FÉCONDITÉ
LIVRE PREMIER
Chapitre I
Ce matin-la, dans le petit pavillon a la lisi?re des bois, o? ils étaient installés depuis trois semaines, Mathieu se hâtait, pour prendre a Janville le train de sept heures, qui chaque jour le ramenait a Paris. Il était six heures et demie déja, et il y avait deux grands kilom?tres du pavillon a Janville. Puis, apr?s les trois quarts d'heure du trajet, c'étaient trois autres quarts d'heure pour aller de la gare du Nord au boulevard de Grenelle ; de sorte qu'il n'arrivait gu?re a son bureau de l'usine que vers les huit heures et demie.
Il venait d'embrasser les enfants, heureusement endormis ; car ils ne le laissaient plus partir, leurs petits bras noués a son cou, riant et le baisant. Et, comme il rentrait vivement dans la chambre a coucher, il trouva sa femme Marianne, au lit encore, mais réveillée, a demi assise. Elle était allée tirer un rideau, toute la radieuse matinée de mai entrait, la baignant d'un flot de gai soleil, dans la beauté saine et fraîche de ses vingt-quatre ans. Lui, son aîné de trois ans, l'adorait.
- Tu sais, chérie, je me dép?che, j'ai peur de manquer le train... Alors, tâche de t'arranger, tu as encore trente sous, n'est-ce pas ?
Elle se mit a rire, charmante avec ses bras nus et ses admirables cheveux bruns défaits. La continuelle g?ne de leur jeune ménage la laissait vaillante et joyeuse, elle mariée a dix-sept ans, lui a vingt, chargés de quatre enfants déja.
- Puisque c'est la fin du mois aujourd'hui et que tu touches ce soir... Je payerai demain les petites dettes, a Janville. Il n'y a que les Lepailleur, pour le lait et les ?ufs, qui m'ennuient, car ils ont toujours l'air de croire qu'on veut les voler... Trente sous, mon chéri ! mais nous allons faire la f?te !
Elle riait toujours, elle lui tendait ses bras fermes et blancs, pour l'au revoir de chaque matin.
- Pars vite, puisque tu es pressé... J'irai ce soir t'attendre au petit pont.
- Non, non, je veux que tu te couches ! Tu sais bien qu'aujourd'hui, encore si je ne manque pas le train de onze heures moins un quart, je ne serai a Janville qu'a onze heures et demie... Oh ! quelle journée ! J'ai d? promettre aux Morange de déjeuner chez eux, et ce soir Beauch?ne traite un client, un dîner d'affaires, auquel il faut que j'assiste... Couche-toi et fais un beau dodo, en m'attendant.
Elle hocha gentiment la t?te, ne s'engageant a rien.
- Et n'oublie pas, reprit-elle, de passer chez le propriétaire lui dire qu'il pleut dans la chambre des enfants. Ce Séguin du Hordel, riche a millions, a beau ne nous louer cette masure que six cents francs, ce n'est pas une raison pour que nous devions nous y laisser tremper comme sur la grand'route.
- Tiens ! j'aurais oublié... Je passerai chez lui, je te le promets.
Mais, a son tour, il l'avait prise dans ses bras, et l'au revoir se prolongeait, il ne s'en allait plus. Elle s'était remise a rire, elle lui rendait de gros baisers sonores. Entre eux, c'était tout un amour de belle santé, la joie de l'union totale et profonde, de n'?tre qu'une chair et qu'une âme.
- Va-t'en donc, va-t'en donc, chéri... Ah ! souviens-toi de dire a Constance qu'avant de partir pour la campagne, elle devrait venir passer un dimanche, avec Maurice.
- Oui, oui, je le lui dirai... A ce soir, chérie.
Il revint, la reprit d'une étreinte forte, lui posa un long baiser sur les l?vres, qu'elle lui rendit de tout son c?ur. Et il se sauva.
D'ordinaire, en arrivant a la gare du Nord, il prenait l'omnibus. Mais, les jours o? il n'y avait que trente sous a la maison, il faisait gaillardement le chemin a pied. C'était, d'ailleurs, un tr?s beau chemin : la rue Lafayette, l'Opéra, les grands boulevards, la rue Royale puis, apr?s la place de la Concorde, le Cours la Reine, le pont de l'Alma et le quai d'Orsay.
L'usine Beauch?ne s'étendait tout au bout du quai d'Orsay, entre la rue de la Fédération et le boulevard de Grenelle. Il y avait la un vaste terrain en équerre, dont une des pointes, sur le quai, se trouvait occupée par une belle maison d'habitation, un hôtel de briques encadrées de pierre blanche, que Léon Beauch?ne, le p?re d'Alexandre, le patron actuel, avait bâti. Des balcons, on apercevait, au dela de la Seine, sur le coteau, les maisons hautes de Passy, parmi des verdures ; tandis que, sur la droite, se dressaient les deux campaniles du palais du Trocadéro. A côté, on voyait encore, longeant la rue de la Fédération, un jardin et une petite maison, l'ancien logis modeste de Léon Beauch?ne, au temps héro?que d'acharné travail o? il fondait sa fortune. Puis, les bâtiments, les hangars de l'usine, tout un amas de bâtisses grises, surmontées de deux immenses cheminées, occupaient le fond du terrain et la partie en retour sur le boulevard de Grenelle, qu'un grand mur sans fen?tres fermait. Cette tr?s importante maison de mécanicien-constructeur, bien connue, fabriquait surtout des machines agricoles, depuis les machines les plus puissantes, jusqu'aux outils ingénieux et délicats, qui nécessitent des soins particuliers de perfection. Et, outre les quelques centaines d'hommes journellement employés, il existait la un atelier qui comptait une cinquantaine de femmes, des brunisseuses et des polisseuses.
L'entrée des ateliers et des bureaux était rue de la Fédération, un large portail, d'o? l'on apercevait l'énorme cour, avec son pavé continuellement noir, que des ruisseaux d'eau fumante sillonnaient souvent. Des poussi?res épaisses montaient des hautes cheminées, des jets stridents de vapeur sortaient des toits, pendant qu'une trépidation sourde, dont le sol tremblait, disait le branle intérieur, le continuel grondement du travail.
Il était huit heures trente-cinq, a la grosse horloge du bâtiment central, lorsque Mathieu traversa la cour, pour se rendre a son bureau de dessinateur en chef. Depuis huit ans déja, il était a l'usine, o? il avait débuté, d?s dix-neuf ans, apr?s des études spéciales tr?s brillantes, comme aide-dessinateur, a cent francs par mois. Son p?re, Pierre Froment, qui avait eu de sa femme Marie quatre fils, Jean l'aîné, puis Mathieu, Marc et Luc, tout en les laissant maîtres de leur vocation, s'était efforcé de leur donner a chacun un métier manuel. Léon Beauch?ne, le fondateur de l'usine, était mort depuis un an, et son fils Alexandre venait de lui succéder et d'épouser Constance Meunier, la fille d'un tr?s riche fabricant de papiers peints du Marais, lorsque Mathieu entra dans la maison, sous les ordres de ce patron si jeune, qui n'avait gu?re que cinq ans de plus que lui. Et ce fut la qu'il connut Marianne, alors âgée de seize ans, une cousine pauvre d'Alexandre, et qu'il l'épousa l'année suivante.
D?s sa douzi?me année, Marianne était tombée a la charge de son oncle, Léon Beauch?ne. Un fr?re de celui-ci, Félix Beauch?ne, apr?s des échecs de toutes sortes, esprit brouillon, hanté d'un besoin d'aventures, s'en était allé, avec sa femme et sa fille, tenter la fortune en Algérie ; et, cette fois, la ferme créée par lui, la-bas, prospérait, lorsque, dans un brusque retour de brigandage, le p?re et la m?re furent massacrés, les bâtiments détruits, de sorte que la fillette, sauvée par miracle, n'eut d'autre refuge que la maison de son oncle, qui se montra tr?s bon pour elle, pendant les deux années qu'il vécut encore. Mais il y avait la Alexandre, de camaraderie un peu lourde, et surtout une s?ur cadette de celui-ci, Sérafine, une grande fille détraquée et mauvaise, qui heureusement quitta la maison presque tout de suite, d?s dix-huit ans, dans un scandale effroyable, une fuite avec un certain baron de Lowicz, un baron authentique, escroc et faussaire, auquel il fallut la marier, en lui donnant trois cent mille francs. Puis, lorsque, son p?re mort, Alexandre a son tour dut songer a se marier, forcé d'épouser pour son argent Constance, qui lui apportait un demi-million de dot, Marianne se trouva plus étrang?re, plus isolée encore, pr?s de sa nouvelle cousine, maigre, s?che, despotique, maîtresse absolue dans le ménage. Mathieu était la, et quelques mois suffirent : un bel amour, sain et fort, naquit, grandit entre les deux jeunes gens, non pas le coup de foudre qui jette les amants aux bras l'un de l'autre, mais l'estime, la tendresse, la foi, la mutuelle certitude du bonheur dans le don réciproque, qui font l'indissoluble mariage. Et ils furent ravis de s'épouser sans un sou, de n'apporter que leur grand c?ur, a jamais. Mathieu fut mis a deux mille quatre cents francs, et son cousin par alliance, Alexandre, lui fit simplement entrevoir une association possible, pour beaucoup plus tard.
D'ailleurs, peu a peu, Mathieu Froment allait se rendre indispensable. Le jeune maître de l'usine, Alexandre Beauch?ne, venait de traverser une crise inquiétante. La dot que son p?re avait d? tirer de sa caisse pour marier Sérafine, d'autres fortes dépenses occasionnées par cette fille rebelle et perverse, l'avaient forcé a diminuer un instant son capital d'exploitation. Puis, au lendemain de sa mort, on s'était aperçu qu'il avait eu l'insouciance, assez fréquente, de ne pas laisser de testament ; de sorte que Sérafine, tr?s âprement, s'était mise en travers des intér?ts de son fr?re, réclamant sa part, voulant l'obliger a vendre l'usine. Toute la fortune avait failli de la sorte ?tre dépecée, l'usine coupée en morceaux, anéantie. Beauch?ne en frémissait encore de terreur et de col?re, heureux d'avoir enfin réussi, pour désintéresser sa s?ur, a lui payer trop largement sa part, en argent. Mais la plaie ouverte restait béante, et c'était afin de la combler qu'il avait épousé le demi-million de Constance, fille laide, dont il trouvait la possession am?re, dans ses appétits de beau mâle, et si s?che, et si maigre, que lui-m?me l'appelait " cet os ", avant de consentir a en faire sa femme. En cinq ou six années, tout fut réparé, les affaires de l'usine doubl?rent, une grande prospérité se déclara. Et Mathieu, qui était devenu un des collaborateurs les plus actifs, les plus nécessaires, avait fini par occuper le poste de dessinateur en chef, aux appointements de quatre mille deux cents francs.
Morange, le chef comptable, dont le bureau était voisin, allongea la t?te, d?s qu'il entendit le jeune homme s'installer devant sa table a dessin.
- Dites donc, mon cher Froment, n'oubliez pas que vous déjeunez chez nous.
- Oui, oui, mon bon Morange, c'est chose entendue. Je vous prendrai a midi.
Et Mathieu se mit a revoir avec soin l'épure d'une batteuse a vapeur, une invention a lui, d'une parfaite simplicité et d'une puissance considérable, a laquelle il travaillait depuis longtemps, et qu'un gros propriétaire beauceron, M. Firon-Badinier, devait venir examiner l'apr?s-midi.
Mais la porte du cabinet du patron s'ouvrit brusquement, Beauch?ne parut. Grand, le visage coloré, avec le nez fort, la bouche épaisse, de gros yeux bruns a fleur de t?te, il portait toute sa barbe, une barbe noire qu'il soignait beaucoup, ainsi que ses cheveux, ramenés en boucles sur le crâne, pour cacher un commencement grave de calvitie, a trente-deux ans a peine. D?s le matin, en redingote, il fumait déja Un cigare, et sa voix haute, sa gaieté sonnante, son activité bruyante, exprimaient la santé encore belle d'un jouisseur égo?ste, pour qui l'argent, le capital décuplé par le travail des autres, était l'unique, la souveraine puissance.
- Ah ! ah ! c'est pr?t, n'est-ce pas ?... Monsieur Firon-Badinier m'a encore écrit qu'il serait ici a trois heures. Et vous savez que je vous emm?ne au restaurant avec lui, ce soir ; car, ces gaillards-la, on ne les décide aux commandes qu'en les arrosant de bon vin... Ici, ça fâche Constance, et je préf?re les traiter dehors... Vous avez prévenu Marianne ?
- Parfaitement. Elle sait que je ne rentrerai que par le train de onze heures moins le quart.
Beauch?ne s'était laissé tomber sur une chaise.
- Ah ! mon ami, je suis éreinté ! J'ai dîné en ville hier soir, je ne me suis couché qu'a une heure. Et tout ce travail qui m'attendait ici, ce matin ! Il faut vraiment une santé de fer.
Jusque-la, il s'était montré un travailleur prodigieux, réellement doué d'une résistance, d'une énergie extraordinaires. Il avait en outre fait preuve d'un flair constant pour les opérations heureuses. Levé le premier dans l'usine, il voyait tout, prévoyait tout, l'emplissait de son z?le retentissant a en doubler chaque année le chiffre d'affaires. Mais, depuis quelque temps, la fatigue mordait davantage sur lui. Toujours, il s'était fortement amusé, faisant une large part, dans sa vie de labeur, a ses jouissances, celles qu'il avouait et celles qu'il n'avouait pas ; si bien que, maintenant, certaines noces, comme il disait, le mettaient sur le flanc.
Il regardait Mathieu.
- Vous avez l'air d'aplomb, vous. Comment faites-vous pour ne paraître jamais fatigué ?
Le jeune homme, en effet, debout devant sa table a dessin, semblait avoir la santé robuste d'un jeune ch?ne. Grand, mince, brun, il avait le front des Froment, large et haut, en forme de tour. Il portait ses épais cheveux coupés ras, la barbe en pointe, un peu frisante. Et ce qui caractérisait surtout le visage, c'étaient les yeux, profonds et clairs, vifs et réfléchis a la fois, presque toujours souriants. Un homme de pensée et d'action, tr?s simple et tr?s gai, tr?s bon aussi.
- Oh ! moi, répondit-il en riant, je suis sage.
Mais Beauch?ne protestait.
- Ah ! non, ce n'est pas vous qui ?tes sage ! On n'est pas sage, quand on a quatre enfants déja, a vingt-sept ans. Et deux jumeaux, votre Blaise et votre Denis, pour commencer ! Et puis votre Ambroise, et puis votre petite Rose ! Sans compter l'autre fillette que vous avez perdue a sa naissance, avant celle-ci. Ça vous en ferait cinq, malheureux !... Non, non ! c'est moi qui suis sage, moi qui n'en ai qu'un et qui sais me borner, en homme raisonnable et prudent !
C'étaient la les habituelles plaisanteries, o? perçait une indignation vraie, dont il accablait le jeune ménage insoucieux de sa fortune, cette fécondité de sa cousine Marianne qu'il déclarait scandaleuse.
Mathieu continuait de rire, sans m?me répondre, habitué a ces attaques qui lui laissaient toute sa sérénité, lorsqu'un ouvrier entra, le p?re Moineaud, comme on le nommait a l'usine, bien qu'il e?t a peine quarante-trois ans, court et trapu, avec une t?te ronde, un cou de taureau, la face et les mains crevassées par plus d'un quart de si?cle de travail. Il était mécanicien-ajusteur, il venait pour soumettre au patron une difficulté, dans le montage d'une machine. Mais celui-ci ne lui laissa pas le temps de s'expliquer, tout a son emportement contre les familles trop nombreuses.
- Et vous, p?re Moineaud, combien avez-vous d'enfants ?
- Sept, monsieur Beauch?ne, répondit l'ouvrier un peu interloqué. J'en ai perdu trois.
- Alors, ça vous en ferait dix. Eh bien ! c'est du propre, comment voulez-vous ne pas crever de faim ?
Moineaud, lui aussi, s'était mis a rire, en ouvrier parisien imprévoyant et gai, qui n'avait pour toute joie que la rigolade avec sa femme, quand il avait bu un coup. Les petits, ça poussait sans qu'il s'en aperç?t seulement, et m?me il les aimait bien, tant qu'ils ne s'étaient pas envolés du nid. Et puis, ça travaillait, ça rapportait un peu. Mais il préféra s'excuser, d'un mot plaisant, qui lui semblait tr?s vrai au fond.
- Dame ! monsieur Beauch?ne, c'est pas moi qui les fais, c'est ma femme.
Tous les trois s'égay?rent, et l'ouvrier ayant enfin expliqué la difficulté qui se présentait, les deux autres le suivirent, pour juger du travail par eux-m?mes. Ils allaient s'engager dans un couloir, lorsque le patron, voyant ouverte la porte de l'atelier des femmes, voulut le traverser, désireux d'y jeter son coup d'?il habituel. C'était une salle vaste et longue, o? les polisseuses, en blouse de serge noire, assises sur deux rangs devant leurs petits établis, ponçaient les pi?ces et les passaient a la meule. Presque toutes étaient jeunes, quelques-unes jolies, la plupart de face commune et basse. Et une odeur de fauve se m?lait a celle des huiles rances.
Pendant le travail, la r?gle était le silence absolu. Toutes bavardaient. Puis, d?s que le maître fut signalé, brusquement les voix tomb?rent. Il n'y en eut qu'une, qui, la t?te tournée, ne voyant rien, se disputant avec une autre, continua, furieuse. C'étaient les deux s?urs, justement deux filles du p?re Moineaud : Euphrasie, la cadette, celle qui criait, une maigriotte de dix-sept ans, aux cheveux pâles, a la face longue, s?che et pointue, pas belle et l'air méchant ; et l'aînée, Norine, dix-neuf ans a peine, une jolie fille celle-la, une blonde aussi, mais a la chair de lait, et grasse, et forte, des épaules, des bras, des hanches, une claire figure de soleil, avec des cheveux fous et des yeux noirs, toute la fraîcheur de ces museaux parisiens o? éclate la beauté du diable.
Sournoisement, Norine laissait aller Euphrasie, toujours en querelle avec elle, heureuse de la faire prendre en faute. Et il fallut que Beauch?ne intervînt. Il se montrait d'habitude tr?s sév?re dans l'atelier des femmes, sans complaisance aucune, ayant eu jusque-la pour théorie qu'un patron est perdu, qui s'oublie a rire avec ses ouvri?res. En effet, malgré les gros appétits de mâle qu'il promenait au dehors, disait-on, pas la moindre histoire ne courait sur ses ouvri?res et lui, il n'avait encore touché a aucune.
- Eh bien ! mademoiselle Euphrasie, vous tairez-vous ? C'est indécent... Vous aurez vingt sous d'amende, et si je vous entends encore, je vous mets a pied pour huit jours.
Saisie, la jeune fille s'était retournée. Étouffant de rage, elle jeta un coup d'?il terrible a sa s?ur, qui aurait bien pu la prévenir. Mais celle-ci continuait a sourire, de son air discret de belle fille désirable, regardant le maître en face, comme certaine de n'avoir plus rien a en redouter. Leurs yeux se rencontr?rent, s'oubli?rent deux secondes les uns dans les autres ; et il reprit, les joues colorées, s'adressant a toutes :
- D?s que la surveillante tourne le dos, vous jacassez, vous vous querellez. Méfiez-vous, ou vous aurez affaire a moi !
Moineaud, le p?re, avait assisté a la sc?ne, impassible, comme si les deux ouvri?res, celle que le patron punissait, et l'autre, celle qui le regardait sournoisement, n'étaient pas ses filles. La tournée continua, les trois hommes quitt?rent l'atelier des femmes, au milieu d'un silence de mort, dans l'unique ronflement des petites meules.
En bas, lorsque la difficulté d'ajustage fut vaincue et que l'ouvrier eut des ordres, Beauch?ne remonta dans ses appartements, en emmenant Mathieu, qui voulait faire, a Constance, l'invitation dont Marianne l'avait chargé. Une galerie réunissait les bâtiments noirs de l'usine a l'hôtel luxueux du quai. Et ils trouv?rent Constance dans un petit salon tendu de satin jaune, qu'elle affectionnait, assise pr?s d'un canapé, sur lequel était allongé Maurice, le fils unique adoré, qui venait d'avoir sept ans.
- Est-ce qu'il est souffrant ? demanda Mathieu.
L'enfant avait l'air fort, d'une grande ressemblance avec son p?re, les mâchoires plus épaisses. Mais il était pâle, les paupi?res lourdes, lég?rement cernées. Et la m?re, " cet os ", une petite femme brune, sans teint, jaune et flétrie a vingt-six ans, le regardait d'un air d'égo?ste orgueil.
- Oh ! non, il n'est jamais malade, répondit-elle. Seulement, il se plaint des jambes. Alors, je le fais s'allonger, et j'ai écrit hier soir au docteur Boutan de passer ce matin.
