Pieniądz. L\'Argent - Émile Zola

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L'Argent

 

I

 

Onze heures venaient de sonner a la Bourse, lorsque Saccard entra chez Champeaux, dans la salle blanc et or, dont les deux hautes fen?tres donnent sur la place. D'un coup d'?il, il parcourut les rangs de petites tables, o? les convives affamés se serraient coude a coude ; et il parut surpris de ne pas voir le visage qu'il cherchait.

Comme, dans la bousculade du service, un garçon passait, chargé de plats :

- Dites donc, M. Huret n'est pas venu ?

- Non, monsieur, pas encore.

Alors, Saccard se décida, s'assit a une table que quittait un client, dans l'embrasure d'une des fen?tres. Il se croyait en retard ; et, tandis qu'on changeait la serviette, ses regards se port?rent au-dehors, épiant les passants du trottoir. M?me, lorsque le couvert fut rétabli, il ne commanda pas tout de suite, il demeura un moment les yeux sur la place, toute gaie de cette claire journée des premiers jours de mai. A cette heure o? le monde déjeunait, elle était presque vide : sous les marronniers, d'une verdure tendre et neuve, les bancs restaient inoccupés ; le long de la grille, a la station des voitures, la file des fiacres s'allongeait, d'un bout a l'autre ; et l'omnibus de la Bastille s'arr?tait au bureau, a l'angle du jardin, sans laisser ni prendre de voyageurs. Le soleil tombait d'aplomb, le monument en était baigné, avec sa colonnade, ses deux statues, son vaste perron, en haut duquel il n'y avait encore que l'armée des chaises, en bon ordre.

Mais Saccard, s'étant tourné, reconnut Mazaud, l'agent de change, a la table voisine de la sienne. Il tendit la main.

- Tiens ! c'est vous. Bonjour !

- Bonjour !  répondit Mazaud, en donnant une poignée de main distraite.

Petit, brun, tr?s vif, joli homme, il venait d'hériter de la charge d'un de ses oncles, a trente-deux ans. Et il semblait tout au convive qu'il avait en face de lui, un gros monsieur a figure rouge et rasée, le cél?bre Amadieu, que la Bourse vénérait, depuis son fameux coup sur les Mines de Selsis. Lorsque les titres étaient tombés a quinze francs, et que l'on considérait tout acheteur comme un fou, il avait mis dans l'affaire sa fortune, deux cent mille francs, au hasard, sans calcul ni flair, par un ent?tement de brute chanceuse. Aujourd'hui que la découverte de filons réels et considérables avait fait dépasser aux titres le cours de mille francs, il gagnait une quinzaine de millions ; et son opération imbécile qui aurait d? le faire enfermer autrefois, le haussait maintenant au rang des vastes cerveaux financiers. Il était salué, consulté surtout. D'ailleurs, il ne donnait plus d'ordres, comme satisfait, trônant désormais dans son coup de génie unique et légendaire. Mazaud devait r?ver sa client?le.

Saccard, n'ayant pu obtenir d'Amadieu m?me un sourire, salua la table d'en face, o? se trouvaient réunis trois spéculateurs de sa connaissance, Pillerault, Moser et Salmon.

- Bonjour ! ça va bien ?

- Oui, pas mal... Bonjour !

Chez ceux-ci encore, il sentit la froideur, l'hostilité presque. Pillerault pourtant, tr?s grand, tr?s maigre, avec des gestes saccadés et un nez en lame de sabre, dans un visage osseux de chevalier errant, avait d'habitude la familiarité d'un joueur qui érigeait en principe le casse-cou, déclarant qu'il culbutait dans des catastrophes, chaque fois qu'il s'appliquait a réfléchir. Il était d'une nature exubérante de haussier, toujours tourné a la victoire, tandis que Moser, au contraire, de taille courte, le teint jaune, ravagé par une maladie de foie, se lamentait sans cesse, en proie a de continuelles craintes de cataclysme. Quant a Salmon, un tr?s bel homme luttant contre la cinquantaine, étalant une barbe superbe, d'un noir d'encre, il passait pour un gaillard extraordinairement fort. Jamais il ne parlait, il ne répondait que par des sourires, on ne savait dans quel sens il jouait, ni m?me s'il jouait ; et sa façon d'écouter impressionnait tellement Moser, que souvent celui-ci, apr?s lui avoir fait une confidence, courait changer un ordre, démonté par son silence.

Dans cette indifférence qu'on lui témoignait, Saccard était resté les regards fiévreux et provocants, achevant le tour de la salle. Et il n'échangea plus un signe de t?te qu'avec un grand jeune homme, assis a trois tables de distance, le beau Sabatani, un Levantin, a la face longue et brune, qu'éclairaient des yeux noirs magnifiques, mais qu'une bouche mauvaise, inquiétante, gâtait. L'amabilité de ce garçon acheva de l'irriter : quelque exécuté d'une Bourse étrang?re, un de ces gaillards mystérieux aimé des femmes, tombé depuis le dernier automne sur le marché, qu'il avait déja vu a l'?uvre comme pr?te-nom dans un désastre de banque, et qui peu a peu conquérait la confiance de la corbeille et de la coulisse, par beaucoup de correction et une bonne grâce infatigable, m?me pour les plus tarés.

Un garçon était debout devant Saccard.

- Qu'est-ce que monsieur prend ?

- Ah ! oui... Ce que vous voudrez, une côtelette, des asperges.

Puis, il rappela le garçon.

- Vous ?tes s?r que M. Huret n'est pas venu avant moi et n'est pas reparti ?

- Oh ! absolument s?r !

Ainsi, il en était la, apr?s la débâcle qui, en octobre, l'avait forcé une fois de plus a liquider sa situation, a vendre son hôtel du parc Monceau, pour louer un appartement : les Sabatanis seuls le saluaient, son entrée dans un restaurant, o? il avait régné, ne faisait plus tourner toutes les t?tes, tendre toutes les mains. Il était beau joueur, il restait sans rancune, a la suite de cette derni?re affaire de terrains, scandaleuse et désastreuse, dont il n'avait gu?re sauvé que sa peau. Mais une fi?vre de revanche s'allumait dans son ?tre ; et l'absence d'Huret qui avait formellement promis d'?tre la, d?s onze heures, pour lui rendre compte de la démarche dont il s'était chargé pr?s de son fr?re Rougon, le ministre alors triomphant, l'exaspérait surtout contre ce dernier. Huret, député docile, créature du grand homme, n'était qu'un commissionnaire. Seulement, Rougon, lui qui pouvait tout, était-ce possible qu'il l'abandonnât ainsi ? Jamais il ne s'était montré bon fr?re. Qu'il se f?t fâché apr?s la catastrophe, qu'il e?t rompu ouvertement pour n'?tre point compromis lui-m?me, cela s'expliquait ; mais, depuis six mois, n'aurait-il pas d? lui venir secr?tement en aide et, maintenant, allait-il avoir le c?ur de refuser le supr?me coup d'épaule qu'il lui faisait demander par un tiers, n'osant le voir en personne, craignant quelque crise de col?re qui l'emporterait ? Il n'avait qu'un mot a dire, il le remettrait debout, avec tout ce lâche et grand Paris sous les talons.

- Quel vin désire monsieur ? demanda le sommelier.

- Votre bordeaux ordinaire.

Saccard, qui laissait refroidir sa côtelette, absorbé, sans faim, leva les yeux, en voyant une ombre passer sur la nappe. C'était Massias, un gros garçon rougeaud, un remisier qu'il avait connu besogneux, et qui se glissait entre les tables, sa cote a la main. Il fut ulcéré de le voir filer devant lui, sans s'arr?ter, pour aller tendre la cote a Pillerault et a Moser. Distraits, engagés dans une discussion, ceux-ci y jet?rent a peine un coup d'?il : non, ils n'avaient pas d'ordre a donner, ce serait pour une autre fois, Massias, n'osant s'attaquer au cél?bre Amadieu, penché au-dessus d'une salade de homard, en train de causer a voix basse avec Mazaud, revint vers Salmon, qui prit la cote, l'étudia longuement, puis la rendit, sans un mot. La salle s'animait. D'autres remisiers, a chaque minute, en faisaient battre les portes. Des paroles hautes s'échangeaient de loin, toute une passion d'affaires montait, a mesure que s'avançait l'heure. Et Saccard, dont les regards retournaient sans cesse au-dehors, voyait aussi la place se remplir peu a peu, les voitures et les piétons affluer ; tandis que, sur les marches de la Bourse, éclatantes de soleil, des taches noires, des hommes se montraient déja, un a un.

- Je vous rép?te, dit Moser de sa voix désolée, que ces élections complémentaires du 20 mars sont un symptôme des plus inquiétants... Enfin, c'est aujourd'hui Paris tout entier acquis a l'opposition.

Mais Pillerault haussait les épaules. Carnot et Garnier-Pag?s de plus sur les bancs de la gauche, qu'est-ce que ça pouvait faire ?

- C'est comme la question des duchés, reprit Moser, eh bien, elle est grosse de complications... Certainement ! vous avez beau rire. Je ne dis pas que nous devions faire la guerre a la Prusse, pour l'emp?cher de s'engraisser aux dépens du Danemark ; seulement, il y avait des moyens d'action... Oui, oui, lorsque les gros se mettent a manger les petits, on ne sait jamais o? ça s'arr?te... Et, quant au Mexique...

Pillerault, qui était dans un de ses jours de satisfaction universelle, l'interrompit d'un éclat de rire :

- Ah ! non, mon cher, ne vous ennuyez plus, avec vos terreurs sur le Mexique... Le Mexique, ce sera la page glorieuse du r?gne... O? diable prenez-vous que l'empire soit malade ? Est-ce qu'en janvier l'emprunt de trois cents millions n'a pas été couvert plus de quinze fois ? Un succ?s écrasant !... Tenez ! je vous donne rendez-vous en 67, oui, dans trois ans d'ici, lorsqu'on ouvrira l'Exposition universelle que l'empereur vient de décider.

- Je vous dis que tout va mal ! affirma désespérément Moser.

- Eh ! fichez-nous la paix, tout va bien !

Salmon les regardait l'un apr?s l'autre, en souriant de son air profond. Et Saccard, qui les avait écoutés, ramenait aux difficultés de sa situation personnelle cette crise o? l'empire semblait entrer. Lui, une fois encore, était par terre : est-ce que cet empire, qui l'avait fait, allait comme lui culbuter, croulant tout d'un coup de la destinée la plus haute a la plus misérable ? Ah ! depuis douze ans, qu'il l'avait aimé et défendu, ce régime o? il s'était senti vivre, pousser, se gorger de s?ve, ainsi que l'arbre dont les racines plongent dans le terreau qui lui convient. Mais, si son fr?re voulait l'en arracher, si on le retranchait de ceux qui épuisaient le sol gras des jouissances, que tout f?t donc emporté, dans la grande débâcle finale des nuits de f?te !

Maintenant, il attendait ses asperges, absent de la salle o? l'agitation croissait sans cesse, envahi par des souvenirs. Dans une large glace, en face, il venait d'apercevoir son image ; et elle l'avait surpris. L'âge ne mordait pas sur sa petite personne, ses cinquante ans n'en paraissaient gu?re que trente-huit, il gardait une maigreur, une vivacité de jeune homme. M?me, avec les années, son visage noir et creusé de marionnette, au nez pointu, aux minces yeux luisants, s'était comme arrangé, avait pris le charme de cette jeunesse persistante, si souple, si active, les cheveux touffus encore, sans un fil blanc. Et, invinciblement, il se rappelait son arrivée a Paris, au lendemain du coup d'État, le soir d'hiver o? il était tombé sur le pavé, les poches vides, affamé, ayant toute une rage d'appétits a satisfaire. Ah ! cette premi?re course a travers les rues, lorsque, avant m?me de défaire sa malle, il avait eu le besoin de se lancer par la ville, avec ses bottes éculées, son paletot graisseux, pour la conquérir ! Depuis cette soirée, il était souvent monté tr?s haut, un fleuve de millions avait coulé entre ses mains, sans que jamais il e?t possédé la fortune en esclave, ainsi qu'une chose a soi, dont on dispose, qu'on tient sous clef, vivante, matérielle. Toujours le mensonge, la fiction avait habité ses caisses, que des trous inconnus semblaient vider de leur or. Puis, voila qu'il se retrouvait sur le pavé, comme a l'époque lointaine du départ, aussi jeune, aussi affamé, inassouvi toujours, torturé du m?me besoin de jouissances et de conqu?tes. Il avait go?té a tout, et il ne s'était pas rassasié, n'ayant pas eu l'occasion ni le temps, croyait-il, de mordre assez profondément dans les personnes et dans les choses. A cette heure, il se sentait cette mis?re d'?tre, sur le pavé, moins qu'un débutant, qu'auraient soutenu l'illusion et l'espoir. Et une fi?vre le prenait de tout recommencer pour tout reconquérir, de monter plus haut qu'il n'était jamais monté, de poser enfin le pied sur la cité conquise. Non plus la richesse menteuse de la façade, mais l'édifice solide de la fortune, la vraie royauté de l'or trônant sur des sacs pleins !

La voix de Moser qui s'élevait de nouveau, aigre et tr?s aiguë, tira un instant Saccard de ses réflexions.

- L'expédition du Mexique co?te quatorze millions par mois, c'est Thiers qui l'a prouvé... Et il faut vraiment ?tre aveugle pour ne pas voir que, dans la Chambre, la majorité est ébranlée. Ils sont trente et quelques maintenant, a gauche. L'empereur lui-m?me comprend bien que le pouvoir absolu devient impossible, puisqu'il se fait le promoteur de la liberté.

Pillerault ne répondait plus, se contentait de ricaner d'un air de mépris.

- Oui, je sais, le marché vous paraît solide, les affaires marchent. Mais attendez la fin... On a trop démoli et trop reconstruit, a Paris, voyez-vous ! Les grands travaux ont épuisé l'épargne. Quant aux puissantes maisons de crédit qui vous semblent si prosp?res, attendez qu'une d'elles fasse le saut, et vous les verrez toutes culbuter a la file... Sans compter que le peuple se remue. Cette Association internationale des travailleurs, qu'on vient de fonder pour améliorer la condition des ouvriers, m'effraie beaucoup, moi. Il y a, en France, une protestation, un mouvement révolutionnaire qui s'accentue chaque jour... Je vous dis que le ver est dans le fruit. Tout cr?vera.

Alors ce fut une protestation bruyante. Ce sacré Moser avait sa crise de foie, décidément. Mais lui-m?me, en parlant, ne quittait pas des yeux la table voisine, o? Mazaud et Amadieu continuaient, dans le bruit, a causer tr?s bas. Peu a peu, la salle enti?re s'inquiétait de ces longues confidences. Qu'avaient-ils a se dire, pour chuchoter ainsi ? Sans doute, Amadieu donnait des ordres, préparait un coup. Depuis trois jours, de mauvais bruits couraient sur les travaux de Suez. Moser cligna les yeux, baissa également la voix.

- Vous savez, les Anglais veulent emp?cher qu'on travaille la-bas. On pourrait bien avoir la guerre.

Cette fois, Pillerault fut ébranlé, par l'énormité m?me de la nouvelle. C'était incroyable, et tout de suite le mot vola de table en table, acquérant la force d'une certitude : l'Angleterre avait envoyé un ultimatum, demandant la cessation immédiate des travaux. Amadieu, évidemment, ne causait que de ça avec Mazaud, a qui il donnait l'ordre de vendre tous ses Suez. Un bourdonnement de panique s'éleva dans l'air chargé d'odeurs grasses, au milieu du bruit croissant des vaisselles remuées. Et, a ce moment, ce qui porta l'émotion a son comble, ce fut l'entrée brusque d'un commis de l'agent de change, le petit Flory, un garçon a figure tendre, mangée d'une épaisse barbe châtaine. Il se précipita, un paquet de fiches a la main, et les remit au patron, en lui parlant a l'oreille.

- Bon !  répondit simplement Mazaud, qui classa les fiches dans son carnet.

Puis, tirant sa montre :

- Bientôt midi ! Dites a Berthier de m'attendre. Et soyez la vous-m?me, montez chercher les dép?ches.

Lorsque Flory s'en fut allé, il reprit sa conversation avec Amadieu, tira d'autres fiches de sa poche, qu'il posa sur la nappe, a côté de son assiette ; et, a chaque minute, un client qui partait se penchait au passage, lui disait un mot, qu'il inscrivait rapidement sur un des bouts de papier, entre deux bouchées. La fausse nouvelle, venue on ne savait d'o?, née de rien, grossissait comme une nuée d'orage.

- Vous vendez, n'est-ce pas ? demanda Moser a Salmon.

Mais le muet sourire de ce dernier fut si aiguisé de finesse, qu'il en resta anxieux, doutant maintenant de cet ultimatum de l'Angleterre, qu'il ne savait m?me pas avoir inventé.

- Moi, j'ach?te tant qu'on voudra, conclut Pillerault, avec sa témérité vaniteuse de joueur sans méthode.

Les tempes chauffées par la griserie du jeu, que fouettait cette fin bruyante de déjeuner, dans l'étroite salle, Saccard s'était décidé a manger ses asperges, en s'irritant de nouveau contre Huret, sur lequel il ne comptait plus. Depuis des semaines, lui, si prompt a se résoudre, il hésitait, combattu d'incertitudes. Il sentait bien l'impérieuse nécessité de faire peau neuve, et il avait r?vé d'abord une vie toute nouvelle, dans la haute administration ou dans la politique. Pourquoi le Corps législatif ne l'aurait-il pas mené au conseil des ministres, comme son fr?re ? Ce qu'il reprochait a la spéculation, c'était la continuelle instabilité, les grosses sommes aussi vite perdues que gagnées : jamais il n'avait dormi sur le million réel, ne devant rien a personne. Et, a cette heure o? il faisait son examen de conscience, il se disait qu'il était peut-?tre trop passionné pour cette bataille de l'argent, qui demandait tant de sang-froid. Cela devait expliquer comment, apr?s une vie si extraordinaire de luxe et de g?ne, il sortait vidé, br?lé, de ces dix années de formidables trafics sur les terrains du nouveau Paris, dans lesquels tant d'autres, plus lourds, avaient ramassé de colossales fortunes. Oui, peut-?tre s'était-il trompé sur ses véritables aptitudes, peut-?tre triompherait-il d'un bond, dans la bagarre politique, avec son activité, sa foi ardente. Tout allait dépendre de la réponse de son fr?re. Si celui-ci le repoussait, le rejetait au gouffre de l'agio, eh bien ! ce serait sans doute tant pis pour lui et les autres, il risquerait le grand coup dont il ne parlait encore a personne, l'affaire énorme qu'il r?vait depuis des semaines et qui l'effrayait lui-m?me, tellement elle était vaste, faite, si elle réussissait ou si elle croulait, pour remuer le monde.

Pillerault élevait la voix.

- Mazaud, est-ce fini, l'exécution de Schlosser ?

- Oui, répondit l'agent de change, l'affiche sera mise aujourd'hui... Que voulez-vous ? c'est toujours ennuyeux, mais j'avais reçu les renseignements les plus inquiétants et je l'ai escompté le premier. Il faut bien, de temps a autre, donner un coup de balai.

- On m'a affirmé, dit Moser, que vos coll?gues, Jacoby et Delarocque, y étaient pour des sommes rondes.

L'agent eut un geste vague.

- Bah ! c'est la part du feu... Ce Schlosser devait ?tre d'une bande, et il en sera quitte pour aller écumer la Bourse de Berlin ou de Vienne.

Les yeux de Saccard s'étaient portés sur Sabatani, dont un hasard lui avait révélé l'association secr?te avec Schlosser : tous deux jouaient le jeu connu, l'un a la hausse, l'autre a la baisse sur une m?me valeur, celui qui perdait en étant quitte pour partager le bénéfice de l'autre, et disparaître. Mais le jeune homme payait tranquillement l'addition du déjeuner fin qu'il venait de faire. Puis, avec sa grâce caressante d'Oriental mâtiné d'Italien, il vint serrer la main de Mazaud, dont il était le client. Il se pencha, donna un ordre, que celui-ci écrivit sur une fiche.

- Il vend ses Suez, murmura Moser.

Et, tout haut, cédant a un besoin, malade de doute :

- Hein ? que pensez-vous du Suez ?

Un silence se fit dans le brouhaha des voix, toutes les t?tes des tables voisines se tourn?rent. La question résumait l'anxiété croissante. Mais le dos d'Amadieu qui avait simplement invité Mazaud pour lui recommander un de ses neveux, restait impénétrable, n'ayant rien a dire ; tandis que l'agent, que les ordres de vente qu'il recevait commençaient a étonner, se contentait de hocher la t?te, par une habitude professionnelle de discrétion.

- Le Suez, c'est tr?s bon !  déclara de sa voix chantante Sabatani, qui, avant de sortir, se dérangea de son chemin, pour serrer galamment la main de Saccard.

Et Saccard garda un moment la sensation de cette poignée de main, si souple, si fondante, presque féminine. Dans son incertitude de la route a prendre, de sa vie a refaire, il les traitait tous de filous, ceux qui étaient la. Ah ! si on l'y forçait, comme il les traquerait, comme il les tondrait, les Moser trembleurs, les Pillerault vantards, et ces Salmon plus creux que des courges, et ces Amadieu dont le succ?s a fait le génie ! Le bruit des assiettes et des verres avait repris, les voix s'enrouaient, les portes battaient plus fort, dans la hâte qui les dévorait tous d'?tre la-bas, au jeu, si une débâcle devait se produire sur le Suez. Et, par la fen?tre, au milieu de la place sillonnée de fiacres, encombrée de piétons, il voyait les marches ensoleillées de la Bourse comme mouchetées maintenant d'une montée continue d'insectes humains, des hommes correctement v?tus de noir, qui peu a peu garnissaient la colonnade ; pendant que, derri?re les grilles, apparaissaient quelques femmes, vagues, rôdant sous les marronniers.

Brusquement, au moment o? il entamait le fromage qu'il venait de commander, une grosse voix lui fit lever la t?te.

- Je vous demande pardon, mon cher. Il m'a été impossible de venir plus tôt.

Enfin, c'était Huret, un normand du Calvados, une figure épaisse et large de paysan rusé, qui jouait l'homme simple. Tout de suite, il se fit servir n'importe quoi, le plat du jour, avec un légume.

- Eh bien ?  demanda s?chement Saccard, qui se contenait.

Mais l'autre ne se pressait pas, le regardait en homme finassier et prudent. Puis, en se mettant a manger, avançant la face et baissant la voix :

- Et bien, j'ai vu le grand homme... Oui, chez lui, ce matin... Oh ! il a été tr?s gentil, tr?s gentil pour vous.

Il s'arr?ta, but un grand verre de vin, se mit une pomme de terre dans la bouche.

- Alors ?

- Alors, mon cher, voici... Il veut bien faire pour vous tout ce qu'il pourra, il vous trouvera une tr?s jolie situation, mais pas en France... Ainsi, par exemple, gouverneur dans une de nos colonies, une des bonnes. Vous y seriez le maître, un vrai petit prince.

Saccard était devenu bl?me.

- Dites donc, c'est pour rire, vous vous fichez du monde !... Pourquoi pas tout de suite la déportation !... Ah ! Il veut se débarrasser de moi. Qu'il prenne garde que je finisse par le g?ner pour de bon !

Huret restait la bouche pleine, conciliant.

- Voyons, voyons, on ne veut que votre bien, laissez-nous faire.

- Que je me laisse supprimer, n'est-ce pas ?... Tenez ! tout a l'heure, on disait que l'empire n'aurait bientôt plus une faute a commettre. Oui, la guerre d'Italie, le Mexique, l'attitude vis-a-vis de la Prusse. Ma parole, c'est la vérité !... Vous ferez tant de b?tises et de folies, que la France enti?re se l?vera pour vous flanquer dehors.

Du coup, le député, la fid?le créature du ministre, s'inquiéta, pâlissant, regardant autour de lui.

- Ah ! permettez, permettez, je ne peux pas vous suivre... Rougon est un honn?te homme, il n'y a pas de danger, tant qu'il sera la... Non, n'ajoutez rien, vous le méconnaissez, je tiens a le dire.

Violemment, étouffant sa voix entre ses dents serrées, Saccard l'interrompit.

- Soit, aimez-le, faites votre cuisine ensemble... Oui ou non, veut-il me patronner ici, a Paris ?

- A Paris, jamais !

