Les enfants du capitaine Grant
Premi?re partie
Chapitre I. Balance-fish
Le 26 juillet 1864, par une forte brise du nord-est, un magnifique yacht évoluait a toute vapeur sur les flots du canal du Nord. Le pavillon d'Angleterre battait a sa corne d'artimon; a l'extrémité du grand mât, un guidon bleu portait les initiales E G, brodées en or et surmontées d'une couronne ducale. Ce yacht se nommait le ˝Duncan˝; il appartenait a Lord Glenarvan, l'un des seize pairs écossais qui si?gent a la chambre haute, et le membre le plus distingué du "Royal Thames-Yacht-Club", si cél?bre dans tout le Royaume-Uni.
Lord Edward Glenarvan se trouvait a bord avec sa jeune femme, Lady Helena, et l'un de ses cousins, le major Mac Nabbs.
Le ˝Duncan˝, nouvellement construit, était venu faire ses essais a quelques milles au dehors du golfe de la Clyde, et cherchait a rentrer a Glasgow; déja l'île d'Arran se relevait a l'horizon, quand le matelot de vigie signala un énorme poisson qui s'ébattait dans le sillage du yacht. Le capitaine John Mangles fit aussitôt prévenir lord Edward de cette rencontre. Celui-ci monta sur la dunette avec le major Mac Nabbs, et demanda au capitaine ce qu'il pensait de cet animal.
"Vraiment, Votre Honneur, répondit John Mangles, je pense que c'est un requin d'une belle taille.
- Un requin dans ces parages! s'écria Glenarvan.
- Cela n'est pas douteux, reprit le capitaine; ce poisson appartient a une esp?ce de requins qui se rencontre dans toutes les mers et sous toutes les latitudes. C'est le "balance-fish [requin-marteau]", et je me trompe fort, ou nous avons affaire a l'un de ces coquins-la! Si Votre Honneur y consent, et pour peu qu'il plaise a Lady Glenarvan d'assister a une p?che curieuse, nous saurons bientôt a quoi nous en tenir.
- Qu'en pensez-vous, Mac Nabbs? dit Lord Glenarvan au major; ?tes-vous d'avis de tenter l'aventure?
- Je suis de l'avis qu'il vous plaira, répondit tranquillement le major.
- D'ailleurs, reprit John Mangles, on ne saurait trop exterminer ces terribles b?tes. Profitons de l'occasion, et, s'il plaît a Votre Honneur, ce sera a la fois un émouvant spectacle et une bonne action.
- Faites, John", dit Lord Glenarvan.
Puis il envoya prévenir Lady Helena, qui le rejoignit sur la dunette, fort tentée vraiment par cette p?che émouvante.
La mer était magnifique; on pouvait facilement suivre a sa surface les rapides évolutions du squale qui plongeait ou s'élançait avec une surprenante vigueur. John Mangles donna ses ordres. Les matelots jet?rent par-dessus les bastingages de tribord une forte corde, munie d'un émerillon amorcé avec un épais morceau de lard. Le requin, bien qu'il f?t encore a une distance de cinquante yards, sentit l'appât offert a sa voracité. Il se rapprocha rapidement du yacht. On voyait ses nageoires, grises a leur extrémité, noires a leur base, battre les flots avec violence, tandis que son appendice caudal le maintenait dans une ligne rigoureusement droite. A mesure qu'il s'avançait, ses gros yeux saillants apparaissaient, enflammés par la convoitise, et ses mâchoires béantes, lorsqu'il se retournait, découvraient une quadruple rangée de dents. Sa t?te était large et disposée comme un double marteau au bout d'un manche. John Mangles n'avait pu s'y tromper; c'était la le plus vorace échantillon de la famille des squales, le poisson-balance des Anglais, le poisson-juif des Provençaux.
Les passagers et les marins du ˝Duncan˝ suivaient avec une vive attention les mouvements du requin. Bientôt l'animal fut a portée de l'émerillon; il se retourna sur le dos pour le mieux saisir, et l'énorme amorce disparut dans son vaste gosier. Aussitôt, il "se ferra" lui-m?me, en donnant une violente secousse au câble, et les matelots hal?rent le monstrueux squale au moyen d'un palan frappé a l'extrémité de la grande vergue.
Le requin se débattit violemment, en se voyant arracher de son élément naturel; mais on eut raison de sa violence; une corde munie d'un n?ud coulant le saisit par la queue et paralysa ses mouvements. Quelques instants apr?s, il était enlevé au-dessus des bastingages et précipité sur le pont du yacht. Aussitôt, un des marins s'approcha de lui, non sans précaution, et, d'un coup de hache porté avec vigueur, il trancha la formidable queue de l'animal.
La p?che était terminée; il n'y avait plus rien a craindre de la part du monstre; la vengeance des marins se trouvait satisfaite, mais non leur curiosité. En effet, il est d'usage a bord de tout navire de visiter soigneusement l'estomac du requin. Les matelots connaissent sa voracité peu délicate, s'attendent a quelque surprise, et leur attente n'est pas toujours trompée.
Lady Glenarvan ne voulut pas assister a cette répugnante "exploration", et elle rentra dans la dunette. Le requin haletait encore; il avait dix pieds de long et pesait plus de six cents livres; cette dimension et ce poids n'ont rien d'extraordinaire; mais si le balance-fish n'est pas classé parmi les géants de l'esp?ce, du moins compte-t-il au nombre des plus redoutables.
Bientôt l'énorme poisson fut éventré a coups de hache, et sans plus de cérémonies. L'émerillon avait pénétré jusque dans l'estomac, qui se trouva absolument vide; évidemment l'animal je?nait depuis longtemps, et les marins désappointés allaient en jeter les débris a la mer, quand l'attention du maître d'équipage fut attirée par un objet grossier, solidement engagé dans l'un des visc?res.
"Eh! qu'est-ce que cela? s'écria-t-il.
- Cela, répondit un des matelots, c'est un morceau de roc que la b?te aura avalé pour se lester.
- Bon! reprit un autre, c'est bel et bien un boulet ramé que ce coquin-la a reçu dans le ventre, et qu'il n'a pas encore pu digérer.
- Taisez-vous donc, vous autres, répliqua Tom Austin, le second du yacht, ne voyez-vous pas que cet animal était un ivrogne fieffé, et que pour n'en rien perdre il a bu non seulement le vin, mais encore la bouteille?
- Quoi! s'écria Lord Glenarvan, c'est une bouteille que ce requin a dans l'estomac!
- Une véritable bouteille, répondit le maître d'équipage. Mais on voit bien qu'elle ne sort pas de la cave.
- Eh bien, Tom, reprit lord Edward, retirez-la avec précaution; les bouteilles trouvées en mer renferment souvent des documents précieux.
- Vous croyez? dit le major Mac Nabbs.
- Je crois, du moins, que cela peut arriver.
- Oh! je ne vous contredis point, répondit le major, et il y a peut-?tre la un secret.
- C'est ce que nous allons savoir, dit Glenarvan. Eh bien, Tom?
- Voila, répondit le second, en montrant un objet informe qu'il venait de retirer, non sans peine, de l'estomac du requin.
- Bon, dit Glenarvan. Faites laver cette vilaine chose, et qu'on la porte dans la dunette."
