LE BOSSU
LES MAÎTRES EN FAIT D'ARMES.
I. - La vallée de Louron. -
Il y avait autrefois une ville en ce lieu, la cité de Lorre, avec des temples pa?ens, des amphithéâtres et un capitole. Maintenant, c'est un val désert o? la charrue paresseuse du cultivateur gascon semble avoir peur d'émousser son fer contre le marbre des colonnes enfouies.
La montagne est tout pr?s. La haute chaîne des Pyrénées déchire juste en face de vous ses neigeux horizons, et montre le ciel bleu du pays espagnol a travers la coupure profonde qui sert de chemin aux contrebandiers de Vénasque.
A quelques lieues de la, Paris tousse, danse, ricane et r?ve qu'il guérit son incurable bronchite aux sources de Bagn?res-de-Luchon ; un peu plus loin, de l'autre côté, un autre Paris, Paris rhumatisant, croit laisser ses sciatiques au fond des sulfureuses piscines de Baréges-les-Bains.
Éternellement, la foi sauvera Paris, malgré le fer, la magnésie ou le soufre !
C'est la vallée de Louron, entre la vallée d'Aure et la vallée de Barousse, la moins connue peut-?tre des touristes effrénés qui viennent chaque année découvrir ces sauvages contrées ; c'est la vallée de Louron avec ses oasis fleuries, ses torrents prodigieux, ses roches fantastiques et sa rivi?re, sa brune Clarabide, sombre cristal qui se meut entre deux rives escarpées, avec ses for?ts étranges et son vieux château vaniteux, fanfaron, invraisemblable comme un po?me de chevalerie.
En descendant la montagne, a gauche de la coupure, sur le versant du petit pic Véjan, vous apercevez d'un coup d'?il tout le paysage. La vallée de Louron forme l'extr?me pointe de la Gascogne. Elle s'étend en éventail entre la for?t d'Ens et ces beaux bois du Fréchet qui rejoignent, a travers le val de Barousse, les paradis de Mauléon, de Nestes et de Campan. La terre est pauvre, mais l'aspect est riche. Le sol se meut presque partout violemment. Ce sont des gaves qui déchirent la pelouse, qui déchaussent profondément le pied des h?tres géants, qui mettent a nu la base du roc ; ce sont des rampes verticales, fendues de haut en bas par la racine envahissante des pins. Quelque troglodyte a creusé sa demeure au pied, tandis qu'un guide ou un berger suspend la sienne au sommet de la falaise.
Vous diriez l'aire isolée et haute de l'aigle.
La for?t d'Ens suit le prolongement d'une colline qui s'arr?te tout a coup au beau milieu de la vallée pour donner passage a la Clarabide. L'extrémité orientale de cette colline présente un escarpement abrupt o? nul sentier ne fut jamais tracé. Le sens de sa formation est a l'inverse des chaînes environnantes. Elle tendrait a fermer la vallée, comme une énorme barricade jetée d'une montagne a l'autre, si la rivi?re ne l'arr?tait court.
On appelle dans le pays cette section miraculeuse le Hachaz (le coup de hache). Il y a naturellement une légende, mais nous vous l'épargnerons.
C'était la que s'élevait le capitole de la ville de Lorre, qui sans doute a donné son nom au val de Louron.
C'est la que se voient encore les ruines du château de Caylus-Tarrides.
De loin, ces ruines ont un grand aspect. Elles occupent un espace considérable, et, a plus de cent pas du Hachaz, on voit encore poindre parmi les arbres le sommet déchiqueté des vieilles tours.
De pr?s, c'est comme un village fortifié. Les arbres ont poussé partout dans les décombres, et tel sapin a d? percer, pour croître, une vo?te en pierres de taille. Mais la plupart de ces ruines appartiennent a d'humbles constructions, o? le bois et la terre battue remplacent bien souvent le granit.
La tradition rapporte qu'un Caylus-Tarrides (c'était le nom de cette branche, importante surtout par ses immenses richesses) fit élever un rempart autour du petit hameau de Tarrides, pour protéger ses vassaux huguenots apr?s l'abjuration d'Henri IV.
Il se nommait Gaston de Tarrides, et portait titre de baron. Si vous allez aux ruines de Caylus, on vous montrera l'arbre du baron.
C'est un ch?ne. Sa racine entre en terre au bord de l'ancienne douve qui défendait le château vers l'occident. Une nuit, la foudre le frappa. C'était déja un grand arbre ; il tomba au choc et se coucha en travers de la douve.
Depuis lors, il est resté la, végétant par l'écorce, qui seule est restée vive a l'endroit de la rupture. Mais le point curieux, c'est qu'une pousse s'est dégagée du tronc, a trente ou quarante pieds des bords de la douve. Cette pousse a grandi ; elle est devenue un ch?ne superbe, un ch?ne suspendu, un ch?ne miracle, sur lequel deux mille cinq cents touristes ont déja gravé leur nom.
Ces Caylus-Tarrides se sont éteints vers le commencement du xviiie si?cle en la personne de François de Caylus, chevalier, marquis de Caylus, l'un des personnages de notre histoire.
En 1699, M. le marquis de Caylus était un homme de soixante ans. Il avait suivi la cour au commencement du r?gne de Louis XIV, mais sans beaucoup de succ?s, et s'était retiré mécontent.
Il vivait seul maintenant dans ses terres, avec la belle Aurore de Caylus, sa fille unique.
On l'avait surnommé dans le pays Caylus-Verrous. Voici pourquoi.
Aux abords de sa quaranti?me année, M. le marquis, veuf d'une premi?re femme qui ne lui avait point donné d'enfants, était devenu amoureux de la fille du comte de Soto-Mayor, gouverneur de Pampelune. In?s de Soto-Mayor avait alors dix-sept ans.
C'était une fille de Madrid, aux yeux de feu, au c?ur plus ardent que ses yeux.
Le marquis passait pour n'avoir point donné beaucoup de bonheur a sa premi?re femme, toujours renfermée dans le vieux château de Caylus, o? elle était morte a vingt-cinq ans.
In?s déclara a son p?re qu'elle ne serait jamais la compagne de cet homme.
Mais c'était bien une affaire, vraiment, dans cette Espagne des drames et des comédies, que de forcer la volonté d'une jeune fille !
Les alcades, les du?gnes, les valets coquins et la sainte inquisition n'étaient, au dire de tous les vaudevillistes, institués que pour cela !
Un beau soir, la triste In?s, cachée derri?re sa jalousie, dut écouter pour la derni?re fois la sérénade du fils cadet du corrégidor, lequel jouait fort bien de la guitare. Elle partait le lendemain pour la France avec M. le marquis.
Celui-ci prenait In?s sans dot, et offrait, en outre, a M. de Soto-Mayor je ne sais combien de milliers de pistoles.
L'Espagnol, plus noble que le roi et plus gueux encore que noble, ne pouvait résister a de semblables façons.
Quand M. le marquis ramena au château de Caylus sa belle Madril?ne long voilée, ce fut une fi?vre générale parmi les jeunes gentilshommes de la vallée de Louron. Il n'y avait point alors de touristes, ces lovelaces ambulants qui s'en vont incendier les c?urs de province partout o? le train de plaisir favorise les voyages au rabais ; mais la guerre permanente avec l'Espagne entretenait de nombreuses troupes de partisans a la fronti?re, et M. le marquis n'avait qu'a se bien tenir.
Il se tint bien ; il accepta bravement la gageure. Le galant qui e?t voulu tenter la conqu?te de la belle In?s aurait d? d'abord se munir de canons de si?ge. Il ne s'agissait pas seulement d'un c?ur : le c?ur était a l'abri derri?re les remparts d'une forteresse.
Les tendres billets n'y pouvaient rien, les douces ?illades y perdaient leurs flammes et leurs langueurs, la guitare elle-m?me était impuissante. La belle In?s était inabordable.
Pas un galant, chasseur d'ours, hobereau ou capitaine, ne put se vanter seulement d'avoir vu le coin de sa prunelle.
C'était se bien tenir. Au bout de trois ou quatre ans, la pauvre In?s repassa enfin le seuil de ce terrible manoir.
Ce fut pour aller au cimeti?re.
Elle était morte de solitude et d'ennui.
Elle laissait une fille.
La rancune des galants vaincus donna au marquis ce surnom de Verrous.
De Tarbes a Pampelune, d'Argel?s a Saint-Gaudens, vous n'eussiez trouvé ni un homme, ni une femme, ni un enfant, qui appelât M. le marquis autrement que Caylus-Verrous.
Apr?s la mort de sa seconde femme, il essaya encore de se remarier, car il avait cette bonne nature de Barbe-Bleue qui ne se décourage point ; mais le gouverneur de Pampelune n'avait plus de filles, et sa réputation de geôlier était si parfaitement établie, que les plus intrépides parmi les demoiselles a marier recul?rent devant sa recherche.
Il resta veuf, attendant avec impatience l'âge o? sa fille aurait besoin d'?tre cadenassée. Les gentilshommes du pays ne l'aimaient point, et, malgré son opulence, il manquait souvent de compagnie. L'ennui le chassa hors de ses donjons. Il prit l'habitude d'aller chaque année a Paris, o? les jeunes courtisans lui empruntaient de l'argent et se moquaient de lui.
Pendant ces absences, Aurore restait a la garde de deux ou trois du?gnes et d'un vieux chapelain.
Aurore était belle comme sa m?re. C'était du sang espagnol qui coulait dans ses veines. Quand elle eut seize ans, les bonnes gens du hameau de Tarrides entendirent souvent, dans les nuits noires, les chiens de Caylus qui hurlaient.
Vers cette époque, Philippe de Lorraine, duc de Nevers, un des plus brillants seigneurs de la cour de France, vint habiter son château de Buch dans le Jurançon. Il atteignait a peine sa vingti?me année, et, pour avoir usé trop tôt de la vie, il s'en allait mourant d'une maladie de langueur. L'air des montagnes lui fut bon ; apr?s quelques semaines de vert, on le vit mener ses équipages de chasse jusque dans la vallée de Louron.
La premi?re fois que les chiens de Caylus hurl?rent la nuit, le jeune duc de Nevers, harassé de fatigue, avait demandé le couvert a un b?cheron de la for?t d'Ens.
Nevers resta un an a son château de Buch. Les bergers de Tarrides disaient que c'était un généreux seigneur.
Les bergers de Tarrides racontaient deux aventures nocturnes qui eurent lieu pendant son séjour dans le pays. - Une fois, on vit, a l'heure de minuit, des lueurs a travers les vitraux de la vieille chapelle de Caylus.
Les chiens n'avaient pas hurlé ; - mais une forme sombre, que les gens du hameau commençaient a connaître pour l'avoir aperçue souvent, s'était glissée dans les douves apr?s la brune tombée.
Ces antiques châteaux sont tous pleins de fantômes.
Une autre fois, vers onze heures de nuit, dame Marthe, la moins âgée des du?gnes de Caylus, sortit du manoir par la grand'porte, et courut a cette cabane de b?cheron o? le jeune duc de Nevers avait nagu?re reçu l'hospitalité. Une chaise portée a bras traversa peu apr?s le bois d'Ens. - Puis des cris de femme sortirent de la cabane du b?cheron.
Le lendemain, ce brave homme avait disparu. Sa cabane fut a qui voulut la prendre.
Dame Marthe quitta aussi, le m?me jour, le château de Caylus.
Il y avait quatre ans que ces choses s'étaient passées. On n'avait plus ou? parler jamais du b?cheron ni de dame Marthe.
Philippe de Nevers n'était plus a son manoir de Buch.
Mais un autre Philippe, non moins brillant, non moins grand seigneur, honorait la vallée de Louron de sa présence. C'était Philippe-Polyx?ne de Mantoue, prince de Gonzague, a qui M. le marquis de Caylus prétendait donner sa fille Aurore en mariage.
Gonzague était un homme de trente ans, un peu efféminé de visage, mais d'une beauté rare au demeurant. Impossible de trouver plus noble tournure que la sienne. Ses cheveux noirs, soyeux et brillants, s'enflaient autour de son front plus blanc qu'un front de femme, et formaient naturellement cette coiffure ample et un peu lourde que les courtisans de Louis XIV n'obtenaient gu?re qu'en ajoutant deux ou trois chevelures a celle qu'ils avaient apportée en naissant. Ses yeux noirs avaient le regard clair et orgueilleux des gens d'Italie. Il était grand, merveilleusement taillé ; sa démarche et ses gestes avaient une majesté théâtrale.
Nous ne disons rien de la maison d'o? il sortait. Gonzague sonne aussi haut dans l'histoire que Bouillon, Este ou Montmorency.
Ses liaisons valaient sa noblesse. Il avait deux amis, deux fr?res, dont l'un était Lorraine, l'autre Bourbon. Le duc de Chartres, neveu propre de Louis XIV, depuis duc d'Orléans et régent de France, le duc de Nevers et le prince de Gonzague étaient inséparables. La cour les nommait les trois Philippe. Leur tendresse mutuelle rappelait les beaux types de l'amitié antique.
Philippe de Gonzague était l'aîné ; le futur régent n'avait que vingt-quatre ans, et Nevers comptait une année de moins.
On doit penser combien l'idée d'avoir un gendre semblable flattait la vanité de vieux Caylus. Le bruit public accordait a Gonzague des biens immenses en Italie ; de plus, il était cousin germain et seul héritier de Nevers, que chacun regardait comme voué a une mort précoce. Or, Philippe de Nevers, unique héritier du nom, possédait un des plus beaux domaines de France.
Certes, personne ne pouvait soupçonner le prince de Gonzague de souhaiter la mort de son ami ; mais il n'était pas en son pouvoir de l'emp?cher, et le fait certain est que cette mort le faisait dix ou douze fois millionnaire.
Le beau-p?re et le gendre étaient a peu pr?s d'accord. Quant a Aurore, on ne l'avait m?me pas consultée. Syst?me Verrous.
C'était par une belle journée d'automne, en cette année 1699. Louis XIV se faisait vieux, et se fatiguait de la guerre. La paix de Ryswyck venait d'?tre signée ; mais les escarmouches entre partisans continuaient aux fronti?res, et la vallée de Louron, entre autres, avait bon nombre de ces hôtes incommodes.
Dans la salle a manger du château de Caylus, une demi-douzaine de convives étaient assis autour de la table amplement servie. Le marquis pouvait avoir ses vices, mais du moins traitait-il comme il faut.
Outre le marquis, Gonzague et mademoiselle de Caylus, qui occupaient le haut bout de la table, les assistants étaient tous gens de moyen état et a gages. C'était d'abord dom Bernard, le chapelain de Caylus, qui avait charge d'âmes dans le petit hameau de Tarrides, et tenait, en la sacristie de sa chapelle registre des déc?s, naissances et mariages ; c'était ensuite dame Isidore du mas de Gabour, qui avait remplacé dame Marthe dans ses fonctions aupr?s d'Aurore ; c'était, en troisi?me lieu, le sieur de Peyrolles, gentilhomme attaché a la personne du prince de Gonzague.
Nous devons faire connaître celui-ci, qui tiendra sa place dans notre récit.
M. de Peyrolles était un homme entre deux âges, a figure maigre et pâle, a cheveux rares, a stature haute et un peu vo?tée. De nos jours, on se représenterait difficilement un personnage semblable sans lunettes ; la mode n'y était point. Ses traits étaient comme effacés, mais son regard myope avait de l'effronterie. Gonzague affirmait que M. de Peyrolles se servait fort bien de l'épée qui pendait gauchement a son flanc.
En somme, Gonzague le vantait beaucoup ; il avait besoin de lui.
Les autres convives, officiers de Caylus, pouvaient passer pour de purs comparses.
Mademoiselle Aurore de Caylus faisait les honneurs avec une dignité froide et taciturne. Généralement, on peut dire que les femmes, voire les plus belles, sont ce que leur sentiment présent les fait. Telle peut ?tre adorable aupr?s de ce qu'elle aime, et presque déplaisante ailleurs. Aurore était de ces femmes qui plaisent en dépit de leur vouloir, et qu'on admire malgré elles-m?mes.
Elle avait le costume espagnol. Trois rangs de dentelles tombaient parmi le jais ondulant de ses cheveux.
Bien qu'elle n'e?t pas encore vingt ans, les lignes pures et fi?res de sa bouche parlaient déja de tristesse ; mais que de lumi?re devait faire naître le sourire autour de ses jeunes l?vres ! et que de rayons dans ses yeux largement ombragés par la soie recourbée des longs cils !
Il y avait bien des jours qu'on n'avait vu un sourire autour des l?vres d'Aurore.
Son p?re disait :
- Tout cela changera quand elle sera madame la princesse.
Et il ne s'en inquiétait point autrement.
A la fin du second service, Aurore se leva et demanda la permission de se retirer. Dame Isidore jeta un long regard de regret sur les pâtisseries, confitures et conserves qu'on apportait. Son devoir l'obligeait de suivre sa jeune maîtresse.
D?s qu'Aurore fut partie, le marquis prit un air plus guilleret.
- Prince, dit-il, vous me devez ma revanche aux échecs... ?tes vous pr?t ?
- Toujours a vos ordres, cher marquis, répondit Gonzague.
Sur l'ordre de Caylus, on apporta une table et l'échiquier. Depuis quinze jours que le prince était au château, c'était bien la cent cinquanti?me partie qui allait commencer.
A trente ans, avec le nom et la figure de Gonzague, cette passion d'échecs devait donner a penser.
De deux choses l'une : ou il était bien ardemment amoureux d'Aurore, ou il était bien désireux de mettre la dot dans ses coffres.
Tous les jours, apr?s le dîner comme apr?s le souper, on apportait l'échiquier. Le bonhomme Verrous était de quatorzi?me force. Tous les jours, Gonzague se laissait gagner une douzaine de parties, a la suite desquelles Verrous triomphant s'endormait dans son fauteuil, sans quitter le champ de bataille, et ronflait comme un juste.
C'était ainsi que Gonzague faisait sa cour a mademoiselle Aurore de Caylus.
- Monsieur le prince, dit le marquis en rangeant ses pi?ces, je vais vous montrer aujourd'hui une combinaison que j'ai trouvée dans le docte traité de Cessolis... Je ne joue pas aux échecs comme tout le monde, et je tâche de puiser aux bonnes sources. Le premier venu ne saurait point vous dire que les échecs furent inventés par Attalus, roi de Pergame, pour divertir les Grecs durant le long si?ge de Troie. Ce sont des ignorants ou des gens de mauvaise foi qui en attribuent l'honneur a Palam?de... Voyons, attention a votre jeu, s'il vous plaît.
- Je ne saurais vous exprimer, monsieur le marquis, répliqua Gonzague, tout le plaisir que j'ai a faire votre partie.
Ils engag?rent. Les convives étaient encore autour d'eux.
Apr?s la premi?re partie perdue, Gonzague fit signe a Peyrolles, qui jeta sa serviette et sortit. Peu a peu le chapelain et les autres officiers l'imit?rent. Verrous et Gonzague rest?rent seuls.
- Les Latins, reprenait le bonhomme, appelaient cela le jeu des latrunculi ou petits voleurs... Les Grecs le nommaient zatrikion. Sarrazin fait observer, dans son excellent livre...
- Monsieur le marquis, interrompit Philippe de Gonzague, je vous demande pardon de ma distraction... me permettez-vous de relever cette pi?ce ?
Par mégarde, il venait d'avancer un pion qui lui donnait partie gagnée.
Verrous se fit un peu tirer l'oreille, mais sa magnanimité l'emporta.
- Relevez, dit-il, monsieur le prince, mais n'y revenez point, je vous prie... Les échecs ne sont point un jeu d'enfant.
Gonzague poussa un profond soupir.
- Je sais, je sais, poursuivit le bonhomme d'un accent goguenard, nous sommes amoureux...
- A en perdre l'esprit ! monsieur le marquis.
- Je connais cela, monsieur le prince... Attention au jeu !... je prends votre fou.
- Vous ne m'achevâtes point hier, dit Gonzague en homme qui veut secouer de pénibles pensées, l'histoire de ce gentilhomme qui voulut s'introduire dans votre maison...
- Ah ! rusé matois ! s'écria Verrous, vous essayez de me distraire ; mais je suis comme César, qui dictait cinq lettres a la fois... Vous savez qu'il jouait aux échecs ?... Eh bien, le gentilhomme eut une demi-douzaine de coups d'épée, la-bas, dans le fossé. Pareille aventure a eu lieu plus d'une fois ; aussi la médisance n'a jamais trouvé a mordre sur la conduite de mesdames de Caylus.
- Et ce que vous faisiez alors en qualité de mari, monsieur le marquis, demanda négligemment Gonzague, le feriez-vous aussi comme p?re ?
- Parfaitement, repartit le bonhomme ; je ne connais pas d'autre façon de garder les filles d'Eve... Schah-Mato ! monsieur le prince, comme disent les Persans..., vous ?tes encore battu.
Il s'étendit dans son fauteuil.
- De ces deux mots schah-mato, continua-t-il en s'arrangeant pour dormir sa sieste, qui signifient le roi est mort, nous avons fait échec et mat, suivant Ménage et suivant Fréret... Quant aux femmes, croyez-moi..., de bonnes rapi?res autour de bonnes murailles..., voila le plus clair de la vertu !...
Il ferma les yeux et s'endormit. Gonzague quitta précipitamment la salle a manger.
Il était a peu pr?s deux heures apr?s midi. M. de Peyrolles attendait son maître en rôdant dans les corridors.
- Nos coquins ? fit Gonzague d?s qu'il l'aperçut.
- Il y en a six d'arrivés, répondit Peyrolles.
- O? sont-ils ?
- A l'auberge de la Pomme-d'Adam, de l'autre côté des douves.
- Qui sont les deux manquants ?
- Maître Cocardasse junior, de Tarbes, et fr?re Passepoil, son prévôt.
- Deux bonnes lames ! fit le prince ; - et l'autre affaire ?
- Dame Marthe est présentement chez mademoiselle de Caylus.
- Avec l'enfant ?
- Avec l'enfant.
- Par o? est-elle entrée ?
