Podbój miasta Plassans. La Conquête de Plassans - Émile Zola

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II

 

Mouret fit un geste de contrariété. Il n'attendait réellement son locataire que le surlendemain, au plus tôt. Il se levait vivement, lorsque l'abbé Faujas parut a la porte, dans le corridor. C'était un homme grand et fort, une face carrée, aux traits larges, au teint terreux. Derri?re lui, dans son ombre, se tenait une femme âgée qui lui ressemblait étonnamment, plus petite, l'air plus rude. En voyant la table mise, ils eurent tous les deux un mouvement d'hésitation ; ils recul?rent discr?tement, sans se retirer. La haute figure noire du pr?tre faisait une tache de deuil sur la gaieté du mur blanchi a la chaux.

- Nous vous demandons pardon de vous déranger, dit-il a Mouret. Nous venons de chez M. l'abbé Bourrette ; il a d? vous prévenir...

- Mais pas du tout ! s'écria Mouret. L'abbé n'en fait jamais d'autres ; il a toujours l'air de descendre du paradis... Ce matin encore, monsieur, il m'affirmait que vous ne seriez pas ici avant deux jours... Enfin, il va falloir vous installer tout de m?me.

L'abbé Faujas s'excusa. Il avait une voix grave, d'une grande douceur dans la chute des phrases. Vraiment, il était désolé d'arriver a un pareil moment. Quand il eut exprimé ses regrets, sans bavardage, en dix paroles nettement choisies, il se tourna pour payer le commissionnaire qui avait apporté sa malle. Ses grosses mains bien faites tir?rent d'un pli de sa soutane une bourse, dont on n'aperçut que les anneaux d'acier ; il fouilla un instant, palpant du bout des doigts, avec précaution, la t?te baissée. Puis, sans qu'on e?t vu la pi?ce de monnaie, le commissionnaire s'en alla. Lui, reprit de sa voix polie :

- Je vous en prie, monsieur, remettez-vous a table... Votre domestique nous indiquera l'appartement. Elle m'aidera a monter ceci.

Il se baissait déja pour prendre une poignée de la malle. C'était une petite malle de bois, garantie par des coins et des bandes de tôle ; elle paraissait avoir été réparée, sur un des flancs, a l'aide d'une traverse de sapin. Mouret resta surpris, cherchant des yeux les autres bagages du pr?tre ; mais il n'aperçut qu'un grand panier, que la dame âgée tenait a deux mains, devant ses jupes, s'ent?tant, malgré la fatigue, a ne pas le poser a terre. Sous le couvercle soulevé, parmi des paquets de linge, passaient le coin d'un peigne enveloppé dans du papier, et le cou d'un litre mal bouché.

- Non, non, laissez cela, dit Mouret en poussant lég?rement la malle du pied. Elle ne doit pas ?tre lourde ; Rose la montera bien toute seule.

Il n'eut sans doute pas conscience du secret dédain qui perçait dans ses paroles. La dame âgée le regarda fixement de ses yeux noirs ; puis, elle revint a la salle a manger, a la table servie, qu'elle examinait depuis qu'elle était la. Elle passait d'un objet a l'autre, les l?vres pincées. Elle n'avait pas prononcé une parole. Cependant, l'abbé Faujas consentit a laisser la malle. Dans la poussi?re jaune du soleil qui entrait par la porte du jardin, sa soutane râpée semblait toute rouge ; des reprises en brodaient les bords ; elle était tr?s-propre, mais si mince, si lamentable, que Marthe, restée assise jusque-la avec une sorte de réserve inqui?te, se leva a son tour. L'abbé, qui n'avait jeté sur elle qu'un coup d'?il rapide, aussitôt détourné, la vit quitter sa chaise, bien qu'il ne par?t nullement la regarder.

- Je vous en prie, répéta-t-il, ne vous dérangez pas ; nous serions désolés de troubler votre dîner.

- Eh bien ! c'est cela, dit Mouret, qui avait faim. Rose va vous conduire. Demandez-lui tout ce dont vous aurez besoin... Installez-vous, installez-vous a votre aise.

L'abbé Faujas, apr?s avoir salué, se dirigeait déja vers l'escalier, lorsque Marthe s'approcha de son mari, en murmurant :

- Mais, mon ami, tu ne songes pas...

- Quoi donc ? demanda-t-il, voyant qu'elle hésitait.

- Les fruits, tu sais bien.

- Ah ! diantre ! c'est vrai, il y a les fruits, dit-il d'un ton consterné.

Et, comme l'abbé Faujas revenait, l'interrogeant du regard :

- Je suis vraiment bien contrarié, monsieur, reprit-il. Le p?re Bourrette est s?rement un digne homme, seulement il est fâcheux que vous l'ayez chargé de votre affaire... Il n'a pas pour deux liards de t?te... Si nous avions su, nous aurions tout préparé. Au lieu que nous voila maintenant avec un déménagement a faire... Vous comprenez, nous utilisions les chambres. Il y a la-haut, sur le plancher, toute notre récolte de fruits, des figues, des pommes, du raisin...

Le pr?tre l'écoutait avec une surprise que sa grande politesse ne réussissait plus a cacher.

- Oh ! mais ça ne sera pas long, continua Mouret. En dix minutes, si vous voulez bien prendre la peine d'attendre, Rose va débarrasser vos chambres.

Une vive inquiétude grandissait sur le visage terreux de l'abbé.

- Le logement est meublé, n'est-ce pas ? demanda-t-il.

- Du tout, il n'y a pas un meuble ; nous ne l'avons jamais habité.

Alors, le pr?tre perdit son calme ; une lueur passa dans ses yeux gris. Il s'écria avec une violence contenue :

- Comment ! mais j'avais formellement recommandé dans ma lettre de louer un logement meublé. Je ne pouvais pas apporter des meubles dans ma malle, bien s?r.

- Hein ! qu'est-ce que je disais ? cria Mouret d'un ton plus haut. Ce Bourrette est incroyable... Il est venu, monsieur, et il a vu certainement les pommes, puisqu'il en a m?me pris une dans la main, en déclarant qu'il avait rarement admiré une aussi belle pomme. Il a dit que tout lui semblait tr?s bien, que c'était ça qu'il fallait, et qu'il louait.

L'abbé Faujas n'écoutait plus ; tout un flot de col?re était monté a ses joues. Il se tourna, il balbutia, d'une voix anxieuse :

- M?re, vous entendez ? il n'y a pas de meubles.

La vieille dame, serrée dans son mince châle noir, venait de visiter le rez-de-chaussée, a petits pas furtifs, sans lâcher son panier. Elle s'était avancée jusqu'a la porte de la cuisine, en avait inspecté les quatre murs ; puis, revenant sur le perron, elle avait lentement, d'un regard, pris possession du jardin. Mais la salle a manger surtout l'intéressait ; elle se tenait de nouveau debout, en face de la table servie, regardant fumer la soupe, lorsque son fils lui répéta :

- Entendez-vous, m?re ? il va falloir aller a l'hôtel.

Elle leva la t?te, sans répondre ; toute sa face refusait de quitter cette maison, dont elle connaissait déja les moindres coins. Elle eut un imperceptible haussement d'épaules, les yeux vagues, allant de la cuisine au jardin et du jardin a la salle a manger.

Mouret, cependant, s'impatientait. Voyant que ni la m?re ni le fils ne paraissaient décidés a quitter la place, il reprit :

- C'est que nous n'avons pas de lits, malheureusement... Il y a bien, au grenier, un lit de sangle, dont madame, a la rigueur, pourrait s'accommoder jusqu'a demain ; seulement, je ne vois pas trop sur quoi coucherait monsieur l'abbé.

Alors madame Faujas ouvrit enfin les l?vres ; elle dit d'une voix br?ve, au timbre un peu rauque :

- Mon fils prendra le lit de sangle... Moi, je n'ai besoin que d'un matelas par terre, dans un coin.

L'abbé approuva cet arrangement d'un signe de t?te. Mouret allait se récrier, chercher autre chose ; mais, devant l'air satisfait de ses nouveaux locataires, il se tut, se contentant d'échanger avec sa femme un regard d'étonnement.

- Demain il fera jour, dit-il avec sa pointe de moquerie bourgeoise ; vous pourrez vous meubler comme vous l'entendrez. Rose va monter enlever les fruits et faire les lits. Si vous voulez attendre un instant sur la terrasse... Allons, donnez deux chaises, mes enfants.

Les enfants, depuis l'arrivée du pr?tre et de sa m?re, étaient demeurés tranquillement assis devant la table. Ils les examinaient curieusement. L'abbé n'avait pas semblé les apercevoir ; mais madame Faujas s'était arr?tée un instant a chacun d'eux, les dévisageant, comme pour pénétrer d'un coup dans ces jeunes t?tes. En entendant les paroles de leur p?re, ils s'empress?rent tous trois et sortirent des chaises.

La vieille dame ne s'assit pas. Comme Mouret se tournait, ne l'apercevant plus, il la vit plantée devant une des fen?tres entrebâillées du salon ; elle allongeait le cou, elle achevait son inspection, avec l'aisance tranquille d'une personne qui visite une propriété a vendre. Au moment o? Rose soulevait la petite malle, elle rentra dans le vestibule, en disant simplement :

- Je monte l'aider.

Et elle monta derri?re la domestique. Le pr?tre ne tourna pas m?me la t?te ; il souriait aux trois enfants, restés debout devant lui. Son visage avait une expression de grande douceur, quand il voulait, malgré la dureté du front et les plis rudes de la bouche.

- C'est toute votre famille, madame ? demanda-t-il a Marthe, qui s'était approchée.

- Oui, monsieur, répondit-elle, g?née par le regard clair qu'il fixait sur elle.

Mais il regarda de nouveau les enfants, il continua :

- Voila deux grands garçons qui seront bientôt des hommes... Vous avez fini vos études, mon ami ?

Il s'adressait a Serge. Mouret coupa la parole a l'enfant.

- Celui-ci a fini, bien qu'il soit le cadet. Quand je dis qu'il a fini, je veux dire qu'il est bachelier, car il est rentré au coll?ge pour faire une année de philosophie : c'est le savant de la famille... L'autre, l'aîné, ce grand dadais ne vaut pas grand'chose, allez. Il s'est déja fait refuser deux fois au baccalauréat, et vaurien avec cela, toujours le nez en l'air, toujours polissonnant. "

Octave écoutait ces reproches en souriant, tandis que Serge avait baissé la t?te sous les éloges. Faujas parut un instant encore les étudier en silence ; puis, passant a Désirée, retrouvant son air tendre :

- Mademoiselle, demanda-t-il, me permettrez-vous d'?tre votre ami ?

Elle ne répondit pas ; elle vint, presque effrayée, se cacher le visage contre l'épaule de sa m?re. Celle-ci, au lieu de lui dégager la face, la serra davantage, en lui passant un bras a la taille.

- Excusez-la, dit-elle avec quelque tristesse ; elle n'a pas la t?te forte, elle est restée petite fille... C'est une innocente... Nous ne la tourmentons pas pour apprendre. Elle a quatorze ans, et elle ne sait encore qu'aimer les b?tes.

Désirée, sous les caresses de sa m?re, s'était rassurée ; elle avait tourné la t?te, elle souriait. Puis, d'un air hardi :

- Je veux bien que vous soyez mon ami... Seulement vous ne faites jamais de mal aux mouches, dites ?

Et, comme tout le monde s'égayait autour d'elle :

- Octave les écrase, les mouches, continua-t-elle gravement. C'est tr?s mal.

L'abbé Faujas s'était assis. Il semblait tr?s-las. Il s'abandonna un moment a la paix ti?de de la terrasse, promenant ses regards ralentis sur le jardin, sur les arbres des propriétés voisines. Ce grand calme, ce coin désert de petite ville, lui causaient une sorte de surprise. Son visage se tacha de plaques sombres.

- On est tr?s-bien ici, murmura-t-il.

Puis il garda le silence, comme absorbé et perdu. Il eut un léger sursaut, lorsque Mouret lui dit avec un rire :

- Si vous le permettez, maintenant, monsieur, nous allons nous mettre a table.