Tom obéit, et cette bouteille, trouvée dans des circonstances si singuli?res, fut déposée sur la table du carré, autour de laquelle prirent place Lord Glenarvan, le major Mac Nabbs, le capitaine John Mangles et Lady Helena, car une femme est, dit-on, toujours un peu curieuse.
Tout fait événement en mer. Il y eut un moment de silence. Chacun interrogeait du regard cette épave fragile. Y avait-il la le secret de tout un désastre, ou seulement un message insignifiant confié au gré des flots par quelque navigateur dés?uvré?
Cependant, il fallait savoir a quoi s'en tenir, et Glenarvan procéda sans plus attendre a l'examen de la bouteille; il prit, d'ailleurs, toutes les précautions voulues en pareilles circonstances; on e?t dit un coroner relevant les particularités d'une affaire grave; et Glenarvan avait raison, car l'indice le plus insignifiant en apparence peut mettre souvent sur la voie d'une importante découverte.
Avant d'?tre visitée intérieurement, la bouteille fut examinée a l'extérieur. Elle avait un col effilé, dont le goulot vigoureux portait encore un bout de fil de fer entamé par la rouille; ses parois tr?s épaisses et capables de supporter une pression de plusieurs atmosph?res, trahissaient une origine évidemment champenoise. Avec ces bouteilles-la, les vignerons d'A? ou d'Épernay cassent des bâtons de chaise, sans qu'elles aient trace de f?lure. Celle-ci avait donc pu supporter impunément les hasards d'une longue pérégrination.
"Une bouteille de la maison Cliquot", dit simplement le major.
Et, comme il devait s'y connaître, son affirmation fut acceptée sans conteste.
"Mon cher major, répondit Lady Helena, peu importe ce qu'est cette bouteille, si nous ne savons pas d'o? elle vient.
- Nous le saurons, ma ch?re Helena, dit lord Edward, et déja l'on peut affirmer qu'elle vient de loin. Voyez les mati?res pétrifiées qui la recouvrent, ces substances minéralisées, pour ainsi dire, sous l'action des eaux de la mer! Cette épave avait déja fait un long séjour dans l'océan avant d'aller s'engloutir dans le ventre d'un requin.
- Il m'est impossible de ne pas ?tre de votre avis, répondit le major, et ce vase fragile, protégé par son enveloppe de pierre, a pu faire un long voyage.
- Mais d'o? vient-il? demanda Lady Glenarvan.
- Attendez, ma ch?re Helena, attendez; il faut ?tre patient avec les bouteilles. Ou je me trompe fort, ou celle-ci va répondre elle-m?me a toutes nos questions."
Et, ce disant, Glenarvan commença a gratter les dures mati?res qui protégeaient le goulot; bientôt le bouchon apparut, mais fort endommagé par l'eau de mer.
"Circonstance fâcheuse, dit Glenarvan, car s'il se trouve la quelque papier, il sera en fort mauvais état.
- C'est a craindre, répliqua le major.
- J'ajouterai, reprit Glenarvan, que cette bouteille mal bouchée ne pouvait tarder a couler bas, et il est heureux que ce requin l'ait avalée pour nous l'apporter a bord du ˝Duncan˝.
- Sans doute, répondit John Mangles, et cependant mieux e?t valu la p?cher en pleine mer, par une longitude et une latitude bien déterminées. On peut alors, en étudiant les courants atmosphériques et marins, reconnaître le chemin parcouru; mais avec un facteur comme celui-la, avec ces requins qui marchent contre vent et marée, on ne sait plus a quoi s'en tenir.
- Nous verrons bien", répondit Glenarvan.
En ce moment, il enlevait le bouchon avec le plus grand soin, et une forte odeur saline se répandit dans la dunette.
"Eh bien? demanda Lady Helena, avec une impatience toute féminine.
- Oui! dit Glenarvan, je ne me trompais pas! Il y a la des papiers!
- Des documents! des documents! s'écria Lady Helena.
- Seulement, répondit Glenarvan, ils paraissent ?tre rongés par l'humidité, et il est impossible de les retirer, car ils adh?rent aux parois de la bouteille.
- Cassons-la, dit Mac Nabbs.
- J'aimerais mieux la conserver intacte, répliqua Glenarvan.
- Moi aussi, répondit le major.
- Sans nul doute, dit Lady Helena, mais le contenu est plus précieux que le contenant, et il vaut mieux sacrifier celui-ci a celui-la.
- Que Votre Honneur détache seulement le goulot, dit John Mangles, et cela permettra de retirer le document sans l'endommager.
- Voyons! voyons! mon cher Edward", s'écria Lady Glenarvan.
Il était difficile de procéder d'une autre façon, et quoi qu'il en e?t, Lord Glenarvan se décida a briser le goulot de la précieuse bouteille. Il fallut employer le marteau, car l'enveloppe pierreuse avait acquis la dureté du granit. Bientôt ses débris tomb?rent sur la table, et l'on aperçut plusieurs fragments de papier adhérents les uns aux autres. Glenarvan les retira avec précaution, les sépara, et les étala devant ses yeux, pendant que Lady Helena, le major et le capitaine se pressaient autour de lui.
Chapitre II. Les trois documents
Ces morceaux de papier, a demi détruits par l'eau de mer, laissaient apercevoir quelques mots seulement, restes indéchiffrables de lignes presque enti?rement effacées. Pendant quelques minutes, Lord Glenarvan les examina avec attention; il les retourna dans tous les sens; il les exposa a la lumi?re du jour; il observa les moindres traces d'écriture respectées par la mer; puis il regarda ses amis, qui le considéraient d'un ?il anxieux.
"Il y a la, dit-il, trois documents distincts, et vraisemblablement trois copies du m?me document traduit en trois langues, l'un anglais, l'autre français, le troisi?me allemand. Les quelques mots qui ont résisté ne me laissent aucun doute a cet égard.
- Mais au moins, ces mots présentent-ils un sens? demanda Lady Glenarvan.
- Il est difficile de se prononcer, ma ch?re Helena; les mots tracés sur ces documents sont fort incomplets.
- Peut-?tre se compl?tent-ils l'un par l'autre? dit le major.
- Cela doit ?tre, répondit John Mangles; il est impossible que l'eau de mer ait rongé ces lignes précisément aux m?mes endroits, et en rapprochant ces lambeaux de phrase, nous finirons par leur trouver un sens intelligible.
- C'est ce que nous allons faire, dit Lord Glenarvan, mais procédons avec méthode. Voici d'abord le document anglais."
Ce document présentait la disposition suivante de lignes et de mots:
62 Bri gow
sink stra
aland
skipp Gr
that monit of long
and ssistance
lost
"Voila qui ne signifie pas grand-chose, dit le major d'un air désappointé.
- Quoi qu'il en soit, répondit le capitaine, c'est la du bon anglais.
- Il n'y a pas de doute a cet égard, dit Lord Glenarvan; les mots sink, aland, that, and, lost, sont intacts; skipp forme évidemment le mot skipper, et il est question d'un sieur Gr..., probablement le capitaine d'un bâtiment naufragé1.
- Ajoutons, dit John Mangles, les mots monit et ssistance dont l'interprétation est évidente.
- Eh mais! c'est déja quelque chose, cela, répondit Lady Helena.
- Malheureusement, répondit le major, il nous manque des lignes enti?res. Comment retrouver le nom du navire perdu, le lieu du naufrage?...
- Nous les retrouverons, dit lord Edward.