- Par la fen?tre basse de l'étuve qui donne dans les fossés, sous le pont.
Gonzague réfléchit un instant, puis il reprit :
- As-tu interrogé dom Bernard ?
- Il est muet, répondit Peyrolles.
- Combien as-tu offert ?
- Cinq cents pistoles.
- Cette dame Marthe doit savoir o? est le registre... Il ne faut pas qu'elle sorte du château.
- C'est bien, dit Peyrolles.
Gonzague se promenait a grands pas.
- Je veux lui parler moi-m?me, murmura-t-il ; mais es-tu bien s?r que mon cousin de Nevers ait reçu le message d'Aurore ?
- C'est notre Allemand qui l'a porté.
- Et Nevers doit arriver ?
- Ce soir.
Ils étaient a la porte de l'appartement de Gonzague.
Au château de Caylus, trois corridors se coupaient a angle droit : un pour le corps de logis, deux pour les ailes en retour.
L'appartement du prince était situé dans l'aile occidentale, terminée par l'escalier qui menait aux étuves. Un bruit se fit dans la galerie centrale. C'était madame Marthe, qui sortait du logis de mademoiselle de Caylus. Peyrolles et Gonzague entr?rent précipitamment chez ce dernier, laissant la porte entre-bâillée.
L'instant d'apr?s, dame Marthe traversait le corridor d'un pas furtif et rapide.
Il faisait plein jour ; mais c'était l'heure de la sieste, et la mode espagnole avait franchi les Pyrénées. Tout le monde dormait au château de Caylus. Dame Marthe avait tout sujet d'espérer qu'elle ne ferait point de fâcheuse rencontre.
Comme elle passait devant la porte de Gonzague, Peyrolles s'élança sur elle a l'improviste, et lui appuya fortement son mouchoir contre la bouche, étouffant ainsi son premier cri. Puis il la prit a bras-le-corps, et l'emporta demi-évanouie dans la chambre de son maître.
III. TRZECH FILIPÓW.
Jedyne okno oberży pod "Jabłkiem Adama" wychodziło na łąki markiza. W tej chwili widać tam było licznych kosiarzy, układających w fosie pod mostem snopki siana.
Ściany fosy gęsto podziurawione były strzelnicami. Pod samym mostem znajdowało się małe okienko, opatrzone żelazną kratą i zamknięte na mocną kłódkę. Było to jedyne okno łaźni Kajlusa, olbrzymiej sali podziemnej, w której zachowały się jeszcze resztki wspaniałości. Wiadomo, z jakim przepychem urządzano kąpiele w wiekach średnich, szczególniej na południe.
Zegar na wieży wybił godzinę trzecią po południu.
Tymczasem nasi mistrzowie fechtunku, ochłonąwszy z pierwszego wrażenia, odzyskali zwykłą sobie fantazyę. Przecież owego sławetnego junaka, pięknego Lagardera, nie było w tej chwili między nimi i nie na niego tu czekali.
- Ano! - zawołał Saldini - coś ci powiem, przyjacielu Kokardasie. Dałbym dziesięć pistolów, żeby go zobaczyć, tego twojego rycerza Lagardera.
- Ze szpadą w ręku? - zapytał Kokardas, wychyliwszy szklankę wina i mlasnąwszy językiem. - Tylko tego dnia, kochanku, - dodał poważnie - oczyść swą duszę i poleć się opiece boskiej!
Saldani nałożył kapelusz na bakier. Nie nabito sobie jeszcze ani jednego guza. Była to rzecz nadzwyczajna i bójka już miała się zacząć, gdy Staupic, stojący koło okna, zawołał:
- Cicho chłopcy! Oto pan Pejrol, służalec księcia Gonzagi.
P. Pejrol rzeczywiście jechał konno przez pole.
- Zadużośmy mówili - rzekł pośpiesznie Paspoal - a nic nie powiedzieli. Nevers i jego cios warte są wiele złota, towarzysze, ot co powinniście wiedzieć. Czy chcecie odrazu zrobić majątek?
Nie trzeba powtarzać odpowiedzi towarzyszów Paspoala. Ten zaś mówił dalej:
- Jeżeli tego chcecie, pozwólcie działać mistrzowi i mnie. Cokolwiek powiemy Pejrolowi, przytwierdzajcie.
- Zgoda! - zakrzyknęli chórem.
- Przynajmniej - dokończył braciszek Paspoal - ci, których nie zakłuje szpada Neversa, będą mieli za co zakupić mszę na intencyę nieboszczyków.
Wszedł p. Pejrol.
Paspoal pierwszy zdjął swą wełnianą czapę z niskim ukłonem; inni poszli za jego przykładem.
Pejrol przyniósł pod pachą duży worek pieniędzy. Rzucił go z brzękiem na stół.
- Macie tu, zuchy, oto wasz żer! - zawołał.
A potem, zliczywszy ich wzrokiem:
- Brawo, jesteśmy w komplecie! - rzekł. - Chcę wam powiedzieć w kilku słowach, jaką macie robotę.
- Słuchamy, mój dobry panie Pejrol - odezwał się Kokardas, opierając się obydwoma łokciami na stole. - A więc!
Inni powtórzyli:
- Słuchamy.
Pejrol przybrał pozę mówcy.
- Dziś wieczorem - rzekł - koło godziny ósmej, będzie przejeżdżał przez tę drogę, którą tu widzicie, tuż pod oknem, pewien człowiek. Gdy minie fosę, przywiąże konia do jednego ze słupów mostu. Patrzcie tam pod mostem, czy widzicie okienicę założoną dębowa belką?
- Doskonale, mój dobry panie Pejrol - odrzekł Kokardas. - Nie bój się! Nie jesteśmy ślepi.
- Ten człowiek zbliży się do okna...
- I w tej chwili my go zaczepimy?
- Bardzo grzecznie - przerwał z ponurym uśmiechem Pejrol - i wtedy zarobicie wasze pieniądze.
- Korono cierniowa! - wykrzyknął Kokardas - ten dobry pan Pejrol zawsze znajdzie jakieś śmieszne słowo!
- Czy zgoda?
- Naturalnie, ale mam nadzieję, że się jeszcze nie rozstajemy?
- Moi przyjaciele, ja się śpieszę - odrzekł Pejrol, kierując się już ku wyjściu.
- Jakto! - wykrzyknął Gaskończyk. - I nie powiesz nam nawet imienia człowieka, którego mamy... zaczepić?
- To imię nic was nie obchodzi.
Kokardas mrugnął okiem; w tej chwili między zbirami rozległ się szmer niezadowolenia. Paspoal szczególniej czuł się urażonym.
- Nie powiedziawszy nam nawet - ciągnął dalej Kokardas - kto jest ten szlachetny pan, dla którego mamy pracować?
Pejrol zatrzymał się i spojrzał na Kokardasa. Długa twarz zaufanego księcia wyrażała niepokój.
- Co wam do tego? - zapytał, starając się przybrać wyniosłą minę.
- Bardzo to dla nas ważne, mój dobry panie Pejrol.
- Przecież jesteście już zapłaceni.
- A może uważamy, że nie zapłacono nas jdosyć dobrze, mój dobry panie Pejrol.
- Co to znaczy, przyjacielu?
Kokardas powstał, inni poszli za jego przykładem. - Do kroćset, kochaneczku! - rzekł, zmieniając nagle ton - mówmy otwarcie. Jesteśmy tu wszyscy mistrzami fechtunku, a więc szlachcicami. Szczególniej ja, Gaskończyk! Nasze rapiery - w tej chwili uderzył po rękojeści swojego, - nasze rapiery chcą wiedzieć, co mają robić.
- Ot co! - przytwierdził braciszek Paspoal, przysuwając uprzejmie stołek zaufanemu księcia Filipa Gonzagi.
Wszyscy gorąco mu przytaknęli Pejrol wahał się chwilę.
- Moje zuchy, - rzekł, - jeżeli tak bardzo pragniecie wiedzieć, to sami mogliście byli łatwo odgadnąć. Do kogo należy ten zamek?
- Do p. markiza Kajlusa, do kroćset! Dobry pan, którego żony nie starzeją się. Kajlusa zamek, a więc?
- Zaiste, co za domyślność! - rzekł dobrodusznie p. Pejrol, - pracujecie dla p. markiza Kajlusa. - Czy wierzycie w to towarzysze? - zapytał Kokardas zuchwałym tonem.
- Nie! - odrzekł braciszek Paspoal.
- Nie! - powtórzyła uległa gromada.
Trochę krwi napłynęło do chudych policzków Pejrola.
- Jakto, hultaje! - zawołał.
- Ej, kochanku! - przerwał mu Kokardas. Strzeż się... moi szlachetni towarzysze szemrzą! Rozmawiajmy lepiej spokojnie i jak dobrzy kompanowie. Jeżeli pana zrozumiałem, rzecz tak się przedstawia: Pan markiz Kajlus dowiedział się, że pewien piękny młodzieniec, dobry szlachcic, dostaje się od czasu do czasu nocą do jego zamku, przez to nizkie okienko. Czy tak? No, tak?
- Tak - rzekł Pcjrol.
- Wie także, że jego córka, Aurora Kajlus, kocha tego młodzieńca.
- Najzupełniejsza prawda - przytwierdził jeszcze służalec księcia.
- Według ciebie, panie Pejrol! Ty w ten sposób tłómaczysz nasze zebranie w oberży pod "Jabłkiem Adama". Inni mogliby uznać tłómaczenie to za słuszne, ale ja mam własne powody, aby uważać je za fałszywe. Nie powiedziałeś nam prawdy, panie Pejrol.
- Do licha! - zawołał Pejrol - za wiele tego zuchwalstwa!
Głos jego zagłuszyły wykrzykniki zbirów.
- Mów, Kokardasie, mów mów! - wołali.
Gaskonczyk nie dał się prosić.
- Przedewszystkiem - zaczął - towarzysze moi wiedzą równic dobrze, jak i ja, że ten gość nocny, polecony naszym szpadom, jest ni raniej ni więcej, tylko książę...
- Książę! - rzekł Pejrol, wzruszając ramionami.
Kokardas ciągnął dalej:
- Książę Lotaryński, Filip de Nevers.
- Wiecie w takim razie więcej odemnie! - rzekł Pejrol.
- O nie! Korono cierniowa! I to nie wszystko. Jest jeszcze coś więcej i tego moi towarzysze pewno nie wiedzą. Aurora Kajlus nie jest kochanką p. Neversa...
- Ach!... - zawołał Pejrol.
- Jest jego żoną! - dokończył śmiało Gaskończyk.
- Pejrol zbladł i wybełkotał:
- Skąd ty to wiesz, ty?
- To pewne, że wiem, a jakim sposobem, to mniejsza z tem. Zaraz pokażę, że wiem wiele jeszcze innych rzeczy. Przed czterema laty odbył się tajemny ślub w kaplicy Kajlusa i jeżeli się nie mylę, ty i twój szlachetny pan...
Przerwał i, szyderskim ruchem, zdjął swój pilśniowy kapelusz.
- Wyście byli świadkami, panie Pejrol - dokończył.
Pejrol nie zaprzeczał.
- Do czego prowadzisz? - zapytał tylko.
- Do wykrycia imienia tego wielkiego pana, któremu będziemy służyli tej nocy - odparł Gaskończyk.
- Nevers poślubił córkę, pomimo woli jej ojca - rzekł Pejrol. - P. markiz Kajlus mści się. Cóż może być bardziej prostego.
- Nic, gdyby ten poczciwy Klucznik wiedział o tem. Ale wy byliście dyskretni, p. Kajlus nie wie o niczem... Cierniowa korono! Stary filut nie odtrącałby tak najpierwszej partyi we Francyi! Wszystko dawnoby się skończyło, gdyby p. Nevers powiedział temu poczciwcowi: "Król Ludwik chce mnie poślubić z księżniczką Sabaudji, swą siostrzenicą, ale ja nie chcę i jestem potajemnie mężem pańskiej córki". Ale reputacya Kajlusa-Klucznika przeraziła go, biednego księcia. Boi się o swoją żonę, którą uwielbia...
- Jakiż z tego wniosek? - zapytał Pejrol.
- Taki, że nie pracujemy dla pana Kailusa.
- To jasne! - wtrącił Paspoal.
- Jak słońce - podchwycił chór.
- I myślicie, że dla kogo pracujemy?
- Dla kogo? A! A! Dla kogo! Ręko Boska! Czy znacie historyę trzech Filipów? Nie? Opowiem wam ją w kilku słowach. Na dworze Francyi jest trzech panów z dobrych domów, do dyabła! Jeden, to Filip Gonzaga, książę Mantui, twój pan, panie Pejrol, zrujnowany magnat, który sprzedałby się tanio samemu dyabłu. Drugi jest Filip de Nevers, na którego czekamy; trzeci - Filip de Chartres, książę Francyi. Wszyscy trzej piękni, na honor, wszyscy trzej młodzi i świetni. A więc wyobraźcie sobie przyjaźń, najsilniejszą, najtkliwszą, najniemożliwszą, a jeszcze będziecie mieli tylko słabe pojęcie o uczuciu łączącem trzech Filipów. Tak mówią w Paryżu. Zostawimy na boku siostrzeńca królewskiego. Zajmiemy się tylko Neversem i Gonzaga, Pytiasem i Damonem.
- E, do kroćset! - zakrzyknął Pejrol - czyż oskarżysz Damona o chęć zamordowania Pytiasa?
- Prawdziwy Damon - rzekł Gaskończyk - był bogaty, a prawdziwy Pytias nie miał sześciuset tysięcy talarów dochodu.
- Które ma nasz Pytias - przerwał Paspoal - i którego Damon jest domniemanym spadkobiercą.
- Rozumiesz więc, mój dobry panie Pejrol - ciągnął dalej Kokardas, - że to zmienia bardzo postać rzeczy. Dodam jeszcze, że prawdziwy Pytias nic miał miłej kochanki, jak Aurora Kajlus i, że prawdziwy Damon nie był w niej zakochany, a właściwie w jej posagu.
- Ot co! - przytwierdził poraź wtóry Paspoal.
Kokardas napełnił szklankę.
- Panowie - rzekł - za zdrowie Damona... chcę powiedzieć Gonzagi, który będzie miał jutro sześćset tysięcy talarów rocznego dochodu, pannę Kajlus i jej posag, jeżeli Pytias... chcę powiedzieć Nevers rozstanie się z życiem dzisiejszej nocy!
- Za zdrowie Damona Gonzagi! - zakrzyknęli fechmistrze z Paspoalem na czele.
- I cóż ty na to panie Pejrol? - zapytał z tryumfem Kokardas.
- Wymysły! - zawołał Pejrol. - Kłamstwa!
- Ostre słowa. - Moi dzielni przyjaciele rozsądzą nas. Biorę ich na świadków.
- Prawdę mówiłeś, Gaskończyku, prawdę! - zawołano ze wszystkich stron.
- Książę Filip Gonzaga - zadeklamował Pejrol, starając się mówić z godnością - jest zanadto wysoko ponad takiemi podłościami, aby go trzeba było bronić na seryo.
Kokardas mu przerwał.
- A więc, usiądź pan, mój dobry panie Pejrol - rzekł.
A ponieważ zaufany księcia odmówił, siłą posadził go na stołku.
- Dochodzimy teraz do najgorszych podłości... Paspoal!
- Kokardas! - odpowiedział Normandczyk.
- Ponieważ pan Pejrol nie poddaje się, więc twoja kolej przemawiać kochanku.
Paspoal zaczerwienił się po uszy i spuścił skromnie oczy.
- Ale bo... - wyjąkał - ja, nie umiem przemawiać publicznie.
- Śmiało, naprzód! - zakomenderował Kokardas, zakręcając wąsa. - Nie bój się, panowie będą mieli wyrozumienie dla twego niedoświadczenia i młodości.
- Na to liczę - wyszeptał nieśmiało Paspoal.
I głosem dziewczynki, wydającej lekcye katechizmu zacny profos zaczął takie opowiadanie:
- P. Pejrol ma zupełną racyę, że uważa swego pana za doskonałego szlachcica. Oto kilka szczegółów, które doszły do mojej wiadomości. Ja nie widz? w nich nic złego, ale złośliwi inaczej mogliby to sądzić. Podczas gdy trzech Filipów prowadziło w Paryżu wesołe życie, tak wesołe, że król Ludwik groził wysłaniem swego siostrzeńca do jego majątków - mówię tu o czasach z przed trzech lub czterech lat - ja byłem na służbie u pewnego doktora włoskiego, ucznia sławnego Exili, który się zwał Piotr Garba.
- Pietro Garba z Gaety! - przerwał Faenza - znałem go. Był to łotr z pod ciemnej gwiazdy!
Braciszek Paspoal uśmiechnął się słodko.
- Był to człowiek spokojny - ciągnął dalej - dobrych obyczajów, religijny, uczony, jak książki, który zajmował się sporządzaniem dobroczynnego napoju, zwanego napojem długiego życia.
Zbirowie wybuchnęli śmiechem.
- Nie bój się! - zawołał Kokardas. - Opowiadasz, jak anioł! Naprzód!
P. Pejrol otarł zlane potem czoło.
- Książę Filip Gonzaga - ciągnął Paspoal przychodził bardzo często odwiedzać poczciwego Piotra Garbę.
- Ciszej! - przerwał mimowoli Pejrol.
- Głośniej! - wykrzyknęli zuchowie.
Wszystko to bawiło ich niezmiernie, tem bardziej, że wiedzieli, iż rezultatem będzie podniesienie zapłaty.
- Mów, Paspoal, mów, mów! - wołali, cisnąc się dokoła niego.
A Kokardas klepiąc po karku swego profosa, rzekł ojcowskim tonem.
- Ten mały gałgus ma powodzenie, ręko Boska! - Przykro mi - mówił dalej Paspoal - powtarzać rzeczy, które, zdaje się, nie podobają się panu Pejrolowi, ale rzeczywiście książę Gonzaga odwiedzał często Piotra Garbę, pewno dlatego, aby się kształcić. W tym czasie młody książę Nevers chorować począł na wycieńczenie...
- Potwarz! - zawołał Pejrol - podła potwarz.
A Paspoal zapytał niewinnie:
- Kogóż ja oskarżam? Mojego pana? Pejrol przygryzł usta aż do krwi. Kokardas dorzucił:
- Ten dobry pan Pejrol spuścił jakoś z tonu!
Zaufany księcia zerwał się gwałtownie.
- Pozwolicie mi się oddalić, mam nadzieję! - zawołał z wściekłością.
- Naturalnie - rzekł Gaskończyk, śmiejąc się szczerze - a nawet, odprowadzimy pana do zamku. Ten poczciwy Klucznik pewno już wyspał się po obiedzie, pójdziemy się z nim porozumieć.
Pejrol upadł znowu na stołek. Twarz jego przybrała odcień zielonkawy. Nielitościwy Kokardas podał mu szklankę.
- Napij się pan, to przyjdziesz do siebie - rzekł, - bo wyglądasz nie zupełnie dobrze. Jeden łyk. Nie?. A więc siedź spokojnie i pozwól mówić temu małemu urwisowi z Normandyi, który przemawia lepiej, niż paryski adwokat.
Braciszek Paspoal skłonił się z wdzięcznością wodzowi i mówił dalej:
- Wszędzie poczynano mówić: "Biedny, młody książę Nevers umiera". Dwór i miasto niepokoiły się. To taki szlachetny ród tych Lotarynczyków! Sam król dopytywał się o jego zdrowie. Filip de Chartres był niepocieszony...
- Człowiekiem bardziej jeszcze niepocieszonym - przerwał Pejrol, któremu udało się przybrać szczery akcent - był książę Filip Gonzaga!
- Niech Bóg broni, abym miał panu przeczyć! rzekł Paspoal z niezmierną słodyczą, mogącą służyć za przykład wszystkim ludziom dyskutującym. - Wierzę zupełnie, że książę Filip Gonzaga martwił się tem bardzo, a dowodem tego, że przychodził co wieczór i powtarzał ciągle tonem zniechęcenia: "Powoli to idzie, doktorze, bardzo powoli!"
Wszyscy ci ludzie w oberży pod "Jabłkiem Adama" byli zbrodniarzami, a jednak wszyscy w tej chwili zadrżeli, wszystkich przebiegi zimny dreszcz. Kokardas uderzył pięścią w stół, Pejrol zwiesił w milczeniu głowę.
- Pewnego wieczoru - ciągnął dalej Paspoal, zniżając mimowoli głos - Filip Gonzaga przyszedł wcześniej, niż zwykle. Garba dotknął się jego pulsu. Książę miał gorączkę. "Wygrał pan wiele pieniędzy w karty?'' - zapytał Garba, - który znał go dobrze. Gonzaga roześmiał się i odrzekł: "Przegrałem dwa tysiące pistolów". Potem dodał: "Nevers chciał dziś wykonać atak w akademii, ale nie ma dosyć siły, aby utrzymać szpadę". "A więc, szepnął Garba, to koniec. Może jutro"... Ale - dorzucił pośpiesznie Paspoal niemal z radością - jeden dzień nie jest podobny do drugiego. Właśnie nazajutrz książę Filip de Chartres wziął Neversa do swej karety i jazda do Taraine! Ponieważ nie było tam doktora Garby, Nevers czuł się dobrze. Ztamtąd szukając słońca, ciepła i życia, pojechał na południe, aż do królestwa Neapolitańskiego. Filip Gonzaga przyszedł do mego pana i polecił mu odbyć podróż w tamte strony. Miałem przygotować jego rzeczy podróżne, gdy, niestety, jednej nocy, pękł jego alembik. Umarł odrazu, biedny doktór, Piotr Garba, bo odetchnął parą swego eliksiru długiego życia!
- A szlachetny Włoch! - zawołano dokoła.
- Tak - rzekł Paspoal dobrodusznie - ja bardzo go żałowałem, ale oto i koniec historyk Nevers przebywał osiemnaście miesięcy po za Francyą. Gdy wrócił, na dworze królewskim rozległ się jeden okrzyk: Nevers odmłodniał o lat dziesięć! Nevers był znowu silny, zręczny, niestrudzony! Zresztą wiecie wszyscy, że po pięknym Lagarderze, Nevers jest dziś najpierwszą szpadą na świecie.