- Bah ! cria Beauch?ne avec un gros rire, les femmes sont toutes les m?mes ! Un enfant qui est fort comme un Turc ! Ah ! je voudrais bien voir que ce gaillard-la ne f?t pas solide !
Justement, le docteur Boutan entra, un homme gros et court, d'une quarantaine d'années, avec des yeux tr?s fins dans sa figure épaisse, enti?rement rasée, qui exprimait une grande bonté. Tout de suite il examina l'enfant, le palpa, l'ausculta ; puis, de son air de bienveillance, sérieux pourtant :
- Non, non, il n'y a rien. C'est la croissance. Un enfant qu'un hiver de Paris a rendu un peu pâlot, et que vont remettre quelques semaines de grand air, passées a la campagne.
- Je le disais bien ! cria de nouveau Beauch?ne.
Constance avait gardé dans la sienne la petite main de son fils, qui, allongé de nouveau, refermait les paupi?res d'un air las ; et elle souriait, heureuse, agréable malgré sa face ingrate, quand elle voulait s'en donner la peine. Le docteur s'était assis, aimant a s'attarder, a causer dans les maisons amies. Accoucheur, soignant surtout les maladies des femmes et des enfants, il était le confesseur naturel, il savait tous les secrets, se trouvait comme chez lui dans les familles. C'était lui qui avait accouché Constance de ce fils unique, si gâté, et Marianne des quatre enfants qu'elle avait déja.
Mathieu, debout, avait attendu pour faire son invitation.
- Alors, dit-il, si vous devez partir prochainement pour la campagne, venez donc passer un dimanche a Janville. Ma femme serait si heureuse de vous avoir, de vous montrer notre campement !
Et il plaisanta sur le dénuement du pavillon écarté qu'ils occupaient, raconta qu'ils n'avaient encore qu'une douzaine d'assiettes et cinq coquetiers. Mais Beauch?ne connaissait le pavillon, car il chassait par la tous les hivers, il avait une part dans la location des vastes bois, dont le propriétaire avait mis la chasse en actions.
- Vous savez bien que Séguin est mon ami. J'y ai déjeuné, dans votre pavillon. C'est une masure.
A son tour, Constance, que l'idée d'une telle pauvreté rendait moqueuse, se rappela ce que madame Séguin, Valentine, comme elle la nommait, lui avait dit du délabrement de cet ancien rendez-vous de chasse. Le docteur, qui écoutait en souriant, intervint.
- Madame Séguin est une de mes clientes. Lors de ses derni?res couches, je lui avais conseillé d'aller l'habiter, ce pavillon. L'air y est admirable, les enfants doivent pousser la comme du chiendent.
Du coup, avec son rire sonore, Beauch?ne reprit sa plaisanterie ordinaire.
- Ah bien ! mon cher Mathieu, méfiez-vous ! a quand votre cinqui?me ?
- Oh ! dit Constance d'un air offensé, ce serait une vraie folie. J'esp?re que Marianne va s'en tenir la... Vraiment, cette fois, vous seriez sans excuse, sans pardon.
Et Mathieu entendait bien ce qu'ils voulaient dire tous les deux. Ils les prenaient, Marianne et lui, en dérision, en une pitié o? il entrait de la col?re, ne comprenant pas que, de gaieté de c?ur, on p?t se mettre ainsi dans la g?ne. La venue de leur derni?re, la petite Rose, avait déja tellement augmenté leurs charges, qu'ils avaient d? se réfugier a la campagne, au fond d'un taudis de pauvres. Et ils commettraient cette imprudence supr?me, d'avoir un enfant encore, eux sans rien, sans fortune, sans un pouce de bien au soleil !
- Puis, continua Constance, avec la pruderie de son éducation rigide, ça finirait par ?tre vraiment malpropre. Moi, quand je vois des gens qui traînent derri?re eux une bande d'enfants, ça me répugne, comme si je voyais une famille d'ivrognes. C'est pareil, c'est m?me plus sale.
Beauch?ne éclata d'un nouveau rire, bien que, la-dessus, il d?t ?tre d'un avis contraire. D'ailleurs, Mathieu restait tr?s calme. Jamais Marianne et Constance n'avaient pu s'entendre, elles différaient trop en toutes choses ; et il prenait gaiement les attaques, il évitait de se fâcher, pour ne pas en arriver a une rupture.
- Vous avez raison, dit-il simplement, ce serait une folie... Pourtant, si un cinqui?me doit venir, on ne peut gu?re le renvoyer d'o? il vient.
- Oh ! il y a des moyens ! cria Beauch?ne.
- Des moyens, répéta le docteur Boutan, qui écoutait de son air paterne, je n'en connais pas qui ne soient coupables et dangereux.
Beauch?ne se passionna, cette question de la natalité et de la dépopulation actuelle était une de celles qu'il croyait posséder a fond et qu'il tranchait volontiers en beau parleur. Il récusa d'abord Boutan, qu'il savait l'apôtre convaincu des familles nombreuses, le plaisantant, lui disant qu'un médecin accoucheur ne pouvait avoir, dans la mati?re, une opinion désintéressée. Puis, il sortit tout ce qu'il savait vaguement de Malthus, la progression géométrique des naissances et la progression mathématique des subsistances, la terre peuplée et réduite a la famine en moins de deux si?cles. C'était la faute des pauvres, s'ils mouraient de faim : ils n'avaient qu'a se restreindre, a ne faire que le nombre d'enfants qu'ils pouvaient nourrir. Les riches, qu'on accusait faussement de malfaisance sociale, loin d'?tre responsables de la mis?re, étaient au contraire les seuls raisonnables, ceux qui, en limitant leur famille, faisaient acte de bons citoyens. Et il triomphait, répétait qu'il n'avait rien a se reprocher, que sa fortune, toujours grossie, lui laissait la conscience tranquille : tant pis pour les pauvres, s'ils voulaient rester pauvres ! Vainement, le docteur lui répondait que l'hypoth?se de Malthus était désormais ruinée, que ses calculs portaient sur l'accroissement possible et non sur l'accroissement réel ; vainement, il lui prouvait que la crise économique actuelle, la mauvaise distribution des richesses, sous le régime capitaliste, était l'exécrable et unique cause de la mis?re, et que, le jour o? le travail serait justement réparti, la terre féconde nourrirait a l'aise une humanité décuplée et heureuse : l'autre se refusait a rien entendre, s'installait béatement dans son égo?sme, en déclarant que tout cela ne le regardait pas, qu'il était sans remords d'?tre riche, et que ceux qui avaient envie d'?tre riches, n'avaient en somme qu'a faire comme lui.
- Alors, c'est la fin raisonnée de la France, n'est-ce pas ? dit Boutan avec malice. Le chiffre des naissances, en Angleterre, en Allemagne, en Russie, monte toujours, tandis qu'il baisse effroyablement chez nous. Nous ne sommes déja plus, par le nombre, qu'a un rang tr?s inférieur en Europe ; et le nombre, aujourd'hui, c'est plus que jamais la puissance. On a calculé qu'il faut une moyenne de quatre enfants par famille, pour que la population progresse, détermine et maintienne la force d'une nation. Vous n'avez qu'un enfant, vous ?tes un mauvais patriote.
Hors de lui, Beauch?ne s'emporta, s'étrangla.
- Moi, un mauvais patriote ! moi qui me tue de travail, moi qui vends des machines m?me a l'étranger !... Certes, oui, j'en vois autour de moi, des familles, des connaissances a nous, qui peuvent se permettre d'avoir quatre enfants ; et j'accorde que celles-la sont bien coupables, quand elles ne les ont point... Mais moi, mon cher, moi, je ne peux pas ! vous savez bien que, dans ma situation, je ne peux absolument pas !
Et il exposa pour la centi?me fois ses raisons, il raconta comment l'usine avait failli ?tre dépecée, anéantie, parce qu'il avait eu l'ennui d'avoir une s?ur. Sérafine s'était conduite abominablement : la dot d'abord, puis le partage exigé, a la mort de leur p?re, l'usine sauvée par un sacrifice d'argent considérable, qui en avait compromis longtemps la prospérité. Et l'on s'imaginait qu'il allait recommencer l'imprudence de son p?re, courir le risque de donner un fr?re ou une s?ur a son petit Maurice, pour que celui-ci se retrouvât dans l'embarras mortel o? le patrimoine aurait pu sombrer ! Non, non ! il ne l'exposerait pas a un partage, puisque la loi était mal faite. Il le voulait maître unique de cette fortune qu'il tenait de son p?re, et que lui-m?me lui transmettrait décuplée. Il r?vait pour lui la supr?me richesse, la colossale fortune qui, seule aujourd'hui, assure le pouvoir.
Constance, qui n'avait pas lâché la main de l'enfant, au pâle visage, s'était remise a le contempler avec une passion d'orgueil extraordinaire, cet orgueil de la fortune chez l'industriel et le financier, aussi âpre et combattif que l'orgueil du nom chez l'ancien noble. Lui seul, et pour qu'il f?t roi, un de ces princes de l'industrie, maîtres du monde nouveau !
- Va, mon mignon, sois tranquille, tu n'auras ni fr?re ni s?ur, nous sommes bien d'accord la-dessus. Et, si le papa s'oubliait, la maman est la qui veillerait.
Ce mot rendit toute sa grosse gaieté a Beauch?ne. Il savait sa femme plus t?tue que lui, plus résolue a limiter la famille. Lui, brutal et joyeux, décidé a se faire la vie bonne, fraudait assez maladroitement dans l'alcôve conjugale, allait au dehors pour le reste ; et peut-?tre le savait-elle, tolérante, fermant les yeux sur ce qu'elle ne pouvait emp?cher.
A son tour, il se baissa pour embrasser l'enfant.
- Tu entends, Maurice ? C'est bien vrai, ce que dit maman : nous n'irons pas en chercher un autre dans le chou.
Et, se tournant vers Boutan :
- Vous savez, docteur, que les femmes ont des petits moyens a elles.
- Hélas ! dit doucement celui-ci. J'en ai soigné une derni?rement, qui en est morte.
D?s lors, ce fut, chez Beauch?ne, du fou rire ; tandis que Constance, blessée, affectait de ne pas comprendre. Et Mathieu, qui s'était abstenu d'intervenir, restait grave, car cette question de la natalité lui semblait effrayante, passionnante, la question m?re, celle qui décide de l'humanité et du monde. Il ne s'est pas fait un progr?s, sans que ce soit un exc?s de la natalité qui l'ait déterminé. Si les peuples ont évolué, si la civilisation a grandi, c'est qu'ils se sont multipliés d'abord, pour se répandre ensuite par toutes les contrées de la terre. Et l'évolution de demain, la vérité, la justice, ne sera-t-elle pas nécessitée de nouveau par cette poussée constante du plus grand nombre, la fécondité révolutionnaire des travailleurs et des pauvres ? Toutes ces choses, il ne se les disait pas nettement, il se sentait un peu honteux de ses quatre enfants déja, troublé par les conseils d'évidente prudence que les Beauch?ne lui donnaient. Mais sa foi en la vie luttait, sa croyance que le plus de vie possible doit amener le plus possible de bonheur. Un ?tre ne naît que pour créer, pour transmettre et propager de la vie. Et il y a aussi la joie de l'organe, du bon ouvrier qui a fait sa tâche.
- Alors, Marianne et moi, nous comptons sur vous, a Janville, l'autre dimanche ?
Il n'eut pas encore de réponse, un domestique entrait dire qu'une femme, avec un enfant au bras, désirait parler a madame. Et Beauch?ne, ayant reconnu la femme de Moineaud, l'ouvrier mécanicien, la fit entrer. Boutan, qui s'était levé, resta curieusement.
La Moineaude était une femme grosse et courte, comme son mari, d'une quarantaine d'année, usée avant l'âge, avec une face grise, des yeux troubles, des cheveux rares et décolorés, une bouche molle o? beaucoup de dents manquaient déja. Ses nombreuses couches l'avaient déformée, et elle s'abandonnait.
- Eh bien ! ma brave femme, que voulez-vous ? demanda Constance.
Mais la Moineaude restait effarée, g?née par tout ce monde, qu'elle ne devait pas s'attendre a rencontrer la. Elle se taisait, ayant bien compté trouver madame seule.
- C'est votre dernier ? lui demanda Beauch?ne, en regardant l'enfant qu'elle avait sur le bras, bl?me et chétif.
- Oui, monsieur, c'est mon petit Alfred, il a dix mois et j'ai d? le sevrer, parce que le lait ne venait plus... Avant celui-la, il y en a eu neuf autres, dont trois sont morts. Mon aînée, Eug?ne, est militaire, la-bas, au diable, au Tonkin. Vous avez a l'usine mes deux grandes filles, Norine et Euphrasie. Et il m'en reste trois a la maison, Victor, qui a quinze ans, puis Cécile et Irma, dix ans et sept ans... Alors, ça s'est arr?té, j'ai bien cru que c'était fini d'en pondre plus souvent qu'a mon tour. J'étais contente. Mais voila que ce gosse est encore venu... A quarante ans, si c'est permis ! Il faut que le bon Dieu nous ait abandonnés, mon pauvre mari et moi.
Un souvenir égaya Beauch?ne.
- Vous savez ce qu'il dit votre mari ? Il dit que ce n'est pas lui, que c'est vous qui les faites, les enfants.
- Ah ! oui, il plaisante. Pour ce que ça lui co?te d'en faire !... Moi, vous comprenez, j'aimerais autant autre chose. J'en ai eu la terreur, dans les premiers temps. Mais, que voulez-vous ? il faut bien se soumettre, et je cédais, je n'avais pas envie naturellement que mon homme allât voir d'autres femmes. Puis, il n'est pas méchant, il travaille, il ne boit pas trop, et quand un homme n'a que ça pour plaisir, ce serait vraiment malheureux, n'est-ce pas ? que sa femme le contrarie.
Le docteur Boutan intervint, pour poser une question, de son air tranquille.
- Vous ne saviez donc pas que, m?me en s'amusant, on peut prendre des précautions ?
- Ah ! dame, monsieur, ça n'est pas toujours commode. Les soirs o? un homme rentre un peu gai, apr?s avoir bu un litre avec les camarades, il ne sait pas trop ce qu'il fait. Et puis, Moineaud dit que ça lui gâte son plaisir.
D?s lors, ce fut le docteur qui l'interrogea, en évitant de regarder les Beauch?ne. Mais sa malice souriait dans ses petits yeux, et il était visible qu'il s'amusait a reprendre les raisonnements de l'usinier contre la fécondité trop grande. Il affectait de se fâcher, de reprocher ses dix enfants a la Moineaude, des malheureux, de la chair a canon ou a prostitution, lui déclarant que, si elle était misérable, c'était bien sa faute ; car, lorsqu'on veut faire fortune, on ne va pas s'embarrasser d'une séquelle d'enfants. Et la pauvre femme répondait tristement qu'il avait bien raison ; mais l'idée ne pouvait pas m?me leur venir de faire fortune, Moineaud savait qu'il ne serait jamais ministre ; et, alors, ça ne faisait ni chaud ni froid, d'avoir sur les bras plus ou moins d'enfants ; ça aidait m?me, d'en avoir beaucoup, quand les enfants étaient en âge de travailler.
Devenu muet, Beauch?ne se promenait a pas lents. Un embarras, un malaise grandissait, et Constance se hâta de reprendre :
- Enfin, ma brave femme, que puis-je faire pour vous ?
- Mon Dieu ! madame, je suis bien ennuyée... C'est une chose que Moineaud n'a pas osé demander a monsieur Beauch?ne. Moi-m?me, j'espérais vous trouver seule et vous prier d'intercéder pour nous... Voila, nous vous aurions une tr?s grande, tr?s grande reconnaissance, si l'on voulait bien prendre notre petit Victor a l'usine.
- Mais il n'a que quinze ans, dit Beauch?ne. Attendez qu'il en ait seize, la r?gle est formelle.
- Sans doute. Seulement, on pourrait peut-?tre mentir un petit peu. Cela nous rendrait un si grand service.
- Non, c'est impossible.
De grosses larmes parurent dans les yeux de la Moineaude. Et Mathieu, qui écoutait passionnément, fut bouleversé. Ah ! cette misérable chair a travail qui venait s'offrir, sans attendre d'?tre m?re pour l'effort ! l'ouvrier qui veut mentir, que la faim oblige a se mettre contre la loi qui le prot?ge !
Lorsque la Moineaude fut partie, désespérée, le docteur continua, sur le travail des enfants et des femmes. D?s les premi?res couches, une femme ne peut rester a l'usine : la grossesse, l'allaitement, la clouent au logis, sous peine de dangers graves pour elle et pour le nourrisson. Et, quant a l'enfant, il reste anémié, estropié souvent, sans compter que son embauchement a prix réduit est une cause injuste de la baisse des salaires. Puis, il revint sur la fécondité de la mis?re, sur le pullulement dans les basses classes, qui n'ont rien a risquer, rien a ambitionner. N'est-ce pas la natalité la plus exécrable, celle qui multiplie a l'infini les meurt-de-faim et les révoltés ?
- Je vous entends bien, finit par dire sans se fâcher Beauch?ne, en arr?tant brusquement sa promenade, qu'il avait reprise. Vous voulez me mettre en contradiction avec moi-m?me, me faire confesser que j'accepte les sept enfants de Moineaud, et que j'ai besoin d'eux, tandis que, moi, avec ma volonté formelle de m'en tenir a un fils unique, je mutile la famille pour ne pas mutiler la propriété. La France, le pays des fils uniques, comme on la nomme maintenant, n'est-ce pas ?... Eh bien ! oui, c'est vrai. Mais, mon cher, la question est si complexe, et combien j'ai raison au fond !
Alors, il voulut s'expliquer, il se tapa de nouveau sur la poitrine, en criant qu'il était libéral, démocrate, pr?t a réclamer tous les progr?s sérieux. Il reconnaissait volontiers qu'il fallait faire des enfants, que l'armée avait besoin de soldats et les usines d'ouvriers. Seulement, il invoquait aussi les devoirs de prudence des hautes classes, il raisonnait en riche, en conservateur qui s'immobilise dans la fortune acquise.
Et Mathieu finit par comprendre la vérité brutale : le capital est forcé de créer de la chair a mis?re, il doit pousser quand m?me a la fécondité des classes salariées, afin d'assurer la persistance de ses profits. La loi est qu'il faut toujours trop d'enfants, pour qu'il y ait assez d'ouvriers a bas prix. En outre, la spéculation sur le salariat ôte toute noblesse au travail, qui est regardé comme le pire des maux, lorsqu'il est en réalité le plus précieux des biens. De sorte que tel est le chancre dévorant. Dans les pays d'égalité politique et d'inégalité économique, le régime capitaliste, la richesse iniquement distribuée, exasp?re et restreint a la fois la natalité, en viciant de plus en plus l'injuste répartition : d'un côté, les riches a fils unique dont l'ent?tement a ne rien rendre accroît sans cesse la fortune ; de l'autre, les pauvres dont la fécondité désordonnée émiette sans cesse le peu qu'ils ont. Que demain le travail soit honoré, qu'une juste distribution de la richesse se produise, l'équilibre naîtra. Autrement, la révolution est au bout, et de la viennent et s'aggravent a chaque heure les grondements, les craquements qui secouent la vieille société, dont l'échafaudage pourri s'effondre.
Mais Beauch?ne, triomphant, se faisait d'esprit tr?s large, reconnaissait la marche inquiétante de la dépopulation, dénonçait les causes, l'alcoolisme, le militarisme, la mortalité des nouveau-nés, d'autres encore, fort nombreuses. Puis, il indiquait les rem?des, des réductions d'impôts, des moyens fiscaux auxquels il ne croyait gu?re, la liberté testamentaire plus efficace, la révision de la loi sur le mariage, sans oublier la recherche de la paternité.
Boutan finit par l'interrompre.
- Toutes les mesures ne feront rien. Ce sont les m?urs qu'il s'agit de changer, et l'idée de morale, et l'idée de beauté. Si la France se dépeuple, c'est qu'elle le veut. Il faut donc, simplement, qu'elle ne le veuille plus. Mais quelle besogne, tout un monde a refaire !
Mathieu, gaiement, eut un cri superbe :
- Eh bien ! nous le referons, j'ai bien commencé, moi !
Constance, riant d'assez mauvaise grâce, répondit enfin a son invitation, en lui disant qu'elle serait heureuse de s'y rendre, mais qu'elle craignait de ne pouvoir disposer d'un dimanche pour aller a Janville. Avant de partir, Boutan vint donner une lég?re tape amicale sur la joue de Maurice, qui, apr?s avoir sommeillé au bruit de la discussion, rouvrait ses lourdes paupi?res. Et Beauch?ne eut une derni?re plaisanterie :
- Alors, tu as entendu, Maurice, c'est une chose décidée... Maman ira demain au marché acheter le chou, et tu auras une petite s?ur.
Mais l'enfant cria, se mit a pleurer.
- Non, non, je ne veux pas !
D'un mouvement passionné, dans sa froideur de femme rigide et sage, Constance le saisit, lui baisa les cheveux.