- Cela n'est pas douteux, répliqua le major, qui était invariablement de l'avis de tout le monde, mais de quelle façon?
- En complétant un document par l'autre.
- Cherchons donc!" s'écria Lady Helena.
Le second morceau de papier, plus endommagé que le précédent, n'offrait que des mots isolés et disposés de cette mani?re:
7 Juni Glas
zwei atrosen
graus
bringt ihnen
"Ceci est écrit en allemand, dit John Mangles, d?s qu'il eut jeté les yeux sur ce papier.
- Et vous connaissez cette langue, John? demanda Glenarvan.
- Parfaitement, Votre Honneur.
- Eh bien, dites-nous ce que signifient ces quelques mots."
Le capitaine examina le document avec attention, et s'exprima en ces termes:
"D'abord, nous voila fixés sur la date de l'événement; 7 juni veut dire 7 juin, et en rapprochant ce chiffre des chiffres fournis par le document anglais 62, nous avons cette date compl?te: 7 juin 1862.
- Tr?s bien! s'écria Lady Helena, continuez, John.
- Sur la m?me ligne, reprit le jeune capitaine, je trouve le mot Glas, qui, rapproché du mot gow fourni par le premier document, donne Glasgow. Il s'agit évidemment d'un navire du port de Glasgow.
- C'est mon opinion, répondit le major.
- La seconde ligne du document manque tout enti?re, reprit John Mangles. Mais, sur la troisi?me, je rencontre deux mots importants: zwei qui veut dire deux, et atrosen, ou mieux matrosen, qui signifie matelots en langue allemande.
- Ainsi donc, dit Lady Helena, il s'agirait d'un capitaine et de deux matelots.
- C'est probable, répondit Lord Glenarvan.
- J'avouerai a Votre Honneur, reprit le capitaine, que le mot suivant, graus, m'embarrasse. Je ne sais comment le traduire. Peut-?tre le troisi?me document nous le fera-t-il comprendre. Quant aux deux derniers mots, ils s'expliquent sans difficultés. Bringt ihnen signifie portez-leur, et si on les rapproche du mot anglais situé comme eux sur la septi?me ligne du premier document, je veux dire du mot assistance, la phrase portez-leur secours se dégage toute seule.
- Oui! portez-leur secours! dit Glenarvan, mais o? se trouvent ces malheureux? Jusqu'ici nous n'avons pas une seule indication du lieu, et le théâtre de la catastrophe est absolument inconnu.
- Espérons que le document français sera plus explicite, dit Lady Helena.
- Voyons le document français, répondit Glenarvan, et comme nous connaissons tous cette langue, nos recherches seront plus faciles."
Voici le fac-simile exact du troisi?me document:
troi ats tannia
gonie austral
abor
contin pr cruel indi
jeté ongit
et 37° 11' lat
"Il y a des chiffres, s'écria Lady Helena. Voyez, messieurs, voyez!...
- Procédons avec ordre, dit Lord Glenarvan, et commençons par le commencement. Permettez-moi de relever un a un ces mots épars et incomplets. Je vois d'abord, d?s les premi?res lettres, qu'il s'agit d'un trois-mâts, dont le nom, grâce aux documents anglais et français, nous est enti?rement conservé: le ˝Britannia˝. Des deux mots suivants gonie et austral, le dernier seul a une signification que vous comprenez tous.
- Voila déja un détail précieux, répondit John Mangles; le naufrage a eu lieu dans l'hémisph?re austral.
- C'est vague, dit le major.
- Je continue, reprit Glenarvan. Ah! le mot abor, le radical du verbe aborder. Ces malheureux ont abordé quelque part. Mais o?? Contin! est-ce donc sur un continent? cruel!....
- Cruel! s'écria John Mangles, mais voila l'explication du mot allemand, graus... grausam... cruel!
- Continuons! continuons! dit Glenarvan, dont l'intér?t était violemment surexcité a mesure que le sens de ces mots incomplets se dégageait a ses yeux. Indi..., s'agit-il donc de l'Inde o? ces matelots auraient été jetés? Que signifie ce mot ongit? Ah! longitude? Et voici la latitude: trente-sept degrés onze minutes. Enfin! nous avons donc une indication précise.
- Mais la longitude manque, dit Mac Nabbs.
- On ne peut pas tout avoir, mon cher major, répondit lord Edward, et c'est quelque chose qu'un degré exact de latitude. Décidément, ce document français est le plus complet des trois. Il est évident que chacun d'eux était la traduction littérale des autres, car ils contiennent tous le m?me nombre de lignes. Il faut donc maintenant les réunir, les traduire en une seule langue, et chercher leur sens le plus probable, le plus logique et le plus explicite.
- Est-ce en français, demanda le major, en anglais ou en allemand que vous allez faire cette traduction?
- En français, répondit Glenarvan, puisque la plupart des mots intéressants nous ont été conservés dans cette langue.
- Votre honneur a raison, dit John Mangles, et d'ailleurs ce langage nous est familier.
- C'est entendu. Je vais écrire ce document en réunissant ces restes de mots et ces lambeaux de phrase, en respectant les intervalles qui les séparent, en complétant ceux dont le sens ne peut ?tre douteux; puis, nous comparerons et nous jugerons."
Glenarvan prit aussitôt la plume, et, quelques instants apr?s, il présentait a ses amis un papier sur lequel étaient tracées les lignes suivantes:
7 juin 1862 trois-mâts ˝Britannia˝ Glasgow
sombré gonie austral
a terre deux matelots
capitaine Gr abor
contin pr cruel indi
jeté ce document de longitude
et 37° 11' de latitude Portez-leur secours
perdus.
En ce moment, un matelot vint prévenir le capitaine que le ˝Duncan˝ embouquait le golfe de la Clyde, et il demanda ses ordres.
"Quelles sont les intentions de Votre Honneur? dit John Mangles en s'adressant a Lord Glenarvan.
- Gagner Dumbarton au plus vite, John; puis, tandis que Lady Helena retournera a Malcolm-Castle, j'irai jusqu'a Londres soumettre ce document a l'Amirauté."
John Mangles donna ses ordres en conséquence, et le matelot alla les transmettre au second.
"Maintenant, mes amis, dit Lord Glenarvan, continuons nos recherches. Nous sommes sur les traces d'une grande catastrophe. La vie de quelques hommes dépend de notre sagacité. Employons donc toute notre intelligence a deviner le mot de cette énigme.
- Nous sommes pr?ts, mon cher Edward, répondit Lady Helena.
- Tout d'abord, reprit Glenarvan, il faut considérer trois choses bien distinctes dans ce document: 1° les choses que l'on sait; 2° celles que l'on peut conjecturer; 3° celles qu'on ne sait pas. Que savons-nous? Nous savons que le 7 juin 1862 un trois-mâts, le ˝Britannia˝, de Glasgow, a sombré; que deux matelots et le capitaine ont jeté ce document a la mer par 37° 11' de latitude, et qu'ils demandent du secours.
- Parfaitement, répliqua le major.
- Que pouvons-nous conjecturer? reprit Glenarvan. D'abord, que le naufrage a eu lieu dans les mers australes, et tout de suite j'appellerai votre attention sur le mot gonie. Ne vient-il pas de lui-m?me indiquer le nom du pays auquel il appartient?
- La Patagonie! s'écria Lady Helena.
- Sans doute.