Sans ajouter un mot, il se leva, appela le garçon, pour payer, tandis que, tr?s calme, Huret, qui connaissait ses col?res, continuait a avaler de grosses bouchées de pain et le laissait aller, de peur d'un esclandre. Mais, a ce moment, dans la salle, il y eut une forte émotion.

Gundermann venait d'entrer, le banquier roi, le maître de la Bourse et du monde, un homme de soixante ans, dont l'énorme t?te chauve, au nez épais, aux yeux ronds, a fleur de t?te, exprimait un ent?tement et une fatigue immenses. Jamais il n'allait a la Bourse, affectant m?me de n'y pas envoyer de représentant officiel ; jamais non plus il ne déjeunait dans un lieu public. Seulement, de loin en loin, il lui arrivait, comme ce jour-la, de se montrer au restaurant Champeaux, o? il s'asseyait a une des tables pour se faire simplement servir un verre d'eau de Vichy, sur une assiette. Souffrant depuis vingt ans d'une maladie d'estomac, il ne se nourrissait absolument que de lait.

Tout de suite, le personnel fut en l'air pour apporter le verre d'eau, et tous les convives présents s'aplatirent. Moser, l'air anéanti, contemplait cet homme qui savait les secrets, qui faisait a son gré la hausse ou la baisse, comme Dieu fait le tonnerre. Pillerault lui-m?me le saluait, n'ayant foi qu'en la force irrésistible du milliard. Il était midi et demi, et Mazaud, qui lâchait vivement Amadieu, revint, se courba devant le banquier, dont il avait parfois l'honneur de recevoir un ordre. Beaucoup de boursiers étaient ainsi en train de partir, qui rest?rent debout, entourant le dieu, lui faisant une cour d'échines respectueuses, au milieu de la débandade des nappes salies ; et ils le regardaient avec vénération prendre le verre d'eau, d'une main tremblante, et le porter a ses l?vres décolorées.

Autrefois, dans les spéculations sur les terrains de la plaine Monceau, Saccard avait eu des discussions, toute une brouille m?me avec Gundermann. Ils ne pouvaient s'entendre, l'un passionné et jouisseur, l'autre sobre et d'une froide logique. Aussi le premier, dans sa col?re, exaspéré encore par cette entrée triomphale, s'en allait-il, lorsque l'autre l'appela.

- Dites donc, mon bon ami, est-ce vrai ? vous quittez les affaires... Ma foi, vous faites bien, ça vaut mieux.

Ce fut, pour Saccard, un coup de fouet en plein visage. Il redressa sa petite taille, il répliqua d'une voie aiguë comme une épée :

- Je fonde une maison de crédit au capital de vingt-cinq millions, et je compte aller vous voir bientôt.

Et il sortit, laissant derri?re lui le brouhaha ardent de la salle, o? tout le monde se bousculait, pour ne pas manquer l'ouverture de la Bourse. Ah ! réussir enfin, remettre le talon sur ces gens qui lui tournaient le dos, et lutter de puissance avec ce roi de l'or, et l'abattre peut-?tre un jour ! Il n'était pas décidé a lancer sa grande affaire, il demeurait surpris de la phrase que le besoin de répondre lui avait tirée. Mais pourrait-il tenter la fortune ailleurs, maintenant que son fr?re l'abandonnait et que les hommes et les choses le blessaient pour le rejeter a la lutte, comme le taureau saignant est ramené dans l'ar?ne ?

Un instant, il resta frémissant, au bord du trottoir. C'était l'heure active o? la vie de Paris semble affluer sur cette place centrale, entre la rue Montmartre et la rue Richelieu, les deux art?res engorgées qui charrient la foule. Des quatre carrefours, ouverts aux quatre angles de la place, des flots ininterrompus de voitures coulaient, sillonnant le pavé, au milieu des remous d'une cohue de piétons. Sans arr?t, les deux files de fiacres de la station, le long des grilles, se rompaient et se reformaient ; tandis que, sur la rue Vivienne, les victorias des remisiers s'allongeaient en un rang pressé, que dominaient les cochers, guides en main, pr?ts a fouetter au premier ordre. Envahis, les marches et le péristyle étaient noirs d'un fourmillement de redingotes ; et, de la coulisse, installée déja sous l'horloge et fonctionnant, montait la clameur de l'offre et de la demande, ce bruit de marée de l'agio, victorieux du grondement de la ville. Des passants tournaient la t?te, dans le désir et la crainte de ce qui se faisait la, ce myst?re des opérations financi?res o? peu de cervelles françaises pén?trent, ces ruines, ces fortunes brusques, qu'on ne s'expliquait pas, parmi cette gesticulation et ces cris barbares. Et lui, au bord du ruisseau, assourdi par les voix lointaines, coudoyé par la bousculade des gens pressés, il r?vait une fois de plus la royauté de l'or, dans ce quartier de toutes les fi?vres, o? la Bourse, d'une heure a trois, bat comme un c?ur énorme, au milieu.

Mais, depuis sa déconfiture, il n'avait point osé rentrer a la Bourse ; et, ce jour-la encore, un sentiment de vanité souffrante, la certitude d'y ?tre accueilli en vaincu, l'emp?chait de monter les marches. Comme les amants chassés de l'alcôve d'une maîtresse, qu'ils désirent davantage, m?me en croyant l'exécrer, il revenait fatalement la, il faisait le tour de la colonnade sous des prétextes, traversant le jardin, marchant d'un pas de promeneur, a l'ombre des marronniers. Dans cette sorte de square poussiéreux, sans gazon ni fleurs, o? grouillait sur les bancs, parmi les urinoirs et les kiosques a journaux, un mélange de spéculateurs louches et de femmes du quartier, en cheveux, allaitant des poupons, il affectait une flânerie désintéressée, levait les yeux, guettait, avec la furieuse pensée qu'il faisait le si?ge du monument, qu'il l'enserrait d'un cercle étroit, pour y rentrer un jour en triomphateur.

Il pénétra dans l'angle de droite, sous les arbres qui font face a la rue de la Banque, et tout de suite il tomba sur la petite bourse des valeurs déclassées : les " Pieds humides ", comme on appelle avec un ironique mépris ces joueurs de la brocante, qui cotent en plein vent, dans la boue des jours pluvieux, les titres des compagnies mortes. Il y avait la, en un groupe tumultueux, toute une juiverie malpropre, de grasses faces luisantes, des profils desséchés d'oiseaux voraces, une extraordinaire réunion de nez typiques, rapprochés les uns des autres, ainsi que sur une proie, s'acharnant au milieu de cris gutturaux, et comme pr?s de se dévorer entre eux. Il passait, lorsqu'il aperçut un peu a l'écart un gros homme, en train de regarder au soleil un rubis, qu'il levait en l'air, délicatement, entre ses doigts énormes et sales.

- Tiens, Busch !... Vous me faites songer que je voulais monter chez vous.

Busch, qui tenait un cabinet d'affaires, rue Feydeau, au coin de la rue Vivienne, lui avait, a plusieurs reprises, été d'une utilité grande, en des circonstances difficiles. Il restait extasié, a examiner l'eau de la pierre précieuse, sa large face plate renversée, ses gros yeux gris comme éteints par la lumi?re vive ; et l'on voyait, roulée en corde, la cravate blanche qu'il portait toujours ; tandis que sa redingote d'occasion, anciennement superbe, mais extraordinairement râpée et, maculée de taches, remontait jusque dans ses cheveux pâles, qui tombaient en m?ches rares et rebelles de son crâne nu. Son chapeau, roussi par le soleil, lavé par les averses, n'avait plus d'âge.

Enfin, il se décida a redescendre sur terre.

- Ah ! monsieur Saccard, vous faites un petit tour par ici..

- Oui... C'est une lettre en langue russe, une lettre d'un banquier russe, établi a Constantinople. Alors, j'ai pensé a votre fr?re, pour me la traduire.

Busch, qui, d'un mouvement inconscient et tendre, roulait toujours le rubis dans sa main droite, tendit la gauche, en disant que, le soir m?me, la traduction serait envoyée. Mais Saccard expliqua qu'il s'agissait seulement de dix lignes.

- Je vais monter, votre fr?re me lira ça tout de suite...

Et il fut interrompu par l'arrivée d'une femme énorme, madame Méchain, bien connue des habitués de la Bourse, une de ces enragées et misérables joueuses, dont les mains grasses tripotent dans toutes sortes de louches besognes. Son visage de pleine lune, bouffi et rouge, aux minces yeux bleus, au petit nez perdu, a la petite bouche d'o? sortait une voix fl?tée d'enfant, semblait déborder du vieux chapeau mauve, noué de travers par des brides grenat ; et la gorge géante, et le ventre hydropique, crevaient la robe de popeline verte, mangée de boue, tournée au jaune. Elle tenait au bras un antique sac de cuir noir, immense, aussi profond qu'une valise, qu'elle ne quittait jamais. Ce jour-la, le sac gonflé, plein a crever, la tirait a droite, penchée comme un arbre.

- Vous voila, dit Busch qui devait l'attendre.

- Oui, et j'ai reçu les papiers de Vendôme, je les apporte.

- Bon ! filons chez moi... Rien a faire aujourd'hui, ici.

Saccard avait eu un regard vacillant sur le vaste sac de cuir. Il savait que, fatalement, allaient tomber la les titres déclassés, les actions des sociétés mises en faillite, sur lesquelles les Pieds humides agiotent encore, des actions de cinq cents francs qu'ils se disputent a vingt sous, a dix sous, dans le vague espoir d'un rel?vement improbable, ou plus pratiquement comme une marchandise scélérate, qu'ils c?dent avec bénéfice aux banquiers désireux de gonfler leur passif. Dans les batailles meurtri?res de la finance, la Méchain était le corbeau qui suivait les armées en marche ; pas une compagnie, pas une grande maison de crédit ne se fondait, sans qu'elle appar?t, avec son sac, sans qu'elle flairât l'air, attendant les cadavres, m?me aux heures prosp?res des émissions triomphantes ; car elle savait bien que la déroute était fatale, que le jour du massacre viendrait, o? il y aurait des morts a manger, des titres a ramasser pour rien dans la boue et dans le sang. Et lui, qui roulait son grand projet d'une banque, eut un léger frisson, fut traversé d'un pressentiment, a voir ce sac, ce charnier des valeurs dépréciées, dans lequel passait tout le sale papier balayé de la Bourse.

Comme Busch emmenait la vieille femme, Saccard le retint.

- Alors, je puis monter, je suis certain de trouver votre fr?re ?

Les yeux du juif s'adoucirent, exprim?rent une surprise inqui?te.

- Mon fr?re, mais certainement ! O? voulez-vous qu'il soit ?

- Tr?s bien, a tout a l'heure !

Et, Saccard, les laissant s'éloigner, poursuivit sa marche lente, le long des arbres, vers la rue Notre-Dame des Victoires. Ce côté de la place est un des plus fréquentés, occupé par des fonds de commerce, des industries en chambre, dont les enseignes d'or flambaient sous le soleil. Des stores battaient aux balcons, toute une famille de province restait béante, a la fen?tre d'un hôtel meublé. Machinalement, il avait levé la t?te, regardé ces gens dont l'ahurissement le faisait sourire, en le réconfortant par cette pensée qu'il y aurait toujours, dans les départements, des actionnaires. Derri?re son dos, la clameur de la Bourse, le bruit de la marée lointaine continuait, l'obsédait, ainsi qu'une menace d'engloutissement qui allait le rejoindre.

Mais une nouvelle rencontre l'arr?ta.

- Comment, Jordan, vous a la Bourse ?  s'écria-t-il, en serrant la main d'un grand jeune homme brun, aux petites moustaches, a l'air décidé et volontaire.

Jordan, dont le p?re, un banquier de Marseille, s'était autrefois suicidé, a la suite de spéculations désastreuses, battait depuis dix ans le pavé de Paris, enragé de littérature, dans une lutte brave contre la mis?re noire. Un de ses cousins, installé a Plassans, o? il connaissait la famille de Saccard, l'avait autrefois recommandé a ce dernier, lorsque celui-ci recevait tout Paris, dans son hôtel du parc Monceau.

- Oh ! a la Bourse, jamais ! répondit le jeune homme, avec un geste violent, comme s'il chassait le souvenir tragique de son p?re.

Puis, se remettant a sourire :

- Vous savez que je me suis marié... Oui, avec une petite amie d'enfance. On nous avait fiancés aux jours o? j'étais riche, et elle s'est ent?tée a vouloir quand m?me du pauvre diable que je suis devenu.

- Parfaitement, j'ai reçu la lettre de faire part, dit Saccard. Et imaginez-vous que j'ai été en rapport, autrefois, avec votre beau-p?re, M. Maugendre, lorsqu'il avait sa manufacture de bâches, a la Villette. Il a d? y gagner une jolie fortune.

Cette conversation avait lieu pr?s d'un banc, et Jordan l'interrompit, pour présenter un monsieur gros et court, a l'aspect militaire, qui se trouvait assis, et avec lequel il causait, lors de la rencontre.

- Monsieur le capitaine Chave, un oncle de ma femme... Madame Maugendre, ma belle-m?re, est une Chave, de Marseille.

Le capitaine s'était levé, et Saccard salua. Celui-ci connaissait de vue cette figure apoplectique, au cou raidi par l'usage du col de crin, un de ces types d'infimes joueurs au comptant, qu'on était certain de rencontrer tous les jours la, d'une heure a trois. C'est un jeu de gagne-petit, un gain presque assuré de quinze a vingt francs, qu'il faut réaliser dans la m?me Bourse.

Jordan avait ajouté avec son bon rire expliquant sa présence :

- Un boursier féroce, mon oncle, dont je ne fais, parfois, que serrer la main en passant.

- Dame ! dit simplement le capitaine, il faut bien jouer, puisque le gouvernement, avec sa pension, me laisse crever de faim.

Ensuite, Saccard, que le jeune homme intéressait par sa bravoure a vivre, lui demanda si les choses de la littérature marchaient. Et Jordan, s'égayant encore, raconta l'installation de son pauvre ménage a un cinqui?me de l'avenue de Clichy ; car les Maugendre, qui se défiaient d'un po?te, croyant avoir beaucoup fait en consentant au mariage, n'avaient rien donné, sous le prétexte que leur fille, apr?s eux, aurait leur fortune intacte, engraissée d'économies. Non, la littérature ne nourrit pas son homme, il avait en projet un roman qu'il ne trouvait pas le temps d'écrire, et il était entré forcément dans le journalisme, o? il bâclait tout ce qui concernait son état, depuis des chroniques, jusqu'a des comptes rendus de tribunaux et m?me des faits divers.

- Eh bien, dit Saccard, si je monte ma grande affaire, j'aurai peut-?tre besoin de vous. Venez donc me voir.

Apr?s avoir salué, il tourna derri?re la Bourse. La, enfin, la clameur lointaine, les abois du jeu cess?rent, ne furent qu'une rumeur vague, perdue dans le grondement de la place. De ce côté, les marches étaient également envahies de monde ; mais le cabinet des agents de change, dont on voyait les tentures rouges par les hautes fen?tres, isolait du vacarme de la grande salle la colonnade, o? des spéculateurs, les délicats, les riches, s'étaient assis commodément a l'ombre, quelques-uns seuls, d'autres par petits groupes, transformant en une sorte de club ce vaste péristyle ouvert au plein ciel. C'était un peu, ce derri?re du monument, comme l'envers d'un théâtre, l'entrée des artistes, avec la rue louche et relativement tranquille, cette rue Notre-Dame-des-Victoires, occupée toute par des marchands de vin, des cafés, des brasseries, des tavernes, grouillant d'une client?le spéciale, étrangement m?lée. Les enseignes indiquaient aussi la végétation mauvaise, poussée au bord d'un grand cloaque voisin des compagnies d'assurances mal famées, des journaux financiers de brigandage, des sociétés, des banques, des agences, des comptoirs, la série enti?re des modestes coupe-gorge, installés dans des boutiques ou a des entresols, larges comme la main. Sur les trottoirs, au milieu de la chaussée partout, des hommes rôdaient, attendaient, ainsi qu'a la corne d'un bois.

Saccard s'était arr?té a l'intérieur des grilles. Levant les yeux sur la porte qui conduit au cabinet des agents de change, avec le regard aigu d'un chef d'armée examinant sous toutes ses faces la place dont il veut tenter l'assaut, lorsqu'un grand gaillard, qui sortait d'une taverne, traversa la rue et vint s'incliner tr?s bas.

- Ah ! monsieur Saccard, n'avez-vous rien pour moi ? J'ai quitté définitivement le Crédit mobilier, je cherche une situation.

Jantrou était un ancien professeur, venu de Bordeaux a Paris, a la suite d'une histoire restée louche. Obligé de quitter l'Université, déclassé, mais beau garçon avec sa barbe noire en éventail et sa calvitie précoce, d'ailleurs lettré, intelligent et aimable, il était débarqué a la Bourse vers vingt-huit ans, s'y était traîné et sali pendant dix années comme remisier, en n'y gagnant gu?re que l'argent nécessaire a ses vices. Et, aujourd'hui, tout a fait chauve, se désolant ainsi qu'une fille dont les rides menacent le gagne-pain, il attendait toujours l'occasion qui devait le lancer au succ?s, a la fortune.

Saccard, a le voir si humble, se rappela avec amertume, le salut de Sabatani, chez Champeaux : décidément, les tarés et les ratés seuls lui restaient. Mais il n'était pas sans estime pour l'intelligence vive de celui-ci, et il savait bien qu'on fait les troupes les plus braves avec les désespérés, ceux qui osent tout, ayant tout a gagner. Il se montra bonhomme.

- Une situation, répéta-t-il. Eh ! ça peut se trouver. Venez me voir.

- Rue Saint-Lazare, maintenant, n'est-ce pas ?

- Oui, rue Saint-Lazare. Le matin.

Ils caus?rent. Jantrou était tr?s animé contre la Bourse, répétant qu'il fallait ?tre un coquin pour y réussir, avec la rancune d'un homme qui n'avait pas eu la coquinerie chanceuse. C'était fini, il voulait tenter autre chose, il lui semblait que, grâce a sa culture universitaire, a sa connaissance du monde, il pouvait se faire une belle place dans l'administration. Saccard l'approuvait d'un hochement de t?te. Et, comme ils étaient sortis des grilles, longeant le trottoir jusqu'a la rue Brongniart, tous deux s'intéress?rent a un coupé sombre, d'un attelage tr?s correct, qui était arr?té dans cette rue, le cheval tourné vers la rue Montmartre. Tandis que le dos du cocher, haut perché, demeurait d'une immobilité de pierre, ils avaient remarqué qu'une t?te de femme, a deux reprises, paraissait a la porti?re et disparaissait, vivement. Tout d'un coup, la t?te se pencha, s'oublia, avec un long regard d'impatience en arri?re, du côté de la Bourse.

- La baronne Sandorff, murmura Saccard.

C'était une t?te brune tr?s étrange, des yeux noirs br?lants sous des paupi?res meurtries, un visage de passion a la bouche saignante, et que gâtait seulement un nez trop long. Elle semblait fort jolie, d'une maturité précoce, pour ses vingt-cinq ans, avec son air de bacchante habillée par les grands couturiers du r?gne.

- Oui, la baronne, répéta Jantrou. Je l'ai connue, quand elle était jeune fille, chez son p?re, le comte de Ladricourt. Oh ! un enragé joueur, et d'une brutalité révoltante. J'allais prendre ses ordres chaque matin, il a failli me battre un jour. Je ne l'ai pas pleuré, celui-la, quand il est mort d'un coup de sang, ruiné, a la suite d'une série de liquidations lamentables... La petite alors a d? se résoudre a épouser le baron Sandorff, conseiller a l'ambassade d'Autriche, qui avait trente-cinq ans de plus qu'elle, et qu'elle avait positivement rendu fou, avec ses regards de feu.

- Je sais, dit simplement Saccard.

De nouveau, la t?te de la baronne avait replongé dans le coupé. Mais, presque aussitôt, elle reparut, plus ardente, le cou tordu pour voir au loin, sur la place.

- Elle joue, n'est-ce pas ?

- Oh ! comme une perdue ! Tous les jours de crise, on peut la voir la, dans sa voiture, guettant les cours, prenant fiévreusement des notes sur son carnet, donnant des ordres... Et, tenez ! c'était Massias qu'elle attendait : le voici qui la rejoint.

En effet, Massias courait de toute la vitesse de ses jambes courtes, sa cote a la main, et ils le virent qui s'accoudait a la porti?re du coupé, y plongeant la t?te a son tour, en grande conférence avec la baronne. Puis, comme ils s'écartaient un peu, pour ne pas ?tre surpris dans leur espionnage, et comme le remisier revenait, toujours courant, ils l'appel?rent. Lui, d'abord, jeta un regard de côté, s'assurant que le coin de la rue le cachait ; ensuite, il s'arr?ta net, essoufflé, son visage fleuri congestionné, gai quand m?me, avec ses gros yeux bleus d'une limpidité enfantine.

- Mais qu'est-ce qu'ils ont ? cria-t-il. Voila le Suez qui dégringole. On parle d'une guerre avec l'Angleterre. Une nouvelle qui les révolutionne, et qui vient on ne sait d'o?... Je vous le demande un peu, la guerre ! qui est-ce qui peut bien avoir inventé ça ? A moins que ça ne se soit inventé tout seul... Enfin, un vrai coup de chien.

Jantrou cligna des yeux.

- La dame mord toujours ?

- Oh ! enragée ! Je porte ses ordres a Nathansohn.

Saccard, qui écoutait, fit tout haut une réflexion.

- Tiens ! c'est vrai, on m'a dit que Nathansohn était entré a la coulisse.

- Un garçon tr?s gentil, Nathansohn, déclara Jantrou, et qui mérite de réussir. Nous avons été ensemble au Crédit mobilier... Mais il arrivera, lui, car il est juif. Son p?re, un Autrichien, est établi a Besançon, horloger, je crois... Vous savez que ça l'a pris un jour, la-bas, au Crédit, en voyant comment ça se manigançait. Il s'est dit que ce n'était pas si malin, qu'il n'y avait qu'a avoir une chambre et a ouvrir un guichet ; et il a ouvert un guichet... Vous ?tes content, vous, Massias ?

- Oh ! content ! Vous y avez passé, vous avez raison de dire qu'il faut ?tre juif ; sans ça, inutile de chercher a comprendre, on n'y a pas la main, c'est la déveine noire... Quel sale métier ! Mais on y est, on y reste. Et puis, j'ai encore de bonnes jambes, j'esp?re tout de m?me.

Et il repartit, courant et riant. On le disait fils d'un magistrat de Lyon, frappé d'indignité, tombé lui-m?me a la Bourse, apr?s la disparition de son p?re, n'ayant pas voulu continuer ses études de droit.

Saccard et Jantrou, a petits pas, revinrent vers la rue Brongniart ; et ils y retrouv?rent le coupé de la baronne ; mais les glaces étaient levées, la voiture mystérieuse paraissait vide, tandis que l'immobilité du cocher semblait avoir grandi, dans cette attente qui se prolongeait souvent jusqu'au dernier cours.

- Elle est diablement excitante, reprit brutalement Saccard. Je comprends le vieux baron.

Jantrou eut un sourire singulier.

- Oh ! le baron, il y a longtemps qu'il en a assez, je crois. Il est tr?s ladre, dit-on... Alors, vous savez avec qui elle s'est mise, pour payer ses factures, le jeu ne suffisant jamais ?

- Non.

- Avec Delcambre.

- Delcambre, le procureur général ! ce grand homme sec, si jaune, si rigide !... Ah ! je voudrais bien les voir ensemble !

Et tous deux, tr?s égayés, tr?s allumés, se sépar?rent avec une vigoureuse poignée de main, apr?s que l'un eut rappelé a l'autre qu'il se permettrait d'aller le voir prochainement.