- Non, non, mon chéri ! Tu vois bien que papa plaisante... Jamais, jamais, je te le jure !
Beauch?ne accompagnait le docteur. Il continuait de plaisanter, heureux de vivre, content de lui et des autres, dans la certitude d'arranger l'existence au mieux de ses plaisirs et de ses intér?ts.
- Au revoir, docteur. Sans rancune... Et puis, dites donc, quand on en veut un, il est toujours temps de refaire un enfant ?
- Pas toujours ! répondit Boutan, qui sortait.
Le mot tomba, net et tranchant, pareil a un coup de hache. Et la m?re, qui avait pris l'enfant sur elle, le remit debout, en lui disant d'aller jouer.
Une heure plus tard, comme midi était sonné depuis quelques minutes, et que Mathieu, attardé dans les ateliers, remontait pour prendre Morange, ainsi qu'il le lui avait, promis, il eut l'idée de raccourcir, en traversant l'atelier des femmes. Et la, dans la vaste salle, déja vide, déserte et silencieuse, il tomba sur une sc?ne inattendue, qui le stupéfia. Norine, restée la derni?re sous un prétexte, se pâmait, la t?te renversée, les yeux noyés, tandis que Beauch?ne, qui l'avait saisie violemment, a bras-le-corps, lui écrasait les l?vres sous les siennes. C'était le mari fraudeur, le mâle affamé, et qui portait ailleurs la semence. Ils eurent un chuchotement, sans doute quelque rendez-vous donné. Puis, ils virent Mathieu, ils rest?rent saisis. Et lui se sauva, fort ennuyé du secret qu'il venait de surprendre.
II.
Morange główny buchalter, był człowiekiem lat trzydziestu ośmiu, lecz był już łysy, siwiejący. Brodę miał ciemną, nosił ją szeroko, wachlarzowato przystrzyżoną i był dumny z jej piękności. Oczy miał okrągłe, przejrzyste, nos prosty, usta ładnie zarysowane, chociaż nieco zawielkie, w młodych latach uchodził za urodziwego młodzieńca. Niezmiernie dbał o swoją powierzchowność, ubierał się stara ni; zawsze w cylindrze na ulicy, miał typowy wygląd przyzwoitego urzędnika.
- Jeszcze nie byłeś w naszem nowem mieszkaniu - rzekł do Mateusza, idąc obok niego chodnikiem. - Bardzo miłe mieszkanie, zobaczysz! Mamy wygodną sypialnię, Regina ma swój pokój" a przy tem blizko od zakładu, cztery minuty drogi, już nieraz to sprawdziłem, patrząc na zegarek.
Morange był synem drobnego handlowego urzędnika, któóry umarł przy biurku po czterdziestu latach ślęczenia nad rachunkowemi księgami. Po śmierci ojca ożenił się z Waleryą Duchemin, także córką urzędnika, który miał aż cztery córki, wychowane nieledwie że w ubóstwie i przywykłe do słyszenia swarów pomiędzy rodzicami, zgorzkniałymi ciągłym niedostatkiem. Walerya była najstarszą, a będąc ładną, znalazła sobie męża, który zakochawszy się w niej, nie uważał na brak posagu. Marzeniem Waleryi było rozwija nie ambicyi w małżonku, osądziła bowiem, że jako człowiek zdolny i pracowity powinien dojść do stanowiska dozwalającego jej zerwać ze światem drobno urzędniczym. Z góry postanowiła, że jej syn będzie adwokatem, albo doktorem, ale spotkał ją zawód, bo urodziła córkę. Drżeć poczęła na myśl, że może jak matka będzie miała kilka córek z rzędu. Obawą powodowana zdecydowała się poprzestać tylko na jednem dziecku, popychać męża ku zdobyciu dobrej posady, by uzbierawszy posag dla Reginy, wydać ją świetnie zamąż i tym sposobem znaleść wreszcie wstęp do wyższej towarzyskiej sfery, co było jej najnamiętniejszem pragnieniem. Morange był uległego usposobienia, a będąc zakochanym w swojej żonie, podzielał wszystkie jej zapatrywania i równie gorąco jak ona, roił plany zdobycia jaknajświetniejszej przyszłości. Od ośmiu lat był buhalterem w zakładzie Aleksandra Beauch?ne i pobierał teraz pięć tysięcy franków rocznej pensyi, ale to uiezadawaliło pożądań tak jego, jak żony, bo nie przedstawiało możliwości dojścia do majątku.
Gdy uszli z jakie dwieście metrów po bulwarze Grenelle, Morange zawołał;
- Widzisz ten nowy dom na rogu ulicy?... Tam obecnie mieszkamy. Prawda, że wygląda jak pałac?
Mateusz spojrzał na wysoki dom z balkonami i rzeźbieniami, które go wyróżniały od nizkich starych dworków ubogiej dzielnicy. Dla sprawienia przyjemności koledze rzekł:
- Tak, rzeczywiście, jest wspaniały, jak pałac!
- To jeszcze nic, zapewniał rozpromieniony Morange. Zobaczysz wejście, wschody... Mieszkamy co prawda na piąłem piętrze... ale idąc po takich schodach, nie czuje się zmęczenia!
Weszli do sieni, na którą Morange spoglądał jak na mury najwspanialszej świątyni. Ściany wyłożone stiukiem połyskiwały, dywan leżał na schodach, a w oknach były witraże. Gdy stanęli na piątem piętrze, otworzył drzwi swoim kluczem i wprowadzając Mateusza, powtarzał, mrugając znacząco:
- Zobaczysz dalej... zobaczysz... to nie koniec...
Walerya i Regina niezawodnie wyczekiwały ich przybycia. Przybiegły się witać. Walerya miała lat trzydzieści dwa, wyglądała bardzo młodo i była rzeczywiście ładna - brunetka, o twarzy okrągłej, ponętnie uśmiechniętej i otoczonej bujnemi, falistemi włosami, była może zbyt bogatych kształtów figury, lecz ramiona miała niezwykle piękne i Morange dumnym był, patrząc na swoją żonę w wyciętej sukni. Regina miała lat dwanaście i była uderzająco podobna do matki, ta sama twarz, tylko nieco ściąglejsza, uśmiechała się z pod takich samych, ciemnych włosów.
- Serdecznie jestem panu wdzięczna za stawienie się na nasze zaprosiny, mówiła z ożywieniem, podając do uścisku obie ręce gościowi. Jaka szkoda, że pani Froment nie może odstąpić swoich dzieci. Regino, poproś pana, by ci powierzył swój kapelusz.
Po chwili dalej mówiła:
- Jak pan widzi, mamy przedpokój bardzo widny... Jeżeli pan zezwoli, to podczas gdy jaja na mięko dojdą w ukropie, pokażę całe nasze mieszkanie.. Trzeba, aby pan je poznał... i wiedział, jak urządziliśmy się na nowej siedzibie...
Wszystko to było powiedziane z miłym uśmiechem, z zachwyconemi, jak zwykle potakiwaniami męża; Mateusz więc bardzo chętnie się zgodził, by dogodzić próżności popisującej się z mieszkaniem parze małżonków. Wprowadzono go do salonu, który stanowił róg domu i był wyklejony perłowo-szarym papierem w złote kwiaty, tandetnie zmeblowany w stylu Ludwika XIV biało lakierowanemi sprzętami, wśród których palisandrowy fortepian, odbijał ciężką, czarną plamą. Pokój Reginy był obok, cały blado niebieski z panieńskiemi mebelkami z werniksowanego bambusu. Sypialnia rodziców była po za salonem i jadalnią, na drugim końcu mieszkania. Był to ciasny pokój, w którym łóżko, lustrzana szafa i stół tualetowy ledwie się mieściły. W jadalni meble były dębowe a nad stołem przygotowanym do śniadania, połyskiwała złocona lampa, rażąc nowością taniego bronzu.
- Ślicznie urządzone mieszkanie! ślicznie! - powtarzał Mateusz, chcąc się okazać grzecznym.
Ojciec, matka i córka, podnieceni temi pochwałami, oprowadzali go powtórnie, dając bliższe objaśnienia, pokazując każdą rzecz zosobna. Mateusz dziwił się w myśli, że chociaż to wszystko po raz pierwszy oglądał, doznawał wrażenia jakby to już widział, zwłaszcza w salonie go to za stanowiło. Nagle wpadł na trop właściwy: państwo Moraoge pragnęli mieć dom urządzony na podobieństwo zbytkownych salonów państwa Beauch?ne, których bogactwo wzbudzało w nich poszanowanie połączono z głuchą zazdrością. Jako ludzie ubodzy mogli się puścić tylko na niedołężne naśladownictwo i otoczyć się zbytkiem złego gatunku, chociaż i ta względna taniość tandeciarskich mebli musiała ich ogołocić ze wszystkich oszczędności, jakie zdołali uciułać. Ale głębokie zadowolenie malowało się na ich twarzach, rozglądając się po własnem mieszkaniu, wyobrażali sobie, że ich otacza zbytek przypominający salony wyższej towarzyskiej sfery, ku której z upragnieniem chcieli się zbliżyć.
- A prócz tego, mamy jeszcze to! - rzekł Morangę, otwierając okno w stołowym pokoju.
Balkon otaczał całą długość mieszkania na zewnątrz. Z wysokości piątego piętra widok był rzeczywiście piękny na Sekwanę, na wzgórza Passy, był to ten sam widok co z pałacyku Beauch?ne ale znacznie rozleglejszy.
Walerya dała to do zrozumienia:
- Wspaniała panorama co? O wiele wspanialsza aniżeli z pierwszego piętra, bo tam drzewa nadbrzeża wszystko zasłaniają!
Służąca przyniosła jaja na mięko, więc zajęto miejsca przy jadalnym stole, a Morange uszczęśliwiony, że olśnił gościa, objaśniał, że komorne wynosiło tysiąc sześćset franków rocznie. Było to bardzo tanio, chociaż ta suma silnie obciążała budżet domowy; Mateusz zaczął spostrzegać, że go zaproszono na śniadanie wyłącznie w celu popisania się z nowem mieszkaniem i bawił się uszczęśliwiony minami małżonków, pyszniących się przed nim zbytkownością swojej instalacyi. Nie pojmował tego rodzaju przyjemności dla siebie, bo nigdy niczego nikomu nie zazdroszcząc, czuł się szczęśliwy w prostocie swego życia z Maryancą i z dziećmi, dziwił się więc w myśli, jak mogą ludzie tyle trudu sobie zadawać, by żyć na pokaz. Patrzał na Waleryę uśmiechnięty, ale nieco smutny. Miała ona na sobie fularową suknię w żółte kwiatki, a Regina, którą lubiła stroik, była ubrana niebiesko. Śniadanie również mu się wydało za wystawne: po jajach na mięko były ryby, a potem kotlety, szparagi na jarzynę. Rozmawiano teraz o Janville i rodzinie Mateusza.
- A więc wszystkie dzieci są zdrowe? - pytała Walerya. Śliczne są te dzieciaczki! Szczęśliwi państwo jesteście, że mieszkacie na wsi! Ale wyznam, że ja bym się nudziła w tak ustronnem zakątku, tam przecież żadnej nie ma rozrywki? Ale z wizytą pojechać do Janville bardzo nam będzie przyjemnie i szczerze dziękuję pani Froment za jej zaprosiny.
Ale znów zaczęła się rozmowa o familii Beauch?ne. Państwo Morange bezustannie się zajmowali szczegółami życia w pałacyku swego pryncypała, podziwiając wszystko, ale zarazem i krytykując z zawistną zazdrością. Walerya, dumną będąc z zaprosin Konstancy i, bywała u niej we wszystkie jej soboty, była nawet parę razy zatrzymana na obiad i odtąd postanowiła mieć dzień przyjęcia u siebie, obrała na to środy i rujnowała się na zakupy ciastek do herbaty. Lecz z większym jeszcze zachwytem Walerya mówiła o pani Seguin du Hordel, mieszkającej we wspaniałym pałacu przy alei d'Autin, a u której była raz na balu, uzyskawszy zaprosiny za pośrednictwem Konstancyi. Ale najchętniej przechwalała się przyjacielskim stosunkiem z Serafiną, którą zwykle tytułowała panią baronową de Łowicz.
- Była u mnie nawet w jedną środę... pani baronowa de Lowicz jest wyjątkowo dobra i miła! Pan ją pamięta z jej panieńskich czasów? bo po zamążpójściu długo nie bywała w domu brata z powodu owych nieszczęśliwych spraw pieniężnych. Wreszcie pani baronowa nigdy nie sympatyzowała z panią Beauchó?ne...
Wspomniawszy o tej ostatniej, zaczęła o niej mówić, o Maurycym, że chociaż jest tłustem dzieckiem, ma cerę niezdrową, dając przytem do zrozumienia, jak wielkiem byłoby nieszczęściem dla rodziców stracić tego jedynego syna. Nieoględnie postępują nie starając się o danie ma brata. Udawała, że zwierzano jej różne tajemnice, zatem wie, że żona jeszcze zawziętszą jest od męża w ostrożności, by nie mieć więcej potomstwa. Zaczęła mrugać znacząco oczyma, że nie może mówić o tem wyraźniej ze względu na obecność Reginy, która tymczasem niewinnie wpatrywała się w swój talerz. To nie przeszkodziło Waleryi opowiedzieć, że ma przyjaciółkę, która nie życzy sobie mieć dzieci, podczas gdy mąż tego pragnie, zatem po za jego wiedzą stara się o postawienie na swojem.
- Ale zdaje mi się, że i państwo staracie się o niepowiększenie familii - rzekł z uśmiechem Mateusz.
- My to co innego! - zawołał Morange. - My nie mamy majątku państwa Beauch?ne. Niech mi dadzą swój zakład, swoje stanowisko, a zgodzę się mieć całą gromadę bębnów!
- Zbyt wielką mielibyśmy obawę mieś jeszcze jedną córkę! - odezwała się Walerya przejęta dreszczem. Gdyby można mieć pewność, że urodzi się nam chłopiec, to może wzięła by nas pokusa. Ale obawiam się, że mam naturę mojej matki, i że rodziłabym tylko dziewczyny. Moja biedna matka ma ich aż cztery! Pan nie może sobie wyobrazić, jakie to jest okropne!
Przymknęła oczy i sięgnęła pamięcią do lat ubiegłych, widziała ubogie, ciasne mieszkanie swoich rodziców i cztery ich córki całemi miesiącami wyczekujące na nowe trzewiki, na świeży kapelusz, na suknię, a gdy dorosły ciągłe ich umartwienie, że nie znajdą mężów. Chcąc mieć córki, trzeba je mieć czem wyposażyć. Po namyśle dodała:
- Nie, nie! Rozsądek nam wzbrania obciążać nasze położenie. Nie mając majątku, a pragnąc go się dorobić, zbrodnią byłoby płodzenie dzieci. Nie wiem, o ile pan o tem wie, ale jestem bardzo ambitna i najmocniej jestem przekonana, że mój mąż, jeżeli zechce mnie słuchać, to może dojść do wysokiego stanowiska. A więc na myśl, że mogłabym mu w tem przeszkodzić, obsypując go dziećmi, wzdrygam się z przerażenia, nie chcę iść śladami mojej matki, która, mając cztery córki, stała się kulą a nogi nieszczęśliwemu mojemu ojcu... Zaś my, mając tylko jedną Reginę, mam nadzieję, że uzbieramy dla niej posag i sami dostatnio żyć będziemy.
Morange ze wzruszeniem popatrzył na żonę i pocałował ją w rękę. Sam będąc słabego charakteru w niej czerpał energię, za jej przykładem stał się ambitny i tem więcej ją miłował.
- Rzadko kto ma taką żonkę jak moja! Bo u niej jest nie tylko rozum, ale i serce!
Walerya zaczęła snuć plany przyszłość. Gdy dojdą do majątku, będą mieli jeszcze daleko obszerniejsze i ładniejsze mieszkanie, będą bywać w świecie i dawać przyjęcia i będą jak państwo Beauch?ne spędzać parę miesięcy nad morzem. Mateusz, patrząc teraz na nieb, zastanawiał się. Ci roją o świetnej przyszłości, nie tak jak ojciec Moineaud, który z góry wie, że nigdy do majątku i do znaczenia nie dojdzie, że nigdy nie będzie ministrem! A może Morange przypuszcza, że żona wykieruje go na ministra? We francuzkiej demokratycznej republice, każdy najdrobniejszy burżua, wiedząc że może, chce wyróść: więc wszyscy tłumnie dążą ku wyższem stanowiskom, jeden po ciele drugiego depcze, byle wspiąć się o stopień wyżej. Ta ogólna żądza wyniesienia się jest naturalnem zjawiskiem w kraju, gdzie obok równości politycznej panuje nierówność ekonomiczna. Wszyscy mają możność dojść do majątku, ale trzeba go zdobyć; ztąd powstaje zawzięta walka wszystkich podnieconych egoizmów, bo każdy z nich pożąda swojej szczęśliwości zasadzającej się na używaniu bogactw, których widok stanowi bezustanną podnietę. Konstytucya demokratyczna powinna iść w parze z prostotą obyczajów i z możliwą równością materyalną.
Inaczej zaś jest nadmiar kandydatów w profesyach liberalnych, walka w zdobywaniu urzędów publicznych, pogarda względem pracy ręcznej, nadmiar wysiłku dla pozyskania dobrobytu, zbytku, stanowiska, z wyłącznym celem łakomego lubowania się w używaniu. I jak słusznie powiedziała Walerya, nie można się obciążać dziećmi, mając żądzę zdobycia majątku, trzeba być lekkim w pościgu, okrutnym jak wojna, gdy podczas bitwy każda jednostka, dbając o swoje tylko dobro, po trupach innych dosięga zwycięztwa.
Mateusz myślał także nad niedorzecznością potrzeby naśladownictwa, któremu ulegają najbiedniejsi w chęci kopiowania bogatszych. Ileż niedostatku, niewygody, wysiłku w tak marnym celu, jak udawanie pożądanego wystawniejszego życia! Dla zaspokojenia zachcianek dyktowanych przez próżność, ileż rzeczywistych potrzeb bywa pomijanych. Określenie, że chleba nie dostaje, nie dość ścisłe daje pojęcie o nędzy, bo ludziom dzisiejszym przedewszystkiem nie dostaje zbytku, wolą się głodzić, byle się nie wyrzec urojonej potrzeby pozorów, których zachowanie jest ustawiczną ich męczarnią.
Podczas deseru, gdy służąca wszystko postawiwszy odeszła, Morange zadowolony ze smacznego śniadania, stał się pochopnym do zwierzeń. Spojrzał na żonę i mrugnięciem wskazując gościa, rzekł:
- Jemu można zaufać, więc pomówmy z nim o naszych zamiarach.
A gdy Walerya zgodziła się, Morange zabrał głos zwróciwszy się w stronę Mateusza:
- Wiesz mój drogi, że może niedługo przestaniemy z sobą kolegować, może opuszczę zakład... Jeszcze nie ma nic straconego, ale ciągle o tem myślę... Od dawna, a zwłaszcza od kilku miesięcy. Zaraz ci powiem dla czego. W zakładzie pana Beauch?ne po ośmiu latach uciążliwej pracy doszłam do pięciu tysięcy franków dochodu, lecz cyfra ta już się nie zwiększy, a przynajmniej nie o wiele... zatem na stanowisku, jakie dziś zajmuję, nigdybym nie zdołał uzbierać majątku, więc przyszłość moja byłaby zwichnięta.
- Tak, byłaby zwichnięta - zawołała z mocą Walerya. - Zatem byłoby potwornem, gdyby mój mąż nie postarał się o inne stanowisko. Lepiej sobie głowę rozbić o mur, aniżeli wyrzec się dojścia do czegoś odpowiedniejszego z naszemi pragnieniami.
- Jak widzisz, moja żona życzy sobie, bym opuścił zakład, zacząłem więc rozglądać się za czem innem. Czy pamiętasz Michaud'a?... tego młodego, inteligentnego urzędnika, który przed sześciu laty był moim pomocnikiem? Otóż Michaud zaraz potem wstąpił jako urzędnik do banku Kredytu Narodowego i czy wiesz, ile obecnie zarabia. Dwanaście tysięcy franków, słyszysz? Dwanaście tysięcy franków rocznej pensyi!
Dwukrotnie powtórzona ta cyfra brzmiała, jak nawoływanie ku zdobyciu takiego stanowiska. Małżonkowie wsłuchiwali się w nią za każdym, razem i oczy się im zaokrąglały pożądliwością. Nawet Regina zwykle się czerwieniła, gdy przy niej o tem mówiono.