- Mais la Patagonie est-elle traversée par le 37e parall?le? demanda le major.
- Cela est facile a vérifier, répondit John Mangles en déployant une carte de l'Amérique méridionale. C'est bien cela. La Patagonie est effleurée par ce 37e parall?le. Il coupe l'Araucanie, longe a travers les Pampas le nord des terres patagonnes, et va se perdre dans l'Atlantique.
- Bien. Continuons nos conjectures. Les deux matelots et le capitaine abor... abordent quoi? contin... le continent; vous entendez, un continent et non pas une île. Que deviennent-ils? Vous avez la deux lettres providentielles pr... qui vous apprennent leur sort. Ces malheureux, en effet, sont pris ou prisonniers. De qui? De cruels Indiens. ?tes-vous convaincus? Est-ce que les mots ne sautent pas d'eux-m?mes dans les places vides? Est-ce que ce document ne s'éclaircit pas a vos yeux? Est-ce que la lumi?re ne se fait pas dans votre esprit?"
Glenarvan parlait avec conviction. Ses yeux respiraient une confiance absolue. Tout son feu se communiquait a ses auditeurs. Comme lui, ils s'écri?rent: "C'est évident! c'est évident!"
Lord Edward, apr?s un instant, reprit en ces termes:
"Toutes ces hypoth?ses, mes amis, me semblent extr?mement plausibles; pour moi, la catastrophe a eu lieu sur les côtes de la Patagonie. D'ailleurs, je ferai demander a Glasgow quelle était la destination du ˝Britannia˝, et nous saurons s'il a pu ?tre entraîné dans ces parages.
- Oh! nous n'avons pas besoin d'aller chercher si loin, répondit John Mangles. J'ai ici la collection de la Mercantile and Shipping Gazette, qui nous fournira des indications précises.
- Voyons, voyons!" dit Lady Glenarvan.
John Mangles prit une liasse de journaux de l'année 1862, et se mit a la feuilleter rapidement. Ses recherches ne furent pas longues, et bientôt il dit avec un accent de satisfaction:
"30 mai 1862. Pérou! le Callao! en charge pour Glasgow, ˝Britannia˝, capitaine Grant.
- Grant! s'écria Lord Glenarvan, ce hardi Écossais qui a voulu fonder une Nouvelle-Écosse dans les mers du Pacifique!
- Oui, répondit John Mangles, celui-la m?me qui, en 1861, s'est embarqué a Glasgow sur le ˝Britannia˝, et dont on n'a jamais eu de nouvelles.
- Plus de doute! plus de doute! dit Glenarvan. C'est bien lui. Le ˝Britannia˝ a quitté le Callao le 30 mai, et le 7 juin, huit jours apr?s son départ, il s'est perdu sur les côtes de la Patagonie. Voila son histoire tout enti?re dans ces restes de mots qui semblaient indéchiffrables. Vous voyez, mes amis, que la part est belle des choses que nous pouvions conjecturer. Quant a celles que nous ne savons pas, elle se réduisent a une seule, au degré de longitude qui nous manque.
- Il nous est inutile, répondit John Mangles, puisque le pays est connu, et avec la latitude seule, je me chargerais d'aller droit au théâtre du naufrage.
- Nous savons tout, alors? dit Lady Glenarvan.
- Tout, ma ch?re Helena, et ces blancs que la mer a laissés entre les mots du document, je vais les remplir sans peine, comme si j'écrivais sous la dictée du capitaine Grant."
Aussitôt Lord Glenarvan reprit la plume, et il rédigea sans hésiter la note suivante:
Le 7 juin 1862, le trois-mâts ˝Britannia˝, de Glasgow, a sombré sur les côtes de la Patagonie dans l'hémisph?re austral. Se dirigeant a terre, deux matelots et le capitaine Grant vont tenter d'aborder le continent o? ils seront prisonniers de cruels Indiens. Ils ont jeté ce document par degrés de longitude et 37° 11? de latitude. Portez-leur secours, ou ils sont perdus.
"Bien! bien! mon cher Edward, dit Lady Helena, et si ces malheureux revoient leur patrie, c'est a vous qu'ils devront ce bonheur.
- Et ils la reverront, répondit Glenarvan. Ce document est trop explicite, trop clair, trop certain, pour que l'Angleterre hésite a venir au secours de trois de ses enfants abandonnés sur une côte déserte. Ce qu'elle a fait pour Franklin et tant d'autres, elle le fera aujourd'hui pour les naufragés du ˝Britannia˝!
- Mais ces malheureux, reprit Lady Helena, ont sans doute une famille qui pleure leur perte. Peut-?tre ce pauvre capitaine Grant a-t-il une femme, des enfants...
- Vous avez raison, ma ch?re Lady, et je me charge de leur apprendre que tout espoir n'est pas encore perdu. Maintenant, mes amis, remontons sur la dunette, car nous devons approcher du port."
En effet, le ˝Duncan˝ avait forcé de vapeur; il longeait en ce moment les rivages de l'île de Bute, et laissait Rothesay sur tribord, avec sa charmante petite ville couchée dans sa fertile vallée; puis il s'élança dans les passes rétrécies du golfe, évolua devant Greenock, et, a six heures du soir, il mouillait au pied du rocher basaltique de Dumbarton, couronné par le cél?bre château de Wallace, le héros écossais.
La, une voiture attelée en poste attendait Lady Helena pour la reconduire a Malcolm-Castle avec le major Mac Nabbs. Puis Lord Glenarvan, apr?s avoir embrassé sa jeune femme, s'élança dans l'express du railway de Glasgow.
Mais, avant de partir, il avait confié a un agent plus rapide une note importance, et le télégraphe électrique, quelques minutes apr?s, apportait au Times et au Morning-Chronicle un avis rédigé en ces termes:
"Pour renseignements sur le sort du trois-mâts ˝Britannia˝, de Glasgow, capitaine Grant, s'adresser a Lord Glenarvan, Malcolm-Castle, Luss, comté de Dumbarton, Écosse."
Chapitre III. Malcolm-Castle
Le château de Malcolm, l'un des plus poétiques des Highlands [Hautes terres d'Écosse], est situé aupr?s du village de Luss, dont il domine le joli vallon. Les eaux limpides du lac Lomond baignent le granit de ses murailles. Depuis un temps immémorial, il appartenait a la famille Glenarvan, qui conserva dans le pays de Rob-Roy et de Fergus Mac Gregor les usages hospitaliers des vieux héros de Walter Scott. A l'époque o? s'accomplit la révolution sociale en Écosse, grand nombre de vassaux furent chassés, qui ne pouvaient payer de gros fermages aux anciens chefs de clans. Les uns moururent de faim; ceux-ci se firent p?cheurs; d'autres émigr?rent. C'était un désespoir général. Seuls entre tous, les Glenarvan crurent que la fidélité liait les grands comme les petits, et ils demeur?rent fid?les a leurs tenanciers. Pas un ne quitta le toit qui l'avait vu naître; nul n'abandonna la terre o? reposaient ses anc?tres; tous rest?rent au clan de leurs anciens seigneurs. Aussi, a cette époque m?me, dans ce si?cle de désaffection et de désunion, la famille Glenarvan ne comptait que des Écossais au château de Malcolm comme a bord du ˝Duncan˝; tous descendaient des vassaux de Mac Gregor, de Mac Farlane, de Mac Nabbs, de Mac Naughtons, c'est-a-dire qu'ils étaient enfants des comtés de Stirling et de Dumbarton: braves gens, dévoués corps et âme a leur maître, et dont quelques-uns parlaient encore le gaélique de la vieille Calédonie.