D?s qu'il se retrouva seul, Saccard fut repris par la voix haute de la Bourse, qui déferlait avec l'ent?tement du flux a son retour. Il avait tourné le coin, il descendait vers la rue Vivienne, par ce côté de la place que l'absence de cafés rend sév?re. Il longea la Chambre de commerce, le bureau de poste, les grandes agences d'annonces, de plus en plus assourdi et enfiévré, a mesure qu'il revenait devant la façade principale ; et, quand il put enfiler le péristyle d'un regard oblique, il fit une nouvelle pause comme s'il ne voulait pas encore achever le tour de la colonnade, cette sorte d'investissement passionné dont il l'enserrait. La, sur cet élargissement du pavé, la vie s'étalait, éclatait : un flot de consommateurs envahissait les cafés, la boutique du pâtissier ne désemplissait pas, les étalages attroupaient la foule, celui d'un orf?vre surtout, flambant de grosses pi?ces d'argenterie. Et, par les quatre angles, les quatre carrefours, il semblait que le fleuve des fiacres et des piétons augmentât, dans un enchev?trement inextricable ; tandis que le bureau des omnibus aggravait les embarras et que les voitures des remisiers, en ligne, barraient le trottoir presque d'un bout a l'autre de la grille. Mais ses yeux s'étaient fixés sur les marches hautes, o? des redingotes s'égrenaient au plein soleil. Puis, ils remont?rent vers les colonnes dans la masse compacte, un grouillement noir, a peine éclairé par les taches pâles des visages. Tous étaient debout, on ne voyait pas les chaises, le rond que faisait la coulisse, assise sous l'horloge, ne se devinait qu'a une sorte de bouillonnement, une furie de gestes et de paroles dont l'air frémissait. Vers la gauche, le groupe des banquiers occupés a des arbitrages, a des opérations sur le change et sur les ch?ques anglais, restait plus calme, sans cesse traversé par la queue de monde qui entrait, allant au télégraphe. Jusque sous les galeries latérales, les spéculateurs débordaient, s'écrasaient ; et, entre les colonnes, appuyés aux rampes de fer, il y en avait qui présentaient le ventre ou le dos, comme chez eux, contre le velours d'une loge. La trépidation, le grondement de machine sous vapeur, grandissait, agitait la Bourse enti?re, dans un vacillement de flamme. Brusquement, il reconnut le remisier Massias qui descendait les marches a toutes jambes, puis qui sauta dans sa voiture, dont le cocher lança le cheval au galop.

Alors, Saccard sentit ses poings se serrer. Violemment, il s'arracha, il tourna dans la rue Vivienne, traversant la chaussée pour gagner le coin de la rue Feydeau, o? se trouvait la maison de Busch. Il venait de se rappeler la lettre russe qu'il avait a se faire traduire. Mais, comme il entrait, un jeune homme, planté devant la boutique du papetier qui occupait le rez-de-chaussée, le salua ; et il reconnut Gustave Sédille, le fils d'un fabricant de soie de la rue des Je?neurs, que son p?re avait placé chez Mazaud, pour étudier le mécanisme des affaires financi?res. Il sourit paternellement a ce grand garçon élégant, se doutant bien de ce qu'il faisait la, en faction. La papeterie Conin fournissait de carnets toute la Bourse, depuis que la petite madame Conin y aidait son mari, le gros Conin, qui, lui, ne sortait jamais de son arri?re-boutique, s'occupait de la fabrication, tandis qu'elle, toujours, allait et venait, servant au comptoir, faisant les courses dehors. Elle était grasse, blonde, rose, un vrai petit mouton frisé, avec des cheveux de soie pâle, tr?s gracieuse, tr?s câline, et d'une continuelle gaieté. Elle aimait bien son mari, disait-on, ce qui ne l'emp?chait pas, quand un boursier de la client?le lui plaisait, d'?tre tendre ; mais pas pour de l'argent, uniquement pour le plaisir, et une seule fois, dans une maison amie du voisinage, a ce que racontait la légende. En tout cas, les heureux qu'elle faisait devaient se montrer discrets et reconnaissants, car elle restait adorée, f?tée, sans un vilain bruit autour d'elle. Et la papeterie continuait de prospérer, c'était un coin de vrai bonheur. En passant, Saccard aperçut madame Conin qui souriait a Gustave a travers les vitres. Quel joli petit mouton ! Il en eut une sensation délicieuse de caresse. Enfin, il monta.

Depuis vingt ans, Busch occupait tout en haut, au cinqui?me étage, un étroit logement composé de deux chambres et d'une cuisine. Né a Nancy, de parents allemands, il était débarqué la de sa ville natale, il y avait peu a peu étendu son cercle d'affaires, d'une extraordinaire complication, sans éprouver le besoin d'un cabinet plus grand, abandonnant a son fr?re Sigismond la pi?ce sur la rue, se contentant de la petite pi?ce sur la cour, o? les paperasses, les dossiers, les paquets de toutes sortes s'empilaient tellement, que la place d'une unique chaise, contre le bureau, se trouvait réservée. Une de ses grosses affaires était bien le trafic sur les valeurs dépréciées ; il les centralisait, il servait d'intermédiaire entre la petite Bourse et les " Pieds humides " et les banqueroutiers, qui ont des trous a combler dans leur bilan ; aussi suivait-il les cours, achetant directement parfois, alimenté surtout par les stocks qu'on lui apportait. Mais, outre l'usure et tout un commerce caché sur les bijoux et les pierres précieuses, il s'occupait particuli?rement de l'achat des créances. C'était la ce qui emplissait son cabinet a en faire craquer les murs, ce qui le lançait dans Paris, aux quatre coins, flairant, guettant, avec des intelligences dans tous les mondes. D?s qu'il apprenait une faillite, il accourait, rôdait autour du syndic, finissait par acheter tout ce dont on ne pouvait rien tirer de bon immédiatement. Il surveillait les études de notaire, attendait les ouvertures de successions difficiles, assistait aux adjudications des créances désespérées. Lui-m?me publiait des annonces, attirait les créanciers impatients qui aimaient mieux toucher quelques sous tout de suite que de courir le risque de poursuivre leurs débiteurs. Et, de ces sources multiples, du papier arrivait, de véritables hottes, le tas sans cesse accru d'un chiffonnier de la dette : billets impayés, traités inexécutés, reconnaissances restées vaines, engagements non tenus. Puis, la-dedans, commençait le triage, le coup de fourchette dans cet arlequin gâté, ce qui demandait un flair spécial, tr?s délicat. Dans cette mer de créanciers disparus ou insolvables, il fallait faire un choix, pour ne pas trop éparpiller son effort. En principe, il professait que toute créance, m?me la plus compromise, peut redevenir bonne, et il avait une série de dossiers admirablement classés, auxquels correspondait un répertoire des noms, qu'il relisait de temps a autre, pour s'entretenir la mémoire. Mais, parmi les insolvables, il suivait naturellement de plus pr?s ceux qu'il sentait avoir des chances de fortune prochaine : son enqu?te dénudait les gens, pénétrait les secrets de famille, prenait note des parentés riches, des moyens d'existence, des nouveaux emplois surtout, qui permettaient de lancer des oppositions. Pendant des années souvent, il laissait ainsi m?rir un homme, pour l'étrangler au premier succ?s. Quant aux débiteurs disparus, ils le passionnaient plus encore, le jetaient dans une fi?vre de recherches continuelles, l'?il sur les enseignes et sur les noms que les journaux imprimaient, qu?tant les adresses comme un chien qu?te le gibier. Et, d?s qu'il les tenait, les disparus et les insolvables, il devenait féroce, les mangeait de frais, les vidait jusqu'au sang, tirant cent francs de ce qu'il avait payé dix sous, en expliquant brutalement ses risques de joueur, forcé de gagner avec ceux qu'il empoignait ce qu'il prétendait perdre sur ceux qui lui filaient entre les doigts, ainsi qu'une fumée.

Dans cette chasse aux débiteurs, la Méchain était une des aides que Busch aimait le mieux a employer ; car, s'il devait avoir ainsi une petite troupe de rabatteurs a ses ordres, il vivait dans la défiance de ce personnel, mal famé et affamé ; tandis que la Méchain avait pignon sur rue, possédait derri?re la butte Montmartre toute une cité, la Cité de Naples, un vaste terrain planté de huttes branlantes qu'elle louait au mois : un coin d'épouvantable mis?re, des meurt-de-faim en tas dans l'ordure, des trous a pourceau qu'on se disputait et dont elle balayait sans pitié les locataires avec leur fumier, d?s qu'ils ne payaient plus. Ce qui la dévorait, ce qui lui mangeait les bénéfices de sa cité, c'était sa passion malheureuse du jeu. Et elle avait aussi le go?t des plaies d'argent, des ruines, des incendies, au milieu desquels on peut voler des bijoux fondus. Lorsque Busch la chargeait d'un renseignement a prendre, d'un débiteur a déloger, elle y mettait parfois du sien, se dépensait pour le plaisir. Elle se disait veuve, mais personne n'avait connu son mari. Elle venait on ne savait d'o?, et elle paraissait avoir eu toujours cinquante ans, débordante, avec sa mince voix de petite fille.

Ce jour-la, d?s que la Méchain se trouva assise sur l'unique chaise, le cabinet fut plein, comme bouché par ce dernier paquet de chair, tombé a cette place. Devant son bureau, Busch, prisonnier, semblait enfoui, ne laissant émerger que sa t?te carrée, au-dessus de la mer des dossiers.

- Voici, dit-elle en vidant son vieux sac de l'énorme tas de papiers qui le gonflait, voici ce que Fayeux m'envoie de Vendôme... Il a tout acheté pour vous, dans cette faillite Charpier, que vous m'aviez dit de lui signaler... Cent dix francs.

Fayeux, qu'elle appelait son cousin, venait d'installer la-bas un bureau de receveur de rentes. Il avait pour négoce avoué de toucher les coupons des petits rentiers du pays ; et, dépositaire de ces coupons et de l'argent, il jouait frénétiquement.

- Ça ne vaut pas grand-chose, la province, murmura Busch, mais on y fait des trouvailles tout de m?me.

Il flairait les papiers, les triait déja d'une main experte, les classait en gros d'apr?s une premi?re estimation, a l'odeur. Sa face plate se rembrunissait, il eut une moue désappointée.

- Hum ! il n'y a pas gras, rien a mordre. Heureusement que ça n'a pas co?té cher... Voici des billets... Encore des billets... Si ce sont des jeunes gens, et s'ils sont venus a Paris, nous les rattraperons peut-?tre...

Mais il eut une lég?re exclamation de surprise.

- Tiens ! qu'est-ce que c'est que ça ?

Il venait de lire, au bas d'une feuille de papier timbré, la signature du comte de Beauvilliers, et la feuille ne portait que trois lignes, d'une grosse écriture sénile : " Je m'engage a payer la somme de dix mille francs a mademoiselle Léonie Cron, le jour de sa majorité. "

- Le comte de Beauvilliers, reprit-il lentement, réfléchissant tout haut, oui, il a eu des fermes, tout un domaine, du côté de Vendôme... Il est mort d'un accident de chasse, il a laissé une femme et deux enfants dans la g?ne. J'ai eu des billets autrefois, qu'ils ont payés difficilement... Un farceur, un pas grand-chose...

Tout d'un coup, il éclata d'un gros rire, reconstruisant l'histoire.

- Ah ! le vieux filou, c'est lui qui a fichu dedans la petite !... Elle ne voulait pas, et il l'aura décidée avec ce chiffon de papier, qui était légalement sans valeur. Puis, il est mort... Voyons, c'est daté de 1854, il y a dix ans. La fille doit ?tre majeure, que diable ! Comment cette reconnaissance pouvait-elle se trouver entre les mains de Charpier ?... Un marchand de grains, ce Charpier, qui pr?tait a la petite semaine. Sans doute la fille lui a laissé ça en dépôt pour quelques écus ; ou bien peut-?tre s'était-il chargé du recouvrement...

- Mais, interrompit la Méchain, c'est tr?s bon, ça, un vrai coup ! "

Busch haussa dédaigneusement les épaules.

- Eh ! non, je vous dis qu'en droit ça ne vaut rien... Que je présente ça aux héritiers, et ils peuvent m'envoyer promener, car il faudrait faire la preuve que l'argent est réellement d?... Seulement, si nous retrouvons la fille, j'esp?re les amener a ?tre gentils et a s'entendre avec nous, pour éviter un tapage désagréable... Comprenez-vous ? cherchez cette Léonie Cron, écrivez a Fayeux pour qu'il nous la déniche la-bas. Ensuite, nous verrons a rire.

Il avait fait des papiers deux tas qu'il se promettait d'examiner a fond, quand il serait seul, et il restait immobile, les mains ouvertes, une sur chaque tas.

Apr?s un silence, la Méchain reprit :

- Je me suis occupée des billets Jordan... J'ai bien cru que j'avais retrouvé notre homme. Il a été employé quelque part, il écrit maintenant dans les journaux. Mais on vous reçoit si mal, dans les journaux ; on refuse de vous donner les adresses. Et puis, je crois qu'il ne signe pas ses articles de son vrai nom.

Sans une parole, Busch avait allongé le bras pour prendre, a sa place alphabétique, le dossier Jordan. C'étaient six billets de cinquante francs, datés de cinq années déja et échelonnés de mois en mois, une somme totale de trois cents francs, que le jeune homme avait souscrite a un tailleur, aux jours de mis?re. Impayés a leur présentation, les billets s'étaient grossis de frais énormes, et le dossier débordait d'une formidable procédure. A cette heure, la dette atteignait sept cent trente francs quinze centimes.

- Si c'est un garçon d'avenir, murmura Busch, nous le pincerons toujours.

Puis, une liaison d'idées se faisant sans doute en lui, il s'écria :

- Et dites donc, l'affaire Sicardot, nous l'abandonnons ?

La Méchain leva au ciel ses gros bras éplorés. Toute sa monstrueuse personne en eut un remous de désespoir.

- Ah ! Seigneur Dieu ! gémit-elle de sa voix de fl?te, j'y laisserai ma peau !

L'affaire Sicardot était toute une histoire romanesque qu'elle aimait conter. Une petite-cousine a elle, Rosalie Chavaille, la fille tardive d'une s?ur de son p?re avait été prise a seize ans, un soir, sur les marches de l'escalier, dans une maison de la rue de la Harpe, o? elle et sa m?re occupaient un petit logement au sixi?me. Le pis était que le monsieur, un homme marié, débarqué depuis huit jours a peine, avec sa femme, dans une chambre que sous-louait une dame du second, s'était montré si amoureux, que la pauvre Rosalie, renversée d'une main trop prompte contre l'angle d'une marche, avait eu l'épaule démise. De la, juste col?re de la m?re, qui avait failli faire un esclandre affreux, malgré les larmes de la petite, avouant qu'elle avait bien voulu, que c'était un accident et qu'elle aurait trop de peine, si l'on envoyait le monsieur en prison. Alors, la m?re, se taisant, s'était contentée d'exiger de celui-ci une somme de six cents francs, répartie en douze billets, cinquante francs par mois, pendant une année ; et il n'avait pas eu de marché vilain, c'était m?me modeste, car sa fille, qui finissait son apprentissage de couturi?re, ne gagnait plus rien, malade, au lit, co?tant gros, si mal soignée d'ailleurs, que, les muscles de son bras s'étant rétractés, elle devenait infirme. Avant la fin du premier mois, le monsieur avait disparu, sans laisser son adresse. Et les malheurs continuaient, tapaient dru comme gr?le : Rosalie accouchait d'un garçon, perdait sa m?re, tombait a une sale vie, a une mis?re noire. Échouée a la Cité de Naples, chez sa petite-cousine, elle avait traîné les rues jusqu'a vingt-six ans, ne pouvant se servir de son bras, vendant parfois des citrons aux Halles, disparaissant pendant des semaines avec des hommes, qui la renvoyaient ivre et bleue de coups. Enfin, l'année d'auparavant, elle avait eu la chance de crever, des suites d'une bordée plus aventureuse que les autres. Et la Méchain avait d? garder l'enfant, Victor ; et il ne restait de toute cette aventure que les douze billets impayés, signés Sicardot. On n'avait jamais pu en savoir davantage : le monsieur s'appelait Sicardot.

D'un nouveau geste, Busch prit le dossier Sicardot, une mince chemise de papier gris. Aucun frais n'avait été fait, il n'y avait la que les douze billets.

- Encore si Victor était gentil ! expliquait lamentablement la vieille femme. Mais imaginez-vous, un enfant épouvantable... Ah ! c'est dur de faire des héritages pareils, un gamin qui finira sur l'échafaud, et ces morceaux de papier dont jamais je ne tirerai rien !

Busch tenait ses gros yeux pâles obstinément fixés sur les billets. Que de fois il les avait étudiés ainsi, espérant, dans un détail inaperçu, dans la forme des lettres, jusque dans le grain du papier timbré, découvrir un indice. Il prétendait que cette écriture pointue et fine ne devait pas lui ?tre inconnue.

- C'est curieux, répétait-il une fois encore, j'ai certainement vu déja des a et des o pareils, si allongés, qu'ils ressemblent a des i.

Juste a ce moment, on frappa ; et il pria la Méchain d'allonger la main pour ouvrir ; car la pi?ce donnait directement sur l'escalier. Il fallait la traverser si l'on voulais gagner l'autre, celle qui avait vue sur la rue. Quant a la cuisine, un trou sans air, elle se trouvait de l'autre côté du palier.

- Entrez, monsieur.

Et ce fut Saccard qui entra. Il souriait, égayé intérieurement par la plaque de cuivre, vissée sur la porte et portant en grosses lettres noires le mot : Contentieux.

- Ah ! oui, monsieur Saccard, vous venez pour cette traduction... Mon fr?re est la, dans l'autre pi?ce... Entrez, entrez donc.

Mais la Méchain bouchait absolument le passage, et elle dévisageait le nouveau venu, l'air de plus en plus surpris. Il fallut tout une man?uvre : lui recula dans l'escalier, elle-m?me sortit, s'effaçant sur le palier, de façon qu'il p?t entrer et gagner enfin la chambre voisine, o? il disparut. Pendant ces mouvements compliqués, elle ne l'avait pas quitté des yeux.

- Oh ! souffla-t-elle, oppressée, ce M. Saccard, je ne l'avais jamais tant vu... Victor est tout son portrait.

Busch sans comprendre d'abord, la regardait. Puis, une brusque illumination se fit, il eut un juron étouffé.

- Tonnerre de Dieu ! c'est ça, je savais bien que j'avais vu ça quelque part !

Et, cette fois, il se leva, bouleversa les dossiers, finit par trouver une lettre que Saccard lui avait écrite, l'année précédente, pour lui demander du temps en faveur d'une dame insolvable. Vivement, il compara l'écriture des billets a celle de cette lettre c'étaient bien les m?mes a et les m?mes o, devenus avec le temps plus aigus encore et il y avait aussi une identité de majuscules évidente.

- C'est lui, c'est lui, répétait-il. Seulement, voyons, pourquoi Sicardot, pourquoi pas Saccard ?

Mais, dans sa mémoire, une histoire confuse s'éveillait, le passé de Saccard, qu'un agent d'affaires Larsonneau, millionnaire aujourd'hui, lui avait conté. Saccard tombant a Paris au lendemain du coup d'État, venant exploiter la puissance naissante de son fr?re Rougon, et d'abord sa mis?re dans les rues noires de l'ancien Quartier latin, et ensuite sa fortune rapide, a la faveur d'un louche mariage quand il avait eu la chance d'enterrer sa femme. C'était lors de ces débuts difficiles qu'il avait changé son nom de Rougon contre celui de Saccard, en transformant simplement le nom de cette premi?re femme, qui se nommait Sicardot.

- Oui, oui, Sicardot, je me souviens parfaitement, murmura Busch. Il a eu le front de signer le nom du nom de sa femme. Sans doute le ménage avait donné ce nom, en descendant rue de la Harpe. Et puis, le bougre prenait toutes sortes de précautions, devait déménager a la moindre alerte... Ah ! il ne guettait pas que les écus, il culbutait aussi les gamines dans les escaliers ! C'est b?te, ça finira par lui jouer un vilain tour.

- Chut ! chut, reprit la Méchain. Nous le tenons, et on peut bien dire qu'il y a un bon Dieu. Enfin, je vas donc ?tre récompensée de tout ce que j'ai fait pour ce pauvre petit Victor, que j'aime bien tout de m?me, allez, quoiqu'il soit indécrottable.

Elle rayonnait, ses yeux minces pétillaient dans la graisse fondante de son visage.

Mais Busch, apr?s le coup de fi?vre de cette solution longtemps cherchée, que le hasard lui apportait, se refroidissait a la réflexion, hochait la t?te. Sans doute Saccard, bien que ruiné pour le moment, était encore bon a tondre. On pouvait tomber sur un p?re moins avantageux. Seulement, il ne se laisserait pas ennuyer, il avait la dent terrible. Et puis, quoi ? il ne savait certainement pas lui-m?me qu'il avait un fils, il pourrait nier, malgré cette ressemblance extraordinaire qui stupéfiait la Méchain. Du reste, il était une seconde fois veuf, libre, il ne devait compte de son passé a personne, de sorte que, m?me s'il acceptait le petit, aucune peur, aucune menace n'était a exploiter contre lui. Quant a ne tirer de sa paternité que les six cents francs des billets, c'était en vérité trop misérable, ça ne valait pas la peine d'avoir été si miraculeusement aidé par le hasard. Non, non ! il fallait réfléchir, nourrir ça, trouver le moyen de couper la moisson en pleine maturité.

- Ne nous pressons pas, conclut Busch. D'ailleurs, il est par terre, laissons-lui le temps de se relever.

Et, avant de congédier la Méchain, il acheva d'examiner avec elle les menues affaires dont elle était chargée, une jeune femme qui avait engagé ses bijoux pour un amant, un gendre dont la dette serait payée par sa belle-m?re, sa maîtresse, si l'on savait s'y prendre, enfin les variétés les plus délicates du recouvrement si complexe et si difficile des créances.

Saccard, en entrant dans la chambre voisine, était resté quelques secondes ébloui par la clarté blanche de la fen?tre, aux vitres ensoleillées, sans rideaux. Cette pi?ce, tapissée d'un papier pâle a fleurettes bleues, était nue : simplement un petit lit de fer dans un coin, une table de sapin au milieu, et deux chaises de paille. Le long de la cloison de gauche, des planches a peine rabotées servaient de biblioth?que, chargées de livres, de brochures, de journaux, de papiers de toutes sortes. Mais la grande lumi?re du ciel, a ces hauteurs, mettait dans cette nudité comme une gaieté de jeunesse, un rire de fraîcheur ingénue. Et le fr?re de Busch, Sigismond, un garçon de trente-cinq ans, imberbe, aux cheveux châtains, longs et rares, se trouvait la, assis devant la table, son vaste front bossu dans sa maigre main, si absorbé par la lecture d'un manuscrit, qu'il ne tourna point la t?te, n'ayant pas entendu la porte s'ouvrir.

C'était une intelligence, ce Sigismond, élevé dans les universités allemandes, qui, outre le français, sa langue maternelle, parlait l'allemand, l'anglais et le russe. En 1849, a Cologne, il avait connu Karl Marx, était devenu le rédacteur le plus aimé de sa Nouvelle Gazette rhénane ; et, d?s ce moment, sa religion s'était fixée, il professait le socialisme avec une foi ardente, ayant fait le don de sa personne enti?re a l'idée d'une prochaine rénovation sociale, qui devait assurer le bonheur des pauvres et des humbles. Depuis que son maître, banni d'Allemagne, forcé de s'exiler de Paris a la suite des journées de Juin, vivait a Londres, écrivait, s'efforçait d'organiser le parti, lui végétait de son côté, dans ses r?ves, tellement insoucieux de sa vie matérielle, qu'il serait s?rement mort de faim, si son fr?re ne l'avait recueilli, rue Feydeau, pr?s de la Bourse, en lui donnant la pensée d'utiliser sa connaissance des langues pour s'établir traducteur. Ce fr?re aîné adorait son cadet, d'une passion maternelle, loup féroce aux débiteurs, tr?s capable de voler dix sous dans le sang d'un homme, mais tout de suite attendri aux larmes, d'une tendresse passionnée et minutieuse de femme, d?s qu'il s'agissait de ce grand garçon distrait, resté enfant. Il lui avait donné la belle chambre sur la rue, il le servait comme une bonne, menait leur étrange ménage, balayant, faisant les lits, s'occupant de la nourriture qu'un petit restaurant du voisinage montait deux fois par jour. Lui, si actif, la t?te bourrée de mille affaires, le tolérait oisif, car les traductions ne marchaient pas, entravées de travaux personnels ; et il lui défendait m?me de travailler, inquiet d'une petite toux mauvaise ; et malgré son dur amour de l'argent, sa cupidité assassine qui mettait dans la conqu?te de l'argent l'unique raison de vivre, il souriait indulgemment des théories du révolutionnaire, il lui abandonnait le capital comme un joujou a un gamin, quitte a le lui voir briser.

