Gospoda pod Aniołem Stróżem - Sophie De Ségur

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III. INFORMATIONS.

 

Madame Blidot appela sa s?ur Elfy, qui lavait la lessive, lui raconta l'aventure qui venait d'arriver et la pria de venir l'aider a préparer, pour les enfants, le cabinet pr?s de la chambre o? elles couchaient toutes deux.

" C'est le bon Dieu qui nous envoie ces enfants, dit Elfy ; la seule chose qui manquait pour animer notre intérieur ! Sont-ils gentils ? ont-ils l'air de bons garçons, d'enfants bien élevés ?

MADAME BLIDOT.

S'ils sont gentils, bons garçons, bien élevés ? Je le crois bien ! Il n'y a qu'a les voir ! Jolis comme des Amours, polis comme des demoiselles, tranquilles comme des curés. Va, ils ne seront pas difficiles a élever ; pas comme ceux du p?re Penard, en face !

ELFY.

Bon ! O? sont-ils, que je jette un coup d'?il dessus. On aime toujours mieux voir par ses yeux, tu sais bien. Sont-ils dans la salle ?

MADAME BLIDOT.

Non, je les ai envoyés au jardin. "

Mme Blidot appela sa s?ur, qui lavait la lessive.

Elfy courut au jardin ; elle y trouva Jacques occupé a arracher les mauvaises herbes d'une planche de carottes ; Paul ramassait soigneusement ces herbes et cherchait a en faire de petits fagots.

Au bruit que fit Elfy, les enfants tourn?rent la t?te et montr?rent leurs jolis visages doux et riants. Jacques, voyant qu'Elfy les regardait sans mot dire, se releva et la regarda aussi d'un air inquiet.

JACQUES.

Ce n'est pas mal, n'est-ce pas, Madame, ce que nous faisons, Paul et moi ? Vous n'?tes pas fâchée contre nous ? Ce n'est pas la faute de Paul ; c'est moi qui lui ai dit de s'amuser a botteler l'herbe que j'arrache.

ELFY.

Pas de mal, pas de mal du tout, mon petit ; je ne suis pas fâchée ; bien au contraire, je suis tr?s-contente que tu débarrasses le jardin des mauvaises herbes qui étouffent nos légumes.

PAUL.

C'est donc a vous ça ?

ELFY.

Oui, c'est a moi.

PAUL.

Non, moi crois pas ; c'est pas a vous ; c'est a la dame de la cuisine qui donne du bon fricot ; moi veux pas qu'on lui prenne son jardin ?

ELFY.

Ha, ha, ha ! est-il drôle, ce petit ! Et comment m'emp?cherais-tu de prendre les légumes du jardin ?

PAUL.

Moi prendrais un gros bâton, puis moi dirais a Jacques de m'aider a chasser vous, et voila ! "

Elfy se précipita sur Paul, le saisit, l'enleva, l'embrassa trois ou quatre fois, et le remit a terre avant qu'il f?t revenu de sa surprise et avant que Jacques e?t eu le temps de faire un mouvement pour secourir son fr?re.

Elle saisit Paul, l'enleva et l'embrassa.

" Je suis la s?ur de la dame au bon fricot, s'écria Elfy en riant, et je demeure avec elle : c'est pour cela que son jardin est aussi le mien.

- Tant mieux ! s'écria Jacques. Vous avez l'air aussi bon que la dame ; je voudrais bien que M. Moutier, qui est si bon, restât toujours ici.

ELFY.

Il ne peut pas rester ; mais il vous laissera chez nous, et nous vous soignerons bien, et nous vous aimerons bien si vous ?tes sages et bons. "

Jacques ne répondit pas : il baissa la t?te, devint tr?s-rouge, et deux larmes roul?rent le long de ses pauvres petites joues.

ELFY.

Pourquoi pleures-tu, mon petit Jacques ? Est-ce que tu es fâché de rester avec ma s?ur et avec moi ?

JACQUES.

Oh non ! au contraire ! Mais je suis fâché que M. Moutier s'en aille ; il a été si bon pour Paul et pour moi !

ELFY.

Il reviendra, sois tranquille ; et puis il ne va pas partir aujourd'hui : tu vas le voir tout a l'heure. "

Le petit Jacques essuya ses yeux du revers de sa main, reprit son air animé et son travail interrompu par Elfy. Capitaine, qui faisait la visite de l'appartement, trouvant la porte du jardin ouverte, entra et s'approcha de Paul, assis au milieu de ses paquets d'herbes. Capitaine piétinait les herbes, les dérangeait ; Paul cherchait vainement a le repousser, le chien était plus fort que l'enfant.

" Jacques, Jacques, s'écria Paul, fais va-t'en le chien ! il écrase mes bottes de foin. "

Jacques accourut au secours de Paul, au moment o? Capitaine, le poussant amicalement avec son museau, le faisait rouler par terre. Jacques entoura de ses bras le cou du chien et le tira en arri?re de toutes ses forces : mais Capitaine ne recula pas.

" Je t'en prie, mon bon chien, va-t'en. Je t'en prie, laisse mon pauvre Paul jouer tranquillement, tu vois bien que tu le déranges, que tu es plus fort que lui, qu'il ne peut pas t'emp?cher... ni moi non plus, " ajouta-t-il découragé en cessant ses efforts pour faire partir le chien.

Va-t'en, mon bon chien.

Capitaine se retourna vers Jacques, et, comme s'il e?t compris ses paroles, il lui lécha les mains, donna un coup de langue sur le visage de Paul, les regarda avec amitié et s'en alla lentement comme il était venu ; il retourna pr?s de son maître.

Moutier était resté, apr?s le départ de l'hôtesse, les coudes sur la table, la t?te appuyée sur ses mains : il réfléchissait.

" Je crains, se disait-il, d'avoir été trop prompt, d'avoir trop lég?rement donné ces enfants a la bonne hôtesse... Car, enfin, elle a raison ! je ne la connais gu?re !... et m?me pas du tout... le curé m'en a dit du bien, c'est vrai ; mais un bon curé (car il a l'air d'un brave homme, d'un bon homme, d'un saint homme !), un bon curé, c'est toujours trop bon ; ça dit du bien de tout le monde ; ça croirait pécher en disant du mal... et pourtant... il parlait avec une chaleur, un air persuadé !... il savait que ces deux pauvres petits orphelins seraient a la merci de cette hôtesse, madame Bli... Blicot, Blindot... Je ne sais plus son nom... J'y suis ; Blidot !... C'est ça !... Blidot et sa s?ur... Pardi, je veux en avoir le c?ur net et m'assurer de ce qu'elle est. J'ai le temps d'ici au dîner, et je vais aller de maison en maison pour compléter mes observations sur madame Blidot. Ces pauvres petits, ils sont si gentils ! et Jacques est si bon ! Ce serait une méchante action que de les placer chez de mauvaises gens, faire leur malheur ! Non, non, je ne veux pas en avoir la conscience chargée. "

Et Moutier, laissant son petit sac de voyage sur la table, sortit apr?s avoir appelé Capitaine. Il alla d'abord dans la maison a côté, chez le boucher.

" Faites excuse, Monsieur, dit-il en entrant ; je viens pour une chose... pour une affaire... c'est-a-dire pas une affaire... mais pour quelque chose comme une affaire... qui n'en est pas une pour vous... ni pour moi non plus, a vrai dire... "

Le boucher regardait Moutier d'un air étonné, moitié souriant, moitié inquiet.

" Quoi donc ? qu'est-ce donc ? dit-il enfin.

MOUTIER.

Voila ! C'est que je voudrais avoir votre avis sur madame Blidot, aubergiste ici a côté.

LE BOUCHER.

Pourquoi ? Avis sur quoi ?

MOUTIER.

Mais sur tout. J'ai besoin de savoir quelle femme c'est. Si on peut lui confier des enfants a garder. Si c'est une brave femme, une bonne femme, une femme a rendre des enfants heureux ?

LE BOUCHER.

Quant a ça, mon bon monsieur, il n'y a pas de meilleure femme au monde : toujours de bonne humeur, toujours riant, polie, aimable, douce, travailleuse, charitable ; tout le monde l'aime par ici : chacun en pense du bien ; elle ne manque pas a un office, elle rend service a tous ceux qui en demandent. Elle et sa s?ur, ce sont les perles du pays. Demandez a M. le curé ; il vous en dira long sur elles ; et tout bon, car il les connaît depuis leur naissance et il n'a jamais eu un reproche a leur faire.

MOUTIER.

Ça suffit. Grand merci, Monsieur, et pardon de l'indiscrétion.

LE BOUCHER.

Pas d'indiscrétion. C'est un plaisir pour moi que de rendre un bon témoignage a madame Blidot. "

Moutier salua, sortit, et alla a deux portes plus loin, chez le boulanger.

" Ce n'est pas du pain qu'il me faut, Monsieur, dit-il au boulanger qui lui offrait un pain de deux livres ; c'est un renseignement que je viens chercher. Votre idée sur madame Blidot, aubergiste ici pr?s, pour lui confier des enfants a élever ?

LE BOULANGER.

Confiez-lui tout ce que vous voudrez, brave militaire (car je vois a votre habit que vous ?tes militaire) ; vos enfants ne sauraient ?tre en de meilleures mains ; c'est une bonne femme, une brave femme, et sa s?ur la vaut bien ; il n'y a pas de meilleures créatures a dix lieues a la ronde.

MOUTIER.

Merci mille fois ; c'est tout ce que je voulais savoir. Bien le bonjour. "

Et Moutier, satisfait des renseignements qu'on lui avait donnés, allait retourner chez madame Blidot, quand l'idée lui vint d'entrer encore chez l'aubergiste qui tenait la belle auberge a l'entrée du village.

Confiez-lui tout ce que vous voudrez.

" Encore celui-la, pensa-t-il : ce sera le dernier ; et si cet homme ne m'en dit pas de mal, je pourrai ?tre tranquille, car il me semble méchant et son témoignage ne pourra pas me laisser de doute sur le bonheur de mes mioches. "

L'aubergiste était a sa porte ; il vit venir Moutier et le reconnut au premier coup d'?il. D'abord, il fronça ses gros sourcils ; puis, le voyant approcher, il pensa qu'il revenait lui demander a dîner et il prit son air le plus gracieux.

" Entrez, Monsieur ; donnez-vous la peine d'entrer ; je suis tout a votre service. "

Moutier toucha son képi, entra et eut quelque peine a calmer Capitaine, qui tournait autour de l'aubergiste en le flairant, en grognant et en laissant voir des dents aiguës pr?tes a mordre et a déchirer.

" Ah ! ah ! se dit Moutier, Capitaine n'y met pas beaucoup de douceur ni de politesse : il y a quelque chose la-dessous ; l'homme est mauvais, mon chien a du flair. "

L'aubergiste, inquiet de l'attitude de Capitaine, tournait, changeait de place et lui lançait des regards furieux, auxquels Capitaine répondait par un redoublement de grognements.

Moutier parvint pourtant a le faire taire et a le faire coucher pr?s de sa chaise ; il fixa sur l'aubergiste des yeux perçants et lui demanda sans autre préambule s'il connaissait madame Blidot.

" Pour ça non, répondit l'aubergiste d'un air dédaigneux ; je ne fais pas société avec des gens de cette esp?ce.

- Elle est donc de la mauvaise esp?ce ?

- Une femme de rien ; elle et sa s?ur sont des pies-gri?ches dont on ne peut pas obtenir une parole ; des sottes qui se croient au-dessus de tous, qui ne vont jamais a la danse ni aux f?tes des environs ; des orgueilleuses qui restent chez elles ou qui vont se promener sur la route avec des airs de princesse. Il semblerait qu'on n'est pas digne de les aborder, elles cr?veraient plutôt que de vous adresser une bonne parole ou un sourire. Des péronnelles qui gâtent le métier, qui vendent cinq sous ce que je donne pour dix ou quinze. Aussi, en a-t-on pour son argent ; mauvais coucher, mauvais cidre, mauvaise nourriture. Je vous ai bien vu entrer ; vous n'y ?tes pas resté : vous avez bien fait ; chez moi, vous trouverez de la différence. Je vais vous servir un dîner soigné : vous n'en trouverez nulle part un pareil. "

Il se retourna comme pour chercher quelqu'un et appela d'une voix tonnante :

" Torchonnet ! O? es-tu fourré, mauvais polisson, animal, fainéant ?

Je suis tout a votre service.

- Voici, Monsieur, répondit d'une voix étouffée par la peur un pauvre petit ?tre, maigre, pâle, demi-v?tu de haillons, qui sortit de derri?re une porte et qui, se redressant promptement, resta demi-incliné devant son terrible maître.

" Pourquoi es-tu ici ? pourquoi n'es-tu pas a la cuisine ? Comment oses-tu venir écouter ce qu'on dit ? Réponds, petit drôle ! réponds, animal ! "

Chaque réponds était accompagné d'un coup de pied qui faisait pousser a l'enfant un cri aigu ; il voulut parler, mais ses dents claquaient, et il ne put articuler une parole.

" A la cuisine, et demande a ma femme un bon dîner pour monsieur ; et vite, sans quoi ?... "

Il fit un geste dont l'enfant n'attendit pas la fin et courut exécuter les ordres du maître, aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes et son état de faiblesse.

Moutier écoutait et regardait avec indignation.

" Assez, dit-il en se levant ; je ne veux pas de votre dîner ; ce n'est pas pour m'établir chez vous que je suis venu, mais pour avoir des renseignements sur madame Blidot. Ceux que vous m'avez donnés me suffisent ; je la tiens pour la meilleure et la plus honn?te femme du pays, et c'est a elle que je confierai le trésor que je cherchais a placer. "

L'aubergiste gonflait de col?re a mesure que Moutier parlait ; mais lorsqu'il entendit le mot de trésor, sa physionomie changea ; son visage de fouine prit une apparence gracieuse et il voulut arr?ter Moutier en lui prenant les bras. Au mouvement de dégo?t que fit Moutier en se dégageant de cette étreinte, Capitaine s'élança sur l'aubergiste, lui fit une morsure a la main, une autre a la jambe, et allait lui sauter a la figure, quand Moutier le saisit par son collier et l'entraîna au loin. L'aubergiste montra le poing a Moutier et rentra précipitamment chez lui pour faire panser les morsures du vaillant Capitaine. Moutier gronda un peu son pauvre chien de sa vivacité, et le ramena a l'Ange-Gardien.