Lord Glenarvan possédait une fortune immense; il l'employait a faire beaucoup de bien; sa bonté l'emportait encore sur sa générosité, car l'une était infinie, si l'autre avait forcément des bornes. Le seigneur de Luss, le "laird" de Malcolm, représentait son comté a la chambre des lords. Mais, avec ses idées jacobites, peu soucieux de plaire a la maison de Hanovre, il était assez mal vu des hommes d'état d'Angleterre, et surtout par ce motif qu'il s'en tenait aux traditions de ses a?eux et résistait énergiquement aux empiétements politiques de "ceux du sud".
Ce n'était pourtant pas un homme arriéré que lord Edward Glenarvan, ni de petit esprit, ni de mince intelligence; mais, tout en tenant les portes de son comté largement ouvertes au progr?s, il restait Écossais dans l'âme, et c'était pour la gloire de l'Écosse qu'il allait lutter avec ses yachts de course dans les "matches" du Royal Thames-Yacht-Club.
Edward Glenarvan avait trente-deux ans; sa taille était grande, ses traits un peu sév?res, son regard d'une douceur infinie, sa personne toute empreinte de la poésie highlandaise. On le savait brave a l'exc?s, entreprenant, chevaleresque, un Fergus du XIXe si?cle, mais bon par-dessus toute chose, meilleur que saint Martin lui-m?me, car il e?t donné son manteau tout entier aux pauvres gens des hautes terres.
Lord Glenarvan était marié depuis trois mois a peine; il avait épousé Miss Helena Tuffnel, la fille du grand voyageur William Tuffnel, l'une des nombreuses victimes de la science géographique et de la passion des découvertes.
Miss Helena n'appartenait pas a une famille noble, mais elle était Écossaise, ce qui valait toutes les noblesses aux yeux de Lord Glenarvan; de cette jeune personne charmante, courageuse, dévouée, le seigneur de Luss avait fait la compagne de sa vie. Un jour, il la rencontra vivant seule, orpheline, a peu pr?s sans fortune, dans la maison de son p?re, a Kilpatrick. Il comprit que la pauvre fille ferait une vaillante femme; il l'épousa. Miss Helena avait vingt-deux ans; c'était une jeune personne blonde, aux yeux bleus comme l'eau des lacs écossais par un beau matin du printemps. Son amour pour son mari l'emportait encore sur sa reconnaissance. Elle l'aimait comme si elle e?t été la riche hériti?re, et lui l'orphelin abandonné. Quant a ses fermiers et a ses serviteurs, ils étaient pr?ts a donner leur vie pour celle qu'ils nommaient: "Notre bonne dame de Luss".
Lord Glenarvan et Lady Helena vivaient heureux a Malcolm-Castle, au milieu de cette nature superbe et sauvage des Highlands, se promenant sous les sombres allées de marronniers et de sycomores, aux bords du lac o? retentissaient encore les pibrochs [chants de guerre] du vieux temps, au fond de ces gorges incultes dans lesquelles l'histoire de l'Écosse est écrite en ruines séculaires. Un jour ils s'égaraient dans les bois de bouleaux ou de mél?zes, au milieu des vastes champs de bruy?res jaunies; un autre jour, ils gravissaient les sommets abrupts du Ben Lomond, ou couraient a cheval a travers les glens abandonnés, étudiant, comprenant, admirant cette poétique contrée encore nommée "le pays de Rob-Roy", et tous ces sites cél?bres, si vaillamment chantés par Walter Scott. Le soir, a la nuit tombante, quand "la lanterne de Mac Farlane" s'allumait a l'horizon, ils allaient errer le long des bartazennes, vieille galerie circulaire qui faisait un collier de créneaux au château de Malcolm, et la, pensifs, oubliés et comme seuls au monde, assis sur quelque pierre détachée, au milieu du silence de la nature, sous les pâles rayons de la lune, tandis que la nuit se faisait peu a peu au sommet des montagnes assombries, ils demeuraient ensevelis dans cette limpide extase et ce ravissement intime dont les c?urs aimants ont seuls le secret sur la terre.
Ainsi se pass?rent les premiers mois de leur mariage. Mais Lord Glenarvan n'oubliait pas que sa femme était fille d'un grand voyageur! Il se dit que Lady Helena devait avoir dans le c?ur toutes les aspirations de son p?re, et il ne se trompait pas. Le ˝Duncan˝ fut construit; il était destiné a transporter lord et Lady Glenarvan vers les plus beaux pays du monde, sur les flots de la Méditerranée, et jusqu'aux îles de l'archipel. Que l'on juge de la joie de Lady Helena quand son mari mit le ˝Duncan˝ a ses ordres! En effet, est-il un plus grand bonheur que de promener son amour vers ces contrées charmantes de la Gr?ce, et de voir se lever la lune de miel sur les rivages enchantés de l'Orient?
Cependant Lord Glenarvan était parti pour Londres. Il s'agissait du salut de malheureux naufragés; aussi, de cette absence momentanée, Lady Helena se montra-t-elle plus impatiente que triste; le lendemain, une dép?che de son mari lui fit espérer un prompt retour; le soir, une lettre demanda une prolongation; les propositions de Lord Glenarvan éprouvaient quelques difficultés; le surlendemain, nouvelle lettre, dans laquelle Lord Glenarvan ne cachait pas son mécontentement a l'égard de l'Amirauté.
Ce jour-la, Lady Helena commença a ?tre inqui?te. Le soir, elle se trouvait seule dans sa chambre, quand l'intendant du château, Mr. Halbert, vint lui demander si elle voulait recevoir une jeune fille et un jeune garçon qui désiraient parler a Lord Glenarvan.
"Des gens du pays? dit Lady Helena.
- Non, madame, répondit l'intendant, car je ne les connais pas. Ils viennent d'arriver par le chemin de fer de Balloch, et de Balloch a Luss, ils ont fait la route a pied.
- Priez-les de monter, Halbert", dit Lady Glenarvan.
L'intendant sortit. Quelques instants apr?s, la jeune fille et le jeune garçon furent introduits dans la chambre de Lady Helena. C'étaient une s?ur et un fr?re; a leur ressemblance on ne pouvait en douter. La s?ur avait seize ans. Sa jolie figure un peu fatiguée, ses yeux qui avaient d? pleurer souvent, sa physionomie résignée, mais courageuse, sa mise pauvre, mais propre, prévenaient en sa faveur. Elle tenait par la main un garçon de douze ans a l'air décidé, et qui semblait prendre sa s?ur sous sa protection. Vraiment! quiconque e?t manqué a la jeune fille aurait eu affaire a ce petit bonhomme!
La s?ur demeura un peu interdite en se trouvant devant Lady Helena. Celle-ci se hâta de prendre la parole.
"Vous désirez me parler? dit-elle en encourageant la jeune fille du regard.
- Non, répondit le jeune garçon d'un ton déterminé, pas a vous, mais a Lord Glenarvan lui-m?me.
- Excusez-le, madame, dit alors la s?ur en regardant son fr?re.
- Lord Glenarvan n'est pas au château, reprit Lady Helena; mais je suis sa femme, et si je puis le remplacer aupr?s de vous...