Sigismond, de son côté, ne savait m?me pas ce que son fr?re faisait dans la pi?ce voisine. Il ignorait tout de cet effroyable négoce sur les valeurs déclassées et sur l'achat des créances, il vivait plus haut, dans un songe souverain de justice. L'idée de charité le blessait, le jetait hors de lui : la charité, c'était l'aumône, l'inégalité consacrée par la bonté ; et il n'admettait que la justice ; les droits de chacun reconquis, posés en immuables principes de la nouvelle organisation sociale. Aussi, a la suite de Karl Marx, avec lequel il était en continuelle correspondance, épuisait-il ses jours a étudier cette organisation, modifiant, améliorant sans cesse sur le papier la société de demain, couvrant de chiffres d'immenses pages, basant sur la science l'échafaudage compliqué de l'universel bonheur. Il retirait le capital aux uns pour le répartir entre tous les autres, il remuait les milliards, déplaçait d'un trait de plume la fortune du monde ; et cela, dans cette chambre nue, sans une autre passion que son r?ve, sans un besoin de jouissance a satisfaire, d'une frugalité telle, que son fr?re devait se fâcher pour qu'il b?t du vin et mangeât de la viande. Il voulait que le travail de tout homme, mesuré selon ses forces, assurât le contentement de ses appétits : lui, se tuait a la besogne et vivait de rien. Un vrai sage, exalté dans l'étude, dégagé de la vie matérielle, tr?s doux et tr?s pur. Depuis le dernier automne, il toussait de plus en plus, la phtisie l'envahissait, sans qu'il daignât m?me s'en apercevoir et se soigner.

Mais Saccard ayant fait un mouvement, Sigismond enfin leva ses grands yeux vagues, et s'étonna, bien qu'il conn?t le visiteur.

- C'est pour une lettre a traduire.

La surprise du jeune homme augmentait, car il avait découragé les clients, les banquiers, les spéculateurs, les agents de change, tout ce monde de la Bourse, qui reçoit particuli?rement d'Angleterre et d'Allemagne, une correspondance nombreuse, des circulaires, des statuts de société.

- Oui, une lettre en langue russe. Oh ! dix lignes seulement.

Alors, il tendit la main, le russe étant resté sa spécialité, lui seul le traduisant couramment, au milieu des autres traducteurs du quartier, qui vivaient de l'allemand et de l'anglais. La rareté des documents russes, sur le marché de Paris, expliquait ses longs chômages.

Tout haut, il lut la lettre, en français. C'était, en trois phrases, une réponse favorable d'un banquier de Constantinople, un simple oui, dans une affaire.

- Ah ! merci, s'écria Saccard, qui parut enchanté.

Et il pria Sigismond d'écrire les quelques lignes de la traduction au revers de la lettre. Mais celui-ci fut pris d'un terrible acc?s de toux, qu'il étouffa dans son mouchoir, pour ne pas déranger son fr?re, qui accourait, d?s qu'il l'entendait tousser ainsi. Puis, la crise passée, il se leva, alla ouvrir la fen?tre toute grande, étouffant, voulant respirer l'air. Saccard, qui l'avait suivi, jeta un coup d'?il dehors, eut une lég?re exclamation.

- Tiens ! vous voyez la Bourse. Oh ! qu'elle est drôle, d'ici.

Jamais, en effet, il ne l'avait vue sous un si singulier aspect, a vol d'oiseau, avec les quatre vastes pentes de zinc de sa toiture, extraordinairement développées, hérissées d'une for?t de tuyaux. Les pointes des paratonnerres se dressaient, pareilles a des lances gigantesques menaçant le ciel. Et le monument lui-m?me n'était plus qu'un cube de pierre, strié réguli?rement par les colonnes, un cube d'un gris sale, nu et laid, planté d'un drapeau en loques. Mais, surtout, les marches et le péristyle l'étonnaient, piquetés de fourmis noires, toute une fourmili?re en révolution, s'agitant, se donnant un mouvement énorme, qu'on ne s'expliquait plus, de si haut, et qu'on prenait en pitié.

- Comme ça rapetisse ! reprit-il. On dirait qu'on va tous les prendre dans la main, d'une poignée.

Puis, connaissant les idées de son interlocuteur, il ajouta en riant :

- Quand balayez-vous tout ça, d'un coup de pied ?

Sigismond haussa les épaules.

- A quoi bon ? vous vous démolissez bien vous-m?mes.

Et, peu a peu, il s'anima, il déborda du sujet dont il était plein. Un besoin de prosélytisme le lançait, au moindre mot, dans l'exposition de son syst?me.

- Oui, oui, vous travaillez pour nous, sans vous en douter... Vous ?tes la quelques usurpateurs, qui expropriez la masse du peuple ; et quand vous serez gorgés, nous n'aurons qu'a vous exproprier a notre tour... Tout accaparement, toute centralisation conduit au collectivisme. Vous nous donnez une leçon pratique, de m?me que les grandes propriétés absorbant les lopins de terre, les grands producteurs dévorant les ouvriers en chambre, les grandes maisons de crédit et les grands magasins tuant toute concurrence, s'engraissant de la ruine des petites banques et des petites boutiques, sont un acheminement lent, mais certain, vers le nouvel état social... Nous attendons que tout craque, que le mode de production actuelle ait abouti au malaise intolérable de ses derni?res conséquences. Alors, les bourgeois et les paysans eux-m?mes nous aideront.

Saccard, intéressé, le regardait avec une vague inquiétude, bien qu'il le prît pour un fou.

- Mais enfin, expliquez-moi, qu'est-ce que c'est que votre collectivisme ?

- Le collectivisme, c'est la transformation des capitaux privés, vivant des luttes de la concurrence, en un capital social unitaire, exploité par le travail de tous.... Imaginez une société o? les instruments de la production sont la propriété de tous, o? tout le monde travaille selon son intelligence et sa vigueur, et o? les produits de cette coopération sociale sont distribués a chacun, au prorata de son effort. Rien n'est plus simple, n'est-ce pas ? une production commune dans les usines, les chantiers et les ateliers de la nation ; puis, un échange, un payement en nature. Si il y a surcroît de production, on le met dans des entrepôts publics, d'o? il est repris pour combler les déficits qui peuvent se produire. C'est une balance a faire... Et cela, comme d'un coup de hache, abat l'arbre pourri. Plus de concurrence, plus de capital privé, donc plus d'affaires d'aucune sorte, ni commerce, ni marchés, ni Bourses. L'idée de gain n'a plus aucun sens. Les sources de la spéculation, les rentes gagnées sans travail, sont taries.

- Oh ! oh ! interrompit Saccard, ça changerait diablement les habitudes de bien du monde ! Mais ceux qui ont des rentes aujourd'hui, qu'en faites-vous ? Ainsi, Gundermann, vous lui prenez son milliard ?

- Nullement, nous ne sommes pas des voleurs. Nous le rach?terions son milliard, toutes ses valeurs, ses titres de rente, par des bons de jouissance, divisés en annuités. Et vous imaginez-vous ce capital immense remplacé ainsi par une richesse suffocante de moyens de consommation en moins de cent années, les descendants de votre Gundermann seraient réduits, comme les autres citoyens, au travail personnel ; car les annuités finiraient bien par s'épuiser, et ils n'auraient pu capitaliser leurs économies forcées, le trop-plein de cet écrasement de provisions, en admettant m?me qu'on conserve intact le droit d'héritage... Je vous dis que cela balaie d'un coup, non seulement les affaires individuelles, les sociétés d'actionnaires, les associations de capitaux privés, mais encore toutes les sources indirectes de rentes, tous les syst?mes de crédit, pr?ts, loyers, fermages... Il n'y a plus, comme mesure de la valeur, que le travail. Le salaire se trouve naturellement supprimé, n'étant pas, dans l'état capitaliste actuel, équivalent au produit exact du travail, puisqu'il ne représente jamais que ce qui est strictement nécessaire au travailleur pour son entretien quotidien. Et il faut reconnaître que l'état actuel est seul coupable, que le patron le plus honn?te est bien forcé de suivre la dure loi de la concurrence, d'exploiter ses ouvriers, s'il veut vivre. C'est notre syst?me social entier a détruire... Ah ! Gundermann étouffant sous l'accablement de ses bons de jouissance ! les héritiers de Gundermann n'arrivant pas a tout manger, obligés de donner aux autres et de reprendre la pioche ou l'outil, comme les camarades !

Et Sigismond éclata d'un bon rire d'enfant en récréation, toujours debout pr?s de la fen?tre, les regards sur la Bourse, o? grouillait la noire fourmili?re du jeu. Des rougeurs ardentes montaient a ses pommettes, il n'avait d'autre amusement que de s'imaginer ainsi les plaisantes ironies de la justice de demain.

Le malaise de Saccard avait grandi. Si ce r?veur éveillé disait vrai, pourtant ? s'il avait deviné l'avenir ? Il expliquait des choses qui semblaient tr?s claires et sensées.

- Bah ! murmura-t-il pour se rassurer, tout ça n'arrivera pas l'année prochaine.

- Certes ! reprit le jeune homme, redevenu grave et las. Nous sommes dans la période transitoire, la période d'agitation. Peut-?tre y aura-t-il des violences révolutionnaires, elles sont souvent inévitables. Mais les exagérations, les emportements sont passagers... Oh ! je ne me dissimule pas les grandes difficultés immédiates. Tout cet avenir r?vé semble impossible, on n'arrive pas a donner aux gens une idée raisonnable de cette société future, cette société de juste travail, dont les m?urs seront si différentes des nôtres. C'est comme un autre monde dans une autre plan?te... Et puis, il faut bien le confesser, la réorganisation n'est pas pr?te, nous cherchons encore. Moi, qui ne dors plus gu?re, j'y épuise mes nuits. Par exemple, il est certain qu'on peut nous dire : " Si les choses sont ce qu'elles sont, c'est que la logique des faits humains les a faites ainsi. " D?s lors, quel labeur pour ramener le fleuve a sa source et le diriger dans une autre vallée !... Certainement, l'état social actuel a d? sa prospérité séculaire au principe individualiste, que l'émulation, l'intér?t personnel rend d'une fécondité de production sans cesse renouvelée. Le collectivisme arrivera-t-il jamais a cette fécondité, et par quel moyen activer la fonction productive du travailleur, quand l'idée de gain sera détruite ? La est, pour moi, le doute, l'angoisse, le terrain faible o? il faut que nous nous battions, si nous voulons que la victoire du socialisme s'y décide un jour... Mais nous vaincrons, parce que nous sommes la justice. Tenez ! vous voyez ce monument devant vous... Vous le voyez ?

- La Bourse ? dit Saccard. Parbleu ! oui, je la vois !

- Eh bien, ce serait b?te de la faire sauter, qu'on la rebâtirait ailleurs... Seulement, je vous prédis qu'elle sautera d'elle-m?me, quand l'État l'aura expropriée, devenu logiquement l'unique et universelle banque de la nation ; et, qui sait ? elle servira alors d'entrepôt public a nos richesses trop grandes, un des greniers d'abondance o? nos petits-fils trouveront le luxe de leurs jours de f?te !

D'un geste large, Sigismond ouvrait cet avenir de bonheur général et moyen. Et il s'était tellement exalté, qu'un nouvel acc?s de toux le secoua, revenu a sa table, les coudes parmi ses papiers, la t?te entre les mains, pour étouffer le râle déchiré de sa gorge. Mais, cette fois, il ne se calmait pas. Brusquement, la porte s'ouvrit, Busch accourut, ayant congédié la Méchain, l'air bouleversé, souffrant lui-m?me de cette toux abominable. Tout de suite, il s'était penché, avait pris son fr?re dans ses grands bras, comme un enfant dont on berce la douleur.

- Voyons, mon petit, qu'est-ce que tu as encore, a t'étrangler ? Tu sais, je veux que tu fasses venir un médecin. Ce n'est pas raisonnable... Tu auras trop causé, c'est s?r.

Et il regardait d'un ?il oblique Saccard, resté au milieu de la pi?ce, décidément bousculé par ce qu'il venait d'entendre, dans la bouche de ce grand diable, si passionné et si malade, qui, de sa fen?tre, la-haut, devait jeter un sort sur la Bourse, avec ses histoires de tout balayer pour tout reconstruire.

- Merci, je vous laisse, dit le visiteur, ayant hâte d'?tre dehors. Envoyez-moi ma lettre, avec les dix lignes de traduction... J'en attends d'autres, nous réglerons le tout ensemble.

Mais, la crise étant finie, Busch le retint un instant encore.

- A propos, la dame qui était la tout a l'heure vous a connu autrefois, oh, il y a longtemps.

- Ah ! O? donc ?

- Rue de la harpe, en 52.

Si maître qu'il f?t de lui, Saccard devint pâle. Un tic nerveux tira sa bouche. Ce n'était point qu'il se rappelât a cette minute, la gamine culbutée dans l'escalier : il ne l'avait m?me pas sue enceinte, il ignorait l'existence de l'enfant. Mais le rappel des misérables années de ses débuts lui était toujours désagréable.

- Rue de la Harpe, oh ! je n'y ai habité que huit jours lors de mon arrivée a Paris, le temps de rechercher un logement... Au revoir !

- Au revoir !  accentua Busch, qui se trompa, voyant un aveu dans cet embarras, et qui déja cherchait de quelle façon large il exploiterait l'aventure.

De nouveau dans la rue, Saccard retourna machinalement vers la place de la Bourse. Il était tout frissonnant, il ne regarda m?me pas la petite madame Conin, dont la jolie figure blonde souriait, a la porte de la papeterie. Sur la place, l'agitation avait grandi, la clameur du jeu venait battre les trottoirs grouillant de monde, avec la violence débridée d'une marée haute. C'était le coup de gueule de trois heures moins un quart, la bataille des derniers cours, l'enragement a savoir qui s'en irait les mains pleines. Et, debout a l'angle de la rue de la Bourse en face du péristyle, il croyait reconnaître, dans la bousculade confuse, sous les colonnes, le baissier Moser et le haussier Pillerault, tous les deux aux prises ; tandis qu'il s'imaginait entendre, sortie du fond de la grande salle, la voix aiguë de l'agent de change Mazaud, que couvraient par moments les éclats de Nathansohn, assis sous l'horloge, a la coulisse. Mais une voiture, qui rasait le ruisseau, faillit l'éclabousser. Massias sauta, avant m?me que le cocher e?t arr?té, monta les marches d'un bond, apportant, hors d'haleine, le dernier ordre d'un client.

Et lui, toujours immobile et debout, les yeux sur la m?lée, la-haut, remâchait sa vie, hanté par le souvenir de ses débuts, que la question de Busch venait de réveiller.

Il se rappelait la rue de la Harpe, puis la rue Saint-Jacques, o? il avait traîné ses bottes éculées d'aventurier conquérant, débarqué a Paris pour le soumettre ; et une fureur le reprenait, a l'idée qu'il ne l'avait pas soumis encore, qu'il était de nouveau sur le pavé, guettant la fortune, inassouvi, torturé d'une faim de jouissance telle, que jamais il n'en avait souffert davantage. Ce fou de Sigismond le disait avec raison : le travail ne peut faire vivre, les misérables et les imbéciles travaillent seuls, pour engraisser les autres. Il n'y avait que le jeu, le jeu qui, du soir au lendemain, donne d'un coup le bien-?tre, le luxe, la vie large, la vie tout enti?re. Si ce vieux monde social devait crouler un jour, est-ce qu'un homme comme lui n'allait pas encore trouver le temps et la place de combler ses désirs, avant l'effondrement ?

Mais un passant le coudoya, qui ne se retourna m?me pas pour s'excuser. Il reconnut Gundermann faisant sa petite promenade de santé, il le regarda entrer chez un confiseur, d'o? ce roi de l'or rapportait parfois une boîte de bonbons d'un franc a ses petites-filles. Et ce coup de coude, a cette minute, dans la fi?vre dont l'acc?s montait en lui, depuis qu'il tournait ainsi autour de la Bourse, fut comme le cinglement, la poussée derni?re qui le décida. Il avait achevé d'enserrer la place, il donnerait l'assaut. C'était le serment d'une lutte sans merci : il ne quitterait pas la France, il braverait son fr?re, il jouerait la partie supr?me, une bataille de terrible audace, qui lui mettrait Paris sous les talons, ou qui le jetterait au ruisseau, les reins cassés.

Jusqu'a la fermeture, Saccard s'ent?ta, debout a son poste d'observation et de menace. Il regarda le péristyle se vider, les marches se couvrir de la lente débandade de tout ce monde échauffé et las. Autour de lui, l'encombrement du pavé et des trottoirs continuait, un flot ininterrompu de gens, l'éternelle foule a exploiter, les actionnaires de demain, qui ne pouvaient passer devant cette grande loterie de la spéculation, sans tourner la t?te, dans le désir et la crainte de ce qui se faisait la, ce myst?re des opérations financi?res, d'autant plus attirant pour les cervelles françaises, que tr?s peu d'entre elles le pén?trent.

 

Pieniądz

 

I.

 

Jedenasta biła na Giełdzie, gdy Saoccard wszedł do restauracyi Champeaux. Stanąwszy na progu sali biało malowanej, zdobnej złoconemi sztukateryami, powiódł oczyma po małych stoliczkach, przy których siedzieli goście ożywioną rozmową zajęci. Na twarzy jego odbiło się zdumienie, gdy nie znalazł wpośród nich człowieka, którego spodziewał się tu zastać.

Ujrzawszy w pośród żywo uwijającej się służby kelnera, który biegł roznosząc półmiski:

- Słuchaj no! - zawołał - czy Huret nie był tutaj?

- Nie, proszę pana, nie było go dotąd.

Saccard rozejrzał się raz jeszcze i usiadł przy stojącym we framudze okna stoliku, od którego w tej chwili wstawał gość jakiś. Przekonany, że przybył zapóźno, zwrócił się do okna, badawczem spojrzeniem przeprowadzając przechodniów. Wtedy nawet, gdy zmieniono ma nakrycie, nie zadysponował odrazu, lecz oczy miał zwrócone na plac, który wesoło wyglądał w pogodny dzień majowy. O tej porze gdy wszysoy siedzieli przy śniadaniu, plac był pusty prawie: nikogo widać nie było na ławkach stojących w cieniu kasztanów, które wabiły oko świeżą, delikatną zielenią; długi szereg dorożek stał wzdłuż sztachet ogrodowych; omnibus idący od Bastylii a zatrzymujący się na rogu ulicy przed budką kontrolerską nie zabrał ani nie wysadził żadnego pasażera. Słońce dogrzewało silnie, oblewając jasnemi blaski gmach cały, wyniosłą kolumnadę, posągi i obszerny peron, na którym widniały tylko krzesła uszykowane we wzorowym porządku jak żołnierze.

Saccard odwrócił się wreszcie od okna i ujrzawszy przy sąsiednim stoliku agenta Mazaud, wyciągnął ku niemu rękę.

- Ach! to pan! Dzień dobry!

- Dzień dobry! - odrzekł Mazaud, z roztargnieniem ściskając podaną sobie rękę.

Był to niskiego wzrostu, żywy, przystojny brunet, który w trzydziestym drugim roku życia objął kantor w spadku po jednym z wujów. W tej chwili całą jego uwagę zaprzątała rozmowa z siedzącym naprzeciwko sławnym Amadieu, otyłym mężczyzną o rumianej wygolonej twarzy. Szanowano go powszechnie na giełdzie od czasu sławnej jego spekulacyi akcyami kopalni Sassis. Gdy walory te spadły do piętnastu franków za sztukę i gdy miano za waryata każdego, kto je kupował, Amadieu na los szczęścia, bez żadnego wyrachowania włożył w ten interes dwakroć sto tysięcy franków, stanowiące cały prawie jego majątek. Skutkiem odkrycia obfitej żyły kruszcu, akcye kopalni podniosły się do tysiąca franków, na czem właściciel ich zarobił około piętnastu milionów i głupia operacya, która wydawała się na razie czynem człowieka pozbawionego zdrowych zmysłów, uczyniła go nagle jedną z potęg finansowych. Kłaniano mu się nisko i co dziwniejsza, zasięgano jego rady. On jednak nie dawał już żadnych zleceń, dumny ze swego genialnego porywu, który niby legenda krążył z ust do ust na giełdzie. Mazaud marzył widocznie o tem, aby pozyskać w nim nowego klienta.

Nie mogąc zdobyć od Amadieu nawet uprzejmego uśmiechu, Saccard zagadnął siedzących na przeciwko trzech znajomych spekulantów, pp. Pilleraut, Mouer i Salmon.

- Dzień dobry! Jak się macie?

- Jako tako. Dzień dobry! Ale w obejściu i tych ludzi także uczuł chłód, z niechęcią prawie graniczący. Wysoki, chudy, szorstki w ruchach Pillerault przypominał dawnych błędnych rycerzy kościstą twarzą i nosem spiczastym jak klinga szabli. Zachowanie się jego cechowała swoboda właściwa graczom, którzy hołdują zasadzie nagłych zwrotów. Utrzymywał on, że przegrywał zawsze, ilekroć się namyślał. Była to szeroka natura zwyżkowca, dążącego wciąż ku zwycięztwu. Moser przeciwnie niskiego wzrostu, z żółtą cerą twarzy, trawiony chorobą wątroby rozwodził ustawicznie żale, lękając się zgubnych a nagłych kataklizmów. Ostatni wreszcie z tego grona, Salmon, postawny mężczyzna, walczący wytrwale ze zbliżającym się piątym krzyżykiem, z bujną, gęstą czarną jak atrament, brodą, posiadał opinię niezrównanie zręcznego spekulanta. Z niczem się nigdy nie zdradzał; zapytany, uśmiechem tylko odpowiadał; nikt nie wiedział, kiedy gra i na co. Projektów innych towarzyszy słuchał zazwyczaj z miną tak tajemniczą, że Moser, zwierzywszy mu swe zamiary, biegł nieraz zmieniać poprzednio dane zlecenie.

Zrażony obojętnością znajomych, Saccard wyzywającem, gorączkowem spojrzeniem obrzucił innych gości. Skinieniem głowy powitał go tylko wysoki młody człowiek, siedzący o parę stolików dalej. Był to piękny Sabatini, grek o śniadej pociągłej twarzy, rozjaśnionej dwojgiem przepysznych czarnych oczu lecz zeszpeconej złośliwym, niepokój zdradzającym ust wyrazem. Uprzejmość tego młokosa dopełniła miary jego rozdrażnienia. "Niezawodnie jest to ulubieniec kobiet, wyrzutek którejkolwiek z giełd zagranicznych - pomyślał Saccard. Piękny grek niewiadomo zkąd zjawił się na rynku zeszłej jesieni. Podczas upadku jakiegoś banku widziano go już przy robocie jako słomianego człowieka; wyszukanemi manierami i nigdy niestrudzoną uprzejmością dla tych nawet, którzy najmniej na nią zasługiwali, zjednywał sobie zaufanie kosza, (a koszem zowie się na giełdzie paryskiej miejsce za ogrodzeniem, gdzie gromadzą się główni agenci) i kulisy (kulisą zaś nazywają we Francyi spekulantów pozagiełdowych).

- Co pan każę sobie podać? - w tej chwili ozwał się obok Saccarda głos kelnera.

- Wszystko mi jedno. Podaj mi zresztą kotlet i szparagi.

Kelner zawrócił się, lecz Saccard przywołał go znowu.

- Czy wiesz z pewnością, że pan Huret nie był tu przedemną? Może już wyszedł?

- Nie, proszę pana. Jestem pewien, że go tu dotąd nie było.

Niewesołem w istocie było położenie Saccarda po zaszłej w październiku katastrofie, skutkiem której musiał raz jeszcze zlikwidować swój interes, sprzedać pałac w parku Monceaux położony i przenieść się do wynajętego mieszkania: teraz tacy tylko ludzie jak Sabatini mu się kłaniają... gdy wszedł do restauracji, w której niegdyś królował, wszyscy nie zwracali oczu na niego, nie witali go dłoni uściskiem. Dobrym był graczem, nie oburzał się na skutki ostatniej tej skandalicznej i zgubnej operacyi, z której zaledwie wyszedł cało, ale cała jego istota pałała żądzą odwetu. Nadewszystko zaś gniewała go nieobecność Hureta, który przyrzekł najuroczyściej, że stawi się tutaj o jedenastej, aby mu zdać sprawę z rezultatu swoich zabiegów. Saccard polecił Huretowi porozumienie się z bratem swoim Rougonem, ministrem stojącym wtedy u steru władzy. Huret, uległy deputowany, kreatura wielkiego męża stanu będący, zawinił jedynie jako pośrednik. Czy podobna jednak, aby Rougon, człowiek, dla którego wszystko było możliwem, nie podał mu ręki w nieszczęściu? Nigdy nie był dla niego dobrym bratem. Nic dziwnego, że minister gniewa się na niego po tej katastrofie, że z obawy narażenia własnego stanowiska zerwał z nim jawnie stosunki, ale czyż podczas tych sześciu miesięcy nie powinien był przyjść mu z pomocą? Czy i teraz będzie miał serce odmówić mu poparcia, o które prosił za pośrednictwem osoby trzeciej, nie śmiejąc narazić się na wybuch gniewu wszechwładnego brata? Jedno jego słowo mogło znów postawić go na nogi i rzucić mu pod stopy wielki a podły Paryż.

