre. Il n'y avait plus, en face d'eux, au fond des tén?bres épaisses, que la fen?tre toujours éclairée de la ferme, cette chandelle perdue qui semblait veiller un mort. Quelle heure pouvait-il ?tre ? deux heures, trois heures peut-?tre. La-bas, l'état-major ne s'était décidément pas couché. On entendait la voix braillarde du général Bourgain-Desfeuilles, enragé de cette nuit de veille, pendant laquelle il n'avait pu se soutenir qu'a l'aide de grogs et de cigares. De nouveaux télégrammes arrivaient, les choses devaient se gâter, des ombres d'estafettes galopaient, affolées et indistinctes. Il y eut des piétinements, des jurons, comme un cri étouffé de mort, suivi d'un effrayant silence. Quoi donc ? était-ce la fin ? Un souffle glacé avait couru sur le camp, anéanti de sommeil et d'angoisse.
Et ce fut alors que Jean et Maurice reconnurent le colonel de Vineuil, dans une ombre maigre et haute, qui passait rapidement. Il devait ?tre avec le major Bouroche, un gros homme a t?te de lion. Tous les deux échangeaient des paroles sans suite, de ces paroles incompl?tes, chuchotées, comme on en entend dans les mauvais r?ves.
- Elle vient de Bâle... Notre premi?re division détruite... Douze heures de combat, toute l'armée en retraite...
L'ombre du colonel s'arr?ta, appela une autre ombre qui se hâtait, lég?re, fine et correcte.
- C'est vous, Beaudoin ?
- Oui, mon colonel.
- Ah ! mon ami, Mac-Mahon battu a Fr?schwiller, Frossard battu a Spickeren, de Failly immobilisé, inutile entre les deux... A Fr?schwiller, un seul corps contre toute une armée, des prodiges. Et tout emporté, la déroute, la panique, la France ouverte...
Des larmes l'étranglaient, des paroles encore se perdirent, les trois ombres disparurent, noyées, fondues.
Dans un frémissement de tout son ?tre, Maurice s'était mis debout.
- Mon Dieu ! bégaya-t-il.
Et il ne trouvait rien autre chose, tandis que Jean, le c?ur glacé, murmurait :
- Ah ! fichu sort !... Ce monsieur, votre parent, avait tout de m?me raison de dire qu'ils sont plus forts que nous.
Hors de lui, Maurice l'aurait étranglé. Les Prussiens plus forts que les Français ! c'était de cela que saignait son orgueil. Déja, le paysan ajoutait, calme et t?tu :
- Ça ne fait rien, voyez-vous. Ce n'est pas parce qu'on reçoit une tape, qu'on doit se rendre... Faudra cogner tout de m?me.
Mais, devant eux, une longue figure s'était dressée. Ils reconnurent Rochas, drapé encore de son manteau, et que les bruits errants, le souffle de la défaite peut-?tre venaient de tirer de son dur sommeil. Il questionna, voulut savoir.
Quand il eut compris, a grand'peine, une immense stupeur se peignit dans ses yeux vides d'enfant.
A plus de dix reprises, il répéta :
- Battus ! comment battus ? pourquoi battus ?
Maintenant, a l'Orient, le jour blanchissait, un jour louche d'une infinie tristesse, sur les tentes endormies, dans l'une desquelles on commençait a distinguer les faces terreuses de Loubet et de Lapoulle, de Chouteau et de Pache, qui ronflaient toujours, la bouche ouverte. Une aube de deuil se levait, parmi les brumes couleur de suie qui étaient montées, la-bas, du fleuve lointain.
Pogrom
CZĘŚĆ PIERWSZA.
I.
Rozłożono się obozem o dwa kilometry od Milhuzy, w kierunku Renu, w pośród żyznej równiny. Na schyłku owego dnia sierpniowego, pod niebem smętnem, po którem przewalały się ciężkie chmury, namioty ciągnęły się długą linią w poprzek szerokich bruzd, broń w kozłach połyskiwała ustawiona regularnie, a straże z karabinami nabitemi jej strzegły, nieruchome, z okiem wytężonem w dal, w mgłę szarą rozległej przestrzeni, podnoszącą się z łona wielkiej rzeki.
Przybyli z Belfort około godziny piątej. Była już ósma, a ludzie dopiero teraz mogli się zabrać do jedzenia. Lecz drwa na opał gdzieś w marszu zabłądziły, tak że nie można ich było rozdać. Niepodobna więc było rozpalić ognia i ugotować zupy. Trzeba było poprzestać na sucharach, skrapianych obficie wódką, która do reszty podcięła nogi, zmęczone marszem. Jednakże dwaj żołnierze, po za kozłami broni, w pobliżu wędrownego szynku, usiłowali rozpalić naręcze mokrego drzewa, które narąbali swemi pałaszami, a które stanowczo zapalić się nie chciało. Dym czarny i wlokący się leniwie, podnosił się wśród powietrza wieczornego, smutnie i ponuro.
Było tam wogóle dwanaście tysięcy ludzi; wszystko co miał ze sobą generał Feliks Douay z siódmego korpusu armii. Pierwsza dywizya, na rozkaz przybyły wczoraj, udała się do Froeschwiller; trzecia znajdowała się jeszcze w Lyonie; tak, że jenerał zdecydował się wymaszerować z Belfortu z samą tylko drugą dywizyą, z artyleryą rezerwy i dywizyą niekompletną jazdy. Widziano ogniska w Lorrach, a depesza wysłana przez podprefekta z Schelestadt donosiła, że prusacy przeszli Ren pod Markolsheim. Generał czując się zbyt odosobnionym na prawem skrzydle innych korpusów, pozbawiony z nimi wszelkiej komunikacyi, tym więcej przyśpieszał swój ruch ku granicy, że wczoraj rozbiegła się pogłoska o niespodziewanej porażce pod Wissemburgiem. Każdej chwili mógł mieć albo sam do czynienia z nieprzyjacielem, albo być wezwanym na pomoc pierwszemu korpusowi. Owego dnia, tej soboty pełnej niepokojów i burzy, 6 sierpnia, musiano się gdzieś bić od strony Froeschwiller; burza drgała w powietrzu przygnębiającem i pełnem ponurego zasępienia; unosiły się w niem jakieś dreszcze, gwałtowne podmuchy wiatru, niosącego ze sobą trwogę. Dywizya od dwóch dni przekonana była, że maszeruje na bój; żołnierze lada chwila spodziewali się spotkać przed sobą prusaków, u kresu tego gwałtownego pochodu z Belfortu do Milhuzy.