- Vous ?tes Lady Glenarvan? dit la jeune fille.
- Oui, miss.
- La femme de Lord Glenarvan de Malcolm-Castle, qui a publié dans le Times une note relative au naufrage du ˝Britannia˝?
- Oui! oui! répondit Lady Helena avec empressement, et vous?...
- Je suis Miss Grant, madame, et voici mon fr?re.
- Miss Grant! Miss Grant! s'écria Lady Helena en attirant la jeune fille pr?s d'elle, en lui prenant les mains, en baisant les bonnes joues du petit bonhomme.
- Madame, reprit la jeune fille, que savez-vous du naufrage de mon p?re? Est-il vivant? Le reverrons-nous jamais? Parlez, je vous en supplie!
- Ma ch?re enfant, dit Lady Helena, Dieu me garde de vous répondre lég?rement dans une semblable circonstance; je ne voudrais pas vous donner une espérance illusoire...
- Parlez, madame, parlez! je suis forte contre la douleur, et je puis tout entendre.
- Ma ch?re enfant, répondit Lady Helena, l'espoir est bien faible; mais, avec l'aide de Dieu qui peut tout, il est possible que vous revoyiez un jour votre p?re.
- Mon Dieu! mon Dieu!" s'écria Miss Grant, qui ne put contenir ses larmes, tandis que Robert couvrait de baisers les mains de Lady Glenarvan.
Lorsque le premier acc?s de cette joie douloureuse fut passé, la jeune fille se laissa aller a faire des questions sans nombre; Lady Helena lui raconta l'histoire du document, comment le ˝Britannia˝ s'était perdu sur les côtes de la Patagonie; de quelle mani?re, apr?s le naufrage, le capitaine et deux matelots, seuls survivants, devaient avoir gagné le continent; enfin, comment ils imploraient le secours du monde entier dans ce document écrit en trois langues et abandonné aux caprices de l'Océan.
Pendant ce récit, Robert Grant dévorait des yeux Lady Helena; sa vie était suspendue a ses l?vres; son imagination d'enfant lui retraçait les sc?nes terribles dont son p?re avait d? ?tre la victime; il le voyait sur le pont du ˝Britannia˝; il le suivait au sein des flots; il s'accrochait avec lui aux rochers de la côte; il se traînait haletant sur le sable et hors de la portée des vagues. Plusieurs fois, pendant cette histoire, des paroles s'échapp?rent de sa bouche.
"Oh! papa! mon pauvre papa!" s'écria-t-il en se pressant contre sa s?ur.
Quant a Miss Grant, elle écoutait, joignant les mains, et ne prononça pas une seule parole, jusqu'au moment o?, le récit terminé, elle dit: "Oh! madame! le document! le document!
- Je ne l'ai plus, ma ch?re enfant, répondit Lady Helena.
- Vous ne l'avez plus?
- Non; dans l'intér?t m?me de votre p?re, il a d? ?tre porté a Londres par Lord Glenarvan; mais je vous ai dit tout ce qu'il contenait mot pour mot, et comment nous sommes parvenus a en retrouver le sens exact; parmi ces lambeaux de phrases presque effacés, les flots ont respecté quelques chiffres; malheureusement, la longitude...
- On s'en passera! s'écria le jeune garçon.
- Oui, monsieur Robert, répondit Helena en souriant a le voir si déterminé. Ainsi, vous le voyez, Miss Grant, les moindres détails de ce document vous sont connus comme a moi.
- Oui, madame, répondit la jeune fille, mais j'aurais voulu voir l'écriture de mon p?re.
- Eh bien, demain, demain peut-?tre, Lord Glenarvan sera de retour. Mon mari, muni de ce document incontestable, a voulu le soumettre aux commissaires de l'amirauté, afin de provoquer l'envoi immédiat d'un navire a la recherche du capitaine Grant.
- Est-il possible, madame! s'écria la jeune fille; vous avez fait cela pour nous?
- Oui, ma ch?re miss, et j'attends Lord Glenarvan d'un instant a l'autre.
- Madame, dit la jeune fille avec un profond accent de reconnaissance et une religieuse ardeur, Lord Glenarvan et vous, soyez bénis du ciel!
- Ch?re enfant, répondit Lady Helena, nous ne méritons aucun remerciement; toute autre personne a notre place e?t fait ce que nous avons fait. Puissent se réaliser les espérances que je vous ai laissé concevoir! Jusqu'au retour de Lord Glenarvan, vous demeurez au château...
- Madame, répondit la jeune fille, je ne voudrais pas abuser de la sympathie que vous témoignez a des étrangers.
- Étrangers! ch?re enfant; ni votre fr?re ni vous, vous n'?tes des étrangers dans cette maison, et je veux qu'a son arrivée Lord Glenarvan apprenne aux enfants du capitaine Grant ce que l'on va tenter pour sauver leur p?re."
Il n'y avait pas a refuser une offre faite avec tant de c?ur. Il fut donc convenu que Miss Grant et son fr?re attendraient a Malcolm-Castle le retour de Lord Glenarvan.
Dzieci kapitana Granta
Część pierwsza
Rozdział I. Balance Fish.
Dnia 26-go lipca r. 1864, podczas mocnego wiatru północno-wschodniego, wspaniały jacht sunął całą siłą pary po grzbiecie spienionych fal kanału Północnego. Na tylnym jego maszcie powiewała flaga Anglji; na wierzchołku zaś wielkiego masztu chorągiew błękitna nosiła na sobie dwie wielkie głoski: E. G., wyhaftowane złotem i w górze książęcą przyozdobione koroną. Jacht ten nazywał się Duncan; był własnością lorda Glenarvan, jednego z szesnastu parów szkockich, zasiadających w Izbie Wyższej, i zarazem jednego z najcelniejszych członków królewskiego klubu jachtowego na Tamizie (Royal-Thames-Yacht-Club), tak słynnego w całej Wielkiej Brytanji.
Na pokładzie jachtu znajdował się w tej chwili lord Edward Glenarvan z młodą małżonką, lady Heleną, i jednym ze swych krewnych, majorem Mac Nabbs.
Świeżo zbudowany Duncan wypłynął na próbę o kilka mil poza odnogę Clyde i zdążał do Glasgowa; już wyspa Arran wynurzała się na horyzoncie, gdy majtek, siedzący na czatowni, dał znać, że w tyle jachtu ukazała się olbrzymia ryba. Kapitan statku, John Mangles, doniósł o tem zaraz lordowi Glenarvan, a ten, wszedłszy na rufę wraz z majorem Mac Nabbs, pytał kapitana, co myśli o tym potworze.
- Doprawdy, wasza dostojność - odpowiedział John Mangles - sądzę, że to jest ogromny rekin i nic więcej.
- Rekin w tej okolicy? - ze zdziwieniem zawołał Glenarvan.
- Bezwątpienia - odrzekł kapitan - ryba ta należy do rodzaju rekinów, spotykanych na wszystkich morzach i pod wszystkiemi szerokościami geograficznemi. Głowę daję, że jest to "Balance-fish", [rekin młot] i z tem zapewne lichem mieć będziemy do czynienia. Jeśli wasza dostojność pozwoli, a lady Glenarvan zechce przypatrzyć się ciekawemu połowowi, zaraz weźmiemy się do roboty i dowiemy się rzetelnej prawdy.