Morange po pauzie mającej wywołać efekt, mówił dalej:
- Na początku marca spotkałem się przypadkowo z Michaud, który mi to wszystko opowiedział, okazując mi przytem wiele życzliwości. Wreszcie doszło do tego, że mi zaproponował miejsce pod swoim zwierzchnictwem, tak, iż teraz nie ja jego, ale on mnie popychałby naprzód. Chętnie bym się zgodził na propozycyę Michaud'a, tylko powstrzymuje mnie pewna chwilowa trudność, oto na początek miałbym w Banku Kredytu Narodowego nie więcej jak trzy tysiące sześćset franków rocznej pensyi. Michaud zapewnia, że wkrótce zostałbym podwyższony, by dojść stopniowo do bardzo wysokiej cyfry... Ale trzy tysiące sześćset franków! jak żyć za taką sumę, zwłaszcza teraz z tem mieszkaniem!
Walerya mu przerwała, mówiąc gwałtownie:
- Kto się umie ryzykować, ten nigdy do niczego nie dochodzi! Ileż razy trzeba ci to powtarzać! Wiem, że trzeba się rządzić ostrożnością i nigdy cię nie popchnę ku nadwyrężeniu naszej przyszłości. Ale czyż mogę się zgodzić, byś swoje zdolności zagrzebywał w zakładzie pana Beauch?ne? Stanowisko, jakie tam zajmujesz nie jest dla ciebie odpowiednie... jesteś wart czegoś więcej.
- Więc państwo jesteście zdecydowani? - spytał Mateusz.
- Prawie, moja żona porobiła jut wszystkie obliczenia, i tak, jesteśmy zdecydowani, chyba, że zajdzie coś nieprzewidzianego. Wreszcie mamy jeszcze czas do namysłu, bo dopiero w październiku będzie wolna dla mnie posada w Banku... Ale prosimy ciebie o dochowanie nam tajemnicy, bo nie trzeba, aby Beauch?ne o tem wiedział, bardzo nam zależy być z nim obecnie w jaknajlepszych stosunkach.
Spojrzał na zegarek, będąc pilnym i akuratnym urzędnikiem. Do biura wracał o godzinie wpół do drugiej, więc zawołano by coprędzej została podana czarna kawa i popijano resztę z filiżanek, gdy służąca oznajmiła pani niespodziewaną wizytę, która zniweczyła punktualność zwykłego tryku życia. Walerya aż zarumieniła się z radości i wstając pospiesznie od stołu, zawołała:
- Ach, to pani baronowa de Lowiez!
Serafina miała obecnie lat dwadzieścia dziewięć. Była wysoka, piękna, ryża, elegancka, a biust jej słynął z kształtności i był podziwiany przez cały Paryż. Czerwone jej usta śmiały się wyzywająco, a w ciemnych oczach o złotawych iskierkach palił się płomień niehamowanych namiętności.
- Niechaj wam nie przeszkadzam, drodzy państwo, kończyć śniadanie - zawołała, wchodząc do stołowego pokoju. - Wasza służąca chciała mnie koniecznie prowadzić do salonu, ale uparłam się, by wejść prosto tutaj, bo czas nagli... Przyszłam zabrać waszą śliczną Reginę na popołudniowe przedstawienie w cyrku.
Znów nastąpił wybuch radości i podziękowań ze strony Waleryi. Regina aż osłupiała z ukontentowania, a matka potokiem słów wyrażała swoją wdzięczność.
- Ach, pani baronowo, pani nas psuje swoją dobrocią, pani rozpieszcza naszą córeczkę. Ale ona musi się przebrać, najmocniej przepraszam, że pani baronowa będzie zmuszone, nieco poczekać z tego powodu... Regino, chodź prędzej... pomogę ci... Za dziesięć minut przyprowadzę ją ubraną, ręczę, że nie dłużej jak za dziesięć minut...
Pozostawszy w towarzystwie dwóch mężczyzn, Serafina, która ze zdziwieniem ujrzała Mateusza, zbliżyła się ku niemu i jak dobra, dawna znajoma, podała rękę na powitanie, mówiąc:
- Cóż u pana słychać? Wszystko dobrze?
- Dziękuję, tak, wszystko dobrze.
Usiadła tuż obok niego, on zaś niezadowolony ze spotkania, prawie mimowolnie odsunął nieco swoje krzesełko.
Mateusz, znał ją kiedyś aż nadto blisko i wiedział, jak dalece była ona gwałtownej, namiętnej natury, nie zatrzymującej się nad niczem dla zaspokojenia cielesnych pożądań. Wyrosła ona prawie bez niczyjej opieki, ojciec bowiem był pochłonięty pracą w zakładzie, a brat, Aleksander uprawiający krańcowy egoizm, nie pomyślał nawet o przyjaźnieniu się z siostrą. Kuzynkę swoją Maryannę uważała za dobrą, zdrową istotę nic mogącą z nią mieć żadnych wspólnych myśli. Samej sobie oddana, Serafina niezmiernie rychło zaczęła się rozciekawiać ku tajemnym stronom życia. Ogólnie o tem mówiono, że mając lat pięt naście, i będąc na balu, oddała się jednemu ze swoich tancerzy. Wkrótce potem nastąpiła skandaliczna awantura jej małżeństwa, nieodzownego ponieważ uciekła ze swoim kochankiem, a późniejszym mężem, baronem de Lowicz, który był znanym łotrem, lecz niezwykle pięknej, ujmującej powierzchowności. W rok po ślubie urodziła nieżywe dziecko, a jak mówiono przedwcześnie przez nią samą na śmierć skazane. Lubiąc pieniądze jako środek do zaspakajania zbytkownych zamiłowań, Serafina zagarnęła spadek po ojcu we własne ręce a dopominającego się o to męża, wypędziła z domu. Baron wyjechał do Berlina i nagłą śmiercią padł w jakiejś szulerni. Od tej chwili Serafina uszczęśliwiona, że żyć maże bez niczyjej kontroli, używała swobody w całym zakresie swych światowych i zmysłowych zamiłowań. Wszędzie ją można było spotkać gdzie tylko się bawiono, a każdy miał o niej do opowiadania mnóstwo najdziwaczniejszych wybryków; prócz tego szeptano sobie o jej chwilowych miłostkach, o jej napastniczem wybieraniu kochanków, o których przypuszczała, że zdołają zadowolnić niezdrowe instynkty jej popędów. Jednakże zachowywała dotąd pozory, nie afiszowała się z nikim, więc też wszędzie była ochoczo przyjmowana, jako młoda wdowa, bardzo bogata, bardzo piękna, bardzo kochana.
- Pan mieszka obecnie na wsi? - spytała Mateusza, pochylając się ku niemu.
- Tak... od miesiąca.
- Konstancya mi o tem wspominała... Spotkałam się z nią temi dniami u pani Seguin Obecnie jestem w jaknajlepszych stosunkach z Konstancyą... zapewne jest mi wdzięczna za dobre rady, jakich nie szczędzę jej mężowi.
Serafina wiedziała, że Konstancja jej nienawidzi, więc bawiła się, opowiadając, że są z sobą jak siostry. Z przyzwyczajenia zwykle drwiła ze wszystkiego i ze wszystkich. Mówiła teraz dalej:
- Rozmawiano o doktorze Gaude, wiecie o nim panowie?..! To ów sławny chirurg, używający radykalnego środka, by kobiety zabezpieczyć od macierzyństwa. Była chwila, gdy myślałam, że Konstancja zapyta się o jego adres. Nie zrobiła tego, bo zabrakło jej odwagi.
- Tak, słyszałem o doktorze Gaude - odezwał się Morange. Jedna ze znajomych mówiła o nim mojej żonie. Podobno że robi jakieś nadzwyczajne operacye, wprost cudowne. Otwiera brzuchy, jakby otwierał szafy; przegląda, wyjmuje rzeczy niepotrzebne, zamyka napowrót i kobiety są uzdrowiona, nie zdając sobie sprawy jakim sposobem. Zdumiewający człowiek!
Zaczął dawać bliższe objaśnienia o klinice doktora Gaude przy szpitalu Marboeuf. Modą teraz było asystować w owej klinice podczas operacyi, tłoczono się jak na najciekawsze widowisko. Doktór był chciwym na pieniądze i wysokie żądał honorarya od bogatych klientek, lecz za punkt honoru sobie postawił, by mu się udawały próbne, najtrudniejsze operacje, jakie wykonywał na ubogich kobietach, leczących się w klinice. Dzienniki bezustannie o nim mówiły, podając słowa doktora o tych próbach; był to zręczny sposób robienia sobie reklamy, zachęcającej bogate panie do poddania się operaeyi, szczęśliwie udanej na innych. Pesymista, a zarazem człowiek wesoły, doktór Gaude wycinał kobietom organ bez żadnych skrupułów, mówiąc: nie będą miały dzieci, zatem o tyle mniej będzie nieszczęśliwych istot na świecie!
Serafina roześmiała się, pokazując białe zęby, które dziko błysnęły pomiędzy krwistemi ustami; była zabawiona przerażeniem Mateusza. A Morange mówił dalej:
- Różne bywają poglądy i pomiędzy doktora mi. Znany nam doktór Boutan, jako środek leczniczy na wszystkie choroby doradza swojem pacyentkom, by miały dziecko.
- Wydziwić się nie mogę, że Konstancya leczy się u tego doktora Boutan - rzekła Serafina. - Wszak ona w ciągłej żyje obawie, aby ponownie nie zostać matką... Podzielam jej zdanie.. Bo czyż może być coś wstrętniejszego.
Morange śmiał się przez grzeczność, dla okazania jej, że ma te same poglądy. Zaczął się niecierpliwić, te Walerya jeszcze nie ubrała Reginy i że pani baronowa może się zapóźnić do cyrku. Wstał więc i, przeprosiwszy, poszedł, by przyśpieszyć ubieranie się córki.
Pozostawszy sam na sam z Mateuszem, Serafina badawczo się w niego wpatrzyła swemi błyszczącemi, ciemnemi oczyma o złotych iskierkach. Śmiała się, ale inaczej. Namiętna jej twarz miała teraz wyraz lubieżny, naumyślnie milczała przez chwilę, chcąc go tem pewniej wyprowadzić z równowagi. Nie spuszczając z niego płomiennego wzroku, zapytała:
- Czy Maryanna, moja kochana kuzynka jest zawsze w kwitnącym stanie zdrowia?
- Jest zupełnie zdrowa, dziękuję.
- A dzieci zawsze jej przybywa?
- Mamy czworo dzieci.
- A pan? Pan jesteś szczęśliwym ojcem licznej rodziny i zadowolony życiem na wsi?
- Jestem zadowolony i szczęśliwy.
Znów zamilkła a tylko wzrokiem nie przestawała go palić coraz namiętniej, znając czar, jaki wywierała takiem niemem wypowiadaniem swej myśli. Ryże włosy opromieniały jej twarz jak by słonecznym blaskiem. Znów nieco się pochyliła ku niemu i rzekła powoli.
- A więc pomiędzy mną a tobą wszystko już skończone?
Skinął głową na znak, że tak, że wszystko skończone. Wspomnienia ich stosunku sięgały lat bardzo dawnych. Mateusz miał wtedy lat dziewiętnaście, a ona dwadzieścia jeden i była już mężatką, gdy pewnego wieczora niespodziewanie rzuciła mu się w objęcia. Był od niej młodszy, nie umiejący zapanować nad zmysłami rozbudzonemi znieuacka, lecz zerwał z nią miłosny stosunek, pokochawszy Maryannę.
- Skończone?... naprawdę?... zupełnie, ale to zupełnie skończone? - pytała go, czarując zalotnością uśmiechu.
Była rzeczywiście piękną w swej roli uwodzicielki. Jeszcze nigdy jej nie widział w takiej pełni urody i tak roznamiętnionej żądzą chociażby natychmiastowej rozkoszy zmysłów. Dar mu z siebie robiła z królewską wyniosłością, wiedząc o sile swych wdzięków, któremi mogła dowolnie rozporządzać, proponowała mu wymianę pieszczot, mając pewność, że daje więcej, aniżeli otrzyma. Życie tylko ten jeden posiadało dla niej urok. Ale kusząc Mateusza podnieconą była przewrotnością swego dyabelskiego usposobienia, bawiła ją bowiem myśl pochwycenia tego mężczyzny z objęć kochającej żony, tej biednej, głupiej kuzynki, która łzami by się zalewała nad niewiernością męża.
Mateusz milczał, obojętnie patrząc w inną stronę. Postanowiła dalej trwać w roli rozkochanej kobiety.
- Wolę, że mi nie odpowiadasz, wolę, że usta twoje nie mówią mi, że już wszystko pomiędzy nami skończone. Wreszcie, nie byłaby to prawda, bo zemną nie może być skończone, jeżeli ja sobie tego nie życzę. Wiedz o tem, że będę znów twoją, kiedy zechcesz, dziś wieczorem jutro, każdego dnia i o której chcesz godzinie możesz przyjść do mnie... Pragnę tego, zatem wiem, że tak się stanie, że tak być musi. Wiesz gdzie teraz mieszkam?... zatem pamiętaj, że czekać będę twojego przybycia.
Płomień przebiegł po twarzy Mateusza. Zamknął oczy, by nie widzieć tej żyjącej pokusy, nęcącej go czarem urody, miłosnym wyrazem twarzy, upajającą wonią ciała. Zapuszczone mając powieki, przypominał sobie mieszkanie Serafiny, w którem był przed paru laty z Maryanną, chcącą odwiedzić kuzynkę. Zajmowała parter własnej kamienicy przy ulicy Marignau. Wejście do jej mieszkania było oddzielne, pokoje wysłane puszystemi dywanami, a na ścianach draperowania z ciężkich bogatych makat. Usługa była wy łącznie kobieca. Służące wprowadzały gości milcząc i znikały jak cienie. Mateusz i Maryanna zastali Serafinę w małym saloniku o niewidzialnych oknach, głuchym i głębokim jak grób, z zapalonemi świecami w kandelabrach, chociaż był dzień jasny, słoneczny i zaledwie trzecia godzina po południu. Mateusz dotąd pamiętał zapach, jaki się tam unosił w powietrza. Był to zapach przejmujący, ciepły, który go prawie obezwładnił.
- Czekać będę na ciebie!... - powtarzała przyciszonym głosem ustami nieledwie że muskającemi jego usta.
Cofnął się, drżąc, niewypowiedzianie zły, że musiał grać śmieszną rolę mężczyzny, opierającego się ponętnej kobiecie. Przypuszczając, że jej powie, że już wszystko pomiędzy nimi skończone, położyła mu rękę na ustach, a była to rączka ładna, wysmukła, pieszczotliwa.
- Nie mówi... ale oto oni już idą. A pamiętaj, że ja niepotrzebuję żadnych doktorów Gaudę, albo innych.
Państwo Morange wprowadzili Reginę, gotową do wyjścia. Matka ją ufryzowała i dziewczynka była rzeczywiście śliczna w różowej jedwabnej sukience z białemi koronkami, w wielkim kapeluszu z tego samego materyału co suknia. Okrągła, delikatna buzia tylko z kwiatem przedziwnej świeżości mogła być porównaną.
- Ach jaka ona zachwycająca! - zawołała Serafina - chcąc zrobić przyjemność rodzicom. Mam ochotę ją zabrać i nigdy jej wam nie oddać!
Zaczęła całować Reginę z uniesieniem, grając rolę kobiety wzruszonej i żałującej, że nie jest matką.
- Ach zazdrość porywa, patrząc, że inni posiadają taki skarbi Gdyby można wiedzieć, że Bóg ześlę taką śliczną istotę, to odrazu pragnęłoby się chociażby samą siebie narazić.. Ale nie dla mnie takie szczęście... więc ukradnę ją wam i nie odwiozę!
Państwo Morange śmieli się uszczęśliwieni, a Mateusz, dobrze ją znając, słuchał z osłupieniem. Ileż razy podczas ich miłosnego stosunku z nienawi8tnem oburzeniem mówiła o dzieciach jak o wstrętnem paskudztwie, które groźbą pojawienia się terroryzuje rozkosz uniesień. Wieczna obawa, by nie zostać matką, psuje i ogranicza miłosne porywy zatrważającą myślą, iż ulotna godzina szału może przynieść długie miesiące cierpienia i kłopot baz końca; zniweczyć całą przyjemność życia. Dzieci, rodząc się, okradają matkę z urody, psują kształty jej ciała, kobieta nagle się starzeje, więdnie i staje się przedmiotem obrzydzenia dla mężczyzn. Natura głupią jest nakładając haracz macierzyństwa miłości. Od czasu jak zaszedłszy w ciążę szczęśliwie ją przerwała poronieniem. Serafina wzdrygała się na samo wspomnienie przebytego niebezpieczeństwa, gotowa dopuścić się zbrodni, byle uniknąć dziecka, które uważała za groźnie zaczajoną bestyę, trzymającą ją na wodzy, niedozwalającą oddać się, jakby tego pragnęła, poszukiwaniom coraz to nowych miłosnych wrażeń.
Spostrzegłszy zdziwienie Mateusza, uśmiechnęła się a dla własnej zabawy rzekła z chytrą ironią:
- Dopiero co mówiłam panu Froment, że od czasu jak zostałam wdową, szukam rozrywek, chcąc się pocieszyć i nie myśleć o mojem smutnem położeniu, skazującem mnie na wieczne osamotnienie i bezdzietność.
Znów gorący płomień przebiegł po twarzy Mateusza, wiedział, że jej słowa były przypomnieniem danej mu obietnicy i miłosnych, uniesień. Ach, używała ona teraz bezkarnie, oddawała się w całości, bezgranicznie, w wiecznej pogoni zaprzepaszczania się w ekstazach. Twarz Serafiny zapłonęła namiętnością wszystkich pożądań, żywcem się paliła w katuszy niezaspokojonej żądzy, a to rozkiełznanie się natury, odmawiającej się krzewieniu życia, stawało się u niej dokuczliwem cierpieniem.
Regina patrzała na nią z zachwytem, zadowolona w budzącej się próżności niewieściej, że tak piękna pani obsypuje ją pochwałami. W uniesieniu wdzięczności rzuciła się w objęcia Serafiny, mówiąc:
- Jaka pani dobra! jak ja panią za to kocham!
Małżonkowie Morange odprowadzili baronową de Lowicz aż do schodów, z dumą patrząc na Reginę, idącą za nią. Jeszcze raz najczulszemi słowami wyrazili pani baronowej swoją wdzięczność, uszczęśliwieni, że zbytek którego pożądali, otoczy chociażby przez godzinę wypieszczoną ich jedynaczkę. Gdy wrócili do mieszkania, Walerya zawołała, drzwi zamykając:
- Chodźmy na balkon! zobaczymy je odjeżdżające!
Morange, zapomniawszy już o godzinie biurowej, poszedł za żoną i, przywołując, zmusił Mateusza, by wraz z nimi pochylił się nad poręczą balkonu. Na ulicy przed domem stał otwarty piękny powóz, zaprzężony wzorowo, ze wspaniałym stangretem nieruchomym na koźle. Widok ten ostatecznie rozegzaltował małżonków Morange. A gdy Serafina, usadziwszy Reginę, zajęła obok niej miejsce, słów nie znajdując, głośno śmieli się uboje.
Regina... nasza Regina... jaka śliczna... jaka szczęśliwa... powtarzali z roztkliwieniem.
Dziewczynka, zapewne domyślając się, że rodzice na nią patrzą, podniosła głowę do góry, uśmiechnęła się, ukłoniła. Serafina uczyniła to samo, podczas gdy konie, ruszywszy kłusem, zawróciły na rogu alei. Walerya w tejże chwili mówiła z przejęciem:
- Patrzcie panowie na nią! patrzcie! Jaka ona urocza! Ma dwanaście lat a jest tak niewinna jak nowonarodzone dziecko! Ja nigdy jej nikomu nie powierzam... Ale powiedzcie, czyż ona nie wygląda na księżniczkę, przyzwyczajoną do jeżdżenia swoim powozem?...
Morange, pochwycony rojeniami o zdobyciu majątku, rzekł:
- Przypuszczam, a nawet przekonany jestem, że gdy wyjdzie zamąż będzie miała swój własny powóz... Pozwól mi objąć posadę w banku Kredytu Narodowego, a wszystko o czem marzysz zostanie urzeczywistnione.
Zwróciwszy się do Mateusza, dodał:
- Powiedz teraz, kiedy nas tutaj widziałeś i znasz nasze zamiary, czyż nie byłoby zbrodnią obarczać się drugien dzieckiem?... Jest nas troje i bardzo musimy się liczyć z pieniędzmi, które zarabiam ciężką pracą... Cóż byłoby, gdyby za miast troje było nas czworo! Nie, nie... lepiej pilnować się i strzedz w chwilach uroczych... A przecież to nam nie przeszkadza ubóstwiać się wzajemnie... wszak tak, moja najdroższa Waleryo?...
Chapitre II
Morange, le chef comptable, était un homme de trente-huit ans, chauve, grisonnant déja, avec une superbe barbe brune en éventail, dont il était fier. Ses yeux ronds et limpides, son nez droit, sa bouche bien dessinée, un peu large, lui avaient fait, dans sa jeunesse, une réputation de beau garçon ; et il se soignait beaucoup, toujours en chapeau haut de forme, gardant la correction d'un employé méticuleux et distingué.