- Jakie wino pan każe? - zapytał kelner.

- Wasze zwykłe bordeaux.

Tak rozmyślając, Saccard nie czuł głodu, zapomniał o kotlecie, który stygnął na talerzu. Nagle cień jakiś padł mu na serwetę i zwrócił jego uwagę. Podniósł oczy: Massias, remisyer, krępy pucołowaty chłopak chodził od stolika do stolika z cedułą w ręku. Saccard znał go od dziecka? nie dziw więc, że uczuł się głęboko dotkniętym, gdy chłopak minął go, nie zatrzymując się wcale i podszedłszy do innego stolika, podał cedułę Moserowi i Pillerautowi. Zajęci ożywioną rozmową spekulanci zaledwie rzucili okiem na cedułę... nie... innym razem może, dzisiaj nie dadzą żadnych zleceń... Remisyer nie śmiejąc zaczepiać sławnego Amadieu, który rozmawiał półgłosem z Mazaud i spożywał sałatę z homara, zbliżył się do Salmona. Milczący spekulant wziął cedułę, długo jej się przypatrywał i oddał, słowa nie mówiąc. Tymczasem coraz większy ruch powstawał w sali. Co chwila wchodzili nowi remisyerzy z trzaskiem zamykając drzwi za sobą. W całej sali rozlegały się głośne rozmowy, gorączka spekulacyjna rosła w miarę zbliżania się chwili walki. Sacard, który nieustannie zwracał wzrok ku oknu, widział, że plac przed giełdą zaludnia się stopniowo, powozy i piesi napływają falą a na schodach w promieniach słońca skąpanych ukazują się ludzkie postacie, do plam czarnych zdala podobne.

- Powtarzam panom - tonem rozpaczy dowodził Moser - że dodatkowe wybory z d. 20 marca są nader niepokojącym objawem... Bądź co bądź, cały Paryż przeszedł już na stronę opozycyi.

Pillerault wzruszył tylko ramionami.

- Cóż w tem groźnego, że Carnot i Garnier Pag?s stanęli w szeregach lewicy?

- Jest to zupełnie to samo co z kwestyą księstw - podjął znowu Moser - kwestya ta pociągnie za sobą bardzo skomplikowane następstwa. Tak jest! to nie ulega wątpliwości! Śmiej się pan sobie... Nie twierdzę, żebyśmy mieli wypowiadać wojnę prusakom, chcąc im przeszkodzić do zagarnięcia Danii... ale były tu różne sposoby postępowania. Tak, tak, niepodobna nigdy przewidzieć do czego dojdzie, jak tylko grube ryby rzucą się na drobniejsze. Co zaś do Meksyku...

Głośny wybuch śmiechu Pilleraulta, który dnia tego był w przystępie zadowolenia z całego świata, przerwał mu dalszą mowę.

- Ach! nie nudźże nas pan swojemi obawami o Meksyk. Według mnie, sprawa ta stanie się świetną kartą naszej historyi... Gdzież u licha dostrzegasz niebezpieczne objawy w istnieniu cesarstwa? Czyż w styczniu pożyczka trzystu milionów nie została pokrytą przeszło piętnaście razy?... Szalony, szalony to tryumf! Słuchaj pan! przekonamy się kto miał słuszność za trzy lata... tak, w 1867 r. podczas wystawy powszechnej, którą cesarz teraz właśnie zatwierdził.

- Powiadam wam, że wszystko idzie jak najgorzej! - uparcie obstawał przy swojem Moser.

- Dajże mi pan święty spokój! Dobrze się dzieje i basta!

Salmon ze znaczącym uśmiechem spoglądał na nich kolejno. Saccard zaś, słuchając tej rozmowy zestawiał w myśli trudności swego położenia z przewrotem, którego zwiastuny ujawniać się zaczynały w cesarstwie. Czyż teraz, gdy powalono go na ziemię i cesarstwo to, które go stworzyło, ma również zachwiać się, z wyżyn świetności i blasku runąć w głąb otchłani niedoli?.. Ach! od lat dwunastu kochał on ten rząd gorąco! Bronił go zawsze; czuł, że pod jego opieką żyje, wzrasta, że zeń siły żywotne czerpie, podobny drzewu, które grunt odpowiedni znalazłszy, głęboko zapuszcza korzenie. A jeżeli brat wyrwie go z tego gruntu, wykreśli z rzędu jednostek powołanych do udziału w tem bogactwie? O nie! bogdajby wszystko runęło przedtem i w proch się rozsypało pi śród szalonych orgij i upojeń!

Zatopiony we wspomnieniach, Saccard czeka na szparagi, ciałem tylko obecny w sali, w której ruch i gwar wzmaga się z każdą chwilą. W zwierciadle wiszącem na przeciwległej ścianie widzi odbicie własnej postaci i patrzy na nie ze zdziwieniem. Brzemię lat minionych nie zdołało przygnieść go swym ciężarem: w pięćdziesiątym roku życia wygląda na trzydzieści ośm lat najwyżej... szczupły jest i żywy jak młodzieniec. Przeciwnie nawet, lalkowata twarz jego, śniada i za padła, spiczasty nos, małe błyszczące oczy ukształtowały się niejako z wiekiem, nabrały uroku niespożytej młodości. W gęstych jeszcze włosach nie przeświecała ani jedna nitka srebrna.

Pogrążony w zadumie, Saccard przywodził sobie na myśl chwilę, gdy nazajutrz po zamachu Stanu znalazł się na bruku paryskim głodny, z pustką w kieszeni a żądzą niezaspokojonych pragnień w duszy. Ach! jakże żywo stawał mu przed oczyma ów pierwszy wieczór spędzony w Paryżu, gdy nie rozpakowawszy nawet tłomoczka wybiegł był na miasto w wykrzywionych butach i w zakurzonym paltocie! Zdawało mu się wtedy, że świat cały stoi przed nim otworem. Od owego wieczoru niejednokrotnie wznosił się bardzo wysoko; miliony falą płynęły mu przez ręce a jednak nigdy nie posiadł fortuny jak niewolnicy swojej, jak rzecz materyalną, własność jego stanowiącą: zawsze mrzonka tylko i ułuda napełniała jego kasę, z której złoto wypływało niewidocznemi jakiemiś szparami. I teraz oto znalazł się znów na bruku jak w owej dawno minionej epoce rozpoczynania karyery, równie głodny, nienasycony, dręczony ustawicznem po żądaniem uciech i zdobyczy. Wszystkiego zakosztował, w niczem zadowolenia znaleźć nie mogąc, mniemając, że nie znalazł nigdy czasu, ani sposobności do gruntownego poznania spraw i charakterów ludzkich.

W tej chwili czuł on całą nicość istoty na bruk rzuconej, cierpiał nad swą małością stokroć więcej, niż wchodzący na drogę życia młodzieniec, któremu nadzieja i złudzenie dodaje otuchy. Gorączką ogarnięty, pragnął rozpocząć na nowo całą swoją działalność, by wszystkiem niepodzielnie owładnąć, wznieść się wyżej niżeli kiedykolwiek się wznosił i zdeptać stopą ujarzmioną stolicę. Pozór bogactwa nie wystarczał mu teraz; marzył on o trwałym gmachu fortuny, o prawdziwem królestwie złota, o tryumfie na pełnych workach.

Ostry i przenikliwy głos Mosera rozpoczynającego na nowo swoje dowodzenia, wyrwał go z zadumy.

- Wyprawa do Meksyku kosztuje czternaście milionów miesięcznie, jak tego Thiers dowodzi... Doprawdy ślepym być trzeba, aby nie widzieć, że większość jest zachwiana w Izbie. W lewicy zaledwie trzydziestu członków teraz zasiada. Cesarz nawet rozumie, że utrzymanie absolutyzmu stało się niemożliwem i sam występuje jako rzecznik praw wolności.

Pillerault nie odpowiadał na te argumenta, uśmiechając się tylko pogardliwie.

- Zdaje wam się, że rynek jest solidny a interesy idą doskonale. Poczekajcie tylko, do czego obecny stan doprowadzi. Za wiele burzono i odbudowywano w Paryżu. Olbrzymie roboty publiczne pochłonęły wszystkie oszczędności. Co się zaś tyczy bogatych domów kredytowych, które napozór tak świetnie stoją, niech no tylko jeden z nich runie a zobaczycie jak wszystkie kolejno bankrutować zaczną. Nie biorę już tego w rachubę, że lud się burzy. Przyznaję, że międzynarodowe stowarzyszenie robotników, utworzone w celu poprawy bytu warstw pracujących, przeraża mnie niewypowiedzianie. W całej Francyi przejawia się ruch jakiś, prąd rewolucyjny, który z dniem każdym się wzmaga. Powiadam wam, że robak toczy piękny owoc. Zobaczycie, że wszystko w gruzy padnie.

Wszyscy żywo temu zaprzeczyli... Widocznie cierpienie wątroby usposabiało go tak pesymistycznie... Podczas całej rozmowy, Moser na chwilę nie spuścił oka z sąsiedniego stolika, przy którym Mazaud i Amadieu gawędzili półgłosem, pomimo gwaru panującego w sali. Przyciszona ich rozmowa od tak dawna trwająca wzbudziła ogólny niepokój... O czemże oni szeptali?.. Co mieli sobie do powiedzenia?.. Bezwątpienia Amadiau daje jakieś zlecenia lub knuje zamach? Już od trzech dni niepokojące pogłoski o robotach sueskich krążyły na giełdzie. Moser przymrużył oczy i zniżywszy także głos, dorzucił:

- Czy wiecie, że anglicy chcą tam podobno przeszkodzić robotom? Może nawet przyjdzie do wojny...

Doniosłość tej wieści sprawiła silne wrażenie, któremu Pillerault nawet ostać się nie zdołał. Nie! to niepodobne do uwierzenia!.. A jednak groźne przypuszczenie obiegło w mgnieniu oka wszystkie stoliki, nabierając cech faktu niewątpliwego: Anglia postawiła ultimatum, żądając natychmiastowego zawieszenia robót. Widocznie Amadieu o tem tylko rozmawiał z Mazaudem, polecając mu sprzedaż wszystkich akcyj Suezu. W powietrzu przesyconem tłustemi wyziewami rozlegał się szmer panicznego strachu oraz brzęk talerzy, które służba sprzątała ze stołów. Ogólne wzburzenie wzmogło się jeszcze, gdy do sali wszedł Flory, urzędnik z biura Mazauda, młody człowiek o delikatnej twarzy, okolonej gęstą jasno blond brodą. Zbliżył się do swego pryncypała i oddawszy mu trzymaną w ręku paczkę kart zleceń, szeptał mu coś do ucha.

- Dobrze! - odpowiedział krótko Mazaud, układając kartki w pugilaresie. - Już dwunasta!.. dodał, spojrzawszy na zegarek. - Niechaj Berthier zaczeka na mnie. Wstąp pan po depesze i przyjdź także.

Po odejściu urzędnika rozpoczął znów przerwaną rozmowę z Amadieu i wyjmując z kieszeni inne karty zleceń, rozkładał je na obrusie. Co chwila klient jakiś wychodzący z sali zbliżał się do niego i rzucał jakieś słówko, które on wnet zapisywał na ćwiarteczce papieru, nie przestając jednak jeść śniadania. Fałszywa pogłoska niewiadomo zkąd pochodząca, na żadnych danych nieoparta, rosła i olbrzymiała jak chmura burzą brzemienna.

- No cóż? czy sprzedajesz pan? - zagadnął Moser Salmona.

W odpowiedzi na to pytanie, milczcy spekulant uśmiechnął się tak zagadkowo i przebiegle, że zaniepokojony Moser wątpić zaczął o prawdziwości tego ultimatum, które nie Anglia lecz on sam postawił bezwiednie.

- Ja kupuję, ile kto da! - zawyrokował Pillerault z odwagą i lekkomyślnością gracza nie stosującego się do żadnej metody.

Rozgorączkowany szałem hazardu, jaki pod koniec śniadania wszystkich ogarnął, Saccard zdecydował się wreszcie jeść szparagi, oburzając się znowu na Hureta, którego przestał się już spodziewać. Tak skory zwykle do powzięcia postanowienia, od wielu już tygodni wahał się niepewnością dręczony. Czuł nieodzowną konieczność przyobleczenia nowej skóry i marzył o zrobieniu karyery w dyplomacyi lub wyższej administracyi. Dlaczegóżby ciało Prawodawcze nie miało go zaliczyć w poczet ministrów tak jak jego brata? Do wszelakich spekulacyj zniechęcił się już z powodu niestałości fortuny; nigdy bowiem nie zdarzyło mu się spocząć na milionach, nie będąc nic dłużnym nikomu, równie szybko tracił wielkie kapitały, jak je zdobywał. W tej chwili czyniąc ten rachunek sumienia, wyrzucał sobie, że być może zanadto unosił się namiętnością w tej walce pieniężnej, wymagającej tyle zimnej krwi. Oto zapewne dlaczego po dziesięciu latach życia naprzemian w zbytku i w nędzy, wychodził bez grosza, spłukany, podczas gdy tylu innych mniej od niego obrotnych zebrało wielkie majątki. Może nie umiał dotąd ocenić swych zdolności, może rzuciwszy się w wir polityki odrazu odniesie zwycięztwo, dzięki swej ruchliwości i wierze pełnej zapału?.. Teraz przyszłość jego cała zależy od odpowiedzi brata. Jeżeli Rougon mu odmówi... ha! tem gorzej dla niego i dla innych!.. Wtrącony w otchłań aziotażu podejmie szalone ryzyko, o którem dotąd nikomu nie wspominał, rzuci się w interes, o którym oddawna już marzył, a którego ogrom przerażeniem go przejmował... interes tak wielkiej wagi, że wstrząsnąć musi światem całym bez względu na to, czy powiedzie się, czy też spełznie na niczem...

Pillerault zabrał głos:

- Mazaud, czy skończyłeś już ze Schlosserem?

- Tak - odrzekł agent - dzisiaj wyrok będzie wywieszony. Cóż robić?.. prawdę mówiąc nie jest to miłe ale pierwszy je zdyskontowałem, gdy zaczęły mnie dochodzić wieści bardzo niepokojące. Od czasu do czasu trzeba koniecznie wymieść śmiecie.

- Mówiono mi - wtrącił Moser, - że pańscy koledzy Jcoby i Delarocque zaangażowani byli na poważne sumy w tej sprawie?

Agent machnął ręką.

- Ba! gdzie drwa rąbią, tam wióry lecą!... Schlosser należy podobno do jakiejś bandy i tyle tylko na tem straci, że wpadnie między szumowiny berlińskiej albo wiedeńskiej giełdy.

Saccard spojrzał na Sabatiniego, przypadkowo bowiem dowiedział się, że piękny grek jest w współce z Schlosserem. Obaj trudnili się znanym szwindlem, który na tem polega, że jeden gra na zniżkę, drugi na zwyżkę tego samego waloru, poczerni przegrywający dostaje połowę zysków szczęśliwego wspólnika i znika bez śladu. Ale młody człowiek w tej chwili z niewzruszonym spokojem płacił rachunek za wykwintne śniadanie, poczem zbliżył się do Mazauda, którego był klientem i uścisnął mu dłoń z pieszczotliwością włocha a wdziękiem właściwym ludziom wschodniego pochodzenia. Pochyliwszy się, dał mu jakień zleca nie, które agent niezwłocznie zapisał na kartce.

- Niezawodnie sprzedaje swoje "suezy" - szepnął Moser. I nie mogąc się oprzeć niepohamowanej ciekawości: - Powiedz pan - zawołał głośno - co myślisz o "suezach?"

Gwar ucichł; głębokie milczenie zapanowało w sali; wszyscy biesiadnicy zwrócili się w tę stronę. Pytanie to było jakoby echem głuchego a wciąż wzrastającego niepokoju. Jeden tylko Amadieu, który zaprosił Mazauda na śniadanie dlatego, aby mu polecić swego siostrzeńca, nie odwrócił głowy, nic do powiedzenia nie mając; agent zaś zdziwiony otrzymywanemi zewsząd zleceniami sprzedaży, zlekka kiwał głową.

- Akcye suezkie są doskonałe! - śpiewnym głosem oświadczył Sabatini, który przed wyjściem z sali zboczył trochę z drogi, aby uprzejmym uściskiem dłoni pożegnać Saccarda.

Saccard przez chwilę jeszcze czuł dotknięcie tej ręki miękkiej, giętkiej, kobiecej prawie. Nie pewien jaką drogę obrać, jaki kierunek życiu swemu nadać na przyszłość, wszystkich zgromadzonych tutaj za oszustów uważał. O! wrazie potrzeby nie zawahałby się odsłonić ich brudy, wykazać całą nicość takich tchórzów jak Moser, takich pyszałków jak Pillerault, takich miernot jak Salmon lub też Amadieu, który powodzeniu jedynie genialność swoją zawdzięczał!..

Brzęk szklanek i talerzy coraz więcej się wzmagał; krzyczano ochrypłemi glosy; co chwila z hałasem zatrzaskiwano drzwi; wszystkich palił gorączkowy pośpiech, aby znaleźć się jak najprędzej na giełdzie i być obecnymi w chwili, gdy katastrofa suezka wybuchnie. Przez okno, na środku placu pełnego teraz pieszych i dorożek, Saccard widział przedsionek giełdy, jakoby upstrzony rojem męskich czarno ubranych postaci, które zbijały się w gromadki pod kolumnami. Po za sztachetami widać było kilkanaście kobiet przechadzających się pod kasztanami.

Saccard zaczął krajać ser, który mu podano, gdy nagle podniósł głowę, usłyszawszy za sobą gruby głos jakiś:

- Przepraszam cię, mój drogi, ale nie mogłem przybyć wcześniej.

Nareszcie był to Huret, normandczyk z departamentu Calvadoa. Grube miał rysy i płaską twarz przebiegłego wieśniaka, który udaje prostoduszność. Usiadłszy przy stoliku, kazał sobie podać kawałek mięsa i jarzynę.

- No i cóż?.. - oschle zapytał Saccard, siłą woli tłumiąc ciekawość.

Ale przebiegły, ostrożny normandczyk nie śpieszył się z odpowiedzią. Zacząwszy wreszcie jeść, pochylił się ku Saccardowi i rzekł przyciszonym głosem:

- Widziałem tedy wielkiego ministra... Tak! dziś rano byłem u niego! O! jest on chętny, bardzo chętny dla ciebie!

Umilkł, wychylił duszkiem kieliszek wina i włożył do ust kartofel.

- Cóż dalej?

- Poczekajże chwilę, zaraz ci wszystko opowiem. Minister obiecuje uczynić dla ciebie wszystko, co jest w jego mocy, przyrzeka zapewnić ci bardzo zyskowne stanowisko ale... nie we Francyi. Mógłbyś naprzykład zostać gubernatorem w jednej z naszych kolonij. Byłbyś tam samowładnym panem, nieledwie księciem udzielnym.

Saccard mienił się z oburzenia.

- Nie! to chyba żarty! - zawołał - drwisz chyba ze mnie! Dlaczegóż nie skazuje mnie odrazu na zesłanie? Ach! chce się mnie pozbyć!.. Powiedz mu, niech się ma na ostrożności, bo mogę mu na prawdę zawadzać!..

- Ależ on chce tylko twego dobra - uspokajał Huret, mając pełne usta jedzenia - pozwól nam działać!

- Chcesz, żebym pozwolił, aby mnie ztąd wyrzucono?.. Ot! przed chwilą właśnie mówiono tutaj, że cesarstwo dopełniło miary błędów swoich. Na honor! święta to prawda! Wojna włoska, Meksyk, stanowisko nasze względem Prus... tyle popełniliście głupstw i szaleństw, że cała Francya podniesie się i was wyrzuci!

Zaniepokojony temi słowy deputowany, który był wierną kreaturą ministra, zbladł i trwożnie rozglądał się w około.

- Przestań, mój drogi, nie dasz mi przyjść do słowa... Rougon jest uczciwym człowiekiem i dopóki on stoi u steru, żadne niebezpieczeństwo nam nie grozi... Daj temu pokój, oskarżasz go niesłusznie... mówię to z przekonania.

Saccard zawrzał gniewem i zacisnąwszy zęby, stłumionym głosem zawołał:

- Niechże i tak będzie! kochaj go sobie, ale powiadam, że razem nawarzycie piwa. Krótko mówią, czy on mnie będzie popierał w Paryżu? Tak czy nie?

- W Paryżu - nigdy!

Słowa więcej nie mówiąc, Saccard wstał u miejsca i zawołał kelnera aby zapłacić należność. Huret, znając jego popędliwość, gryzł spokojnie duże kawały chleba i nie zatrzymywał go z obawy jakiego skandalu.

Nagle ruch jakiś powstał w sali. Na progu stanął Gunderman, król bankierów, władca Giełdy i świata finansów. Był to sześdziesięcioletni mężczyzna, którego łysa głowa, szeroki nos i okrągłe wypukłe oczy wyrażały upór i wielkie znużenie. Nie bywał nigdy na giełdzie, nie przyznawał się nawet, aby kiedykolwiek posyłał tam swego pełnomocnika; nie widywano go też nigdy w restauracyi na śniadaniu lub na obiedzie. Od czasu do czasu tylko ukazywał się tak jak dzisiaj w restauraoyi Champeaux, gdzie usiadłszy przy stoliku, kazał sobie podawać syfon wody Vichy. Od lat dwudziestu chorując na żołądek, nie jadał nic, oprócz mleka.

Służba cała rozbiegła się natychmiast po żądany syfon a wszyscy biesiadnicy umilkli. Moser patrzył z uwielbieniem na człowieka, który znał wszystkie tajemnice, który sprowadzał zniżkę i zwyżkę podobnie jak Bóg sprowadza gromy i pioruny Pillerault nawet, wierząc jedynie w nieprzepartą potęgę miliardów, przed nim się korzył. Mazaud, który zobaczywszy, że już jest wpół do pierwszej, pożegnał był Amadieu i wychodził z sali, zawrócił się teraz i oddał pełen uszanowania ukłon bankierowi, który od czasu do czasu zaszczycał go zleceniami. Wielu gości, którzy zabierali się już do wyjścia, zostało teraz; stojąc przy stolikach pokrytych zatłuszczonemi obrusami i pokornie schylając karki przed tym bogiem złota, patrzyli ze czcią jak drżącą ręką ujmował szklankę i niósł ją do ust wybladłych.

Niegdyś, prowadząc spekulacye placami Monceaux, Saccard miewał często zatargi z Gundermanem. Raz nawet doszło do żywego sporu między nimi. Jeden namiętny i lubiący hulanki, drugi wstrzemięźliwy i chłodny - nie mogli nigdy pogodzić się z sobą. To też Saccard, rozjątrzony do reszty tryumfalnem wejściem bankiera, zmierzał już ku drzwiom, gdy ten zawołał głośno:

- Kochany panie, mówiono mi, że zamierzasz pan wycofać się z interesów. Czy to prawda?.. Jeżeli tak, to dobrze pan robisz.. tak będzie lepiej.

Słowa te zabolały Saccarda jak smagnięcie biczem po twarzy. Wyprostował się i głosem ostrym jak miecz odparł krótko:

- Zakładam nowy bank z kapitałem dwudziestu pięciu milionów franków. Za parę dni wybiorę się do pana i bliżej o tem pomówimy.

To mówiąc, wyszedł z sali, w której znów gwar powstał, bo wszyscy popychając, tłoczyli się we drzwiach, aby nie spóźnić się na otwarcie giełdy. Ach! gdyby raz wreszcie mu się powiodło! gdyby mógł postawić nogę na głowach tych ludzi, którzy odwracali się od niego!.. stanąć do walki z tym królem złota i obalić jego potęgę!.. Nie był jeszcze stanowczo zdecydowanym, czy wprowadzi w czyn swe zamiary i sam się dziwił słowom, które wyrzekł, czując potrzebę odpowiedzenia na tę szyderczą uwagę. Czyż mógł jednak gdzieindziej próbować szczęścia teraz, gdy brat go opuścił, gdy ludzie ironią i chłodem popychali go do walki, podobnie jak zbroczonego krwią byka kijami zapędzają znów na arenę? Przez chwilę stał na chodniku, trzęsąc się z gniewu.