 

 

III. Wywiadywanie się.

 

Pani Blidot przywołała do siebie siostrę Elfę, która właśnie zajęta była dozorowaniem prania bielizny przy studni, opowiedziała jej o wszystkiem i prosiła, ażeby jej dopomogła do uporządkowania sąsiadującego z sypialnią małego pokoiku, dla dzieci.

- Doprawdy, łaskawy Bóg zsyła nam dzieci, rzekła Elfy, to właśnie czego brakowało nam do domowego szczęścia. Czy też ładne i żywe!

- Bardzo żywe, wesołe i ładne, zawołała pani Blidot. Wyobraź sobie tylko, że są tak ładne jak aniołki a grzeczne jak dziewczynki. Z łatwością je wychowamy.

- Tem lepiej, odparła siostra. Ale gdzież one są? Chciałabym je zobaczyć, bo wiesz dobrze, ze się daleko lepiej widzi wszystko własnemi oczami. Czy się bawią obok szkoły?

- Nie, wysłałam je do ogrodu.

Elfy zaraz tam pobiegła i zastała Jakóba zajętego pieleniem grzędy zasadzonej rzepą, gdy tymczasem Paweł grabił wyrwany chwast i układał go na kupę. Dzieci usłyszawszy stąpania Elfy, odwróciły się. Kiedy zaś ta bacznie im się przypatrywała, zerwał się Jakób, mówiąc nieśmiało:

- Nie zrobiliśmy nic złego. Wszak pani nie gniewasz się na nas? Paweł nic nie winien, to ja mu kazałem, zgrabiać chwast wyrwany.

- Nie gniewam się wcale moje dzieci, uspakajała ich Elfy, przeciwnie, jestem niezmiernie uradowaną, że oczyszczacie ogród z zielska.

- Czy to pani ogród? zapytał mały Paweł.

- Tak jest, do mnie należy, odpowiedziało dziewczę.

- Nie, nie wierzę temu, zawołał Paweł, on niezawodnie jest własnością tej pani, co takie smaczne przyrządza potrawy. Nie ścierpię, żeby jej odbierano tak piękny ogródek

- Ha! ha! ha! roześmiała się Elfy. Pocieszny malec! Jakimże sposobem przeszkodzisz mi, kiedy będę chciała zebrać ztąd nieco warzywa?

- Wezmę wówczas grubego kija, odpowiedział groźnie chłopiec i będę prosił mego brata Jakóba, żeby mi dopomógł ciebie wypędzić.

Elfy zbliżyła się do chłopca, podniosła w górę, ucałowała ze trzy a może i cztery razy, zanim tenże mógł się opamiętać i zanim Jakób pospieszyć zdołał na jego obronę.

- Jestem siostrą tej pani, co tak dobrze gotuje, odpowiedziała Elfy ze śmiechem, mieszkam z nią razem a więc i do mnie ten ogród należy.

- Tem lepiej, zawołał Jakób, bo zdajesz mi się być tak dobrą, jak pani gospodyni. Chciałbym żeby poczciwy pan Moutier pozostał tutaj na zawsze.

- On nie może u nas zostać, odpowiedziała Elfy, ale was nam pozostawi i jeżeli będziecie grzeczni i posłuszni, będziemy was kochać i opiekować się wami.

Jakób nie odpowiedział; zaczerwienił się tylko, spuściwszy głowę a dwie wielkie łzy spłynęły mu po twarzy.

- Czego płaczesz moje dziecko? pytała Elfy. Czy nie chcesz zostać ze mną i z moją siostrą?

- Owszem, ale mi bardzo przykro, że nas pan Moutier opuszcza, był tak dobrym dla nas.

- Bądź spokojny, pocieszała go Elfy, przyjdzie znowu tutaj i tak dziś jeszcze nie odjeżdża, zaraz go zobaczysz.

Jakób otarł łzy dłonią, odzyskał zaraz wesołość i z gorliwością zajął się dalszą pracą. Kapitan, który czyniąc przegląd domu, odnalazł przypadkiem furtkę od ogrodu, szybko wbiegł i zbliżył się do Pawła, siedzącego na kupie zielska. Paweł chciał go odepchnąć, ale pies był silniejszy od niego.

- Jakóbie! Jakóbie! zawołał chłopiec, wypędź tego psa, bo porozrzuca moją kupkę chrustu.

- Jakób przybył na pomoc bratu właśnie w tej chwili, kiedy pies go przewrócił i po przyjacielsku dotykał to tu, to tam pyskiem. Jakób pochwycił kapitana za szyję, ale pies ani się ruszył.

- Proszę cię, mój dobry psie, rzekł błagalnie, odejdź sobie, i pozwól bawić się Pawłowi; widzisz przecie że mu przeszkadzasz, że jesteś silniejszy od niego a nawet odemnie. Pies, jakby rozumiał co do niego mówiono, zwrócił się teraz do Jakóba, oblizał go po ręce a Pawła po twarzy i powoli oddalił się, żeby odnaleźć swego pana.

Moutier, kiedy go gospodyni pozostawiła samego, siedział wsparłszy się łokciami na stole a głowę na rękach i rozmyślał nad tem, czy nie postąpił lekkomyślnie, powierzając dzieci właścicielce oberży.

- Proboszcz rzeczywiście nadzwyczaj ją wychwalał, myślał sobie żołnierz, proboszcz poczciwy człowiek, bo zupełnie wygląda na świętego, nic więc dziwnego, że o każdym mówi dobrze... Chociaż mówił to z pewnem zapałem i przekonaniem, gdy mu oświadczyłem, że te małe sierotki zamierzam oddać tej wdowie, pani Bli... Blicot, Bliudot, nie mogę przypomnieć sobie jej nazwiska. Aha! wiem już, pani Blidot i jej siostrze. Sumienie nakazuje mi, abym się należycie upewnił! Jeszcze mam dość czasu i pójdę od domu do domu, dla wywiedzenia się wszystkiego o tej pani Blidot. Te biedne dzieci są tak miłe i dobre, że byłoby karygodnem przestępstwem powierzyć je rękom niepoczciwych ludzi i uczynić nieszczęśliwemi. Nie, nie, nie chcę taką winą obciążać mego sumienia.

Pozostawiwszy na stole tłumoczek, przywołał kapitana i wyszedł. Naprzód tedy wstąpił do sąsiedniego domu, w którym mieszkał rzeźnik tej wioski.

- Daruj pan, rzekł do niego, przychodzę bowiem do pana w pewnej sprawie, wprawdzie nie jest to żaden interes, lecz zawsze coś podobnego. Interes nie dla pana, a mówiąc po prawdzie i nie dla mnie...

Rzeźnik z uśmiechem ale i z niejakim zaniepokojeniem, spoglądał na Moutier.

- O co idzie? Czem mogę panu służyć? wyrzekł w końcu.

- Oto chciałbym od pana dowiedzieć się coś o pani Blidot, właścicielce sąsiedniej oberży.

- W jakim celu? zapytał rzeźnik.

Radbym dowiedzieć się czy jest ona tego rodzaju kobieta, że możnaby jej śmiało powierzyć dzieci, czy jest dobrą i uczciwą, czy potrafi obejść się jak należy z nimi?

- Nie możesz pan lepszym powierzyć je rękom odpowiedział rzeźnik, zawsze wesołego usposobienia, moralna, pracowita i najszlachetniejszego serca. Tutaj wszyscy ją kochamy, bo każdy od niej doznał grzeczności. Ona i jej siostra, są to perły wioski. Zapytaj pan proboszcza, on w tym razie może panu dać najlepsze zaświadczenie. Zna je od urodzenia i nigdy nie miał powodu w czemkolwiek ich naganić.

- Tego dla mnie dosyć, odpowiedział Moutier, jakby pozbył się wielkiego ciężaru. Dziękuję panu i serdecznie przepraszam za moją natrętność i utrudzenie go.

- O bądź pan spokojny, jestem niezmiernie kontent, że mogłem wyrazić opinię co do tej zacnej pani Blidot.

Moutier pożegnał go i wkrótce znowu wszedł do sklepu piekarza.

- Nie, mój panie, nie przychodzę po chleb rzekł, widząc, że piekarz podaje mu dwufuntowy bochenek. Przychodzę do pana z czemś innem. Racz mi pan powiedzieć swoje zdanie co do pani Blidot, właścicielki gospody pod Aniołem Stróżem. Czy sądzisz pan, że można jej bezpiecznie oddać pod opiekę dzieci?

- Możesz jej pan oddać wszystko, co tylko chcesz, panie żołnierzu, bo widzę z pańskiego ubrania, że jesteś wojakiem, odpowiedział piekarz. Pańskie dzieci będą w jak najlepszych rękach. Pani Blidot jest zacna osoba jak również i jej siostra; nie masz poczciwszych istot na świecie.

- Tysiączne dzięki, zawołał Moutier uradowany. O tem tylko właśnie chciałem dowiedzieć się.

Zupełnie zadowolony z otrzymanych odpowiedzi chciał już wrócić się, gdy mu przyszło na myśl, żeby też jeszcze dowiedzieć się, co o niej powie właściciel owej gospody na wstępie do wioski.

- Będzie to ostatnia wiadomość, jeżeli i on wyrazi się o niej dobrze, bo go uważam za człowieka złośliwego, powierzę bez wahania się opiece pani Blidot moje dzieci.

Gospodarz właśnie stał w progu, i na pierwszy rzut oka poznał zbliżającego się Moutiera. Z początku nachmurzył się, kiedy jednak zauważył, że żołnierz idzie wprost do jego domu, domyślił się, że zapewne pragnie u niego zjeść obiad, wnet też przybrał twarz w grzeczny uśmiech i rzekł:

- Racz pan wejść, jestem cały na jego usługi.

Moutier dotknął czapki jakby na powitanie, poczem wszedł, ale z wielką trudnością zdołał uspokoić kapitana, który skoczył do gospodarza wyszczerzywszy zęby.

- O! pomyślał Moutier, to już bardzo źle, kiedy kapitan tak się sroży, bardzo niedobry znak, gdyż ma on doskonały węch.

Gospodarz przestraszony zachowaniem się psa, przestępował z nogi na nogę i wściekłym wzrokiem spoglądał na kapitana, który nieustannie warczał. Nareszcie powiodło się Moutierowi, uspokoić podrażnione zwierzę, poczem śmiało spoglądając na oberżystę, wprost zapytał: czy zna panią Blidot?

- Żałuję bardzo, odparł gospodarz zrobiwszy pogardliwy minę, niezwykłem wdawać się z tego rodzaju ludźmi.

- Co pan przez to chcesz powiedzieć?

- Że jest to wykwintna laleczka, tak jak i jej siostrzyczka, obie niezmiernie w górę zadzierając nosa nie raczą nigdy ukazać się ani na żadnym balu ani na żadnej uroczystości, niby dwie księżniczki siedzą w domu i tylko z łaski spacerują niekiedy po ulicy. Wszystkich uważają za niższych od siebie, niegodnych ani przychylniejszego słowa ich usteczek. Obie siostry plotkarki, które nigdy nie powiedzą dobrego słowa o ludziach ich fachu, dlatego, że to, co one kupują za pięć fenigów, ja muszę płacić dziesięć lub piętnaście; ztąd też w ich zakładzie i niewygodna kuchnia i jabłecznik jak lura. Widziałem jak pan poszedłeś do nich, a daleko byłbyś lepiej uczynił, gdybyś pozostał u mnie. Wnet poznałbyś pan jaka to wielka różnica. Każę panu podać obiad, jakiego nigdzie nie dostaniesz.

- Piotrze, gdzież się chowasz? ty łotrze próżniaku! zawołał donośnym głosem.

- Jestem tutaj proszę pana, odezwał się drżący głos, bladego, chudego i nędznie ubranego chłopaka, który wszedł przez tylne drzwi i z przygiętym pokornie karkiem, zbliżył się do pana.

- Dlaczego tu siedzisz, nie w kuchni? Podsłuchujesz pode drzwiami. Co? Odpowiadaj łotrze, odpowiadaj nieznośny próżniaku!

Każdy taki wyraz był poprzedzony kopnięciem nogi, co ma się rozumieć, wywoływało za każdym razem bolesny jęk chłopca; chciał on wprawdzie odpowiedzieć ale drżał cały i szczękał zębami ze strachu.

- Idź do kuchni i powiedz mojej żonie, że ma przygotować dla pana wyśmienity obiad. No! spiesz się.

Przyczem znowu mu pogroził, ale chłopak nie czekając, pobiegł, o ile mu sił starczyło, do kuchni dla wypełnienia rozkazów pana.

Moutier patrzał na to i słuchał wszystkiego wielce oburzony.

- Przepraszam, rzekł, najpokorniej dziękuję za obiad, bo też nie przychodzę do pana jako gość, lecz pragnąłem jedynie dowiedzieć się czegoś o pani Blidot. To co usłyszałem od pana, aż nadto mi wystarcza; uważam ją za najlepszą, za najzacniejszą w całej wsi osobę i z przyjemnością powierzę jej mój skarb, jaki posiadam.

Gospodarz zapienił się z wściekłości przy pierwszych wyrazach Moutiera; lecz kiedy jednak usłyszał o skarbie zmienił się natychmiast do niepoznania. Z wyrazem najsłodszym na twarzy chciał pochwycić gościa pod ramię, ale ten z taką siłą odepchnął natrętnego pochlebcę, że kapitan obawiając się aby gospodarz nie rzucił się na jego pana ugryzł go w rękę i w nogę i byłby niezawodnie skoczył mu do gardła, gdyby Moutier nie pochwycił psa za obrożę.