- Vous ne connaissez pas notre nouvel appartement, dit-il a Mathieu, qu'il emmenait. Oh ! c'est tout a fait bien, vous allez voir. Une chambre pour nous, une chambre pour Reine. Et a deux pas de l'usine, j'y suis en quatre minutes, montre en main.
Lui était fils d'un petit employé de commerce, mort sur son rond de cuir, apr?s quarante ans d'étroite vie de bureau. Et il s'était marié modestement, dans son monde, en choisissant une fille d'employé aussi, Valérie Duchemin, dont le p?re avait eu la disgrâce de faire quatre filles a sa femme, calamité qui avait ravagé le ménage, un véritable enfer, toutes les mis?res honteuses, toutes les g?nes inavouables. L'aînée, Valérie, jolie fille ambitieuse, ayant eu la chance d'épouser sans dot ce beau garçon, honn?te et travailleur, s'était bercée du r?ve de gravir un échelon social, d'échapper a ce monde des petits employés dont elle gardait l'éc?urement, en faisant de son fils un avocat ou un médecin. Par malheur, l'enfant tant désiré se trouva ?tre une fille, et elle en eut un frisson, elle se vit, si elle recommençait, avec quatre filles sur les bras, comme sa m?re. Alors, son r?ve fut autre, s'en tenir obstinément a sa petite Reine, pousser son mari aux plus hautes places, doter sa fille richement, entrer enfin par eux, avec eux, dans cette sph?re supérieure, dont les f?tes, les jouissances l'affolaient de désir. Lui, médiocre, faible et tendre, et qui l'adorait, finissait par br?ler d'une m?me ambition, roulait pour elle de vastes projets d'orgueil et de conqu?te. Il était depuis huit années a l'usine Beauch?ne, il n'y gagnait encore que cinq mille francs, et le ménage commençait a désespérer, car ce n'était pas en restant la que le comptable ferait jamais fortune.
- Tenez ! dit-il, apr?s avoir suivi le boulevard de Grenelle pendant environ trois cents m?tres, c'est cette maison neuve, la-bas, au coin de cette rue. N'est-ce pas qu'elle a grand air ?
Mathieu aperçut une de ces hautes bâtisses modernes, ornées de balcons et de sculptures, qui jurait au milieu des petites maisons pauvres du quartier.
- Mais c'est un palais ! s'écria-t-il pour faire plaisir a Morange, qui se rengorgea.
- Mon cher, vous allez voir l'escalier... Vous savez, c'est au cinqui?me. Seulement, avec un escalier pareil, et si doux, qu'on le monte sans le savoir !
Il fit entrer son invité dans le vestibule, comme dans un temple. Les murs de stuc luisaient, il y avait un tapis sur les marches et des vitraux aux fen?tres. Puis, au cinqui?me, quand il eut ouvert la porte avec sa clef, il répéta simplement d'un air ravi :
- Vous allez voir, vous allez voir.
Mais Valérie et Reine devaient ?tre aux aguets. Elles accoururent. A trente-deux ans, Valérie était charmante, l'air tr?s jeune encore : une brune aimable, la face ronde et souriante, encadrée de beaux cheveux, un peu trop de poitrine déja, mais des épaules admirables, dont Morange se montrait orgueilleux, lorsqu'elle se décolletait. Reine, alors âgée de douze ans, était le portrait frappant de sa m?re, le m?me visage souriant, plus allongé, sous les m?mes bandeaux noirs.
- Ah ! que vous ?tes gentil d'avoir accepté notre invitation ! disait gaiement Valérie en serrant les deux mains de Mathieu. Et quel dommage que madame Froment n'ait pas pu venir avec vous !... Reine, débarrasse donc monsieur de son chapeau.
Puis, tout de suite :
- Vous voyez, nous avons une antichambre tr?s claire... Alors, écoutez, pendant qu'on met les ?ufs a l'eau bouillante, voulez-vous visiter l'appartement ? Ce sera une chose faite, vous saurez au moins o? vous déjeunez.
Cela était dit d'un air si agréable, et Morange lui-m?me riait avec tant de bonhomie, que Mathieu se pr?ta volontiers a cet innocent étalage de vanité. D'abord, le salon, la pi?ce qui faisait l'angle de la maison, tapissée d'un papier gris perle a fleurs d'or, meublée d'un meuble Louis XIV laqué blanc, fabriqué a la grosse, parmi lequel le piano de palissandre mettait une lourde tache noire. Puis, sur le boulevard de Grenelle, la chambre de Reine, bleu pâle, avec tout un ameublement de fillette en pitchpin verni. La chambre du ménage, fort petite, se trouvait a l'autre bout de l'appartement, séparée du salon par la salle a manger, décorée de tentures jaunes, encombrée d'un lit, d'une armoire a glace et d'une toilette en thuya. Enfin, le classique vieux ch?ne triomphait dans la salle a manger, o? une suspension tr?s dorée, au-dessus du couvert étincelant de blancheur, éclatait comme un coup de feu.
- Mais c'est ravissant ! répétait Mathieu, pour ?tre poli. Mais c'est une merveille !
Le p?re, la m?re, la fille, exaltés, ne cessaient de le promener, de lui expliquer, de lui faire toucher les choses. Et ce qui le frappait surtout, c'était un air de déja vu, un arrangement du salon qu'il connaissait, les bibelots de la chambre placés d'une certaine façon. Puis, il se souvint, les Morange avaient essayé, sans doute a leur insu, de copier les Beauch?ne, dans l'admiration profonde, la sourde envie o? ils étaient. Eux, toujours a court d'argent, ne pouvaient disposer que d'un luxe de pacotille ; mais, tout de m?me, ils étaient fiers de ce luxe, ils croyaient se rapprocher de la classe supérieure et jalousée, en l'imitant de loin.
- Et, enfin, dit Morange, qui ouvrit la fen?tre de la salle a manger, il y a ceci.
Un balcon régnait sur toute la longueur de l'appartement. A cette hauteur, la vue était réellement fort belle, la Seine au loin et les hauteurs de Passy qu'on apercevait par-dessus les toits, la m?me vue dont on jouissait de l'hôtel Beauch?ne, mais élargie.
Aussi Valérie le fit-elle remarquer.
- Hein ? c'est grandiose, c'est autrement beau que les quatre arbres qu'on aperçoit du quai !
La bonne apportait les ?ufs a la coque, et l'on se mit a table, pendant que Morange, victorieux, expliquait que tout ça lui co?tait seize cents francs net. C'était pour rien, bien que cette somme grevât lourdement le budget du ménage. Mathieu, qui finissait par comprendre qu'on l'avait surtout invité pour lui montrer l'appartement nouveau, s'en égayait sans rancune, tant ces bonnes gens semblaient heureux de triompher devant lui. N'ayant pas le moindre calcul d'ambition, n'enviant rien du luxe côtoyé chez les autres, satisfait jusque-la de sa vie étroite, pr?s de sa Marianne et de ses enfants, il s'étonnait simplement de cette famille torturée du besoin de paraître et de s'enrichir, il la regardait d'un air de surprise, avec un sourire un peu triste.
Valérie avait une jolie toilette de léger foulard a fleurettes jaunes, tandis que sa fille Reine, qu'elle aimait a parer coquettement, était en robe de toile bleue. Et le déjeuner était aussi trop luxueux : des soles apr?s les ?ufs, puis des côtelettes, puis des asperges. Tout de suite, la conversation était tombée sur Janville.
- Alors, vos enfants se portent bien ? Oh ! ce sont de si beaux enfants !... Et vous ?tes heureux a la campagne ? C'est drôle, je crois que je m'y ennuierais, les distractions manquent trop... Certainement, nous serons ravis d'aller vous y voir, puisque madame Froment est assez aimable pour nous inviter.
Mais, fatalement, la conversation retomba bientôt sur les Beauch?ne. C'était une hantise chez les Morange, ils vivaient dans une perpétuelle admiration, qui n'allait pas sans de sourdes critiques. Valérie, tr?s fi?re d'?tre reçue au jour de Constance, le samedi, et d'avoir été invitée par elle a dîner deux fois, le dernier hiver, avait pris également un jour, le mardi, donnait des soirées intimes, se ruinait en petits fours. Elle parlait aussi, avec un respect profond, de madame Séguin du Hordel, du magnifique hôtel de l'avenue d'Antin, o? Constance, obligeamment, l'avait fait inviter a un bal. Et elle se montrait plus vaniteuse encore de l'amitié que lui témoignait Sérafine, la s?ur de Beauch?ne, qu'elle ne nommait jamais que madame la baronne de Lowicz.
- Elle est venue une fois a mon jour, elle est si bonne et si gaie ! Vous l'avez connue jadis, n'est-ce pas ? apr?s son mariage, quand elle s'est remise avec son fr?re, a la suite de leurs déplorables discussions d'argent... En voila une qui ne porte pas madame Beauch?ne dans son c?ur !
Et elle revint une fois de plus a celle-ci, trouva que le petit Maurice, tout gros qu'il était, avait une mauvaise chair, laissa entendre quel coup terrible ce serait pour les parents, s'ils perdaient ce fils unique. Ils avaient bien tort de ne pas lui donner un petit fr?re. D'ailleurs, elle affectait d'avoir reçu une confidence, elle savait que la femme, plus encore que le mari, s'obstinait. Et, tout en clignant les yeux, a cause de Reine, dont le nez s'était candidement baissé sur son assiette, elle finit par raconter qu'elle avait une amie qui ne voulait pas d'enfants, tandis que son mari en voulait : alors, cette amie s'arrangeait.
- Mais, dit Mathieu en riant, il me semble que vous aussi, vous vous arrangez.
- Oh ! s'écria Morange, comment pouvez-vous nous comparer, nous autres pauvres gens, a monsieur et a madame Beauch?ne, qui sont si riches ? Qu'ils me donnent donc leur fortune, leur position, et je consens a avoir une ribambelle d'enfants !
- Et puis, dit Valérie avec un frisson, merci ! pour ?tre affligés d'une fille encore ! Ah ! si nous étions s?rs d'avoir un garçon, je ne dis pas, nous nous laisserions peut-?tre tenter. Mais j'ai trop peur, je crois bien que je suis comme ma m?re, qui a eu quatre filles. Vous ne vous imaginez pas ça, c'est une abomination !
Ses yeux s'étaient fermés, elle revoyait l'affreux ménage, les quatre gamines effarées, efflanquées, attendant des mois les bottines, les robes, les chapeaux, montant en graine, dans la terreur de ne pas trouver de maris. Les filles, il fallait les doter.
- Non, non ! reprit-elle sagement, nous serions trop coupables, voyez-vous, d'aggraver encore notre situation. Quand on a sa fortune a faire, c'est un crime que de s'embarrasser d'enfants. Je ne m'en cache pas, je suis tr?s ambitieuse pour mon mari, je suis convaincue que, s'il veut m'écouter, il montera aux plus hautes places ; et l'idée que je pourrais l'entraver, l'étouffer, avec le tas de filles qui a été la pierre au cou pour mon p?re, me fait une véritable horreur... Tandis que j'esp?re bien, en nous privant, que nous arriverons a doter Reine, lorsque nous serons devenus riches nous-m?mes.
Morange, tr?s ému, saisit la main de sa femme et la baisa. Elle était au fond sa volonté, a lui faible et bon, qu'elle avait rendu ambitieux comme elle ; et il l'en aimait davantage.
- Vous savez, mon cher Froment, c'est une brave femme que la mienne. Elle a de la t?te et du c?ur.
Et, pendant que Valérie continuait, faisait tout haut son r?ve de fortune, le bel appartement, les réceptions, les deux mois surtout qu'elle passerait a la mer, comme les Beauch?ne, Mathieu les regardait et réfléchissait. Ce n'était plus le cas de Moineaud, qui savait bien que jamais il ne serait ministre. Peut-?tre Morange r?vait-il que sa femme le ferait ministre un jour. Dans une démocratie, tout petit bourgeois peut et veut s'élever, et c'est une ruée, chacun devient féroce, bouscule les autres, pour franchir plus vite un échelon. Cette ascension générale, ce phénom?ne de la capillarité, n'est possible que dans un pays d'égalité politique et d'inégalité économique, car les droits de chacun a la fortune y sont les m?mes, il n'y a qu'a la conquérir, dans une lutte d'atroce égo?sme, si l'on br?le de mordre aux plaisirs d'en haut, étalés aux yeux de tous, âprement souhaités. Un peuple ne saurait vivre heureux, avec une constitution démocratique, lorsque les m?urs ne sont pas simples et les conditions presque égales. Autrement, c'est l'envahissement des professions libérales, la mise au pillage des fonctions publiques, c'est le travail manuel méprisé, c'est le bien-?tre et le luxe accrus, devenus nécessaires, c'est la richesse, c'est le pouvoir furieusement pris d'assaut, pour la volupté gloutonne de jouir. Et, comme le disait Valérie, on n'allait pas s'embarrasser d'enfants, on voulait avoir les membres libres, dans une telle guerre, afin de passer plus a l'aise sur le ventre des autres.
Puis, Mathieu songeait aussi a cette loi d'imitation qui fait que les moins heureux s'appauvrissent encore, en copiant les heureux de ce monde. Quelle détresse, au fond de ce luxe envié, imité, si ch?rement, m?me lorsqu'il est menteur ! Toutes sortes de besoins inutiles se créent, la production en est gâtée, détournée du simple nécessaire. Il n'est plus vrai de dire que le pain manque, pour exprimer la mis?re des gens. Ce qui manque, c'est le superflu, auquel ils ne peuvent renoncer, sans se croire déchus et en danger de mourir de faim.
Au dessert, quand la bonne ne fut plus la, Morange devint expansif, dans l'excitation du bon déjeuner ; et, regardant sa femme, clignant les paupi?res en désignant leur hôte :
- Voyons, c'est un ami s?r, on peut tout lui dire.
Puis, lorsque Valérie eut consenti, d'un mouvement de t?te, avec un sourire :
- Eh bien ! voila, mon cher ami, il est possible que je quitte l'usine prochainement. Oh ! ce n'est pas fait, mais tout de m?me j'y songe... Oui, j'y songe depuis bien des mois déja ; car, enfin, gagner cinq mille francs, apr?s huit années de z?le, et se dire surtout qu'on n'aura jamais beaucoup plus, c'est a désespérer de l'existence.
- C'est monstrueux, interrompit la jeune femme, c'est a se casser tout de suite la t?te contre un mur.
- Dans ces conditions, mon cher ami, le mieux est de voir ailleurs, n'est-ce pas ? ... Vous vous rappelez Michaud, ce garçon que j'ai eu sous mes ordres a l'usine, il y a six ans, fort intelligent d'ailleurs... Voici lonc six ans a peine qu'il nous a quittés pour entrer au Crédit National, et savez-vous ce qu'il gagne a cette heure ? Douze mille francs, vous entendez bien, douze mille francs !
Ce chiffre sonna comme un coup de trompette. Le ménage arrondissait des yeux d'extase. La fillette elle-m?me était devenue tr?s rouge.
- En mars dernier, j'ai rencontré par hasard Michaud, qui m'a conté tout ça et qui s'est montré tr?s aimable. Il m'offrait de me prendre avec lui, de me pousser a mon tour. Seulement, il y a un risque a courir, il m'a expliqué que je devrais accepter d'abord trois mille six, pour monter ensuite, graduellement, a un tr?s gros chiffre... Trois mille six ! comment vivre, en attendant, avec trois mille six, surtout aujourd'hui que cet appartement augmente nos dépenses ?
D'une voix impétueuse, Valérie prit la parole.
- Qui ne risque rien, n'a rien ! ... C'est ce que je lui rép?te. Sans doute, je suis pour la prudence, jamais je ne le laisserai commettre quelque b?tise qui gâcherait son avenir. Mais il ne peut pourtant pas moisir dans une situation indigne de lui.
- Alors, vous ?tes décidés ? demanda Mathieu.
- Mon Dieu ! reprit Morange, ma femme a fait tous les calculs, et nous sommes décidés, oui ! a moins de choses imprévues. D'ailleurs, une situation ne sera libre au Crédit National qu'en octobre... Dites donc, mon cher ami, gardez-nous bien le secret, car nous ne voulons pas en ce moment nous fâcher avec les Beauch?ne.
Il regarda sa montre, tr?s ponctuel dans sa médiocrité de bon employé, désireux de ne pas ?tre en retard a son bureau. Et l'on pressa la bonne pour qu'elle servît le café, on le buvait br?lant, lorsqu'une visite vint bouleverser le ménage et lui faire tout oublier.
- Oh ! s'écria Valérie, en se levant précipitamment, rose d'orgueil, madame la baronne de Lowicz !
Sérafine, alors âgée de vingt-neuf ans, était une rousse, belle, grande, élégante, avec une gorge magnifique, connue de tout Paris. Ses l?vres rouges riaient d'un rire triomphant, et dans ses grands yeux bruns, pailletés d'or, br?lait une flamme inextinguible de désir.
- Mes amis, ne vous dérangez pas, je vous en supplie. Votre bonne tenait a me mettre au salon, mais j'ai insisté, j'ai voulu entrer ici, parce que c'était un peu pressé... Je viens chercher votre délicieuse Reine, pour la mener a une matinée, au Cirque.
Ce fut une nouvelle explosion de ravissement. L'enfant restait saisie de joie, tandis que la m?re exultait, se prodiguait.
- Oh ! madame la baronne, vous nous comblez, vous la gâtez, cette petite ! ... C'est qu'elle n'est pas habillée et que vous aurez l'ennui de l'attendre un instant... Allons, viens vite, que je t'aide. Dix minutes, entendez-vous, rien que dix minutes !
Restée seule avec les deux hommes, Sérafine, qui avait eu un mouvement de surprise, en apercevant Mathieu, s'avança gaiement, lui serra la main, en vieille amie.
- Vous allez bien, vous ?
- Tr?s bien.
Et, comme elle s'asseyait pr?s de lui, il eut un petit mouvement involontaire, pour reculer sa chaise, l'air fâché de la rencontre.
Il l'avait connue intimement autrefois, lors de son entrée chez les Beauch?ne. Une jouisseuse effrénée, névrosée, sans conscience ni morale. Hardie et forte, toute pour la volupté. Cela poussé dans l'activité grondante de l'usine, d'un p?re héros du travail, a côté d'Alexandre, son fr?re, un égo?ste féroce, et plus tard de Marianne, sa cousine, une bonne créature de gaieté saine, de solide raison. D?s la jeunesse, elle avait eu les pires curiosités. On racontait qu'un soir de f?te, âgée de quinze ans, elle s'était donnée a un inconnu. Puis, il y avait eu l'extraordinaire histoire de son mariage avec le baron de Lowicz, sa fuite aux bras de cet escroc, d'une beauté d'archange. Un an plus tard, elle accouchait d'un enfant mort, un avortement, disait-on. Jalouse de ses joies, âprement avare, elle n'avait pu hériter de son p?re, sans se fâcher avec son mari, l'avait chassé de chez elle, et il était allé se faire tuer a Berlin, dans un tripot. Depuis lors, ravie d'?tre débarrassée, elle jouissait éperdument de sa liberté de jeune veuve. Elle était de tous les plaisirs, de toutes les f?tes, et l'on chuchotait bien des histoires, ses caprices d'une nuit, son insolente décision a posséder sur l'heure l'homme qui lui plaisait, son go?t du libre amour contenté jusqu'a la folie extr?me de la sensation ; mais, en somme, comme elle gardait les apparences et qu'elle n'affichait aucun amant, elle continuait a ?tre reçue partout, tr?s riche, tr?s belle, tr?s aimée.
- Vous ?tes a la campagne, vous ? demanda-t-elle, en se tournant de nouveau vers Mathieu.
- Mais oui, depuis trois semaines.
- C'est Constance qui m'a dit ça. Je l'ai rencontrée l'autre jour, en visite, chez madame Séguin. Vous savez que nous sommes au mieux maintenant, depuis que je donne de bons conseils a mon fr?re.
Sa belle-s?ur Constance l'exécrait, et elle en plaisantait volontiers, avec son habituelle hardiesse, qui, ouvertement, se moquait de tout.
- Imaginez-vous qu'on a causé du docteur Gaude, ce fameux chirurgien qui a un moyen radical pour emp?cher les femmes de faire des enfants. J'ai cru qu'elle allait demander son adresse. Elle n'a pas osé.
Morange intervint.
- Le docteur Gaude, ah ! oui, une amie de ma femme lui en a parlé. Il parait qu'il fait des opérations extraordinaires, de vrais miracles. Il ouvre tranquillement un ventre, comme on ouvre une armoire ; il regarde dedans, enl?ve tout ; puis, il le referme, et la femme est guérie. C'est superbe.