- Jak myślisz, Mac Nabbs - rzekł lord Glenarvan do majora - możeby popróbować tej nowości.
- Przystaję na wszystko, co ci się spodoba - powolnie odpowiedział major.
- Zresztą tępienie tych straszliwych bestyj nigdy nie może być zbyteczne - zawołał znowu John Mangles. - Korzystajmy ze sposobności; a jeśli wasza dostojność zgodzić się raczy, to i widok będziemy mieli zachwycający i dobry zarazem spełnimy uczynek.
- A więc wydaj rozkazy, kapitanie - rzekł Glenarvan.
Poczem posłał z uwiadomieniem do lady Heleny, która ciekawością zdjęta, pośpieszyła do męża.
Morze było wspaniałe; na powierzchni jego wyraźnie rysowały się gwałtowne i silne poruszenia potwora. Gdy John Mangles wydał rozkazy, majtkowie zarzucili przez parapet prawego boku jachtu w morze długą i grubą linę z ogromnym na końcu hakiem, na który dla przynęty założyli spory kawał słoniny. Chociaż rekin był jeszcze w odległości pięćdziesięciu co najmniej jardów (przeszło 45 metrów), poczuwszy nęcący zapach ofiarowanego sobie przysmaku, zwrócił się szybko ku statkowi. Ogromne płetwy jego, szare po bokach a czarne przy osadzie, z nadzwyczajną siłą i szybkością pruły morskie bałwany, i zwierzę płynęło wciąż w prostej linji. W miarę jak się rekin zbliżał, rozeznać było można blask jego ślepiów, pałających żarłoczną chciwością; a gdy otworzył spragnioną paszczę, ukazały się w niej cztery rzędy ogromnych zębów. Szeroka jego głowa podobna była do dwu młotów, osadzonych na jednym trzonku. John Mangles nie omylił się; był to rzeczywiście Balance-fish, najżarłoczniejszy z rodziny Skwalów czyli Żarłaczy.
Cała osada ˝Duncana˝ śledziła z żywem zajęciem wszystkie ruchy rekina. Wkrótce potwór dopłynął do przynęty, przewrócił się na grzbiet, aby ją lepiej pochwycić, i w mgnieniu oka ogromny kawał słoniny wraz z ostrym hakiem utonęły w jego paszczy, a majtkowie szybko pociągnęli linę, przeciągniętą przez blok, umieszczony na wierzchołku wielkiej rei masztu.
Rekin zaczął się szarpać gwałtownie, widząc się wyrywanym ze swego żywiołu, lecz na szarpanie znalazł się sposób: mocny postronek z pętlicą, uchwyciwszy rekina za ogon, paraliżował wszelkie jego ruchy. W chwilę potem potwór leżał rozciągnięty na pomoście jachtu; jeden z marynarzy, ostrożnie przybliżywszy się do niego, silnem uderzeniem siekiery odciął ogromny ogon zwierzęcia.
Połów był skończony; rekin leżał bezsilny i nikomu szkodzić nie mógł - zemście marynarzy stało się zadość, lecz ciekawość ich jeszcze nie była zaspokojona. Na pokładzie wszystkich statków morskich przyjęty jest w podobnych razach zwyczaj, żeby ściśle rewidować żołądek schwytanego potwora. Majtkowie, znając jego żarłoczność, zawsze spodziewają się znaleźć tam coś nadzwyczajnego i prawie nigdy nie mylą się w swych oczekiwaniach.
Lady Glenarvan, nie chcąc być obecną przy tej krwawej operacji, poszła do kajuty. Rekin dyszał jeszcze. Ogromne to zwierzę miało dziesięć stóp długości i ważyło przeszło sześćset funtów; waga ta i miara nie są niczem nadzwyczajnem.
Wkrótce ogromna ryba została rozpłatana kilkoma silnemi cięciami siekiery. Hak z przynętą doszedł aż do żołądka, pustego zresztą zupełnie; widocznie potwór pościł od dość dawna, i zawiedzeni w swych nadziejach marynarze już porąbane sztuki chcieli napowrót rzucić w morze, gdy nagle sternik dostrzegł jakiś duży przedmiot, okryty wnętrznościami.
- A to co? - zawołał.
- To jakiś kawałek skały - odpowiedział jeden z majtków - bestja widać z głodu go połknęła, biorąc za przysmak zapewne.
- Nie, nie! - krzyknął drugi - to musi być wiązka zielska, której dotąd strawić nie zdołał.
- Lepiej milczeć, gdy się nic nie wie - zawołał Tomasz Austin, porucznik jachtu - czy nie widzicie, że bestja była pijakiem nałogowym, a nie chcąc nic stracić, nietylko wypiła wino, ale jeszcze i butelkę połknęła?
- Co! - zawołał lord Glenarvan - rekin ma butelkę w żołądku?
- Prawdziwą butelkę - odpowiedział sternik - ale widać, że nie z piwnicy ją wyniesiono!
- Poruczniku, wydobądź ją ostrożnie - rzekł lord Edward - butelki, znajdowane na morzu, ważne nieraz zawierają dokumenty.
- Tak mniemasz? - zapytał major Mac Nabbs.
- Nie twierdzę, ale przypuszczam, że tak być może.
- Nie sprzeczam się bynajmniej - odrzekł major. - I bardzo być może, iż tu dowiemy się jakiej tajemnicy.
- Zaraz to zobaczymy! A cóż, Tomaszu?
- Oto jest - rzekł porucznik, podając jakiś niekształtny przedmiot, który z trudem niemałym wydobył z żołądka ryby.
- Wybornie! - zawołał Glenarvan. - Każ obmyć to paskudztwo i przynieś do mojej kajuty.
Tomasz Austin spełnił rozkaz i za chwilę potem butelka, w tak szczególnych znaleziona okolicznościach, złożona została na kwadratowym stoliku, wokoło którego zasiedli: lord Glenarvan, major Mac Nabbs, kapitan John Mangles i lady Helena, ciekawa, jak każda kobieta.
Każdy z niecierpliwą ciekawością rad by się był dowiedzieć, co obejmuje w sobie ta szklana powłoka - czy opis jakiego wielkiego nieszczęścia, czy też nic nie znaczące wiadomości, puszczone na morze przez marynarza, nie mającego nic lepszego do roboty.
Wypadło jednak dowiedzieć się prawdy - i Glenarvan, nie czekając dłużej, przystąpił do zbadania butelki, ze wszelką, w takich razach przezornością. I miał słuszność, bo w podobnych wypadkach najdrobniejsza często napozór wskazówka prowadzi do bardzo ważnych odkryć.
Najprzód obejrzano butelkę dokładnie zwierzchu; na potężnej szyjce znaleziono jeszcze owinięty drut, już dobrze przez rdzę zjedzony, a grube szkło, mogące wytrzymać ciśnienie kilku atmosfer, wyraźnie wykazywało szampańskie pochodzenie - mogło przeto wytrzymać wszystkie wypadki długiej nawet podróży, bez najmniejszego uszkodzenia.
- Jest to butelka domu Cliquot - odezwał się major, a nikt mu nie zaprzeczał, bo major powinien był znać się na tem.
- Mój kochany majorze - odpowiedziała lady Helena - cóż nas obchodzić może, jaka to jest butelka, jeśli nie wiemy, skąd ona do nas przypływa?