Dość widział i słyszał, mógł więc już powrócić napowrót do gospody pod znakiem Anioła Stróża.

 

 

II. Gospoda pod godłem Anioła stróża.

 

- Czy mógłbym znaleść tutaj kątek, dla moich dwóch chłopców i psa, zawołał Moutier stając we drzwiach austeryi.

- Wejdź pan, dla wszystkich znajdzie się miejsce odpowiedział wesoły głos i ukazała się na progu kobieta ze świeżem, uśmiechniętem obliczem. Pozwól mi pan, abym cię oswobodziła od małego jeźdźca, rzekła ze śmiechem, zdejmując ostrożnie Jakóba z pleców podróżnego. Poczem zapytała:

- Cóż to się stało temu malcowi, który tak spokojnie wysypia się na grzbiecie psa? Piękny chłopczyk i poczciwe zwierzę; wydaje się jakby był ze spiżu, stoi nieporuszony, niechcąc zbudzić swego towarzysza.

Tymczasem odgłos rozmowy zbudził Pawła; - zrobił wielkie oczy i spojrzał naokoło ze zdumieniem i nie dostrzegając swego brata zaczął mówić drżącym ze wzruszenia głosem:

- Jakób! Gdzie jest Jakób?

- Jestem Pawluniu, odpowiedział przywołany, teraz nie jesteśmy już opuszczeni. Czy widzisz tego zacnego człowieka? On to nas tu sprowadził, będziesz miał zaraz zupę. Nieprawdaż panie Moutier, pan będzież taki dobry, i dasz zupy Pawełkowi?

- Niewątpliwie, moje dziecko, zupy i wszystkiego czego mu potrzeba.

Gospodyni patrzyła i słuchała z wielkiem zdziwieniem.

Moutier spostrzegłszy jej zdumienie, rzekł:

- Zapewne chciałabyś pani dowiedzieć się w jaki sposób spotkaliśmy się ze sobą. Zaraz panią objaśnię. Znalazłem tych dwóch chłopców w lesie i zabrałem ich ze sobą. Ten malec, przyczem pogładził po głowie Jakóba, ten malec jest dobrym i dzielnym chłopcem; opowiem pani później jego historyę, więc sama osądzisz; ale racz pani dać tym biednym, głodnym dzieciakom zupy i po kawałku pieczeni dla nas wszystkich. O psie, moim starym przyjacielu, sam pomyślę, nieprawdaż kapitanie?

Kapitan odpowiedział poruszając nieco ogonem i polizawszy rękę pana.

Moutier zdjął płaszcz swój z Pawła i chłopcy zasiedli na podłodze. Paweł ciągle się oglądał, śmiał się do Jakóba, do Moutier i ściskał za szyję psa.

Gospodyni przygotowała śniadanie. Wkrótce też posadziła przy stole dzieci, nalawszy im wielki talerz zupy, podała przytem chleb, ser, świeże masło, rzodkiew i sałatę.

- Tymczasem przekąście trochę, zanim pieczeń będzie gotowa. Ser i masło doskonałe, rzodkiew świeża a sałata delikatna.

Moutier przysiadł się do swych towarzyszy; Jakob najpierwej poczęstował brata zupą a potem sam zaczął jeść bo był głodny i jadł chleb, masło, kartofle i pieczeń i pił jabłecznik. Wszystko było wyśmienite!

Jakób okazywał bratu prawdziwie wzruszającą troskliwość, tak, że prawie o sobie zapomniał.

- Biedne dzieci, myślał Moutier, który go bacznie śledził i coby się było z nimi stało, gdyby ich kapitan nie wynalazł. Ten Jakób ma czułe serce; jakaż to pieczołowitość, jaka troskliwość względem młodszego brata. Ależ mój Boże, co ja pocznę z temi chłopcami?

Gospodyni również niezmiernie była wzruszoną miłością braterską Jakóba, jak niemniej patrzyła z upodobaniem na piękną, szlachetną twarz Moutier. Oczekiwała z niecierpliwością przyrzeczonego opowiadania i chcąc pobudzić gościa do rozmowy, podała na stół najlepszy jaki miała jabłecznik.

Moutier jeszcze jadł, gdy już dzieci ukończyły swoją ucztę i bujały się na krzesłach ziewając.

- Idźcie dzieci, pobawcie się trochę, rzekł Moutier.

- Dokąd? zapytał Jakób wesoło zeskakując i biorąc za rękę Pawła.

- Ja sam nie wiem odpowiedział Moutier. Racz mi pani powiedzieć, gdziebym mógł wysłać chłopców, żeby się pobawili, nieczyniąc nikomu przykrości.

- Idźcie do ogrodu chłopcy, odpowiedziała, otwierając tylne drzwi, na końcu alei znajdziecie beczułkę wody i dzbanek; żeby się wam nie przykrzyło możecie polewać kwiaty i rozsadę ogrodową.

- Czy mogę umyć brata i siebie tą wodą, zapytał Jakób.

Gospodyni pozwoliła. Jakób i Paweł pobiegli do ogrodu; zkąd niezadługo dały się słyszeć ich wesołe rozmowy i krzyki.

Moutier jadł powoli mocno zamyślony. Gospodyni usiadła naprzeciwko niego, oczekując na zakończenie śniadania, żeby sprzątnąć nakrycie. Skoro Moutier wysączył ostatnią kroplę kawy z filiżanki, spojrzawszy na gospodynię i opierając się na stole łokciami, rzekł z uśmiechem:

- Czekasz pani na opowiadanie, jakie ci przyrzekłem, nie prawdaż? Nie jest ono długie i być może, sama dopomożesz mi do jego zakończenia.

Opowiedział tedy o spotkaniu się z chłopcami, głos jego drżał ze wzruszenia, skoro powtarzał wyrazy Jakóba i malował troskliwość jego dla młodszego brata, oraz odwagę, że się puścili tak samopas, i wiarę bezwzględną w opiekę Matki Boskiej.

- A teraz, kiedy wiesz pani o wszystkiem, dodał, racz mnie wyprowadzić z kłopotu. Co pocznę z temi chłopcami? Opuścić ich, znaczy tyle, co uwolnić się od ich ciężaru, który mógłbym wszakże znieść. Przedemną jednak daleka droga; idę z pułku do ojczystego domu, który jest oddalony ztąd jeszcze o trzydzieści mil. Jakim sposobem wlec się z temi biednemi dziećmi, po deszczu, błocie i wietrze? A przytem nie mam żony, ani gospodarstwa, nikogo, coby nad nimi czuwał. Mój brat trzyma gospodę jak pani, i także nie wiedziałby, co z nami zrobić; moich rodziców już dawno Bóg powołał do swojej chwały, moje siostry wyszły za mąż i mają dość kłopotu ze swojemi dziećmi, nie mógłbym zatem narzucać im nowego ciężaru z tych biednych chłopców. Ach, pani gospodyni, wydajesz mi się tak dobrą, powiedz zatem, cobyś uczyniła będąc w mojem położeniu?

- Cobym uczyniła? rzekła gospodyni. Sama doprawdy niewiem. Ale nigdy jednak nie opuściłabym tych dzieci.

- I ja tak myślę odparł gość.

- Tylko że droga do pańskiej ojcowizny, jest zbyt daleka dla małych dzieci, dodała zamyśliwszy się.

- Właśnie to samo mówiłem, odpowiedział Moutier.

- Otóż wiem tylko o jednym środku, ale pan zapewne się nie zgodzisz.

- Kto to wie, racz go pani wymienić.

- Zostaw pan mnie dzieci, odpowiedziała gospodyni.

Moutier spojrzał zdziwiony, młoda pani zarumieniła się pod jego spojrzeniem i spuściła w dół oczy, jakby wstydząc się nierozsądnej propozycyi.

- Zaraz z góry przewidziałam, rzekła po chwili zakłopotana, że to się panu niepodoba. Naturalnie pan mnie nie znasz i być może obawiasz się nawet, abym nie zaniedbała dzieci, choć na pozór wydaję się być dobrą i czułą.

- Nie, droga pani, nie myślałem nic podobnego, rzekł prędko Moutier. Tylko... tylko... nie wiem doprawdy jak to pani wypowiedzieć. Jestem pani bardzo wdzięczny, szczerze obowiązany... ale...

- Wywiedz się pan o mnie, rzekła gospodyni jakby go chciała uspokoić... idź pan do księdza proboszcza, do kowala, do rzeźnika, do powroźnika, do pana nauczyciela, do piekarza i do wielu innych i zapytaj się o panią Blidot, właścicielkę gospody pod godłem Anioła Stróża; wszyscy panu powiedzą, że nie jestem złą kobietą. Jestem wdową, mam lat 26, Bóg nie dał mi potomstwa i mieszka przy mnie moja 16 letnia siostra. Gospoda wystarcza na nasze utrzymanie, niczego nam nie brak, możemy nawet corocznie zaoszczędzić niejaką kwotę. Do mego szczęścia nie dostaje tylko dzieci i teraz właśnie jakbyśmy znaleźli tych dwóch, zdrowych chłopców. Nie żądam żadnych funduszów na ich utrzymanie, bo nie życzę sobie, aby to wyglądało na jakąś spekulacyę; przytem upewniam pana, że je będę kochała i opiekowała się nimi jak matka, w tym razie możesz być pan zupełnie spokojnym.

Moutier powstał a uścisnąwszy serdecznie ręce zacnej kobiety, patrzył na nią wzrokiem niewymownej wdzięczności.

- Dziękuję pani, rzekł głosem wzruszonym z głębi serca. Gdzie mieszka proboszcz?

- Tutaj naprzeciwko, to jest właśnie ogród należący do tego czcigodnego człowieka.

Moutier zarzuciwszy na siebie płaszcz, udał się do proboszcza, aby pomówić z nim o pani Blidot i zasięgnąć rady.

Po upływie pół godziny powrócił i wydawał się zupełnie spokojnym a nawet uradowanym.

- Możesz pani zatrzymać przy sobie dzieci, pani gospodyni, rzekł z uśmiechem. Oddam je pani na zajutrz. Wszak pozwolisz mi tutaj pozostać aż do tego czasu?

- Dokąd sam pan zechcesz, odpowiedziała oberżystka. Będzie mi nawet bardzo przyjemnie, mieć pana dłużej u siebie, gdyż poznamy się bliżej i pan się przekonasz w jaki sposób będę się obchodziła z mojemi dziećmi. Wszak mogę je w ten sposób tytułować, nieprawdaż?

- Najniezawodniej, łaskawa pani, jednakże z pozwoleniem pani i ja również mam pretensyę do takiego nazwania, bo nie zarzekam się tego, że może powrócę którego dnia, żeby je odwiedzić.

- Przybywaj, kiedy ci się podoba, zawołała pani Blidot, zawsze zastaniesz pan tutaj wygodne dla siebie łóżko i smaczny obiad. A teraz pójdę poszukać moich dzieci. Czyliż to nie jest już obowiązkiem moim, jako przybranej matki? Muszę koniecznie tak się urządzić, aby spały niedaleko odemnie i od mojej siostry; przytem postaram się o zaopatrzenie ich w bieliznę, suknie i obówie.

- O tem zupełnie zapomniałem, rzekł Moutier, i wstydzę się doprawdy, że narażam panią na wydatki. Ale wyznam pani szczerze, dodał, że posiadam tylko tyle, ile mi potrzeba na odbycie podróży a przytem 10 franków na nieprzewidziane rozchody. Z przyjemnością wszakże połowę tej kwoty pozostawię pani. Chociaż buty potrzebują koniecznej naprawy, są jednak ludzie, którzy chodzą boso, a od chwili do chwili moczą nogi w jakiem napotkanem na drodze strumieniu, można najspokojniej obyć się bez obówia.

- Zachowaj pan z Bogiem swoje pieniądze, panie Moutier, odpowiedziała uśmiechnięta gosposia, 5 franków więcej lub mniej nie robi mi żadnej różnicy. Dla mnie dosyć pańskiej dobrej chęci, i zaręczam panu, że dzieciom na niczem brakować nie będzie.

Powstała ukłoniła się z wdzięcznym ruchem i wyszła.

 

 

L'Auberge de l'Ange Gardien

 

I. A LA GARDE DE DIEU.

 

Il faisait froid, il faisait sombre ; la pluie tombait fine et serrée ; deux enfants dormaient au bord d'une grande route sous un vieux ch?ne touffu : un petit garçon de trois ans était étendu sur un amas de feuilles ; un autre petit garçon de six ans, couché a ses pieds, les lui réchauffant de son corps ; le petit avait des v?tements de laine, communs, mais chauds ; ses épaules et sa poitrine étaient couvertes de la veste du garçon de six ans, qui grelottait en dormant ; de temps en temps un frisson faisait trembler son corps : il n'avait pour tout v?tement qu'une chemise et un pantalon a moitié usés ; sa figure exprimait la souffrance, des larmes a demi séchées se voyaient encore sur ses petites joues amaigries. Et pourtant il dormait d'un sommeil profond ; sa petite main tenait une médaille suspendue a son cou par un cordon noir ; l'autre main tenait celle du plus jeune enfant ; il s'était sans doute endormi en la lui réchauffant. Les deux enfants se ressemblaient, ils devaient ?tre fr?res ; mais le petit avait les l?vres souriantes, les joues rebondies ; il n'avait d? souffrir ni du froid ni de la faim comme son fr?re aîné.

Les pauvres enfants dormaient encore quand, au lever du jour, un homme passa sur la route, accompagné d'un beau chien, de l'esp?ce des chiens du mont Saint-Bernard.