Il donna d'autres détails, il parla de la clinique dont le docteur Gaude était le chef, a l'hôpital Marbeuf, une clinique o? l'on courait voir faire des opérations, par mode, comme on va au théâtre. Le docteur, qui ne dédaignait pas l'argent, tr?s âpre au contraire avec les clientes riches, aimait également la gloire, mettait un orgueil éclatant a réussir les tr?s dangereux essais qu'il risquait sur les pauvres femmes de sa clinique. Les journaux s'occupaient constamment de lui, il montrait au plein jour de la publicité ses opérées sans importance, ce qui encourageait les belles dames a tenter l'aventure. Au demeurant, pessimiste et gai, il châtrait une femme comme on châtre une lapine ; et cela ne soulevait pas m?me chez lui un scrupule, une discussion morale : des malheureux de moins, n'était-ce pas tant mieux ?
Sérafine se mit a rire, de ses dents blanches de louve, entre ses l?vres saignantes, lorsqu'elle vit l'effarement et l'indignation de Mathieu.
- Hein ? mon ami, en voila un qui ne ressemble gu?re a votre docteur Boutan, lequel, comme rem?de unique contre toutes les maladies, conseille a ses clientes de faire un enfant. Ce qui m'étonne, c'est que Constance garde pour médecin ce p?re Gigogne, elle qui se tâte le ventre chaque matin, avec la terreur de se trouver grosse... Elle a bien raison, du reste. Fi ! la saleté, l'horreur !
Complaisamment, Morange riait comme elle, désireux de lui montrer a quel point il partageait ses idées. Mais Valérie ne reparaissait pas avec Reine, il s'impatientait, s'inquiétait de l'attente o? sa femme laissait ainsi madame la baronne. Et il demanda la permission d'aller voir, songeant qu'il pourrait aider lui-m?me a la toilette de la petite.
D?s qu'elle fut seule avec Mathieu, Sérafine fixa sur lui ses grands yeux ardents, pailletés d'or. Elle ne riait plus du m?me rire, sa face hardie s'éclairait d'une sorte de volupté ironique, dans le rouge reflet de ses cheveux. Il y eut un assez long silence, comme si elle e?t voulu le troubler et le vaincre.
- Et ma bonne cousine Marianne va bien ?
- Tr?s bien.
- Et les enfants poussent toujours ?
- Toujours.
- Alors, vous ?tes heureux, en bon p?re de famille, dans votre trou perdu ?
- Parfaitement heureux.
De nouveau, elle garda le silence, sans cesser de le regarder, plus provocante et plus ensoleillée, d'un charme de magicienne dont les yeux br?lent, empoisonnent les c?urs. Et, lentement, elle finit par reprendre :
- C'est donc bien fini, nous deux ?
D'un simple geste, il dit que c'était bien fini. Leur histoire était ancienne déja. Il avait dix-neuf ans, il venait d'entrer a l'usine Beauch?ne, lorsque, mariée, âgée de vingt-deux ans, elle s'était brusquement donnée a lui, un soir de solitude. Lui, son cadet de trois ans, n'avait pu lutter contre une de ces surprises de la chair, dont un homme n'est pas le maître. Puis, quelques mois plus tard, a la veille d'épouser Marianne, il avait formellement rompu.
- Fini, fini, tout a fait fini ? demanda-t-elle encore, de son air agressif et riant.
Et elle était vraiment adorable, d'une force de désir irrésistible. Jamais il ne l'avait vue si belle, si enflammée du besoin de l'immédiate possession. Elle s'offrait avec une fierté souveraine, o? il n'entrait rien de honteux ni de bas, libre d'elle-m?me, proposant hardiment un marché de joie, en toute certitude de rendre autant, et davantage, qu'on ne lui donnerait. Cela seul valait pour elle le souci de vivre. Et cela n'était gâté que par l'idée diabolique de le tenter, par la perversion méchante d'enlever un homme a une autre femme, a une petite parente sotte, et de la faire pleurer.
Puis, comme Mathieu, cette fois, ne répondait point, m?me du geste, elle ne se fâcha pourtant pas, elle garda son air invincible d'amoureuse.
- J'aime mieux cela, ne répondez pas, ne dites pas que c'est tout a fait fini... Avec moi, mon cher, ce n'est jamais fini. Et ce sera quand vous voudrez, entendez-vous ! ce soir, demain, le jour o? il vous plaira de venir frapper a ma porte... Il suffit que j'en aie le désir, votre refus d?s lors ne saurait me fâcher. Vous savez o? je reste, n'est-ce pas ? Je vous attends
Une flamme avait passé sur la face de Mathieu. Il ferma tes yeux, pour ne plus voir Sérafine, qui se penchait vers lui, br?lante, odorante. Et, dans la nuit de ses paupi?res closes, il revit l'appartement qu'elle occupait, o? il était allé une fois avec Marianne, tout le rez-de-chaussée d'une maison de rapport, qu'elle possédait rue de Marignan. Elle y avait a elle une porte particuli?re, ouvrant sur des pi?ces discr?tes, garnies d'épais tapis et de lourdes tentures, étouffant les bruits. Des femmes seules la servaient, introduisaient les visiteurs sans une parole, disparaissaient telles que des ombres. Le jeune ménage l'y avait trouvée dans un petit salon, sans fen?tres apparentes, sourd, profond comme une tombe, avec les dix bougies de deux candélabres allumées en plein jour. Mathieu sentait, apr?s des années, le parfum pénétrant et chaud qui l'avait envahi de langueur.
- Je t'attends, répéta-t-elle, dans un souffle, les l?vres presque sur les siennes.
Et, comme il se reculait, frémissant, tr?s ennuyé de jouer ce rôle ridicule d'un homme qui refuse une femme désirable, elle crut qu'il allait dire non encore, elle lui posa vivement sur la bouche sa petite main longue et enveloppante.
- Tais-toi, les voici. Et tu sais, je n'ai pas besoin de Gaude, moi ! Il n'y a pas d'enfant au bout.
Les Morange revenaient enfin, avec Reine. Sa m?re l'avait frisée. Elle était vraiment délicieuse, en robe de petite soie rose, garnie de dentelles blanches, coiffée d'un grand chapeau de m?me étoffe que la robe. Sa gaie figure ronde, aux bandeaux noirs, avait la-dessous une délicatesse de fleur.
- Oh ! l'amour ! s'écria Sérafine, pour faire plaisir aux parents. Vous savez qu'on va me l'enlever.
Puis, elle imagina de l'embrasser avec emportement, elle joua l'émotion de la femme qui regrette de ne pas ?tre m?re.
- Oui, c'est un regret, quand on voit un trésor pareil. Si l'on était s?re que le bon Dieu vous en donnât un si joli, tout de suite on consentirait... Tant pis ! je la vole, je ne vous la ram?ne pas !
Ravis, les Morange riaient d'aise. Et Mathieu, qui la connaissait bien, l'écoutait d'un air de stupeur. Que de fois, dans leur intimité courte et violente, elle lui avait parlé avec une haine rageuse de ces saletés d'enfants, dont la venue toujours possible terrorise l'amour. Ils sont la comme une éternelle menace, gâtant et limitant la volupté, faisant payer la joie d'une heure d'une longue souffrance, d'un embarras sans fin ; et c'étaient alors des mois, des années, qu'ils volaient au plaisir. Sans compter qu'ils ne naissaient gu?re qu'en destructeurs de la femme, la flétrissant, la vieillissant, faisant d'elle un objet de nausée pour les hommes. La nature était imbécile d'avoir mis a l'amour cette rançon de la maternité. Depuis surtout qu'une grossesse, interrompue heureusement par une fausse couche, lui avait donné un avertissement dont elle frémissait encore, elle n'était plus qu'une amoureuse exaspérée, pr?te au crime pour se garer de l'enfant, le traitant en b?te mauvaise, dont la crainte la retenait seule. dans son besoin insatiable de curiosités et de jouissances nouvelles.
Elle sentit sur elle le regard stupéfait de Mathieu, elle s'en amusa, elle poussa l'ironie perverse jusqu'a lui dire :
- N'est-ce pas ? mon ami, je vous le confiais tout a l'heure, je me console comme je peux, depuis mon veuvage, d'?tre condamnée maintenant a ne jamais avoir d'enfant.
Et, de nouveau, il sentit passer sur sa face cette flamme qui l'avait br?lé, comprenant bien ce qu'elle voulait dire, ce qu'elle lui promettait d'abominables voluptés infécondes. Ah ! pouvoir se donner sans frein, sans limite, a toute heure, pour l'unique plaisir ! Et elle-m?me eut un instant la douloureuse face embrasée d'une criminelle br?lée vive, car elle était le désir farouche et torturé qui se refuse a faire de la vie, et qui, toujours, finit par en souffrir affreusement.
Reine la regardait, dans une extase de petite femme, coquette déja, que grisaient les flatteries d'une si belle dame. Toute vibrante de vanité satisfaite, elle se jeta entre ses bras.
- Oh ! madame, je vous aime bien !
Jusque sur le palier, les Morange accompagn?rent la baronne de Lowicz, que Reine suivait. Et ils ne trouvaient plus de remerciements assez chauds, pour dire leur bonheur de tout ce luxe, si convoité par eux, qui était ainsi venu chercher leur fille. Puis, la porte de l'appartement refermée, Valérie cria, en se précipitant sur le balcon :
- Nous allons les regarder partir.
Morange, qui ne songeait plus du tout a l'heure du bureau, vint s'accouder pr?s d'elle, appela Mathieu, le força, lui aussi, a se pencher. En bas, stationnait une victoria, tr?s correctement attelée, avec un cocher superbe, immobile sur le si?ge. Cette vue acheva d'exalter le ménage. Et, quand Sérafine, ayant fait monter l'enfant, l'installa pr?s d'elle, ils se mirent a rire tout haut.
- Est-elle jolie ! est-elle heureuse !
Reine, a ce moment, dut avoir la sensation qu'on la regardait. Elle leva la t?te, souriant, saluant. Et Sérafine fit de m?me, pendant que le cheval, prenant le trot, tournait le coin de l'avenue. Ce fut alors une explosion derni?re.
- Regardez-la, regardez-la ! répétait Valérie. Elle est si candide ! A douze ans, elle a encore l'innocence d'une enfant au berceau. Et vous savez que je ne la confie a personne... Hein ? ne dirait-on pas une petite duchesse qui a toujours eu voiture ?
Morange reprit son r?ve de fortune.
- Mais j'esp?re bien que, lorsque nous la marierons, elle en aura une... Laisse-moi entrer au Crédit National, tout ce que tu as pu désirer se réalisera.
Et, se tournant vers Mathieu :
- Voyons, mon cher, est-ce que ce ne serait pas un crime que de nous mettre un autre enfant sur les bras ? Nous sommes déja trois, et c'est si dur, l'argent a gagner... On en est quitte pour se surveiller un peu, quand on s'embrasse. Ce qui ne nous emp?che pas de nous adorer, n'est-ce pas, Valérie ?
PŁODNOŚĆ
KSIĘGA PIERWSZA.
I.
Dzisiejszego poranku Mateusz śpieszył się, by wyjść z pawilonu, leżącego na skraju lasu, w którym od miesiąca zamieszkiwał z żoną i z dziećmi; był w obawie opóźnienia się z przybyciem na dworzec kolei żelaznej, codziennie go wiozącej o godzinie siódmej z Janville do Paryża. Była teraz już godzina wpół do siódmej, a z pawilonu do Janville miał przeszło dwa kilometry pieszej drogi. Koleją jechał trzy kwadranse, a z paryskiego dworca kolei Północnej miał jeszcze conajmniej drugie trzy kwadranse, by stanąć na bulwarze Grenelle; tym sposobem przybywał do biura zaledwie o godzinie wpół do dziewiątej.
Na szczęście dzieci dziś spały, gdy je pocałował na pożegnanie; inaczej, byłyby go zatrzymały, zarzucając mu rączki na szyję, śmiejąc się, szczebiocząc, całując. Wracając z ich pokoju do sypialni, zastał Maryannę, swoją żonę, jeszcze w łóżku, ale już się przebudziła i wstawała. Pobiegła teraz ku oknu, odsłoniła firankę i wesołe, majowe słońce opromieniło całą jej młodzieńczą postać. Miała lat dwadzieścia cztery, on był o trzy lata od niej starszy i bardzo w niej rozkochany.
- Wiesz, moja droga, bardzo się śpieszę, boję się, że spóźnię się na pociąg. Więc myślisz, że starczysz dziś z pieniędzmi? Masz zaledwie trzydzieści susów? Wszak masz tyle?
Maryanna się roześmiała, a śliczną była z obnażonemi ramionami, cała opłynięta długiemi zwojami bujnych czarnych włosów. Pomimo, że żyli w ciągłym niedostatku, pozostała równie wesołą, jak w pierwszym roku po zamążpójściu, gdy miała lat siedemnaście, a on dwadzieścia. Odtąd, dochowali się aż czworga dzieci.
- Dziś jest ostatni dzień miesiąca, zatem wieczorem przywieziesz mi swoją pensyę. Jutro poopłacam drobne długi w Janville. Nie lubię być winną małżeństwu Lepailleur, bo, dając mi na kredyt mleko i jaja, robią minę zaniepokojoną, jakby w obawie, że ich okradnę... Ale mam na dziś trzydzieści susów, więc bądź o nas spokojny, mój najdroższy, wyprawimy sobie hulankę, co się zowie!
Mówiąc, śmiała się i podawała mu ramiona do pożegnalnych pocałunków, jak zwykle każdego poranku.
- No, idź, idź kiedy ci tak pilno... Wieczorem będę na ciebie czekała na moście.
- Nie, nie, połóż się wcześnie, nie czekaj na mnie. Wiesz, że dzisiaj wrócę późno, bo w najlepszym razie, jeżeli zdążę wsiąść do wagonu o kwadrans przed jedenastą, to przyjadę do Janville o wpół do dwunastej w nocy. To dzień będę miał dzisiaj. Obiecałem państwu Morange, że będę u nich na śniadania w południe, a wieczorem Beauch?ne wyprawia obiad jednemu ze swoich klieatów i muszę dotrzymywać im towarzystwa. Zatem, nie czekaj dziś na mnie, połóż się wcześnie do łóżka i śpij, to czas nie będzie ci się dłużył...
Potrząsnęła figlarnie główką, nie zobowiązując się żadnem przyrzeczeniem. A po chwili rzekła:
- Ale nie zapomnij wstąpić do właściciela i powiedz mu, że deszcz zalewa w pokoju dzieci. Pan Seguin du Hordel, jest milionerem, ale kiedy nam wynajął pawilon za sześćset franków rocznie, to niech dba, jak każdy inny kamienicznik, by lokatorom woda nie płynęła na głowy z sufitu.
- Dobrze, żeś mi przypomniała, byłbym zapomniał. Pójdę do niego, możesz być spokojna, że pójdę.
Objął żonę ramionami, tulił do siebie i całował, zapominając o naglącej godzinie wyjścia. Śmiała się, głośno go nawzajem całując. Nigdy dość nacieszyć się sobą nie mogli, miłując się całkowitością zdrowia i młodości ciał swoich, których jedność zlewała się z jednością dusz ich obojga.
- Idź już sobie, idź mój najdroższy. Ach, pamiętaj także powiedzieć Konstancji, że obiecała przyjechać tu do nas której niedzieli z Maurycym, pierwej nim wyjedzie gdzie na letnie miesiące.
- Dobrze, dobrze, powiem jej. A więc, do widzenia, żegnaj mi jedyna.
Jeszcze raz odedrzwi zawrócił, porwał ją w objęcia, mocno do siebie przycisnął, ucałował i uciekł z pokoju, by nie uledz nowej pokusie pieszczoty.
W Paryżu przestrzeń pomiędzy dworcem kolei Północnej a bulwarem Grenelle, przebywał zwykle omnibusem, lecz gdy w domu było tak jak dzisiaj tylko trzydzieści susów, szedł do biura piechotą. Prawda, że drogę miał piękną przez ulicę Lafayette, obok Opery, przez Wielkie Bulwary, ulicę Royale, a przeciąwszy plac Zgody szedł bulwarem Cours la Reine, mostem Alma i nadbrzeżem d'Orsey.
Zakład przemysłowy pana Beauch?ne znajdował się na samym końcu nadbrzeża d'Orsay, pomiędzy ulicą de la Féderation a bulwarem Grenelle. Jeden z rogów czworobocznego gruntu rozległej posiadłości, wysuwał się ka rzece i stał na nim ładny, obszerny pałacyk, wystawiony przez Leona Beauch?ne, ojca Aleksandra, teraz niejszego właściciela. Z balkonów był daleki widok po za Sekwanę, na wzgórza Passy, pokryte domami i zielonością, na prawo zaś, tuż blizko na wysokie wieże pałacu Trocadero, zaś bliżej jeszcze, bo wzdłuż ulicy de la Féderation, ciągnął się ogród, otaczający niewielki domek, niegdyś siedlisko rodziny Beauch?ne, gdy skromnie mieszkając i oszczędnie żyjąc, pracą zdobyli majątek. Z tylu, po za ogrodem, znajdowały się budynki fabryczne, składy, podszopia, mnóstwo starych, nizkich budowli, nad któremi sterczały dwa wysokie, murowane kominy. Od strony bulwaru Grenelle, posesya kończyła oię grubym marun bez żadnego okna. Zakład przemysłowy Beauch?ne wyrabiał przeważnie maszyny i narzędzia rolnicze, począwszy od najprostszych, do najbardziej złożonych. Prócz kilkuset mężczyzn, codziennie tutaj pracujących, fabryka zatrudniała przeszło pięćdziesiąt kobiet, polerowniczek.
Do fabryki i do biur wchodziło się bramą, od ulicy de la Fédération. Brukowane, olbrzymie podwórze było zwykle pokryte czarnym, węglanym pyłem, a rynsztokami odpływała ku ściekom, gorąca, parująca woda. Z wysokich kominów buchały gęste kłęby dymów, a z nad dachów, z zakrzywionych rur, wydobywała się biała para, idąca od maszyn, napełniających powietrze przygłuszonem warczeniem. Ziemia, ściany i dachy drżały natężoną siłą ruchu, panującego wewnątrz budynków.
Wielki zegar na środkowej fasadzie wskazywał pięć minut po wpół do dziewiątej, gdy Mateusz przeszedłszy pod bramą, skierował się podwórzem do pracowni rysowniczej, której był głównym zarządzającym. Pracował tutaj od lat ośmiu. Miał lat dziewiętnaście, gdy skończywszy techniczne wykształcenie, wstąpił jako rysownik do zakłada Beauch?ne, otrzymując miesięcznie sto tranków pensyi. Ojciec jego, Piotr Froment, mając z żony swej, Maryi, czterech synów: Jana, Matensza, Marka i Łukasza, pozostawił im wolność obrania sobie zawodu, wymagając wszakże, by każdy znał dokładnie jakieś rzemiosło.
Ody Mateusz wstąpił do zakładu Beauch?ne, jako rysownik, było to w rok po śmierci Leona, ojca teraźniejszego właściciela, który dopiero co ożenił się z Konstancyą, córką bogatego fabrykanta obić papierowych. Mateusz był więc pod rozkazami człowieka bardzo jeszcze młodego, zaledwie o lat pięć starszego od siebie. Bywając u niego w domu, poznał Maryannę, szesnastoletnią, ubogą kuzynkę Aleksandra, a w rok później został jej mężem.
Maryanna od dwunastego roku życia była wychowywana w domu i na łasce swego stryja, Leona Beauch?ne. Brat jego, Feliks, po wielu niepowodzeniach, przeniósł się z żoną i z córką do Algeryi; założone tu rolne gospodarstwo poszło pomyślnie, lecz nagle wybuchły rozruchy pomiędzy krajowcami, kolonię splądrowali, budynki spalili, mieszkańców wymordowali, tylko Maryanna cudem pozostała przy życiu, a jedynem miejscem przytułku dla sieroty był dom stryja Leona, który do końca życia okazywał względem niej szczere przywiązanie. Maryanna rosła w towarzystwie nieco ociężałego Aleksandra i młodej jego siostry Serafiny, dziewczyny narwanej i złej, lecz która na szczęście, prawie zaraz, dom rodzicielski opuściła, uciekłszy, mając zaledwie lat osiemnaście, z jakimś baronem de Lowetzow, baronem autentycznym, ale oszustem i awanturnikiem. By skandal zakończyć, wydano Serafinę za niego zamąż z posagiem trzystu tysięcy franków. Zaraz po śmierci ojca i Aleksander się ożenił. Poślubił on Konstancyę nie z miłości, ale dla pieniędzy, jedynie dla tego, że wniosła mu gotówką pół miliona franków. Od tej chwili Maryanna poczuła się obcą w tym domu przy swej nowej kuzynce, kobiecie oschłego serca i despotycznego charakteru. Lecz Mateusz był tutaj, a już po kilku miesiącach znajomości, pokochali się wzajemnie, nie tą gwałtowną, namiętną miłością, rzucającą kochanków w objęcia, lecz miłością, opierającą się na serdecznem przywiązaniu, szacunku i pewności szczęścia z wzajemnego daru samych siebie, a co w tych warunkach rzeczywiście stanowi nierozerwalne małżeństwo. Z radosnem upojeniem pobrali się nie mając grosza majątku, ale wieczyste bogactwo serc sobie oddanych. Mateusz otrzymał podwyższenie pensyi, zarabiał teraz dwieście franków na miesiąc, Aleksander dał mu przytem do zrozumienia, że z czasem, w dalekiej przyszłości, może mieć nadzieję zostania wspólnikiem zakładu.