Dzień miał się ku schyłkowi; rozległ się capstrzyk z głębi obozu; dudnienie bębnów, słaby dźwięk trąbek, unoszony przez wicher. Jan Macquart, który zajęty był umocowywaniem namiotu, wbijając głębiej kołki, podniósł się. Na pierwszy odgłos wojny, opuścił Rognes, z sercem krwawiącem się z bólu po utracie żony Franciszki i gruntu, jaki mu wniosła w posagu; zaciągnął się powtórnie do szeregów, mając trzydzieści dziewięć lat. Powrócono mu naszywki kapralskie i wcielono go do 106 pułku liniowego, którego kadry uzupełniano. Niekiedy dziwił się sam, że nosi na sobie mundur, który po Solferino z taką radością zrzucił z siebie, wyrzekając się brząkania szablą i zabijania ludzi. Ale cóż robić! kiedy się nie ma w ręku dziś rzemiosła, ani żony, ani żadnego majątku, gdy serce skacze w piersi ze smutku i wściekłości - trzeba tę ostatnią wywrzeć na wrogu, gdy się tylko nawinie. Gdy człowiek nie ma ochoty do pracy, to przynajmniej będzie bronił starej ziemi francuskiej!
Stojąc, Jan rzucił wzrokiem na obóz, gdzie na dźwięk capstrzyku zapanował ruch szybki. Kilku ludzi biegło. Inni, śpiąc już, podnosili się i przeciągali mrucząc gniewliwie. Jan czekał cierpliwie apelu, z tym spokojem pełnym rozsądku, z zimną krwią, która zeń wytwarzała wybornego żołnierza. Koledzy mawiali, że gdyby był miał wykształcenie, mógłby zajść daleko. W rzeczy zaś samej umiejąc tylko czytać i pisać, nie marzył nawet o stopniu sierżanta. Gdy się kto urodził chłopem, musi zostać chłopem.
Ale zaciekawił go widok ognia z mokrego drzewa, dymiącego wciąż szkaradnie, i zawołał na dwóch ludzi, Loubeta i Lapoulle'a, którzy uparcie się koło ogniska kręcili i którzy należeli do jego sekcyi.
- Dajcież tam pokój! podusicie nas!
Loubet szczupły i żywy z miną żartownisia, - odrzekł ze śmiechem:
- Zaraz się rozpali, kapralu, zaręczam za to... Czemu nie dmuchasz, ty tam!...
I popchnął Lapoulle'a, olbrzyma, który nadymał się cały i istny huragan wyrzucał ze swych piersi, tak że twarz mu krwią nabiegła, oczy się zaczerwieniły i łzy z nich płynęły.
Dwaj inni żołnierze z tejże sekcyi, Chouteau i Pache, pierwszy wyciągnięty do góry brzuchem, jak wygodniś jaki, drugi siedząc w kuczki, łatał zawzięcie dziurę w swych spodniach, wybuchnęli śmiechem, rozweseleni okropną miną tego bydlęcia Lapoulle'a.
- Odwróć się i dmuchaj z innej strony, zobaczysz pójdzie łatwiej - wołał Chouteau.
Jan nie przeszkadzał tym żartom. Może nie prędko przytrafi się nowa okazya do śmiechu; on sam zresztą ze swą powagą, twarzą pełną i regularną, nie był zwolennikiem melancholii i przymykał oczy na żarty swych podwładnych. Ale zajęła go teraz inna grupa; żołnierz także z jego sekcyi, Maurycy Levasseur, rozmawiał od godziny już przeszło z jakimś cywilnym jegomością, ryżym, liczącym około trzydziestu sześciu lat, z twarzą dobroduszną, oczami dużemi i wyłupiastemi, któremi źle widział, przez co został uznany za niezdatnego do wojska. Przyłączył się do nich artylerzysta, wachmistrz, z miną zawadyacką i zuchwałą, z wąsikami i bródką ciemną, i wszyscy trzej rozmawiali sobie spokojnie, jak u siebie w domu.
Jan dla uchronienia ich od napomnień, uznał za stosowne dać im ostrzeżenie:
- Dobrze pan zrobisz, jeżeli sobie stąd pójdziesz. Capstrzyk otrąbują i gdyby pana zobaczył porucznik...
Maurycy nie dał mu skończyć.
- Zostań Weiss, zostań! - rzekł.
I odwracając się do kaprala dodał sucho:
- Ten pan jest moim szwagrem. Ma pozwolenie od pułkownika, z którym się zna.
Do czego się już nie wtrąca ten cham, którego ręce czuć z daleka gnojem? On został adwokatem ostatniej jesieni i zaciągnął się dobrowolnie jako ochotnik a dzięki protekcyi pułkownika, został wcielony do 106 pułku, bez przechodzenia wprzódy przez depot. Tornister nosił chętnie, ale od samego początku uczuł pewien wstręt, podnosił się w nim rokosz przeciw temu nieukowi, temu gburowi, który miał prawo mu rozkazywać.
- Dobrze - odrzekł Jan swym tonem spokojnym - niech was wsadzą do kozy, nic mię to nie obchodzi.
To powiedziawszy odwrócił się, wiedząc dobrze, iż Maurycy nie kłamie; gdyż pułkownik, pan de Vineuil, przechodził właśnie w tej chwili, ze swą postawą szlachetną, twarzą długą i żółtą, ozdobioną białemi wąsami, pozdrawiając Weissa i żołnierza uśmiechem. Szedł on śpiesznie w stronę dworu wiejskiego, bielejącego o dwieście lub trzysta kroków na prawo, pośród drzew śliwkowych, gdzie sztab zainstalował się na noc. Nie wiedziano czy dowódzca 7-go korpusu tam się znajduje, pogrążony w smutku, wskutek śmierci brata, poległego pod Wissemburgiem. Ale za to generał brygady Bourgain-Desfeuilles, pod rozkazami którego pozostawał pułk 106, znajdował się tam z pewnością, krzykliwy jak zawsze, tocząc się na swych małych nogach, z twarzą hulaki i ciasną głową. Żywy ruch panował koło domu, wysyłano i przyjmowano sztafety co chwila, oczekując gorączkowo na depesze zbyt wolno idące, o tej wielkiej bitwie, która, każdy to przeczuwał, musiała mieć wynik fatalny. Gdzie była ona stoczoną i jakie w tej chwili są jej rezultaty? W miarę, jak noc zapadała, zdawało się, że na ogrodzie, na zabudowaniach rozrzuconych dokoła, drżała trwoga, rozciągało się morze cienia. Mówiono, że schwytano szpiega pruskiego, włóczącego się koło obozu, że go przyprowadzono na folwark, dla tego, by go generał wybadał. Może pułkownik de Vineuil otrzymał jaką depeszę i dla tego tak śpieszy.