Paspoal umilkł, przybrawszy skromną postawę, a Kokardas zakończył.
- Tak, że Filip Gonzaga uczuł się zmuszonym nająć ośmiu fechmistrzów, przeciw jednemu... Nie bój się!
Zapanowało milczenie. Przerwał je Pejrol.
- Do czego prowadzi ta gadanina? - zapytał. - Do podniesienia zapłaty?
- Znacznego - odparł Gaskończyk. - Nie można przecież żądać jednakowej zapłaty od ojca, mszczącego honor córki i od Damona, który chce zawcześnie spadku po Pytiasie.
- Czego chcecie?
- Potrojenia sumy.
- Dobrze - odrzekł Pejrol bez wahania.
- I po drugie, żeby po skończonej sprawie, przyjęto nas do służby u księcia Gonzagi.
- Dobrze!
- Po trzecie...
- Żądacie za wiele... - zaczął PejroT.
- Do licha - zawołał Kokardas, zwracając się do Paspoala - on mówi, że za wiele żądamy!
- Bądźmy sprawiedliwi! - rzekł zgodny profos - mogłoby się zdarzyć, że siostrzeniec królewski chciałby pomścić swego przyjaciela, a wtedy...
- W takim razie - odparł Pejrol - przekraczamy granicę. Gonzaga odkupuje swe ziemie we Włoszech i wszyscy jesteśmy tam bezpieczni.
Kokardas porozumiał się wzrokiem z Paspoalem, potem z innymi towarzyszami.
- Targ dobity - rzekł.
Pejrol podał mu rękę.
Gaskończyk nie przyjął jej. Uderzył tylko po szpadzie i dodał.
- Ot co mi za pana odpowiada, mój dobry panie Pejrol. Nie bój się! Pan nigdy nie będziesz nas oszukiwał, pan!
Pejrol, wolny już, stanął na progu.
- Jeżeli wam się nie powiedzie - rzekł jeszcze - nic nie dostaniecie.
- Ma się rozumieć! - Śpij spokojnie, mój dobry panie Pejrol.
Zaufany księcia wyszedł, wśród wesołych wybuchów śmiechu. Potem wszystkie głosy, złączyły się w jednym okrzyku:
- Wina! Wina!
II. KOKARDAS I PASPOAL.
Jeden siedział na starym fornalskim koniu o długiej skołtunionej grzywie, koślawych i kosmatych nogach; drugi, na wzór amazonki, opierał się lekko i wdzięcznie na grzbiecie osła.
Pierwszy miał dumną postawę, nie harmonizującą z pokornie opuszczonym łbem swego rumaka. Ubrany był w kaftan z bawolej skóry z plastronem wyciętym w kształcie serca, w grube sukienne spodnie i piękne wysokie buty z odwiniętemi u góry cholewami, jak to było w modzie za czasów Ludwika XIII-go. Na głowie wielki zawadyjacki kapelusz pilśniowy; przy boku olbrzymia szpada.
To był mistrz Kokardas rodem z Tuluzy, były mistrz sztuki szermierskiej miasta Paryża, a obecnie osiadły w miasteczku Tarbes, gdzie było z kabzą krucho.
Drugi wydawał się z powierzchowności nieśmiały i skromny. Z ubioru możnaby go było wziąć za zbiedzonego kleryka: długi, czarny surdut, krojem przypominający sutannę, zakrywał świecące ze starości czarne sukienne spodnie. Na głowie wełniana czapica, wtulona aż na same uszy, na nogach pomimo szalonego upału dźwignął ciężkie futrzane trzewiki.
W przeciwieństwie do mistrza Kokardasa, którego nieba obdarzyły bogatą kędzierzawą czupryną, czarną, jak u Negra i wiecznie rozczochraną, towarzysz jego posiadał kilka zaledwie kosmyków żółto-blond włosów, które starannie przylepione były na skroniach. Ta sama różnica między dwoma strasznemi miotłami pod nosem mistrza broni, które trzeba było uważać za wąsy, a trzema blado-żółtemi, sterczącemi na górnej wardze włoskami "profosa" (nauczyciel fechtunku, czyli sztuki robienia bronię).
Tak, ten łagodny i spokojny podróżny był profosem i możemy was, czytelnicy, zapewnie, że w razie potrzeby, dzielnie władał swoją ogromną obrzydliwą szpadą, która w tej chwili obtłukiwała boki starego osia.
To był Inocenty Paspoal.
Ojczyzną jego była Normandia. Przyjaciele nazywali go braciszek Paspoal, czy to z powodu klerykalnego wyglądu, czy też dlatego, że był niegdyś służącym cyrulika - niewiadomo.
Brzydki był w każdym calu, pomimo ognistego a sentymentalnego błysku, który się zapalał w przymrużonych niebieskich oczach, ile razy dojrzał gdzie rąbek niewieściej spódniczki.
Kokardas, przeciwnie, wszędzie na świecie musiałby być uznany za pięknego junaka.
W dzisiejszy skwarny dzień obaj wlekli się powoli. Najmniejszy kamyczek na drodze wyprowadzał z równowagi szkapę Kokardasa, a co dwadzieścia kroków rumak Paspola objawiał różne kaprysy.
- Patrzaj kochanie - odezwał się Kokardas wyraźnym akcentem gaskońskim. - Oto od dwóch godzin ciągle w tym samym miejscu widzimy ten piekielny; zamek. Chyba on idzie razem z nami?
Paspoal odpowiedział śpiewnym nosowym tonem normadzkim:
- Cierpliwości! Cierpliwości! Na to, co nas czeka, zawsze przyjdziemy dość wcześnie.
- Korono cierniowa! Braciszku Paspoalu - zaczął znów Kokardas, ciężko wzdychając, - gdybyśmy to mieli w sobie choć krztę więcej statku, to z naszemi talentami moglibyśmy zajść daleko..".
Racya, przyjacielu Kokardasie - odrzekł pokornie Normandczyk - złe namiętność nas zgubiły.
- Szulerka, do kroćset! Wino...
- I kobietki! - dorzucił Paspoal, wuosząc pobożnie w górę swoje krecie oczki.
W tej chwili właśnie zbliżyli się do brzegów. Klarabidy, w samym środku doliny Louron. Naprzeciw nich wznosiły się potężne mary zamku Kajlusa, tego prawdziwego cudu dolin pirenejskich.
Ale Kokardas i Paspoal nie zdradzali najmniejszego zamiłowania dla sztuk pięknych. Wlekli się dalej leniwie, rzucając od czasu do czasu okiem na zamek jedynie w celu zmierzenia oddzielającej ich odeń przestrzeni.
Ten Kokardas musiał być wielce wesołym towarzyszem, gdy miewał pełną sakiewkę. Naiwnie chytra twarz Paspoala, również miała wyraz stałego dobrego humoru. Ale dzisiaj obaj byli smutni, mieli bowiem do tego poważne powody.
Puste kieszenie, puste żołądki, a w perspektywie jakaś niewyraźna, a prawdopodobnie niebezpieczna przeprawa, którą możnaby było łacno odrzucić, gdyby nie owe pustki w kieszeni.
- Ręko Boska! - zaklinał się Kokardas - ani tknę więcej ani kart, ani kielicha!
- Wyrzekam się miłości na wieki! - Wtórował czuły Paspoal.
I obaj zaczęli snuć cnotliwe marzenia na przyszłość, gdy będą przy groszach.
- Wyekwipuję się porządnie - wołał z entuzyazmem Kokardas - i wstąpię jako żołnierz do chorągwi małego Paryżanina.
- A ja tak samo - mówił Paspoal - będę żołnierzem, albo służącym u majora-chirurga.
- Czyż nie będzie ze mnie piękny strzelec królewski?
- No, już tam i ja się nie boję, że każdy w tym pułku, gdzie ja będę, porządnie będzie miał puszczoną krew!
A potem razem w duecie:
- Zobaczymy naszego małego Paryżanina! Może też mu oszczędzimy czasem niejednego guza.
- I znów będzie mnie nazywał swoim starym Kokardasem!
- I będzie kpił sobie, jak dawniej z braciszka Paspoala!
- A bodaj cię siarczyste! - wykrzyknął Gaskonczyk, uderzając pięścią ledwie już wlokącą nogi szkapę. - Jak na rycerzy, spadliśmy bardzo nisko! Ale, kochanku, jak za każdy grzech jest kara, tak jest i łassa Boska. Czuję, że przy naszym małym Paryżaninie dokumentnie odpokutujemy.
Ale Paspoal zwiesił smutnie głowę: Kto wie, czy zechce nas poznać teraz, westchnął, obrzucając rozpaczliwem spojrzeniem swoją toaletę!
- E! kochanku! - pocieszał Kokardas. - To złote serce cały ten chłopak!
- A jaki chwat! - westchnął Paspoal. Jaka zręczność!
- A jaki żołnierz! Jaki szermierz!
- Pamiętasz-że ty ten jego cios na odlew przy cofaniu się?
- A pamiętasz te jego trzy pchnięcia proste w ataku na Delespina?
- Anioł!
- Prawdziwy anioł! Szczęśliwy zawsze w grze. A jak pije, korono cierniowa!
- A jak zawraca głowy kobietkom!
Po każdym takim wykrzykniku obaj towarzysze coraz więcej się zapalali. Co chwila też zatrzymywali się, aby się uścisnąć za ręce. Wzruszenie ich było szczere i głębokie.
- Boże miłościwy! - zaczął Kokardas. - Jeżeli tylko palcem kiwnie, on, nasz mały Paryżanin, to będziemy jego sługami, prawda, kochanku?
- I zrobimy z niego wielkiego pana! - dokończył Paspoal. - Takim sposobem pieniądze Pejrola na sprowadzą na nas nieszczęścia. A więc to p. Pejrol, zaufany księcia Filipa Gonzagi sprowadza tutaj mistrza Kokardasa i braciszka Paspoala.
Ci zaś znali doskonale owego Pejrola, a jeszcze lepiej jego pana, księcia Gonzagę. Zanim osiedlili się w Tarbes, aby tu uczyć szlachciców sztuki robienia bronią, trzymali w Paryżu salę fechtunkową na ulicy Croix-des-Petits-Champs o dwa kroki od Luwru. I gdyby nie owe namiętności, które im tak szkodziły w karyerze, mogliby byli dorobić się znacznej fortuny, gdyż cały niemal dwór królewski bywal u nich.
Były to dobre chłopaki, ale okrutne wisusy, którzy musieli niewątpliwie coś większego przeskrobać w Paryżu, skąd tak nagle uciekli.
To pewna, iż w owym czasie tacy mistrzowie szpady ocierali się o najpotężniejszych panów. I nieraz znali ich lepiej, niż najbliższe ich otoczenie. Wyobraźcie sobie ile taki Paspoal, który był przytem golibrodą, musiał posiadać pięknych tajemnie! Niczem żywa gażeta!
To też w tej chwili obiecywali sobie jaknajwiększe korzyści ze swoich usług. Wyjeżdżając z Tarbes, Paspoal powiedział:
- To sprawa, gdzie można zyskać miliony. Nevers jest najpierwszą szpadą po małym Paryżaninie. Jeżeli więc chodzi o Neversa, muszą dobrze płacić.
I Kokardas najzupełniej zgodził się na taki mądry sąd o rzeczy.
Już była druga godzina po południu, gdy nareszcie weszli do wioski Tarrides; najpierwszy spotkany wieśniak wskazał im drogę d" oberży "Jabłko Adama".
A tam już główna izba była prawie pełna. Młoda dziewczyna w jaskrawej spódniczce i gorseciku haftowanym, jakie noszą wieśniaczki z Foix, krzątała się żwawo, wnosząc to cynowe kubki, to dębowe beczułki, to fajki, jednem słowem wszystko, czego zażądało sześciu dzielnych mężów siedzących przy trzech stolikach.
Na ścianie wisiało sześć mocnych szpad ze wszelkimi przyborami.
I o ich groźnych, spalonych obliczach, impertynenckich spojrzeniach i z fantazyą podkręconych wąsach, poznać można było, że wszyscy sześciu byli pierwszorzędnymi zabijakami. Na sam ich widok, niejeden poczciwy, a spokojny mieszkaniec, któryby przypadkiem wszedł do tej izby, struchlałby w jednej chwili.
Przy Pierwszym stoliku, najbliżej drzwi wchodowych, siedziało trzech Hiszpanów, jak to odrazu widać z ich fizyognomii. Przy drugim stole siedział Włoch z szeroką blizną na czole; naprzeciw niego ponury zbir, akcentem w mowie zdradzający Niemca. Przy trzecim stole siedziało ogromne chłopisko, którego szepleniąca mowa zdradzała Bretończyka.
Trzej Hiszpanie nosili imiona: Saldani, Pinto i Pepe, czyli Matador, wszyscy trzej znani w całej Hiszpanii fechmistrze.
Włoch nazywał się Faenza.
Niemiec - Staupic.
Bretończyk - Joel Jugan.
Wszystkich ich ściągnął tutaj p. Pejrol, - on się znał na tem.
Zaledwie przekroczywszy próg oberży, Kokardas i Paspoal aż się cofnęli w tył na widok tak znanej kompanii. Izba posiadała jedno niskie okno, tak, że od dymu fajek było prawie całkiem ciemno. To też nasi przyjaciele początkowa zaledwie dojrzeć zdołali groźne wąsiska, niewyraźne profile twarzy i szpady rozwieszone na ścianie.
Ale sześć zachrypłych głosów zawołało jednocześnie:
- Mistrz Kokardas! Braciszek Paspoal!
Naturalnie towarzyszyły temu okrzykowi różne przekleństwa.
Kokardas przyłożył rękę do czoła w kształcie daszka.
- Nie bój się! - zawołał - "todos camaradas!"
- Wszyscy starzy towarzysze! - przetłomaczył Paspoal, którego głos jeszcze dotąd drżał lekko.
Bo ten Paspoal był z natury tchórzem i tylko okoliczności zrobiły go odważnym. O byle co dostawał na ciele "gęsiej skórki". Niemniej przeto umiał się bić, jak sam dyabeł.
Nastąpiły uściśnienia rąk; tu i tam głośno pocałunki; jedwabne kaftany ocierały się poufale o stare sukno, skórę lub aksamit. Bo w ubiorze tych nieustraszonych wszystko można było znaleźć z wyjątkiem białej bielizny.
Przed nadejściem Kokardasa i Paspoala, trzy opisane grupy nie bardzo były z sobą blisko: Bretończyk nie znał nikogo. Niemiec w przyjaźni był tylko z Włochem, a trzej Hiszpania dumnie trzymali się razem na uboczu.
Ale tacy ludzie, jak Kokardas i Paspoal, głośni ze swojej sali fechtunku na ulicy Croix-des-Petits-Champs, musieli znać wszystkich niemal europejskich zawadyaków. To też i tu stali się łącznikiem między temi trzema grupami, pozwalając się lepiej zaznajomić i zrozumieć.
Kiedy pierwsze lody pękły, zsunięto razem stoliki i zaczęły się wzajemne prezentacye. Znano tytuł i godność każdego! A także zasługi. Olbrzymi Bretończyk, gdyby był Indyaninem, napewno nosiłby przy pasie ze dwa lub trzy tuziny skalpów. Włoch niechybnie widywał w snach ze dwadzieścia kilka jęczących duchów. Niemiec porąbał już był trzech margrafów, pięciu ryngrafów i dwóch landgrafów; szukał właśnie teraz burgrafa.
Ale to wszystko nic wobec trzech Hiszpanów, którzy snadnie mogli się utopić we krwi swych niezliczonych ofiar.
Co do naszego Gaskończyka i Normanda nie możemy powiedzieć nic bardziej pochlebnego nad to, że mieli szacunek i uznanie całej tej kompanii.
Kiedy już obeszła dokoła pierwsza kolej kubków, Kokardas odezwał się poważnie:
- Teraz, aniołeczki, pomówmy o naszej "robocie".
Zawołano dziewczynę, całą. drżącą z przestrachu i zażądano nowej porcyi wina.
Dziewczyna była silną, krępą brunetką i nieco zezowatą. Paspoal już do niej skierowywał całą artyleryę czułych spojrzeń i nawet zaczął podchodzić pod pretekstem umówienia się o lepsze wino. Ale Kokardas schwycił go za kołnierz.
- Kochaneczku, ślubowałeś powstrzymywać namiętności - powiedział z godnością. Paspoal usiadł, ciężko wzdychając.
Gdy dziewczyna postawiła świeży gąsiorek na stole, odprawiono ją z rozkazem nie zaglądania do izby.
- Moje aniołki - zaczął Kokardas - nie spodziewaliśmy się, ani braciszka Paspoal, ani ja, zastać tutaj taką drogą kompanię, zdala od miast, zdała od miejscowości ludnych, gdzie zazwyczaj rozwijacie wasze talenta...
- Dio! - przerwał Włoch. - Czy znasz takie miasta, gdzieby teraz była, jaka robota "mio caro, " Kokardasie?
I wszyscy zwiesili smutnie głowy, jak ludzie, których cnoty nie dosyć są wynagradzane.
A potem Saldani zapytał:
Czyż nie wiesz, dlaczego jesteśmy tutaj razem?
Już Gaskończyk otworzył usta, żeby odpowiedzieć, kiedy poczuł, że Paspoal oparł nogę na jego bucie pod stołem.
Kokardas, mimo, iż w takiej kompanii, jak ta, odrazu uważany był za wodza, miał zwyczaj słuchać ślepo rad swego profesora, który jako Normandczyk, był mądry i rozważny.
- Wiem - odpowiedział - iż nas tu zwołano...
- To ja! - przerwał Staupic.
- I, że w zwyczajnych okolicznościach - kończył Gaskończyk - braciszek Paspoal i ja najzupełniej wystarczylibyśmy.
- Corajo! - zaklął Pepe-Matador. - Gdy ja sam jestem, to zwykle nie potrzeba wołać innych!
Każdy dorzucił parę słów od siebie, chwaląc własne zalety.
W końcu Kokardas wywnioskował:
- A więc chyba mamy sprawę z całą armią?
- Nie - odpowiedział Staupic. - tylko z jednym rycerzem.
Staupic bowiem był od pewnego czasu na usługach p. Pejrola, poufnego księcia Filipa Gonzagi.
Na to oświadczenie Niemca wszyscy parsknęli głośnym śmiechem.
Kokardas i Paspoal śmieli się głośniej, niż inni; ale noga Normandczyka przyciskała ciągle but Gaskończyka.
To znaczyło: "Zostaw to mnie".
Wtem Paspoal zapytał niewinnie:
- A kto to jest ten olbrzym, który ma walczyć przeciw ośmiu ludziom?
- Z których każdy, do kroćset tysięcy! wart jest conajmniej pół tuzina dobrych wojaków! - dodał Kokardas.
Wtedy Staupic odpowiedział:
- To książę Filip de Nevers!
- Ależ mówią, że on umierający! - wykrzyknął Saldani.
- Dychawiczny! - objaśnił Pinto.
- Wycieńczony, złamany i suchotnik - mówili inni.
Kokardas i Paspoal nie rzekli ani słowa.
Potem Normandczyk potrząsnął wolno głową, od suwając od siebie kubek.
Gaskończyk zrobił to samo.
Ich miny uroczyste zwróciły ogólną uwagę
- Co wam? Co wam? - dopytywano się ze wszystkich stron.
Ale Kokardas i jego przyjaciel wciąż patrzyli na siebie w milczeniu.
- Cóż do dyabla, znaczy? - zawołał Saldalii osłupiały.
- Zdawałoby się - dodał Faenza - jakgdybyście mieli ochotę opuście naszą kompanię?
- O moje baranki - przemówił nareszcie Kokardas, potrząsając głową poważnie - nie wiele do tego brakuje!
Więc zagrzmiał prawdziwy huragan przekleństw i okrzyków.
- Widywaliśmy do niedawna Filipa Neversa w Paryżu - odezwał się słodkim głosem Paspoal przychodził do naszej sali. To taki umierający, co wam dobrego napędzi strachu!
- Nam?! - zawołano chórem.
I wszystkie ramiona wzruszyły się pogardliwie.
- Ja z tego wszystkiego widzę - rzekł Kokardas obrzucając wzrokiem dookoła, - żeście nigdy nie słyszeli o "ciosie Neversa".
Otworzono szerzej oczy i uszy.
To to samo pchnięcie, którem stary mistrz Delaplame położył trupem siedmiu profesorów; przy bramie św. Honoryusza - objaśnił Paspoal.
- Głupstwo z temi wszystkiemi tajemnicze mi pchnięciami! - zawołał Pepe.
- Silna noga, dobre oko, mocna rękojeść - mówił Bretończyk - a wtedy śmieję się ze wszystkich tajemniczych ciosów tak jak z potopu!
- Nie bój się! - odrzekł Kokardas z dumą ja myślę, że też mam i silną nogę i dobre oko i mocną rękojeść, tak może, jak żaden z was...
- Na dowód - wtrącił Paspoal ze zwykłą sobie słodyczą - jesteśmy gotowi to stwierdzić, jeżeli chcecie.
- A jednak - kończył Kokardas - cios Neversa wcale mi się nie wydaje głupstwem. Sam byłem nim dotknięty w mojej własnej akademii... Nie bójcie się!
- Ja także!
- Dotknięty w samo czoło, między oczy i to trzy razy z rzędu...
- I ja trzy razy, w samo czoło, między oczy!
- Trzy razy! I tak, żem nie miał czasu na, wet zasłonić się szpadą.
Wszyscy sześciu zbirów słuchali z natężeniem.
I nikt się już nie śmiał.
- W takim razie - rzekł Saldani, żegnając się - to nie jest już tajemniczy cios, ale chyba urok.
Bretończyk mimowoli sięgnął ręką do kieszeni, gdzie miał ukryty kawałek szksplerza.