Powoli Mateusz zaczął się stawać nieodzownie potrzebnym w fabryce, która przeszła kryzys grożący upadkiem. Posag, jaki ojciec musiał wypłacić dla kupienia męża swojej córce, inne grube wydatki, spowodowane rozrzutnością i lekkomyślnością Serafiny, zmusiły go do zmniejszenia obrotowego kapitału w zakładzie. Gdy umarł, spostrzeżono, iż przez niedbałość, wzorem wielu innych, nie zrobił testamentu, Serafina zaś natychmiastowo i natarczywie dopominała się u brata spłaty przypadającego na nią działu, pragnąc go zrujnować i zmusić do sprzedania fabryki. Zarobiony przez ojca majątek, łatwo mógł się teraz zmarnować, nieledwie w niwecz obrócić. Aleksander Beauch?ne po wielu latach nie mógł spokojnie myśleć o dniach trwogi, jakie wtedy przeżywał. Zdołał wreszcie zgromadzić dość pieniędzy, by zaspokoić żądania siostry, lecz poderwał swój kredyt i dla oczyszczenia się z zaciągniętych długów, ożenił się z Konstaucyą, kobietą brzydką, nieledwie że wstrętną dla niego, jako dla mężczyzny i tak płaską, chudą, że jeszcze przed ślubem nazywał ją "suchą kością". W kilka lat później interesa fabryki stały świetnie, przynosząc zdwojone dochody, a Mateusz, który był jednym z najgorliwszych i najzdolniejszych współpracowników, został mianowany głównym rysownikiem z pensyą czterech tysięcy dwustu franków rocznie.
Morange, główny buchalter, którego biuro było w sąsiedztwie, wyjrzał, usłyszawszy nadejście Mateusza, zasiadającego przed rysowniczym stołem i zawołał:
- Panie Froment, a nie zapominaj, że dziś w południe jesteś zaproszony do nas na śniadanie!
- Pamiętam, pamiętam, kochany panie Morange. Wyjdziemy ztąd razem.
Mateusz zabrał się do przeglądania planu młockarni parowej swojego pomysłu, która obok wielkiej prostoty, posiadała cenne strony praktyczne. Pracował nad nią oddawna, a dziś właśnie po południu miał ją oglądać pan Firon Badinier, bogaty właściciel ziemski, ze środkowych okolic Francyi.
Drzwi od gabinetu pryncypała otworzyły się i wszedł Aleksander Beauch?ae. Był wysokiego wzrostu o twarzy rumianej, wązkiom czole i wypukłych oczach. Miał nos wielki, usta o grubych wargach i wielką, czarną brodę, bardzo starannie utrzymaną, równie jak włosy, które zaczesywał w tył, by przysłonić łysinę dość znaczną, zwłaszcza jak na człowieka, mającego zaledwie lat trzydzieści dwa. Od samego rana nosił tużurek, wszedł paląc cygaro, a silny organ jego głosu, ruchliwość, wesołość, czynność, świadczyły o dobrym stanie zdrowia. Był egoistą nieżałującym pieniędzy na swoje przyjemności, a pieczę o dobre procentowanie kapitału za pomocą pracy innych, uważał za najważniejszy cel życia.
- Plan gotowy... Wszak tak?... Pan Firon Badinier powtórnie napisał, donosząc, że przyjdzie dzisiaj o godzinie trzeciej. Wszak ci mówiłem, że cię wezmę do restauracyi na obiad, który mu wyprawiam?... Takich panów, jak on najskuteczniej się popycha do dania dobrych obstalunków, gdy się im postawi przednie wina za stołem. W domu nie mogę urządzać takich przyjęć, bo Konstancya tego nie lubi... Czyś uprzedził Maryannę, że dziś później wrócisz do siebie na wieś?...
- Tak, powiedziałem jej, że wyjadę z Paryża dopiero o trzy kwadranse na jedenastą.
Beauch?ne rzucił się ociężale na krzesło.
- Ach, wiesz, jestem zmordowany! Byłem wczoraj na obiedzie w mieście i położyłem się spać o godzinie pierwszej w nocy. A wstałem jak zwykle, wiedząc, że mam mnóstwo roboty od samego rana. By żyć w takich warunkach, trzeba mieć żelazne zdrowie!
Beauch?ae rzeczywiście bardzo czynnie zajmował się swoim zakładem. Dawał dowody niepospolitej energii, a przytem posiadał spryt do przeprowadzania korzystnych interesów. Zrana, pierwszy był na nogach, wszystko widział, wszystko umiał powiedzieć i dzięki zapobiegliwości, corocznie zdwajał cyfrę swoich dochodów. Jednakże od pewnego czasu zaczynało mu dokuczać znużenie. Obok pracy zawodowej lubił hulanki, o niektórych mówił jawnie, inne zaś starannie ukrywał, lecz wracał z nich zmęczony i "bokami wtedy robił", jak sam się wyrażał.
Wpatrzył się w Mateusza.
- Dzielnie wyglądasz... Powiedz mi, jak się urządzasz, by nigdy po tobie nie znać było zmęczenia?...
Mateusz stał teraz przed swoim stołem i rzeczywiście wyglądał zdrowo i silnie, jak młody dąb pełem żywotnych soków. Był wysoki, szczupły, czoło miał wyniosłe, w kształcie wieży, co było charakterystycznem znamieniem rodu Froment. Gęste włosy nosił krótko przystrzyżone, równie jak brodę, zakończoną szpiczasto. Oczy miał głęboko osadzone, jasne, żywe, a zarazem myślące i prawie zawsze uśmiechnięte. Był to człowiek czynny i rozważny, pełen prostoty, pełen wesołości i wielkiej dobroci.
- O ja! - odrzekł śmiejąc się - dobrze wygłądam, bo prowadzę się statecznie.
Beauch?ne zaprotestował.
- Nie mów tego! Ty się wcale statecznie nie prowadzisz! Najlepszy dowód żeś zdążył już być ojcem czworga dzieci, mając lat dwadzieścia siedem! A na początek wystąpiłeś z bliźniętami! Twój Błażej i Dyonizy jednego dnia się urodzili! A zaraz, niedługo zjawił się Ambroży, a niedawno Rózia! Już nie licząc córeczki, która umarła zaraz po przyjściu na świat, gdyby nie to, miałbyś ich teraz pięcioro! Nie, mój kochany, to nie ty, ale ja statecznie się prowadzę! mam tylko jednego syna i jako człowiek rozsądny, nie chcę mieć więcej dzieci!
Był to zwykły temat fartów ze strony Beauch?ne. Niejednokrotnie oburzał się nawet na młode małżeństwo nie mające majątku, a płodzące coraz liczniejsze potomstwo, co nazywał skandaliczną niedorzecznością.
Mateusz zbywał to śmiechem, nieodpowiadając, jak zwykle. Wtem wszedł do biura ojciec Moineaud, robotnik, którego nazywano "ojcem", chociaż miał zaledwie lat czterdzieści trzy. Był nizki, barczysty, o głowie okrągłej, o karku potężnym, jak u byka, o twarzy i rękach zniszczonych ćwierćwiekową, ustawiczną i ciężką pracą mechanika. Przyszedł zawiadomić pryncypała o wynikłej trudności w zestawieniu budującej się żniwiarki. Lecz ten, nie dając mu przyjść do słowa, wzburzony przeciwko zbyt licznym familiom, spytał:
- A ty, ojcze Moineaud, ile masz dzieci?
- Siedmioro, proszę pana, a troje mi umarło - odpowiedział robotnik, nieco zadziwiony tem niespodziewanem pytaniem.
- Więc, gdyby tamci żyli, miałbyś dziesięcioro! Ładna czereda! Jakże w takich warunkach ludzie mają nie zdychać z głodu!
Moineaud roześmiał się z wesołością paryzkiego robotnika, żyjącego z dnia na dzień, a którego jedynem używaniem jest pieszczota z żoną, zwłaszcza po wypiciu paru dodatkowych kieliszków wina. Dzieciska się sypały sam nie wiedział kiedy, a kochał je wszystkie, zwłaszcza dopóki nie wyfrunęły z rodzicielskiego domu. Wreszcie dzieci wcześnie zaczynają zarabiać zwiększając dochody rodziny. Na zakończenie swoich wywodów, rzekł to, co uważał za rzeczywistą prawdę:
- Proszę pana to nie ja, ale moja żona je fabrykuje!
Wszyscy trzej się roześmieli, a gdy Moineaud wreszcie objaśnił, co go sprowadziło do biura, poszli razem, by osobiście się przekonać, jaką poprawkę należało zrobić w żniwiarce. Już weszli na korytarz, lecz Beauch?ne, zamiast iść prosto, otworzył drzwi do pracowni kobiet, by jak zwykle rzucić i tutaj okiem na robotę. Pracownia składała się z obszernej, długiej sali, w której polerowniczki, ubrane w długie, czarne, wełniane bluzy, siedziały dwoma rzędami przy warsztatach i przygotowane przez siebie sztuki, podawały do oszlifowania. Prawie wszystkie były młode, wiele pomiędzy niemi było ładnych, lecz przeważnie miały w sobie coś pospolitego, gminnego. Czuć było tutaj woń zwierząt i jełkiej oliwy.
Regulamin nakazywał milczenie podczas roboty. Ale wszystkie paplały pomiędzy sobą. Glosy milkły dopiero w chwili, gdy wchodził pryncypał. Lecz teraz jedna z robotnic, mając głowę odwróconą w przeciwną stronę, nie wiedziała o jego obecności i w dalszym ciąga zajadle kłóciła się z inną. Były to dwie siostry i właśnie córki ojca Moineaud. Eufrazya, młodsza, ta, która teraz krzyczała była chudą, siedemnastoletnią dziewczyną o jasnych, wypłowiałych włosach, o twarzy długiej, szpiczastej, była brzydka i zła; starsza zaś, Norma, miała lat dziewiętnaście, włosy blond, złotawego koloru, płeć białą jak mleko, była tłusta, tęga, o rozrosłych ramionach i biodrach, o twarzy młodością jaśniejącej jak słońce, o czarnych oczach błyszczących z pod kędzierzawej powodzi rozwiewających się pukli, był to świeży paryzki buziaczek ponętny krasą, jak wiosna.
Chytrością powodowana Norina nie dała znaku siostrze o przybyciu pryncypała, ciesząc się, że Eufrazya, z którą bezustannie się sprzeczała, zostanie teraz złapana na gorącym uczynku. I rzeczywiście, dopiero za odezwaniem się Beauch?ne'a zamilkła. Był on bardzo surowy w obejściu z robotnicami wiernym pozostając teoryi, że pryncypał jest zgubiony, jeżeli się śmieje i żartuje w pracowni kobiet. Pomimo, że uchodził za człowieka wiele pozwalającego sobie po za domem, nigdy nie zdołano spostrzedz, by wyróżnił, chociażby chwilowo którą z młodych dziewczyn, pracujących u niego w zakładzie.
- Cóż to znaczy? - zawołał. - Proszę milczeć panno Eufrazyo... Prowadzisz się panna nieprzyzwoicie, przekraczasz przepisy, będziesz więc miała wytrącone dwadzieścia susów kary, a jeżeli jeszcze kiedy się to powtórzy, to przez tydzień nie będzie ci wolno przyjść do roboty.
Dziewczyna z przerażeniem odwróciła się ku mówiącemu. Dusząc się ze złości, rzuciła mściwym wzrokiem na siostrę, lecz ta spokojnie uśmiechnięta, ufna w swoją urodę, patrzała wprost na pryncypała, pewna, że nic jej nie może zarzucić. Oczy się ich spotkały i zatrzymały w sobie przez chwilę. Beauch?ne się odwrócił i z czerwieńszemi policzkami rzekł do wszystkich:
- Gdy tylko dozorczyni wyjdzie, chociażby na chwilę, gadacie jak sroki. Radzę wam, byście się strzegły, bo kara was nie minie.
Moineaud stał milcząc, obojętny, jakby nie były jego córkami, te dwie robotnice, z których jedną ukarano, bo druga, na przekorę siostrze, nie przestrzegła jej o wejściu pryncypała. Przeszedłszy wzdłuż pracownię, trzej mężczyźni wyszli, pozostawiając po za sobą głuche milczenie wśród monotonnego warczenia małych toczydeł.
Załatwiwszy się z trudnościami, zaszłemi przy zestawieniu żniwiarki, wydawszy różne rozporządzenia, Beauch?ae powrócił do swego prywatnego mieszkania, zabrawszy z sobą Mateusza, który chciał złożyć zaproszenie Konstaucyi, jak ma to zaleciła Maryanna. Owęglone budynki zakładu były połączone z wytwornym pałacykiem szeroką oszkloną galeryą. Znaleźli Konstancyę w saloniku, wybitym żółtym atłasem. Siedziała przy kanapie, na której leżał Maurycy, jedyny i ukochany jej siedmioletni synek.
- Czy on chory? - zapytał Mateusz, witając się.
Chłopczyk był silnie zbudowany, bardzo podobny do ojca, lecz z dolną szczęką więcej rozwiniętą. Leżał teraz blady, z nabrzmiałemi i nieco podsiniałemi powiekami. Matka, owa "sucha kość" była nizkiego wzrostu brunetką, o brzydkiej cerze i już zwiędnięta, pomimo, że miała dopiero lat dwadzieścia sześć. Patrząc na syna z egoistycznem zadowoleniem, odpowiedziała:
- O, nie! on nigdy nie choruje! Ale narzeka na ból w nogach. Więc położyłam go na kanapie, by się wyciągnął i czekam na doktora Boutan, bo napisałam do niego wczoraj wieczorem, prosząc by przyszedł dziś rano.
- Ach te kobiety! - zawołał Beauch?ne, wybuchnąwszy śmiechem. Zawsze się muszą o coś niepokoić. Dość spojrzeć, by wiedzieć, że nasz chłopak jest mocny i zdrów, jak rzadko które dziecko! Obciąłbym kogo znaleść, ktoby mi za przeczył!
W tejże chwili nadszedł doktor Boutan. Był niski, tłusty z oczyma przenikliwemi i patrzącemi rozumnie, twarz miał wygoloną, dobrą, a lat musiał mieć około czterdziestu. Zbliżywszy się do dziecka, zbadał je dokładnie, zeskultował i rzekł ze zwykłą sobie łagodnością, ale z powagą:
- Nic mu nie grozi, nie mu nie jest. Rośnie. A blady jest, bo przebył zimę w Paryżu, w zamkniętych pokojach, nabierze zdrowej cery, gdy przez kilka miesięcy będzie na wsi, na świeżem powietrzu.
- A co? nie mówiłem! - zawołał Beauch?ne tryumfująco.
Konstancya trzymała w dłoniach rączkę swego syna, który znów się położył i jakby ze zmęczenia przymknął powieki. Zadowolona ze słów doktora, uśmiechała się, stając się mniej brzydką. Zaś doktór rozsiadł się na fotela, lubiąc gawędzić w przyjaznych sobie domach. Był akuszerem i leczył przeważnie kobiece choroby i dziecinne, przywykł, że go uważano za naturalnego spowiednika, znał wszystkie tajemnice i w każdej rodzinie u klijentów był jakby u siebie. Był przy połogu Konstancyi oraz przy wszystkich połogach Maryanny.
Mateusz stał dotąd, nie mając sposobności wywiązania się z polecenia, danego przez żonę. Odezwał się teraz:
- Jeżeli ma pani niedługo wyjechać na wieś, to może pierwej zechce pani nas odwiedzić. Może w tę niedzielę? Moja żona pragnie pani pokazać nasze obozowisko.
Zaczął żartobliwie opisywać odludny pawilon, w którym zamieszkiwali, opowiadając, że już mają około tuzina talerzy i pięć czarek do jaj na miękko. Beauch?ne znał pawilon i całą okolicę, bo każdej zimy często tam polował, będąc jednym z akcyonaryuszów na prawo polowania po rozległych lasach i pustkowiach, w ten sposób pokaźne dających dochody właścicielowi gruntu.
- Séguin jest moim przyjacielem... Jadłem z nim śniadanie w teraźniejszym waszym pawilonie. Ale to nie pawilon, tylko buda!
Konstancy a pogardliwie się uśmiechnęła nad nędzą takiej rezydencyi, przypominając sobie, że coś jej o tem opowiadała pani Séguin, Walentyna, jak ją nazywała. Tak, ów pawilon, to zupełna rudera. Doktór odezwał się z uśmiechem:
- Pani Séguin jest jedną z moich pacyentek. Po ostatnim połogu radziłem jej, by zamieszkała w tym pawilonie. Powietrze jest tam wyborne i dzieci muszą rosnąć, jak grzyby po deszczu!
Beauch?ne parsknął śmiechem, zadowolony z okazyi do zwykłych żartów.
- No, Mateuszu! strzeż się! Kiedyż będzie piąte?...
- Ach! toż to byłoby prawdziwem szaleństwem! zawoła Konstancya z oburzeniem. Mam nadzieję, że Maryanna poprzestanie aa tem, co jat ma... Inaczej, to byłoby grzechem nie do darowania.
Mateusz wiedział, o ile te słowa były skierowane do niego. Konstancya drwiła wraz z mężem z niego i z Maryanny, litowała się nad nimi, albo wprost gniewała, nie pojmując, jak można ii taką lekkomyślnością skazywać się na biedę. Wszak urodzenie się Rózi, ich ostatniego dziecka, zmusiło ich do wyprowadzenia się na wieś i zamieszkania w norze, jak nędzarze. I pomimo takiej ostateczności jeszcze chcą się dalej narażać na nieostrożność? Doprawdy możnaby przypuścić, że się nie lękają piątego dziecka, chociaż nie mają nic, ani jednego grosza kapitału, ani jednej piędzi ziemi pod słońcem! Krygując się z wymuszoną pruderyą, dodała:
- Wreszcie, to byłoby wprost obrzydliwością... Gdy widzę małżeńskie pary, wiodące za sobą bandę dzieciarni, odwracam się ze wstrętem jak od pijaków. Jeden nałóg wart drugiego i niewiem, który paskudniejszy!
Beauch?ne znów głośno się roześmiał, chociaż prawdopodobnie miał on inne na to poglądy. Mateusz słuchał obojętnie. Mafyanna i Konstaneya w niczem nie mogły się z sobą porozumieć, bo były pod każdym względem od siebie odmienne, on zaś uśmiechem zbywał wszystkie napaści, nie chcąc wywoływać sprzeczki, mogącej się zakończyć zerwaniem stosunków a więc i utratą miejsca w zakładzie. Naglony, by coś odpowiedział, rzekł:
- Ma pani słuszność, że to byłoby nierozsądnie.. Ale, jeżeli piąte dziecko się urodzi, wszak nie będzie można je odesłać z powrotem.
- Ale można się od niego zabezpieczyć! - zawołał Beauch?ne.
- Zabezpieczyć!... zabezpieczyć! - powtarzał doktór Boutan, który dobrodusznie przysłuchiwał się rozmowie. Wszystkie sposoby, jakie znam, są zbrodnicze i szkodliwe.
Beauch?ne zaczynał się zapalać, bo zdawało mu się, że kwestyę tę, łączącą się z obniżającym się przyrostem ludności we Francyi, znał bardzo gruntownie i rozstrzygał decydująco z miną mówcy. Wiedząc, że Boutan jest zwolennikiem licznych familii, odmówił mu głosu, żartując, że jako akuszer, nie może mieć w tym kierunku bezinteresownej opinii. Przyzwał na pomoc pobieżnie znane wieści o Malthusie, geometryczny przyrost ludności, a arytmetyczny przyrost pożywienia, ziemię przeludnioną, a za dwa wieki i ogólny pomór głodowy. Ludzie ubodzy sami sobie są winni, jeżeli przymierają z nędzy, powinni umieć się ograniczyć i płodzić tylko tyle dzieci, ile mogą wyżywić. Bogacze, którym bezzasadnie przypisują krzywdzenie społeczeństwa, nietylko że nie są przyczyną panującej nędzy, lecz przeciwnie, dają oni z siebie samych przykład, ograniczając się w liczbie potomstwa, a tem samem pouczając, jak powinien postępować każdy uczciwy obywatel kraju. Z tryumfującą miną utrzymywał, że osobiście nic nie ma sobie do wyrzucenia, bo dorabiając codzień majątku, ma spokojne sumienie, że nie powiększy liczby nędzarzy, a zatem, niechaj każdy w ten sposób postępuje! Nie warto dbać o nędzarzy, bo oni dobrowolnie w nędzę się pogrążają!