Tymczasem Maurycy zaczął znów rozmawiać ze swym szwagrem Weissem i swym krewniakiem Honoryuszem Fouchard, wachmistrzem... Capstrzyk przesuwając się wolno, przeszedł koło nich trąbiąc i bębniąc wśród melancholijnej ciszy zmroku, ale oni żadnej na to nie zwracali uwagi. Młodzieniec, wnuk bohatera wielkiej armii, urodził się w Ch?ne-Populeux, z ojca wykolejonego z drogi chwały wojennej na to, by otrzymać nędzny urząd rachmistrza. Matka, wieśniaczka, umarła wydając go na świat, jego i siostrę, Henryetę, dwoje bliźniąt. Ta ostatnia wychowała braciszka. I znalazł się teraz tutaj, zaciągnąwszy się na ochotnika wskutek niemałych grzechów, następstw temperamentu słabego i gorącego. Rozrzucał pieniądze na karty, kobiety, na głupstwa w tym wszystko pochłaniającym Paryżu, gdzie uczył się prawa i gdzie rodzina ostatni grosz oddała, by zeń zrobić pana. Ojciec umarł z tego, siostra pozbywszy się wszelkich zasobów, wyszła za mąż, za tego poczciwca Weissa, alzatczyka z Milhuzy, przez długi czas buchaltera rafineryi w Ch?ne-Populeux, teraz nadzorcy w dużej fabryce sukiennej w Sedanie, należącej do pana Delaherche. I zdawało się Maurycemu, że się zupełnie poprawił, sądząc tak w swej nerwowości zdolnej do złudzeń i do zniechęcenia. Był on szlachetny, zapaleniec, ale bez charakteru, ulegający wszelkim prądom. Blondyn, nizki, z czołem bardzo rozwiniętem miał oczy szare i pieszczotliwe, niekiedy nieco dzikie.
Weiss przybiegł do Milhuzy w przeddzień pierwszych kroków wojennych, w gorącej chęci załatwienia pewnego interesu familijnego, i jeżeli skorzystał z pozwolenia pułkownika de Vineuil by uścisnąć dłoń szwagra, to dla tego, że pułkownik był wujem młodej pani Delaherche, pięknej wdowy zaślubionej przez fabrykanta sukna, a którą Maurycy i Henryeta znali od dziecka, dzięki sąsiedztwu. Prócz tego, okrom pułkownika, kapitan Maurycego nazwiskiem Beaudoin był znajomym Gilberty, młodej pani Delaherche, jej przyjacielem poufnym, jak mówiono, jeszcze z czasów gdy mieszkała w Mézi?res jako pani Maginot, żona pana Maginot, inspektora leśnego.
- Uściskaj w mojem imieniu Henryetę - powtarzał Weissowi młody człowiek, przywiązany namiętnie do siostry. - Powiedz jej, że postaram się, by była ze mnie zadowoloną i dumną.
Oczy mu zaszły łzami, gdy sobie przypomniał wszystkie swe szaleństwa. Szwagier, wzruszony również, przerwał to rozczulenie, zwracając się do Honoryusza Fouchard, artylerzysty.
- Jak będę przejeżdżał przez Remilly, wstąpię do wujaszka Fouchard i powiem mu, żem pana widział i że pan zdrów jesteś.
Wujaszek Fouchard, wieśniak, mający trochę gruntu i obok tego handlujący mięsem, był bratem matki Henryety i Maurycego. Mieszkał on w Remilly, na wzgórzu, w odległości sześciu kilometrów od Sedanu.
- Dobrze! - odrzekł chłodno Honoryusz - ojczulek co prawda nie dba o to, ale kiedy pan chcesz, możesz doń wstąpić.
W tej chwili żywy ruch zapanował koło folwarku i zobaczyli wychodzącego zeń swobodnie, w towarzystwie tylko jednego oficera, włóczęgę, którego oskarżono o szpiegostwo. Zapewne pokazał swe papiery, wymyślił jaką historyę, gdyż poprostu wyrzucano go tylko z obozu. Rysował on się niewyraźnie w oddaleniu, wśród wzrastającego zmroku, wielki, nabity, z głową ryżą.
Naraz Maurycy krzyknął:
- Honoryuszu, patrz, patrz.. to ten prusak, wiesz... Goliat!
Na dźwięk tego imienia, artylerzysta drgnął. Wytrzeszczył swe gorejące oczy. Goliat Steinberg, czeladnik rzeźniczy, człowiek, który go pokłócił z ojcem, który mu odbił Sylwinę, cała historya obrzydliwa, wszystkie brudy wstrętne, które mu dziś jeszcze sprawiały cierpienie! Chciał biedz, chciał go zdusić. Ale człowiek przeszedł już poza kozły z bronią i rozpłynął się w cieniu nocy.
- Ale cóż znowu? - Goliat! mruknął - to niemożliwe. On tam jest, razem z innymi... Jeżeli go kiedy spotkam, no!...
I ruchem groźnym wskazał widnokrąg objęty mrokiem, cały ten wschód różowy, gdzie według niego znajdowały się Prusy. Zapanowało milczenie; znowu rozległ się capstrzyk w oddali, ginący w innej stronie obozu, rozpływający się łagodnie wśród ogarniających wszystko ciemności.
- Do dyabła! - zawołał Honoryusz - będę się miał z pyszna, jeżeli nie zdążę na apel! Dobranoc, bywajcie zdrowi wszyscy.
I uścisnąwszy po raz ostatni obie ręce Weissa, pobiegł szybko ku wzgórzu, gdzie stał pułk rezerwy artyleryi, nie wspomniawszy o swym ojcu, nie przesławszy żadnego słówka Sylwinie, której imię paliło mu usta.