L'homme avait toute l'apparence d'un militaire ; il marchait en sifflant, ne regardant ni a droite ni a gauche ; le chien suivait pas a pas. En s'approchant des enfants qui dormaient sous le ch?ne, au bord du chemin, le chien leva le nez, dressa les oreilles, quitta son maître et s'élança vers l'arbre, sans aboyer. Il regarda les enfants, les flaira, leur lécha les mains et poussa un léger hurlement comme pour appeler son maître sans éveiller les dormeurs. L'homme s'arr?ta, se retourna et appela son chien :

" Capitaine ! ici, Capitaine ! "

Capitaine resta immobile ; il poussa un second hurlement plus prolongé et plus fort.

Le voyageur, devinant qu'il fallait porter secours a quelqu'un, s'approcha de son chien et vit avec surprise ces deux enfants abandonnés. Leur immobilité lui fit craindre qu'ils ne fussent morts, mais, en se baissant vers eux, il vit qu'ils respiraient ; il toucha les mains et les joues du petit, elles n'étaient pas tr?s-froides, celles du plus grand étaient complétement glacées ; quelques gouttes de pluie avaient pénétré a travers les feuilles de l'arbre et tombaient sur ses épaules couvertes seulement de sa chemise.

Le voyageur, s'approchant de son chien, vit deux enfants.

" Pauvres enfants ! dit l'homme a mi-voix ; ils vont périr de froid et de faim, car je ne vois rien pr?s d'eux, ni paquets ni provisions. Comment a-t-on laissé de pauvres petits ?tres si jeunes, seuls, sur une grande route ? Que faire ? Les laisser ici, c'est vouloir leur mort. Les emmener ? J'ai loin a aller et je suis a pied : ils ne pourraient me suivre. "

Pendant que l'homme réfléchissait, le chien s'impatientait ; il commençait a aboyer ; ce bruit réveilla le fr?re aîné ; il ouvrit les yeux, regarda le voyageur d'un air étonné et suppliant, puis le chien qu'il caressa en lui disant :

" Oh ! tais-toi, tais-toi, je t'en prie ; ne fais pas de bruit, n'éveille pas le pauvre Paul qui dort et qui ne souffre pas. Je l'ai bien couvert, tu vois ; il a bien chaud.

- Et toi, mon pauvre petit, dit l'homme, tu as bien froid !

L'ENFANT.

Moi, ça ne fait rien ; je suis grand, je suis fort ; mais lui, il est petit ; il pleure quand il a froid, quand il a faim.

L'HOMME.

Pourquoi ?tes-vous seuls ici tous les deux ?

L'ENFANT.

Parce que maman est morte et papa a été pris par les gendarmes, et nous n'avons plus de maison et nous sommes tout seuls.

L'HOMME.

Pourquoi les gendarmes ont-ils emmené ton papa ?

L'ENFANT.

Je ne sais pas ; peut-?tre pour lui donner du pain ; il n'en avait plus.

L'HOMME.

Qui vous donne a manger ?

L'ENFANT.

Ceux qui veulent bien.

L'HOMME.

Vous en donne-t-on assez ?

L'ENFANT.

Quelquefois, pas toujours ; mais Paul en a toujours assez.

L'HOMME.

Et toi, tu ne manges donc pas tous les jours ?

L'ENFANT.

Oh ! moi, ça ne fait rien, puisque je suis grand. "

L'homme était bon ; il se sentit tr?s-ému de ce dévouement fraternel et se décida a emmener les enfants avec lui jusqu'au village voisin.

" Je trouverai, se dit-il, quelque bonne âme qui les prendra a sa charge, et quand je reviendrai, nous verrons ce qu'on pourra en faire ; le p?re sera peut-?tre de retour.

L'HOMME.

Comment t'appelles-tu, mon pauvre petit ?

L'ENFANT.

Je m'appelle Jacques, et mon fr?re, c'est Paul.

L'HOMME.

Eh bien, mon petit Jacques, veux-tu que je t'emm?ne ? J'aurai soin de toi.

L'ENFANT.

Et Paul ?

L'HOMME.

Paul aussi ; je ne voudrais pas le séparer d'un si bon fr?re. Réveille-le et partons.

JACQUES.

Mais Paul est fatigué ; il ne pourra pas marcher aussi vite que vous.

L'HOMME.

Je le mettrai sur le dos de Capitaine ; tu vas voir. "

Le voyageur souleva doucement le petit Paul toujours endormi, le plaça a cheval sur le dos du chien en appuyant sa t?te sur le cou de Capitaine. Ensuite, il ôta sa blouse, qui couvrait sa veste militaire, en enveloppa le petit comme d'une couverture, et, pour l'emp?cher de tomber, noua les manches sous le ventre du chien.

" Tiens, voila ta veste, dit-il a Jacques en la lui rendant ; remets-la sur tes pauvres épaules glacées, et partons. "

Jacques se leva, chancela et retomba a terre ; de grosses larmes roul?rent de ses yeux ; il se sentait faible et glacé, et il comprit que lui non plus ne pourrait pas marcher.

L'HOMME.

Qu'as-tu donc, mon pauvre petit ? Pourquoi pleures-tu ?

JACQUES.

C'est que je ne peux plus marcher ; je n'ai plus de forces.

L'HOMME.

Est-ce que tu te sens malade ?

JACQUES.

Non, mais j'ai trop faim ; je n'ai pas mangé hier ; je n'avais plus qu'un morceau de pain pour Paul. "

L'homme sentit aussi ses yeux se mouiller : il tira de son bissac un bon morceau de pain, du fromage et une gourde de cidre, et présenta a Jacques le pain et le fromage pendant qu'il débouchait la gourde.

Les yeux de Jacques brill?rent : il allait porter le pain a sa bouche quand un regard jeté sur son fr?re l'arr?ta :

" Et Paul ? dit-il, il n'a rien pour déjeuner ; je vais garder cela pour lui.

- J'en ai encore pour Paul, mon petit ; mange, pauvre enfant, mange sans crainte. "

Jacques ne se le fit pas dire deux fois ; il mangea et but avec délices en répétant dix fois :

Il mangea et but avec délices.

" Merci, mon bon monsieur : merci... Vous ?tes tr?s-bon. Je prierai la sainte Vierge de vous faire tr?s-heureux. "

Quand il fut rassasié, il sentit revenir ses forces et il dit qu'il était pr?t a marcher. Capitaine restait immobile pr?s de Jacques : la chaleur de son corps réchauffait le petit Paul, qui dormait plus profondément que jamais. L'homme prit la main de Jacques, et ils se mirent en route suivis de Capitaine, qui marchait posément sans se permettre le moindre bond, ni aucun changement dans son pas régulier, de peur d'éveiller l'enfant. L'homme questionnait Jacques tout en marchant ; il apprit de lui que sa m?re était morte apr?s avoir été longtemps malade, qu'on avait vendu tous leurs beaux habits et leurs jolis meubles ; qu'a la fin ils ne mangeaient plus que du pain, que leur papa était toujours triste et cherchait de l'ouvrage.

" Un jour, dit-il, les gendarmes sont venus chercher papa ; il ne voulait pas aller avec eux ; il disait toujours en nous embrassant : " Mes pauvres enfants ! mes pauvres enfants ! " Les gendarmes disaient : " Il faut venir tout de m?me, mon garçon ; nous avons des ordres. " Puis un gendarme m'a donné un morceau de pain et m'a dit : " Reste la avec ton fr?re, petit ; je reviendrai vous prendre. " J'ai donné du pain a Paul, et j'ai attendu un bout de temps ; mais personne n'est venu ; alors j'ai pris Paul par la main et nous avons marché longtemps. J'ai vu une maison o? on mangeait, j'ai demandé de la soupe pour Paul ; on nous a fait asseoir a table, et on a donné une grande assiette de soupe a Paul, et a moi aussi ; puis on nous a fait coucher sur de la paille. Quand nous avons été éveillés, on nous a donné du lait et du pain ; puis on nous a mis du pain dans nos poches, et on m'a dit : " Va, mon petit, a la garde de Dieu. " Je suis parti avec Paul, et nous avons marché comme cela pendant bien des jours. Hier la pluie est venue, je n'ai pas trouvé de maison, j'ai donné a Paul le pain que j'avais gardé. Je lui ai ramassé des feuilles sous le ch?ne ; il pleurait parce qu'il avait froid ; alors j'ai pensé que maman m'avait dit : " Prie la sainte Vierge, elle ne t'abandonnera pas. " J'ai prié la sainte Vierge ; elle m'a donné l'idée d'ôter ma veste pour couvrir les épaules de Paul, puis de me coucher sur ses jambes pour les réchauffer. Et tout de suite il s'est endormi. J'étais bien content ; je n'osais pas bouger pour ne pas l'éveiller ; et j'ai remercié la bonne sainte Vierge ; je lui ai demandé de me donner a déjeuner demain parce que j'avais tr?s-faim et je n'avais plus rien pour Paul ; j'ai pleuré, et puis je me suis endormi aussi ; et la sainte Vierge vous a amené sous le ch?ne. Elle est tr?s-bonne, la sainte Vierge. Maman me l'avait dit bien souvent : Quand vous aurez besoin de quelque chose, demandez-le a la sainte Vierge ; vous verrez comme elle vous écoutera. "

J'ai prié la sainte Vierge.

L'homme ne répondit pas ; il serra la main du petit Jacques plus fortement dans la sienne, et ils continu?rent a marcher en silence. Au bout de quelque temps, l'homme s'aperçut que la marche de Jacques se ralentissait.

" Tu es fatigué, mon enfant ? lui dit-il avec bonté.

- Oh ! je peux encore aller. Je me reposerai au village. "

L'homme enleva Jacques et le mit sur ses épaules.

" Nous irons plus vite ainsi, dit-il.

JACQUES.

Mais je suis lourd ; vous allez vous fatiguer, mon bon monsieur.

L'HOMME.

Non, mon petit, ne te tourmente pas. J'ai porté plus lourd que toi, quand j'étais soldat et en campagne.

JACQUES.

Vous avez été soldat ; mais pas gendarme ?

L'HOMME, souriant.

Non, pas gendarme ; je rentre au pays apr?s avoir fait mon temps.

JACQUES.

Comment vous appelez-vous ?

L'HOMME.

Je m'appelle Moutier.

JACQUES.

Je n'oublierai jamais votre nom, monsieur Moutier.

MOUTIER.

Je n'oublierai pas non plus le tien, mon petit Jacques ; tu es un brave enfant, un bon fr?re. "

Depuis que Jacques était sur les épaules de Moutier, celui-ci marchait beaucoup plus vite. Ils ne tard?rent pas a arriver dans un village a l'entrée duquel il aperçut une bonne auberge. Moutier s'arr?ta a la porte.

" Y a-t-il du logement pour moi, pour ces mioches et pour mon chien ? demanda-t-il.

- Je loge les hommes, mais pas les b?tes, répondit l'aubergiste.

- Alors vous n'aurez ni l'homme ni sa suite, " dit Moutier en continuant sa route.

L'aubergiste le regarda s'éloigner avec dépit ; il pensa qu'il avait eu tort de renvoyer un homme qui semblait tenir a son chien et a ses enfants, et qui aurait peut-?tre bien payé.

" Monsieur ! Hé ! monsieur le voyageur ! cria-t-il en courant apr?s lui.

- Que me voulez-vous ? dit Moutier en se retournant.

L'AUBERGISTE.

J'ai du logement, Monsieur, j'ai tout ce qu'il vous faut.

MOUTIER.

Gardez-le pour vous, mon bonhomme, le premier mot, c'est tout pour moi.

L'AUBERGISTE.

Vous ne trouverez pas une meilleure auberge dans tout le village, Monsieur.

MOUTIER.

Tant mieux pour ceux que vous logerez.

L'AUBERGISTE.

Vous n'allez pas me faire l'affront de me refuser le logement que je vous offre.

MOUTIER.

Vous m'avez bien fait l'affront de me refuser celui que je vous demandais.

L'AUBERGISTE.

Mon Dieu, c'est que je ne vous avais pas regardé ; j'ai parlé trop vite.

MOUTIER.

Et moi aussi je ne vous avais pas regardé ; maintenant que je vous vois, je vous remercie d'avoir parlé trop vite, et je vais ailleurs. "

Moutier, lui tournant le dos, se dirigea vers une autre auberge de modeste apparence qui se trouvait a l'extrémité du village, laissant le premier aubergiste pâle de col?re, et fort contrarié d'avoir manqué une occasion de gagner de l'argent.

 

 

IV. TORCHONNET.

 

Il n'y avait personne dans la salle quand Moutier rentra. Il fit l'inspection de l'appartement et alla au jardin, dont la porte était ouverte ; apr?s avoir examiné les fleurs et les légumes, il arriva a un berceau de lierre et y entra ; un banc garnissait le tour du berceau ; une table rustique était couverte de livres, d'ouvrages de lingerie commune ; il regarda les livres : Imitation de Jésus-Christ, Nouveau Testament, Parfait Cuisinier, Manuel des ménag?res, Mémoires d'un troupier.

Moutier sourit :

" A la bonne heure ! voila des livres que j'aime a voir chez une bonne femme de ménage ! Ça donne confiance de voir un choix pareil. Ces manuels, c'est bon ; si je n'avais pas eu mon Manuel du soldat pendant mes campagnes, je n'aurais jamais pu supporter tout ce que j'ai souffert par la-bas ! Et en garnison ! l'ennui donc ! Voila un terrible ennemi a vaincre et qui vous pousse au café et de la a la salle de police. Heureusement que mon ami le Manuel était la, et m'emp?chait de faire des sottises et de me laisser aller au chagrin, au découragement ! Béni soit celui qui me l'a donné et celui qui l'a inventé ! "

Tout en parlant, Moutier avait pris les Mémoires d'un troupier ; il ouvrit le livre, en lut une ligne, puis deux, puis dix, puis des pages, suivies d'autres pages, si bien qu'une heure apr?s il était encore la, debout devant la table, ne songeant pas a quitter le petit volume. Il n'entendit m?me pas madame Blidot et Elfy venir le chercher au jardin.