- To też mieli racyę ci, co nas tutaj zebrali razem - mówili dalej Kokardas z większą jeszcze uroczystością. - Mówiliście o armii, jabym wolał armię. Wierzcie mi, jest tylko jeden człowiek na świecie zdolny dotrzymać Filipowi de Nevers ze szpadą w ręku.
- A ten człowiek? - zapytało sześć naraz głosów.
- To mały Paryżanin - zakończył Kokardas.
- Ach! Ten - zawołał Paspoal z wybuchem uwielbienia - to dyabeł wcielony!
- Mały Paryżanin? - dopytywano się dokoła. - Jakże się zowie ten wasz mały Paryżanin?
- Imię jego dobrze wam wszystkim jest znane, najdrożsi towarzysze: on się nazywa rycerz Lagarder!
Widocznie wszyscy ci fechtmistrze znali dobrze to imię, gdyż w jednej chwili zapanowała uroczysta cisza.
- Nigdym go jeszcze nie spotkał - odezwał się pierwszy Saldani.
- Tem lepiej dla ciebie, kochanku - rzekł Gaskouczyk. - On nie lubi ludzi twego pokroju.
- Czy to ten, którego nazywają pięknym Lagarderem? - dopytywał się Pinto.
- Ach to ten sam - mówił Faenza, zniżając trwożliwie głos, - co zabił trzech flamandzkich profesorów pod murami Senlisu?
- To ten - zaczął Joel Jugan, który...
Ale Kokardas przerwał mu, wykrzykując z przejęciem::
- Niema dwóch Lagarderów!
II. - Cocardasse et Passepoil. -
L'un enfourchait un vieux cheval de labour a longs crins mal peignés, a jambes cagneuses et poilues ; l'autre était assis sur un âne, a la mani?re des châtelaines voyageant au dos de leur palefroi.
Le premier se portait fi?rement, malgré l'humilité de sa monture, dont la t?te triste pendait entre les deux jambes. Il avait un pourpoint de buffle, lacé, a plastron taillé en c?ur, des chausses de tiretaine piquées et de ces belles bottes en entonnoir si fort a la mode sous Louis XIII. Il avait, en outre, un feutre rodomont et une énorme rapi?re.
C'était maître Cocardasse junior, natif de Toulouse, ancien maître en fait d'armes de la ville de Paris, présentement établi a Tarbes, o? il faisait maigre ch?re.
Le second était d'apparence timide et modeste. Son costume e?t pu convenir a un clerc râpé : un long pourpoint noir, coupé droit comme une soutanelle, couvrait ses chausses noires que l'usage avait rendues luisantes. Il était coiffé d'un bonnet de laine soigneusement rabattu sur ses oreilles, et, pour chaussure, malgré la chaleur accablante, il avait de bons brodequins fourrés.
A la différence de maître Cocardasse junior, qui jouissait d'une riche chevelure crépue, noire comme une toison de n?gre et largement ébouriffée, son compagnon collait a ses tempes quelques m?ches d'un blond déteint. M?me contraste entre les deux terribles crocs qui servaient de moustaches au maître d'armes et les trois poils blanchâtres hérissés sous le long nez du prévôt.
Car c'était un prévôt ce paisible voyageur, et nous vous certifions qu'a l'occasion, il maniait vigoureusement la grande vilaine épée qui battait les flancs de son âne.
Il se nommait Amable Passepoil. Sa patrie était Villedieu, en basse Normandie, cité qui le dispute au fameux cru de Condé-sur-Noireau pour la production des bons drilles.
Ses amis l'appelaient volontiers fr?re Passepoil, soit a cause de sa tournure cléricale, soit parce qu'il avait été valet de barbier et rat d'officine chimique avant de ceindre l'épée.
Il était laid de toutes pi?ces, malgré l'éclair sentimental qui s'allumait dans ses petits yeux bleus clignotants quand une jupe de futaine rouge traversait le sentier. Au contraire, Cocardasse junior pouvait passer par tous pays pour un tr?s-beau coquin.
Ils allaient tous deux cahin-caha sous le soleil du Midi. Chaque caillou de la route faisait broncher le bidet de Cocardasse, et tous les vingt-cinq pas le roussin de Passepoil avait des caprices.
- Eh donc ! mon bon, dit Cocardasse avec un redoutable accent gascon, voila deux heures que nous apercevons ce diable de château sur sa montagne maudite... Il me semble qu'il marche aussi vite que nous.
Passepoil répondit, chantant du nez selon la gamme normande :
- Patience ! patience ! nous arriverons toujours assez tôt pour ce que nous avons a faire la-bas...
- Capédébiou ! fr?re Passepoil, fit le Gascon avec un gros soupir, si nous avions eu un peu de conduite, avec nos talents, nous aurions pu choisir notre besogne...
- Tu as raison, ami Cocardasse, répliqua le Normand ; mais nos passions nous ont perdus.
- Le jeu, caramba ! le vin...
- Et les femmes ! ajouta Passepoil en levant les yeux au ciel.
Ils longeaient en ce moment les rives de la Clarabide, au milieu du val de Louron. Le Hachaz, qui soutenait comme un immense piédestal les constructions massives du château de Caylus, se dressait en face d'eux.
Il n'y avait point de remparts de ce côté. On découvrait l'antique édifice, de la base au faîte, et certes, pour les amateurs de grandioses aspects, c'e?t été ici une halte obligée.
Le château de Caylus, en effet, couronnait dignement cette prodigieuse muraille, fille de quelque grande convulsion du sol dont le souvenir s'était perdu.
Sous les mousses et les broussailles qui couvraient ses assises, on pouvait reconnaître les traces de constructions pa?ennes. La robuste main des soldats de Rome avait d? passer par la. Mais ce n'étaient que des vestiges, et tout ce qui sortait de terre appartenait au style lombard des xe et xie si?cles. Les deux tours principales, qui flanquaient le corps de logis au sud-est et au nord-est, étaient carrées et plutôt trapues que hautes. Les fen?tres, toujours placées au-dessus d'une meurtri?re, étaient petites, sans ornement, et leurs cintres reposaient sur de simples pilastres dépourvus de moulures. Le seul luxe que se f?t permis l'architecte consistait en une sorte de mosa?que. Les pierres, taillées et disposées avec symétrie, étaient séparées par des briques saillantes.
C'était le premier plan, et cette ordonnance aust?re restait en harmonie avec la nudité du Hachaz. Mais derri?re la ligne droite de ce vieux corps de logis qui semblait bâti par Charlemagne, un fouillis de pignons et de tourelles suivait le plan ascendant de la colline et se montrait en amphithéâtre. Le donjon, haute tour octogone, terminée par une galerie byzantine a arcades tréflées, couronnait cette cohue de toitures, semblable a un géant debout parmi les nains.
Dans le pays, on disait que le château était bien plus ancien que les Caylus eux-m?mes.
A droite et a gauche des deux tours lombardes, deux tranchées se creusaient. C'étaient les deux extrémités des douves, qui étaient autrefois bouchées par des murailles, afin de contenir l'eau qui les emplissait.
Au-dela des douves du nord, les derni?res maisons du hameau de Tarrides se montraient parmi les h?tres. En dedans, on voyait la fl?che de la chapelle, bâtie au commencement du xiiie si?cle, dans le style ogival, et qui montrait ses croisées jumelles avec les vitraux étincelants de leurs quintefeuilles de granit.
Le château de Caylus était la merveille des vallées pyrénéennes.
Mais Cocardasse junior et fr?re Passepoil n'avaient point le go?t des beaux-arts. Ils continu?rent leur route, et le regard qu'ils jet?rent a la sombre citadelle ne fut que pour mesurer le restant de la route a parcourir.
Ils allaient au château de Caylus, et, bien que, a vol d'oiseau, une demi-lieue a peine les en séparât encore, la nécessité o? ils étaient de tourner le Hachaz les menaçait d'une bonne heure de marche.
Ce Cocardasse devait ?tre un joyeux compagnon quand sa bourse était ronde ; fr?re Passepoil lui-m?me avait sur sa figure na?vement futée tous les indices d'une bonne humeur habituelle ; mais, aujourd'hui, ils étaient tristes, et ils avaient leurs raisons pour cela.
Estomac vide, gousset plat, perspective d'une besogne probablement dangereuse.
On peut refuser semblable besogne quand on a du pain sur la planche ; malheureusement pour Cocardasse et Passepoil, leurs passions avaient tout dévoré.
Aussi Cocardasse disait :
- Capédébiou ! je ne toucherai plus ni une carte ni un verre.
- Je renonce pour jamais a l'amour ! ajoutait le sensible Passepoil.
Et tous deux bâtissaient de beaux r?ves bien vertueux sur leurs futures économies.
- J'ach?terai un équipage complet ! s'écriait Cocardasse avec enthousiasme, et je me ferai soldat dans la compagnie de notre petit Parisien.
- Moi de m?me, appuyait Passepoil : soldat valet du major chirurgien.
- Ne ferai-je pas un beau chasseur du roi ?
- Le régiment o? je prendrais du service serait s?r au moins d'?tre saigné proprement !
Et tous deux reprenaient :
- Nous verrions le petit Parisien... Nous lui épargnerions bien quelque horion de temps en temps.
- Il m'appellerait encore son vieux Cocardasse !
- Il se moquerait de fr?re Passepoil, comme autrefois...
- Tron de l'air ! s'écria le Gascon en donnant un grand coup de poing a son bidet, qui n'en pouvait mais, nous sommes descendus bien bas pour des gens d'épée, mon bon ; mais a tout péché miséricorde ! Je sens qu'avec le petit Parisien je m'amenderais.
Passepoil secoua la t?te tristement.
- Qui sait s'il voudra nous reconnaître ? demanda-t-il en jetant un regard découragé sur son accoutrement.
- Eh ! mon bon, fit Cocardasse, c'est un c?ur que ce garçon-la !
- Quelle garde ! soupira Passepoil, et quelle vitesse !
- Quelle tenue sous les armes ! et quelle rondeur !
- Te souviens-tu de son coupé de revers en retraite ?
- Te rappelles-tu ses trois coups droits annoncés dans l'assaut chez Dalapalme ?
- Un c?ur !
- Un vrai c?ur ! Heureux au jeu, toujours, capédébiou ! et qui savait boire !
- Et qui tournait la t?te des femmes !
A chaque réplique ils s'échauffaient. Ils s'arr?t?rent d'un commun accord pour échanger une poignée de main.
Leur émotion était sinc?re et profonde.
- Morbioux ! fit Cocardasse, nous serons ses domestiques s'il veut, le petit Parisien, n'est-ce pas, mon bon ?
- Et nous ferons de lui un grand seigneur ! acheva Passepoil ; comme ça, l'argent du Peyrolles ne nous portera pas male-chance !
C'était donc M. de Peyrolles, l'homme de confiance de Philippe de Gonzague, qui faisait voyager ainsi maître Cocardasse et fr?re Passepoil.
Ils connaissaient bien ce Peyrolles, et mieux encore M. de Gonzague, son patron. Avant d'enseigner aux hobereaux de Tarbes ce noble et digne art de l'escrime italienne, ils avaient tenu salle d'armes a Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, a deux pas du Louvre.
Et, sans le trouble que les passions apportaient dans leurs affaires, peut-?tre qu'ils eussent fait fortune, car la cour tout enti?re venait chez eux.
C'étaient deux bons diables, qui avaient fait sans doute, en un moment de presse, quelque terrible fredaine. Ils jouaient si bien de l'épée ! Soyons cléments, et ne cherchons pas trop pourquoi, mettant la clef sous la porte un beau jour, ils avaient quitté Paris comme si le feu e?t été a leurs chausses.
Il est certain qu'a Paris, en ce temps-la, les maîtres en fait d'armes se frottaient aux plus grands seigneurs. Ils savaient souvent le dessous des cartes mieux que les gens de cour eux-m?mes.
C'étaient de vivantes gazettes. Jugez si Passepoil, qui, en outre, avait été barbier, devait en connaître de belles !
En cette circonstance, ils comptaient bien tous deux tirer parti de leur science.
Passepoil avait dit, en partant de Tarbes :
- C'est une affaire o? il y a des millions... Nevers est la premi?re lame du monde apr?s le petit Parisien... S'il s'agit de Nevers, il faut qu'on soit généreux.
Et Cocardasse n'avait pu qu'approuver chaudement un discours si sage.
Il était deux heures apr?s midi quand ils arriv?rent au hameau de Tarrides, et le premier paysan qu'ils rencontr?rent leur indiqua l'auberge de la Pomme-d'Adam.
A leur entrée, la petite salle basse de l'auberge était déja presque pleine. Une jeune fille, ayant la jupe éclatante et le corsage lacé des paysannes de Foix, servait avec empressement, apportant brocs, gobelets d'étain, feu pour les pipes dans un sabot, et tout ce que peuvent réclamer six vaillants hommes apr?s une longue traite accomplie sous le soleil des vallées pyrénéennes.
A la muraille pendaient six fortes rapi?res avec leur attirail.
Il n'y avait pas la une seule t?te qui ne portât le mot spadassin écrit en lisibles caract?res.
C'étaient toutes figures bronzées, tous regards impudents, toutes effrontées moustaches. Un honn?te bourgeois, entrant par hasard en ce lieu, serait tombé de son haut, rien qu'a voir ces profils de bravaches.
Ils étaient trois a la premi?re table, aupr?s de la porte : trois Espagnols, on pouvait le juger a la mine. A la table suivante, il y avait un Italien balafré du front au menton, et, vis-a-vis de lui un coquin sinistre, dont l'accent dénonçait l'origine allemande.
Une troisi?me table était occupée par une mani?re de rustre a longue chevelure inculte qui grasseyait le patois de Bretagne.
Les trois Espagnols avaient nom Saldagne, Pinto et Pépé, dit el Matador, tous trois escrimidores, l'un de Murcie, l'autre de Séville, le troisi?me de Pampelune.
L'Italien était un bravo de Spol?te ; il s'appelait Giuseppe Faënza.
L'Allemand se nommait Staupitz ; le bas Breton, Joël de Jugan.
C'était M. de Peyrolles qui avait rassemblé toutes ces lames : il s'y connaissait.
Quand maître Cocardasse et fr?re Passepoil franchirent le seuil du cabaret de la Pomme-d'Adam, apr?s avoir mis leurs pauvres montures a l'étable, ils firent tous deux un mouvement en arri?re a la vue de cette respectable compagnie.
La salle basse n'était éclairée que par une seule fen?tre, et dans ce demi-jour la fumée des pipes mettait un nuage. Nos deux amis ne virent d'abord que les moustaches en croc saillant hors des maigres profils, et les rapi?res pendues a la muraille.
Mais six voix enrouées cri?rent a la fois :
- Maître Cocardasse !
- Fr?re Passepoil !
Non sans accompagnement de jurons assortis : juron des États du saint-p?re, juron des bords du Rhin, juron de Quimper-Corentin, jurons de Murcie, de Navarre et d'Andalousie.
Cocardasse mit sa main en visi?re au-dessus de ses yeux.
- A pa pur ! s'écria-t-il, todos camaradas !...
- Tous des anciens ! traduisit Passepoil, qui avait la voix encore un peu tremblante.
Ce Passepoil était un poltron de naissance que le besoin avait fait brave. La chair de poule lui venait pour un rien, mais il se battait mieux qu'un diable.
Il y eut des poignées de main échangées, de bonnes poignées de main qui broient les phalanges ; il y eut grande dépense d'accolades : les pourpoints de buffle se frott?rent les uns contre les autres ; le vieux drap, le velours pelé entr?rent en communication. On e?t trouvé de tout dans le costume de ces intrépides, excepté du linge blanc.
De nos jours, les maîtres d'armes, ou, pour parler leur langue, MM. les professeurs d'escrime sont de sages industriels, bons époux, bons p?res, exerçant honn?tement leur état.
Au xviie si?cle, un virtuose d'estoc et de taille était une mani?re de Mondor, favori de la cour et de la ville, ou bien un pauvre diable obligé de faire pis que pendre pour boire son so?l de mauvais vin a la gargote. Il n'y avait pas de milieu.
Nos camarades du cabaret de la Pomme-d'Adam avaient eu peut ?tre leurs bons jours ; mais le soleil de la prospérité s'était éclipsé pour eux tous. Ils étaient manifestement battus par le m?me orage.
Avant l'arrivée de Cocardasse et de Passepoil, les trois groupes, distincts, n'avaient point lié familiarité. Le Breton ne connaissait personne, l'Allemand ne frayait qu'avec le Spolétan, et les trois Espagnols se tenaient fi?rement a leur écot. Mais Paris était déja un centre pour les beaux-arts. Des gens comme Cocardasse junior et Amable Passepoil, qui avaient tenu table ouverte dans la rue Croix-des-Petits-Champs, au revers du Palais-Royal, devaient connaître tous les fendants de l'Europe.
Ils servirent de trait d'union entre les trois groupes, si bien faits pour s'apprécier et s'entendre. La glace fut rompue, les tables se rapproch?rent, les brocs se m?l?rent, et les présentations eurent lieu dans les formes.
On connut les titres de chacun. C'était a faire dresser les cheveux !
Ces six rapi?res accrochées a la muraille avaient taillé plus de chair chrétienne que les glaives réunis de tous les bourreaux de France et de Navarre.
Le Quimpérois, s'il e?t été Huron, aurait porté deux ou trois douzaines de perruques a sa ceinture ; le Spolétan pouvait voir vingt et quelques spectres dans ses r?ves ; l'Allemand avait massacré deux gaugraves, trois margraves, cinq rhingraves et un landgrave : il cherchait un burgrave.
Et ce n'était rien aupr?s des trois Espagnols, qui se fussent noyés aisément dans le sang de leurs innombrables victimes.
Pépé le tueur (el Matador) ne parlait jamais que d'embrocher trois hommes a la fois.
Nous ne saurons rien dire de plus flatteur a la louange de notre Gascon et de notre Normand : ils jouissaient de la considération générale dans ce conseil de tranche-montagnes.
Quand on eut bu la premi?re tournée de brocs et que le brouhaha des vanteries se fut un peu apaisé, Cocardasse dit :
- Maintenant, mes mignons, causons de nos affaires.
On appela la fille d'auberge, tremblante au milieu de ces cannibales, et on lui demanda d'apporter d'autre vin.
C'était une grosse brune un peu louche, Passepoil avait déja dirigé vers elle l'artillerie de ses regards amoureux ; il voulut la suivre pour lui parler, sous prétexte d'avoir du vin plus frais ; mais Cocardasse le saisit au collet.
- Tu as promis de maîtriser tes passions, mon bon, lui dit-il avec dignité.
Fr?re Passepoil se rassit en poussant un gros soupir.
D?s que le vin fut apporté, on renvoya la maritorne avec ordre de ne plus revenir.
- Mes mignons, reprit Cocardasse junior, nous ne nous attendions pas, fr?re Passepoil et moi, a rencontrer ici une si ch?re compagnie... loin des villes, loin des centres populeux o? généralement vous exercez vos talents...
- O?mé ! interrompit le spadassin de Spol?te ; connais-tu des villes o? il y ait maintenant de la besogne, toi, Cocardasse, caro mio !
Et tous secou?rent la t?te en hommes qui pensent que leur vertu n'est point suffisamment récompensée.
Puis Saldagne demanda :
- Ne sais-tu point pourquoi nous sommes en ce lieu ?
Le Gascon ouvrait la bouche pour répondre, lorsque le pied de fr?re Passepoil s'appuya sur sa botte.
Cocardasse junior, bien que chef nominal de la communauté, avait l'habitude de suivre les conseils de son prévôt, qui était un Normand prudent et sage.
- Je sais, répliqua-t-il, qu'on nous a convoqués...
- C'est moi, interrompit Staupitz.
- Et que, pour les cas ordinaires, acheva le Gascon, fr?re Passepoil et moi, nous suffisons pour un coup de main.
- Carajo ! s'écria le Tueur, quand je suis la, d'habitude, on n'en appelle pas d'autre !
Chacun varia ce th?me suivant son éloquence ou son degré de vanité ; puis Cocardasse conclut :
- Allons-nous donc avoir affaire a une armée ?
- Nous allons avoir affaire, répondit Staupitz, a un seul cavalier.
Staupitz était attaché a la personne de M. de Peyrolles, l'homme de confiance du prince Philippe de Gonzague.
Un bruyant éclat de rire accueillit cette déclaration.
Cocardasse et Passepoil riaient plus haut que les autres ; mais le pied du Normand était toujours sur la botte du Gascon.
Cela voulait dire : " Laisse-moi mener cela. "
Passepoil demanda candidement :
- Et quel est donc le nom de ce géant qui combattra contre huit hommes ?
- Dont chacun, sandiéou ! vaut une demi-douzaine de bons drilles, ajouta Cocardasse.
Staupitz répondit :
- C'est le duc Philippe de Nevers.
- Mais on le dit mourant ! se récria Saldagne.
- Poussif ! ajouta Pinto.
- Surmené, cassé, pulmonaire ! achev?rent les autres.
Cocardasse et Passepoil ne disaient plus rien.
Celui-ci secoua la t?te lentement, puis il repoussa son verre. Le Gascon l'imita.
Leur gravité soudaine ne put manquer d'exciter l'attention générale.
- Qu'avez-vous ? qu'avez-vous donc ? demanda-t-on de toutes parts.
On vit Cocardasse et son prévôt se regarder en silence.
- Ah ça ! que diable signifie cela ? s'écria Saldagne ébahi.
- On dirait, ajouta Faënza, que vous avez envie d'abandonner la partie ?
- Mes mignons, répliqua gravement Cocardasse, on ne se tromperait pas beaucoup.
Un tonnerre de réclamations couvrit sa voix.
- Nous avons vu Philippe de Nevers a Paris, reprit doucement fr?re Passepoil, il venait a notre salle... c'est un mourant qui vous taillera des croupi?res !
- A nous ! se récria le ch?ur.
Et toutes les épaules de se hausser avec dédain.
- Je vois, dit Cocardasse, dont le regard fit le tour du cercle, que vous n'avez jamais entendu parler de la botte de Nevers.
On ouvrit les yeux et les oreilles.