Minęło kilka minut, i od strony lewej, gdzie stała druga brygada, rozległ się głos trąbki, zwołującej do apelu. Bliżej, odpowiedziała druga, potem trzecia zajęczała gdzieś w dali. Powoli wszystkie grały razem, gdy nagle Gaude, trębacz kompanii, zdecydował się zagrzmieć całą gamą tonów dźwięcznych. Był to chłopak rosły, chudy i chorobliwie wyglądający, nie posiadający ani jednego włoska na brodzie, zawsze milczący, który jednak dął w trąbę z gwałtownością huraganu.
Wtedy sierżant Sapin, człeczyna maleńki, wymuskany, o dużych oczach bez wyrazu, zabrał się do apelu. Głosem piskliwym wywoływał nazwiska, a żołnierze zbliżając się odpowiadali najrozmaitszemi tonami, począwszy od wiolonczeli aż do fletu. Ale nagle zrobiła się przerwa.
- Lapoulle! - powtórzył głośno sierżant.
Nikt nie odpowiedział. Jan rzucił się do stosu gałęzi zielonych, które fizylier Lapoulle podniecony przez kolegów, usiłował koniecznie rozpalić. Leżał on teraz na brzuchu, z twarzą ciemną i dmuchał w dym czarny, który rozłaził się leniwie:
- Do wszystkich dyabłów! rzuć to! krzyknął Jan. Odpowiedz na apel!
Lapoulle oszołomiony podniósł się i, zrozumiawszy o co idzie, ryknął: obecny! tak dzikim głosem, że Loubet aż się za brzuch chwycił od śmiechu. Pache, który skończył łatanie spodni, odpowiedział głosem zaledwie zrozumiałym, rodzajem szeptu modlitwy. Chouteau pogardliwie, nie racząc nawet wstać, rzucił swe: "obecny" i wyciągnął się na ziemi jeszcze wygodniej.
Rochas, porucznik służbowy, w odległości kilku kroków stał nieruchomy. Gdy apel się skończył, sierżant Sapin zbliżył się doń i zaraportował, że nikogo nie brakuje, mruknął przytem coś niewyraźnie, pod nosem, wskazując ręką na Weissa, ciągle rozmawiającego z Maurycym.
- Jest nawet o jednego zadużo, czego chce ten jegomość?
- Ma pozwolenie od pułkownika, panie poruczniku! - uważał za stosowne wtrącić się Jan i całą rzecz wytłomaczyć.
Rochas wzruszył gniewnie ramionami i nie rzekłszy ani słowa, puścił się wzdłuż namiotów, czekając na gaszenie ogni, podczas gdy Jan zmęczony marszem całodziennym, usiadł niedaleko Maurycego. Rozmowa tego ostatniego dochodziła mu do uszów niby brzęczenie, którego nie słuchał, zajęty swemi ponuremi myślami, co z trudnością wywijały mu się z ciężkiej i tępej jego głowy.
Maurycy był za wojną, uważał ją za konieczną, a nawet potrzebną dla istnienia narodów. Nabył takiego przekonania od chwili gdy się przejął ideami rozwoju, tą teoryą ewolucyi, która roznamiętniała ówczesną młodzież inteligentną. Czyż życie wreszcie nie jest wojną wszystkich przeciw wszystkim? czyż zasadą natury nie jest walka ciągła, zwycięztwo najsilniejszego, wzmocnienie siły przez działanie, odradzające się życie młode na łonie śmierci? I przypomniał sobie to wielkie uniesienie, które nim owładnęło, gdy dla odkupienia swych występków, przyszła mu myśl zostania żołnierzem, walczenia na granicy kraju. Być może, że Francya plebiscytu, oddając się całkowicie cesarzowi, nie chciała wojny. On sam, nie dalej jak przed tygodniem, uważał ją za głupstwo i za zbrodnię. Rozprawiano długo o tej kandydaturze księcia niemieckiego na tron hiszpański; w powszechnem zamięszaniu, które powoli się rozwijało, trudno było odgadnąć, kto ma racyę, tak dalece, że nie wiedziano nawet kto pierwszy cisnął wyzwanie i zdawało się, że sama fatalność nieunikniona w godzinie przeznaczenia rzuciła na siebie dwa narody. Dreszcz przebiegł po Paryżu; przypominał sobie Maurycy ów wieczór gorący, gdy na bulwarach przepełnionych tłumami, biegły gromady ludzi potrząsając pochodniami i krzycząc: do Berlina! do Berlina! Zdawało mu się, że słyszy jeszcze śpiew pięknej kobiety, z profilem królowej, jak przed ratuszem, stojąc na koźle dorożki, owinięta w sztandar, nuciła marsyliankę. Czyżby to więc było fałszem, czyż serce Paryża nie zabiło naprawdę? A potem wszystkiem, gdy przyszedł do domu, przypomniał sobie, jak po uniesieniu nerwowem, nastąpiły dlań godziny straszliwego zwątpienia, zniechęcenia i niesmaku; przybycie swoje do koszar, adjutanta, który go przyjął, sierżanta który mu dał umundurowanie, izbę cuchnącą i brudną straszliwie, gburowate koleżeństwo swych nowych towarzyszów, mechaniczne ćwiczenia, które go z nóg ścinały i zamęt w głowie rodziły. W ciągu tygodnia jednak przyzwyczaił się do tego i przywykł zupełnie. A w chwili gdy pułk ruszył do Belfortu, obudził się w nim dawny zapał.