MADAME BLIDOT.

Le voila dans notre berceau, Dieu me pardonne ! Tiens ! que fait-il donc la, immobile devant notre table ? C'est qu'il ne bouge pas plus qu'une statue !

ELFY, riant.

Serait-il mort ? On dirait qu'il dort tout debout.

MADAME BLIDOT, a mi-voix.

Hem ! hem !... Monsieur Moutier !... Il n'entend pas.

ELFY, de m?me.

Monsieur Moutier ! le dîner est pr?t, il vous attend... Sourd comme un mort ! Parle plus haut ; je n'ose pas, moi je ne le connais pas.

" Monsieur Moutier ! " répéta plus haut madame Blidot en approchant de la table et en se mettant en face de lui. Il leva les yeux, la vit, passa la main sur son front comme pour rappeler ses idées, regarda autour de lui d'un air étonné.

" Bien des excuses, madame Blidot, je ne vous voyais ni ne vous entendais ; j'étais tout a mon livre, c'est-a-dire a votre livre, reprit-il en souriant. Je n'aurais jamais cru qu'un livre p?t amuser et intéresser autant. J'en étais a la salle de police ; c'est que c'est ça, tout a fait ça ! Je n'y ai été qu'une fois, et pour un faux rapport, sans qu'il y ait eu de ma faute... C'est si bien raconté, que je croyais y ?tre encore !

MADAME BLIDOT.

Je suis bien aise que ce livre vous plaise. Vous pouvez le garder si vous désirez le finir. M. le curé m'en donnera un autre ; il en a autant qu'on en veut.

MOUTIER.

Ce n'est pas de refus, madame Blidot. J'accepte, et grand merci. Je le lirai a votre intention, et j'esp?re en devenir meilleur.

Torchonnet.

MADAME BLIDOT.

Quant a ça, monsieur Moutier, vous avez tout l'air d'?tre aussi bon que n'importe qui. Mais nous venons, ma s?ur et moi, vous avertir que le dîner est servi, voila bientôt deux heures ; les enfants doivent avoir faim ; et je pense que vous-m?me ne serez pas fâché de manger un morceau.

MOUTIER.

Ceci est la vérité ; mon déjeuner est bien loin et ne fera pas tort au dîner. "

Moutier salua Elfy, qu'il ne connaissait pas encore, et suivit les deux s?urs dans la salle o? les attendaient les enfants. Paul avait bien envie de toucher a ce qui était sur la table, mais Jacques l'en emp?chait.

" Attends, Paul ; sois raisonnable ; tu sais bien qu'il ne faut toucher a rien sans permission.

PAUL.

Alors, Jacques, veux-tu donner permission ?

JACQUES.

Moi, je ne peux pas, ce n'est pas a moi.

PAUL.

Mais c'est que j'ai faim, moi. Veux manger.

JACQUES.

Attends une minute ; M. Moutier va venir, puis la dame, puis l'autre, ils te donneront a manger.

PAUL.

Est-ce long, une minute ?

JACQUES.

Non, pas tr?s-long... Tiens, les voila qui arrivent. "

Tout le monde se mit a table ; Jacques hissa son fr?re sur sa chaise et s'assit pr?s de lui pour le servir. Moutier leur donna une petite tape amicale, et ils se mirent tous a manger une soupe aux choux, a laquelle Moutier donna les éloges d'un connaisseur. Quand la soupe fut achevée, Elfy voulut se lever pour placer sur la table un rago?t de b?uf et de haricots qui attendait son tour, mais Moutier la retint.

" Pardon, mamzelle ; ce n'est pas de r?gle que les dames servent les hommes. Permettez que je vous en épargne la peine.

- Au fait, dit madame Blidot en riant, vous ?tes un peu de la maison depuis que vous nous avez donné ces enfants. Faites a votre idée, et mettez-vous a l'aise comme chez vous.

- Ma foi, madame Blidot, ce que vous dites est vrai ; je me sens comme si j'étais chez moi, et j'en use, comme vous voyez. "

Le dîner s'acheva gaiement. Jacques était enchanté de voir Paul manger a s'étouffer. Apr?s le dîner, Moutier les envoya s'amuser dehors ; lui-m?me se mit a fumer : les deux s?urs s'occup?rent du ménage et servirent les voyageurs qui s'arr?taient pour dîner ; Moutier causait avec les allants et venants et donnait un coup de main quand il y avait trop a faire.

Jacques et Paul se promenaient dans la rue ; ils regardaient les rares boutiques d'épicier, de boucher, boulanger, bourrelier ; ils dépass?rent le village et rencontr?rent un pauvre petit garçon de huit a neuf ans, couvert de haillons, qui traînait péniblement un sac de charbon trop lourd pour son âge et ses forces ; il s'arr?tait a chaque instant, essuyait du revers de sa main la sueur qui coulait de son front. Sa maigreur, son air triste, frapp?rent le bon petit Jacques.

" Pourquoi traînes-tu un sac si lourd ? lui demanda-t-il en s'approchant de lui.

- Parce que mon maître me l'a ordonné, répondit le petit garçon d'une voix larmoyante.

- Et pourquoi ne lui dis-tu pas que c'est trop lourd ?

- Je n'ose pas ; il me battrait.

- Il est donc méchant ?

- Chut ! dit le petit garçon en regardant autour de lui avec terreur. S'il vous entendait, il me donnerait des coups de fouet.

- Pourquoi restes-tu chez ce méchant homme ? reprit Jacques a voix basse.

LE GARÇON.

On m'a mis la, il faut bien que j'y reste. Je n'ai personne chez qui aller : ni p?re ni m?re.

JACQUES.

C'est comme moi et Paul ; mais fais comme moi, demande a la bonne sainte Vierge de t'aider, tu verras qu'elle le fera ; elle est si bonne !

LE GARÇON.

Mais je ne la connais pas ; je ne sais pas o? elle demeure.

JACQUES.

Ah ! mais je ne sais pas non plus moi ! Mais ça ne fait rien ; demande toujours, elle t'entendra.

LE GARÇON.

Oh ! je ne demanderais pas mieux. Mais si j'appelle trop fort, mon maître l'entendra aussi, et il me battra.

JACQUES.

Il ne faut pas crier ; dis tout bas : " Sainte Vierge, venez a mon secours. Vous qui ?tes la m?re des affligés, bonne sainte Vierge, aidez-moi. "

Le petit malheureux fit comme le lui disait Jacques, puis il attendit.

" Personne ne vient, dit-il, et il faut que je m'en aille avec mon sac, le maître l'attend.

- Attends, je vais t'aider un peu ; nous allons le traîner a nous deux. La sainte Vierge ne vient pas tout de suite comme ça, mais elle aide tout de m?me. "

Jacques tira le sac, apr?s avoir recommandé a Paul de pousser ; le petit garçon n'avait pas autant de force que Jacques, qui tira si bien, que le sac bondit sur les pierres de la route, qu'il se déchira en plusieurs endroits et que les morceaux de charbon s'échapp?rent de tous côtés. Les enfants s'arr?t?rent consternés ; mais Jacques ne perdait pas la t?te pour si peu de chose.

" Attends, dit-il, ne bouge pas ; je vais appeler M. Moutier, qui est tr?s-bon ; c'est lui que la sainte Vierge nous a envoyé ; elle te l'enverra aussi. Viens, Paul, courons vite. "

Il prit Paul par la main, et tous deux coururent, aussi vite que les petites jambes de Paul le permirent, jusque chez madame Blidot, o? ils trouv?rent Moutier fumant avec quelques voyageurs.

Jacques tira le sac et Paul le poussa.

JACQUES.

Monsieur Moutier, vous qui ?tes si bon, venez vite au secours d'un pauvre petit garçon bien plus malheureux que moi et Paul ; il ne peut pas traîner un gros sac de charbon que nous avons crevé, et son méchant maître le battra. Ce pauvre petit a si peur ! Et la sainte Vierge vous fait dire d'aller vite pour l'aider.

- O? as-tu vu la sainte Vierge, mon garçon, pour me faire ses commissions ? dit Moutier en riant et en se levant.

- Je ne l'ai pas vue, mais je l'ai sentie dans ma t?te et dans mon c?ur. Vous savez bien que c'est elle qui vous a envoyé pour nous sauver, Paul et moi ; il faut encore sauver ce petit malheureux.

- C'est bien, mon brave petit ; j'y vais ; tu vas m'y mener. "

Moutier le suivit apr?s avoir demandé a Elfy de garder Paul, qui ne marchait pas assez vite. Jacques le mena en courant sur la route, o? ils trouv?rent le petit garçon que Moutier reconnut tout de suite ; c'était Torchonnet, le pauvre souffre-douleur du méchant aubergiste Bournier. Il s'en approcha d'un air de compassion, releva le sac, l'examina, tira de la poche de sa veste une aiguille et du gros fil, comme les soldats ont l'habitude d'en avoir, raccommoda les trous, et, tout en causant, demanda au petit : " N'y a-t-il pas moyen d'apporter le charbon sans traverser le village et sans ?tre vu de ton maître, mon pauvre garçon ? Je n'aimerais pas a rencontrer ce mauvais homme ; je craindrais de me laisser aller a lui donner une roulée qui ne serait pas d'un tr?s-bon effet.

LE GARÇON.

Oui, Monsieur, on peut passer derri?re les maisons, et vider le sac dans le charbonnier qui se trouve adossé au hangar par dehors.

- Alors en route, mon ami, " dit Moutier en chargeant le sac sur ses épaules.

Torchonnet regarda avec admiration.

" Oh ! Monsieur, mon bon monsieur ! Dites bien a la sainte Vierge combien je la remercie de vous avoir envoyé. Cette bonne sainte Vierge !... Ce petit avait raison tout de m?me, ajouta-t-il en regardant Jacques d'un air joyeux.

- Je t'avais bien dit, " reprit Jacques avec bonheur.

Moutier riait de la na?veté des enfants. Ils ne tard?rent pas a arriver au charbonnier ; Moutier vida le sac, le ploya et le mit dans un coin. Il s'appr?tait a partir, quand l'enfant le rappela timidement.

" Monsieur, seriez-vous assez bon pour prier la sainte Vierge de m'envoyer a manger ? On m'en donne si peu que j'ai mal la (montrant son estomac) et que je n'ai pas de forces.

- Pauvre malheureux !... répondit Moutier attendri. Écoute : viens a l'Ange-Gardien, je te recommanderai a madame Blidot, bonne femme s'il en fut jamais.

TORCHONNET.

Oh ! Monsieur, je ne pourrai pas ! Mon maître me tuerait si j'y allais. Il la hait au possible.

MOUTIER.

Alors je t'apporterai quelque chose que je demanderai a madame Blidot ; et puis, mon bon petit Jacques t'apportera a manger tous les jours. Veux-tu, mon Jacquot ?

JACQUES.

Oh ! oui, monsieur Moutier. Je garderai tous les jours quelque chose de mon déjeuner pour lui. Mais comment faire pour le lui donner ? J'ai peur de son maître.

TORCHONNET.

Vous pouvez le placer dans le creux de l'arbre, pr?s du puits, j'y vais tous les jours puiser de l'eau.

MOUTIER.

C'est bien, c'est entendu. Dans un quart d'heure tu auras ton affaire. Jacquot le portera au puits. Partons, maintenant, pour qu'on ne nous surprenne pas ; c'est ça qui ferait une affaire a ce pauvre Torchonnet ! "

Moutier partit avec Jacques ; en rentrant a l'Ange-Gardien, il raconta a madame Blidot l'histoire de Torchonnet, et lui demanda de permettre a Jacques de faire cette charité de tous les jours.

" Mais, ajouta-t-il, je ne veux pas que vous vous empariez de toutes mes bonnes actions, et je veux payer la nourriture de ce petit malheureux ; vous me direz a combien vous l'estimez et ce dont je vous serai redevable. Je viendrai faire nos comptes une ou deux fois l'an.

MADAME BLIDOT.

Nos comptes ne seront pas longs a faire, monsieur Moutier ; mais, tout de m?me, je serai bien aise de vous revoir pour que vous veniez inspecter nos enfants et voir si vous les avez mal placés en me les confiant. Tiens, mon petit Jacques, porte cela dans le creux de l'arbre du puits, pour que le pauvre enfant ne se couche pas sans souper. "

Jacques reçut avec bonheur un paquet renfermant du pain et de la viande ; il prit Paul par la main et se dirigea vers le puits que lui indiqua madame Blidot et qui était a cent pas de l'Ange-Gardien. Il plaça son petit paquet dans l'arbre, et, peu de minutes apr?s, il vit le pauvre Torchonnet arriver avec une cruche ; pendant qu'elle se remplissait, Torchonnet saisit le papier, l'ouvrit, mangea avidement une partie des provisions qu'il contenait, remit le reste dans le creux de l'arbre, fit de loin un salut amical a Jacques et repartit, portant péniblement sa cruche pleine.

 

II. L'ANGE-GARDIEN.

 

" Y a-t-il du logement pour moi, pour deux mioches et pour mon chien ? recommença Moutier a la porte de l'auberge.

- Entrez, Monsieur, il y a de quoi loger tout le monde, " répondit une voix enjouée.

Entrez, Monsieur, il y a de quoi loger tout le monde.

Et une femme a la mine fraîche et souriante parut sur le seuil de la porte.

" Entrez, Monsieur, que je vous débarrasse de votre cavalier, dit la femme en riant et en enlevant doucement le petit Jacques de dessus les épaules du voyageur. Et ce pauvre petit qui dort tranquillement sur le dos du chien ! Un joli enfant et un brave animal ! il ne bouge pas plus qu'un chien de plomb, de peur d'éveiller l'enfant. "

Pourtant le bruit réveilla enfin le petit Paul ; il ouvrit de grands yeux, regarda autour de lui d'un air étonné, et, n'apercevant pas son fr?re, il fit une moue comme pour pleurer et appela d'une voix tremblante :

" Jacques ! veux Jacques !