W tej porze dnia życie całego Paryża ześrodkowuje się na placu giełdy pomiędzy ulicami Montmartre i Richelieu, któremi niby dwiema arteryami napływają wciąż fale ludzi. Ze wszystkich czterech stron placu toczył się z hukiem nieprzerwany potok powozów, turkoczących po bruku wpośród tłumu przechodniów.

Dwa szeregi stojących na stacyi dorożek przerywały się co chwila i zamykały napowrót. Na ulicy Vivienne ciągnął się zwarty szereg powozów; woźnica trzymając w rękach bicz i lejce czekali skinienia, aby niezwłocznie ruszyć z miejsca. Na schodach i w przedsionku czernił się tłum tużurków, czyniących zdała wrażenie wielkiego mrowiska a z kulisy zainstalowanej pod zegarem i już czynnej dochodziły odgłosy zaofiarowania i zapotrzebowania - ten przypływ i odpływ azia, który hukiem swym zagłusza gwar wielkiego miasta. Przechodnie odwracali głowy, z obawą i ciekawością spoglądając na gmach giełdy, pragnąc przeniknąć tajemnice tych operacyj finansowych, które we Francyi rzadkie tylko umysły pojmują, tych nagłych ruin i równie nagłych fortun, które powstają i padają wpośród niezrozumiałych dla profana gestykulacyj i barbarzyńskich krzyków. Ogłuszony wrzawą dochodzącą z oddali, popychany przez śpiesznie biegnących ludzi, Saccard marzył o królestwie złota, stojąc na chodniku w tej rozgorączkowanej dzielnicy, w której giełda - niby serce olbrzymie - tętni codzień od pierwszej do trzeciej po południu.

Od czasu ostatniego upadku, nie miał on odwagi wejść na giełdę i dziś także pewność, że go przyjmą jak zwyciężonego, oraz uczucie obrażonej miłości własnej powstrzymywały go od wejścia na schody. Jak kochanek, wypędzony z sypialni kobiety, której pożąda jeszcze, chociaż się nią brzydzi - tak Saccard powracał tu ustawicznie, gnany nieprzepartą siłą, krążył w około kolumnady i z udaną obojętnością przechadzał się w cieniu kasztanów. Na tym skwerze pełnym kurzu, bez kwiatów i trawników, gdzie pomiędzy kioskami i publicznemi ustępami snuły się gromady podejrzanych spekulantów a na ławkach siedziały kobiety, karmiąc niemowlęta, Saccard chodził bez celu na pozór. Co chwila jednak podnosił oczy, myśląc z wściekłością, że oblega ten gmach, że coraz ciaśniejszemi opasuje go kręgi, i że kiedyś zwycięzcą doń wejdzie!

Skręciwszy na prawo, w aleję, która się ciągnie naprzeciwko ulicy Bankowej, natrafił na małą giełdę walorów zdeprecyonowanych czyli zw. "Mokre nogi" (Pieds humides). Pogardliwą tę nazwę nadają w Paryżu zebraniu ludzi, handlujących na błocie w dnie dżdżyste tandetą czyli akcyami towarzystw już nieistniejących. Hałaśliwy ten tłum składał się z niechlujnego żydostwa, o tłustych, świecących twarzach i ostrych profilach ptaków drapieżnych. Niezwykłe to było zbiegowisko typowych nosów, pochylonych ku sobie jak nad zdobyczą i ujadających zaciekle gardłowemi krzykami, jak gdyby chcieli pożreć się nawzajem.

Saccard mijał ich już, gdy na uboczu spostrzegł otyłego mężczyznę, który ostrożnie trzymając w ogromnych i brudnych rękach rubin, przyglądał mu się pod światło.

- Ach! to pan, panie Busch!.. W tej obwili przychodzi mi na myśl, że miałem wstąpić do pana.

Busch, właściciel kantoru położonego na rogu ulicy Vivienne i Feydeau, niejednokrotnie w trudnych okolicznościach wyświadczał mu wielkie przysługi. Stał teraz w zachwycie, przyglądając się grze świateł w drogim kamieniu; przechylił nieco na bok twarz praską o dużych siwych oczach, blask których gasł w obec jasności słonecznej. Na szyi miał skręcony w sznurek biały krawat; kołnierz kupionego na tandecie, niegdyś pięknego lecz teraz już bardzo wytartego i poplamionego surduta zachodził mu aż pod wyblakłe włosy, które rzadkiemi kosmykami okalały głowę, łysą na wierzchu czaszki. Kapelusz jego wyrudziały od słońca i deszczów nie miał żadnej formy.

Ochłonąwszy wreszcie z zachwytu, Busch zwrócił się do Saccarda z zapytaniem:

- Czy pan przyszedł tutaj na spacer?

- Tak... Otrzymałem list pisany po rusku przez ruskiego bankiera mieszkającego w Konstantynopolu. Rachowałem na to, że pański brat mi go przetłómaczy.

Busch, który bezwiednie w prawej ręce obracał rubin jakby się z nim pieścił, wyciągnął lewą rękę po papier, przyrzekając, że tegoż dnia jeszcze wieczorem odeśle tłómaczenie. Saccard jednak nie chciał na to przystać.

- Idzie tu o kilkanaście wierszy zaledwie - dowodził. - Wstąpię do pańskiego brata to mi przeczyta list na poczekaniu.

Dalszą rozmowę przerwało im zjawienie się kobiety olbrzymiego wzrostu, niejakiej pani M?chain dobrze znanej wszystkim, którzy stale bywali na giełdzie. Była to jedna z tych nędznych a zaciekłych graczek, które tłustemi rękoma grzebią we wszelkich podejrzanych sprawach.

Z pod starego jasno liliowego kapelusza, zawiązanego pod brodą granatowemi wstążkami, wychylała się twarz jej czerwona, okrągła, do księżyca w pełni podobna, z małemi niebieskiemi oczyma, z zapadniętym nosem i małemi ustami, z których wydobywał się glos piskliwy, jakby dziecięcy. Olbrzymie jej piersi i wydęty jakby napęczniały brzuch zdawały się rozsadzać alpagową suknię, niegdyś zieloną teraz spłowiałą i zaszarganą. Trzymała na ręku staroświecki czarny skórzany worek, z którym nie rozstawała się nigdy. Worek ten wielki i głęboki jak walizka podróżna był tego dnia tak wypchanym, że pod jego ciężarem pani M?chain przechylała się na prawo.

- Nareszcie! - zawołał Busch, który widocznie czekał na nią.

- Jestem i przynoszę panu papiery z Vendôme. Dostałam je przed chwilą.

- Dobrze, chodźmy do mnie. Tu niema dziś nic do roboty.

Saccard spojrzał z ukosa na wielki skórzany worek. Wiedział on, że wpadały weń zawsze papiery zdeprecyonowane, akcye towarzystw upadłych, któremi "Mokre nogi" handlowały jeszcze, nabywając pięciusetfrankowe akcye po dwadzieścia lub po dziesięć su. Czyniono to czasem w nadziei niepodobnej do przypuszczenia poprawy kursu, częściej jednak na szachrajski handel dla zbycia ich ze znacznym zarobkiem bankrutom, chcącym usprawiedliwić swoje pasywa. W zaciekłych walkach finansowych pani M?chain była owym krukiem, który ciągnie za wojskiem. Ilekroć zakładano bank lub dom handlowy, zjawiała się zawsze z workiem na ręku, w najpomyślniejszych nawet dla instytucyi chwilach wietrzyła w powietrzu, oczekując aż trupy padać zaczną. Wiedziała bowiem, że ruina jest nieuniknioną, że prędzej lub później nadejdzie dzień rzezi a wtedy znajdą się trupy do pożarcia, we krwi i w błocie znajdą się do nabycia za bezcen papiery niegdyś wartościowe... Nie dziw więc, że Saccard, który snuł w myśli zamiar założenia olbrzymiego banku, wzdrygnął się i niemiłego doznał przeczucia na widok tego worka - śmietnika zdeprecyonowanych walorów, do którego dostawały się wszystkie brudne papiery wymiecione z giełdy.

Gdy Busch odchodził ze starą kobietą, Saccard zagadnął go jeszcze:

- Mogę zatem przyjść? Czy tylko z pewnością zastanę pańskiego brata?

Oczy żyda przybrały łagodniejszy wyraz; niepokój i zdziwienie w nich się malowało.

- Naturalnie! - odrzekł - Gdzieżby mój brat mógł być!

- Przyjdę zatem za chwilę.

Po ich odejściu, Saocard szedł zwolna skwerem ku ulicy Notre Dame-des Victoires. Najruchliwsza to część planu, zajęta przez ulokowane w mieszkaniach prywatnych zakłady handlowe i przemysłowe, których złote szyldy połyskują na słońcu. Markizy powiewały nad balkonami; w jednem z okien niewielkiego hotelu siedziała gapiąc się jakaś rodzina przybyła z prowincyi. Machinalnie podniósłszy głowę, Saccard spojrzał na tych ludzi i uśmiechnął się z zadowoleniem, bo wyraz głupkowatego zachwytu, rozlany na ich twarzach, utwierdził go w przekonaniu, że w za padłej prowincyi przynajmniej znajdzie jeszcze akcyonaryuszów. Po za nim wrzawa giełdy jak szum wód wezbranych ścigała go, szemrząc groźbę zagłady, przed którą nigdzie nie znajdzie schronienia.

Po chwili stanął nagle, spotkawszy znów znajomego.

- Witam pana, panie Jordan! Nie wierzę moim oczom, widząc pana na giełdzie! - zawołał, ściskając rękę młodego, wysokiego bruneta, z małemi wąsikami i ze stanowczym, pełnym energii wyrazem twarzy Jordan, syn marsylskiego bankiera, który odebrał sobie życie wskutek nieszczęśliwych spekulacyj, już od lat dziesięciu tułał się na bruku paryskim, uprawiając literaturę i dość szczęśliwie walcząc z nędzą. Jeden z jego krewnych mieszkający w Plassans a dawny znajomy rodziny Saccarda, polecił go Saccardowi wtedy jeszcze, gdy ten gromadził cały Paryż w swoim pałacu w parku Monceaux.

- O nie! ja nigdy nie bywam na giełdzie! - odparł młody człowiek z tragicznym ruchem ręki, jak gdyby chciał odegnać z myśli wspomnienie śmierci ojca. - Wiadomo panu zapewne, żem się ożenił - dorzucił z uśmiechem po chwili milczenia. - Wybrałem dawną przyjaciółkę mych lat dziecinnych. Daliśmy sobie słowo wtedy jeszcze, gdy byłem bogatym a ona uparła się potem, że wyjdzie za takiego biedaka, jakim się stałem obecnie.

- Wiem o tem - odrzekł Saccard. - Przysłałeś mi pan przecież zaproszenie na ślub. Ale nie wiem czy panu wiadomo, że miałem niegdyś stosunki handlowe z pańskim teściem, panem Maugendre, za czasów gdy posiadał fabrykę płótna w la Villette. Przypuszczam, że musiał na niej zrobić ładny mająteczek.

Na ławce; w pobliżu której rozmawiali, siedział niski jakiś i krępy mężczyzna, wyglądający na wojskowego. Jordan, który poprzednio z nim rozmawiał, podprowadził ku niemu Saccarda chcąc obu panów zapoznać.

- Kapitan Chave, wuj mojej żony. Matka jej jest z domu Chave.

Kapitan wstał, Saccard się ukłonił. Z widzenia znał on oddawna tę twarz, zdradzającą skłonność do apopleksyi, o szyi jak gdyby zesztywniałej zapewne w skutek długoletniego noszenia włosiennego krawatu mundurowego. Kapitan przedstawiał typ jednego z tych graczy na gotówkę, których codziennie o trzeciej można tu było spotkać.

Drobna to gra, przynosząca pewny prawie zysk piętnastu do dwudziestu franków i realizująca się zaraz na miejscu.

Chcąc wytłómaczyć Saccardowi swoją obecność w tem miejscu, Jordan dodał z poczciwym uśmiechem:

- Wuj mojej żony jest zapamiętałym graczem, przychodzę więc tu czasami, aby go uścisnąć.

- Cóż robić! - prostodusznie odrzekł kapitan - człowiek rad nierad grać musi, bo na rządowej pensyi możnaby zdechnąć z głodu.

Saccard, który cenił młodego człowieka za jego wytrwałość i odwagę, zapytał, jak mu się powodzi w pracach literackich. Jordan uśmiechnął się wesoło opowiadając, że wprowadził żonę do ogromnego mieszkania przy ulicy Clichy; rodzice jej bowiem, nie dowierzając poecie, po wielu prośbach zgodzili się nareszcie wydać córkę za niego ale nie dali jej ani grosza, pod pretekstem, że po ich śmierci dostanie kapitał nienaruszony i powiększony jeszcze nagromadzonemi procentami.

- Nie! literatura stanowczo nie daje chleba! mówił Jordan - Nie mogę nawet znaleźć czasu na napisanie powieści, której plan oddawna już obmyśliłem. Z konieczności przerzuciłem się do dziennikarstwa i pisuję wszystko, począwszy od kronik bieżących aż do sprawozdań z posiedzeń sądowych i drobnych wiadomości.

- No! odrzekł Saccard - jeżeli uda mi się doprowadzić do skutku wielki mój projekt, będziesz mi pan może potrzebnym. Niechże mnie pan odwiedzi.

Pożegnawszy dziennikarza i wojskowego, odszedł.

Krzyki kończącej się gry giełdowej cichły stopniowo; po drugiej stronie gmachu słychać było zaledwie szmer niewyraźny, ginący w ulicznej wrzawie. I tu także na schodach pełno było ludzi, ale pomiędzy pełną hałasu wielką salą a gabinetem agentów wymiany, którego czerwone obicie widać było przez wysokie okna, ciągnęła się kolumnada, gdzie dystyngowani bogaci spekulanci pojedynczo lub małemi grupami siedzieli wygodnie w cieniu.

Obszerny ten przedsionek znajdujący się pod gołem niebem stanowił jakby rodzaj klubu.

Druga ta strona gmachu przypominała tyły teatru i wejście dla artystów przeznaczone. Na ciemnej i mało hałaśliwej ulicy Notre-Dame-des Victoires znajdowały się handle win, kawiarnie, szynki, bawarye, rojące się specyalną dziwnie mięszaną klientelą. Napisy na szyldach wskazywały także, że nad brzegiem tej wielkiej kloaki sąsiedniej, niezdrowa wykwita roślinność: towarzystwa ubezpieczeń, nieciesząca się zbyt dobrą sławą, rewolwerowa prasa giełdowa, towarzystwa finansowe, banki, agencye, kantory - całe szeregi jaskiń zbójeckich umieszczonych w sklepach lub w niskich, małych antresolach. Na chodnikach i środkiem ulicy włóczyli się jacyś ludzie i podejrzanemi minami, podobni rozbójnikom zaczajonym w lesie.

Zatrzymawszy się przy sztachetach, Saccard patrzył na drzwi prowadzące do gabinetu agentów wymiany bystrem okiem wodza, który chce ze wszystkich stron obejrzeć położenie fortecy, zanim szturm do niej przypuści. Wtem człowiek jakiś wyszedł z szynku i przebiegłszy przez ulicę, zbliżył się do niego z bardzo niskim ukłonem.

- Dzień dobry, panie Saccard, czy pan nie ma dla mnie jakiego zajęcia? Straciłem miejsce w Banku zaliczkowym i szukam roboty.

Był to Jantrou, który niegdyś zajmował się nauczycielstwem w Bordeaux a następnie z powodu ciemnej jakiejś historyi przybył do Paryża. Zmuszony do opuszczenia uniwersytetu, miał przyszłość całą zwichniętą. Wysoki, dobrze zbudowany, dość przystojny pomimo przedwczesnej łysiny a przytem zdolny, wykształcony i miły w obejściu, w dwudziestym ósmym roku życia uczepił się giełdy i przez lat dziesięć włóczył się po niej, trudniąc się remisyerstwem i zarabiając jedynie na zaspokojenie swych nałogów. Dziś, wyłysiawszy już zupełnie, rozpaczał jak dziewczyna, której zmarszczki grożą utratą zarobku, ale wytrwale oczekiwał sposobności zrobienia majątku i zyskania powodzenia.

Uniżoność Jantrou przypomniała Saccardowi ukłon, jakim Sabatini powitał go w restauracyi. Uśmiechnął się z goryczą: tak! teraz nikt go nie zna, prócz oszustów i ludzi upadłych!

Cenił on jednak niepospolitą inteligencyę stojącego przed nim człowieka, a przytem wiedział, że najmężniejszymi w boju bywają ludzie zrozpaczeni, którzy przed niczem się nie cofają, nic nie mając do stracenia.

- Szukasz pan zajęcia? - powtórzył uprzejmie - Ha! kto wie, może dałoby się co znaleźć! Przyjdź pan do mnie.

- Wszak pan mieszka teraz przy ulicy ś-go Łazarza, nieprawdaż?

- Tak, przed południem zastaniesz mnie pan zawsze w domu.

Zaczęli z sobą rozmowę. Jantrou ciskał gromy na giełdę: z zawiścią człowieka, któremu szachrajstwa się nie powiodły, dowodził, że łotry tylko mogą tam zarobić trochę grosza, Nie! stanowczo wyrzekł się giełdy, mając nadzieję, że dzięki swemu uniwersyteckiemu wykształceniu i znajomości świata może dojść do wysokiego stanowiska w administracyi. Saccard słuchał w milczeniu, potakując skinieniem głowy. Szli zwolna chodnikiem ku ulicy Brongniart, gdy uwagę ich zwróciła ciemna bardzo wykwintna kareta. Koń w ślicznym zaprzęgu stał zwrócony ku ulicy Montmartre. Na koźle siedział woźnica nieruchomy jak posąg z kamienia wykuty. Zbliżywszy się, spostrzegli, że przez okno karety wychyliła się dwukrotnie głowa kobiety i natychmiast znikła. Nagle wychyliła się ona raz jeszcze i zapominając o względach ostrożności, długo i niecierpliwie patrzyła po za siebie w stronę giełdy.

- Co to? baronowa Sandorff? mruknął Saccard. Była to bardzo oryginalna głowa brunetki z oczyma czarnemi, płonącemi ogniem pod zmęczoną powieką. Wyrazistą, namiętną jej twarz o krwisto czerwonych wargach szpecił tylko nos nieco za długi. Wydawała się bardzo ładną, chociaż mając dwadzieścia pięć lat wyglądała trochę starzej, bo pozory bachantki wystrojonej przez najpierwsze modniarki paryskie nadawały jej przedwczesną dojrzałość.

- Tak, to baronowa - potwierdził Jantrou - Widywałem ją podlotkiem jeszcze w domu jej ojca hrabiego de Ladricourt. O! zapamiętały to był gracz a przytem nieznośnie szorstki w obejściu! Codzień chodziłem do niego po zlecenia i raz o mało mnie nie wybił. Co prawda nie płakałem nad jego śmiercią, gdy apopleksya go tknęła ze zgryzoty po wielu nieszczęśliwych likwidacyach. Hrabianka musiała wówczas oddać swą rękę baronowi Sandorff, radcy ambasady austryackiej, człowiekowi starszemu od niej o trzydzieści kilka lat, ale zakochanemu w niej po uszy.

- Wiem o tem - krótko odparł Saccard.

Głowa baronowej znikła znów w głębi powozu, po chwili jednak wychyliła się raz jeszcze i z większą niż przedtem ciekawością patrzyła w stronę placu.

- Wszak ona także gra na giełdzie, nieprawdaż?

- O! i jak zapamiętale! W każdy dzień kryzysów możesz pan spotkać ją tu zawsze. Siedzi zwykle w powozie, dając zlecenia i zapisując coś gorączkowo w notesie. Spójrz pan! czekała widocznie na Massiasa, który oto dąży ku niej!

W istocie Massias z cedułą w ręku biegł, przebierając żwawo krótkiemi nogami. Zbliżył się do karety i oparłszy rękę na drzwiczkach rozpoczął ożywioną naradę z baronową. Saccard i Jantrou oddalili się nieco, aby ich nie posądzono o szpiegowanie; dopiero gdy remisyer pożegnał baronową i równie szybkim krokiem zdążał znów ku giełdzie, zawołali go obaj. Massias obejrzał się najprzód po za siebie i upewniwszy się, że go nie widać z po za zakrętu ulicy, stanął w miejscu zdyszany, z rozognioną ale uśmiechniętą twarzą. Wesołość malowała się w jego dużych niebieskich oczach.

- Co im się stało? - zawołał - suezy na łeb spadają. Ze wszystkich stron słychać o wojnie z Anglią a Bóg wie skąd powstała ta wiadomość, która wszystkich zaniepokoiła do żywego. Czy to rzecz słyszana?.. Wojna! Kto mógł tę pogłoskę wymyślić? Chyba to tak samo z siebie wyrosło. Koniec końców, obrzydła klapa! Jantrou filuternie przymrużył oczy.

- Czy baronowa zawsze się hazarduje? - zapytał.

- Naturalnie! Biegnę właśnie z jej zleceniami do Nathansohna.

Saccard, który dotąd w milczeniu słuchał rozmowy, wtrącił uwagę;

- Ach! prawda, przypominam sobie, że o ile mi mówiono, Nathansohn zapisał się do kulisy.

- To bardzo miły chłopak! - dorzucił Jantrou - wart tego, żeby mu się powiodło. Kolegowaliśmy z sobą w biurze. Nie wątpię, że wszystko pójdzie mu jak z płatka, niedarmo żydem się urodził. Ojciec jego, rodem z Austryi, jest... o ile mi się zdaje... zegarmistrzem w Besançon.

Widząc na czem polega całe to szachrajstwo, pewnego pięknego dnia postanowił sam szczęścia spróbować i otworzył kantor... A panu, panie Massias, jakże się wiedzie?

- Et! gadać o tem nie warto! Sam pan przez to przeszedłeś i masz słuszność mówiąc, że trzeba być żydem aby dać sobie rady. Inaczej licha wszystko warte!.. Nie ma człowiek szczęścia!.. Paskudne to rzemiosło! Ale raz wlazłszy w błoto, trzeba w niem siedzieć. Zresztą mam jeszcze dobre nogi i nie tracę nadziei.

Ukłonił się i odszedł, wciąż uśmiechnięty. Mówiono powszechnie, że Massias był synem urzędnika z Lyonu; który wypędzony ze służby zaczął grywać na giełdzie i stracił wszystko, co posiadał. Syn, nie chcąc kończyć studyów prawnych, wstąpił w ślady ojca.

Saccard i Jantrou wolnym krokiem wrócili na ulicę Brongniart. Kareta baronowej stała tu jeszcze ale szyby były podniesione, tajemniczy powóz wydawał się pustym a woźnica nieruchomy jak posąg kamienny, oczekiwał chwili zamknięcia giełdy.

- Dyabelnie apetyczna kobieta! - rubasznie zauważył Saccard - nie dziwię się staremu baronowi.

- O! zdaje mi się, że baron oddawna już ma jej dosyć! - odrzekł Jantrou, uśmiechając się znacząco. - Powiadają, że jest to okropny sknera... Czy wiesz pan, kogo ona zwerbowała do płacenia rachunków w magazynach, bo gra na giełdzie jej nie wystarcza?..

- Kogóż takiego?

- Delcambre'a.

- Co? Deleambre'a? Ten generalny prokurator a przyszły minister! Ależ to stary dziad, suchy, żółty, sztywny jak kij! Chciałbym też widzieć ich razem!

Rozweseleni, podnieceni rozmowy, rozeszli się wreszcie, żegnając się serdecznym uściskiem dłoni. Jantrou nie omieszkał zapewnić, że korzystając z pozwolenia, odwiedzi wkrótce Saccarda.

Zostawszy sam, Saccard uległ znowu wrażeniu, jakie nań wywierała wrzawa panująca na giełdzie a dolatująca z oddali z hukiem fal morskich rozbijających się o wybrzeża. Skręciwszy na ulicę Vivienne, znalazł się w tej części placu, na której niema ani jednej kawiarni i która skutkiem tego poważniejszy przedstawia pozór. Minął Izbę handlową, pocztę, wielkie agentury ogłoszeń, coraz więcej ogłuszony i rozgorączkowany w miarę zbliżania się do giełdy.