Et, sur le regard de sa femme :

- Vous devriez faire comme nous, accepter une assiette de soupe. Cela vous éviterait d'aller dîner a l'hôtel... Ne vous g?nez pas, je vous en prie.

- Je vous remercie mille fois, nous n'avons besoin de rien, répondit l'abbé d'un ton d'extr?me politesse, qui n'admettait pas une seconde invitation.

Alors, les Mouret retourn?rent dans la salle a manger, o? ils s'attabl?rent. Marthe servit la soupe. Il y eut bientôt un tapage réjouissant de cuillers. Les enfants jasaient. Désirée eut des rires clairs, en écoutant une histoire que son p?re racontait, enchanté d'?tre enfin a table. Cependant, l'abbé Faujas, qu'ils avaient oublié, restait assis sur la terrasse, immobile, en face du soleil couchant. Il ne tournait pas la t?te ; il semblait ne pas entendre. Comme le soleil allait disparaître, il se découvrit, étouffant sans doute. Marthe, placée devant la fen?tre, aperçut sa grosse t?te nue, aux cheveux courts, grisonnant déja vers les tempes. Une derni?re lueur rouge alluma ce crâne rude de soldat, o? la tonsure était comme la cicatrice d'un coup de massue ; puis, la lueur s'éteignit, le pr?tre, entrant dans l'ombre, ne fut plus qu'un profil noir sur la cendre grise du crépuscule.

Ne voulant pas appeler Rose, Marthe alla chercher elle-m?me une lampe et servit le premier plat. Comme elle revenait de la cuisine, elle rencontra, au pied de l'escalier, une femme qu'elle ne reconnut pas d'abord. C'était madame Faujas. Elle avait mis un bonnet de linge ; elle ressemblait a une servante, avec sa robe de cotonnade, serrée au corsage par un fichu jaune, noué derri?re la taille ; et, les poignets nus, encore toute soufflante de la besogne qu'elle venait de faire, elle tapait ses gros souliers lacés sur le dallage du corridor.

- Voila qui est fait, n'est-ce pas, madame ? lui dit Marthe en souriant.

- Oh ! une mis?re, répondit-elle ; en deux coups de poing, l'affaire a été bâclée.

Elle descendit le perron, elle radoucit sa voix :

- Ovide, mon enfant, veux-tu monter ? Tout est pr?t la-haut.

Elle dut toucher son fils a l'épaule pour le tirer de sa r?verie. L'air fraîchissait. Il frissonna, il la suivit sans parler. Comme il passait devant la porte de la salle a manger, tout blanche de la clarté vive de la lampe, toute bruyante du bavardage des enfants, il allongea la t?te, disant de sa voix souple :

- Permettez-moi de vous remercier encore et de nous excuser de tout ce dérangement... Nous sommes confus...

- Mais non, mais non ! cria Mouret ; c'est nous autres qui sommes désolés de n'avoir pas mieux a vous offrir pour cette nuit.

Le pr?tre salua, et Marthe rencontra de nouveau ce regard clair, ce regard d'aigle qui l'avait émotionnée. Il semblait qu'au fond de l'?il, d'un gris morne d'ordinaire, une flamme passât brusquement, comme ces lampes qu'on prom?ne derri?re les façades endormies des maisons.

- Il a l'air de ne pas avoir froid aux yeux, le curé, dit railleusement Mouret, quand la m?re et le fils ne furent plus la.

- Je les crois peu heureux, murmura Marthe.

- Pour ça, il n'apporte certainement pas le Pérou dans sa malle... Elle est lourde, sa malle ! Je l'aurais soulevée du bout de mon petit doigt.

Mais il fut interrompu dans son bavardage par Rose, qui venait de descendre l'escalier en courant, afin de raconter les choses surprenantes qu'elle avait vues.

- Ah ! bien, dit-elle en se plantant devant la table o? mangeaient ses maîtres, en voila une gaillarde ! Cette dame a au moins soixante-cinq ans, et ça ne paraît gu?re, allez ! Elle vous bouscule, elle travaille comme un cheval.

- Elle t'a aidée a déménager les fruits ? demanda curieusement Mouret.

- Je crois bien, monsieur. Elle emportait les fruits comme ça, dans son tablier ; des charges a tout casser. Je me disais : " Bien s?r, la robe va y rester. " Mais pas du tout ; c'est de l'étoffe solide, de l'étoffe comme j'en porte moi-m?me. Nous avons d? faire plus de dix voyages. Moi, j'avais les bras rompus. Elle bougonnait, disant que ça ne marchait pas. Je crois que je l'ai entendue jurer, sauf votre respect.

Mouret semblait s'amuser beaucoup.

- Et les lits ? reprit-il.

- Les lits, c'est elle qui les a faits... Il faut la voir retourner un matelas. Ça ne p?se pas lourd, je vous en réponds ; elle le prend par un bout, le jette en l'air comme une plume... Avec ça, tr?s-soigneuse. Elle a bordé le lit de sangle, comme un dodo d'enfant. Elle aurait eu a coucher l'enfant Jésus, qu'elle n'aurait pas tiré les draps avec plus de dévotion... Des quatre couvertures, elle en a mis trois sur le lit de sangle. C'est comme des oreillers : elle n'en a pas voulu pour elle ; son fils a les deux.

- Alors elle va coucher par terre ?

- Dans un coin, comme un chien. Elle a jeté un matelas sur le plancher de l'autre chambre, en disant qu'elle allait dormir la, mieux que dans le paradis. Jamais je n'ai pu la décider a s'arranger plus proprement. Elle prétend qu'elle n'a jamais froid et que sa t?te est trop dure pour craindre le carreau... Je leur ai donné de l'eau et du sucre, comme madame me l'avait recommandé, et voila... N'importe, ce sont de drôles de gens.

Rose acheva de servir le dîner. Les Mouret, ce soir-la, firent traîner le repas. Ils caus?rent longuement des nouveaux locataires. Dans leur vie d'une régularité d'horloge, l'arrivée de ces deux personnes étrang?res était un gros événement. Ils en parlaient comme d'une catastrophe, avec ces minuties de détails qui aident a tuer les longues soirées de province. Mouret, particuli?rement, se plaisait aux commérages de petite ville. Au dessert, les coudes sur la table, dans la tiédeur de la salle a manger, il répéta pour la dixi?me fois, de l'air satisfait d'un homme heureux :

- Ce n'est pas un beau cadeau que Besançon fait a Plassans... Avez-vous vu le derri?re de sa soutane, quand il s'est tourné ?... Ça m'étonnerait beaucoup, si les dévotes couraient apr?s celui-la. Il est trop râpé ; les dévotes aiment les jolis curés.

- Sa voix a de la douceur, dit Marthe, qui était indulgente.

- Pas lorsqu'il est en col?re, toujours, reprit Mouret. Vous ne l'avez donc pas entendu se fâcher, quand il a su que l'appartement n'était pas meublé ? C'est un rude homme ; il ne doit pas flâner dans les confessionnaux, allez ! Je suis bien curieux de savoir comment il va se meubler, demain. Pourvu qu'il me paye, au moins. Tant pis ! je m'adresserai a l'abbé Bourrette ; je ne connais que lui.

On était peu dévot dans la famille. Les enfants eux-m?mes se moqu?rent de l'abbé et de sa m?re. Octave imita la vieille dame, lorsqu'elle allongeait le cou pour voir au fond des pi?ces, ce qui fit rire Désirée.

Serge, plus grave, défendit " ces pauvres gens. " D'ordinaire, a dix heures précises, lorsqu'il ne faisait pas sa partie de piquet, Mouret prenait un bougeoir et allait se coucher ; mais, ce soir-la, a onze heures, il tenait encore bon contre le sommeil. Désirée avait fini par s'endormir, la t?te sur les genoux de Marthe. Les deux garçons étaient montés dans leur chambre. Mouret bavardait toujours, seul en face de sa femme.

- Quel âge lui donnes-tu ? demanda-t-il brusquement.

- A qui ? dit Marthe, qui commençait, elle aussi, a s'assoupir.

- A l'abbé, parbleu ! Hein ? entre quarante et quarante-cinq ans, n'est-ce pas ? C'est un beau gaillard. Si ce n'est pas dommage que ça porte la soutane ! Il aurait fait un fameux carabinier.

Puis, au bout d'un silence, parlant seul, continuant a voix haute des réflexions qui le rendaient tout songeur :

- Ils sont arrivés par le train de six heures trois quarts. Ils n'ont donc eu que le temps de passer chez l'abbé Bourrette et de venir ici... Je parie qu'ils n'ont pas dîné. C'est clair. Nous les aurions bien vus sortir pour aller a l'hôtel... Ah ! par exemple, ça me ferait plaisir de savoir o? ils ont pu manger.

Rose, depuis un instant, rôdait dans la salle a manger, attendant que ses maîtres allassent se coucher, pour fermer les portes et les fen?tres.

- Moi je le sais o? ils ont mangé, dit-elle.

Et comme Mouret se tournait vivement :

- Oui, j'étais remontée pour voir s'ils ne manquaient de rien. N'entendant pas de bruit, je n'ai point osé frapper ; j'ai regardé par la serrure.

- Mais c'est mal, tr?s-mal, interrompit Marthe sév?rement. Vous savez bien, Rose, que je n'aime point cela.

- Laisse donc, laisse donc ! s'écria Mouret, qui, dans d'autres circonstances, se serait emporté contre la curieuse. Vous avez regardé par la serrure ?

- Oui, monsieur, c'était pour le bien.

- Évidemment... Qu'est-ce qu'ils faisaient ?

- Eh bien ! donc, monsieur, ils mangeaient... Je les ai vus qui mangeaient sur le coin du lit de sangle. La vieille avait étalé une serviette. Chaque fois qu'ils se servaient du vin, ils recouchaient le litre bouché contre l'oreiller.

- Mais que mangeaient-ils ?

- Je ne sais pas au juste, monsieur. Ça m'a paru un reste de pâté, dans un journal. Ils avaient aussi des pommes, des petites pommes de rien du tout.

- Et ils causaient, n'est-ce pas ? Vous avez entendu ce qu'ils disaient ?

- Non, monsieur, ils ne causaient pas... Je suis restée un bon quart d'heure a les regarder. Ils ne disaient rien, pas ça, tenez ! Ils mangeaient, ils mangeaient !

Marthe s'était levée, réveillant Désirée, faisant mine de monter ; la curiosité de son mari la blessait. Celui-ci se décida enfin a se lever également ; tandis que la vieille Rose, qui était dévote, continuait d'une voix plus basse :

- Le pauvre cher homme devait avoir joliment faim... Sa m?re lui passait les plus gros morceaux et le regardait avaler avec un plaisir... Enfin, il va dormir dans des draps bien blancs. A moins que l'odeur des fruits ne l'incommode. C'est que ça ne sent pas bon dans la chambre ; vous savez, cette odeur aigre des poires et des pommes. Et pas un meuble, rien que le lit dans un coin. Moi, j'aurais peur, je garderais la lumi?re toute la nuit.

Mouret avait pris son bougeoir. Il resta un instant debout devant Rose, résumant la soirée dans ce mot de bourgeois tiré de ses idées accoutumées :

- C'est extraordinaire.

Puis, il rejoignit sa femme au pied de l'escalier. Elle était couchée, elle dormait déja, qu'il écoutait encore les bruits légers qui venaient de l'étage supérieur. La chambre de l'abbé était juste au-dessus de la sienne. Il l'entendit ouvrir doucement la fen?tre, ce qui l'intrigua beaucoup. Il leva la t?te de l'oreiller, luttant désespérément contre le sommeil, voulant savoir combien de temps le pr?tre resterait a la fen?tre. Mais le sommeil fut le plus fort ; Mouret ronflait a poings fermés, avant d'avoir pu saisir de nouveau le sourd grincement de l'espagnolette.