JACQUES.

Je suis ici ; me voila, mon Paul. Nous sommes tr?s-heureux ! Vois-tu ce bon monsieur ? il nous a amenés ici ; tu vas avoir de la soupe. N'est-ce pas, monsieur Moutier, que vous voudrez bien donner de la soupe a Paul ?

MOUTIER.

Certainement, mon garçon ; de la soupe et tout ce que tu voudras. "

La maîtresse d'auberge regardait et écoutait d'un air étonné.

MOUTIER.

Vous n'y comprenez rien, ma bonne dame, n'est-il pas vrai ? C'est toute une histoire que je vous raconterai. J'ai trouvé ces deux pauvres petits perdus dans un bois, et je les ai amenés. Ce petit-la, ajouta-t-il en passant affectueusement la main sur la t?te de Jacques, ce petit-la est un bon et brave enfant ; je vous raconterai cela. Mais donnez-nous vite de la soupe pour les petits, qui ont l'estomac creux, quelque fricot pour tous, et je me charge du chien ; un vieil ami, n'est-ce pas, Capitaine ?

Capitaine répondit en remuant la queue et en léchant la main de son maître. Moutier avait débarrassé Paul de la blouse qui l'enveloppait et il l'avait posé a terre. Paul regardait tout et tout le monde ; il riait a Jacques, souriait a Moutier et embrassait Capitaine. L'hôtesse, qui avait de la soupe au feu, appr?tait le déjeuner ; tout fut bientôt pr?t ; elle assit les enfants sur des chaises, plaça devant chacun d'eux une bonne assiette de soupe, un morceau de pain, posa sur la table du fromage, du beurre frais, des radis, de la salade.

" C'est pour attendre le fricot, Monsieur ; le fromage est bon, le beurre n'est pas mauvais, les radis sont tout frais tirés de terre, et la salade est bien retournée. "

Moutier se mit a table ; Jacques et Paul, qui mouraient de faim, se jet?rent sur la soupe ; Jacques eut soin d'en faire manger a Paul quelques cuillerées avant que d'y go?ter lui-m?me. Paul mangea tout seul ensuite et le bon petit Jacques put satisfaire son appétit. Apr?s la soupe il mangea et donna a Paul du pain et du beurre ; ils burent du cidre ; puis vint un haricot de mouton aux pommes de terre. La bonne et jolie figure de Jacques était radieuse ; Paul riait, baisait les mains de Jacques toutes les fois qu'il pouvait les attraper. Jacques avait de son fr?re les soins les plus touchants ; jamais il ne l'oubliait ; lui-m?me ne passait qu'en second. Moutier ne les quittait pas des yeux. Lui aussi riait et se trouvait heureux.

Il embrassait Capitaine.

" Pauvres petits ! pensait-il, que seraient-ils devenus, si Capitaine ne les avait pas dénichés ? Ce petit Jacques a bon c?ur ! quelle tendresse pour son fr?re ! quels soins il lui donne ! Que faire, mon Dieu ! que faire de ces enfants ? "

L'hôtesse aussi examinait avec attention les soins de Jacques pour son fr?re, et la belle et honn?te physionomie de Moutier. Elle attendait avec impatience l'explication que lui avait promise ce dernier et lui servait les meilleurs morceaux, son meilleur cidre et sa plus vieille eau-de-vie.

Moutier mangeait encore ; les enfants avaient fini ; ils s'étaient renversés contre le dossier de leurs chaises et commençaient a bâiller.

" Allez jouer, mioches, leur dit Moutier.

- O? faut-il aller, monsieur Moutier ? demanda Jacques en sautant en bas de sa chaise et en aidant Paul a descendre de la sienne.

MOUTIER.

Ma foi, je n'en sais rien. Dites donc, ma bonne hôtesse, o? allez-vous caser les petits pour qu'ils s'amusent sans rien déranger ?

- Par ici, au jardin, mes enfants, dit l'hôtesse en ouvrant une porte de derri?re. Voici au bout de l'allée un baquet plein d'eau et un pot a côté, vous pourrez vous amuser a arroser les légumes et les fleurs.

JACQUES.

Puis-je me servir de l'eau qui est dans le baquet pour laver Paul et me laver aussi, Madame ?

L'HÔTESSE.

Certainement, mon petit garçon ; mais prends garde de te mouiller les jambes. "

Jacques et Paul disparurent dans le jardin ; on les entendait rire et jacasser. Moutier mangeait lentement et réfléchissait. L'hôtesse avait pris une chaise et s'était placée en face de lui, attendant qu'il e?t fini pour enlever le couvert. Quand Moutier eut avalé sa derni?re goutte de café et d'eau-de-vie, il leva les yeux, vit l'hôtesse, sourit, et, s'accoudant sur la table :

" Vous attendez l'histoire que je vous ai promise, dit-il ; la voici : elle n'est pas longue, et vous m'aiderez peut-?tre a la finir. "

Il lui fit le récit de sa rencontre avec les enfants ; sa voix tremblait d'émotion en redisant les paroles de Jacques et en racontant les soins qu'il avait eus de son petit fr?re, son dévouement, sa tendresse pour lui, le courage qu'il avait déployé dans leur abandon et sa touchante confiance en la sainte Vierge.

" Et a présent que vous en savez aussi long que moi, ma bonne dame, aidez-moi a sortir d'embarras. Que puis-je faire de ces enfants ? Les abandonner ? Je n'en ai pas le courage ; ce serait rejeter une charge que je puis porter, au total, et refuser le présent que me fait le bon Dieu. Mais j'ai une longue route a faire : je quitte mon régiment et je rentre au pays. C'est que je n'y suis pas encore ; j'ai a faire quatre étapes de sept a huit lieues. Et comment traîner ces enfants si jeunes, par la pluie, la boue, le vent ? Et puis, je suis garçon ; je ne suis pas chez moi ; personne pour les garder. Mon fr?re est aubergiste, comme vous, et n'a que faire de moi ; mon p?re et ma m?re sont depuis longtemps pr?s du bon Dieu ; mes s?urs sont mariées et elles ont assez des leurs, sans y ajouter des pauvres petits sans p?re ni m?re, et sans argent. Voyons, ma bonne hôtesse ! vous m'avez l'air d'une brave femme... Dites... Que feriez-vous a ma place ?

L'HÔTESSE.

Ce que je ferais ?... ce que je ferais ?... Parole d'honneur, je n'en sais rien.

MOUTIER.

Mais ce n'est pas un conseil, cela ? Ça ne décide rien.

L'HÔTESSE.

Que voulez-vous que je vous dise ?... D'abord, je ne les laisserais certainement pas vaguer a l'aventure.

MOUTIER.

C'est bien ce que je me suis dit.

L'HÔTESSE.

Je ne les donnerais pas au premier venu.

MOUTIER.

C'est bien mon idée.

L'HÔTESSE.

Je ne les emm?nerais pas a pied si loin.

MOUTIER.

C'est ce que je disais.

L'HÔTESSE.

Alors... je ne vois qu'un moyen... Mais vous ne voudrez pas.

MOUTIER.

Peut-?tre que si. Dites toujours.

L'HÔTESSE.

C'est de me les laisser. "

Moutier regarda l'hôtesse avec une surprise qui lui fit baisser les yeux et qui la fit rougir comme si elle avait dit une sottise.

" Je savais bien, dit-elle avec embarras, que vous ne voudriez pas. Vous ne me connaissez pas. Vous vous dites que je ne suis peut-?tre pas la bonne femme que je parais, que je rendrais les enfants malheureux ; que vous les auriez sur la conscience, et que sais-je encore ?

MOUTIER.

Non, ma bonne hôtesse, je ne dirais ni ne penserais rien de tout cela. Seulement... seulement... je ne sais comment dire... je vous suis obligé, reconnaissant... mais vrai, je ne vous connais pas beaucoup... et... et...

L'HÔTESSE.

Vous pouvez bien dire que vous ne me connaissez pas du tout ; mais vous n'en pourrez pas dire autant, si vous voulez aller prendre des informations sur la femme Blidot, aubergiste de l'Ange-Gardien. Allez chez M. le curé, chez le boucher, le charron, le maréchal, le maître d'école, le boulanger, l'épicier, et bien d'autres encore : ils vous diront tous que je ne suis pas une méchante femme. Je suis veuve ; j'ai vingt-six ans ; je n'ai pas d'enfants, je suis seule avec ma s?ur qui a dix-sept ans ; nous gagnons notre vie sans trop de mal ; nous ne manquons de rien ; nous faisons m?me de petites économies que nous plaçons tous les ans ; il me manque des enfants ; en voila deux tout trouvés. Je ne vous demande rien, moi, pour les garder ; je n'en fais pas une affaire. Seulement, je sais que je les aimerais, que je ne les rendrais point malheureux et que vous aurez la conscience tranquille a leur égard. "

Moutier se leva, serra les mains a l'hôtesse dans les siennes et la regarda avec une affectueuse reconnaissance.

" Merci, dit-il d'un accent pénétré. O? demeure votre curé ?

- Ici, en face ; voici le jardin du presbyt?re ; poussez la porte et vous y ?tes. "

Moutier prit son képi et alla voir le curé pour lui parler de madame Blidot et lui demander un bon conseil. Il faut croire que les renseignements ne furent pas mauvais, car Moutier revint un quart d'heure apr?s, l'air calme et joyeux.

" Vous aurez les petits, mon excellente hôtesse, dit-il en souriant. Je vous les laisserai... demain ; vous voudrez bien me loger jusqu'a demain ? Pas vrai ?

L'HÔTESSE.

Tant que vous voudrez, mon cher monsieur ; c'est juste ; je comprends que vous vouliez vous donner un peu de temps pour savoir comment je suis et pour voir installer mes enfants... car je puis bien dire a présent mes enfants, n'est-ce pas ?

MOUTIER.

Ils restent bien un peu a moi aussi, sans reproche ; et je ne dis pas que je ne reviendrai pas les voir un jour ou l'autre.

L'HÔTESSE.

Quand vous voudrez ; j'aurai toujours un lit pour vous coucher et un bon dîner pour vous refaire. Et, a présent, je vais voir a mes enfants ; ne voila-t-il pas les soins maternels qui commencent ? D'abord il me faut les coucher pas loin de moi et de ma s?ur. Et puis, il leur faudra du linge, des v?tements, des chaussures.

MOUTIER.

C'est pourtant vrai ! Je n'y songeais pas. C'est moi qui suis honteux de vous causer ces embarras et cette dépense ; ça, voyez-vous, ma bonne hôtesse, inutile de m'en cacher ; je n'ai pas de quoi payer tout cela ; j'ai tout juste mes frais de route et une pi?ce de dix francs pour l'imprévu : un cigare, un raccommodage de souliers, une petite charité en passant, a plus pauvre que moi. Par exemple, je peux partager la pi?ce, et vous laisser cinq francs. J'arriverai tout de m?me ; je me passerai bien de tabac et de souliers. Il y en a tant qui marchent nu-pieds ! on se les baigne en passant devant un ruisseau, et on n'en marche que mieux.

L'HÔTESSE.

Gardez votre pi?ce, mon bon monsieur ; je n'en suis pas a cinq francs pr?s. Gardez-la ; votre bonne intention suffit, et les enfants ne manqueront de rien. "

L'hôtesse se leva, fit en souriant un signe de t?te amical a Moutier et sortit.

 

IV. Piotr, przezwany, Piotrem-gałaniarzem.

 

Moutier wszedłszy do pokoju oberży nie zastał nikogo. Zwrócił się więc do ogrodu, do którego drzwi były otwarte. Obejrzawszy kwiaty i warzywa, skierował się do altanki, w około której rosły powoje i owijały ją swemi wonnemi ramionami. Znajdowała się tutaj okrągła ławka i stolik zarzucony był książkami i robótkami kobiecemi. Przeczytał tytuły książek: Nowy testament; Wyprobowany kucharz; Podręcznik dla gospodyń; Wspomnienia żołnierza.

Moutier uśmiechnął się.

- Niezmiernie mi się podoba, myślał, gdy spotykam się z podobnym wyborem dzieł w domu gospodyni, bo obudzają zaufanie, gdyż książki te są wyśmienite. Gdybym n.p. podczas wojny, nie miał ze sobą: "Książki do nabożeństwa dla żołnierzy", nie mógłbym znieść tego, co przeniosłem cierpliwie. To samo powiedziałbym i o garnizonie, gdyż niezmierne tam panują nudy. Nudy, to niebezpieczny wróg, pędzi on nie jednego do kawiarni, a ztamtąd już niewątpliwa do aresztu droga. Szczęściem miałem "Książkę do nabożeństwa", ta to przyjaciółka powstrzymała mię od nierozsądnych wybryków, a nadto obroniła od smutku i zniechęcenia. Dziś jestem bardzo wdzięczny temu, który mi ją podarował.

Tak rozmyślając wziął do ręki: Wspomnienia żołnierza, otworzył książkę, przeczytał naprzód parę wierszy, potem dwie, trzy stronice dalej coraz więcej i po upływie godziny, tak się tem zaciekawił, że nie słyszał wcale nadchodzącej pani Blidot i jej siostry, które go szukały po całym ogrodzie.

- Niezawodnie jest w altanie, rzekła gospodyni do swojej siostry. Dobry Boże, zawołała nagle, stoi tak nieporuszony przy naszym stoliku, jakby był posągiem wykutym z kamienia.

- Przecież nie może spać stojąc, odpowiedziała chichocząc się Elfy.

- Hm! Hm! Panie Moutier, mówiła chrząkając pani Blidot. Panie Moutier. Wcale nie słyszy.

- Panie Moutier, zawołała Elfy, obiad na stole, czekamy tylko na pana... A to on chyba głuchy jak pieniek.

- Panie Moutier, powtórzyła pani Blidot doniosłym głosem i zbliżyła się do stołu. Zawołany, otworzył szeroko oczy, przeciągnął ręką po czole, jak gdyby dla zebrania myśli i spojrzał dokoła zdumiony.