- La botte du vieux maître Dalapalme, ajouta Passepoil, qui mit bas sept prévôts entre le bourg du Roule et la porte Saint-Honoré.
- Fadaises que ces bottes secr?tes ! s'écria le Tueur.
- Bon pied, bon ?il, bonne garde, ajouta le Breton, je me moque des bottes secr?tes comme du déluge !
- A pa pur ! fit Cocardasse junior avec fierté ; je pense avoir bon pied, bon ?il et bonne garde, mes mignons...
- Moi aussi, appuya Passepoil.
- Aussi bon pied, aussi bon ?il, aussi bonne garde que pas un de vous.
- A preuve, glissa Passepoil avec sa douceur ordinaire, que nous sommes pr?ts a en faire l'essai, si vous voulez.
- Et cependant, reprit Cocardasse, la botte de Nevers ne me paraît pas une fadaise... J'ai été touché dans ma propre académie... Eh donc !
- Moi de m?me.
- Touché en plein front, entre les deux yeux, et trois fois de suite...
- Et trois fois, moi, entre les deux yeux, en plein front !
- Trois fois, sans pouvoir trouver l'épée a la parade !
Les six spadassins écoutaient maintenant attentifs.
Personne ne riait plus.
- Alors, dit Saldagne, qui se signa, ce n'est pas une botte secr?te, c'est un charme.
Le bas Breton mit sa main dans sa poche, o? il devait bien avoir un bout de chapelet.
- On a bien fait de nous convoquer tous, mes mignons, reprit Cocardasse avec plus de solennité. Vous parliez d'armée... j'aimerais mieux une armée... Il n'y a, croyez-moi, qu'un seul homme au monde capable de tenir t?te a Philippe de Nevers, l'épée a la main.
- Et cet homme ? firent six voix en m?me temps.
- C'est le petit Parisien, répondit Cocardasse.
- Ah ! celui-la, s'écria Passepoil avec un enthousiasme soudain, c'est le diable !
- Le petit Parisien ? répétait-on a la ronde.
- Un nom que vous connaissez tous, mes maîtres... Il s'appelle le chevalier de Lagard?re !
Il paraîtrait que les estafiers connaissaient tous ce nom, en effet, car il se fit parmi eux un grand silence.
- Je ne l'ai jamais rencontré, dit ensuite Saldagne.
- Tant mieux pour toi, mon bon, répliqua le Gascon ; il n'aime pas les gens de ta tournure.
- C'est lui qu'on appelle le beau Lagard?re ? demanda Pinto.
- C'est lui, ajouta Faënza en baissant la voix, qui tua les trois prévôts Flamands sous les murs de Senlis ?
- C'est lui, voulut dire Joël de Jugan, qui...
Mais Cocardasse l'interrompit en prononçant avec emphase ces seuls mots :
- Il n'y a pas deux Lagard?re !
III. - Les trois Philippe. -
L'unique fen?tre de la salle basse du cabaret de la Pomme-d'Adam donnait sur une sorte de glacis planté de h?tres, qui aboutissait aux douves de Caylus. Un chemin charretier traversait le bois et aboutissait a un pont de planches jeté sur les fossés, qui étaient tr?s-profonds et tr?s-larges.
Ils faisaient le tour du château de trois côtés, et s'ouvraient sur le vide au-dessus du Hachaz.
Depuis qu'on avait abattu les murs destinés a retenir l'eau, le dess?chement s'était opéré de lui-m?me, et le sol des douves donnait par année deux magnifiques récoltes de foin destiné aux écuries du maître.
La seconde récolte venait d'?tre coupée. De l'endroit o? se tenaient nos huit estafiers, on pouvait voir les faneurs qui mettaient le foin en bottes sous le pont.
A part l'eau qui manquait, les douves étaient restées intactes. Leur bord intérieur se relevait en pente roide jusqu'au glacis.
Il n'y avait qu'une seule br?che, pratiquée pour donner passage aux charrettes de foin. Elle aboutissait a ce chemin qui passait devant la fen?tre du cabaret.
Du rez-de-chaussée du château au fond de la douve, le rempart était percé de nombreuses meurtri?res ; mais il n'y avait qu'une ouverture capable de donner passage a une créature humaine : c'était une fen?tre basse située juste sous le pont fixe qui avait remplacé depuis longtemps le pont-levis.
Cette fen?tre était fermée d'une grille et de forts contrevents. Elle donnait de l'air et du jour a l'étuve de Caylus, grande salle souterraine qui gardait des restes de magnificence.
On sait que le moyen âge, dans le Midi principalement, avait poussé tr?s-loin le luxe des bains.
Trois heures venaient de sonner a l'horloge du donjon.
Ce terrible matamore qu'on appelait le beau Lagard?re n'était pas la en définitive, et ce n'était pas lui qu'on attendait ; aussi, nos maîtres en fait d'armes, apr?s le premier saisissement passé, reprirent bien vite leur forfanterie.
- Eh bien, s'écria Saldagne, je vais te dire une chose, ami Cocardasse. Je donnerais dix pistoles pour le voir, ton chevalier de Lagard?re.
- L'épée a la main ? demanda le Gascon apr?s avoir bu un large trait et fait claquer sa langue. Eh bien, ce jour-la, mon bon, ajouta-t-il gravement, sois en état de grâce, et mets-toi a la garde de Dieu !
Saldagne posa son feutre de travers. On ne s'était encore distribué aucun horion : c'était merveille. La danse allait peut-?tre commencer, lorsque Staupitz, qui était a la fen?tre, s'écria :
- La paix, enfants ! voici M. de Peyrolles, le factotum du prince de Gonzague.
Celui-ci arriva, en effet, par le glacis ; il était a cheval.
- Nous avons trop parlé, dit précipitamment Passepoil, et nous n'avons rien dit... Nevers et sa botte secr?te valent de l'or, mes compagnons, voila ce qu'il faut que vous sachiez... Avez-vous envie de faire d'un coup votre fortune ?
Pas n'est besoin de dire la réponse des compagnons de Passepoil.
Celui-ci poursuivit :
- Si vous voulez cela, laissez agir maître Cocardasse et moi... Quoi que nous disions a ce Peyrolles, appuyez-nous.
- C'est entendu ! s'écria-t-on en ch?ur.
- Au moins, acheva fr?re Passepoil en se rasseyant, ceux qui n'auront pas ce soir le cuir troué par l'épée de Nevers pourront faire dire des messes a l'intention des défunts.
Peyrolles entrait.
Passepoil ôta le premier son bonnet de laine bien révérencieusement. Les autres salu?rent a l'avenant.
Peyrolles avait un gros sac d'argent sous le bras.
Il le jeta bruyamment sur la table en disant :
- Tenez, mes braves, voici votre pâture !
Puis, les comptant de l'?il :
- A la bonne heure, reprit-il, nous voila tous au grand complet !... Je vais vous dire en peu de mots ce que vous avez a faire.
- Nous écoutons, mon bon monsieur de Peyrolles, repartit Cocardasse en mettant ses deux coudes sur la table ; eh donc !
Les autres répét?rent :
- Nous écoutons.
Peyrolles prit une pose d'orateur.
- Ce soir, dit-il, vers huit heures, un homme viendra par ce chemin que vous voyez ici, juste sous la fen?tre. Il sera a cheval, il attachera sa monture aux piliers du pont, apr?s avoir franchi la l?vre du fossé... Regardez, la, sous le pont, apercevez-vous une croisée basse, fermée par des contrevents de ch?ne ?...
- Parfaitement, mon bon monsieur de Peyrolles, répondit Cocardasse ; a pa pur !... nous ne sommes pas des aveugles !
- L'homme s'approchera de la fen?tre...
- Et a ce moment-la nous l'accosterons ?...
- Poliment ! interrompit Peyrolles avec un sourire sinistre ; et votre argent sera gagné.
- Capédébiou ! s'écria Cocardasse, ce bon M. de Peyrolles, il a toujours le mot pour rire !
- Est-ce entendu ?
- Assurément ; mais vous ne nous quittez pas encore, je suppose ?
- Mes bons amis, je suis pressé, dit Peyrolles en faisant déja un mouvement de retraite.
- Comment ! s'écria le Gascon, sans nous dire le nom de celui que nous devons... accoster ?
- Ce nom ne vous regarde pas.
Cocardasse cligna de l'?il ; tout aussitôt un murmure mécontent s'éleva du groupe des estafiers. Passepoil surtout se déclara formalisé.
- Sans m?me nous avoir appris, poursuivit Cocardasse, quel est l'honn?te seigneur pour qui nous allons travailler ?
Peyrolles s'arr?ta pour le regarder. Son long visage eut une expression d'inquiétude.
- Que vous importe ? dit-il, essayant de prendre un ton de hauteur.
- Cela nous importe beaucoup, mon bon monsieur de Peyrolles.
- Puisque vous ?tes bien payés ?...
- Peut-?tre que nous ne nous trouvons pas assez bien payés, mon bon monsieur de Peyrolles.
- Qu'est-ce a dire, l'ami ?...
Cocardasse se leva ; tous les autres l'imit?rent.
- Capédébiou ! mon mignon, dit-il en changeant de ton brusquement, parlons franc... Nous sommes tous ici prévôts d'armes et, par conséquent, gentilshommes... Nos rapi?res.
Et il frappa sur la sienne qu'il n'avait point quittée.
- Nos rapi?res veulent savoir ce qu'elles font !
- Voila ! ponctua fr?re Passepoil, qui offrit courtoisement une escabelle au confident de Philippe de Gonzague.
Les estafiers approuv?rent chaudement du bonnet.
Peyrolles parut hésiter un instant.
- Mes braves, dit-il, puisque vous avez si bonne envie de savoir, vous auriez bien pu deviner... A qui appartient ce château ?
- A M. le marquis de Caylus, sandiéou ! un bon seigneur chez qui les femmes ne vieillissent pas... a Caylus-Verrous, le château... Apr?s ?
- Parbleu ! la belle finesse ! fit bonnement Peyrolles ; vous travaillez pour M. le marquis de Caylus.
- Croyez-vous cela, vous autres ? demanda Cocardasse d'un ton insolent.
- Non, répondit fr?re Passepoil.
- Non, répéta aussitôt la troupe docile.
Un peu de sang vint aux joues creuses de Peyrolles.
- Comment, coquins !... s'écria-t-il.
- Tout beau ! interrompit le Gascon : mes nobles amis murmurent... prenez garde !... Discutons plutôt avec calme et comme des gens de bonne compagnie... Si je vous comprends bien, voici le fait : M. le marquis de Caylus a appris qu'un gentilhomme beau et bien fait pénétrait de temps en temps, la nuit, dans son château, par une fen?tre basse... Est-ce cela ?...
- Oui, fit Peyrolles.
- Il sait que mademoiselle Aurore de Caylus, sa fille, aime ce gentilhomme...
- C'est rigoureusement vrai, dit encore le factotum.
- Selon vous, monsieur de Peyrolles !... Vous expliquez ainsi notre réunion a l'auberge de la Pomme d'Adam... D'autres pourraient trouver l'explication plausible ; mais, moi, j'ai mes raisons pour la trouver mauvaise... Vous n'avez pas dit la vérité, monsieur de Peyrolles.
- Par le diable ! s'écria celui-ci, c'est trop d'impudence !
Sa voix fut étouffée par celle des estafiers, qui disaient :
- Parle, Cocardasse ! parle, parle !
Le Gascon ne se fit point prier.
- D'abord, dit-il, mes amis savent comme moi que ce visiteur de nuit, recommandé a nos épées, n'est pas moins qu'un prince...
- Un prince ! fit Peyrolles en haussant les épaules.
Cocardasse continua :
- Le prince Philippe de Lorraine, duc de Nevers.
- Vous en savez plus long que moi, voila tout ! dit Peyrolles.
- Non pas, capédébiou !... ce n'est pas tout !... Il y a encore autre chose... et cette autre chose-la, mes nobles amis ne la savent peut ?tre point... Aurore de Caylus n'est pas la maîtresse de M. de Nevers.
- Ah ! ah !... se récria le factotum.
- Elle est sa femme ! acheva le Gascon résolument.
Peyrolles pâlit et balbutia :
- Comment sais-tu cela, toi ?...
- Je le sais, voila qui est certain... Comment je le sais, peu vous importe... Tout a l'heure, je vais vous montrer que j'en sais bien d'autres... Un mariage secret a été célébré, il y a tantôt quatre ans, a la chapelle de Caylus, et, si je suis bien informé, vous et votre noble maître...
Il s'interrompit pour ôter son feutre d'un air moqueur, et acheva :
- Vous étiez témoins, monsieur de Peyrolles !
Celui-ci ne niait plus.
- O? en voulez-vous venir avec tous ces commérages ? demanda-t-il seulement.
- A découvrir, répondit le Gascon, le nom de l'illustre patron que nous servons cette nuit.
- Nevers a épousé la fille malgré le p?re, dit Peyrolles ; M. de Caylus se venge... Quoi de plus simple ?
- Rien de plus simple, si le bonhomme Verrous savait... mais vous avez été discrets... M. de Caylus ignore tout... Capédébiou ! le vieux matois se garderait bien de faire dép?cher ainsi le plus riche parti de France ! Tout serait arrangé d?s longtemps si M. de Nevers avait dit au bonhomme : " Le roi Louis veut me faire épouser mademoiselle de Savoie, sa ni?ce ; moi, je ne veux pas ; moi, je suis secr?tement le mari de votre fille... " Mais la réputation de Caylus-Verrous l'a effrayé, le pauvre prince... Il a craint pour sa femme, qu'il adore...
- La conclusion ? interrompit Peyrolles.
- La conclusion, c'est que nous ne travaillons pas pour M. de Caylus.
- C'est clair ! dit Passepoil.
- Comme le jour ! gronda le ch?ur.
- Et pour qui pensez-vous travailler ?
- Pour qui ! Ah ! ah ! sandiéou ! pour qui !... Savez-vous l'histoire des trois Philippe ? Non ? Je vais vous la dire en deux mots. Ce sont trois seigneurs de bonne maison, capédébiou ! L'un est Philippe de Mantoue, prince de Gonzague, votre maître, monsieur de Peyrolles, une altesse ruinée, traquée, qui se vendrait au diable a bien bon marché ; le second est Philippe de Nevers, que nous attendons ; le troisi?me est Philippe de France, duc de Chartres... Tous trois beaux, ma foi ! tous trois jeunes et brillants. Or, tâchez de concevoir l'amitié la plus robuste, la plus héro?que, la plus impossible, vous n'aurez qu'une faible idée de la mutuelle tendresse que se portent les trois Philippe. Voila ce qu'on dit partout a Paris. Nous laisserons de côté, s'il vous plaît, pour cause, le neveu du roi. Nous ne nous occuperons que de Nevers et de Gonzague, que de Pythias et de Damon.
- Eh ! morbleu ! s'écria ici Peyrolles, allez-vous accuser Damon de vouloir assassiner Pythias ?
- Eh donc ! fit le Gascon, le vrai Damon était a son aise ; le Damon du temps de Denys, tyran de Syracuse... et le vrai Pythias n'avait pas six cent mille écus de revenu.
- Que notre Pythias, a nous, poss?de, interrompit Passepoil, et dont notre Damon est l'héritier présomptif.
- Vous sentez, mon bon monsieur de Peyrolles, poursuivit Cocardasse, que cela change bien la th?se ; j'ajoute que le vrai Pythias n'avait point une aimable maîtresse comme Aurore de Caylus, et que le vrai Damon n'était pas amoureux de la belle, ou plutôt de sa dot.
- Voila ! conclut pour la seconde fois fr?re Passepoil.
Cocardasse prit son verre et l'emplit.
- Messieurs, reprit-il, a la santé de Damon... je veux dire de Gonzague, qui aurait demain six cent mille écus de revenu, mademoiselle de Caylus et sa dot, si Pythias... je veux dire Nevers, s'en allait de vie a trépas cette nuit !
- A la santé du prince Damon de Gonzague ! s'écri?rent tous les spadassins, fr?re Passepoil en t?te.
- Eh donc ! que dites-vous de cela, monsieur de Peyrolles ? ajouta Cocardasse triomphant.
- R?veries ! gronda l'homme de confiance, mensonges !
- Le mot est dur... Mes vaillants amis seront juges entre nous... je les prends a témoin.
- Tu as dit vrai, Gascon ; tu as dit vrai ! fit-on autour de la table.
- Le prince Philippe de Gonzague, déclama Peyrolles, qui essaya de faire de la dignité, est trop au-dessus de pareilles infamies pour qu'on ait besoin de le disculper sérieusement...
Cocardasse l'interrompit.
- Alors, asseyez-vous, mon bon monsieur de Peyrolles, dit-il.
Et, comme le confident résistait, il le colla de force sur une escabelle en reprenant :
- Nous allons arriver a de plus grosses infamies. - Passepoil !
- Cocardasse ! répondit le Normand.
- Puisque M. de Peyrolles ne se rend pas, a ton tour de pr?cher, mon bon !
Le Normand rougit jusqu'aux oreilles et baissa les yeux.
- C'est que, balbutia-t-il, je ne sais pas parler en public.
- Veux tu marcher ! commanda maître Cocardasse en relevant sa moustache ; a pa pur ! ces messieurs excuseront ton inexpérience et ta jeunesse.
- Je compte sur leur indulgence, murmura le timide Passepoil.
Et, d'une voix de jeune fille interrogée au catéchisme, le digne prévôt commença :
- M. de Peyrolles a bien raison de tenir son maître pour un parfait gentilhomme. Voici le détail qui est parvenu a ma connaissance ; moi, je n'y vois point de malice, mais de méchants esprits pourraient en juger autrement. Tandis que les trois Philippe menaient joyeuse vie a Paris, si joyeuse vie, que le roi Louis menaça d'envoyer son neveu dans ses terres... je vous parle de deux ou trois ans ; j'étais au service d'un docteur italien, él?ve du savant Exili, nommé Pierre Garba.
- Pietro Garba de Gaëte ! interrompit Faënza ; je l'ai connu... c'était un noir coquin !
Fr?re Passepoil eut un doux sourire.
- C'était un homme rangé, reprit-il, de m?urs tranquilles... affectant de la religion... instruit comme les gros livres... et qui avait pour métier de composer des breuvages bienfaisants qu'il appelait la liqueur de longue vie.
Les spadassins éclat?rent de rire tous a la fois.
- A pa pur ! fit Cocardasse, tu racontes comme un Dieu !... marche... !
M. de Peyrolles essuya son front, o? il y avait de la sueur.
- Le prince Philippe de Gonzague, reprit Passepoil, venait voir tr?s-souvent le bon Pierre Garba.
- Plus bas ! interrompit le confident comme malgré lui.
- Plus haut ! s'écri?rent les braves.
Tout cela les divertissait infiniment, d'autant mieux qu'ils voyaient au bout une augmentation de salaire.
- Parle, Passepoil ! parle, parle ! firent-ils en resserrant leur cercle.
Et Cocardasse, caressant la nuque de son prévôt, dit d'un accent tout paternel :
- Lou coquin a dou soucc?s, capédébiou !
- Je suis fâché, poursuivit fr?re Passepoil, de répéter une chose qui paraît déplaire a M. de Peyrolles, mais le fait est que le prince de Gonzague venait tr?s souvent chez Garba... sans doute pour s'instruire. En ce temps-la, le jeune duc de Nevers fut pris d'une maladie de langueur...
- Calomnie ! fit Peyrolles, odieuse calomnie !
Passepoil demanda candidement :
- Qui donc ai-je accusé, mon maître ?
Et, comme le confident se mordit la l?vre jusqu'au sang, Cocardasse ajouta :
- Ce bon M. de Peyrolles n'a plus le verbe si haut, non.
Celui-ci se leva brusquement.
- Vous me laisserez me retirer, je pense ? dit-il avec une rage concentrée.
- Certes, fit le Gascon, qui riait de bon c?ur ; et, de plus, nous vous ferons escorte jusqu'au château... Le bonhomme Verrous doit avoir fini sa sieste : nous irons nous expliquer avec lui.
Peyrolles retomba sur son si?ge. Sa face prenait des tons verdâtres.
Cocardasse, impitoyable, lui tendit un verre.
- Buvez pour vous remettre, dit-il, car vous n'avez pas l'air a votre aise... Buvez un coup... Non ?... Alors, tenez-vous en repos et laissez parler lou petit couquin de Normand, qui pr?che mieux qu'un avocat en la grand'-chambre.
Fr?re Passepoil salua son chef de file avec reconnaissance, et reprit :
- On commençait a dire partout : " Voici ce pauvre jeune duc de Nevers qui s'en va... " La cour et la ville s'inquiétaient... C'est une si noble maison que ces Lorraine !... Le roi s'informa de ses nouvelles... Mais Philippe, duc de Chartres, était inconsolable...
- Un homme plus inconsolable encore, interrompit Peyrolles, qui réussit a prendre un accent pénétré, c'était Philippe, prince de Gonzague !
- Dieu me garde de vous contredire ! fit Passepoil, dont l'aménité inaltérable devrait servir d'exemple a tous les gens qui discutent. Je crois bien que le prince Philippe de Gonzague avait beaucoup de chagrin... la preuve, c'est qu'il venait tous les soirs chez maître Garba... tous les soirs, déguisé en homme de livrée... et qu'il lui répétait toujours d'un air découragé : " C'est bien long, docteur, c'est bien long ! "
Il n'y avait pas, dans la salle basse du cabaret de la Pomme-d'Adam, un homme qui ne f?t un meurtrier, et pourtant chacun tressaillit. Toutes les veines eurent froid.
Le gros poing de Cocardasse frappa la table.
Peyrolles courba la t?te et resta muet.
- Un soir, poursuivit fr?re Passepoil en baissant la voix comme malgré lui, un soir, Philippe de Gonzague vint de meilleure heure... Garba lui tâta le pouls ; il avait la fi?vre.
" - Vous avez gagné beaucoup d'argent au jeu, lui dit Garba, qui le connaissait bien...
" Gonzague se prit a rire et répondit :
" - J'ai perdu deux mille pistoles...