En haut, a la fen?tre, l'abbé Faujas, t?te nue, regardait la nuit noire. Il demeura longtemps la, heureux d'?tre enfin seul, s'absorbant dans ces pensées qui lui mettaient tant de dureté au front. Sous lui, il sentait le sommeil tranquille de cette maison o? il était depuis quelques heures, l'haleine pure des enfants, le souffle honn?te de Marthe, la respiration grosse et réguli?re de Mouret. Et il y avait un mépris dans le redressement de son cou de lutteur, tandis qu'il levait la t?te comme pour voir au loin, jusqu'au fond de la petite ville endormie. Les grands arbres du jardin de la sous-préfecture faisaient une masse sombre, les poiriers de M. Rastoil allongeaient des membres maigres et tordus ; puis, ce n'était plus qu'une mer de tén?bres, un néant, dont pas un bruit ne montait. La ville avait une innocence de fille au berceau.

L'abbé Faujas tendit les bras d'un air de défi ironique, comme s'il voulait prendre Plassans pour l'étouffer d'un effort contre sa poitrine robuste. Il murmura :

- Et ces imbéciles qui souriaient, ce soir, en me voyant traverser leurs rues !

 

II.

 

Mouret skrzywił się z niezadowolnieniam, oczekiwał bowiem swego lokatora dopiero za dni kilka. Powstał wszakże żwawo na przyjęcie księdza Faujas, który już przeszedł kurytarz i stał we drzwiach. Był to człowiek silnie zbudowany, wysoki, miał twarz kwadratową, rysy grube i ciemne, nieprzyjemną cerę. Z po za niego wychylała się teraz drobna sylwetka starej kobieciny, dziwnie do niego podobnej, lecz więcej jeszcze prostaczej i szorstkiej. Na widok nakrytego stołu, uczynili oboje giest cofnięcia się w tył, lecz się nie cofnęli, zadawalniając się pozorami okazania dyskretnej delikatności. Wysoka, czarno przybrana postać księdza odbijała wielką, żałobną plamą na tle ściany świeżo wybielonej.

- Przepraszam, że przeszkadzam - rzekł, zwróciwszy się do pana Moureta - lecz przychodzę tu prosto od księdza Bourette'a, który musiał uprzedzić o mojem przybyciu...

- Nie, ani słówkiem mnie nie uprzedził, iż to dziś nastąpi... On tak zawsze o wszystkiem zapomina ten nasz kochany ksiądz Bourette! Możnaby przysiądz, że dopiero co spłynął z raju na ziemię i nie miał jeszcze czasu zapoznać się ze sposobem życia ludzkiego... Widziałem go dziś rano i zapowiadał mi pański przyjazd, ale dopiero za dni kilka... No, cóż zrobić... postaram się jako tako pana rozlokować.

Ksiądz Faujas zaczął przepraszać za sprawiony kłopot. Głos miał poważny, mięko zaokrąglony przy wymawianiu końcowych sylab. Wyraziwszy w paru grzecznych zdaniach, jak dalece mu przykro, iż spada tak niespodziewanie i to właśnie w porze obiadowej, odwrócił się bokiem do tragarza, stojącego na kurytarzu, by mu zapłacić za przyniesienie kuferka. Z fałdzistej sutanny wydostał sakiewkę, której stalowe obrączki mignęły w słoneczuem świetle, i wielkiemi, lecz kształtnemi rękoma zaczął szukać i macać sztuczki monety, oglądając je uważnie, pochyliwszy głowę na piersi. Wyjął wreszcie jakiś pieniążek i dał tragarzowi, który się natychmiast oddalił. Ksiądz zaś począł znów mówić, zwróciwszy się z grzecznością do pana Moureta:

- Proszę, niechaj pan nie przerywa sobie obiadu. Służąca nam pokaże nasze mieszkanie i poproszę ją, aby mi pomogła zanieść kuferek.

Rzekłszy to schylił się, by ująć ucho drewnianego kuferka, okutego blachą na rogach, i świeżo zreparowanego nową deską, odróżniającą się od reszty szarych i starych boków skrzynki. Mouret patrzał z zadziwieniem, iż nie dostrzega żadnych innych pakunków księdza, lecz nie ujrzał nic, prócz koszyka, trzymanego oburącz przez staruszkę, która pomimo widocznego zmęczenia nie postawiła go na ziemi, dzierżąc uparcie przed sobą. Przez niedomknięty wierzch koszyka widać było zwinięte kłęby bielizny, róg grzebienia, wysuwającego się ze szpargała gazety i szyjkę przytkniętej korkiem butelki.

- Nie, nie, proszę się nie fatygować - odezwał się Mouret, popychając nogą kuferek księdza. - To nie musi być ciężkie, więc Róża wniesie sama na górę.

Głos Moureta zdradzał pewne lekceważenie, co musiała zauważyć staruszka, bo bystro popatrzała na niego czarnemi swojemi oczami. Postąpiła potem parę kroków naprzód i zbliżywszy się do nakrytego stołu, na który dotychczas prawie wciąż patrzała, zaczęła pilnie oglądać zastawione sprzęty, zaciskając coraz mocniej usta. Oczy jej przebiegały kolejno rzecz każdą, milczała wszakże. Marta, nie zważając na nią, spoglądała z niepokojem na męża, rozmawiającego z księdzem, którego postać oblana teraz była purpurowem światłem gasnącego słońca. Sutanna jego przybrała barwę czerwono-ognistą; Marta, zauważywszy nędzny stan tej sutanny, czystej, lecz gęsto łatanej i cerowanej, zdjęta politowaniem, powstała z miejsca, chcąc okazać pewną życzliwość. Ksiądz, patrząc na nią, dostrzegł jej zbliżenie się i rzekł pośpiesznie:

- Proszę, niechaj państwo nie przerywają swego obiadu. Już i tak zawiniliśmy, przybywając w niewłaściwą porę.

- Niechajże tak będzie - zawołał Mouret, któremu głód coraz mocniej dokuczał. My zasiądziemy do obiadu a Róża państwa zaprowadzi na górę i da wszelkie potrzebne objaśnienia.

Ksiądz się ukłonił i kierować się zaczął ku schodom, gdy Marta, zbliżywszy się do męża, szepnęła:

- Zapominasz, że pokoje nie są wyprzątnięte.

- A cóż tam właściwie mamy w tych pokojach?...

- Przecież wiesz, że niedawno rozłożyliśmy tam owoce.

- Ach prawda! - zawołał na głos. Mamy tam na górze trochę owoców.

Ksiądz Faujas zawrócił znów od schodów i patrzał pytająco.

- Tak, mamy tam trochę owoców - powtórzył Mouret.-Odżałować nie mogę, iż nie zostałem ściśle powiadomionym o dniu pańskiego przybycia... Nasz ojciec Bourette jest świętym człowiekiem, lecz tak, między nami mówiąc, nie radzę panu, abyś mu powierzał nadal załatwianie swoich interesów... On biedaczysko nie ma pamięci... Ot, gdyby nam był powiedział rzeczy po ludzku, bylibyśmy przygotowali mieszkanie na pana przyjęcie... a tak, to prawdziwe nieszczęście... w ostatniej chwili trzeba na gwałt wynosić co mamy w tych górnych pokojach... Stały dotychczas pustkami, więc w razie potrzeby, wynosiło się tam śpiżarniane zapasy. Właśnie niedawno rozłożyliśmy na podłodze zebrane owoce... jest tam sporo fig, jabłek, winogron...

Ksiądz słuchał tych zwierzeń ze wzrastającym niespokojem. Mouret zaś ciągnął dalej:

- Ale niechajże się pan nie kłopocze... Pośpieszymy się z zabraniem wszystkiego, i w jaki kwadrans pokoje będą na pańskie usługi...

Zakłopotany i do pewnego stopnia przerażony, ksiądz spytał głosem mniej już uprzejmym:

- Wszak pokoje umeblowane?...

- Nie. W tych górnych pokojach nikt nigdy nie mieszkał, nie ma też w nich ani jednego stołka.

Ksiądz stracił cierpliwość, oczy mu błysnęły złością i tłumiąc głos - rzekł chłodno:

- Jakto... więc te pokoje są puste?... Jakim sposobem, kiedy zawarunkowałem w liście, by mi wynajęto mieszkanie w całości umeblowane... Przecież nie mogłem przywieźć mebli w kuferku!

- A co, widzi pan! - zawołał jeszcze pośpieszniej Mouret. Mówiłem przecież, iż ksiądz Bourette nie nadaje się do załatwiania kwestyj praktycznych. A był przecież tutaj osobiście i zwiedzając wynajęte dla pana mieszkanie, widział, nim się zdecydował, że pełno w niem owoców... Ze widział... mam dowód... bo podniósł jedno jabłko z ziemi, oglądał je na wszystkie strony i nie mógł się nadziwić, że takie piękne i kształtne. A gdy odchodził, rzekł przy pożegnaniu, że mieszkanie mu się podoba i że zupełnie odpowiada wymaganiom przyszłego lokatora.

Ksiądz Faujas już zdawał się nie słuchać tych słów. Krew nabiegła mu na policzki, zaperzył się, i prawie niezrozumiale z gniewa, zawołał zwróciwszy się do staruszki:

- Matko, czy słyszysz?... w mieszkaniu niema mebli!

Podczas tego zajścia stara kobiecina, opięta w wyszarzany, czarny wełniany szal, nie wypuszczając kosza trzymanego oburącz, okrążyła całe dolne mieszkanie państwa Mouret. Drobnemi krokami zaszła do kuchni i zatrzymawszy się na progu, rozejrzała się po czterech ścianach, zawieszonych rondlami, po półkach i stołach, wreszcie zawróciła się i podeszła do drzwi, wychodzących na ogród. Ogarnęła wzrokiem tara3, drzewa i uliczki, jakby to wszystko obejmowała w posiadanie i znów wróciwszy do stołowego pokoju, przystanęła przed wazą pełną gorącej zupy. Widok tego zastawionego stołu nęcił ją i zajmował tak dalece, iż syn powtórnie rzucił jej słowa:

- Matko, słyszysz?... czy słyszysz?... w mieszkaniu nie ma mebli. Będziemy musieli iść, nocować na mieście, musimy szukać hotelu.

Podniosła głowę a wyraz jej twarzy zdawał się mówić, iż nie uznaje tego potrzeby, albowiem zna już rozkład domu i znajduje, że można będzie wygodnie tu pozostać. Ruszyła więc tylko ramionami i znów pośpiesznie dreptać poczęła, zaglądając do kuchni, do ogrodu, z przystankami w stołowym pokoju przed wazą z dymiącą się zupą.

Mouret coraz widoczniej się niecierpliwił, widząc, że ani matka, ani syn nie śpieszą się z wyjściem na miasto dla znalezienia sobie tymczasowej kwatery. Po dłuższej chwili ogólnego milczenia - rzekł:

- Bardzo żałuję, że nie mamy łóżek zapasowych... Jest tam, gdzieś na strychu połamana sofa, i od biedy pani by mogła noc na niej przepędzić lecz dla pana dalibóg nie widzę innego sposobu, jak nocleg w hotelu...

Wreszcie stara pani Faujas raczyła przemówić głosem szorstkim, zdaniami urywanemi:

- Mój syn prześpi noc na sofie... Ja zaś jestem niewymagająca... Materac położony w kącie wystarczy mi jaknajzupełniej.

Ksiądz skinął głową na znak, iż przyłącza się do zdania matki. Mouret, zaskoczony tą jednomyślną zgodą, chciał protestować, pragnąc się ich pozbyć, lecz nowi lokatorzy tak byli swobodni i zadowoleni, iż zamilkł, wymieniając tylko spojrzenia z żoną, która również jak on zadziwioną była tem dwojgiem ludzi.

- Jutro, przy świetle dziennem, państwo będą mogli wybrać i kupić sobie meble stosowne do gustu, powiedział Mouret z odcieniem złośliwości. Teraz może państwo poczekają chwilę na tarasie, Róża tymczasem wyprzątnie owoce i przygotuje posłanie. Dzieci zanieście dwa krzesła na taras, tam będzie państwu dogodniej aniżeli tutaj.