- Przepraszam panią, rzekł nakoniec, niesłyszałem ani pani wołania, ani jej samej nie spostrzegłem wcale, tak byłem zaczytany w mojej a raczej w pani książce, dodał z uśmiechem. Nie przypuszczałem, aby książka kiedykolwiek mogła być tak pouczającą, tak ciekawą. Właśnie stanąłem na opisie aresztu; opis jest fotograficznie rzetelny i prawdziwy. Siedziałem raz w areszcie z powodu fałszywego raportu, nie będąc zgoła winnym, w książce zaś tej jest ono tak przedstawione, że zdawało mi się, iż się jeszcze w nim znajduję.

- Cieszy mię, że natrafiłeś pan tutaj na książkę, która się panu tak podobała; jeżeli pan życzysz sobie ją dokończyć, możesz takową zatrzymać. Dostanę inną od księdza Proboszcza, bo ma ich podostatkiem.

- Zatrzymam ją z wielkiem podziękowaniem, odpowiedział Moutier, przeczytam całą i sądzę, że wpłynie ona na moje większe udoskonalenie się.

- O pod tym względem, nie potrzebujesz pan wcale książek panie Moutier; wydajesz się daleko lepszym niż inni. Ale przyszłyśmy tutaj, ja i moja siostra, żeby pana poprosić do objadu, bo to już godzina druga. Dzieci są głodne a i pan zapewne nie będziesz się skarżył na brak apetytu.

- To prawda pani Blidot, od śniadania upłynęło już kilka godzin i z przyjemnością zasiądę do obiadu.

Montier ukłonił się Elfy, której dotąd nie znał jeszcze i towarzyszył obu kobietom do pokoju jadalnego, w którym dzieci czekały od dawna.

- Paweł chciał jeść palcami, ale go powstrzymał od tego Jakób, mówiąc:

- Poczekaj Pawle, bądź grzecznym, wiesz, że niemożna niczego dotykać, bez pozwolenia.

- Więc proszę cię Jakóbie pozwól mi jeść, rzekł Paweł.

- Nie mogę, ponieważ niemam do tego prawa.

- Ale ja jestem głodny, mnie się jeść chce, zawołał Paweł.

- Poczekaj jeszcze chwilę Pawełku, jak tylko nadejdzie pan Moutier z gospodynią domu i innemi osobami, zasiądziemy do obiadu.

- Czy chwila trwa długo? O! patrz, już nadchodzą.

Rozpoczął się obiad.

Jakób usadowił Pawła na krześle, tuż obok siebie, aby go obsługiwać. Moutier z uczuciem życzliwości patrzył na obu chłopców. Podano naprzód kapuśniak; który Moutier wielce chwalił jako wybornie przyrządzony. Po zjedzeniu zupy, chciała powstać Elfy, żeby przynieść pasztet z bobrem, lecz ją powstrzymał Moutier, mówiąc:

- Daruj pani, ale obowiązkiem mężczyzn jest służenie przy stole damom; pozwól mi więc abym cię wyręczył w tym razie i umniejszył fatygi.

- Rzeczywiście, wtrąciła pani Blidot śmiejąc się, należysz pan już po części do rodziny naszej, od chwili powierzenia mi swych dzieci; czyń więc tak, jakbyś był w własnym domu.

- Masz pani słuszność, istotnie wydaje mi się, jakbym był pomiędzy swojemi, dla tego też rozporządzam się taką swobodą.

Obiad przeszedł bardzo wesoło; Jakób był szczęśliwy widząc z jakim apetytem jadł brat jego Paweł. Po obiedzie Moutier wysłał dzieci na podwórze, zapalił fajkę i rozmawiał z obecnymi gośćmi, gdy tymczasem obie siostry zajęły się domowemi porządkami.

Jakób i Paweł wyszli na ulicę, z ciekawością przypatrywali się handlowi korzennemu oraz sklepom rzeźnika i piekarza i t. d. Tym sposobem dostali się aż na wieś, gdzie spotkali ośmioletniego, licho odzianego chłopca, który z wielką trudnością, dla braku odpowiedniej siły, ciągnął wielki wór z węglami. Co chwila przystawał ocierając ręką płynący pot z czoła. Wyglądał bardzo nędznie i był nadzwyczaj chudy, tak, że Jakób zdjęty litością zbliżył się do niego, pytając:

- Dla czego ciągniesz taki ciężki worek?

- Bo mi tak mój pan kazał, odpowiedział chłopiec bolejącym głosem.

- Trzeba mu było powiedzieć, że jest za ciężki na twoje siły.

- Nie odważył bym się na to, bo z pewnością by mnie obił.

- Czy on taki niedobry?

- Cicho! szepnął chłopiec, trwożliwie oglądając się dokoła, jakby usłyszał, miałbym za swoje.

- Dla czego tedy pozostajesz w służbie u podobnego człowieka?

- Bo mię tam oddano, a przytem muszę u niego służyć, bo nie mam nikogo, do kogo mógłbym się udać; nie mam już dawno ani ojca, ani matki.

- To tak samo jak ja i Paweł; odparł z westchnieniem Jakób, ale uczyń tak, jak ja zrobiłem; proś Matki Najświętszej, żeby ci dopomogła, a zobaczysz, że pospieszy z pomocą; ona taka miłosierna.

- Nie znam jej wcale i nawet niewiem gdzie mieszka.

- I ja także nie wiem, gdzie zamieszkuje, odpowiedział Jakób, nic to przecież nie szkodzi; proś ją tylko, a niezawodnie ci dopomoże.

- O jakże byłbym szczęśliwy! odrzekł chłopiec. Jeżeli jednak będę ją głośno wzywał, usłyszy mię mój pan i znowu obije.

- To też nie potrzebujesz krzyczeć, lecz przeciwnie mów bardzo cicho : "O święta Matko boża, ratuj mię! Ty, któraś jest opiekunką zasmuconych dopomóż mi!

Mały nędzarz powtórzył słowa Jakóba, czekał chwilę i rzekł:

- Nikt nie przychodzi; muszę dalej ciągnąć mój worek, bo mój pan czeka.

Zatrzymaj się chwilę, wyrzekł Jakób; pomogę ci; obadwaj razem pociągniemy go. Matka święta nie przybiegła zaraz, ale jednak dopomoże ci.

Jakób kazał Pawłowi popychać worek z tyłu, gdy tymczasem on z chłopcem nieznajomym z taką siłą zaczęli go ciągnąć, że worek rozdarł się o ostry kamień, a węgle poczęły się z niego wysypywać. Dzieci zatrzymały się przerażone, ale Jakób w krótce odzyskał przytomność umysłu. Zaczekaj, rzekł, zostań tutaj, zawołam pana Moutier, on jest bardzo dobry. Jego to właśnie na naszą pomoc zesłała Matka Boska, ona go i tobie ześle. Chodź Pawle, prędko!

Wziąwszy się za ręce biegli tak szybko, jak na to pozwalały siły Pawła, wkrótce też ujrzeli panią Blidot i pana Moutier, który paląc fajkę rozmawiał z gośćmi.

- Panie Moutier, rzekł Jakób jesteś pan taki dobry. Spiesz więc na pomoc jednemu biednemu chłopcu, bo on o wiele więcej nieszczęśliwy niż Paweł i ja. Nie może uciągnąć wielkiego worka z węglami; chciałem mu dopomódz, ale cóż kiedy worek się rozdarł, i teraz boi się wracać, bo go pan niezawodnie wybije. Matka Boska kazała powiedzieć panu, abyś dopomógł temu biedakowi.

- Gdzieś się widział z Matką Boską, moje dziecko i gdzie ona wydała ci to polecenie? zapytał Moutier.

- Nie widziałem jej, ale odczułem w mojem sercu. Wszak to za jej rozkazem pospieszyłeś pan i nam z pomocą; trzeba więc, żebyś uratował i owego nieszczęśliwego.

- Dobrze, kochany Jakóbie. Idę z tobą.

Moutier towarzyszył chłopcu, uprosiwszy Elfy, żeby przy sobie zatrzymała Pawła. Jakób poprowadził żołnierza szybko w ulicę, mianowicie do miejsca, gdzie spotkali biednego chłopca. Moutier poznał go natychmiast, był to bowiem Piotrek gałganiarz, ofiara niegodziwego p. Bouruier, właściciela znajomej czytelnikowi oberży.

Moutier zbliżył się do niego tknięty litością, obejrzał worek, wyjął z kieszeni igły i nici, dwie rzeczy, które każdy żołnierz musi mieć zawsze przy sobie i zaszył otwór zrobiony w takowym.

- Czy można zanieść ten worek nie przechodząc przez wieś i nie będąc widzialnym przez twego pana? zapytał Moutier. Nie chciałbym spotkać się z tym niedobrym człowiekiem, obawiam się bowiem, że nie mógłbym powstrzymać się od gniewu, a to by się skrupiło na twojej skórze.

- O to prawda panie, odpowiedział Piotrek, ale można zajść z tyłu domu i wyrzucić węgle z worka do komórki będącej po za stodołą.

- Więc chodź ze mną, rzekł Moutier, zarzucając worek na plecy.

Piotrek przypatrywał się mu ze zdumieniem.

- O mój dobry panie, zawołał, powiedz Najświętszej Pannie, że jestem jej bardzo wdzięczny, za zesłanie mi ciebie na pomoc. Dobra Matka Boska. Ten mały miał słuszność, dodał, patrząc rozradowany na uśmiechającego się Jakóba.

- Wszak ci to przyobiecałem, odpowiedział Jakób z miną tryumfującą.

Moutier uśmiechnął się na tę wzruszającą prostotę dzieci.

Wkrótce też dotarli do komórki na węgle. Moutier, wypróżniwszy worek chciał się oddalić. Wtedy to rzekł Pietrek nieśmiało:

- Kochany panie, czy będziesz łaskaw poprosić Matki Najświętszej, aby mi przysłała co do zjedzenia? Dają mi tak mało, że mię tu zawsze boli, dodał, pokazując na żołądek, i jestem bardzo, bardzo głodny.

- Biedaku! odpowiedział Moutier. Coś ci powiem. Oto przyjdź do gospody pod Aniołem Stróżem, polecę cię pani Blidot, jest to kobieta tak dobra jak mało.

- Nie mogę, zajęczał Pietrek. Mój pan mię zabije, jak się o tem dowie, bo śmiertelnie nienawidzi pani Blidot.

- W takim razie poproszę ją o co dla ciebie i przyniosę. Później zaś będzie ci przynosił jedzenie dobry Jakób. Czy zgadzasz się na to chłopcze?

- Z największą przyjemnością. Codzień zachowam dla niego moje śniadanie. Ale jak tu przynieść? Boję się jego pana.

- Możesz je złożyć w wypróchniałem drzewie stojącem przy studni, rzekł Pietrek. Zawsze tam chodzę po wodę.

- Zgoda! zawołał Moutier, za kwadrans będziesz miał tyle, że się doskonale nasycisz. Jakób przyniesie ci do studni. No, chodźmy, żeby nas nie spostrzegł gospodarz, bo wtenczas, biada Piotrkowi.

Moutier oddalił się z Jakóbem. Powróciwszy zaś do gospody pod Aniołem Stróżem, opowiedział pani Blidot o wypadku z Piotrkiem i prosił jej, aby pozwoliła Jakóbowi dawać mu codzień jałmużnę.

- Nie chcąc przecież narażać pani, rzekł, na nowy wydatek, zapłacę za wszystko, co udzielisz biednemu chłopcu. Trzeba zatem, żebyś obrachowała wiele to będzie kosztowało. Przyjdę raz lub dwa razy do roku, dla spłacenia mego długu.

- Nasze rachunki nie będą takie wielkie a niezmiernie mię natomiast cieszy pańska upragniona wizyta, bo wówczas przekonasz się pan także, jak się obchodzę z dziećmi. Weź to mój Jakóbie i zanieś do wypróchniałego drzewa przy studni, bo biedny Piotrek nie powinien iść spać bez kolacyi.

Jakób z radością pochwycił paczkę z mięsem i chlebem, wziął Pawła za rękę i obaj udali się drogą do studni, gdyż jak im opisała pani Blidot, znajdowała się ona o jakie sto kroków od gospody pod Aniołem Stróżem.

Tu w spróchniałem drzewie Jakób złożył paczkę i wkrótce też ujrzeli Piotrka biegnącego z dzbankiem po wodę. Napełniwszy dzbanek, Piotrek wyjął paczkę, otworzył, zjadł prędko część tego co zawierała a resztę złożył na powrót w otworze. Po czem pożegnawszy się z Jakóbem odszedł nadzwyczaj uradowany.

 

 

Gospoda pod aniołem stróżem

 

I. Na łasce bożej.

 

Było chłodno, ciemno i drobny, przenikliwy deszcz rosił ziemię. Nad brzegiem drogi, pod starym dębem, spało dwoje dzieci. Mały, może trzyletni chłopczyk leżał na kupce liścia, gdy starszy, równie mały bo zaledwie sześcioletni, pomieścił się u jego nóg, aby go ogrzać własnem ciałem. Młodszy ubrany był w prostą, wełnianą sukienkę, ale starszy okrył jego ramiona i piersi własnym kaftanem, chociaż sam drżał z zimna i podczas snu wstrząsały nim dreszcze, pozostał bowiem tylko w jednej koszuli i w pantalonikach z bardzo rzadkiej materyi. Twarz jego miała wyraz bolesny; na wychudłych policzkach znać było ślady tylko co oschłych łez; mimo to spał twardo trzymając w jednym ręku pamiątkowy pieniążek zawieszony na szyi, na czarnym sznureczku, w drugiej zaś rączkę młodego chłopca.

Obaj musieli być bracia, gdyż byli bardzo do siebie podobni, tylko że młodszy miał pełne policzki i uśmiech na ustach i nie zdawał się doświadczać ani zimna ani głodu, jak jego starszy brat.