Maurycy od samego początku miał zupełną pewność zwycięztwa. Dla niego plan cesarza był jasny: rzucić czterykroć sto tysięcy ludzi nad Ren, przejść rzekę wprzód nim prusacy będą gotowi, odciąć Niemcy północne od południowych, przy pomocy ruchu szybkiego, i dzięki kilku świetnym zwycięztwom zmusić Austryę i Włochy do połączenia się z Francyą. Czyż bowiem nie obiegała pogłoska przez chwilę, że korpus siódmy, do którego jego pułk należał, miał wsiąść na okręty w Breście i udać się do Danii dla dokonania dywersyi, któraby zmusiła Prusy do unieruchomienia jednej ze swych armij? Prusy te miały być nagle zaskoczone, otoczone ze wszech stron, zgniecione w ciągu kilku tygodni. Miała to być prosta przechadzka wojenna ze Strasburga do Berlina. Ale odkąd zatrzymali się w Belforcie, poczęły go dręczyć wątpliwości. Korpus siódmy mający bronić wylotów Czarnego Lasu, przyszedł tam w stanie niewypowiedzianego nieładu, niekompletny, pozbawiony wszystkiego. Oczekiwano przybycia z Włoch trzeciej dywizyi i druga brygada jazdy musiała pozostać w Lyonie, gdzie obawiano się zaburzeń ludowych, a trzy baterye gdzieś się zapodziały, tak że nic o nich nie wiedziano. Nastąpiło zupełne rozczarowanie; magazyny w Belforcie, które miały dostarczyć wszystkiego, były puste; ani namiotów, ani kotłów, ani pasów flanelowych, ani aptek polowych, ani kuźni, ani rzędów na konie, nic! Nie było ani jednego lekarza, ani robotnika. W ostatniej chwili spostrzeżono się, że brak trzydziestu tysięcy rozmaitych przyborów do karabinów; musiano wysłać oficera do Paryża, który przywiózł zaledwie pięć tysięcy, wyrwanych administracyi wojennej prawie gwałtem. Z drugiej strony przerażał go brak wszelkiej działalności. Stano tu od dwóch tygodni i nie ruszano się wcale. Czuł on to dobrze, że każda chwila opóźnienia, była niepowetowaną stratą, pozbyciem się możności zwycięztwa. I wobec wymarzonych planów podnosiła się rzeczywistość wykonania. To czego teraz się domyślał zaledwie z trwogą, a o czem później miał się przekonać, stało się! Siedem korpusów armii rozrzuconych wzdłuż granicy od Mecu do Bitsch, od Bitsch do Belfortu; kadry wszędzie niekompletne, mniemane czterykroć sto tysięcy ludzi redukowały się do dwustu trzydziestu tysięcy co najwyżej; generałowie zazdroszczący sobie nawzajem, każdy z chęcią zdobycia buławy marszałkowskiej, sam jeden, bez pomocy innych i bez pomagania innym; najstraszliwszy brak przezorności, mobilizacya i skoncentrowanie sił w jednej chwili dla zyskania na czasie, rozbijała się o niepojęte niedołęztwo! nakoniec powolna niemoc, mająca swe źródło w górze, w chorym cesarzu, niezdolnym do stanowczej i szybkiej decyzyi, ogarniała całą armię, rozstrajała ją, unicestwiała i oddawała na łup klęski wprzód, nim mogła jej stawić czoło. Mimo to jednak, ponad głuchą gorączką oczekiwania, w dreszczu mimowolnym wobec tego co się dziać będzie, istniała przecież pewność zwycięstwa.
Nagle, dnia 3-go sierpnia, rozeszła się wieść o zwycięztwie pod Saarbrück, odniesionem dnia poprzedniego. Nie wiedziano, jak wielkie były rozmiary tego zwycięztwa. Ale dzienniki wrzały zapałem, mówiły o zajęciu Niemiec, o pierwszym kroku zwycięzkiego pochodu; poczynała się legenda księcia cesarskiego, zbierającego z zimną krwią kule na pobojowisku. - Potem w dwa dni później, gdy się dowiedziano o przygnębiającej porażce pod Wissemburgiem, krzyk wściekłości wyrwał się ze wszystkich piersi. Pięć tysięcy ludzi schwytanych w zasadzkę, broniących się przez dziesięć godzin trzydziestu pięciu tysiącom prusaków, domagało się poprostu zemsty! Bez wątpienia naczelnicy byli winni, że się źle pilnowali, że nic nie przewidzieli. Ale wszystko to się naprawi, Mac-Mahon wezwał pierwszą dywizyę siódmego korpusu, korpus pieszy podtrzyma piąty, prusacy musieli już w tej chwili cofnąć się za Ren, z bagnetami naszych zuchów na karku. I myśl, że tego dnia bito się zapewne wściekle, oczekiwanie gorączkowe wiadomości, cały niepokój rozlewał się dokoła pod tem niebem szarem i chmurnem...
Maurycy powtarzał Weissowi:
- No! już im tam z pewnością dziś zalano sadła za skórę!
Weiss, nie odpowiadając nic, potrząsnął głową markotnie. On także patrzał w stronę Renu, na wschód, gdzie noc zupełna zapadła, i widział tylko ciemności nieprzejrzane, pełne tajemnic. Od czasu apelu wielka cisza zaległa nad drzemiącym obozem, przerywana zaledwie krokami i głosem kilku zapóźnionych żołnierzy. W sali folwarku zajaśniało światełko, drżący blask, przy którym sztab czuwał, oczekując na depesze, przybywające co chwila, lecz niewiele rozjaśniające położenie. A ognisko drzewa mokrego, nakoniec porzucone, falowało ciągle kłębami ponurego dymu, który popychany przez wiatr unosił się nad tym niespokojnym folwarkiem, zaciemniając pierwsze gwiazdy na niebie.
- Zalali im sadła - powtórzył Weiss - Bóg by to dał!
Jan, ciągle siedzący opodal, nadstawił uszów; porucznik zaś Rochas, usłyszawszy to pobożne życzenie zwątpienia, zatrzymał się nagle.
- Jakto - zawołał Maurycy - nie wierzysz? czyżbyś przypuszczał zupełną klęskę?!...
Weiss zrobił gest rozpaczliwy; ręce mu drżały, jego twarz poczciwa zdradzała silne wzruszenie i była blada.
- Klęskę? Oby Bóg nas od niej ustrzegł! Wiesz, ztąd pochodzę; mój dziadek i babka zostali zabici w 1814 roku, i gdy sobie pomyślę o najeździe, pięście mi się ściskają i gotów jestem tak jak stoję, w surducie, ruszyć naprzód i strzelać jak prosty żołnierz! klęska! o! nie, nie, nigdy nie uwierzę, by to kiedy stać się mogło!
Uspokoił się i z pewnym wyrazem zniechęcenia opuścił ręce.