" Mais il ajouta tout de suite apr?s :
" - Nevers a voulu faire assaut aujourd'hui a l'académie ; il n'est plus assez fort pour tenir l'épée.
" - Alors, murmura le docteur Pierre Garba, c'est la fin... Peut-?tre que demain...
" Mais, se hâta d'ajouter Passepoil d'un ton presque joyeux, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Le lendemain, précisément, Philippe, duc de Chartres, prit Nevers dans son carrosse, et fouette cocher pour la Touraine ! Son Altesse emmenait Nevers dans ses apanages ! Comme maître Garba n'y était point, Nevers y fut bien. De la, cherchant le soleil, la chaleur, la vie, il passa la Méditerranée et gagna le royaume de Naples. Philippe de Gonzague vint trouver mon bon maître, et le chargea d'aller faire un tour de ce côté. J'étais a préparer ses bagages lorsque, malheureusement, une nuit, son alambic éclata. Il mourut du coup, le pauvre docteur Pierre Garba, pour avoir respiré la vapeur de son élixir de longue vie !
- Ah ! l'honn?te Italien ! s'écria-t-on a la ronde.
- Oui, dit fr?re Passepoil avec simplicité, je l'ai bien regretté, pour ma part ; mais voici la fin de l'histoire. Nevers fut dix-huit mois hors de France. Quand il revint a la cour, ce ne fut qu'un cri : Nevers avait rajeuni de dix ans ! Nevers était fort, alerte, infatigable !... Bref, vous savez tous qu'apr?s le beau Lagard?re, Nevers est aujourd'hui la premi?re épée du monde entier !
Fr?re Passepoil se tut, apr?s avoir pris une attitude modeste, et Cocardasse conclut :
- Si bien que M. de Gonzague s'est cru obligé de prendre huit prévôts d'armes pour avoir raison de lui seul... A pa pur !
Il y eut un silence. Ce fut M. de Peyrolles qui le rompit.
- O? tend ce bavardage ? demanda-t-il. A une augmentation de salaire ?
- Considérable... D'abord, répliqua le Gascon, en bonne conscience, on ne peut prendre le m?me prix pour un p?re qui venge l'honneur de sa fille et pour Damon qui veut hériter trop tôt de Pythias.
- Que demandez-vous ?
- Qu'on triple la somme.
- Soit ! répondit Peyrolles sans hésiter.
- En second lieu, que nous fassions tous partie de la maison de Gonzague apr?s l'affaire.
- Soit ! dit encore le factotum.
- En troisi?me lieu...
- Si vous demandez trop, commença Peyrolles.
- Péca?re ! s'écria Cocardasse en s'adressant a Passepoil ; il trouve que nous demandons trop !
- Soyons juste ! dit le conciliant prévôt. Il se pourrait que le neveu du roi voul?t venger son ami et alors...
- En ce cas, répliqua Peyrolles, nous passons la fronti?re... Gonzague rach?te ses biens d'Italie... Nous sommes tous en s?reté la-bas.
Cocardasse consulta du regard fr?re Passepoil d'abord, puis ses autres acolytes.
- Marché conclu, dit-il.
Peyrolles lui tendit la main.
Le Gascon ne la prit pas. Il frappa sur son épée et ajouta :
- Voici le tabellion qui me répond de vous, mon bon monsieur de Peyrolles... A pa pur ! vous n'essayerez jamais de nous tromper, vous !
Peyrolles, libre désormais, gagna la porte.
- Si vous le manquez, dit-il sur le seuil, rien de fait !
- Cela va sans dire ; dormez sur vos deux oreilles, mon bon monsieur de Peyrolles !...
Un large éclat de rire suivit le départ du confident ; puis toutes les voix joyeuses s'unirent pour crier :
- A boire ! a boire !
IV. - Le petit Parisien. -
Il était a peine quatre heures de relevée. Nos estafiers avaient du temps devant eux. Sauf Passepoil, qui avait trop regardé la maritorne louche et qui soupirait fort, tout le monde était joyeux.
On buvait dans la salle basse du cabaret de la Pomme-d'Adam, on criait, on chantait.
Au fond des douves de Caylus, les faneurs, apr?s la chaleur passée, activaient leur travail, et liaient en bottes la belle récolte de foin.
Tout a coup, un bruit de chevaux se fit sur la lisi?re de la for?t d'Ens, et, l'instant d'apr?s, on entendit des cris dans la douve.
C'étaient les faneurs qui fuyaient en hurlant les coups de plat d'épée d'une troupe de partisans.
Ceux-ci venaient au fourrage, et certes ils ne pouvaient trouver ailleurs de plus noble fenaison.
Nos braves s'étaient mis a la fen?tre de l'auberge pour mieux voir.
- Les drôles sont hardis ! dit Cocardasse junior.
- Venir ainsi jusque sous les fen?tres du marquis ! ajouta Passepoil.
- Combien sont-ils ?... Trois... quatre.. six... huit...
- Juste autant que nous ?
Pendant cela, les fourrageurs faisaient leur provision tranquillement, riant et prodiguant les gorges chaudes ; ils savaient bien que les vieux fauconneaux de Caylus étaient muets depuis longtemps.
C'étaient encore des justaucorps de buffle, des feutres belliqueux et de longues rapi?res : de beaux jeunes gens pour la plupart, parmi lesquels deux ou trois paires de moustaches grises ; seulement, ils avaient de plus que nos prévôts des pistolets a l'arçon de leurs selles.
Leur accoutrement n'était, du reste, point pareil. On reconnaissait dans ce petit escadron les uniformes délabrés de divers corps réguliers ; il y avait deux chasseurs de Brancas, un canonnier de Flandres, un miquelet d'au-dela des monts, un vieil arbalétrier qui avait d? voir la Fronde. Le surplus avait perdu son cachet, comme sont les médailles frustes.
Le tout pouvait ?tre pris pour une belle et bonne bande de voleurs de grand chemin.
Et de fait, ces aventuriers, qui se décoraient du nom de volontaires royaux, ne valaient gu?re mieux que des bandits.
Quand ils eurent achevé leur besogne et chargé leurs chevaux, ils remont?rent le chemin charretier. Leur chef, qui était un des deux chasseurs de Brancas, portant les galons de brigadier, regarda tout autour de lui et dit :
- Par ici, messieurs, voici justement notre affaire.
Il montrait du doigt le cabaret de la Pomme-d'Adam.
- Bravo ! cri?rent les fourrageurs.
- Mes maîtres, murmura Cocardasse junior, je vous conseille de décrocher vos épées.
En un clin d'?il, tous les ceinturons furent rebouclés, et les prévôts d'armes, quittant la fen?tre, se remirent autour des tables.
Cela sentait la bagarre d'une lieue. Fr?re Passepoil souriait paisiblement sous ses trois poils de moustache.
- Nous disions donc, commença Cocardasse afin de faire bonne contenance, que le meilleur moyen de tenir la garde a un prévôt gaucher, ce qui est toujours fort dangereux...
- Hola ! fit en ce moment le chef des maraudeurs, dont le visage barbu se montra a la porte ; l'auberge est pleine, enfants !
- Il faut la vider, répondirent ceux qui le suivaient.
C'était simple, c'était logique. Le chef, qui se nommait Carrigue, n'eut point d'objection a faire.
Ils descendirent tous de cheval et attach?rent effrontément leurs montures chargées de foin aux anneaux qui étaient au mur du cabaret.
Jusque-la, nos prévôts n'avaient pas bougé.
- Ça ! dit Carrigue en entrant le premier, qu'on déguerpisse, et vite !... Il n'y a place ici que pour les volontaires du roi.
On ne répondit point.
Cocardasse se tourna seulement vers les siens et murmura :
- De la tenue, enfants ! Ne nous emportons pas, et faisons danser en mesure MM. les volontaires du roi.
Les gens de Carrigue encombraient déja la porte.
- Eh bien, fit celui-ci, que vous a-t-on dit ?
Les maîtres d'armes se lev?rent et salu?rent poliment.
- Priez-les, dit le canonnier de Flandre, de passer par la fen?tre.
En m?me temps, il prit le verre plein de Cocardasse, et le porta a ses l?vres.
Carrigue disait cependant :
- Ne voyez-vous pas, mes rustres, que nous avons besoin de vos brocs, de vos tables et de vos escabelles ?
- A pa pur ! fit Cocardasse junior, nous allons vous donner tout cela, mes mignons !
Il écrasa le broc sur la t?te du canonnier, tandis que fr?re Passepoil envoyait sa lourde escabelle dans la poitrine de Carrigue.
Les seize flamberges furent au vent au m?me instant. C'étaient tous gens d'armes solides, braves et batailleurs par go?t. Ils y all?rent avec ensemble et de bon c?ur.
On entendait le ténor Cocardasse dominer le tumulte par son juron favori.
- Capédébiou ! servez-les ! servez-les ! disait-il.
A quoi Carrigue et les siens répondirent en chargeant t?te baissée.
- En avant ! Lagard?re ! Lagard?re !
Ce fut un coup de théâtre. Cocardasse et Passepoil, qui étaient au premier rang, recul?rent, et mirent la table massive entre les deux armées.
- A pa pur ! s'écria le Gascon ; bas les armes partout !
Il y avait déja trois ou quatre volontaires fort maltraités. L'assaut ne leur avait point réussi, et ils ne voyaient que trop désormais a qui ils avaient affaire.
- Qu'avez-vous dit la ? reprit fr?re Passepoil, dont la voix tremblait d'émotion ; qu'avez-vous dit la ?
Les autres prévôts murmuraient et disaient :
- Nous allions les manger comme des mauviettes !
- La paix ! fit Cocardasse avec autorité.
Et, s'adressant aux volontaires en désarroi :
- Répondez franc, dit-il ; pourquoi avez-vous crié Lagard?re ?
- Parce que Lagard?re est notre chef, répondit Carrigue.
- Le chevalier Henri de Lagard?re ?
- Oui.
- Notre petit Parisien !... notre bijou ! roucoula fr?re Passepoil, qui avait déja l'?il humide.
- Un instant, fit Cocardasse ; pas de méprise ! Nous avons laissé Lagard?re a Paris, chevau-léger du corps.
- Eh bien, riposta Carrigue, Lagard?re s'est ennuyé de cela... Il n'a conservé que son uniforme, et commande une compagnie de volontaires royaux, ici, dans la vallée.
- Alors, dit le Gascon, halte-la ! les épées au fourreau !... Vivadiou ! les amis du petit Parisien sont les nôtres, et nous allons boire ensemble a la premi?re lame de l'univers.
- Bien cela ! fit Carrigue, qui sentait que sa troupe l'échappait belle.
MM. les volontaires royaux rengain?rent avec empressement.
- N'aurons-nous pas au moins des excuses ? demanda Pépé le Tueur, fier comme un Castillan.
- Tu auras, mon vieux compagnon, répondit Cocardasse, la satisfaction de te battre avec moi si le c?ur t'en dit ; mais, quant a ces messieurs, ils sont sous ma protection. A table ! du vin !... Je ne me sens pas de joie. Eh donc !
Il tendit son verre a Carrigue.
- J'ai l'honneur, reprit-il, de vous présenter mon prévôt Passepoil, qui, soit dit sans vous offenser, allait vous enseigner une courante dont vous n'avez pas la plus lég?re idée. Il est comme moi l'ami dévoué de Lagard?re.
- Et il s'en vante ! interrompit fr?re Passepoil.
- Quant a ces messieurs, poursuivit le Gascon, vous pardonnerez a leur mauvaise humeur. Ils vous tenaient, mes braves. Je leur ai ôté le morceau de la bouche... toujours sans vous offenser... Trinquons !
On trinqua. Les derniers mots, adroitement jetés par Cocardasse, avaient donné satisfaction aux prévôts, et MM. les volontaires ne semblaient point juger a propos de les relever.
Ils avaient vu de trop pr?s l'étrille.
Pendant que la maritorne, presque oubliée par Passepoil, allait chercher du vin frais a la cave, on transporta escabelles et tables sur la pelouse, car la salle basse du cabaret de la Pomme-d'Adam n'était réellement plus assez grande pour contenir cette vaillante compagnie.
Bientôt tout le monde f?t a l'aise et commodément attablé sur le glacis.
- Parlons de Lagard?re ! s'écria Cocardasse ; c'est pourtant moi qui lui ai donné sa premi?re leçon d'armes ! Il n'avait pas seize ans, mais quelles promesses d'avenir !
- Il en a a peine dix-huit aujourd'hui, dit Carrigue, et Dieu sait qu'il tient parole !
Malgré eux, les prévôts prenaient intér?t a cette mani?re de héros dont on leur rebattait les oreilles depuis le matin. Ils écoutaient, et personne parmi eux ne souhaitait plus se trouver en face de lui ailleurs qu'a table.
- Oui, n'est-ce pas, continua Cocardasse en s'animant, il a tenu parole ?... Péca?re ! il est toujours beau, toujours brave comme un lion ?
- Toujours heureux aupr?s du beau sexe ? murmura Passepoil en rougissant jusqu'au bout de ses longues oreilles.
- Toujours évaporé, poursuivit le Gascon, toujours mauvaise t?te ?
- Bourreau des crânes, et si doux avec les faibles !
- Casseur de vitres, tueur de maris !
Ils alternaient, nos deux prévôts, comme les bergers de Virgile. Arcades ambo !
- Beau joueur !
- Jetant l'or par les fen?tres !
- Tous les vices, capédébiou !
- Toutes les vertus !
- Pas de cervelle...
- Un c?ur !... un c?ur d'or !
Ce fut Passepoil qui eut le dernier mot. Cocardasse l'embrassa avec effusion.
- A la santé du petit Parisien ! a la santé de Lagard?re ! s'écri?rent-ils ensemble.
Carrigue et ses hommes lev?rent leurs tasses avec enthousiasme. On but debout. Les prévôts n'en purent point donner le démenti.
- Mais, par le diable ! reprit Joël de Jugan, le bas Breton, en posant son verre, apprenez-nous donc au moins ce que c'est que votre Lagard?re !
- Les oreilles nous en tintent, ajouta Saldagne. Qui est-il ? d'o? vient-il ? que fait-il ?
- Mon bon, répondit Cocardasse, il est gentilhomme aussi bien que le roi ; il vient de la rue Croix-des-Petits-Champs ; il fait des siennes. ?tes-vous fixés ?... Si vous en voulez plus long, versez a boire.
Passepoil lui emplit son verre, et le Gascon reprit, apr?s s'?tre un instant recueilli :
- Ce n'est pas une bien merveilleuse histoire, ou plutôt cela ne se raconte pas. Il faut le voir a l'?uvre. Quant a sa naissance, j'ai dit qu'il était plus noble que le roi, et je n'en démordrai pas ; mais, en somme, on n'a jamais connu ni son p?re ni sa m?re. Quand je l'ai rencontré, il avait douze ans ; c'était dans la cour des Fontaines, devant le Palais-Royal. Il était en train de se faire assommer par une demi-douzaine de vagabonds plus grands que lui. Pourquoi ? Parce que ces jeunes bandits avaient voulu dévaliser la petite vieille qui vendait des talmouses sous la vo?te de l'hôtel Montesquieu. Je demandai son nom.
" - Le petit Lagard?re.
" - Et ses parents ?
" - Il n'a pas de parents.
" - Qui a soin de lui ?
" - Personne.
" - O? loge-t-il ?
" - Dans le pignon ruiné de l'ancien hôtel de Lagard?re, au coin de la rue Saint-Honoré.
" - A-t-il un métier ?
" - Deux plutôt qu'un : il plonge au Pont-Neuf, et il se désosse dans la cour des Fontaines.
" - A pa pur ! voila de beaux métiers !
" Vous autres, étrangers, s'interrompit ici Cocardasse, vous ne savez pas quelle profession c'est que de plonger au Pont-Neuf. Paris est la ville des badauds. Les badauds de Paris lancent du parapet du Pont-Neuf des pi?ces d'argent dans la rivi?re, et il y a des enfants intrépides qui vont chercher ces pi?ces d'argent au péril de leur vie. Cela divertit les badauds. Vivediou ! entre toutes les voluptés, la meilleure est de bâtonner un de ces bagasses !... Et ça ne co?te pas cher.
" Quant au métier de désossé, on en voit partout. Lou petit couquin de Lagard?re faisait tout ce qu'il voulait de son corps. Il se grandissait, il se rapetissait ; ses jambes étaient des bras, ses bras étaient des jambes, et il me semble encore le voir, sandiéou ! quand il singeait le vieux bedeau de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui était bossu par devant et par derri?re.
" Va bien ! eh donc ! Je le trouvais gentil, moi, ce petit homme, avec ses cheveux blonds et ses joues roses. Je le tirai des mains de ses ennemis, et je lui dis :
" - Couquin ! veux-tu venir avec moi ?
" Il me répondit :
" - Non, parce que je veille la m?re Bernard.
" La m?re Bernard était une pauvre mendiante qui s'était arrangé un trou dans le pignon en ruine. Le petit Lagard?re lui apportait chaque soir le produit de ses plongeons et de ses contorsions.
" Alors, je lui fis un tableau complet des délices d'une salle d'armes. Ses beaux grands yeux flamboyaient. Il me dit avec un gros soupir :
" - Quand la m?re Bernard sera morte, j'irai chez vous.
" Et il s'en alla. Ma foi ! je n'y songeai plus.
" Trois ans apr?s, Passepoil et moi, nous vîmes arriver a notre salle un grand chérubin timide et tout embarrassé.
" - Je suis le petit Lagard?re, nous dit-il ; la m?re Bernard est morte.
" Quelques gentilshommes qui étaient la eurent envie de rire. Le grand chérubin rougit, baissa les yeux, se fâcha, et les fit rouler sur le plancher.
" Un vrai Parisien, quoi ! mince, souple, gracieux comme une femme, dur comme du fer.
" Au bout de six mois, il eut querelle avec un de nos prévôts, qui lui avait méchamment rappelé ses talents de plongeur et de désossé. Sandiéou ! le prévôt ne pesa pas une once.
" Au bout d'un an, il jouait avec moi comme je jouerais avec un de MM. les volontaires du roi... soit dit sans les offenser.
" Alors, il se fit soldat. Il tua son capitaine ; il déserta. Puis, il s'engagea dans les enfants perdus de Saint-Luc pour la campagne d'Allemagne. Il prit la maîtresse de Saint-Luc ; il déserta. M. de Villars le fit entrer dans Fribourg-en-Brisgau ; il en sortit tout seul, sans ordre, et ramena quatre grands diables de soldats allemands liés ensemble comme des moutons. Villars le fit cornette ; il tua son colonel ; il fut cassé... Péca?re ! quel enfant !
" Mais M. de Villars l'aimait. Et qui ne l'aimerait ? M. de Villars le chargea de porter au roi la nouvelle de la défaite du duc de Bade. Le duc d'Anjou le vit et le voulut pour page. Quand il fut page, en voici bien d'une autre ! les dames de la Dauphine se battirent pour l'amour de lui, le matin et le soir. On le congédia.
" Enfin, la fortune lui sourit ; le voila chevau-léger du corps ! Capédébiou ! je ne sais pas si c'est pour un homme ou pour une femme qu'il a quitté la cour ; mais, si c'est une femme, tant mieux pour elle ; si c'est un homme, de profundis ! "
Cocardasse se tut et lampa un grand verre. Il l'avait bien mérité. Passepoil lui serra la main en mani?re de félicitation.
Le soleil s'en allait descendant derri?re les arbres de la for?t. Carrigue et ses gens parlaient déja de se retirer, et l'on allait boire une derni?re fois au bon hasard de la rencontre, lorsque Saldagne aperçut un enfant qui se glissait dans les douves et tâchait évidemment de n'?tre point découvert.
C'était un petit garçon de treize a quatorze ans, a l'air craintif et tout effaré. Il portait le costume de page, mais sans couleurs, et une ceinture de courrier lui ceignait les reins.
Saldagne montra l'enfant a ses compagnons.
- Parbleu ! s'écria Carrigue, voila un gibier que nous avons déja couru. Il a éreinté nos chevaux tantôt. Le gouverneur de Vénasque a des espions ainsi faits, et nous allons nous emparer de celui-ci.
- D'accord, répliqua le Gascon ; mais je ne crois pas que ce jeune drôle appartienne au gouverneur de Vénasque. Il y a d'autres anguilles sous roche de ce côté-ci, monsieur le volontaire, et ce gibier-la est pour nous, soit dit sans vous offenser.
Chaque fois que le Gascon prononçait cette formule impertinente, il regagnait un point aupr?s de ses amis les prévôts.
On arrivait de deux mani?res au fond du fossé : par la route charreti?re et par un escalier a pic pratiqué a la t?te du pont. Nos gens se partag?rent en deux troupes et descendirent par les deux chemins a la fois. Quand le pauvre enfant se vit ainsi cerné, il n'essaya point de fuir, et les larmes lui vinrent aux yeux.
Sa main se plongea furtivement sous le revers de son justaucorps.
- Mes bons seigneurs ! s'écria-t-il, ne me tuez pas... Je n'ai rien ! je n'ai rien !
Il prenait nos gens pour de purs et simples brigands. Ils en avaient bien l'air.
- Ne mens pas ! dit Carrigue, tu as passé les monts, ce matin ?
- Moi ?... fit le page ; les monts ?
- Au diable ! interrompit Saldagne ; il vient d'Argel?s en ligne directe ; n'est-ce pas, petit ?
- D'Argel?s ? répéta l'enfant.
Son regard, en m?me temps, se dirigeait vers la fen?tre basse qui se montrait sous le pont.
- A pa pur ! lui dit Cocardasse, nous ne voulons pas t'écorcher, jeune homme... a qui portes-tu cette lettre d'amour ?
- Une lettre d'amour ? répéta encore le page.
Passepoil s'écria :
- Tu es né en Normandie, ma poule !
Et l'enfant de répéter :
- En Normandie, moi ?
- Il n'y a qu'a le fouiller, opina Carrigue.
- Oh ! non ! non ! s'écria le petit page en tombant a genoux, ne me fouillez pas, mes bons seigneurs !