Od chwili przybycia nowych lokatorów, dzieci spoglądały na nich ciekawie, nie ruszywszy się z po za stołu, przed którym zasiedli już do obiadu. Ksiądz zdawał się ich nie widzieć, lecz pani Faujas już kilkakrotnie zatrzymała się przed każdem z osobna i wpatrywała się w ich twarze, jakby chcąc przeniknąć myśli, zawierające się w tych młodych głowach. Posłyszawszy słowa ojca, dzieci szybko zerwały się z miejsca i wszystko troje poczęli wynosić krzesełka do ogrodu.

Lecz pani Faujas nie chciała usiąść i wysunęła się do salonu, by go zbadać dokładniej po pierwszych dość przelotnych oględzinach. Zachowywała się ona tak, jak ktoś zwiedzający dom, w którym wszystko jest na sprzedanie. Wtem posłyszała, że Róża poruszyła kuferek, stojący na kurytarzu. Wypadła natychmiast z salonu, rzucając w stołowym pokoju słowa:

- Zaraz tu wrócę. Tylko muszę iść pomódz Róży wnieść kuferek na górę.

Uspokoiwszy w ten sposób obecnych, znikła wgłębi kurytarza, jak ktoś należący do domowników. Ksiądz nawet nie odwrócił głowy i przypatrywał się spokojnie dzieciom, uśmiechając się do nich z wielką uprzejmością. Skutkiem tego uśmiechu twarz jego przybrała wyraz łagodny, zacierający ostrość rysów i surowość fałd, rysujących się na czole, oraz w kątach ust.

- Pani ma tylko tę trójkę dziatek? - spytał Martę, przybierając ton wielkiej życzliwości.

- Tak, mamy tylko troje dzieci - odrzekła Marta, nieco zmięszana spojrzeniem księdza, który wpił w nią swoje oczy, nadawszy im wyraz dobrodusznej otwartości.

Po chwili znów popatrzył na dzieci i rzekł jak by po namyśle:

- Ci dwaj młodzieńcy będą już niedługo dorosłymi ludźmi... A jakże tam szkoły... czy już ukończone?

Słowa te były zwrócone do Sergiusza, lecz Mouret odpowiedział za syna:

- Ten skończył już szkołę, chociaż jest młodszy. Lecz pomimo, że otrzymał maturę, wstąpił jeszcze na rok do szkoły, dla słuchania wykładu filozofii... to najmędrsza głowa w rodzinie... Za to ten drugi, to wielki nicpoń. Już obciął się przy składaniu egzaminu i nie wiem, kiedy go zda ostatecznie. Zawsze mu tylko zabawa w głowie, psie figle, ot, nicpoń i kwitę.

Oktawiusz słuchał słów ojcu ze swobodnym, wesołym uśmiechem, podczas gdy Sergiusz zarumienił się skutkiem wygłaszanych o sobie pochwał i spuścił skromnie oczy, pochyliwszy nieco głowę. Ksiądz patrzał jeszcze chwilę na chłopców, potem zwróciwszy się do Dezyderyi - rzekł z wielką łagodnością, jak do małego dziecka:

- Panienkę to poproszę, aby mnie odrazu chciała uważać za starego przyjaciela. Czy dobrze?..

Lecz Dezyderya nic nie odpowiedziała, tylko z przestraszoną miną podbiegła do matki i ukryła twarz na jej ramieniu. Marta przygarnęła ją z czułością i wytłomaczyła zachowanie się Dezyderyi, mówiąc ze smutkiem:

- Proszę, niechaj pan nie bierze jej za złe, iż jest nieco dzika... Ma lat czternaście, lecz nie męczymy jej nauką, bo ta dzieweczka pozostała małą dzieciną pod względem umysłowym... Lubi tylko zwierzęta i tylko niemi się interesuje.

Dezyderya, uspokoiwszy się po doznanem wzruszeniu, uniosła głowę i pozostając przytuloną do matki, odezwała się śmiało, patrząc księdzu w oczy:

- Dobrze, zgadzam się, niechaj pan będzie moim przyjacielem... Ale wpierw proszę mi powiedzieć zupełnie szczerze: czy pan nigdy nie dokucza muchom?

Słowa Dezyderyi wywołały ogólną wesołość a dziewczynka, jakby tem zachęcona do dalszej rozmowy - rzekła z wielką powagą:

- Oktawiusz dokucza muchom... nawet często zabija biedne, kochane muszki... To ile, to brzydko tak postępować ze stworzeniami.

Ksiądz Faujas usiadł i znać było po nim wielkie zmęczenie. Rad był ze spokoju i ciszy tchnącej z ogrodu i z przyjemnością patrzał na wyniosłe drzewa, których piękna zieloność łączyła się z głębią sąsiednich ogrodów i sadów. Był przy tem załziwiony, iż wśród miasta można napotkać tak ustronny zakątek.

- Jak tu miło i dobrze... szepnął, rozkoszując się wypoczynkiem, którego widocznie potrzebował a pogrążywszy się w dumaniu, drgnął cały, gdy Mouret - rzekł do niego, śmiejąc się głośno:

- Więc jeżeli pan pozwoli, to siądziemy teraz do obiadu, który na nas czeka.

Skutkiem zaś spojrzenia żony, dodał:

- Niechaj pan z nami siądzie do stołu... Tym sposobem unikną państwo kłopotu szukania obiadu w nieznanem mieście. Prosimy...

- Najuprzejmiej dziękuję. Ale nie jesteśmy głodni... bardzo państwu dziękujemy za ich uprzejmość.

Słowa te wyrzekł z wyszukaną grzecznością, lecz zarazem tonem stanowczym, niedozwalającym na ponowienie propozycyi.

Pozostawiono go na tarasie. Z zadowolnieniem obsiedli wszyscy stół, każdy zasiadł na swojem miejscu i Marta poczęła nalewać zupę. Żwawo wzięto się do łyżek, dzieci rozmawiały, jedząc. Mouret uradowany, że wreszcie siadł do stołu i załatwił się z lokatorami, był w wybornym humorze, opowiadał jakieś wydarzenie a Dezyderya, słuchając go, wybuchała wesołym, srebrzystym śmiechem. Przez okno rodzina przypatrywała się chwilami postaci księdza Faujas, który siedział nieruchomy na krześle, postawionem na środku tarasu. Zdawał się być pogrążonym w myślach i na pewno nie słyszał słów, dolatujących wyraźnie ze stołowego pokoju. Zdjął kapelusz dla ochłodzenia głowy, na którą właśnie spoglądała teraz Marta, siedząca najbliżej okna. Włosy miał krótko przystrzyżona i bielejące siwizną około skroni. Głowa ta zarysowywała się potężnie, była to raczej głowa żołnierza a połyskująca tonsura, krwawo opromieniona ostatniemi błyskami zachodzącego słońca, zdawała się być raną, zadaną w boju. Po chwili słoneczne światło zgasło i sylwetka księdza zapadła w cień, uwydatnił się natomiast jego profil, odcinając się wyraźną, czarną linią na tle popielatego, zapadającego zmroku.

Marta, nie chcąc odrywać służącej od wyprzątania górnych pokojów, wstała od stołu i przyniosła z kuchni drugą potrawę. Na korytarzu spotkała kobietę, której nie poznała na pierwszy rzut oka. Była to pani Faujas, lecz w odmiennem ubraniu. Włożyła biały czepek, płócienkową spódnicę, fartuch a na ramiona zarzucona żółta chusta, związana w tyle, nadawała jej wygląd starej służącej. Rękawy miała zakasane po łokcie, widocznie, iż nie próżnowała na górze, bo oddychała pośpiesznie, jak ktoś zmęczony zbyt szybką pracą. Z pod krótkiej spódnicy widać było jej nogi obute w wysokie, sznurowane trzewiki o fundamentalnej podeszwie, skutkiem czego kroki staruszki rozlegały się hałaśliwie po kurytarzu, wyłożonym kamiennemi płytami.

- Czy już pani rozgospodarowała się na noc? - spytała uprzejmie Marta.

- Albo to robota takie rozgospodarowanie! Raz, dwa i skończona praca.

Co rzekłszy, dość rubasznym tonem przeszła przez stołowy pokój i, zbliżywszy się do syna, siedzącego wśród tarasu, szepnęła o wiele łagodniej.

- Owidiuszu, już wszystko gotowe w twoim pokoju. Jeżeli chcesz, moje dziecko, to możesz iść na spoczynek.

On jednak jej nie słyszał, więc z lekka trąciła go w ramię, powtarzając wypowiedziane już raz słowa. Powstał, jakby nagle zbudzony i zauważywszy, że wieczór zaczyna być chłodny, poszedł za matką. Przechodząc koło drzwi od stołowego pokoju, gdzie w świetle lampy wszystko wydawało się jasne i ponętne, ksiądz przystanął i rzekł miękim swoim głosem:

- Raz jeszcze państwu dziękuję za ich łaskawą uprzejmość i najmocniej przepraszam za kłopot, jaki sprawiliśmy niespodziewanem przybyciem.

- Niechaj pan nie przeprasza i nie dziękuje! - zawołał Mouret. - To nam raczej niech państwo darują, iż z naszej winy będziecie mieli niewygodny nocleg.

Ksiądz się ukłonił a Marta drgnęła, spotkawszy się z jego wzrokiem. Miał on przenikliwe orle spojrzenie. Szare jego oczy błyskały chwilami dziwnem światłem, płomień ich przelotny można było porównać do iskry nagle odsłoniętej wśród szarości popiołu, lub do gorącej pochodni, ukazującej się znienacka i na krótko wśród gęstych ścieżyn uśpionego lasu.

- To jakaś uparta sztuka ten ksiądz i byle przed czem nie ustępuje z pola - rzekł Mouret, gdy się drzwi zamknęły za synem i matką.

- Muszą widocznie być w nędzy - szepnęła Marta.

- Oczywiście... przecież skarbów nie musieli z sobą przywieźć w tym łatanym kuferku i to w dodatku pustym... tam chyba naprawdę nic niema... kiedy poruszyłem go z miejsca zaraz mi ta myśl przyszła do głowy, taki mi się wydał lekki.

Uwagi pana Moureta, przerwała Róża, która wprost z góry wpadła do stołowego pokoju, pragnąc opowiedzieć, co widziała i słyszała a wszystko to wydawało się jej niezmiernie dziwne. Stanąwszy tuż koło stołu, przy którym jedli jej państwo, zawołała:

- Jeszcze też nigdy nie widziałam takiej kobiety! A to proszę państwa, ona już sześdziesiąt pięć lat niedługo skończy a pomimo to dzielna do roboty jak mało... Za kilka młodych taka jedna wystarczy, kiedy jest nagła robota. Sama rwie się, chcąc prędzej skończyć, powiadam, że tęga do roboty jak jaki koń...

- To ona ci pomogła przenieść owoce? - zapytał Mouret z wielką ciekawością.

- Spodziewam się, że pomogła i jak jeszcze pomogła! To warte było patrzenia! Zgarniała oburącz owoce do fartucha i to po tyle naraz, że myślałam, iż nie podźwignie, albo też że fartuch pęknie. Ale gdzie tam! Na niej ubranie trwałe takie same jak i na mnie. Z dziesiątek razy tak zniosłyśmy owoce w fartuchach, mnie już i ręce ścierpły i sama ledwo tchu złapać mogłam, patrzę na nią a ona nic. Chwacka kobieta. I tylko zrzędzi, że robota powoli się wlecze. A to ją tak zaczęło korcić, że z przeproszeniem państwa, poczęła kląć.

Opowiadanie Róży bawiło pana Moureta, który po chwili zapytał, przerywając rozpoczęty wątek:

- A jakże poradziłyście sobie z przygotowaniem posłania?...

- To nie ja słałam, to ona. Tyle tylko powiem państwu, że warto widzieć jaka chwacka! Jak to ona przewraca materace! Bierze za jeden koniec, podrzuca w górę jakby piłeczkę a tu i materac sam się odwróci i jeszcze spadnie, jakby go przypasował na to właśnie miejsce, gdzie należy. A jaka staranna przytem, jaka uważna! Jeszcze nigdy nie widziałam, aby kto umiał tak słać łóżko. Obciągnęła prześcieradło na materacu, tak że sam pan Jezus mógłby się położyć i takżeby chyba nie narzekał. Przyniosłam na górę cztery kołdry, to synowi zostawiła trzy a sobie tylko jedną wzięła. To samo było z poduszkami, jemu obydwie położyła... o, dba ona o niego, dba... jakby o jaką świętość albo o małe dzieciątko...