- Tylko, powiem ci szczerze, jestem trochę niespokojny... Znam ja dobrze moją Alzacyę; dopiero co przejechałem ją całą za interesami i widziałem dużo takich rzeczy, które rzucają się same w oczy, a których nasi generałowie widzieć nie chcą... O! wojna z Prusami... pragnęliśmy jej oddawna i oddawna oczekujemy uregulowania starych rachunków. Ale to wcale nie przeszkadzało naszym dobrym stosunkom sąsiedzkim z Badenem i Bawaryą; wszyscy mamy z tamtej strony Renu przyjaciół lub krewnych. Myśleliśmy, że i oni tak samo jak my marzą o przytarciu rogów nieznośnej dumie pruskiej... Myśmy ludzie spokojni, wyrozumiali, ale od dwóch tygodni ogarnia nas niepokój i niecierpliwość na widok jak wszystko coraz gorzej idzie. Od chwili wypowiedzenia wojny pozwolono kawalerzystom nieprzyjacielskim siać grozę po wsiach, badać teren, przecinać druty telegraficzne. Baden i Bawarya porusza się, w Palatynacie widać ogromne masy wojsk, wiadomości ze wszystkich stron dochodzące na jarmarki, na place, donoszą, że granica jest zagrożona, a gdy mieszkańcy, merowie gmin przerażeni tem wszystkiem mówią o tem przechodzącym oficerom, ci ruszają ramionami i mówią: złudzenia tchórzów, nieprzyjaciel daleko... I wtedy gdy nie było ani godziny do stracenia, oni marnują dnie za dniami! I na co czekają? czy na to, żeby nam całe Niemcy na kark się zwaliły!
Mówił to głosem przyciszonym, złamanym, jak gdyby samemu sobie powtarzał rzeczy, o których oddawna już rozmyślał.
- Niemcy! znam ja ich dobrze i co jest najstraszniejszego, że wy wszyscy macie takie o nich pojęcie jak o Chinach... Czy pamiętasz, Maurycy, mego krewniaka Gunthera, który przeszłej wiosny przybył do Sedanu dla zobaczenia się ze mną? Spokrewniony z nim jestem przez kobiety; jego matka była siostrą mojej matki i wyszła za mąż w Berlinie; otóż jest on niemcem z kościami i nienawidzi francuzów. Obecnie jest kapitanem w gwardyi pruskiej... Pamiętam jak dziś, gdym go wieczorem odprowadzał na kolej, mówił mi swym głosem szorstkim: "jeżeli Francya wypowie nam wojnę, będzie pobitą."
Nagle porucznik Rochas, dotąd zachowujący się spokojnie, postąpił kilka kroków naprzód. Był to wysoki, chudy mężczyzna, liczący koło piędziesięciu lat, z twarzą długą, pobrużdżoną, ogorzałą i czarną. Olbrzymi nos, zagięty, dotykał się prawie ust szerokich i dobrych, nad któremi strzępiły się potężne wąsiska szpakowate. Uniósł się i krzyczał głosem grzmiącym:
- Co pan tu do dyabła pleciesz! siejesz popłoch między naszymi żołnierzami!
Jan, nie mięszając się wcale do sprzeczki, był jednak zdania, że porucznik miał racyę. I on, jakkolwiek zaczynał się dziwić przewłoce i nieporządkowi, jaki panował, nie wątpił nigdy że prusacy dostaną tęgo po skórze. Było to pewnem; po to zresztą tu przyszli.
- Ale panie poruczniku - odrzekł Weiss zaatakowany - nie myślę wcale zniechęcać nikogo... przeciwnie, chciałbym, żeby wszyscy wiedzieli o tem, o czem ja wiem, gdyż w takim tylko razie można zapobiedz nie jednemu... A przytem, widzisz pan, te Niemcy...
I mówił dalej tonem pełnym rozsądku, wyjaśniał swe obawy. Prusy urosły po Sadowie; ruch narodowy, umieścił je na czele innych państw niemieckich; całe to obszerne państwo tworzące się powoli, odmłodzone, posiada zapał i uniesienie niepokonane dla zdobycia jedności swojej; przedstawiał system służby obowiązkowej w wojsku, wyćwiczonem, karnem, zaopatrzonem we wszystko, zahartowanem w wielkiej wojnie, pełnem dumy ze swych piorunowych zwycięztw nad Austryą; inteligencya, siła moralna tej armii, dowodzonej przez młodych generałów, podległych naczelnemu wodzowi, który przeznaczony jest na to by zreformować sztukę wojenną i obdarzony jest rozsądkiem, przenikliwością, czystością wzroku. I wobec tych niemców stoi Francya, z cesarstwem zmurszałem, potwierdzonem wprawdzie przez głosowanie powszechne, ale zgniłem u podstaw, które, osłabiwszy ideę ojczyzny przez zdeptanie wolności, stało się liberalnem zbyt późno, by przez to ocalić się od upadku, gotowe z chwilą, gdy nie uspokoi żądzy użycia - runąć; armia, wprawdzie posiada zdumiewającą waleczność rasy, ozdobiona wawrzynami Krymu i Włoch, ale zepsuta przez zastępstwo kupne, zasklepiona w rutynie szkoły afrykańskiej, zbyt pewna zwycięztwa, by usiłowała sobie przyswoić zdobycze nowej nauki; generałowie nakoniec są po większej części miernościami, trawieni przez żądzę współzawodnictwa, niektórzy zdumiewająco głupi, z cesarzem na czele, chorym i wahającym się, oszukiwanym i oszukującym samego siebie, rzucającym się w straszne awantury na oślep, bez przygotowań poważnych, w pośród gorączki powszechnej, wśród rozprzężenia wojsk, prowadzonych poprostu na rzeź.
Rochas słuchał z ustami otwartemi, z oczami wytrzeszczonemi. Okropny jego nos wydłużył się. Nagle parsknął śmiechem donośnym, krzywiąc się szkaradnie.
- Co pan tam pleciesz, co znaczą te głupstwa!... To nie ma sensu za grosz! niewarto nawet mówić o tem! Mów pan o tem rekrutowi ale nie mnie, mnie, co mam dwadzieścia pięć lat służby!
I bił się pięścią w piersi. Był on synem mularza, pochodzącego z Limousin, urodził się w Paryżu i gardząc rzemiosłem ojca, zaciągnął się do wojska w osiemnastym roku życia. Żołnierz losu, nosił najprzód tornister, potem został kapralem w Afryce, sierżantem w Sewastopolu, porucznikiem po Solferino, poświęciwszy piętnaście lat egzystencyi twardej i bohaterskiej waleczności na to, by otrzymać ten stopień, z którego wyżej już posunąć się nie mógł, z powodu braku wykształcenia.