C'était souffler sur le feu pour l'éteindre. Passepoil se ravisa et dit :
- Il n'est pas du pays ; il ne sait pas mentir !
- Comment t'appelles-tu ? interrogea Cocardasse.
- Berrichon, répondit l'enfant sans hésiter.
- Qui sers-tu ?
Le page resta muet.
Estafiers et volontaires, qui l'entouraient, commençaient a perdre patience. Saldagne le saisit au collet, tandis que tout le monde répétait :
- Voyons, réponds ! qui sers-tu ?
- Penses-tu, petit bagasse, reprit le Gascon, que nous ayons le temps de jouer avec toi ?... Fouillez-le, mes mignons, et finissons-en !
On vit alors un singulier spectacle : le page, tout a l'heure si craintif, se dégagea brusquement des mains de Saldagne, et tira de son sein, d'un air résolu, une petite dague qui ressemblait bien un peu a un jouet. D'un bond, il passa, entre Faënza et Staupitz, prenant sa course vers la partie orientale des fossés.
Mais fr?re Passepoil avait gagné maintes fois le prix de la course aux foires de Villedieu. Le jeune Hippom?ne, qui conquit en courant la main d'Atalante, ne détalait pas mieux que lui. En quelques enjambées, il eut rejoint le pauvre Berrichon.
Celui-ci se défendit vaillamment. Il égratigna Saldagne avec son petit poignard ; il mordit Carrigue, et lança de furieux coups de pied dans les jambes de Staupitz. Mais la partie était trop inégale, Berrichon, terrassé, sentait déja pr?s de sa poitrine la grosse main des estafiers, lorsque la foudre tomba au beau milieu de ses persécuteurs.
La foudre !
Carrigue s'en alla rouler a trois ou quatre pas, les jambes en l'air ; Saldagne pirouetta sur lui-m?me et cogna le mur du rempart ; Staupitz mugit et s'affaissa comme un b?uf assommé ; Cocardasse lui-m?me, Cocardasse junior fit la culbute et embrassa rudement le sol.
- Eh donc !
C'était un seul homme qui avait produit tout ce ravage en un clin d'?il, et, pour ainsi dire, du m?me coup.
Un large cercle se fit autour du nouveau venu et de l'enfant.
Pas une épée ne sortit du fourreau. Tous les regards se baiss?rent.
- Lou couquin ! grommela Cocardasse, qui se relevait en frottant ses côtes.
Il était furieux, mais un sourire naissait malgré lui sous sa moustache.
- Le petit Parisien ! fit Passepoil tremblant d'émotion ou de frayeur.
Les gens de Carrigue, sans s'occuper de celui-ci, qui gisait étourdi sur le sol, touch?rent leurs feutres avec respect, et dirent :
- Le capitaine Lagard?re.
IV. MAŁY PARYŻANIN.
Była zaledwie czwarta po południa. Zbiry mieli przed sobą dużo czasu. Oprócz Paspoala sentymentalnie wzdychającego do zyzowatej dziewuchy, wszyscy byli w doskonałych humorach.
W oberży pod "Jabłkiem Adama" pito, krzyczano, śpiewano, a na łąkach Kajlusa kosiarze pośpieszali z robotą, związując w snopki piękny zbiór siana.
Wtem od strony lasu Ens dał się słyszeć odgłos kopyt końskich, a w chwilę potem rozległy się krzyki w fosie. Przerażeni kosiarze uciekali co tchu przed naporem jakiejś partyzantki, która wpadła na nich, jak burza, wywijając rapierami na prawo i na lewo.
Ośmiu naszych zbirów w oberży przypadło do okna.
- O, jakie to zuchwałe ptaszki! - zawołał Kokardas.
- Tak podejść pod same okno pana markiza! - odrzekł Paspoal.
- Ilu ich tam? Trzy... sześć... ośmiu!
- Tak samo jak nas!
Tymczasem napastnicy w fosie zaopatrywali się śmiało w zapasy siana.
Były to znów kurtki ze skóry bawolej, zawadyackie kapelusze i długie rapiery. Po większej części wszyscy młodzi i rośli, zaledwie dwóch czy trzech z siwiejącemi wąsami. Przy siodłach mieli zatknięte pistolety. Ubrani byli w wytarte mundury różnych regularnych pułków: było dwóch strzelców z Brancas, paru artylerzystów z Flandryi, jeden stary żołnierz z czasów Frondy, to znów jakiś gwardzista hiszpański, tak, że całość można było wziąć za doskonałą bandę złodziejską.
I w rzeczy samej awanturnicy ci, jakkolwiek sami sobie nadali tytuł wolontaryuszów królewskich, nie wiele byli więcej warci od najpospolitszych bandytów.
Kiedy już dostatecznie zaopatrzyli się w żywność dla koni, zawrócili na drogę. Dowódca, jeden ze strzelców z Brancas, przybrany w galony dowódcy brygady, rozejrzawszy się dokoła, rzekł:
- Tędy, panowie, oto tam nasz cel.
To mówiąc, wskazał palcem na oberżę pod "Jabłkiem Adama".
- Brawo! - zawołali wszyscy.
- Mistrze - szepnął Kokardas - radzę wam, zdejmijcie ze ściany szpady.
W jednem mgnieniu oka wszystkie szpady były przypasane i nasi profesorowie najspokojniej zasiedli dokoła stolików.
Czuć było w powietrzu zbliżającą się awanturę.
Pod trzema włoskami wąsów Paspoala osiadł słodki uśmieszek.
- A więc mówiliśmy - zaczął niby dalszy ciąg rozmowy Kokardas, z najspokojniejszą miną, - że najlepszy sposób przy odparowywaniu ciosów mańkuta, co jest zawsze bardzo niebezpieczne...
- Hola! - rozległ się głos dowódcy maroderów, ukazując obrośniętą twarz we drzwiach głównej izby - oberża jest pełną, moje dzieci!
- Trzeba ją opróżnić - odpowiedzieli tamci.
To było takie logiczne, takie proste! To też dowódca, Karig wcale nie oponował. Więc wszyscy zsiedli z koni, które przywiązano wraz z obładowanemi sianem siodłami do kół w murze oberży.
Dotychczas nasi profosowie ani drgnęli.
- Te! - zakrzyknął Karig, wpadając pierwszy do izby. - Wynosić się! A prędko! To miejsce tylko dla wolontaryuszów króla!
Milczenie. Tylko Kokardas, zwróciwszy się do swoich, mruknął:
- Trzymajmy się chłopcy! Nie unośmy się, a zgrabnie potańcujemy z wolontaryuszami króla.
Tymczasem ludzie Kariga stłoczyli się wo drzwiach.
- No? - zaczął znów dowódca. - Co się wam powiedziało?
Wówczas wszyscy nasi mistrzowie broni wstali i skłonili się z przesadną grzecznością.
- Poproście ich - zawołał artylerzysta a Flandryi, - aby wynieśli się oknem!
To mówiąc, schwycił pełny kubek Kokardasa i poniósł do ust.
A Karig rzekł:
- No, gbury, czyż nie widzicie, że nam potrzeba waszych beczek, waszych stolików i stołków?
- Nie bój się! - odrzekł spokojnie Kokardas. - Zaraz wam, aniołeczki, wszystko to oddamy.
I w jednej sekundzie rozmiażdżył ciężką beczułkę na głowie artylerzysty, a Paspoal rzucił stołkiem w piersi Kariga.
Szesnaście rapierów zatańczyło naraz w powietrzu. Wszyscy, co do jednego, byli widać pierwszorzędni szermierze, odważni i wojacy z urodzenia. Więc "robota" szła sprawnie i ochotnie.
Donośny tenor Kokardasa panował nad szczękiem broni:
- Chwało Pańska! Bierzcie, proszę, co potrzeba! Proszę! Proszę!
Na co Karig ze swoimi odpowiedzieli kłując szpadami:
- Naprzód! Lagarder! Lagarder!
I stało się coś nieoczekiwanego. Kokardas i Paspoal, trzymający się w pierwszym rzędzie, nagle cofnęli się i schwyciwszy ciężki stół dębowy, postawili go między dwiema partyami walczących.
- Nie bój się! - krzyknął Kokardas. - Opuścić broń, wszyscy!
Ale trzem czy czterem wolontaryuszom nie udał się atak; dobrze poczuli, z kim mają do czynienia.
- Coście tam krzyczeli? - pytał drżącym ze wzruszenia głosem Paspoal. - Coście krzyczeli?
Innni profosowie mruczeli ze złością:
- Masz! Bylibyśmy ich połknęli, jak skowronków.
- Cicho tam! - zagrzmiał groźnie głos Kokardasa.
I zwracając się ku wolontaryuszom, zapytał:
- Odpowiadajcie uczciwie: Dlaczegoście wykrzykiwali Lagarder?
- Bo Lagarder jest naszym wodzem - odpowiedział Karig.
- Rycerz Henryk de Lagarder?
- Tak.
- Nasz mały Paryżanin! Nasze złotko! - kwilił ze łzą w oku Paspoal.
- Poczekajcie - rzekł Kokardas. - Tylko bez łgarstwa! Myśmy zostawili w Paryżu Lagardera, jako ułana królewskiego.
- To cóż? - odpowiedział Karig. - Lagerderowi już znudziło się to ułaństwo. Został mu po niem jeno mundur i teraz dowodzi oddziałem wolontaryuszów królewskich tutaj, w tej dolinie.
- A więc, halt! - zakomenderował Kokardas. - Szpady do pochew! Chwało Pańska! Przyjaciele naszego małego Paryżanina, są naszymi przyjaciółmi, i dalej! Wypijmy wspólnie za pomyślność najpierwszej szpady na świecie!
- Zgoda! - zawołał Karig, dziękując Bogu, że tak szczęśliwie wyszli z tej matni.
Panowie wolontaryusze skwapliwie chowali broń do pochew.
- E! - Chociażby nas przeprosili! - dopominał się zachmurzony Pepe, dumny jak Kastylczyk.
- Mój stary towarzyszu - odpowiedział na to Kokardas - jeżeli cię tak swędzą pięści i jeśli chcesz, to możesz się spróbować ze mną. Co zaś do tych panów, to oni są teraz pod moją protekcyą. Do stołu! Wina, hej! Straszniem kontent! Wasze zdrowie! - zwrócił się do Kariga i wychylił pełen kubek. - Mam zaszczyt przedstawić wam mego profosa, Paspoala, który tylko co miał wam z przeproszeniem, zatańczyć takiego kuranta, o jakim pojęcia nie macie. On, tak jak i ja, przyjaciel oddany Lagardera.
- Z czego też dumny! - przerwał Paspoal.
- Co do tych panów - ciągnął dalej Gaskończyk - wybaczcie ich zły humor. Toż, z przeproszeniem, mieli już was wszystkich na końcach szpad; a ja im wydarłem prawie z ust smaczny kęsek, z przeproszeniem. No, trąćmy się!
Zadźwięczały cynowe kubki.
Ostatnie zręczne słowa Kokardasa połechtały mile próżność profosów i ułagodziły złe humory, a panowie wolontaryusze woleli je puścić mimo uszu. Niech tam!
Podczas kiedy usługująca dziewczyna prawie zapomniana już przez Paspoala, poszła po świeże wino do piwnicy, poprzenoszono stoły i stołki na dziedziniec, bo w izbie zrobiło się zbyt ciasno.
Wkrótce cała kompania wesoło i wygodnie zasiadła przy stolikach.
- Mówmy trochę o Lagarderze - zaczął Kokardas. - Czy wiecie, że to jednak ja sam dałem mu pierwszą lekcyę fechtunku? Nie miał jeszcze lat szesnastu, a jakie świetne obietnice na przyszłość!
- A teraz nie ma jeszcze lat ośmnastu - rzekł Karig - a Bóg widzi, że ich nie zawiódł.
Mimowoli wszyscy profosi zaczęli coraz więcej interesować się bohaterem, którego mieli dziś od rana pełne uszy. Słuchali z zajęciem, ale już żaden z nich nie chciałby znaleźć się naprzeciw owego Lagardera, chyba, że przy stole.
- A co, prawda? Nie zawiódł? - ciągnął z przejęciem Kokardas. - Siarczyste! On zawsze taki piękny! Zawsze taki odważny i dzielny, jak lew.
- Zawsze szczęśliwy w miłości! - szeptał Paspoal, rumieniąc się po uszy.
- Zawsze taki sam trzpiot? - pytał Gaskończyk. - Szalona głowa!
- Morderca łotrów i hultajów, a taki słodki i miękki względem słabych!
- A jak gra! Nie dba o przegraną! - Rzuca złoto przez okno!
- Wszystkie występki w nim! Ręko Boska! I wszystkie cnoty!
- Pędziwiatr!....
- A serce!... Złote serce!
Za ostatnie słowa Paspoala, Kokardas uścisnął go namiętnie.
- Za zdrowie małego Paryżanina! Za zdrowie Lagardera! - wołali wszyscy hurmem.
Karig i jego towarzysze podnieśli? entuzyazmem kubki w górę.
Wypito zdrowie stojąc.
- Ale, do wszystkich dyabłów! - zawołał Joel Jugan, Bretończyk, stawiając na stole kubek - powiedzcie nam nareszcie, kto to jest ten wasz Lagarder!
- Aż nam w uszach dzwoni od tych pochwał! - dodał Saldani. - Kto on? Zkąd on? Co porabia?
- Mój kochanku - odrzekł Kokardas, - on jest taki sam dobry szlachcic, jak król. Zkąd on? Z ulicy Croix-des-Petits-Champs. Co porabia? Baraszkuje. Wiecie już? Jeżeli chcecie wiedzieć więcej, dajcie wina!
Paspoal nalał mu pełen kubek, wówczas Gaskończyk zaczął temi słowy:
- Nie jest to właściwie żadna cudowna powiastka, a raczej trudno to opowiedzieć. Trzeba go widzieć przy robocie! Co do jego pochodzenia, już wam powiedziałem, że jest lepszym od króla szlachcicem, i wcale tego nie cofam. Ale w gruncie rzeczy, to nikt nie znał ani jego ojca, ani matki. Kiedym go poznał, miał zaledwie lat dwanaście. Było to na podwórcu Fontan przed Palais-Royal. Właśnie bronił się przed napaścią sześciu włóczęgów większych wzrostem i silniejszych od siebie. A dlaczego? Bo ci młodzi bandyci chcieli oto przed chwilą ograbić biedną staruszkę, sprzedającą ciastka w bramie pałacu Monteskiusza. A on im nie dał. Pytam się, jak się nazywa: Mały Lagarder. - A rodzice? - Nie ma rodziców. - Kto się nim opiekuje? - Nikt. - Gdzie mieszka? - W jakimś zakątku ruin starego pałacu Lagarderów na ulicy św. Honoryusza. - Czem się zajmuje? - Jest nurkiem na Nowym-Moście, i akrobatą na podwórcu Fontan. - Nie bój się! Oba piękne rzemiosła!
- Wy tam, cudzoziemcy - zwrócił się do całej kompanii - wy nie, wiecie, co to jest być nurkiem na Nowym-Moście. Paryż - to miasto gapiów, co lubią przedstawienia. Rzucają z mostu srebrne monety do rzeki, a najodważniejsi z chłopaków ulicznych rzucają się w nurty, aby je stamtąd wyłowić. Naturalnie z narażeniem własnego życia. To zabawia gapiów. Ręko Boska! Najrozkoszniejszy rzeczy byłoby dla mnie przetrzepać dobrze tych durniów mieszczuchów! Co zaś do drugiego rzemiosła mojego chłopaka, to znacie je wszyscy dobrze. Wszędzie aż się roi od akrobatów. A ten mały gałgus, Lagarder, potrafił zrobić wszystko, co chciał, ze swojem ciałem: mógł się wydłużyć, to skurczyć; z nóg zrobić ręce, z rąk nogi i różne hece. Dotąd widzę go, Ręko Boska! jak małpował starego zakrystyana z kościoła St. Germain, który był garbusem z przodu i z tyłu.
Ano, więc, spodobał mi się okrutnie ten malec, z temi swojemi blond włosami i rumianą buzią. Wyrwałem go z rąk łobuziaków i powiedziałem mu: słuchaj, gałgasku, chcesz iść ze mną? A on mi odpowiedział tak: "Nie, bo ja się opiekuję matką Bernard". A ta matka Bernard, to była stara, biedna żebraczka. Wynalazła sobie jakąś dziurę w ruinach zamku Lagarderów i tam mieszkała. Mały Lagarder codzień przynosił jej swoje zarobki;łupy nurka i zapłatę za sztuki akrobatyczne.
Zacząłem mu opisywać rozkosze w naszej akademii fechtunkowej. Zabłysły jego piękne oczy, ale odpowiadał z ciężkiem westchnieniem:
- Jak matka Bernard wyzdrowieje, to przyjdę do was.
I odszedł. Potem to i ja nie myślałem długo o nim!
W trzy łata później patrzymy, ja i Paspoal, a tu do naszej zbrojowni wchodzi nieśmiało ogromny cherubin, czegoś zaambarasowany.
- Jestem mały Lagarder - powiedział - matka Bernard umarła.
Kilku panów, którzy tam wtedy u nas byli, zaśmiało się. Cherubin zaczerwienił się, spuścił oczy i zacisnąwszy pięści przyskoczył do nich i co do jednego powalił na ziemię.
Prawdziwy Paryżanin, co? Zgrabny, cienki, gibki, a wdzięczny jak kobieta, ale jak żelazo twardy.
W sześć miesięcy potem poturbował w kłótni jednego z naszych profosów, który mu złośliwie wytykał talenty nurka i akrobaty. Ręko Boska!
Po roku mógł już tak igrać ze mną, jak jabym poigrał naprzykład teraz z jednym z panów wolontaryuszów króla... bez obrazy waszej.
... Ano, potem wstąpił do wojska. Tam zabił kapitana, w pojedynku; więc uciekł. Potem zaciągnął się do armii pana Saint-Luc w wojnie z Niemcami, ale po jakiejś awanturze musiał też uciekać. Więc pan Villars wziął go do swego pułku. Ale raz wyszedł ten gałgan sam, bez pozwolenia, i przyciągnął czterech olbrzymich żołdaków niemieckich, skrępowanych razem, jak barany. Pan Villars zrobił go chorążym. Ale gdzie tam! Potłukł pułkownika i zmarnował karyerę. Psia kość! Jakie to dziecko!
Ale pan Villars bardzo go lubił. Bo ktoby go nie lubił? Więc pan Villars posłał go do króla z wiadomością o porażce księcia badeńskiego. Jak go zobaczył książę Andegaweński, to znów chciał go na pazia. I, wtedy dopiero zaczęły się awantury. Ręko Boska! Wszystkie damy dworskie i panny szlachetne biły się z sobą o pięknego pazia od rana do wieczora. Więc go odprawiono.
Nareszcie fortuna mu się uśmiechnęła: oto jest ułanem w pułku królewskim. Korono cierniowa! Dlaczegóżby znów teraz miał dwór opuszczać? Z powodu kobiety, czy mężczyzny? Jeżeli z powodu kobiety to tem lepiej dla niej; ale jeżeli jakiś mężczyzna jest tego przyczyną - "de profundis!"
Tu zamilkł Kokardas, wychylając pełny kubek wina. Rzetelnie nań zasłużył.
Paspoal pośpieszył uścisnąć mu rękę z powinszowaniem.
Tymczasem słońce już się chowało poza leśne drzewa. Karig przebąknął coś o odejściu i zabrano się do wychylenia kubków poraź ostatni "na drogę", kiedy Saldani spostrzegł jakieś chłopię, przeciskające się między snopkami siana w fosie, widać było, że chciał ujść niedostrzeżony.
Chłopiec mógł mieć około lat piętnastu, miał minę przerażoną i nieszczęśliwą. Ubrany był w kostyum pazia, bezbarwny.
Saldani wskazał palcem na chłopca.
- Tam do licha! - zawołał Karig. To zwierzyna, za którą już dziś raz goniliśmy i zmordowaliśmy porządnie konie. Wielkorządca Venaski wysyła zawsze właśnie takich szpiegów. Musimy teraz tego przyłapać.
- Zgoda - odrzekł Gaskończyk. - Tylko nie wydaje mi się, aby ten malec należał do wielkorządcy. Bo to są tutaj z tej strony gór jeszcze inne węgorze, panie wolontaryuszu, i ta zwierzyna jest, z przeproszeniem, dla nas.
Ile razy Gaskończyk wymawiał ten grzeczno-impertynencki wyraz, zyskiwał w oczach swoich przyjaciół, profosów.
Na dno fosy prowadziły dwie drogi: wązka dróżka, albo strome schodki spuszczone z mostu.
Nasze towarzystwo podzieliło się na dwie części, jedni szli jedną, drudzy drugą drogą. Struchlały chłopiec, widząc się tak ze wszystkich stron otoczony, nawet nie próbował ucieczki. Łzy napełniły mu oczy. Nagłym ruchem wsadził rękę w zanadrze.
- Szlachetni panowie! - zawołał. - Nie zabijajcie mnie! Ja nic nie mam! Nic nie mam!
Naturalnie wziął naszych towarzyszów za najpospolitszych bandytów, na co zresztą wyglądali.
- Nie kłam - krzyknął Karig. - Wszak tyś przechodził dzisiaj rano przez góry?
- Ja? Góry?
- Do dyabła! - przerwał Saldani. - On idzie prosto z Argeles. Nieprawdaż mały?
- Z Argeles! - powtórzyło chłopię.
Wzrok jego mimowoli skierował się ku niskiemu okienku pod mostem.
- Nie bój się! - rzekł Kokardas. - My nie chcemy ciebie zadusić, paniczu. Powiedz tylko do kogo niesiesz ten list miłosny?
- List miłosny? - powtórzył znów paź.
Wtedy Paspoal:
- Mój gołąbku, tyś się napewno rodził w Normandyi.
- Ja? W Normandyi?
- Niema co! - zdecydował Kokardas - trzeba go zrewidować.
- O, nie! nie! - błagał paź, padając na kolana. - Nie rewidujcie mnie, moi szlachetni panowie!
Naturalnie było to tylko dolaniem oliwy do ognia.