- A na czem ona będzie spała?... Czy na gołej podłodze?...

- Przygotowała sobie jakiś barłóg w kącie, nieprzymierzając jakby dla jakiego psa. Najgorszy materac rzuciła przez próg do drugiego pokoju i powiedziała, że będzie spała, jak w raju. W żaden sposób nie mogłam jej namówić, aby sobie wygodniej posłała. Powiedziała mi, że jej nigdy nie jest zimno i że głowę ma tak twardą, iż chociażby ją na noc złożyła na kamieniu, to także spać będzie jak na poduszce. Zaniosłam im na górę karafkę z wodą, szklanki i cukier, tak jak pani mi rozkazała... podziękowali a potem odeszłam. O, to jacyś ludzie całkiem odmienni od tutejszych...

Róża podała resztę obiadu, który dziś wyjątkowo się przedłużył. Tematem ogólnej rozmowy byli nowo przybyli lokatorzy. Fakt ten przerwał monotonny spokój życia rodziny Mouret. Każdy teraz dorzucał swój pogląd, swoje spostrzeżenia uczynione nad księdzem Faujas i starą jego matką; zwłaszcza Mouret, lubujący się w rozwałkowywaniu miejskich ploteczek, silił się na dowcipy, śmiał na całe gardło i łokcie położywszy na stół, powtórzył przynajmniej po raz dziesiąty:

- Nie ma co mówić, Besançon złożyło miastu Plassans wspaniały podarunek, przysyłając takiego księdza! Czyście widzieli jego sutanę z tyłu?... Powiadam wam, taka wysiedziana, że aż wstyd bierze patrzeć! Wątpię, by nasze dewotki zaczęły się roić koło tej obdartej sutany! Wogóle dewotki kręcą się około ładnych księży, przybranych w ładne sutany.

- Ksiądz ma dziwnie łagodny głos, gdy mówi uprzejmie - rzekła Marta, która była kobietą wyrozumiałą i współczującą nędzy.

- Tak, ma głos łagodny, gdy mówi uprzejmie, ale słyszałaś go przecież jak huknął opryskliwie gdy się dowiedział, że mieszkanie jest puste! Jemu się chciało meblowanego mieszkania za sto piędziesiąt franków rocznie! To mi frant! Jestem ciekaw, jak się też umeblują?... Lecz byle mi płacili, reszta mnie nie obchodzi... w najgorszym razie odwołam się do księdza Bourette... przecież to on wyszukał mi takich lokatorów.

Rodzina państwa Mouret gardziła dewocyą. Nawet dzieci zaczęły się wyśmiewać z księdza i jego matki. Oktawiusz naśladował ją, wyciągając szyję i rozglądał się po kątach, zupełnie z jej giestami. Dezyderya śmiała się serdecznie, patrząc na miny brata.

Sergiusz, o wiele od nich poważniejszy, zaczął bronić "tych biednych ludzi nowo przybyłych".

W zwykłych okolicznościach Mouret kładł się spać o godzinie dziesiątej, siady wał nieco dłużej jedynie wtedy, gdy mógł grać w pikietę. Dziś wszakże było po jedenastej a Mouret nie ruszył się jeszcze z miejsca, przedłużając gawędkę o niezwykłych wydarzeniach, zaszłych w ich domu. Dezyderya, osunąwszy głowę na kolana matki, spała od kwadransa, chłopcy poszli również na spoczynek do swojego pokoju, lecz Mouret opierał się senności i, siadłszy naprzeciwko żony, nie przestawał mówić. Niespodziewanie zaskoczył ją pytaniem:

- Jak myślisz, w jakim on wieku?...

- Kto? szepnęła Marta, otwierając szerzej, zmęczone sennością oczy.

- Jak można się pytać kto?... Wszak nie kto inny tylko ksiądz Faujas. Podług mnie musi mieć około czterdziestu a może ma nawet ze czterdzieści pięć lat. Tęgi chłop. Do czego to podobne, aby taki silny, jak dąb, mężczyzna nakładał na swój grzbiet sutanę! Czy nie piękniej by mu było w wojskowym mundurze! Ręczę, że wyglądałby wcale inaczej!

Na krótką chwilę zamilkł, Marta nie podtrzymywała rozmowy, pragnąc iść się położyć. Lecz milczenie nie trwało długo. Mouret znów zaczął głośno rozważać z wielką powagą:

- Przyjechali pociągiem, przybywającym do Plassans o trzy kwadranse na siódmą wieczorem. Mieli więc zaledwie czas, by na chwilę wstąpić do księdza Bourette'a i zaraz zjawili się u nas... Ręczę, że nie jedli obiadu. To jasne jak słońce. A że nie jedli na mieście, pożegnawszy się z nami, ręczę także, boć przecież bylibyśmy słyszeli ich kroki na schodach i w sieni... więc nie wychodzili, pozostali u siebie na górze. Doprawdy, chciałbym wiedzieć, jak się też urządzili z jedzeniem?... bo nie przypuszczam, aby byli na czczo... musieli coś jeść...

Przed chwilą weszła do stołowego pokoju Róża, sprzątała powoli, chcąc się doczekać, by państwo Mouret ztąd wyszli, przedtem bowiem nie zamykano drzwi i okien, wychodzących na ogród. Słysząc rozpamiętywania, głośno czynione przez swego pana, rzekła:

- A ja wiem, gdzie oni jedli.

Mouret zwrócił się żywo ku niej, pytając:

- Zkąd wiesz?... jakim sposobem?

- Dopiero co poszłam znów na górę, chcąc ich zapytać, czy czego nie potrzebują. Ale nie słysząc najmniejszego szelestu, nie śmiałam pukać do drzwi, bo myślałam, że się już położyli. Pragnąc się przekonać, spojrzałam przez dziurkę od klucza...

- Różo! jak mogłaś uczynić coś podobnego! Ależ to szkaradnie z twojej strony - zawołała surowo Marta. - Czyliż nie wiesz, że tego nie lubię, wszak nieraz ci to mówiłam...

- Daj pokój Róży - przerwał Mouret, który w każdej innej okoliczności byłby się oburzył postępkiem podglądania pod drzwiami, tym razem wszakże ciekawość wzięła górę i byłby rad pochwalić niedyskretność Róży. Zwrócił się więc do niej i zapytał z zajęciem:

- Więc patrzałaś przez dziurkę od klucza?

- Tak. Ale zrobiłam to dla ich dobra.

- Najzupełniej ci przyznaję, że byłaś powodowana chęcią przysłużenia się im w razie potrzeby. Ale cóż zobaczyłaś?... Czy dobrze pamiętasz?... Mów... Cóż oni robili?...

- Jedli, proszę pana. Tak jedli. To jest rzeczywista prawda. Jedli, siedząc na sofie, którą zamieniliśmy na łóżko. Otóż pani Faujas rozłożyła serwetę na kołdrze a obok na poduszce leżała butelka z winem. Popijali wprost z butelki i za każdym razem, kładli ją znów bokiem, opierając szyjkę na poduszkach.

- Ale cóż jedli?

- Dobrze nie wiem, lecz zdaje mi się, że to musiał być kawałek pasztetu, który stara rozwinęła z jakiegoś dziennika. Mieli także jabłka, ale jakie! Boże zmiłuj się, małe, brzydkie, nic niewarte... państwoby takich jabłek nigdy nie jedli!

- Musieli z sobą rozmawiać?... Cóż oni mówili, tylko powtórz dokładnie...

- Kiedy proszę pana, oni z sobą wcale nie mówili. Stałam podedrzwiami przynajmniej kwadrans i nie słyszałam ani słowa... Ani stówka nie pisnęli... ani jednego słówka... Ale za to jedli, oj jedli, jakby od trzech dni nie nie mieli w ustach.

Martę gniewała ciekawość męża. Czuła całą niewłaściwość jego pytań. Wstała więc i, rozbudziwszy Dezyderyę, zabierała się do odejścia do swego pokoju. Nareszcie i Mouret powstał z krzesła, słuchał wszakże pilnie dalszego opowiadania Róży, która, będąc dewotką, mówiła teraz przyciszonym głosem:

- Biedny księżyna musiał być porządnie głodny! Matka podsuwała, mu coraz to świeże kawałki a on jadł i jadł. Spojrzałam na matkę a ta wpatrzona w syna, radowała się, sądząc z wyrazu jej twarzy... Widać cieszyła się, że mu smakuje. Ja też rada jestem, że on sobie spocznie po dzisiejszej podróży... będzie mu wygodnie spać w czystej pościeli... Boję się tylko, że w jego pokoju bardzo pachnie owocami. A to przykry wyziew... kwas... czuć jakby przegniłe jabłka i gruszki... Oj niewesoły ma on pokój sypialny! Prócz posłanej sofy nie ma tam mebla ani kawałka. Ja się będę bała, żeby mu nie przytrafiło się co złego; całą noc nie zgaszę światła... zawsze to daleko bezpieczniej, gdy człowiek czegoś się obawia.

Mouret mniej był ciekawy osobistych wrażeń i myśli Róży, więc wziął swoją świecę i zapalił ją, by pójść do siebie. Pierwej wszakże poczuł potrzebę wypowiedzenia ogólnej treści własnych swoich wywodów, więc stanąwszy przed Różą z miną człowieka, który naraz wpadł w seryę zdarzeń dotychczas dla sobie nieznanych, rzekł z głębokiem przekonaniem:

- Wszystko to są rzeczy niespodziane i zupełnie nadzwyczajne!

Wszedł na górę do sypialnego pokoju; Marta już spała a on nie przestawał nadsłuchiwać szelestów, mogących go dolecieć z drugiego piętra. Pokój sypialny był wprost pod pokojem księdza Faujas. Wkrótce posłyszał, iż ktoś otworzył okno na drugiem piętrze. Ta drobna okoliczność zaciekawiła go niezmiernie.

Uniósł głowę i chociaż był bardzo śpiący, postanawiał oprzeć się senności, byle posłyszeć inny jaki szelest. Obciął wiedzieć, jak długo ksiądz Faujas wyglądać będzie przez otwarte okno. Lecz sen go zwyciężył i Mouret chrapał już w najlepsze, gdy zgrzytnęła z cicha zasuwka, zamykającego się okna w pokoju na drugiem piętrze.

Ksiądz Faujas z rozkoszą stał w otwartem oknie, chłodząc pałające czoło i wpatrując się w ciemności nocy. Pozostał tak długo, rad iż nareszcie pozostał tylko sam z sobą, ze swemi myślami, które zwykle ciężką chmurą fałdowały mu oblicze. Czuł, iż domownicy tego domu, do którego wszedł po raz pierwszy przed kilku godzinami, śpią teraz wszyscy. Zdawało mu się, iż słyszy regularny oddech śpiących dzieci, łagodne tchnienie zacnej ich matki, oraz chrapanie ojca. Chłonął w siebie orzeźwiające powietrze nocy i podniósłszy głowę, osadzoną na atletycznym karku, chciał rozeznać wśród ciemności całość uśpionego miasta. Patrzał wyniośle i jakby ze wzgardą. Patrzał, lecz dostrzedz mógł niewiele, bo drzewa ogrodów zasłaniały mu horyzont czarną, zbitą masą gałęzi. Były to wyniosłe drzewa w ogrodzie podprefektury. Natomiast jabłonie i grusze w sadzie pana Rastoil rozstawione były z rzadka a powykręcane, wydłużone ich pędy zarysowywały się wyraźniej, oddzielnie. Po za niemi zaległo morze ciemności, nicość, z której żaden szmer nie dolatywał. Miasto, w tych spowiciach utulone, spało cichutko, jak dziecko w kolebce.

Ksiądz Faujas wyciągnął przed siebie potężne swe ręce i ramiona, grożąc, czy też szydząc, jakby chciał przycisnąć cafe Plassans do łona, by je zgnieść w straszliwym uścisku i szepnął sam do siebie:

- Głupcy, uśmiechali się dzisiejszego wieczoru, widząc mnie, idącego ulicami miasta!