Na próżno doktór wołał, że hipoteza Malthusa już nie ma obecnie żadnej naukowej podstawy, że Malthus opierał swoje obliczenia na możliwym przyroście, a nie na przyroście rzeczywistym; napróżno doktór dowodził, że obecny kryzys ekonomiczny pochodzi z wadliwego rozkładu bogactw, że przyczyną nędzy jest ucisk, wywierany przez wszechwładny ustrój kapitalistyczny, a że z dniem, kiedy praca zostanie prawidłowo rozłożona i sprawiedliwie przez każdego wyzyskana, okaże się, że ziemia jest w stanie wyżywić ludność dziesięć razy liczniejszą.
Beauch?ne uśmiechał się z pobłażliwą wyższością, nazywał te dowodzenia mrzonkami, wreszcie, cóż go to może obchodzić? Był zadowolony, że jest bogaty, a ci, którzy mają ochotę zdobyć bogactwa, niechaj go naśladują!
- Zatem, zgadzasz się pan na koniec Francyi? - spytał szyderczo Boutan. Przyrost ludności w Anglii, w Niemczech, w Rossyi, wciąż się wzmaga, podczas gdy we Francyi również stopniowo i stale się obniża. Liczebnie, już dziś jesteśmy na niższym rzędzie państw europejskich; a liczba ma obecnie ważniejsze, aniżeli kiedykolwiek znaczenie. Obliczono, że każda familia powinna mieć, przecięciowe czworo dzieci, by ludność wzrastała, a tem samem świadczyła o żywotnej sile narodu. Masz pań tylko jedno dziecko, zatem jesteś złym patryotą!
Beauch?e wybuchnął, dławiąc się z gniewu:
- Ja! Ja mam być złym patryotą! ja, który zabijam się pracą, ja, który sprzedaję moje maszyny nawet zagranicą! Prawda, że pomiędzy naszymi znajomymi są tacy, którzy mogą sobie pozwolić nawet na czworo dzieci, i ci, mogąc to uczynić, są do pewnego stopnia winni, tego nie robiąc... Ale ja, ja nie mogę! znasz doktorze różne okoliczności, które dostatecznie mnie tłomaczą. Ja, w mojem położeniu nie mogę mieć więcej nad jedno dziecko.
Po raz sety przedstawił swoje przyczyny: przecież zakład o mało co nie wyślizgnął mu się z ręki z powodu, że chciało nieszczęście, by miał siostrę. Serafina szkaradnie względem niego postąpiła: trzeba było jej dać posag, a po śmierci ojca zażądała natychmiastowego równego działu. Wymagania siostry nieledwie że go zrujnowały, a przynajmniej na długo powstrzymały rozwój pomyślnie idącego przemysłowego przedsiębiorstwa. Nauczony doświadczeniem, nie popełni on nieostrożności, jakiej się dopuścił jego ojciec! Dając brata, albo siostrę swojemu jedynakowi, naraziłby go na śmiertelne kłopoty, przez jakie sam ledwo że przebrnął! Nie! nie! zanadto on dba o szczęście swojego dziecka, by go narazić na podział spadku, do czego byłby przymuszony źle ustanowionemi prawami! Maurycy będzie wyłącznym posiadaczem majątku, który rozpoczęty przez dziadka, w dziesięcioro zostanie przysporzony przez ojca. Tak, on kocha swojego syna, marzy dla niego o bogactwie, o kolosalnych dochodach, bo tylko pieniądz dziś zapewnia władzę.
Konstancya, nie wypuszczając ręki syna, patrzała na bladą jego twarz ze wzrastającą pychą, z tą pychą dorobkiewiczów, dumnych z posiadania pieniędzy, jak niegdyś szlachta ze starożytności rodu. On, jej syn, niechaj będzie jedynym dziedzicem majątku rodziców, by stać się potężnym i być królem, albo księciem w świecie przemysłowym, dzierżącym pierwszeństwo w teraźniejszym ustroju społecznym.
- Bądź spokojny, mój maleńki - rzekła pochylając się nad synem. Nie będziesz miał, ani brata, ani siostry. Twoi rodzice ciebie kochają i zabezpieczą cię od tego. A jeżeliby ojciec kiedy chwilowo o tem zapomniał, to ja, twoja matka potrafię go dopilnować.
Ostatnie słowa żony przywróciły mężowi zwykłą, hałaśliwą wesołość. Dobrze on wiedział, że jest ona jeszcze zawziętszą od niego w postanowieniu ograniczenia się ni jednem tylko dziecka. On miał naturę brutalną, zmysłową i niezręcznie się stosował do wymagań, otwierających mu małżeńską alkowę, szukał więc realniejszych zadowolnień po za domem; ona musiała o tem wiedzieć, lecz z pobłażliwością zamykała oczy.
Teraz i on się pochylił, by pocałować leżące dziecko.
- Czy słyszałeś malcze? Mama powiedziała prawdę, nie pójdziemy szukać w kapuście ani brata, ani siostry dla ciebie!
A obróciwszy się w stronę doktora, dodał:
- Kobiety mają różne swoje sposoby, żeby ustrzedz się od tego, czego nie chcą...
- Niestety! wiem coś o tem - odrzekł doktór łagodnie. Niedawno leczyłem jedną, lecz niemogłem jej uratować, umarła.
Od tej chwili Beauch?ne stał się jeszcze hałaśliwiej wesoły, podczas, gdy Konstancya, czując się obrażoną, udawała, że nie nie rozumie. Mateusz nie wtrącał się do rozmowy, ale słuchał poważnie, bo kwestya obniżania się przyrostu ludności we Francyi miała wielką wagę w jego oczach. Wogóle kwestya ta wydawała mu się najważniejszą, decydującą o całej ludzkości i świecie. Każdy krok cywilizacyjnego postępu był spowodowany przyrostem ludności. Narody podatniejsze rozwojowem ewolucyom szybko się rozmnażały, rozsypując się po wszystkich zakątkach ziemi. A ewolucya jutrzejsza, ku prawdzie i sprawiedliwości, czyż się ona nie uskuteczni pod naporem warstwy najludniejszej, roboczego ludu, warstwy już dzisiaj płodnej w rewolucyjny ferment najbliższej przyszłości.
Mateusz myślał nad tem często, lecz od bliższych dociekań i jaśniejszego formułowania poglądów w tym kierunku, był powstrzymywany ciągłemi drwinkami państwa Beauch?ne; nieraz czuł się zakłopotany, wprost zawstydzony że ma aż czworo dzieci. Najczęściej wszakże odczuwał w myśli dawane przez nich rady przezorności i wierzył w dobro życia, w konieczność jego pełni, dla pełni szczęścia. Każda istota rodzi się wyłącznie w celu tworzenia istot sobie podobnych, przedłużania i przekazywania życia swojego gatunku, a doznawana w tej funkcyi rozkosz, czyż nie jest tylko zadowoleniem robotnika spełniającego swoje przeznaczenie.
Korzystając z chwilowej przerwy w rozmowie, spytał się Konstancyi:
- Zatem w przyszłą niedzielę pani do nas przyjedzie do Janville? Wszak możemy na to liczyć?...
Ledwo to wymówił, wszedł służący, oznajmiając, że jakaś kobieta z dzieckiem na ręku, pragnie widzieć się z panią. Beauch?ne wyjrzał, a poznawszy żonę ojca Moineaud, swojego mechanika, skinął, by weszła. Doktór już się miał żegnać, lecz został jeszcze, ciekawością powodowany.
Żona ojca Moineaud była nizką, krępą, czterdziestoletnią kobietą, z wygląda przypominającą męża. Przedwcześnie sterana, miała twarz szarą, oczy wyblakłe, włosy rzadkie i bezbarwne, usta o zatraconym rysunku, a po za niemi brakujące, zepsute zęby. Liczne połogi zniszczyły kształty jej ciała, stała się ociężałą i niedbałą o swoją powierzchowność.
- Cóż moja dobra kobieto życzycie sobie odemnie? - zapytała Konstancya.
Pani Moineaud była nieco wystraszona, niespodziewała się, że zastanie tutaj tyle osób. Nie śmiała się odezwać, przypuszczając, że będzie mogła się z panią rozmówić sam na sam.
- To wasze ostatnie dziecko? - zapytał Beauch?ne, patrząc na blade, mizerne niemowlę, które miała na ręku.
- Tak panie, to mój Alfredek... ma dziesiąty miesiąc... musiałam go odstawić od piersi, bo mleko mi zanikło. Przed nim miałam dziewięcioro, ale troje z nich umarło. Najstarszy Eugeniusz, jest gdzieś na końcu świata, w Tonkinie. W zakładzie u państwa pracują moje dwie najstarsze córki, Norina i Eufrazya... Troje mam jeszcze w domu... Wiktor ma lat piętnaście... Cecylia dziesięć, a Irma siedm... Myślałam, że Irma będzie ostatnią, bo przez kilka lat przestałam znosić dzieci, jak kura jaja... Byłam z tego zadowolona... Ale wtem, znów zaszłam w ciążę i urodził się ten malec... Doprawdy, że w moim wieka, bo mam już lat czterdzieści, możnaby się spodziewać spokoju pod tym względem, ale widocznie Bóg nas opuścił, mnie i mojego męża.
Beauch?ne się roześmiał, mówiąc:
- A czy wiecie, co wasz mąż utrzymuje?... Oto powiada, że nie on, ale wy dzieci fabrykujecie.
- Tak... to jego zwykłe gadanie... Naturalnie, że on nie wielką ma przytem robotę... Ale ja, to co innego, i doprawdy wyrzekłabym się całego tego kłopotu. W pierwszych latach po zamąż pójściu strasznie się martwiłam, zachodząc w ciążę.. - Lecz cóż było robić?... musiałam się poddać losowi... i nie opierałam się, bo przecież nie chciałam, by mi się mąż włóczył za innemi kobietami... Wreszcie, to poczciwy człowiek, pracowity, nie upija się na zabój, jak tylu innych, więc kiedy w tem jednem ma upodobanie, to przecież, jako żona, nie mogę go od siebie odpędzać.
Doktór Boutan, spokojnie na nią patrząc, zapytał:
- A czyście nie wiedzieli, że można męża nie odpędzać, ale zachować pewne ostrożności?
- Proszę pana to nie zawsze można się z tem uładzić... Jak mąż wróci do domu podchmielony, bo wypił parę szklanek wina za dużo w towarzystwie kolegów, to wtedy sam nie wie, co robi... Wreszcie, mój stary powiada, że to mu psuje całą przyjemność... Więc mu ustępuję i niech się dzieje, co chce.
Odtąd doktór stawiał jej pytania, unikając spojrzeć w stronę państwa Beauch?ne, lecz oczy jego błyszczały tajoną przekornością, znać było, że się bawił umyślnem podtrzymywaniem zasad, które dopiero co obalał, gdy je głosił bogaty właściciel zakładu, oburzający się przeciwko niepowściągliwej płodności. Doktór udawał teraz, że jest zgorszony i nieledwie że wymawiał pani Moineaud jej dziesięcioro dzieci. Bo jakiż los mogła tym dzieciom zabezpieczyć? Rodziła chłopców, by zgnili w koszarach, rodziła dziewczęta, by zgniły w publicznych domach! a obciążając się tak liczną rodziną, skazywała siebie i męża na ciągłą nędzę; chcąc módz zebrać jakie takie oszczędności, nie można sobie na kark sprowadzać bandy dzieciaków. Biedna kobieta ze smutkiem przyznawała, że słuszność jest po jego stronie, ale co prawda, to ani jej, ani też jej mężowi nigdy na myśl nie przyszło, by mogli uzbierać jakikolwiek majątek. Moineaud przecież nie może się spodziewać, by go mianowano ministrem! zatem jedno dziecko mniej albo więcej, nic w rzeczywistości nie zmieniało ich materyalnego położenia, a nawet spora gromada dzieci jest pomocą dla rodziców, bo wcześnie zaczynają pracować i przynoszą do domu zarobione pieniądze.
Beauch?ne milcząc przechadzał się zwolna po pokoju. Zapanował jakby jakiś chłód wzrastastający z każdą chwilą. Konstancja, chcąc przerwać nieprzyjemne wrażenie, znów się zapytała:
- Ale czegoście odemnie chcieli, moja dobra kobieto? Cóż mogę dla was uczynić?...
- Ach, proszę pani, przyszłam ja z wielką prośbo... Jest to coś, o co mój mąż nie śmiał prosić pana Beauch?ne... A ja myślałam, że panią zastanę samą i poproszę, by się za nami wstawiła... Oto pragniemy oboje i wielką wdzięczność mielibyśmy dla państwa, gdyby nasz Wiktor mógł wstąpić do roboty do pańskiego zakładu.
- Ale on ma dopiero piętnaście lat - rzekł Beauch?ne. - Poczekajcie, aż skończy lat szesnaście, prawo nie pozwala wcześniej.
- Wiemy o tem. Ale możeby można coś skłamać?.. Bo tak bardzo chcemy, aby Wiktor już pracował...
- Nie, moja kobieto, z prawem się nie żartuje... to jest niemożliwe.
Łzy stanęły w oczach matki Wiktora, Przy słuchujący się rozmowie Mateusz, czuł się teraz niezmiernie wzruszony. Ach, nieszczęśni ci niewolnicy pracy! sami przychodzą żebrać, by ich wyzyskiwano, gotowi kłamać, prawo opiekuńcze oszukać, pchani ku temu głodem, nędzą!
Gdy stroskana pani Moineaud wyszła, doktór zaczął mówić o pracy kobiet i dzieci. Zaraz od pierwszego połogu kobieta powinna porzucać swoje zajęcie w fabryce, a nawet wcześniej, bo na kilka miesięcy przed urodzeniem się dziecka inaczej szkodzi swojemu zdrowiu, oraz zdrowiu niemowlęcia; chcąc go karmić, jest wraz z niem przykuta w ciasnocie swojego mieszkania. Dzieci w tych warunkach zrodzone i chowane, są zwykle anemiczne, często niedołężne, a zbyt wcześnie zmuszone zarabiać, pracują po zniżonej cenie i wywołują ogólną obniżkę płacy robotników. Zaczął się zastanawiać nad płodnością najbiedniejszej warstwy ludności, która nic nie ryzykując stracić, a nie mając możności rozwijania ambitnych pożądań, rozmnaża się bez żadnej oględności. Cóż ztąd wynika? Oto że coraz więcej jest głodomorów i ludzi buntujących się przeciwko obecnemu ustrojowi społecznemu.
- Widzę do czego zmierzasz doktorze, zawołał Beauch?ne, zatrzymując się w dotychczasowej przechadzce po saloniku. Pragniesz złapać mnie na sprzeczności z samym sobą, chcesz, bym wyznał, że Moineaud dobrze robi, płodząc liczne potomstwo, które ja wyzyskuję, zapędzając do roboty w mojej fabryce, a że sam jestem egoistą, zadawalniającym się jednym tylko synem, bo pragnę mu przekazać majątek w całości, bez żadnego dzielenia się z rodzeństwem. Nie wypieram się tego, bo tak jest rzeczywiście... Lecz nie ja jeden postępuję w ten sposób! Francya już dzisiaj jest nazywana krajem familii o synach jedynakach. Ale kochany doktorze, to kwestya niesłychanie złożona, a pewien jestem, że racya jest po mojej stronie.
Wdał się w nowe objaśnienia swoich przekonań. Bijąc się pięścią w piersi, zapewniał, że jest liberałem, demokratą, gotowym żądać radykalnych ulepszeń społecznych. Tak, ale kraj potrzebuje żołnierzy a fabryki robotników, dobrze jest więc że są warstwy ludności nie powstrzymujące się od licznego potomstwa. Ale klasy będące czołem narodu, mają odmienne od tamtych obowiązki. Całe jego rezonowanie dowodziło, iż rodziny bogate powinny przedewszystkiem czuwać, by posiadany, zdobyty przez nie majątek nie marniał, rozdrabniając się podziałami.
Mateusz zrozumiał teraz brutalną prawdę: kapitał, chcąc mieć zapewnione zyski, pożądał płodności klas pracujących. Dla dobra kapitalizmu trzeba, aby był nadmiar ludzi poszukujących pracy, bo wtedy opłata robotników ulega obniżce. Spekulowanie tego rodzaju wydało mu się, że odejmuje pracy całą jej szlachetność. Zamiast być największem dobrem, stawała się najgorszą plagą i cierpieniem, rakiem pożerającym cały organizm społeczny. W krajach równości politycznej a nierówności ekonomicznej, przewaga kapitału, wadliwy rozkład bogactw, wytwarza brak równowagi w przyroście ludności i podczas, gdy posiadający ograniczają do jednego liczbę potomstwa, drudzy, rozmnażają się w nieskończoność. Ztąd coraz potworniejsze powstają warunki, coraz niesprawiedliwszy podział bogactwa. By temu zaradzić i przywrócić równowagę, jedna jest tylko droga, a mianowicie, sprawiedliwe szacowanie prac; każdej jednostki i sprawiedliwa opłata każdego wysiłku. Inaczej rewolucja staje się nieuniknioną. Każda godzina przedłużająca stan obecny śle coraz groźniejsze zapowiedzi straszliwego kataklizmu, który zniesie przestarzały ustrój społeczny, niepomny zapobieżeniu własnej zagłady.
Beauch?ne sam tylko teraz mówił i tryumfował. Stawał się myślicielem o szerokich poglądach. Zastanawiał się nad przyczynami obniżania się przyrostu ludności we Francyi i winił o to alkoholizm militaryzm, śmiertelność niemowląt, dodając, że wiele innych jest jeszcze powodów. By temu zaradzić, proponował, jako niezawodne środki: zmniejszenie podatków, cła akcyzne, w które nie wierzył, rozciąglejszą swobodę przekazywania majątku, przejrzenie praw, odnoszących się do instytucyi małżeństwa, dochodzenie ojcowstwa.
Boutan przerwał mu wreszcie:
- Żadne prawa i środki nic na to nie poradzą. Zmienić nam należy nasze obyczaje, pojęcia o moralności i o pięknie. Jeżeli Francya się wyludnia, to dla tego, że tak chce. Trzeba więc by przestała tego chcieć. Praca to nie mała, bo wszystko od początku należy przerobić.
Mateusz zawołał z zapałem:
- A więc wszystko przerobimy, ja od siebie rozpocząłem tę robotę!
Konstancja z miną niezadowoloną uśmiechała się podczas tej rozmowy. Odezwała się teraz wprost do Mateusza, że chociaż bardzo pragnie odwiedzić ich w Janville, prawdopodobnie nie będzie miała czasu tego uczynić przed odjazdem na całe lato. Przed odejściem, doktór zbliżył się do kanapy, na której leżał rozdrzemany Maurycy i poklepał go pieszczotliwie po twarzy. Beauch?ne jeszcze raz zażartował mówiąc, do syna:
- Więc słyszałeś chłopcze?... rzecz postano wioną... Mama idzie jutro na targ i kupi kapustę, byś miał siostrzyczkę.
Maurycy zaczął płakać i krzyczeć:
- Nie chcę!... nie chcę!
Konstancya zwykle sztywna i zimna, rzuciła się gorączkowo w stronę syna, i całując go w głowę, zawołała:
- Uspokój się mój maleńki! Papo żartuje, wierzaj mi, że tylko żartem tak powiedział. Nigdy, nigdy nie będziesz miał ani siostrzyczki, ani braciszka, przysięgam ci, że nigdy!
Beauch?ne przeprowadzał doktora przez pokoje aż do sieni, żartując, śmiejąc się, szczęśliwy ze swego życia, zadowolony z siebie i z drugich, pewien, że zawsze potrafi tak wszystkiem kierować, by miał najwyższą dozę osobistych przyjemności i coraz większe dochody ze swego zakładu.
- Do widzenia, kochany doktorze... Wszak nie masz do mnie urazy?... Wreszcie kto wie, może się odmienię, a przecież zawsze można mieć dziecko, gdy się ma na to ochotę!
- Nie zawsze, nie zawsze! - odpowiedział Boutan, wychodząc.
Ostatnie jego słowa padły ostro, stanowczo, jakby rąbał siekierą.
Konstancya trzymała czas jakiś syna na kolanach, a potem postawiwszy go na nogi rzekła, by poszedł się bawić.
W kilka minut po wybiciu godziny dwunastej, Mateusz spiesznie powracał z zakładu do swojego biura, by zabrać Morange'a, jak to było pomiędzy nimi umówione. Dla skrócenia drogi przeszedł przez pracownię kobiet. Sala była pusta, wszystkie już wyszły na południowe śniadanie, wtem ujrzał tak niespodziewaną scenę, że osłupiał na razie. Norina nie poszła z koleżankami i pochwycona ramionami Beauch?ne'a zawisła w jego objęciach z głową w tył odrzuconą, z omdlewającemi oczyma, nie broniąc się od pocałunków, oddając mu swoje usta. On, jak zgłodniały samiec przyciskał ją namiętnie całem ciałem, goniąc za rozkoszą niedostępną na łonie żony. Szepnęli coś do siebie, zapewne umawiając się o schadzkę. Z przerażeniem spostrzegli Mateusza, który szybko znikł, uciekając niezadowolony, że pomimo woli stał się świadkiem tego sekretu.