Paspoal rzekł po namyśle:
- Nie, on nie z mego kraju. Nie umie kłamać!
- Jak się nazywasz? - przerwał Kokardas.
- Berichon - odpowiedział paź.
- Komu służysz?
Paź milczał. Już wolontaryusze i zbiry zaczęli tracić cierpliwość. Saldani złapał chłopca za kołnierz, a inni wołali:
- No! Dalej! Odpowiadaj! U kogo jesteś?
- Czy ty myślisz, mucho, że my tu mamy czas bawić się z tobą! - Mówił Kokardas. - Rewidujcie go, aniołeczki! Kończmy z tem!
Wówczas, o dziwo! Paź dotychczas taki tchórzliwy i przestraszony, szybkim ruchem wyrwał się z rąk Saldaniego i z rezolutną miną wyciągnął z zanadrza mały sztylet, wyglądający raczej na dziecinną zabawkę. Jednem susem przebiegł między Faenzą i Staupicem i rzucił się pędem ku wschodniej części fosy.
Ale braciszek Paspoal nie darmo zdobywał nagrody na wyścigach jarmarcznych w Villedieu. W kilku susach stanął przy Berichonie. Ten zaś bronił się walecznie: boleśnie zadrasnął sztylecikiem Saldaniego; ugryzł Kariga w rękę i kilka razy wściekle kopnął w brzuch Staupica.
Pomimo to jednak partya zbyt była nierówna. Berichon, powalony na ziemię, uczuł już był na piersiach ciężkie, grube łapy zbirów, gdy wtem padł między nich piorun.
Piorun!
Karig fiknął trzy, czy cztery razy koziołka w powietrzu; Saldani, jak bąk zakręcony, obrócił się dokoła siebie kilka razy i w końcu runął pod murem wału. Staupic, ryknął i padł ciężko na ziemię, jak byk obuchem zatłuczony. Nawet Kokardas, sam Kokardas! stracił równowagę i padł plackiem na ziemię.
Co to?
Wszystko to sprawił jeden tylko człowiek, w jednem mgnieniu oka i jakby jednym tylko ruchem!.
Szerokiem kołem otoczono nowo zjawionego i chłopca.
Ani jedna szpada nie wychyliła się z pochwy i wszystkie źrenice wbiły się w ziemię.
- Galgus! - gderał zachmurzony Kokardas, podnosząc się z ziemi i trąc silnie boki.
Był niby wściekły, a jednocześnie uśmiech zadowolenia mimowoli drżał pod srogiemi wąsiskami.
- Nasz mały Paryżanin! - przemówił Paspoel drążycym ze wzruszenia, czy ze strachu głosem.
Towarzysze Kariga, nie zwracając uwagi na stękającego na ziemi swego dowódcę, pozdejmowali z szacunkiem kapelusze i rzekli:
- Kapitan Lagarder!
GARBUS
Mistrzowie sztuki szermierskiej.
I. DOLINA LOURON.
W pustynnej obecnie dolinie Louron wznosił się niegdyś starożytny gród Lorre.
Dokoła góry. Wysokie szczyty Pirenejów, przedarte w tem miejscu, ukazują błękitne niebo Hiszpanii.
Ze stoków gór można jednym rzutem oka objąć cały krajobraz.
Widok wspaniały!
Liczne wąwozy i jary, porośnięte gęsto jodłami, rzeźbią skaliste wzgórza; a hen, tam, poza niemi widnieją szmaragdowe kobierce dolin Francyi. Bogaty las Ens jest jakby, przedłużeniem jednego ze wzgórz, przeoranego nagle jasną wstęgą rzeki Klarybidy. Wschodni stok wzgórza, spadzisty i poszarpany, jest całkiem niedostępny i dziki, i tym sposobem zamyka dolinę.
Nad rzeką, u stóp wzgórza rozciągał się gród Lorre i tam do dziś dnia zachowały się ruiny zamku Kajlusa-Tarridesa. Zdaleka ruiny te wyglądają wspaniale, zblizka podobne są raczej do warownego miasteczka.
Ród Kajlusów-Tarridesów zaginął w początkach XVIII-go wieku wraz ze śmiercią Franciszka Kajlusa-Tarridesa, markiza, jednej z postaci, wchodzących do naszej powieści.
W r. 1699 markiz Franciszek Kajlus miał około lat sześćdziesięciu. W początkach panowania Ludwika XIV-go zajmował stanowisko na dworze królewskim, lecz nie doczekawszy się tam powodzenia, prędko się usunął do swych dóbr, gdzie żył samotnie z jedyną córką, Aurorą.
W całej okolicy przezywano go Kajlus-Klucznik. Oto dlaczego: Po śmierci pierwszej żony markiz, mający już przeszło lat czterdzieści, zakochał się w córce hrabiego Soto-Mayora, wielkorządcy Pampeluny.
Inez Soto-Mayor miała wówczas zaledwie lat siedemnaście. Oczy tej pięknej córki Madrytu pałały ogniem, a serce jeszcze bardziej było płomienne, niż oczy.
Mówiono, że pierwsza żona markiza nie była szczęśliwą i spędziwszy samotnie młodość w zamku męża, umarła, mając lat dwadzieścia pięć.
Inez oświadczyła ojcu, że nigdy nie zgodzi się zostać towarzyszką tego człowieka. Lecz czyż nie znane są hiszpańskie dramaty i komedye, opowiadające o gwałceniu woli młodych dziewcząt!
Pewnego pięknego wieczora, smutna Inez ukryta po za storami swego okna, słuchała po raz ostatni serenady pięknego Hiszpana. Na drugi dzień wyjechała z markizem do Francyi.
Kajlus nietylko nie wziął żadnego posagu, ale ofiarował hrabiemu Soto-Mayor kilkanaście tysięcy pistolów (pistol równa się dwom dolarom).
Hiszpan, szlachetniejszy od króla, ale hardziej goły, niż szlachetny, nie mógł oprzeć się takiej wspaniałomyślności.
Gdy markiz Kajlus przywiózł do swego zamku piękną Hiszpankę osłonioną welonem, prawdziwy szał ogarnął młodych szlachciców doliny Louron. Ale markiz miał się dobrze na baczności i dzielnie przyjął wypowiedzianą mu wojnę. Zalotnik, któryby chciał zdobyć piękną Inez, musiałby chyba sprowadzić armaty. Nie chodziło tylko o serce: serce to ukrywało się bezpiecznie za grubemi murami fortecy. Czułe bilety nic tu nie mogły poradzić, słodkie spojrzenia traciły napróżno swe płomienie i nawet gitara okazała się bezsilną. Piękna Inez była niezdobyta. Ani jeden z zalotników, myśliwy, czy żołnierz, szlachcic czy zbir, nie mógł się tem pochlubić, że widział chociaż kawałek jej źrenicy. Markiz Kajlus dobrze pilnował.
Po trzech, czy czterech latach biedna Inez przestąpiła nareszcie próg swego strasznego więzienia. Opuściła je, aby spocząć na cmentarzu. Umarła z nudów i samotności, zostawiając małą córeczkę.
Zwyciężeni zalotnicy nadali markizowi przezwisko Klucznika.
Po śmierci drugiej żony markiz chciał raz jeszcze się ożenić, miał bowiem tę dobrą naturę Sinobrodego, która się nigdy nie zraża, ale wielkorządca Pampeluny nie miał drugiej córrki, a opinia markiza Kajlusa była już tak ustalona, że najodważniejsze nawet panny na wydaniu odtrącały jego zabiegi.
Pozostał więc wdowcem, czekając z niecierpliwością chwili, gdy będzie musiał zamykać na kłódkę córkę.
Okoliczna szlachta nie lubiła markiza, więc pomimo bogactwa i potęgi często brakło mu towarzystwa i nudy wypędzały go z potężnego zamku. Jeździł więc co roku do Paryża, gdzie młodzi dworacy pożyczali od niego pieniądze i wyśmiewali, ile tylko mogli.
W czasie nieobecności ojca mała Aurora zostawała pod opieką dwóch lub trzech ochmistrzyń i starego kapelana.
Aurora piękną była, jak matka. W żyłach jej płynęła krew hiszpańska.
Gdy miała lat szesnaście, wieśniacy ze Wzgórz Tarrides słyszeli często w ciemne noce głośne ujadanie psów na podwórcach markiza Kajlusa.
W tym czasie Filip de Nevers, książę lotaryński, jeden z najświetniejszych panów na dworze króla Francyi zamieszkał w swym pałacu Buch, w Jurancon. Miody książę, kończył zaledwie lat dwadzieścia, ale zawcześnie używszy życia, umierał już podobno na wycieńczenie sił. Górskie jednak powietrze znakomicie wpłynęło na jego zdrowie.
Fo kilku tygodniach jego łowiecka drużyna dotarła, aż do doliny Louron.
Psy markiza Kajlusa zawyły po raz pierwszy tej nocy, gdy książę Nevers, śmiertelnie znużony, prosił o przytułek jednego z drwalów z lasu Ens.
Nevers przemieszkał cały rok w zamku Buch. Pastuszkowie z Tarridesu opowiadali, że był to pan bardzo szczodry.
Pastuszkowie opowiadali także o nocnych przygodach, których było wiele podczas jego pobytu w okolicy.
Pewnego razu, koło północy, widziano światło w starej kaplicy Kajlusa. Psy nie szczekały, ale jakaś ciemna postać, nieraz już widywana przez wieśniaków, prześlizgnęła się koło murów, bo te stare zamki pełne są duchów...
Innym razem, nocą, jejmość Marta najmłodsza z ochmistrzyń u Kajlusa, wyszła z zamku wielkiemi drzwiami i pobiegła do chaty drwala, gdzie kiedyś młody książę Nevers doznał gościnnego przyjęcia. W kilka chwil potem niesiono przez las lektykę, która się zatrzymała przed chatą owego drwala. A jeszcze potem słyszano wychodzące z tejże chaty jęki kobiece...
Na drugi dzień drwal zaginął bez śladu. Jejmość Marta, opuściła również zamek Kajlusa.
Od tego czasu upłynęły dwa lala. Nikt nie słyszał więcej, ani o drwalu, ani o jejmości Marcie.
Filip Nevers opuścił już zamek Buch, ale za to inny Filip, niemniej świetny, niemniej wielki pan, zaszczycił swą obecnością dolinę Louron.
Był to Filip Gonzaga, książę Mautui, któremu markiz Kajlus zamierzał oddać za żonę swą córkę Aurorę.
Gonzaga był człowiekiem już trzydziestoletnim, o twarzy trochę zniewieściałej, ale niezwykle pięknej. Trudno było wyobrazić sobie szlachetniejszą niż jego postawę. Czarne włosy, miękkie i lśniące, wiły się nad czołem, bielszem od czoła kobiety, tworząc naturalnie ten wspaniały strój głowy, który dworzanie Ludwika XV-go sztucznie utrzymywali, nakładając sute peruki. Czarne oczy miały wyraz jasny i dumny. Był wysokiego wzrostu, cudownie zbudowany; przybierał zwykle pozy i ruchy majestatyczne, choć może nieco teatralne.
Nie będziemy się rozwodzić tutaj nad rodem Gonzagów, wiemy, jaką rolę odegrał w historyi. Stosunki księcia Filipa równały się jego rodowi. Miał dwóch przyjaciół, dwóch braci: jeden to książę Lotaryński, drugi Burbon. Książę Filip de Chartres, siostrzeniec Ludwika XIV-go, późniejszy książę Orleański i regent Francyi, książę Filip de Nevers i książę Filip Gonzaga byli nierozłączni. Na dworze zwano ich trzema Filipami i ich wzajemna miłość przypominała wzniosłe przykłady starożytnej przyjaźni.
Filip Gonzaga był najstarszy, przyszły regent liczył lat dwadzieścia cztery, a Nevers o rok młodszy.
Można sobie wyobrazić, jak bardzo pochlebiała staremu Kajlusowi myśl o takim zięciu.
Opowiadano sobie o ogromnych dobrach Gonzagi we Włoszech, a co więcej był ciotecznym bratem i jedynym spadkobiercą Neversa, którego wszyscy uważali za skazanego na przedwczesną śmierć. A Filip de Nevers, jedyny potomek tej rodziny, posiadał najpiękniejsze dobra we Francyi.
Naturalnie nikt nie podejrzywał księcia Gonzagi, aby życzył śmierci swemu przyjacielowi ani nie było w jego mocy przeszkodzić jej, ale to było pewnem, że śmierć ta czyniła go milionerem.
Przyszły teść i zięć już się porozumieli byli między sobą, a co do Aurory, to jej nawet nie pytano. System Klucznika. Był to piękny dzień jesienny, roku 1699, Ludwik XIV-ty zestarzał się i zmęczył wojną. Pokój w Riswyck już podpisany, ale między partyzantami na granicy trwały jeszcze ciągła utarczki i w dolinie Louron, między innemi przebywali ciągle niewygodni goście.
W stołowej sali zamku Kajlusa, kilku biesiadników siedziało dokoła suto zastawionego stołu. Markiz mógł mieć wiele wad, ale przyjmował gościnnie.
Oprócz markiza, Gonzagi i Aurory Kajlus, którzy zajmowali górny koniec stołu, inni goście byli niższego stanu. Między nimi znajdował się don Bernard, kapelan Kajlusa, pasterz dusz w Taridesie; jejmość Izydora, zastępczyni jejmość Marty w służbie u Aurory i pan. Pejrol, szlachcic na usługach księcia Gonzagi.
Pejrol, który odegra ważną rolę w tej historyi, był człowiekiem w średnim wieku, z twarzą bladą i chudą, z włosami rzadkimi, postacią wysoką i trochę schyloną. W naszych czasach trudnoby sobie wyobrazić podobną figurę bez okularów, ale wtedy nie przyszła jeszcze na to moda. Rysy jego twarzy były, jakby zatarte, a oczy miały wyraz impertynencki.
Gonzaga zapewniał, że Pejrol dobrze władał szablą i wogóle bardzo go chwalił; potrzebował go bowiem.
Panna Aurora Kajlus czyniła honory domu z godnością zimną i ponurą.
- 13 Powszechnie wiadomo, iż uroda kobiety, z wyjątkiem bardzo pięknych, zależy od ich uczuć. Ta sama kobieta, śliczna w otoczeniu tych, których kocha, jest niemal brzydka z innemi. Aurora należała zaś do tych kobiet, które się podobają nawet mimo własnej woli i które zawsze trzeba uwielbiać.
Miała na sobie kostyum Hiszpanki; trzy rzędy koronek spadały między czarnemi splotami włosów.
Jakkolwiek nie skończyła jeszcze lat dwudziestu, czyste i dumne linie jej ust wyrażały już smutek i przygnębienie. Jakże jasnym musiał być uśmiech tych młodych usteczek! leż światła w czarnych oczach, ocienionych jedwabiem długich rzęs!
Ale dawno już nie widziano uśmiechu na ustach Aurory.
Ojciec jej mawiał:
- Wszystko się zmieni, gdy zostanie księżną.
Pod koniec obiadu Aurora powstała i prosiła o pozwolenie opuszczenia jadalni. Jejmość Izydora rzuciła wymowne spojrzenie pełne żalu na ciastka i konfitury, które właśnie wnoszono. Cóż kiedy obowiązek nakazywał iść za młodą panią.
Gdy tylko Aurora oddaliła się, markiz przybrał swobodny wyraz twarzy.
- Książę - rzekł - winien mi jesteś rewanż w szachy... Czy książę jest gotów?
- Zawsze na pańskie rozkazy, drogi markizie, - odrzekł Gonzaga.
Na rozkaz Kajlusa wniesiono stolik i szachy.
W ciągu dwóch tygodni, które Gonzaga spędził w zaniku, przegrano już sto pięćdziesiąt partyi szachów.
Dziwną była ta namiętność do szachów u trzydziestoletniego młodzieńca z nazwiskiem i postawą Gonzagi. Jedno z dwojga, albo był śmiertelnie zakochanym w Aurorze, albo bardzo pragnął jej posagu.
Codziennie po obiedzie i kolacyi przynoszono szachy i chociaż poczciwy Klucznik był słabym graczem, Gonzaga pozwalał mu wygrywać kilkanaście partyj, po których Kajlus tryumfalnie zasypiał w fotelu, nie opuszczając poła bitwy i spał snem sprawiedliwego.
W ten sposób Gonzaga starał się o rękę panny Aurory de Kajlus.
- Książę panie - mówił markiz ustawiając szachowe figury - chcę ci dziś pokazać nową kombinacyę, którą wyczytałem w książce Cessolisa. Ja nie gram w szachy tak, jak wszyscy, ale się staram sięgać do dobrych źródeł. Pierwszy lepszy nie umiałby panu powiedzieć, że szachy zostały wynalezione przez Attalusa, króla Pergamy, aby zabawiać Greków podczas długiego oblężenia Troi. To tylko nieświadomi, lub ludzie złej woli przypisują ten honor Palamedowi... Ale, proszę, niech książę uważa na grę.
- Nie mogę ci wyrazić, markizie - odrzekł Gonzaga - całej przyjemności, jakiej doznaję, grając z nim.
Zaczęli grę; inni biesiadnicy otoczyli ich stolik.
Po pierwszej przegranej partyi, Gonzaga dał jakiś znak Pejrolowi, który natychmiast odrzucił serwetkę i wyszedł. Powoli za jego przykładem poszedł kapelan i inni goście. Klucznik i Gonzaga zostali sami.
- Latynowie - ciągnął dalej markiz - nazywali tę grę "latrunculi" czyli "złodziejaszkami," Grecy - "latrikion". Sarrazin zauważył w swej doskonałej książce...
- Panie markizie - przerwał Filip Gonzaga - przepraszam za roztargnienie. Czy pozwoli mi pan cofnąć tę figurę?
Przez nieuwagę posunął tak pionka, że wygrywał partyę. Klucznik uczuł się tem dotknięty, ale uniósł się wspaniałomyślnością.
- Cofnij, panie książę - rzekł. - Lecz niech się już to nigdy nie powtórzy, proszę bardzo. Szachy nie są grą dziecinną.
Gonzaga westchnął głęboko.
- Wiem, wiem - dodał Kajlus gderliwym, tonem - jesteśmy zakochani.
- Aż do utraty zmysłów panie markizie!
- Znam to, znam. Uwaga! Zabieram panu laufra.
- Nie dokończyliście wczoraj markizie - zaczął znów Gonzaga, jak gdyby pragnął się pozbyć przykrej myśli - historyi tego szlachcica, który chciał wtargnąć do waszego domu.
- A chytry figlarzu! - zawołał Klucznik - chcesz mnie zagadywać, ale ja jestem, jak Cezar, który równocześnie dyktował pięć listów. Czy wie książę, że on grywał w szachy?... A, więc ów szlachcic, dostał tu, w tej fosie, pół tuzina pchnięć szpadą. Podobne awantury zdarzały się kilka razy, dlatego nigdy nie puszczano plotek o moralności pani de Kajlus.
- I to, co czyniłeś kiedyś, jako mąż, - markizie - zapytał od niechcenia Gonzaga, - zrobiłbyś teraz, jako ojciec?
- Naturalnie - odparł poczciwiec, - nie znam innego sposobu strzeżenia od grzechu córki Ewy... Szach-mat, jak mówili Persowie. Znowu został książę pobity.
Wyciągnął się na fotelu.
- Wierzaj mi, książę, - dodał, szykując się do drzemki, - że dobre rapiry naokoło mocnego muru, są najlepszą cnotą kobiety!
Zamknął oczy i zasnął. Gonzaga pośpiesznie opuścił salę.
Była już druga po południu. P. Pejrol oczekiwał na swego pana krążąc po korytarzach.
- Cóż nasze zbiry? - zapytał Gonzaga, gdy go tylko spostrzegł.
- Już sześciu przyjechało - odparł Pejrol.
- Gdzie są teraz?
- W oberży pod "Jabłkiem Adama", z drugiej strony fosy.
- Których brakuje?
- Mistrza Kokardasa z Tarbes i braciszka Paspoala.
- Dwie dobre szpady! - mruknął książę. - A ta druga sprawa?
- Pani Marta była dziś u panny Kajlus.
- Z dzieckiem?
- Z dzieckiem.
- Którędy weszła?
- Przez nizkie okienko łaźni, wychodzące na fosę pod mostem.
Gonzaga zamyślił się na chwilę, potem zapytał:
- Czy badałeś kapelana, don-Bernarda?
- Jest niemy - odparł Pejro1.
- Ileś ofiarował?
- Pięćset pistolów.
- Ta Marta musi wiedzieć, gdzie jest rejestr... Nie trzeba, aby wyszła z zamku.
- Dobrze - odrzekł Pejrol.
Gonzaga chodził dużemi krokami.
- Chcę się z nią sam rozmówić - mruknął, - ale czy jesteś zupełnie pewny, że Nervers otrzymał list Aurory?
- Nasz Niemiec go odniósł.
- I Nevers musi przybyć?
- Dziś wieczorem.
Stanęli przed drzwiami pokojów Gonzagi.
W zamku Kajlusa trzy korytarze przecinały się pod kątem prostym.
Pokoje księcia znajdowały się we wschodniem skrzydle, zakończonem schodami, prowadzącemi do łaźni.
Na korytarzu środkowym dał się słyszeć jakiś hałas. To jejmość Marta wychodziła od panny Kajlus. Pejrol i Gonzaga weszli pośpiesznie do pokoju księcia, zostawiając drzwi uchylone.
W chwilę potem jejmość Marta przechodziła korytarz prędkim krokiem. Był to biały dzień, ale hiszpańska moda przekroczyła Pireneje i, w zamku Kajlusa sypiano zwykłe po obiedzie. Ochmistrzyni miała więc wszelką nadzieję, że nie spotka się z nikim na korytarzu.
Gdy przechodziła koło drzwi Gonzagi, Pejrol rzucił się na nią znienacka i zatknął jej chustką usta, dusząc w ten sposób pierwszy okrzyk przerażenia. Potem ujął ją wpół i na pół zemdloną wniósł do pokoju swego pana.