PODBÓJ MIASTA PLASSANS

 

I.

 

Dezyderya wesoło klasnęła w dłonie. Miała lat czternaście, lecz chociaż fizycznie rozwinięta, śmiała się po dziecinnemu, jak kilkoletnia dziecina.

- Mamo, mamo - poczęła wołać - patrz jaką śliczną zrobiłam lalkę!

Przynajmniej od kwadransa była pilnie zajęta kleceniem lalki z gałganków, które ściągnęła w górze nitką dla uformowania głowy, resztę zaś spowinęła bezkształtnie w rodzaj worka. Matka, oderwawszy oczy od pończochy, którą cerowała z wielką cierpliwością, jakby jakiś haft zawiły i misterny, spojrzała na robotę córki, uśmiechnęła się łagodnie i rzekła:

- To ma być lalka?... Chyba chciałaś zrobić dziecko spowinięte... Zacznij jeszcze raz i zrób lalkę w spódnicy, ubierz ją ładnie, tak jak się panie ubierają.

To rzekłszy, Marta dała Dezyderyi parę innych gałgangków, które znalazła w szufladce stolika od roboty i znów wzięła się do dalszego pilnego cerowania. Obiedwie siedziały w głębi wązkiego tarasu, Marta na krześle a dziewczynka u stóp matki na małym stołeczku. Zachodzące lecz ciepłe jeszcze wrześniowe słońce oblewało je spokojnem, jaskrawem światłem, podczas gdy ciągnący się u stóp tarasu ogród poczynał już drzemać w cieniach szarzejącego wieczoru. Cicho tu było i ustronnie, nawet najlżejszy hałas nie dolatywał z miasta, które w tej dzielnicy puste było i spokojne.

Przez kilkanaście minut pracowały obie w milczeniu. Dezyderya wysilała się, by zrobić spódnicę dla lalki, której jeszcze nie uszyła. Co jakiś czas Marta spoglądała w stronę córki, patrząc na nią z czułością, lecz zarazem ze smutkiem. Wreszcie widząc wielkie zakłopotanie dziewczynki odezwała się:

- Poczekaj, ja ci pomogę, zaraz zrobimy ręce twej lalce.

Odłożywszy na bok cerowanie, zabierała się Marta właśnie do uszycia lalki, gdy na tarasie ukazało się dwóch chłopców, mogących mieć lat osiemnaście i siedemnaście. Podbiegli ku matce i ucałowali ją na powitanie.

- Mamo, nie gniewaj się, że tak późno wracamy, rzekł Oktawiusz wesołym i pieszczotliwym głosem. To moja wina. Zaprowadziłem Sergiusza na nasze bulwary, by posłuchać muzyki wojskowej. Żebyś wiedziała, mamo, ile tam było osób! Aleja Sauvaire roiła się strojną publicznością:

- Myślałam, że was zatrzymano w szkole: i tylko dla tego nie niepokoiłam się o was zbytecznie...

Dezyderya rzuciła się tymczasem na szyję Sergiusza i zapomniawszy już o lalce, zaczęła opowiadać bratu z żywością:

- Czy wiesz, ten mój ptaszek, ten niebieski ptaszek, którego mi dałeś, wyfrunął z klatki... już go nie mam...

Głos jej począł drżeć, blizką była płaczu. Matka, która przypuszczała, iż dziewczynka już nie myślała o tem wielkiem swojem zmartwieniu, chciała ją pocieszyć, przywołując do dalszego szycia lalki, lecz Dezyderya, nie patrząc nawet w tę stronę, chwyciła brata za rękę i ciągnąc go do ogrodu, wołała:

- Chodź, chodź, zobaczysz, że go nie ma w klatce.

Sergiusz ze zwykłą sobie łagodną uprzejmością poszedł z siostrą, pocieszając ją jak umiał. Zaprowadziła go w stronę małej cieplarni, przed którą stała klatka osadzona na słupku. Zaczęła mu tłomaczyć, iż ptaszek wyfrunął, kiedy otworzyła drzwiczki, chcąc spłoszyć go, bo się czubił z innemi.

- Cóż w tem dziwnego, że uciekł - zawołał Oktawiusz - śmiejąc się głośno z opowiadania siostry, stojącej na dole w pobliżu tarasu, można by się dziwić, że wszystkie jej ptaki jeszcze nie pouciekały! Wiecznie otwiera klatkę, łapie je, ogląda, jakby chciała zobaczyć, z czego są zrobione i co mają w gardle, że śpiewać umieją. Przecież przed paru dniami włożyła sobie kilka ptaków do kieszeni i trzymała je tam przez całe popołudnie, chcąc niby ogrzać a przecież mogła je udusić taką czułością...

- Oktawiuszu! - zawołała matka z wymówką - nie dokuczaj temu biednemu dziecku!

Lecz Dezyderya tak była zajęta swojem opowiadaniem, te nie słyszała słów Oktawiusza.

- Wyobraź sobie, mówiła, że wyśliznął mi się z ręki i siadł oto tutaj, na tym krzaku, a potem frunął dalej, do sąsiedniego ogrodu i siadł najpierw na gruszy a następnie na największem śliwkowem drzewie pana Rastoil. Po chwili zawrócił mój ptaszek z powrotem, musnął mnie prawie po głowie, ale poleciał dalej, do ogrodu podprefektury, i tam mi znikł, znikł zupełnie, tak że go już nie zobaczyłam ani razu od tego czasu.

Oczy dziewczynki zaszły łzami, na ten widok Sergiusz zaczął ją pocieszać, sam nie wierząc swoim słowom.

- Może jeszcze wróci... miej cierpliwość... zobaczysz, że wróci...

- Myślisz, że wróci?... Wiesz, mam ochotę wsadzić wszystkie moje ptaki do pudełka a klatkę zostawić otwartą, to go może przynęci...

Słysząc projekt siostry, Oktawiusz, który siadł na balustradzie tarasu, zaczął się śmiać na całe gardło. Matka zaś przywołała Dezyderyę:

- Chodź, zobacz, chodź prędko to coś zobaczysz!

Przybiegającej dziewczynce pokarała uszytą lalkę z okrągłą głową ze zbitych gałganków, ze sztywnemi rękoma z sukna i przybraną we wspaniałą spódnicę z perkaliku w kwiatki. Na widok tak pięknej lalki twarz dziecka zarumieniła się z radości. Siadła na stołeczku przy matce i ująwszy lalkę, zaczęła ją całować, kołysać z dziecinnem przejęciem i uciechą. Lalka wyrugowała z jej pamięci smutek, spowodowany ucieczką niebieskiego ptaszka. Sergiusz przysiadł się koło brata a Marta wzięła znów do ręki pończochę z rozpoczętem cerowaniem.

- Więc dziś muzyka grała w alejach? - spytała półgłosem.

- Tak, jak zwykle co czwartek - odpowiedział Oktawiusz. - Szkoda, wielka szkoda, że ty, mamo, nie chcesz z tego korzystać. Wszystkich tam można zobaczyć: panny Rastoil, panią de Condamin, pana Paloque, żonę i córkę burmistrza, słowem wszystkich... Mamo, powiedz proszę, dla czego ty nigdy nie chodzisz posłuchać trochę muzyki?

Marta, nie podnosząc oczu od cery, którą właśnie kończyła, szepnęła:

- Chyba już wiacie, moje dzieci, że ja nie lubię wychodzić z domu. Dobrze mi i spokojnie na naszym tarasie. Wreszcie trzeba, aby ktoś z nas pozostawał zawsze przy Dezyderyi.

Oktawiusz chciał coś odpowiedzieć, lecz spojrzał na siostrę i zamilkł. Począł gwizdać zcicha i błądził oczami po wierzchołkach wyniosłych drzew, okalających spory ogród prefektury, to znów, zwracając głowę, przypatrywał się owocowym szpalerom w sadzie pana Rastoil. Świergotanie ptaków wzmagało się coraz hałaśliwiej, żegnając słońce, zapadające za zielenią drzew rosnących w ogrodzie. Sergiusz wydobył z kieszeni książkę i zagłębił się w czytaniu. Pełen miłości spokój napełnił kącik tarasu, wśród którego siedziała Marta z trojgiem swoich dzieci a złoty pył zachodzącego już słońca opromienił ich postacie. Marta, wyciągając z roboty igłę nawleczoną na długą nitkę, rzuciła czułe spojrzenie na synów i córkę. Po chwili zaś rzekła:

- Widzę, że wszyscy się dziś spóźniają z powrotem do domu. Ojciec jeszcze nie wrócił... Zdaje mi się, że poszedł dziś w stronę Tulettes...

- W takim razie nic dziwnego, że jeszcze nie wrócił - zawołał Oktawiusz. - Chłopi w Tulettes, skoro tylko ojca zobaczą, zaraz go obskoczą i nie chcą wypuścić. A po co ojciec tam poszedł, czy można wiedzieć?... Czy to z powodu zakupu wina?

- Nie wiem. Wiesz, moje dziecko, że wasz ojciec nie lubi mówić o swoich interesach.

Znów zamilkli. Ciszę przerywał brzęk talerzy, sztukanie drzwiami i krzesłami. Odgłosy te dolatywały przez otwarte okna stołowego pokoju, gdzie stara Róża zacięła nakrywać do wieczerzy. Zdaje się, że była w złym humorze, hałasowała bowiem nakryciem z wyraźnem niezadowolnieniem, pomrukując coś urywanemi zdaniami. Zeszła potem na ulicę i z proga domu spoglądała, wyciągnąwszy szyję, chcąc widzieć jak najdalej. Ale nie zobaczywszy pana na placu przed podprefekturą, postała parę minut, wreszcie, nie mogąc dłużej wytrzymać, wróciła do stołowego pokoju, lecz przeszła go tylko spiesznie a stanąwszy na tarasie, spytała z niezadowolnieniem:

- To pan dziś nie wraca na obiad?

- Owszem, moja Różo... wróci... nie niecierpliw się, moja kochana...

- Jakże mam się nie niecierpliwić, kiedy wszystko marnuje mi się na ogniu.. Przecież potrawy nie mogą się gotować dłużej, niż należy. Doprawdy pan mógłby powiedzieć na którą godzinę chce wrócić do domu na obiad... a tak jak pan robi, to nie ma... Ale niechajże się dzieje, jak chce... mnie to wszystko jedno... Lecz obiad zepsuje się i nikt go do ust nie weźmie.

- Tak przypuszczasz, moja Różo? - spytał ją niespodziewanie pan domu, który przed chwilą stanął za jej plecami. - Nie ma obawy, bądź spokojna, zjemy obiad z apetytem i dawaj go co prędzej.

Marta Mouret spojrzała na męża i zaczęła składać swoją robotę do szuflady stoliczka, przed którym siedziała. Mouret zaś kręcił się po tarasie, pogłaskał buzię Dezyderyi, która uśmiechnęła się do ojca a Oktawiusz, spojrzawszy na zapylone jego buty, zapytał.

- Ojciec pewnie bardzo zmęczony?

- Tak, trochę.

I nie mówiąc słowa o całodziennej swej wycieczce po za miastem, zaczął się rozglądać dokoła a spostrzegłszy rzucone na ścieżkę grabie i rydel, zawołał z niezadowolnieniem:

- Już ze sto razy mówiłem, że trzeba chować na miejsce narzędzia, któremi się posługujecie. Niechaj spadnie trochę deszczu a wszystko zardzewieje.

To rzekłszy, zeszedł do ogrodu, podniósł rydel i grabie, wniósł je do cieplarni i zawiesił na przeznaczonym dla nich gwoździu. Potem zawrócił ku domowi, rozglądając się uważnie, czy jeszcze nie dostrzeże jakiego nieporządku.

- Uczysz się lekcyi? - zapytał Sergiusza, który ani na chwilę nie przestał czytać książki wyjętej z kieszeni.

- Nie ojcze, to nie lekcya. Czytam książkę, pożyczoną mi przez księdza Bourrette'a. Jest to sprawozdanie z działalności misyonarzy w Chinach.

Mouret zatrzymał się, przechodząc koło żony.