Doszedłszy wreszcie do punktu, z którego objąć mógł okiem cały przedsionek, zatrzymał się raz jeszcze, jak gdyby nie chcąc dokończyć tego oblężenia, którem w myśli swej opasywał giełdę. W miejscu tem, gdzie ulica była szerszą, panował gwar i ruch niepodobny do opisania: fala gości cisnęła się do kawiarni; w cukierni miejsca nie było można znaleść; tłum ciekawych skupiał się przed wystawami sklepowemi a zwłaszcza przed oknem jubilera, gdzie w blasku słonecznym lśniły się przepyszne srebra. Ze wszystkich czterech rogów placu napływał wciąż potok pieszych i powozów, tłocząc się w bezładnej plątaninie. Stacya omnibusów zwiększała jeszcze ten zamęt a dorożki stojące długim szeregiem tamowały przejście przez ulicę. Ale Saccard na nic nie patrzył, nie widział nic, prócz wysokich schodów, na których czarne tużurki migotały w świetle słonecznem. Snuły się one, dążyły wyżej ku kolumnom, czyniąc zdala wrażenie zwartej czarnej masy, na której twarze ludzkie tylko jak blade plamki słabo jaśniały. Wszyscy stali, nigdzie krzeseł nie było widać a koło, jakie tworzyła kulisa umieszczona pod zegarem, wyróżniało się tylko wzmożonym ruchem, gwałtownością gestów i słów drżących w powietrzu. Na lewo stała grupa bankierów zajętych arbitrażami, operacyami wekslowemi i czekami angielskiemi; spokojniej tu nieco było, chociaż przesuwało się tędy mnóstwo osób wchodzących do biura telegraficznego i wychodzących ztamtąd. Dalej aż pod boczne galerye tłoczyło się niezliczone mnóstwo spekulantów, duszących się niemal na niewielkiej przestrzeni: jedni kręcili się tu i owdzie, inni znów stali oparci brzuchami lub plecami o pokrytą aksamitem baryerę między kolumnadą. Giełda cała rozbrzmiewała ogłuszającym hukiem i zdawała się podobną do maszyny parowej mknącej w pełnym rozpędzie. Nagle Saccard spostrzegł znowu wśród tłumu Massiasa, który co tchu zbiegłszy ze schodów, wskoczył do powozu. Woźnica zaciął konie, które galopem ruszyły z miejsca.

Saccard machinalnie prawie zacisnął pięści, siłą woli oderwał się od tego widoku i przeszedłszy środkiem ulicy Vivienne, skręcił w ulicę Feydeau, gdzie się znajdowało mieszkanie Buscha.

Przypomniał sobie, że miał tam wstąpić, aby przetłómaczyć ów list po rusku pisany. Zmierzał już do bramy, gdy ukłonił mu się jakiś młody człowiek, stojący przed sklepem materyałów piśmiennych. Był to Gustaw Sédille, syn fabrykanta jedwabiów z ulicy Je?neurs, którego ojciec umieścił u Mazauda, aby go zapoznać z mechanizmem operacyj finansowych. Saccard uśmiechnął się z ojcowską pobłażliwością do młodego człowieka, domyśliwszy się bez trudu, dlaczego stoi tu jakby na warcie. Sklep materyałów piśmiennych Couina zaopatrywał całą giełdę w no tatniki, szozególniej od czasu gdy pani Couin zaczęła pomagać mężowi. On nigdy nie wychodził z fabryki znajdującej się po za sklepem, ona zaś ustawicznie w ruchu sprzedawała za kontuarem i załatwiała wszystkie interes i na mieście; tłusta, różowa blondynka, zawsze wesoła, uprzejma bardzo i zręczna, podobną była do owieczki z kręcącem się runem. Mówiono, że bardzo kocha męża, co jej nie przeszkadzało obdarzać swemi łaskami któregokolwiek ze swych klientów giełdowych, jeżeli jej się podobał. Bywała dla niego czułą ale nie za pieniądze lecz dla przyjemności jedynie i to raz jeden tylko. Opowiadano sobie po cichu, że miejscem spotkania było mieszkanie jej przyjaciółki w sąsiednim domu. W każdym razie szczęśliwi wybrani musieli być dyskretni i pełni wdzięczności bo pani Couin cieszyła się ogólnem uwielbieniem i plama żadna nie ciążyła na jej imienin. Przechodząc, Saccard spostrzegł panią Couin, która uśmiechała się z okna do Gustawa "Jakaż to śliczna owieczka!" - pomyślał z rozkosznem uczuciem doznanej pieszczoty. Nareszcie wszedł na schody.

Już od lat piętnastu Busch zajmował w tym domu na piątem piętrze ciasne mieszkanko, złożone z dwóch pokoików i kuchenki. Urodzony w Nancy, porzucił rodzinne miasto i osiedliwszy się tutaj, powoli, stopniowo rozszerzał zakres swoich niezmiernie skomplikowanych interesów. Nie czując potrzeby powiększenia mieszkania, odstąpił bratu swemu Zygmuntowi pokój frontowy, sam zaś zadawalniał się małym pokoikiem od podwórza, w którym nagromadziło się tyle papierów, aktów i przeróżnych pakietów, że pozostało zaledwie miejsce do postawienia jednego krzesła przy biurku. Głównem jego zajęciem był handel zdeprecyonowanemi papierami; gromadził je, bywał pośrednikiem pomiędzy małą giełdą "Mokrych nóg" a bankrutami zmuszonymi do zatykania dziur w bilansie; to też nadzwyczaj pilnie śledził kursy, kupując niekiedy wprost, częściej jednak zaopatrując się w to, co mu przynosiły rozmaite podejrzane osobiste śni. Prócz lichwy oraz pokątnego handlu klejnotami i drogiemi kamieniami, trudnił się głównie skupowaniem wierzytelności wątpliwych. Oto co zapełniało jego gabinet tak szczelnie, że aż mury trzeszczały; oto za czem biegał po całym Paryżu, węsząc, czatując, zawiązując stosunki we wszystkich warstwach społecznych. Dowiedziawszy się o jakiejśkolwiek upadłości, przybiegał natychmiast, krążył około syndyka masy i ostatecznie kupował wszystko to, z czego na razie nic się wyciągnąć nie dało. Rozciągał baczny nadzór nad kancelaryami regentów, wyczekiwał otwarcia trudnych do odebrania spadków, bywał obecnym przy licytacyach wierzytelności niemożliwych do zrealizowania. Sam podawał ogłoszenia ściągał niecierpliwych wierzycieli, którzy woleli dostać małą sumę gotówką, niżeli rozpoczynać wątpliwe i długie procesy z dłużnikami. Z różnorodnych tych źródeł gromadziły się pełne kosze papierów, wzbogacając archiwum tego gałganiarza długów: znleść tam było można rewersy niezapłacone, kwity niewypłacone, kontrakty niewykonane, zobowiązania niedotrzymane.

Tu dopiero rozpoczynało się segregowanie tego śmiecia - zajęcie wymagające specyalnego i bardzo delikatnego węchu. Nie chcąc daremnie pracy swej marnować, należało bardzo staranny wybór uczynić w tem morzu dłużników niewypłacalnych lub nawet do ucieczki zmuszonych. Busch wyznawał zasadę, że każda wierzytelność - najbardziej nawet wątpliwa - może kiedyś odzyskać wartość i w myśl tej zasady posiadał stosy aktów wybornie rozklsyfikowanych, które od czytywał od czasu do czasu, ćwicząc w ten sposób pamięć swoją. Rzecz naturalna, że z pośród niewypłacalnych największą zwracał uwagę na tych. którzy przedstawiali najwięcej szans rychłego odzyskania fortuny. Śledztwo jego rozbierało ludzi do naga, przenikało tajemnice rodzinne, zapisywało bogate koligacye, sposoby zaróbkowania a zwłaszcza chwile objęcia nowych posad, co pozwalało położyć areszt na pensyę. Długie lata czekał nieraz szczęśliwego zwrotu w życiu człowieka, by go schwytać za gardło przy pierwszym błysku powodzenia. Najwięcej jednak rozpalał się do dłużników, którzy zniknęli bez śladu: ustawiczne poszukiwania o gorączkę go przyprawiały; przebiegając oczyma napisy na szyldach, nazwiska drukowane w gazetach, wietrzył adresy, tak jak pies węszy zwierzynę. A złapawszy wreszcie którego z tych, co uciekli lub byli niewypłacalni, stawał się okrutnym, pożerał ich żywocm, krew z nich wysysał, wyłudzając sto franków za to, co dziesięć su najwyżej zapłacił, tłómacząc bezczelnie ryzyko, na jakie się narażał, odbijał sobie na nich to, co - jak mu się zdawało - tracił na tych, którzy jak dym z rąk mu się wymykali.

W tych łowach na dłużników, pani Méchain była pomocnicą, którą Busch najlepiej posługiwać się lubił. Miał wprawdzie na rozkazy swe więcej osób, ale ta zgraja zgłodniała i chciwa nieufność w nim wzbudzała, Méchainowa zaś posiadała za wzgórzami Montmartre t. zw. Był to obszerny plac, na którym wznosiły się na wpół w ziemię zapadłe rudery wynajmowane przez nią miesięcznie, Niewypłacalnych lokatorów bez litości wyrzucała na bruk z tego cuchnącego oblewa, będącego przytuliskiem najokropniejszej nędzy. Ale nieszczęśliwa namiętność do spekulacyi pochłaniała wszystkie dochody, jakie jej ta posiadłość przynosiła.

Ona także lubowała się w ranach przez pieniądze zadanych, w ruinach, w pożarch, gdzie wpośród dymiącego się zgliszcza znaleźć niekiedy można stopione przez ogień klejnoty. Nieraz z polecenia Buscha mając zasięgnąć jakich wiadomości lub wyrzucić dłużnika z mieszkania, własne swoje pieniądze wydawała na ten cel, który największą sprawiał jej przyjemność. Dowodziła, że jest wdową, lecz nikt nigdy nie znał jej węża. Pochodzenie jej również było niewiadomem, wyglądała zawsze na lat piędziesiąt, nawet piskliwy jakby dziecięcy jej głos nie zmieniał się wcale.

Tego dnia, gdy Méchainowa usiadła na jedynem krześle, zdawało się, że ostatnia ta masa ciała, rzucona w to miejsce, przepełniła, zatkała jakoby maleńki gabinet. Busch stał uwięziony przed biurkiem; tylko kwadratowa jego głowa wychylała się z po za stosów aktów i papierów.

- Oto papiery, które Fayeux przysłał mi z Vendôme - odezwała się, wyciągając ze starego worka olbrzymią masę papierów. - Kupił on to dla pana w upadłości Charpiera, o której mi pan kazał go zawiadomić. Wszystko to kosztuje sto dziesięć franków.

Fayeux, którego zazwyczaj mianowała swym krewnym, założył był w Vendôme biuro płatnicze. Jawne jego zajęcie polegało na wypłacaniu małym kapitalistom okolicznym należności za ich kupony, korzystając zaś ze składania u siebie kuponów tych i gotówki, namiętnie grał na giełdzie.

- Cała prowincya niewiele warta! - mruknął Busch - ale bądź co bądź i tam zdarzy się nieraz gratka nielada!

Spojrzał na papiery, obwąchał je i jakoby pozapachu je poznając, wprawną ręką klasyfikował na paczki. Chmura niezadowolenia zasępiła płaską twarz jego; skrzywił się, widocznie doznawszy zawodu.

- Hm! nie bardzo się tem można pożywić!.. Całe szczęście, że przynajmniej nie drogo mnie kosztowało... Oto weksle... i to także weksle... Jeśli to są ludzie młodzi i zjawią się w Paryżu, może uda nam się kiedyś ich złapać.

Nagle krzyknął radosnem zdziwieniem przejęty:

- Cóż to takiego? zawołał.

Pochyliwszy się nad arkuszem papieru stemplowego, wyczytał u dołu podpis hrabiego de Beauvilliers. Na arkuszu tym były tylko trzy wiersze napisane dużem wyblakłem pismem "Obowiązuję się wyplacić pannie Leonii Cron w dniu dojścia jej do pełnoletności sumę dziesięciu tysięcy franków".

- Hrabia de Beauvilliers - mówił dalej wolno, jak gdyby myśląc głośno - tak, miał on parę folwarków, cały klucz w okolicach Vendôme... Umarł skutkiem nieszczęśliwego wypadku na polowaniu... Zostawił żonę i dwoje dzieci w bardzo smutnem położeniu. Miałem dawniej kilka jego weksli, za które z wielkim trudem wydostałem pieniądze. Oj! urwis to był! ladaco. - I nagle, przypomniawszy sobie całą historyę, parsknął śmiechem.

- A! stary łotr! to on oszukał dziewczynę! Ona pewnie nie chciała a on przekonał ją tym świstkiem papiery który prawnie nie posiada żadnej wartości. Potem umarł... Dokument wystawiony w 1854 r. ożyli dziesięć lat temu.. Do licha! Dziewczyna musi już być pełnoletnią! Jakimże sposobem ten rewers dostał się w ręce Charpiera?.. Charpier handlował zbożem i dawał pożyczki na krótkie terminy... Prawdopodobnie dziewczyna dała mu to w zastaw za kilka luidorów a może też podjął się wyegzekwować tę sumę.

- Ho! ho! - przerwała Méchainowa - zrobiliśmy znakomity nabytek.

Busch wzruszył pogardliwie ramionami.

- Gdzietam! powiadam pani przecież, że prawnie nic to nie jest warte... Gdybym wystąpił z tem do spadkobierców, grosza bym nie dostał bo trzebaby przedstawić dowód, że pieniądze te istotnie się należą. Mam jednak nadzieję, że gdybyśmy znaleźli dziewczynę, możnaby ich skłonić do porozumienia się z nami dla uniknięcia nieprzyjemnego rozgłosu... Rozumiesz pan, o co chodzi? Trzeba poszukać Leonii Cron. Niech pani napisze do Fayeux'a, może on ją tam wynajdzie. Wtedy zaczniemy śpiewać z innego tonu.

Ułożył przyniesione papiery w dwie paczki obiecując sobie, że rozejrzy się w nich dokładnie po wyjściu Méchainowej. Przez chwilę siedział nieruchomo, z rękoma opartemi na stosach papierów.

Tymczasem Móchainowa podjęła przerwane sprawozdanie:

- Nie zapomniałam także o wekslach Jordana.

Przez chwilę byłam prawie pewna, że go już mamy w ręku. Był urzędnikiem w jakiemś biurze a teraz pisuje do dzienników. Na nieszczęście, źle mnie traktują w redakcyach, nie chcą nawet dać mi żadnego adresu. Zresztą, zdaje mi się, że on nie podpisuje artykułów prawdziwem swojem nazwiskiem.

Słowa nie mówiąc, Busch wyciągnął rękę i z pośród papierów ułożonych w alfabetycznym porządku wyjął akty Jordana. Akty te składały się z sześciu weksli po piędzięsiąt franków każdy, wystawionych przed sześcioma laty a prolongowanych z miesiąca na miesiąc. Wynosiły one w ogólnej sumie trzysta franków. Pożyczkę te młody człowiek zaciągnął u jakiegoś krawca. Suma niezapłacona w terminie powiększyła się olbrzymiemi kosztami procedury sądowej, tak że dług wynosił obecnie siedmset trzydzieści franków piętnaście centymów.

- Jeżeli ten chłopak ma przyszłość przed sobą, złapiemy go prędzej lub później - wtrącił Busch. Poczem skutkiem jakiegoś skojarzenia pojęć zapewne zawołał:

- Ale!.. ale!.. co się dzieje ze sprawą Sicardot? czy dajemy już za wygraną?

Méchainowa podniosła w górę obie tłuste ręce. Potworna jej postać zdradzała rozpacz niekłamaną.

- Ach! wielki Boże! - jęknęła piskliwym głosem - chybaby mi sił i życia zabrakło!

Sprawa Sicardot była romantyczną historyą, opowiadaniem której lubowała się Méohainowa. Kuzynka jej, Oktawia Chavaille, córka jednej z sióstr jej ojca, mając lat szesnaście, została pewnego wieczoru zgwałconą na schodach w domu przy ulicy la Harpe, gdzie matka jej - bardzo niemłoda już kobieta - zajmowała skromne mieszkanko na szóstem piętrze. Co gorsza, pan, który przed tygodniem zaledwie przyjechawszy z żoną do Paryża, odnajmował od jakiejś pani pokój w tymże domu na drugiem piętrze, wziął się do dziewczyny tak gorąco, że biedna Oktawia upadła na schodach i zwichnęła rękę w ramieniu. Oburzona i rozgniewana matka chciała, bez względu na łzy córki, zrobić straszną awanturę ale Oktawia wyznała, że dobrowolnie zgodziła się na to, że zwichnięcie ręki było tylko przypadkowem i że cierpiałaby srodze, gdyby tego pana wsadzono do więzienia. Matka zamilkła wtedy, zadowolniwszy się wziętem od uwodziciela zobowiązaniem, że wypłaci im sześćset franków, rozłożonych na dwanaście rat miesięcznych. Było to bardzo skromne żądanie, nie zaś wyzysk bo Oktawia, która chodziła do magazynu, musiała leżeć w łóżku i nic nie zarabiała. Kuracya, która pochłonęła niemało grosza, źle była prowadzoną, bo mięśnie ręki się skurczyły i biedna dziewczyna została kaleką. Przed końcem pierwszego miesiąca ów pan znikł z Paryża, nie zostawiwszy swego adresu. Różne nieszczęścia zaczęły sypać się jak grad na biedną rodzinę. Oktawia urodziła syna, straciła matkę, oddała się rozpaście i wpadła w najstraszniejszą nędzę. Dostawszy się w końcu do Méchainowej, włóczyła się po ulicach do dwudziestego szóstego roku życia, nie mając władzy w jednej ręce, to sprzedawała cytryny w halach, to znów znikała na parę tygodni a jakiemiś ludźmi, którzy wypędzali ją potem od siebie pijaną i pobitą. Rok temu po jakiejś większej niż zwykle awanturze zakończyła wreszcie marny żywot, a Méchainowa musiała wziąć na wychowanie syna jej, Wiktora. Z całej tej sprawy nie pozostało nic, prócz dwunastu niezapłaconych rewersów z podpisem: "Sicardot". Nigdy nie zdołano dowiedzieć się nic więcej nad to, że ów pan nazywał się Sicardot.

Busch, znowu wyciągnąwszy rękę, wyjął akty Sicardota, które stanowiły cienki zeszyt w okładce a szarego papieru. Sprawa ta nie pociągnęła za sobą żadnych kosztów, nie było więc innych papierów oprócz tych dwunastu rewersów.

- Gdybym jeszcze z Wiktora miała pociechę! - płaczliwie żaliła się stara kobieta. - Ale gdzietam! Nie potrafiłbyś pan wyobrazić sobie, co to za chłopak. Przyjemny spadek, niema co mówić! Chłopak, który skończy na szubienicy i papiery, z których nigdy nic nie wyciągnę

Duże wyblakłe oczy Buscha wpatrywały się uparcie w rewersy. Ileż to razy studyował on je już tak pilnie w nadziei, że jakiś niedostrzeżony dotąd szczegół, kształt liter lub wreszcie gatunek papieru wprowadzą go na ślad pewnej wskazówki. Oddawna zdawało mu się, że pismo to spiczaste i cienkie nie jest mu obcem.

- Ciekawa rzecz! - powtórzył raz jeszcze - gotówbym przysiądz, że widziałem już gdzieś takie a i takie o tak wydłużone, te wydają się podobnemi do i.

W tejże chwili zapukano do drzwi. Busch poprosiła Méchainową, aby wyciągnęła rękę i otworzyła bo do pokoju tego wchodziło się wprost ze schodów. Chcąc dostać się do frontowego pokoju, trzeba było przejść przez gabinet Buscha; kuchnia, zaś - a właściwie ciemna dziura bez powietrza - znajdowała się po drugiej stronie sieni.

- Proszę wejść! - zapraszała Méchainowa.

Saccard stanął na progu. Wszedł on rozśmieszony widokiem mosiężnej tabliczki przybitej na drzwiach a noszącej napis: "Sprawy sporne", wyryty dużemi czarnemi literami.

- Ach! prawda! - zawołał Busch - pan przychodzi zapewne po to tłómaczenie... Mój brat jest w tamtym pokoju. Proszę, niech pan wejdzie!

Nie łatwe to było zadanie do spełnienia, bo otyła Méchainowa zagradzała przejście, z niewymownem zdziwieniem przyglądając się nowoprzybyłemu. Chcąc przejść, trzeba było manewrować: on cofnął się na schody, ona wyszła do sieni i stanęła tuż pod ścianą, poczem wreszcie Saccard się przecisnął i przedostał do sąsiedniego pokoju. Podczas tej skomplikowanej operacyi nie spuściła z niego oka ani na chwilę.

- Ach! - zawołała wreszcie zadyszana - nigdy dotąd nie widziałam tak z bliska pana Saccarda! Wiktor jest podobny do niego jak dwie krople wody.

Busch patrzył na nią, nie rozumiejąc nic w pierwszej chwili. Nagle twarz jego zajaśniała radością, zaklął z cicha.

- Do kroćset! powiadam przecież, że widziałem już gdzieś to pismo!

Podniósł się, zaczął przewracać różne papiery aż wreszcie wynalazł list, jaki Saccard pisał do niego przed rokiem, prosząc o prolongatę dla jakiejś dłużniczki, zalegającej w wypłacie. Porównał szybko list ten z charakterem pisma na rewersach: w istocie były to te same a i te same o, może tylko trochę więcej spiczaste... tożsamość dużych liter również nie podlegała żadnej wątpliwości.

- To on! to on! - powtarzał - Ale dlaczegóż tutaj podpisał się Sicardot a nie Saccard?

Powoli w mglistych zarysach przypominać sobie zaczął historyę, którą agent Larsouneau... dziś już milioner... opowiadał mu przed laty o przeszłości Saccarda. Przypomniał sobie, że wkrótce po zamachu Stanu, Saccard przybył do Paryża w nadziei wyzyskania protokcyi, jaką mógł mu zapewnić brat jego, Rougon; że z początku cierpiał biedę, mieszkając w studenckiej dzielnicy a potem po śmierci pierwszej żony wzbogacił się nagle skutkiem dość podejrzanego powtórnego małżeństwa. W tych to trudnych czasach zmienił nazwisko Rougon na Saccard, zmieniając kilka liter w nazwisku pierwszej żony, która była z domu Sicardot.

- Tak, tak, Sicardot, teraz już doskonale sobie przypominam - mruczał Busch półgłosem. - Z bezwstydną czelnością podpisał rewersy nazwiskiem żony. Zapewne musieli mieszkać przy ulicy la Harpe pod tem nazwiskiem. Nic dziwnego! łotr ten zachowywał wszystkie środki ostrożności, aby w każdej chwili módz się wynieść cichaczem... Aha! więc polował nietylko na złoto ale i na dziewczęta, które biegały po schodach. Głupiec! może kiedyś źle wyjść na tem!

- Cicho! cicho! - upominała Méchainowa. - Trzymamy go wreszcie! Doprawdy jest Bóg na Niebie! Teraz już spotka mnie nagroda za tego Wiktora, którego... niech mi pan wierzy... kocham serdecznie, chociaż to niepoprawny chłopak!

Wyraz radości jaśniał na jej twarzy. Zadowolenie malowało się w małych oczkach, głęboko ukrytych w policzkach, z których tłuszcz zdawał się spływać.

Ale Busch, ochłonąwszy z gorączki, w którą wprawiło go rozwiązanie ciemnej przez lat tyle zagadki, zastanawiał się teraz na chłodno i milczał, kiwając głową... Kto wie, czy nie dałoby się jeszcze oskubać Saccarda, chociaż w obecnej chwili jest bankrutem?.. Ale niełatwa będzie z nim sprawa, bo ostre ma zęby i nie pozwoli szarpać się bezkarnie.

Zresztą pomimo owego podobieństwa, które tak uderzyło Méchainową, może on sam nie wie, że ma syna i gotów go się wyprzeć...

Owdowiawszy powtórnie, niczem nie był skrępowany, nie miał obowiązku zdawania komukolwiek sprawy ze swej przeszłości, więc gdyby nawet przyznał chłopca, nioby z nim wskórać nie można ani groźbą ani postrachem... Nie wydostać za odkrycie tajemnicy ojcowstwa nic więcej, prócz tych marnych sześciuset franków, które stoją na rewersach - byłoby zmarnowaniem tak szczęśliwego zbiegu okoliczności. Czyż po to los sprzyjał im tak cudownie?.. Nie! Nie!.. trzeba się zastanowić, dobrze to rozważyć, doczekać chwili, w której bogaty plon dojrzeje!