- Ale mój panie, który wiesz niby wszystko, a nie wiesz tego... Tak... w Mazagran, miałem zaledwie dziewiętnaście lat, było nas wszystkiego stu dwudziestu trzech ludzi, ni mniej ni więcej i przez trzy dni trzymaliśmy się przeciw dwunastu tysiącom arabów... Tak, tak... przez całe lata, tam w Afryce, w Mascara, w Biskrze, w Dellys, później w Wielkiej Kabylii, potem w Laghouat, gdybyś był z nami mój panie, widziałbyś jak te czarne dyabły zmykały niby zające, gdy tylko się pokazaliśmy... A pod Sewastopolem, proszę pana, kroć sto tysięcy!... nie można powiedzieć, żeby tam było wygodnie! Burze, które ci kłaki ze łba wyrywały, zimno sobacze, ciągłe alarmy i w końcu te szatany wysadzają się w powietrze! No!... proszę pana, myśmy ich zmusili, że się sami upiekli w gorącym piecu!.. A pod Solferino, tam pan przecież nie byłeś, więc czego o tem gadasz? Tak... tak, pod Solferino, to była łaźnia, choć była tam taka ulewa, jakiej pan zapewne przez całe życie nie zobaczysz! Pod Solferino sprawiliśmy rzetelne cięgi austryakom. Trzeba ich było widzieć, jak umykali przed naszemi bagnetami, jak gdyby ich co piekło i paliło!...
Wybuchnął śmiechem, stara wesołość żołnierza francuskiego drżała w jego uśmiechu tryumfalnym. Była to dawna legenda, gdy wojacy francuzcy przebiegali świat z kochanką z jednej a butelką dobrego wina z drugiej strony, co podbijali ziemię, śpiewając zwrotki rozpustne. Dość było jednego kaprala i czterech żołnierzy, by całe armie gryzły piasek!..
Nagle krzyknął:
- Pobita, Francya pobita!... te świnie pruskie miałyby nas pobić, nas?...
Zbliżył się i schwycił gwałtownie Weissa za klapę od surduta. Cała jego wysoka i chuda postawa błędnego rycerza, wyrażała niewysłowioną pogardę dla wszelkiego wroga, ktokolwiek by on był, bez względu na czas i miejsce.
- Słuchajno acpan... jeżeli prusacy ośmielą się tu przyjść, odprowadzimy ich do domu, bijąc kolanem w tył... rozumiesz pan, kolanem w tył, aż do Berlina!...
W całej postaci jego błyszczał spokój dziecka, czysta pewność niewinności, która nic nie wie i niczego się nie boi.
- Tak to mój panie, tak, nie inaczej!
Weiss, oszołomiony, prawie przekonany - odrzekł pośpiesznie, że on tego tylko pragnie. Maurycy milczał, nie śmiejąc wtrącać się w rozmowę wobec swego zwierzchnika, i śmiał się razem z nim; ten zuch, którego uważał dotąd za głupca, wlał mu niemałą otuchę do serca. Jan ruchami głowy potwierdzał słowa porucznika. On także był pod Solferino, gdzie taka była ulewa. To się znaczy mówić! Gdyby wszyscy zwierzchnicy tak mówili, niktby nawet nie myślał o tem, że niema kotłów i pasów flanelowych.
Noc już oddawna zapadła i Rochas machał swemi wielkiemi rękami wśród ciemności. Czytał on tylko jedną książkę, opisującą zwycięztwa Napoleona, którą nabył od kolportera wędrownego. I nie mógł się uspokoić, dopóki całego zasobu swych wiadomości nie wyczerpał:
- Austryi wyłoiliśmy skórę pod Castiglione, pod Marengo, Austerlitz, Wagram. Prusaków zbiliśmy pod Eylau, Jeną, Lutzen; Rosyę pod Friedlandem, Smoleńskiem, Moskwą, Hiszpanię, Anglię tłukliśmy wszędzie! cały świat praliśmy od stóp do głów, wzdłuż i wszerz!... I dziś nas miano by prać? Dlaczego, jak? Czyżby się świat zmienił?
Wyprostował się i podniósł rękę jak drzewce sztandaru.
- Bito się tam gdzieś dzisiaj, oczekujemy wiadomości. Co tu po wiadomościach, ja wiem co się stało... Wyłupiono skórę prusakom, wyłupiono tak, że ledwie dyszą, rozbito w puch!...
W tej chwili pod niebem posępnem, rozległ się donośny krzyk pełen bólu. Czyżby go wydał ptak jaki nocny? a może był to głos tajemniczy, płynący zdala, obciążony łzami? Cały obóz otulony mrokiem, zadrżał i niepokój z jakim oczekiwano na depesze idące tak wolno, zwiększył się, wzrósł znacznie. W głębi na folwarku świeca przyświecała niespokojnemu czuwaniu sztabu, wyprostowała swój płomień, podobny do gromnicy.
Była już godzina dziesiąta; Gaude podniósł się z czarnej ziemi, na której leżał i pierwszy zatrąbił na gaszenie ogni. Zagrały i inne trąbki i nikły powoli w umierającym odgłosie, jakby ogarnięte snem. Weiss, który tak długo zabawił, począł żegnać się czule z Maurycym, życząc mu powodzenia i odwagi! Uściska Henryetę od brata, wstąpi do wujaszka Fouchard. Gdy już odchodził, rozległ się szmer, cały obóz się poruszył. Przyszła wieść o wielkiem zwycięstwie Mac-Mahona; następca tronu pruskiego wzięty do niewoli z dwudziestu pięcioma tysiącami ludzi, armia nieprzyjacielska, odparta i rozbita, działa i bagaże zdobyte.
- Ba! - zawołał Rochas swym grzmiącym głosem.
I idąc za Weissem, rozpromieniony szczęściem, wołał:
- Kolanem w tył panie, kolanem w tył!