- Czy nikt nie pytał się dziś o mnie? Nikt do mnie nie przychodził?

- Nie, nikt - odrzekła powoli Marta, spojrzawszy na męża z pewnem zadziwieniem.

Chciał dalej coś mówić, lecz się powstrzymał i, podszedłszy do otwartego okna, zawołał:

- Różo, kiedyż nam dasz obiad, z którym było ci tak pilno?...

- Ogień wygasł - zawołała Róża z głębi kuchni. - Teraz państwo muszą poczekać aż się obiad rozgrzeje.

Mouret uśmiechnął się i mrugnął znacząco, zwróciwszy się ku żonie i dzieciom. Gniew Róży bawił go i chętnie wywoływał burzę złego humoru starej kucharki. Stał, milcząc i przypatrywał się owocowym drzewom w sadzie sąsiada.

- Pan Rastoil będzie miał piękny zbiór w tym roku. Nie pamiętam, by miał kiedykolwiek taki urodzaj.

Marta nie odpowiedziała na tę uwagę męża, od chwili bowiem była czegoś zaniepokojona i pragnęła widocznie o coś go zapytać. Wreszcie zdecydowała się i szepnęła nieśmiało.

- Czyś ty oczekiwał dziś kogo?...

- Tak i nie - odpowiedział i zaczął chodzić wielkiemi krokami tam i napowrót wzdłuż tarasu.

- Może, wynająłeś drugie piętro?...

- Tak, wynająłem.

Nastąpiła chwila nieprzyjemnego milczenia, lecz wkrótce Mouret ciągnął dalej z najzupełniejszym spokojem:

- Dziś rano przed pójściem do Tulettes wstąpiłem do księdza Bourette'a. Zaczął mnie naglić o wynajęcie mieszkania, więc się zdecydowałem. Wiem dobrze, iż taki obrót rzeczy tobie się nie podoba. Lecz trudno, już się stało. Wiesz dobrze, iż twój opór był nierozsądny. To drugie piętro stoi pustkami i tylko niszczysz te górne pokoje, składając w nich gospodarskie rupiecie. Twoje jarzyny i owoce spowodowały w pokojach wilgoć, papier poodklejał się na ścianach... Proszę cię, abyś zaraz jutro wyprzątnęła wszystko, jak należy, bo nasz lokator może się sprowadzić zaraz, każdej chwili.

- Jaka szkoda - rzekła z westchnieniem Marta. - Tak nam było dobrze bez nikogo obcego w domu.

- Możesz się nie frasować, moja kochana. Ksiądz będzie siedział u siebie a my u siebie. Ci ludzie w czarnych opończach to skryty naród. Kryją się ze wszystkiem i otaczają tajemniczością najprostsze okoliczności. Ty wiesz, jak ja lubię tych próżniaków... Lecz na lokatora chciałem mieć księdza. Mają oni pieniądze, więc można być spokojnym o komorne, przytem pędzą w domu życie ciche, pewien jestem, że najlżejszy szelest nie doleci nas z drugiego piętra.

Marta posmutniała. Spoglądała to na dzieci, to na dom i ogród, jakby chciała na raz ogarnąć wzrokiem wszystko, co tu kochała, co uważała za swoje a czem teraz będzie się dzielić z obcym przybyszem. Zmrok zapadał coraz gęstszy i tylko na zachodniej stronie nieba dogorywały ostatnie łuny, pogodnie promieniejąc łagodnem światłem.

- Czy znasz tego księdza, dla którego ksiądz Bourette wynajął nasze drugie piętro?

- Nie, nie znam go. Lecz się tem nie trzeba niepokoić. Ksiądz Bourette wynajął mieszkanie na swoje nazwisko, to mi wystarcza, bo go uważam za poczciwego człowieka... Nasz lokator nazywa się Faujas i przybywa z dyecezyi Besançon. Podobno pogniewał się ze swoim proboszczem i postarał się, by go wysłano gdzieindziej. Prawdopodobnie musi on znać naszego biskupa, bo go mianowano wikaryuszem przy kościele św. Saturnina. Wreszcie są to sprawy poboczne i niemogące mnie interesować. Rzecz główna jest w porządku, bo ksiądz Faujas, nasz przyszły lokator jest gorąco popierany przez naszego księdza Bourette, do którego mam zaufanie.

Marta, nieprzejmująca się słowami męża, miała wyraz smutny, zafrasowany i chociaż wystrzegała się stawiania opozycyi, rzekła:

- Masz najzupełniejszą słuszność, ufając naszemu poczciwemu księdzu Bourette, lecz przypominam sobie, że kiedy przyszedł dla obejrzenia mieszkania na drugiem piętrze, powiedział, że proponowanego przez siebie lokatora nie zna osobiście. Podjął się wynajęcia dla niego mieszkania przez usłużność względem kolegi. Tego rodzaju uprzejmości księża świadczą sobie wzajemnie w razie przenosin z jednej dyecezyi do drugiej. Mojem zdaniem, twoją było rzeczą napisać do Besançon i zaczerpnąć wiadomości o człowieku, którego wprowadzasz pod nasz dach rodzinny.

Mouret zapanował nad gniewem, który w nim rósł przez ciąg słuchania słów Marty, uśmiechnął się tylko z pobłażliwością i odrzekł:

- Twój niepokój jest wprost dziecinny... Drżysz, jakbym dyabła zaprosił do domowego ogniska... Nie przypuszczałem, abyś była do tego stopnia zabobonną! Czyż naprawdę wierzysz, iż księża sprowadzają nieszczęście na dom, w którym obiorą sobie siedlisko? Nie niosą oni z sobą ani zła, ani dobra, podobni są w tem do ogółu innych istot ludzkich... Wreszcie patrz na mnie, czyż ja tchórzę przed jaką sutanną?...

- Mój drogi - rzekła Marta przyciszonym głosem - wiesz dobrze, iż nie jestem zabobonną. Tylko niepodoba mi się cały obrót tej sprawy.

Mouret stanął wprost przed żoną i machnąwszy ręką, zawołał zniecierpliwiony:

- Dość tego. Nagadałaś się do syta. Wynająłem drugie piętro, mamy lokatora i basta!

Po chwili zaś dodał z miną człowieka zadowolnionego po ubiciu korzystnego targu:

- Wynająłem te niepotrzebne dla nas pokoje za sto piędziesiąt franków. Sprawa więc rozstrzyga się dla mnie zyskiem stu piędziesięciu franków rocznego dochodu.

Marta zamilkła i spuściwszy głowę, kołysała ją z lekka, zmrużywszy oczy, jakby chciała powstrzymać łzy, któremi nabrzmiały jej powieki. Ukradkiem spojrzała na dzieci, obecne tej scenie, lecz wszystko troje nie zdawało się ani słyszeć, ani widzieć sprzeczki, zaszłej pomiędzy rodzicami. Najwidoczniej zobojętnieli na wybuchy złego humoru ojca, który chętnie bywał swarliwy w domu - Jeżeli państwo chcą jeść, to obiad już na stole - wyrzekła Róża, stanąwszy w progu i ze zwykłą opryskliwością w głosie.

- I owszem, i owszem, dzieci chodźmy na obiad - zawołał Mouret z nagłą wesołością i swobodą, jakby zapomniawszy o niemiłej rozmowie z żoną.

Wszyscy powstali, by przejść z tarasu do stołowego pokoju. Wtem Dezyderya, jakby zbudzona z zadumania, w które wpadła, kołysząc lalkę, rzuciła się ojcu na szyję i szepnęła z płaczem:

- Ojcze, stało się nieszczęście... jeden z ptaszków wyfrunął z klatki... tak wyfrunął i już go niema.

- Ptaszek ci wyfrunął?... biedactwo ty moje! No, nie martw się, poszukamy go, znajdziemy i napowrót zamkniemy do klatki.

Mouret głaskał córkę po główce, pocieszając ją, jak mógł najczulej. Dezyderya uparła się, aby poszedł z nią do ogrodu zobaczyć klatkę. Gdy ztamtąd wrócili, zostali Martę i obydwóch chłopców w stołowym pokoju. Przez otwarte okno wpadały wesołe promienie różowo zachodzącego słońca i opromieniały swym blaskiem ściany a zwłaszcza stół nakryty białym obrusem i zastawiony białemi talerzami. W tem różowem świetle wszystko zdawało się uśmiechać i wdzięczyć. Miłem był przedewszystkiem widok na ogród, którego drzewa urastały w cieniach wieczornych a wierzchołki kąpały się w złoto purpurowych toniach.

To ciche i łagodne piękno uspokoiło rozdrażnioną Martę. Z pogodną i uśmiechniętą twarzą przystąpiła do stołu, lecz w chwili, gdy zdejmowała pokrywę z wazy, rozległ się jakiś hałas na kurytarzu, prowadzącym do sieni. Przez otwarte gwałtownie drzwi wpadła Róża, rzucając słowa:

- Ksiądz Faujas już przyjechał!

 

LA CONQU?TE DE PLASSANS

 

I

 

Désirée battit des mains. C'était une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans.

- Maman, maman ! cria-t-elle, vois ma poupée !

Elle avait pris a sa m?re un chiffon, dont elle travaillait depuis un quart d'heure a faire une poupée, en le roulant et en l'étranglant par un bout, a l'aide d'un brin de fil. Marthe leva les yeux du bas qu'elle raccommodait avec des délicatesses de broderie. Elle sourit a Désirée.

- C'est un poupon, ça ! dit-elle. Tiens, fais une poupée. Tu sais, il faut qu'elle ait une jupe, comme une dame.

Elle lui donna une rognure d'indienne qu'elle trouva dans sa table a ouvrage ; puis, elle se remit a son bas, soigneusement. Elles étaient toutes deux assises, a un bout de l'étroite terrasse, la fille sur un tabouret, aux pieds de la m?re. Le soleil couchant, un soleil de septembre, chaud encore, les baignait d'une lumi?re tranquille ; tandis que, devant elles, le jardin, déja dans une ombre grise, s'endormait. Pas un bruit, au dehors, ne montait de ce coin désert de la ville.

Cependant, elles travaill?rent dix grandes minutes en silence. Désirée se donnait une peine infinie pour faire une jupe a sa poupée. Par moments, Marthe levait la t?te, regardait l'enfant avec une tendresse un peu triste. Comme elle la voyait tr?s embarrassée :

- Attends, reprit-elle ; je vais lui mettre les bras, moi.

Elle prenait la poupée, lorsque deux grands garçons de dix-sept et dix-huit ans descendirent le perron. Ils vinrent embrasser Marthe.

- Ne nous gronde pas, maman, dit gaiement Octave. C'est moi qui ai mené Serge a la musique... Il y avait un monde, sur le cours Sauvaire !

- Je vous ai crus retenus au coll?ge, murmura la m?re, sans cela, j'aurais été bien inqui?te.

Mais Désirée, sans plus songer a la poupée, s'était jetée au cou de Serge, en lui criant :

- J'ai un oiseau qui s'est envolé, le bleu, celui dont tu m'avais fait cadeau.

Elle avait une grosse envie de pleurer. Sa m?re, qui croyait ce chagrin oublié, eut beau lui montrer la poupée. Elle tenait le bras de son fr?re, elle répétait, en l'entraînant vers le jardin :

- Viens voir.

Serge, avec sa douceur complaisante, la suivit, cherchant a la consoler. Elle le conduisit a une petite serre, devant laquelle se trouvait une cage posée sur un pied. La, elle lui expliqua que l'oiseau s'était sauvé au moment o? elle avait ouvert la porte pour l'emp?cher de se battre avec un autre.

- Pardi ! ce n'est pas étonnant, cria Octave, qui s'était assis sur la rampe de la terrasse : elle est toujours a les toucher, elle regarde comment ils sont faits et ce qu'ils ont dans le gosier pour chanter. L'autre jour, elle les a promenés tout une apr?s-midi dans ses poches, afin qu'ils aient bien chaud.

- Octave !... dit Marthe d'un ton de reproche ; ne la tourmente pas, la pauvre enfant.

Désirée n'avait pas entendu. Elle racontait a Serge, avec de longs détails, de quelle façon l'oiseau s'était envolé.