Biedne dzieciaki jeszcze spały, gdy na trakcie, z brzaskiem dnia, pojawił się jakiś człowiek z pięknym psem rasy, znanej pod nazwiskiem Św. Bernarda.

Podróżny wyglądał na wojskowego. Nie oglądając się ani na prawo, ani na lewo, szedł prosto gwiżdżąc a za nim krok w krok jego wierny towarzysz, pies. Kiedy obaj zbliżyli się do wspomnianego na początku dębu, pod którym spali chłopcy, pies podniósł w górę głowę, nadstawił uszy i pobiegł ku drzewu, wcale nie szczekając. Spojrzał na dzieci, obwąchał je, polizał po rękach i żeby ich nieprzebudzić, zaczął z cicha skomleć, przywołując w ten sposób swego pana.

Nieznajomy przystanął, a obejrzawszy się dokoła, zawołał na psa:

- Kapitan tutaj! Kapitan!

Kapitan jednak nie ruszył się z miejsca, lecz coraz głośniej skomlał.

Podróżny domyślił się, że w tem coś niezwykłego, dlatego też zbliżył się do psa i z wielkiem przerażeniem spostrzegł dwoje opuszczonych dzieci.

W pierwszej chwili przeląkł się, czy już nie poumierały, kiedy jednak nachylił się nad nimi, posłyszał lekki tychże oddech. Dotknął przytem ręką policzków chłopców i przekonał się, że młodszy miał je ciepłe, gdy przeciwnie starszy zdawał się być zupełnie skostniałym od chłodu. Przez liście drzewa spadło kilka kropel deszczu, które zmoczyły rękaw jego koszuli.

- Biedne dzieci! rzekł nieznajomy półgłosem, zginą z chłodu i głodu, bo nie widzę tutaj ani żadnych zapasów żywności ani cieplejszej odzieży. Jak to można takie drobne istoty pozostawiać same na drodze. Co tu czynić? Pozostawić je tutaj, to to samo co pozwolić im umrzeć. Wziąć je ze sobą? Przedemną jeszcze daleka droga, nie wytrzymają tej podroży.

Gdy tak rozmyśla nieznajomy, pies zaczął głośno szczekać. Hałas ten zbudził ze snu starszego chłopca. Otworzył oczy, spojrzał na nieznajomego, zdumionym, ale pełnym prośby zwrokiem i rzekł zwracając się do psa:

- Cicho! Cicho! Proszę cię, nie rób hałasu i nie budź biednego Pawła, bo im dłużej śpi, tem mniej cierpi. Czy widzisz jak go starannie okryłem. Ciepło mu.

- A ty, biedny chłopcze, przemówił nieznajomy, tobie dobrze zimno, nieprawdaż?

- To nic nie szkodzi, odpowiedział, jestem już duży i mocny, gdy Paweł malutki jeszcze i skoro mu zimno lub głodny zaraz płacze.

- Jakże się nazywasz, moje biedne dziecko? zapytał podróżny.

- Nazywam się Jakób a mój brat Paweł, odpowiedział zapytany.

- Dlaczegoż tutaj jesteście sami? badał nieznajomy.

- Ponieważ nasza matka umarła, odrzekł Jakób, a ojca uprowadzili żandarmi: nie mamy więc żadnego schronienia i dla tego jesteśmy sami.

- Dla czego mój chłopcze, ojca waszego uprowadzili żandarmi?

- Nie wiem; być może dla tego żeby mu dać chleba, bo go wcale nie mieliśmy, odparł Jakób.

- Któż więc dawał jeść tobie i twemu bratu?

- Żebraliśmy; rzekł Jakob, wprawdzie dawali nam nie wiele, ale to jednak starczyło dla Pawła.

- A czy i ty byłeś syty?

- Nie, odpowiedział z uśmiechem, nic to przecież nie szkodzi, choć nie jadam po kilka dni, wszak jestem już duży.

Nieznajomego niezmiernie wzruszyła ta braterska i tak czuła miłość a ponieważ posiadał szlachetne serce, postanowił zabrać ze sobą dzieci i odprowadzić je do najbliższej wioski. Miał nadzieję, ze znajdzie tam jaką litościwą duszę, która przyjmie opuszczonych, za powrotem zaś swoim obmyśli środki w jaki sposób mógłby im dopomódz. Być może, ze do tego czasu odnajdą swego ojca, lub on ich odnajdzie.

- No Jakóbie, rzekł czy pójdziesz ze mną. Będę się tobą opiekował.

- A Pawłem? zapytał malec.

- Paweł także pójdzie z nami. Nie rozdzielę go z tak dobrym braciszkiem. Obudź go, bo czas nam w drogę.

- Ale Paweł jest strudzony, dodał Jakób, nie będzie mógł iść tak prędko jak pan.

- Nic nie znaczy, odpowiedział uspakajając nieznajomy, posadzę go na grzbiecie Kapitana; zaraz to zobaczysz.

Podróżny ostrożnie podniósł śpiącego chłopczynę i ułożył na grzbiecie olbrzymiego psa w postaci leżącej, zwracając głowę do karku Kapitana, potem zdjąwszy ze siebie płaszcz, pod którym miał mundur wojskowy, rozciągnął go jak derkę i dla zabezpieczenia od spadnięcia przywiązał rękawami pod brzuchem psa.

- Jakóbie, rzekł następnie, weź swój kaftan, bo go już brat nie potrzebuje i okryj się, będzie ci daleko cieplej. A teraz, dalej w drogę!

Jakób powstał, wnet jednak zatoczył się i upadł na ziemi. Łzy puściły się z jego oczu, czuł bowiem ze jest osłabiony, zesztywniały z chłodu i ze nie będzie mógł iść żadną miarą.

- Czyś chory mój chłopcze? zapytał zaniepokojony podróżny.

- Bynajmniej, odpowiedział Jakob, tylko że mi brak siły. Już od wczoraj nie miałem nic w ustach, bo ostatni kawałek chleba oddałem Pawłowi.

Podróżny nie mogąc powstrzymać się od łez, wyjął z torby chleb, ser, oraz tykwę z jabłecznikiem, podał je chłopcu i odkorkował flaszkę.

Na ten widok oczy Jakóba zajaśnialy radością i już miał właśnie zanieść chleb do ust gdy oko jego spoczęło na małym braciszku.

- A Paweł? rzekł, on również nie ma nic na śniadanie, zachowam więc ten chleb dla niego.

- Jest tu dosyć tego i dla Pawła, odpowiedział podróżny, jedz biedny chłopcze i nie troszcz się wcale o brata.

Jakób nie dał sobie tego dwa razy mówić, zaczął jeść i wypił trochę z flaszki z prawdziwą chciwością, powtarzając nieustannie:

Dziękuję kochanemu panu, dziękuję. Jesteś pan rzeczywiście dobry człowiek. Będę prosił Matki Boskiej abyś zawsze był szczęśliwym.

Podjadłszy uczuł się tak pokrzepionym, że oświadczył gotowość udania się w drogę.

Kapitan, ów olbrzymi pies, szedł ciągle obok Jakóba, ciepło jego ciała udzielało się śpiącemu jeszcze chłopcu. Nieznajomy wziął Jakóba za rękę i tym sposobem ruszyli w dalszą podróż.

Kapitan postępował za nimi z ostrożnością, nie pozwalając sobie na żaden skok, z obawy aby niewłaściwem poruszeniem nie zbudził śpiącego chłopczynę.

W drodze nieznajomy rozpytywał chłopca o dalsze stosunki i okoliczności jego życia. Jakób to tylko wiedział, że matka umarła, że cała garderoba i lepsze sprzęty domowe sprzedane zostały, tak że w końcu zabrakło im nawet na chleb, że ojciec był ciągle smutny i ciągle nadaremnie starał się o dostanie roboty.

Jednego dnia, opowiadał chłopczyna, przybyli żandarmi, ażeby uprowadzić ze sobą ojca, nie chciał on z nimi iść, mówiąc: Moje biedne dzieci! Moje biedne dzieci! przyczem je ściskał serdecznie. Jednakże żandarmi oświadczyli, że musi iść z nimi koniecznie, że mają rozkaz, przyprowadzenia go. Jeden z żandarmów dał mi kawałek chleba, mówiąc:

- Pozostań tu chłopcze ze swoim bratem, przyjdą wkrótce po was obu.

Czekałem dość długo, ale nikt nie przyszedł; wówczas wziąłem Pawła za rękę i udaliśmy się w drogę, gdzie nas oczy poniosą. Po dość długiej podróży przybyliśmy do jednego domu, którego mieszkańcy właśnie siedzieli przy kolacyi. Prosiłem o odrobinę zupy dla Pawła; posadzili nas przy stole, dali nam obudwom po wielkim talerzu zupy, następnie przygotowali dla nas łóżko i przespaliśmy się. Nazajutrz ofiarowano nam mleko i chleb, a nakoniec napełniwszy nasze kieszenie chlebem, wyrzekli:

- Idźcie dzieci, niech was Bóg strzeże i broni!

Oddaliliśmy się i szliśmy ciągle przez kilka dni. Wczoraj niespodzianie zaskoczył nas deszcz w drodze, a tu tymczasem nie widać było nigdzie ani chaty ani domu. Dałem bratu chleb, który zdołałem jeszcze zachować w zapasie, nakładłem mu liści pod drzewem i położyłem na nich Pawła, ale płakał, bo mu było zimno. Wówczas przypomniałem sobie co mi mawiała często matka:

- Módl się do Najświętszej Panny Maryi a ona cię nie opuści.

Modliłem się, jakoż Ona to podała mi myśl żeby zdjąć kaftanik i okryć nim ramiona i piersi Pawła i żeby położyć się przy jego nogach, bo tym sposobem cokolwiek go ogrzeję. Wkrótce też usnął; byłem kontent i nie poruszałem się wcale z obawy, żeby go nie obudzić; dziękowałem Matce Boskiej, prosząc zarazem, aby nam nazajutrz dostarczyła śniadania, bo byłem bardzo głodny i dla Pawła nic już zgoła nie miałem. Popłakawszy trochę, usnąłem. I najniezawodniej to Matka Boska zesłała nam ciebie, kochany panie, i poprowadziła tutaj aż do dębu; o Ona jest bardzo dobra a moja matka zawsze mówiła:

- Jeżeli czego potrzebujesz, proś o to Matki bożej a zobaczysz, że Ona cię wysłucha.

Nieznajomy nic nie odpowiadał, tylko silniej ścisnął za rękę Jakóba i w milczeniu szli obok siebie. Wkrótce spostrzegł, że Jakób coraz bardziej zwalnia kroku.

- Czyś znużony kochany chłopcze, rzekł z dobrocią.

- O mogę jeszcze iść; jak przybędziemy do wsi, odpocznę sobie.

Jednakże podróżny wziął go na ręce dodając:

- Tym sposobem pójdziemy prędzej.

- Ja jestem ciężki, odparł Jakób.

- Nie troszcz się zgoła o to, moje dziecię, rzekł nieznajomy z uśmiechem. Daleko większe dźwigałem ciężary, gdy byłem w wojsku, podczas wojny.

- Pan byłeś żołnierzem? zapytał Jakób. - Ale przecież nie byłeś pan żandarmem?

- Nie, nie byłem żandarmem. Powracam obecnie do domu, ponieważ wysłużyłem przepisane lata.

- Jak się pan nazywasz? zapytał z ciekawością Jakób.

- Nazywam się Moutiér.

- Moutiér, powtórzył chłopiec, nie zapomnę nigdy tego nazwiska.

- I ja równie nie zapomnę twojego, mój kochany Jakóbie, upewniał go podróżny. Jesteś dzielny chłopiec i dobry brat.

Od chwili, kiedy Jakóba wziął na ręce nieznajomy, zaczęli iść przyspieszonym krokiem i wkrótce nasi podróżni dotarli do wsi, na wstępie której stała piękna oberża. Ujrzeli nawet oczekującego w progu gospodarza.

- Czy mógłbym odpocząć u pana z temi dwoma chłopcami i moim psem, zapytał Moutiér oberżystę.

- Przyjmuję chętnie ludzi, odpowiedział tenże, ale zwierząt nigdy.

- W ten sposób ani ja, ani moi chłopcy nie będą się panu naprzykrzać, odparł Moutier, oddalając się.

Gospodarz spojrzał na niego rozgniewany. Żałował jednak, że odmówił gościnności tak wielce ceniącemu swych chłopców i psa, może byłby mu dobrze zapłacił.

- Hej! panie podróżny! zawołał nareszcie.

- Co takiego? odpowiedział Moutier, odwracając się.

- Możesz pan u mnie znaleźć i mieszkanie i wszystko, czego potrzebujesz, rzekł gospodarz.

- Dziękuję łaskawemu panu, odparł krótko Moutier, i zastosuję się do pierwszej pańskiej odmowy.

- Nie znajdziesz pan w całej wsi wygodniejszej gospody, mówił oberżysta.

- Tem lepiej dla gości, którzy pomieszczą się u pana.

- Nie wyrządzisz mi pan takiej przykrości, odmawiając mojemu zaproszeniu, dodał prędko oberżysta.

- A jednak pan wyrządziłeś mi tę przykrość, odmawiając schronienia, odpowiedział Moutier.

- Boże kochany, kiedym to wyrzekł, jeszczem się panu dobrze nie przypatrzył, usprawiedliwiał się gospodarz.

- I ja też równie pytając pana, nie przypatrzyłem się mu jak należy. Teraz dopiero przywołany przez pana, jestem mu niezmiernie wdzięczny za odmowę i idę dalej.

Moutier odwrócił się tyłem do gospodarza, kierując się do innej, daleko skromniej wyglądającej gospody, stojącej na końcu wsi, gdy tymczasem gospodarz pobladł z gniewu i z żalu, że skutkiem swej miny, pozbył się dochodu.