W kwadrans potem, inna depesza donosiła, że armia zmuszona była opuścić Woerth i cofa się szybko. O! cóż za noc! Rochas, zmorzony snem, owinął się w płaszcz i spał na ziemi obojętny na chłód i niewygodę. Przywykł zresztą do tego. Maurycy i Jan wsunęli się pod namiot, gdzie już Loubet, Chouteau, Pache i Lapoulle gnietli się nawzajem, śpiąc z głowami na tornistrach. Sześciu mogło się tu pomieścić, z warunkiem, że nogi będą mieli skurczone. Loubet rozweselił wszystkich i kazał im zapomnieć o głodzie, zapewniając Lapoulle'a, że jutro rano każdy z nich dostanie po jednej kurze; ale byli znużeni, więc pospali się odrazu, nim prusacy nadejdą. Przez chwilę Jan nie ruszał się, przyciśnięty do Maurycego; pomimo znużenia nie mógł zasnąć. Wszystko to co mówił Weiss przychodziło mu do głowy. Widział Niemcy pod bronią, szeregi niezliczone, olbrzymie i czuł, że jego towarzysz także nie spał i myślał o tem samem. Naraz ten poruszył się niespokojnie, odsunął, tak że Jan domyślał się, że mu przeszkadza. Między chłopem i wykształconym mieszczuchem, nieprzyjaźń instynktowna, wstręt sfery i wykształcenia, wytwarzały jakieś chorobliwe uczucie fizyczne. Pierwszy jednak doświadczał z tego powodu pewnego żalu, starał się jak najmniej zająć miejsca, by uniknąć nieprzyjaznej pogardy, którą odgadywał. Jakkolwiek noc była chłodna, pod namiotem było tak duszno, pośród ciał nagromadzonych, że Maurycy, rozgorączkowany, wyskoczył i rozciągnął się o kilka kroków w oddali. Jan przerzucał się z boku na bok, zanurzony w półśnie ciężkim i dręczyły go mary przykre, w których plątał się żal, że był nielubiany, z przeczuciem strasznego nieszczęścia, które zdawało się biedz ku niemu z głębi nieznanej przyszłości.
Upłynęło zapewne parę godzin; cały obóz czarny, nieruchomy, zdawał się niknąć w łonie nocy fatalnej, w której ciążyło coś bezimiennego i strasznego. Coś drżało w morzu ciemności, jakiś szelest unosił się w nieskończoności, jakiś szmer trudny do określenia, niby tentent konia, brzęk szabli, przemykanie się zapóźnionego włóczęgi, wszystkie te zwykle odgłosy nocy, które teraz przybierały charakter groźby. Nagle w pobliżu namiotu markietańskiego zajaśniało wielkie światło i całe czoło obozu oblało blaskiem. Widać było szeregi kozłów z bronią, jej lufy połyskujące, w których drgały płomyki czerwone, podobne do barwy krwi świeżej; ukazały się w tym nagłym pożarze straże ciemne i wyprostowane. Czyżby to był nieprzyjaciel, o którym wodzowie mówili od dwóch dni, i naprzeciw którego przybyli z Belfortu do Milhuzy? Nagle wśród gwałtownego snopu iskier, ogień zgasł. To stos drzewa mokrego, tak długo rozniecany przez Lapoulle'a i Loubeta, żarząc się przez całe godziny, buchnął nagle płomieniem.
Jan, przerażony tym blaskiem jaskrawym, wyszedł również pośpiesznie z namiotu i o mało, że nie potknął się o Maurycego, który wsparty na łokciu, patrzał przed siebie. Noc stawała się coraz ciemniejszą i obaj żołnierze ułożyli się na ziemi, o kilka kroków jeden od drugiego. Teraz mieli przed sobą, w głębi gęstych ciemności tylko okno folwarku oświecone, tę świecę zatraconą, która zdawała się błyszczeć przy umarłym. Która godzina być mogła? może druga, może trzecia. Tam, sztab wcale się nie kładł na spoczynek. Słychać było krzykliwy głos generała Bourgain-Desfeuilles, rozdrażnionego nocą bezsenną, wśród której pokrzepiał się tylko grogiem i cygarami. Nowe depesze nadeszły, rzeczy widać szły niedobrze, cienie sztafet galopowały zamazane i niewyraźne. Co się tam stało? Czyżby to już był koniec? Zimny przewiew przeszedł po nad obozem, zanurzonym w śnie i niepokoju.
W tem Jan i Maurycy poznali pułkownika de Vineuile, którego cień chudy i wysoki przesuwał się szybko. Szedł zdaje się z majorem Bouroche, mężczyzną rosłym z głową lwa. Obaj zamieniali ze sobą słowa bez związku, słowa niezupełne, szeptane, jakie się słyszy w brzydkim śnie.
- Przyszła z Bazylei... nasza pierwsza dywizya rozbita... dwanaście godzin walki... cała armia w odwrocie...
Cień pułkownika zatrzymał się i zawołał na drugi cień, który biegł lekki, delikatny, szlachetny.
- To ty Beaudoin?
- Tak pułkowniku.
- Ach mój kochany, Mac-Mahon jest pobity pod Froeschwiller, Frossard pobity pod Spickeren, de Failly obezwładniony między nimi dwoma... Pod Froeschwiller jeden tylko korpus przeciw całej armii cudów dokazywał. Stracone wszystko, ucieczka, panika, Francya otwarta...
Łzy go dusiły, słowa rozpływały się w oddaleniu; trzy cienie znikły w ciemności.
Maurycy, drżąc całem ciałem, stanął na nogi.
- O! mój Boże! - zawołał.
I nic więcej wyrzec nie mógł, a Jan z sercem ściśniętem mruczał:
- O, przeklęty losie!... ten pan, krewniak pański miał widać racyę, mówiąc, że oni mocniejsi są od nas...
Maurycy, na pół nieprzytomny, o mało go nie zdusił. Prusacy mocniejsi od francuzów! duma jego krwią ciekła. A chłop tymczasem mówił spokojnie i uparcie:
- To widzisz pan, nic nie znaczy. Dlatego, że się trochę po skórze dostało, nie trzeba tracić odwagi.. Oddamy im to...
Nagle przed nimi zarysowała się druga postać. Poznali Rochasa, owiniętego jeszcze w płaszcz, którego błędne szmery, może tchnienie klęski, zbudziły z twardego snu. Chciał wiedzieć o co idzie, zadawał pytania.
Gdy nakoniec z wielkim trudem zrozumiał wszystko, nadzwyczajne zdumienie odbiło się w jego oczach poczciwych.
Może, dziesięć razy powtórzył:
- Pobici? jak to pobici? dlaczego pobici?
Niepokój nocy tą klęską był brzemienny. Teraz na wschodzie dzień szarzał, dzień mętny, niewypowiedzianie smutny zajrzał pod namioty. W jednym z nich można było rozróżnić ziemistą twarz Loubeta i Lapoulle'a, Chouteau i Pache'a, którzy chrapali zawzięcie z ustami otwartemi. Zorza żałobna jaśniała pośród mgły szarej, podnoszącej się tam w głębi, z dalekiej rzeki.