- Vois-tu, il a glissé comme ça, il est allé se poser a côté, sur le grand poirier de monsieur Rastoil. De la, il a sauté sur le prunier, au fond. Puis, il a repassé sur ma t?te, et il est entré dans les grands arbres de la sous-préfecture, o? je ne l'ai plus vu, non, plus du tout.

Des larmes parurent au bord de ses yeux.

- Il reviendra peut-?tre, hasarda Serge.

- Tu crois ?... J'ai envie de mettre les autres dans une boîte et de laisser la cage ouverte toute la nuit.

Octave ne put s'emp?cher de rire ; mais Marthe rappela Désirée.

- Viens donc voir, viens donc voir !

Et elle lui présenta la poupée. La poupée était superbe ; elle avait une jupe roide, une t?te formée d'un tampon d'étoffe, des bras faits d'une lisi?re cousue aux épaules. Le visage de Désirée s'éclaira d'une joie subite. Elle se rassit sur le tabouret, ne pensant plus a l'oiseau, baisant la poupée, la berçant dans sa main, avec une puérilité de gamine.

Serge était venu s'accouder pr?s de son fr?re. Marthe avait repris son bas.

- Alors, demanda-t-elle, la musique a joué ?

- Elle joue tous les jeudis, répondit Octave. Tu as tort, maman, de ne pas venir. Toute la ville est la, les demoiselles Rastoil, madame de Condamin, monsieur Paloque, la femme et la fille du maire... Pourquoi ne viens-tu pas ?

Marthe ne leva pas les yeux ; elle murmura, en achevant une reprise :

- Vous savez bien, mes enfants, que je n'aime pas sortir. Je suis si tranquille, ici. Puis, il faut que quelqu'un reste avec Désirée.

Octave ouvrait les l?vres, mais il regarda sa s?ur et se tut. Il demeura la, sifflant doucement, levant les yeux sur les arbres de la préfecture, pleins du tapage des pierrots qui se couchaient, examinant les poiriers de M. Rastoil, derri?re lesquels descendait le soleil. Serge avait sorti de sa poche un livre qu'il lisait attentivement. Il y eut un silence recueilli, chaud d'une tendresse muette, dans la bonne lumi?re jaune qui pâlissait peu a peu sur la terrasse. Marthe, couvant du regard ses trois enfants, au milieu de cette paix du soir, tirait de grandes aiguillées réguli?res.

- Tout le monde est donc en retard aujourd'hui ? reprit-elle au bout d'un instant. Il est pr?s de six heures, et votre p?re ne rentre pas... Je crois qu'il est allé du côté des Tulettes.

- Ah bien ! dit Octave, ce n'est pas étonnant, alors... Les paysans des Tulettes ne le lâchent plus, quand ils le tiennent... Est-ce pour un achat de vin ?

- Je l'ignore, répondit Marthe ; vous savez qu'il n'aime pas a parler de ses affaires.

Un silence se fit de nouveau. Dans la salle a manger, dont la fen?tre était grande ouverte sur la terrasse, la vieille Rose, depuis un moment, mettait le couvert, avec des bruits irrités de vaisselle et d'argenterie. Elle paraissait de fort méchante humeur, bousculant les meubles, grommelant des paroles entrecoupées. Puis, elle alla se planter a la porte de la rue, allongeant le cou, regardant au loin la place de la Sous-Préfecture. Apr?s quelques minutes d'attente, elle vint sur le perron, criant :

- Alors, monsieur Mouret ne rentrera pas dîner ?

- Si, Rose, attendez, répondit Marthe paisiblement.

- C'est que tout br?le. Il n'y a pas de bon sens. Quand monsieur fait de ces tours-la, il devrait bien prévenir... Moi, ça m'est égal, apr?s tout. Le dîner ne sera pas mangeable.

- Tu crois, Rose ? dit derri?re elle une voix tranquille. Nous le mangerons tout de m?me, ton dîner.

C'était Mouret qui rentrait. Rose se tourna, regarda son maître en face, comme sur le point d'éclater ; mais, devant le calme absolu de ce visage o? perçait une pointe de goguenarderie bourgeoise, elle ne trouva pas une parole, elle s'en alla. Mouret descendit sur la terrasse, o? il piétina, sans s'asseoir. Il se contenta de donner, du bout des doigts, une petite tape sur la joue de Désirée, qui lui sourit. Marthe avait levé les yeux ; puis, apr?s avoir regardé son mari, elle s'était mise a ranger son ouvrage dans sa table.

- Vous n'?tes pas fatigué ? demanda Octave, qui regardait les souliers de son p?re, blancs de poussi?re.

- Si, un peu, répondit Mouret, sans parler autrement de la longue course qu'il venait de faire a pied.

Mais il aperçut, au milieu du jardin, une b?che et un râteau que les enfants avaient d? oublier la.

- Pourquoi ne rentre-t-on pas les outils ? s'écria-t-il. Je l'ai dit cent fois. S'il venait a pleuvoir, ils seraient rouillés.

Il ne se fâcha pas davantage. Il descendit dans le jardin, alla lui-m?me chercher la b?che et le râteau, qu'il revint accrocher soigneusement au fond de la petite serre. En remontant sur la terrasse, il furetait des yeux dans tous les coins des allées pour voir si chaque chose était bien en ordre.

- Tu apprends tes leçons, toi ? demanda-t-il en passant a côté de Serge, qui n'avait pas quitté son livre.

- Non, mon p?re, répondit l'enfant. C'est un livre que l'abbé Bourrette m'a pr?té, la relation des Missions en Chine.

Mouret s'arr?ta net devant sa femme.

- A propos, reprit-il, il n'est venu personne ?

- Non, personne, mon ami, dit Marthe d'un air surpris.

Il allait continuer, mais il parut se raviser ; il piétina encore un instant, sans rien dire ; puis, s'avançant vers le perron :

- Eh bien ! Rose, et ce dîner qui br?lait ?

- Pardi ! cria du fond du corridor la voix furieuse de la cuisini?re, il n'y a plus rien de pr?t maintenant ; tout est froid. Vous attendrez, monsieur.

Mouret eut un rire silencieux ; il cligna l'?il gauche, en regardant sa femme et ses enfants. La col?re de Rose semblait l'amuser fort. Il s'absorba ensuite dans le spectacle des arbres fruitiers de son voisin.

- C'est surprenant, murmura-t-il, M. Rastoil a des poires magnifiques, cette année.

Marthe, inqui?te depuis un instant, semblait avoir une question sur les l?vres. Elle se décida, elle dit timidement :

- Est-ce que tu attendais quelqu'un aujourd'hui, mon ami ?

- Oui et non, répondit-il, en se mettant a marcher de long en large.

- Tu as loué le second étage, peut-?tre ?

- J'ai loué, en effet.

Et, comme un silence embarrassé se faisait, il continua de sa voix paisible :

- Ce matin, avant de partir pour les Tulettes, je suis monté chez l'abbé Bourrette ; il a été tr?s-pressant, et, ma foi ! j'ai conclu... Je sais bien que cela te contrarie. Seulement, songe un peu, tu n'es pas raisonnable, ma bonne. Ce second étage ne nous servait a rien ; il se délabrait. Les fruits que nous conservions dans les chambres entretenaient la une humidité qui décollait les papiers... Pendant que j'y songe, n'oublie pas de faire enlever les fruits, d?s demain : notre locataire peut arriver d'un moment a l'autre.

- Nous étions pourtant si a l'aise, seuls dans notre maison ! laissa échapper Marthe a demi-voix.

- Bah ! reprit Mouret, un pr?tre, ce n'est pas bien g?nant. Il vivra chez lui, et nous chez nous. Ces robes noires, ça se cache pour avaler un verre d'eau... Tu sais si je les aime, moi ! Des fainéants, la plupart... Eh bien ! ce qui m'a décidé a louer, c'est que justement j'ai trouvé un pr?tre. Il n'y a rien a craindre pour l'argent avec eux, et on ne les entend pas m?me mettre leur clef dans la serrure.

Marthe restait désolée. Elle regardait, autour d'elle, la maison heureuse, baignant dans l'adieu du soleil le jardin, o? l'ombre devenait plus grise ; elle regardait ses enfants, son bonheur endormi qui tenait la, dans ce coin étroit.

- Et sais-tu quel est ce pr?tre ? reprit-elle.

- Non, mais l'abbé Bourrette a loué en son nom, cela suffit. L'abbé Bourrette est un brave homme... Je sais que notre locataire s'appelle Faujas, l'abbé Faujas, et qu'il vient du dioc?se de Besançon. Il n'aura pas pu s'entendre avec son curé ; on l'aura nommé vicaire ici, a Saint-Saturnin. Peut-?tre qu'il connaît notre év?que, monseigneur Rousselot. Enfin, ce ne sont pas nos affaires, tu comprends... Moi, dans tout ceci, je me fie a l'abbé Bourrette.

Cependant, Marthe ne se rassurait pas. Elle tenait t?te a son mari, ce qui lui arrivait rarement.

- Tu as raison, dit-elle, apr?s un court silence, l'abbé est un digne homme. Seulement, je me souviens que, lorsqu'il est venu pour visiter l'appartement, il m'a dit ne pas connaître la personne au nom de laquelle il était chargé de louer. C'est une de ces commissions comme on s'en donne entre pr?tres, d'une ville a une autre... Il me semble que tu aurais pu écrire a Besançon, te renseigner, savoir enfin qui tu vas introduire chez toi.

Mouret ne voulait point s'emporter ; il eut un rire de complaisance.

- Ce n'est pas le diable, peut-?tre... Te voila toute tremblante. Je ne te savais pas si superstitieuse que ça. Tu ne crois pas au moins que les pr?tres portent malheur, comme on dit. Ils ne portent pas bonheur non plus, c'est vrai. Ils sont comme les autres hommes... Ah bien ! tu verras, lorsque cet abbé sera la, si sa soutane me fait peur !

- Non, je ne suis pas superstitieuse, tu le sais, murmura Marthe. J'ai comme un gros chagrin, voila tout.

Il se planta devant elle, il l'interrompit d'un geste brusque.

- C'est assez, n'est-ce pas ? dit-il. J'ai loué, n'en parlons plus.

Et il ajouta, du ton railleur d'un bourgeois qui croit avoir conclu une bonne affaire :

- Le plus clair, c'est que j'ai loué cent cinquante francs : ce sont cent cinquante francs qui entreront chaque année dans la maison.

Marthe avait baissé la t?te, ne protestant plus que par un balancement vague des mains, fermant doucement les yeux, comme pour ne pas laisser tomber les larmes dont ses paupi?res étaient toutes gonflées. Elle jeta un regard furtif sur ses enfants, qui, pendant l'explication qu'elle venait d'avoir avec leur p?re, n'avaient pas paru entendre, habitués sans doute a ces sortes de sc?nes o? se complaisait la verve moqueuse de Mouret.

- Si vous voulez manger maintenant, vous pouvez venir, dit Rose de sa voix maussade, en s'avançant sur le perron.

- C'est cela. Les enfants, a la soupe ! cria gaiement Mouret, sans paraître garder la moindre méchante humeur.

La famille se leva. Alors Désirée, qui avait gardé sa gravité de pauvre innocente, eut comme un réveil de douleur, en voyant tout le monde se remuer. Elle se jeta au cou de son p?re, elle balbutia :

- Papa, j'ai un oiseau qui s'est envolé.

- Un oiseau, ma chérie ? Nous le rattraperons.

Et il la caressait, il se faisait tr?s-câlin. Mais il fallut qu'il allât, lui aussi, voir la cage. Quand il ramena l'enfant, Marthe et ses deux fils se trouvaient déja dans la salle a manger. Le soleil couchant, qui entrait par la fen?tre, rendait toutes gaies les assiettes de porcelaine, les timbales des enfants, la nappe blanche. La pi?ce était ti?de, recueillie, avec l'enfoncement verdâtre du jardin.

Comme Marthe, calmée par cette paix, ôtait en souriant le couvercle de la soupi?re, un bruit se fit dans le corridor. Rose, effarée, accourut, en balbutiant :

- Monsieur l'abbé Faujas est la.