- Nie mamy czego się spieszyć - wywnioskował Busch ostatecznie. - Zresztą, Saccard goły jest teraz, poczekajmy a znowu porośnie w pierze.

Przed odejściem Méchainowej raz jeszcze rozpytał ją szczegółowo o wszystkie interesy, które a jego polecenia załatwić miała. Chodziło tu o jakąś panią, która zastawiła kosztowności swoje dla kochanka, o jakiegoś zięcia, którego dług zapłaciłaby rozkochana w nim teściowa, gdyby umiano wziąć się zręcznie do tego - słowem o tysiące ciemnych i nader zawikłanych spraw, mających zawsze na celu wyłudzenie pieniędzy.

Wszedłszy do sąsiedniego pokoju, Saccard stał przez chwilę olśniony blaskiem promieni słonecznych bijących z okna nieprzysłoniętego firankami. Pokój ten, obity wyblakłym papierem w niebieskie kwiateczki, był prawie pusty: całe jego umeblowanie stanowiło wąskie żelazne łóżko stojące pod ścianą, oraz sosnowy stół i dwa wyplątane krzesła. Po lewej stronie wisiały na ścianie nieociosane prawie półki, służące widocznie za bibliotekę bo zarzucone mnóstwem książek, broszur, dzienników i najrozmaitszych papierów. A jednak promienie słońca przedzierające się na to poddasze, zdobiły ubogą izbę urokiem młodzieńczej wesołości, jakby niewinnym prostoty uśmiechem. Przy stole siedział Zygmunt Busch, trzydziestopięcioletni mężczyzna, szatyn, z długiemi, rzadkiemi włosami i twarzą pozbawioną zarostu. Oparłszy wypukłe czoło na chudej ręce, siedział tak zatopiony w czytaniu jakiegoś rękopismu, że nie słyszał nawet skrzypnięcia drzwi i nie odwrócił głowy.

Niepospolicie wykształcony, posiadający uniwersyteckie wykształcenie w Niemczech nabyte, Zygmunt władał biegle nietylko ojczystym swym językiem ale nadto niemieckim, angielskim i ruskim. W 1849 roku poznał w Kolonii Karola Marksa; od tej chwili przekonania jego ustaliły się, z całym zapałem młodzieńczego umysłu stał się stronnikiem wierzeń socyalistycznych i życie całe postanowił poświęcić sprawie odrodzenia społecznego, mającego zapewnić szczęście maluczkim i prostaczkom. Gdy mistrz jego wygnany z Niemiec a następnie zmuszony do wyemigrowania z Paryża, osiadł w Londynie, zkąd pismami swemi starał się uorganizować liczne stronnictwo, młody marzyciel wegetował życiem bezczynnem nie troszcząc się zgoła o zaspokojenie potrzeb codziennych i niechybnie umarłby już był z głodu, gdyby brat nie dał mu u siebie przytułku i nie podsunął myśli, aby tłómaczeniem z obcych języków starał się spożytkować swoje wiadomości. Starszy brat kochał go iście macierzyńską miłością: krwiożerczy jak wilk dla dłużników, gotów ukraść parę groszy w kałuży krwi ludzkiej leżących, do łez się rozczulał, kobiecą niemal pieczołowitością otaczając brata, który zawsze roztargnionem dzieckiem pozostał. Odstąpił mu pokoju od ulicy, usługiwał mu sam, zajmował się gospodarstwem, zamiatał, słał łóżka, myślał o jedzeniu, które dwa razy dziennie przynoszono z pobliskiej restauracyi. Tak czynny zawsze, tysiącem różnorodnych interesów zajęty; pozwalał bratu nic nie robić, bo tłomaczenia mało popłacały. Zabraniał mu nawet pracować, zaniepokojony suchym jego kaszlem i pomimo swego przywiązania do pieniędzy, pomimo zbrodniczej chciwości z jaką sam ciułał złoto, uważając je za jedyny cel życia, uśmiechał się pobłażliwie z mrzonek rewolucyonisty, bez szemrania dawał mu pieniądze tak jak dziecku dajemy zabawkę, wiedząc, że wkrótce ją złamie.

Zygmunt nie wiedział zgoła, jakiemi sprawami brat jego zajmuje się w sąsiednim pokoju.

Nie miał pojęcia ani o tym ohydnym handlu zdeprecyonowanemi walorami, ani o skupowaniu wierzytelności; myśl jego sięgała wyżej, bujając w krainie bezwzględnej sprawiedliwości. Idea miłosierdzia gniewała go i oburzała: miłosierdzie - to jałmużna, to nierówność dobrocią ludzką uświęcona. Sprawiedliwości się domagał, żądał aby uznano prawa jednostki i utworzono z nich niewzruszoną podstawę nowej organizacji społecznej. Idąc za przykładem Karola Marksa, z którym stałą korespondencyę prowadził, całemi dniami studyował tę organizacyę, zapisywał cyframi niezliczoną ilość papieru, na naukowych fundamentach opierał i wznosił rusztowanie tego gmachu, mającego wszystkim szczęście zapewnić. Odbierał kapitały jednym, aby je między innych rozdzielić, jednym zamachem pióra przeistaczał finansową postać świata, siadając w tym pustym pokoju, nie znając żadnych namiętności, prócz marzeń swoich, nie czując potrzeby zadowolenia żadnych pragnień, prowadząc życie tak wstrzemięźliwe, że brat zmuszał go nieraz do zjedzenia mięsa lub do wypicia kieliszka wina. Sam zabijając się pracą i żyjąc niczem prawie, domagał się aby praca zastosowana do sił każdego człowieka zapewniała mu uczynienie zadość wszystkim potrzebom. Prawdziwy to był mędrzec, czysty i łagodny; zamiłowany w swych studyach, obcy wszelkim troskom powszedniego żywota. Już od zeszłej jesieni zagrożony suchotami, kaszlał coraz silniej, nie raczył jednak zwrócić na to uwagi, nie pomyślał o zaoszczędzeniu swych sił.

Saccard postąpił parę kroków, Zygmunt podniósł wreszcie duże zamglone oczy i ze zdziwieniem spojrzał na gościa, chociaż znał go dobrze.

- Przyszedłem z prośbą o przetłomaczenie listu - tłómaczył się Saccard.

Zdziwienie młodego człowieka wzrosło jeszcze bardziej; oddawna bowiem odstręczył od siebie wszystkich klientów a mianowicie bankierów, spekulantów, meklerów - cały ten świat giełdowy który z Niemiec i z Anglii zwłaszcza odbiera cyrkularue i ustawy towarzystw w obcych językach pisane.

- Tak, mam list pisany po rusko... Nie zajmę panu dużo czasu... kilka wierszy zaledwie.

Zygmunt wyciągnął rękę. Tłomaczenia z rosyjskiego były jego specyalnością; on jeden gruntownie posiadał ten język z pośród wszystkich tłomaczów z całej dzielnicy, którzy uprawiali głównie niemiecki i angielski. Rzadkość dokumentów w języku ruskim na paryskim bruka była powodem ciągłej jego bezczynności.

Głośno i odrazu przeczytał list po francusku. Była to odpowiedź jakiegoś bankiera z Konstantynopola, który w kilku wyrazach wypowiadał przychylne zdanie o przedstawionej mu sprawie.

- Dziękuję panu! - zawołał Saccard, widocznie bardzo ucieszony.

Poprosił jeszcze Zygmunta o piśmienne przetłomaczenie tych kilka wierszy na odwrotnej stronie listu, ale młody człowiek zakaszlał się gwałtownie i zasłonił usta chustką, aby nie niepokoić brata, który przybiegał zawsze, ilekroć kaszel jego usłyszał. Uspokoiwszy się wreszcie wstał i na oścież otworzył okno, aby zaczerpnąć trochę świeżego powietrza. Saccard postąpił parę kroków za nim i rzuciwszy okiem przez okno, krzyknął ze zdziwienia:

- A! pan masz tutaj widok na giełdę! Jak ona zabawnie ztąd wygląda!

Saccard nigdy nie widział z góry gmachu giełdy, który w istocie z tej wysokości bardzo oryginalnie się przedstawiał: były to cztery pochyłe płaszczyzny cynkowe, nadzwyczaj rozłożyste i lasem kominów najeżone. Końce piorunochronów strzelały w górę podobne olbrzymim włóczniom groźnie ku niebu zwróconym. Gmach sam wyglądał ztąd już tylko jak sześcian kamienny, regularnie kolumnami poprzerzynany - brudno-czarny, nagi, brzydki sześcian, na szczycie którego powiewała podarta chorągiew. Najzabawniejszemi jednak wydały mu się schody i przedsionek czarnemi kropkami upstrzony, podobny do olbrzymiego mrowiska pozostającego w ciągłym gwałtownym ruchu, który litość tylko mógł obudzać w człowieku patrzącym nań z takiej wysokości.

- Jak to wszystko z góry maleńkiem się wydaje! - podjął znowu - Zdawałoby się, że można ich ująć jedną ręką i postawić na dłoni. - Znając przekonania Zygmunta dodał jeszcze z uśmiechem: - Kiedyż kopniecie to nogą i z ziemią zrównacie!..

Zygmunt wzruszył ramionami.

- Po co mielibyśmy się trudzić? Czyż sami nie zjadacie się nawzajem?

Powoli, ożywiając się, zaczął rozwodzić się szeroko nad przedmiotem, zaprzątającym wyłącznie myśli jego. Z zapałem nowonawróconego apostoła przy każdej sposobności rozwijał szczegółowo swój system.

- Tak, tak! wy pracujecie dla nas, sami o tem nie wiedząc. Jest was tam kilku przywłaszczycieli, którzy wydziedziczacie całą masę ludu, ale nasycicie się kiedyś a wtedy my wam odbierzemy spuściznę... Wszelkie nagromadzenie bogactw, wszelka centralizacya prowadzi do kolektywizmu. Dajecie nam praktyczne wskazówki tak samo jak wielka własność pochłaniająca małe kawałki ziemi, jak wielka produkcya pożerająca dobrych rzemieślników, jak wielkie domy kredytowe i magazyny zabijające wszelką konkurencyę a wznoszące się kosztem upadku małych banków i sklepów - stanowią drogę, która powoli, ale niechybnie prowadzi społeczeństwo na nowe tory. Czekamy tylko chwili, w której wszystko runie, w której ujawnią się ohydne następstwa obecnego sposobu wytwarzania. Wtedy ciż sami mieszczanie i wieśniacy staną po naszej stronie.

Zaciekawiony Saccard patrzył na niego z pewnym niepokojem, chociaż w głębi duszy uważał go za waryata.

- Wytłomaczże mi pan wreszcie - zapytał - czem właściwie jest kolektywizm?

- Kolektywizm jest przekształceniem kapitałów prywatnych, żyjących z walk konkurencyj, w olbrzymi kapitał społeczny, stanowiący wspólną własność wszystkich jednostek i pracą ich eksploatowany... Wyobraź pan sobie społeczeństwo, w którem narzędzia pracy należą do wszystkich, w którem każdy pracuje stosownie do sił swoich i uzdolnienia a wytwór tej koooperacyi społecznej dzieli się pomiędzy wszystkich proporoyonalnie do sumy pracy, jaką każdy z nich włożył. Czy może być co prostszego, nieprawdaż? wspólne wytwarzanie w fabrykach, warsztatach i zakładach narodowych a następnie wymiana, zapłata w naturze. W razie nadmiaru produkcyi, gromadzi się towary do magazynów publicznych, gdzie pozostają do czasu, w którym okażą się potrzebne na pokrycie mogącego się zdarzyć deficytu. Jest to najwłaściwszy sposób utrzymania równowagi. Taki system utrwalić się musi, bo każde drzewo spróchniałe musi paść siekierą podcięte. Nie będzie już wtedy ani konkurencji, ani kapitałów prywatnych a - co za tem idzie - żadnych interesów handlowych, żadnych giełd ani targów. Pojęcie zarobku utraci wszelką racyę bytu; źródla spekulacyi, rent pobieranych bez pracy, wyschną ze szczętem.

- Ho! ho! - przerwał Saccard - toby dyabelnie zmieniło zbytkowne nawyknienia wielu ludzi! Ale cóż zrobicie z tymi, którzy dziś mają renty? Ot naprzykład, taki Gunderman... czy odbierzecie mu jego miliony?

- Bynajmniej, nie jesteśmy przecież złodziejami. Odkupilibyśmy od niego wszystkie kapitały, walory, renty i pożyczki, dając mu w zamian bony konsumpcyjne wypłacane corocznie. Wyobraź pan sobie jakie nieprzebrane bogactwo środków użycia stanowiłoby równoważnik olbrzymiego tego kapitału: za sto lat niespełna potomkowie Gundermana byliby zmuszeni do pracy na równi z innymi obywatelami, bo roczne spłaty w końcu wyczerpaćby się musiały, oni zaś - choćby prawo dziedziczenia pozostało w zasadzie niezmienione - nie mogliby kapitalizować przymusowych swych oszczędności, tego olbrzymiego nadmiaru matryałów konsumpcyi... Powiadam panu, że wymiotłoby to odrazu nietylko wszystkie interesy osobiste, towarzystwa akcyjne, stowarzyszenia kapitałów prywatnych ale nadto znieśćby musiało wszystkie pośrednie źródła dochodów, jako to: kredyt, pożyczki, system najmu i dzierżawy. Praca będzie jedyną miarą wartości, płca robotnika zostanie naturalnie zniesioną, ponieważ w obecnym ustroju kapitalistycznym nie równoważy ona wytworów pracy i pozwala robotnikowi zaspokoić zaledwie najniezbędniejsze potrzeby. Trzeba przyznać, że wina takiego stanu rzeczy ciąży tylko na obecnym ustroju: najuczciwszy nawet pracodawca musi uledz nieubłaganemu prawu konkurencyi i wyzyskiwać swoich pracowników, gdyż w przeciwnym razie sam zginie. Tak! trzeba zburzyć ze szczętem taki stan rzeczy! Gunderman padnie przywalony ciężarem swoich bonów na użycie a spadkobiercy jego, nie mogąc spożyć wszystkiego co im z prawa przypada, zmuszeni będą oddać to innym a sami staną do pracy z rydlem lub łopatą w ręku!

I Zygmunt wybuchnął wesołym, dziecięcym śmiechem, stojąc wciąż przy oknie, wpatrując się w giełdę, gdzie czarne mrowisko graczy roiło się nieustannie. Krwiste rumieńce na twarz mu wystąpiły. Jedyną jego rozrywkę stanowiło wyobrażanie sobie śmiesznych i pełnych ironii następstw, które kiedyś nieubłagana sprawiedliwość sprowadzić musi.

Saccard słuchał ze wzrastającym niepokojem. A jeżeli ten "marzyciel na jawie" mówi prawdę? jeżeli istotnie odgaduje przyszłość? Wszak wszystko, co on mówi, wydaje się bardzo jasnem i rozsądnem.

- Ba! - rzekł wreszcie, jakby dla uspokojenia się - nie tak prędko przyjdzie do tego!

- Zapewne - poważniej już teraz i z widocznem znużeniem odrzekł Zygmunt. - Wstępujemy obecnie w okres przejściowy, przygotowawczy. Nie przeczę, że dojść może do jakichś wybuchów, gwałtów rewolucyjnych, których niekiedy uniknąć niepodobna. Ale wszelki bunt i opór można zwalczyć z czasem. O! nie taję przed sobą, że narazie spotkamy wielkie trudności! Ludzie mają tak zakute głowy, że cała ta wymarzona przyszłość wydaje im się niemożliwą, nie chcą czy nie mogą nabrać racyonalnego pojęcia o tem społeczeństwie przyszłości, społeczeństwie sprawiedliwie rozdzielonej pracy, posiadającem zupełnie odmienne obyczaje. Wydaje im się to innym światem na innej planecie istniejącym. A przy tem muszę wyznać, że reorganizacya nie jest jeszcze gotową, dotąd ciągle nad nią pracujemy.

Ja sam, nie mogąc sypiać, całe noce poświęcam tym rozmyślaniom. Niejeden naprzykład powiedzieć nam może: "Skoro społeczeństwo doszło do takiego stanu, w jakiem znajduje się obecnie to nie ulega wątpliwości, że logika czynów ludzkich uczyniła je takiem"... Jakże olbrzymią pracę podjąć zatem potrzeba, aby cofnąć wody rzeki do źródła i kazać im płynąć innem korytem! Bezwątpienia, obecny ustrój społeczny zawdzięcza zasadzie indywidualistycznej długotrwałe swe istnienie, które podnieca nieustannie zarówno konkurencya jak interes osobisty jednostek. Czy kolektywizm wynajdzie bodźce równie silne? Czem pobudzić robotnika do pracy produkcyjnej, skoro zasada płacy roboczej zostanie zniesioną? - oto dwa zagadnienia, których dotąd rozwiązać nie umiem. Musimy jednak zwalczyć tę obawę i na tem właśnie polu stoczyć zacięty bój z przeciwnikami, jeżeli chcemy aby idea socyalizmu odniosła zwycięztwo. Zwyciężymy! zwyciężymy z pewnością, bo słuszność po naszej jest stronie. Spójrz pan! czy widzisz ten gmach przed sobą?

- Giełdę? - spytał Saccard. - Naturalnie, że ją widzę.

- Dobrze! Szaleństwem byłoby wysadzić w powietrze taki gmach bo odbudowanoby go gdzie indziej. Ale ja wierzę niezłomnie, że ona sama kiedyś runie, państwo ją wywłaszczy i stanie się jedynym powszechnym bankiem narodowym. Kto wie czy kiedyś gmach ten nie będzie publicznym magazynem nadmiaru naszych bogactw, czy nie będzie śpichlerzem, z którego prawnuki nasze czerpać będą mienie i dostatki?

Żywo gestykując, Zygmunt malował z zapałem tę przyszłość powszechnego a umiarkowanego szczęścia. Mówienie zmęczyło go widocznie bo znów kaszlać zaczął: powrócił do stołu i oparłszy głowę na ręku usiłował stłumić okropne rzężenie, które zdawało się pierś mu rozdzierać. Ale tym razem uspokoić się nie mógł. Nagle drzwi się otworzyły i Busch, który pośpiesznie pożegnał był Méchainową, wbiegł zaniepokojony gwałtownym kaszlem brata. Pochylił się nad Zygmuntem, wielkiemi swemi rękoma objął jego głowę jak gdyby chciał pieszczotami uśmierzyć straszne cierpienie.

- Cóż ci się stało, mój drogi chłopcze? dusisz się prawie... Tyle razy już prosiłem ci, żebyś wezwał doktora... Trzeba więcej pamiętać o sobie... Zaręczam, że znowu mówiłeś za dużo.

Mówiąc to, spoglądał z ukosa na Saccarda, który stał na środku pokoju, zaniepokojony wszystkiem co usłyszał z ust tego nędznego, schorowanego biedaka, rzucającego z góry wyrok zagłady na giełdę i który, wymiótłszy śmiecie, przyrzekał wszystko na nowo odbudować.

- Dziękuję panu! - rzekł wreszcie, pragnąc jak najprędzej się ztąd wydostać. - Może pan zechce odesłać mi potem list wraz z tłomuczeniem. W tych dniach spodziewam się jaszcze innych korespondencyj, z któremi tu przyjdę i wtedy uregulujemy rachunek.

Zygmunt uspokoił się tymczasem. Starszy Busch zwrócił się do Saccarda:

- Czy wie pan, że ta kobieta, którą pan u mnie zastałeś, znała pana niegdyś, przed wielu, wielu laty?

- Gdzież i kiedy mnie widziała?

- W 1852 roku, mieszkałeś pan wtedy przy alicy la Harpe.

Pomimo całej mocy panowania nad sobą, Saccard zbladł ze wzruszenia. Wargi mu drżały nerwowo. Nie przypominał sobie wprawdzie dziewczyny, którą na schodach przewrócił, nie wiedział, że była ciężarną, nie wiedział o istnieniu dziecka, ale wspomnienie pierwszych lat spędzonych w ubóstwie przejmowało go zawsze niemiłem wrażeniem.

- Przy ulicy la Harpe? Tak! pamiętam! Przyjechawszy do Paryża, mieszkałem tam czasowo, dopóki nie znalazłem innego mieszkania... Do widzenia panom!

- Do widzenia! - z naciskiem odpowiedział Busch, który w zakłopotaniu gościa widząc potwierdzenie swych domysłów, zastanawiał się już nad sposobami wyzyskania tej przygody.

Wyszedłszy na ulicę, Saccard zwrócił się machinalnie w stronę giełdy. Trząsł się ze wzruszenia i nie spojrzał nawet na panią Couin, której jasnowłosa główka wychylała się z okna sklepu. Ruch na placu wzmógł się jeszcze; ogłuszająca wrzawa rozbrzmię wala na chodnikach, tworzących ludzkie mrowisko; w około rozlegał się szum podobny do huku rozszalałych fal morskich.

Kulminacyjny to był punkt gry, zwykle o godzinie trzeciej przypadający, walka o ostatnie kursy, zaciekły bój o to, kto wróci do domu z rękoma pełnemi złota. Stojąc na rogu ulicy Giełdowej naprzeciwko przedsionka, Saccard dostrzegł w tłumie pod kolumnami zniżkowca Mosera i zwyżkowca Pileraulta, kłócących się zapamiętale. Zdawało mu się także, że z głębi wielkiej sali dochodzi go to przenikliwy głos Mazauda, to znów gniewny krzyk Nathansohna, siedzącego w kulisie pod zegarem. Nagle dorożka przejeżdżająca tuż koło rynsztoka, o mało nie obryzgała go błotem. Zanim dorożkarz wstrzymał konie, Massias wyskoczył i pędem wbiegł na schody, aby spełnić ostatnie zlecenie jakiegoś klienta.

On zaś stał ciągle nieruchomo z okiem w ten tłum utkwionem, przechodząc myślą tysiączne wspomnienia z pierwszych chwil na bruku paryskim spędzonych - wspomnienia, które pytanie Buscha nagle w nim rozbudziło. Przypominał sobie pobyt na ulicy la Harpe, potem na ulicy ś-go Jakóba, gdy włócząc się po mieście w wykrzywionych butach, marzył o podbiciu całego Paryża, i wściekłość go ogarniała na myśl, że podboju tego dotąd nie dokonał, że znowu czeka na uśmiech fortuny, niczem nienasycony, więcej niż kiedykolwiek pałając żądzą użycia rozkoszy. Ten waryat Zygmunt miał słuszność, mówiąc że z pracy żyć niepodobna, że nędzarze tylko i niedołędzy pracują dla wzbogacenia innych. Jedynie gra tylko daje z dnia na dzień zbytek i dobrobyt, pozwala żyć pełnem, szerokiem życiem. Gdyby nawet stary ustrój społeczny miał runąć kiedykolwiek, czyż człowiek jemu podobny nie znajdzie jeszcze przed tą katastrofą czasu i miejsca do zadowolenia wszystkich swych pragnień?

Wtem jakiś przechodzień potrącił go i poszedł dalej, nie zadawszy sobie nawet trudu przeproszenia za nieuwagę. Był to Gunderman, odbywający codzienną swą przechadzkę dla zdrowia. Saccard widział go, jak wchodził potem do cukierni, bo król złota od czasu do czasu kupował za franka pudełko cukierków dla swoich wnucząt. Popchnięcie to w chwili, gdy krążył około giełdy, pałając wciąż wzrastającą gorączką, stało się jakby ostatnią podnietą, ostatnim bodźcem do powzięcia postanowienia. Dość już czasu poświęcił na oblężenie twierdzy... teraz szturm ostateczny przypuścił teraz walkę rozpocznie na śmierć i życie!.. O taki nie wyjedzie z Paryża, śmiało stawi czoło bratu, uczyni decydujący, zuchwały krok, który rzuci mu pod nogi Paryż cały albo też jego samego zepchnie do rynsztoka z połamanemi żebrami!...

Aż do chwili zamknięcia giełdy, Saccard pozostał na swem stanowisku. Wreszcie przedsionek wyludniać się zaczął; znużony, rozgorączkowany tłum cisnął się w nieładzie na schodach. Około niego środkiem ulicy i chodnikami płynęła nieprzebrana fala ludzi. Bogaty zaiste materyał do eksploatowania stanowią ci ludzie, który kiedyś stać się mając akcyonaryuszami, nie mogli oprzeć się pokusie poznania tej wielkiej loteryi spekulacyi, a ciekawością i trwogą powodowani pragnęli zgłębić tajemnicę owych operacyj finansowych, które tem więcej porywają umysły, im mniej są dla nich zrozumiałe.