- Dowiemy się, droga Heleno - rzekł lord Edward - a zgóry można być pewnym, że przybywa zdaleka. Czy widzisz, jak ją grubo pokrywają różne materje, skamieniałe pod wpływem wód morskich? Długo ona widać przebywała w Oceanie, zanim ją ten rekin połknął.
- Podzielam twe zdanie, lordzie - odezwał się major - że to kruche naczynie długą i daleką po morzu podróż zrobić musiało.
- Ale skądże do nas przybywa? - z lekką niecierpliwością powtórzyła lady G1enarvan.
- Poczekaj, droga Heleno, poczekaj chwilkę, a zdaje mi się, że butelka ta samą treścią swą odpowie na wszystkie nasze pytania.
I to mówiąc, Glenarvan zaczął zdrapywać nożem grubą z szyjki powłokę, i niedługo też ukazał się korek, ale mocno przez wodę morską uszkodzony.
- To źle, to bardzo źle! - powtarzał lord Glenarvan - bo jeśli tam wewnątrz są jakie papiery, to je znajdziemy w bardzo złym stanie.
- To być bardzo może - machinalnie powtórzył major.
- Ponieważ butelka ta - mówił dalej lord Edward - źle była zakorkowana, więc byłaby z pewnością zatonęła, gdyby nie wypadek, że rekin ją połknął i przyniósł na pokład ˝Duncana˝.
- Zapewne - odezwał się John Mangles - dobrze, że tak się stało, ale byłoby lepiej, gdybyśmy ją złowili na pełnem morzu, pod pewną wiadomą długością i szerokością geograficzną; bo w takim razie, badając prądy atmosferyczne i morskie, możnaby było niemal odgadnąć, jaką przebyła drogę. Ale gdy ją przynosi taki posłaniec, jak rekin, który płynie pod prądy i wiatry, to trudno coś odgadnąć.
- Zaraz zobaczymy - powiedział lord Edward, wyjmując ostrożnie korek. I w tejże chwili po kajucie rozszedł się mocny zapach soli.
- I cóż? - pytała lady Helena.
- Tak jest - rzekł Glenarvan - nie omyliłem się, bo są w środku papiery.
- Papiery! Dokumenty! - wołała lady Helena.
- Jednakże - mówił dalej Glenarvan - zdają się być przez wilgoć uszkodzone i tak przylgnęły do ścian butelki, że trudno je będzie stamtąd wydobyć.
- Stłuczmy szkło - doradził Mac Nabbs.
- Wolałbym je zachować w całości - odpowiedział Glenarvan.
- I ja także - dorzucił sentencjonalnie major.
- Zapewne - rzekła lady Helena - że dobrzeby to było; ależ znowu z drugiej strony warto poświęcić butelkę dla ocalenia kosztownych może dokumentów.
- Niech wasza dostojność odtrąci szyjkę - rzekł John Mangles - a będzie można wydobyć papiery bez uszkodzenia ich.
Rozdział II. Trzy dokumenty.
Na tych kawałkach papieru, nawpół zniszczonych przez wodę morską, można było rozeznać pojedyńcze wyrazy, szczątki całych przedtem zdań, niepodobnych już teraz do odczytania. Lord Glenarvan przypatrywał się im z największą uwagą przez kilka minut; obracał je na wszystkie strony, wystawiał do słońca, badając najdrobniejsze ślady pisma, nie spłókane wodą morską, i nareszcie zwrócił się do swych przyjaciół i rzekł:
- Są tu trzy różne dokumenty, albo raczej, jak mi się zdaje, trzy kopje jednego dokumentu w potrójnem tłumaczeniu na język angielski, francuski i niemiecki. Pozostałe wyrazy, wyczytać się dające, wątpić o tem nie pozwalają.
- A czy przynajmniej można się czego domyślić z tych pojedyńczych wyrazów? - zapytała lady Glenarvan.
- Trudno coś z tego wnioskować, kochana Heleno - myśl w wielu miejscach poprzerywana.
- Możeby wyrazami jednego dokumentu dały się uzupełnić braki drugiego - rzekł major ze zwykłą sobie flegmą.
- Major ma słuszność - odezwał się John Mangles - niepodobna bowiem przypuścić, aby woda morska na wszystkich trzech papierach wygryzła pismo w tychże samych miejscach. Próbujmy przeto zbliżyć jedne resztki do drugich, a może się złoży całość jaka.
- To właśnie chcę zrobić - rzekł lord Glenarvan; zacznijmy od dokumentu angielskiego.
Dokument ten przedstawiał się w sposób następujący:
62 Bri gow
sink stra
aland
skipp Gr.
that monit of long
and ssistance
lost
- Z tego doprawdy niewiele dojść można - odezwał się major.
- Przyznać jednak potrzeba, wtrącił kapitan, że to dość wyraźnie po angielsku.
- Pod tym względem niema wątpliwości - rzekł lord Glenarvan - wyrazy sink, aland, that, and, lost są nietknięte; skipp widocznie jest początkiem wyrazu skipper i, jak się zdaje, mowa jest o jakimś Gr... może kapitanie statku rozbitego. [Wyrazy sink, aland, that, and, lost, znaczą: zatonąć, na ląd, ten, i, zgubiony. Skipper nazywa się w Anglji kapitan marynarki handlowej. Monition znaczy ostrzeżenie, zawiadomienie; assistance; pomoc lub ratunek].
- Już to wystarcza, aby się czegoś domyślić.
- Na nieszczęście - przerwał major - brak całych wierszy; jakże więc dojść do nazwiska okrętu rozbitego i jak się dowiedzieć o miejscu, w którem go wypadek spotkał?
- Wynajdziemy i to - rzekł lord Glenarvan.
- Bezwątpienia - odpowiedział major - lubiący podzielać cudze zdanie - bezwątpienia wynajdziemy, tylko jakim sposobem?
- Uzupełniając jeden dokument przez drugi.
- Próbujmy więc! - zawołała lady Helena.
Na drugim kawałku papieru, więcej jeszcze uszkodzonym, widniało kilka niezrozumiałych wyrazów.
7 Juni Glas
zwei atrosen
graus
bringt ihnen
- To jest pisane po niemiecku - mówił John Mangles.
- A ty, kapitanie, znasz podobno ten język? - spytał lord Glenarvan.
- Doskonale, wasza dostojność.
- Powiedz nam przeto, co znaczyć może tych kilka wyrazów.
Kapitan z uwagą wpatrywał się w papier przez chwilę, a nareszcie rzekł:
- Przedewszystkiem mamy już datę wypadku; 7 Juni znaczy 7 czerwca. Cyfra ta przyłożona do liczby 62, znalezionej na dokumencie angielskim, da nam całkowitą datę: 7-go czerwca 1862 r.
- Doskonałe tłumaczenie! - zawołała lady Helena.
- W tymże samym wierszu - mówił dalej młody kapitan - znajduję wyraz Glas, który zestawiony z wyrazem gow, znajdującym się na pierwszym dokumencie, da nam całą nazwę Glasgow. Widocznie mowa jest o okręcie z portu Glasgowa.
- Tak i ja sądzę - wtrącił major.
- Drugiego wiersza całkiem brakuje - mówił dalej John Mangles - lecz w trzecim znajduję dwa bardzo ważne wyrazy: zwei, co znaczy dwaj, i atrosen, albo raczej Matrosen, majtkowie.
- A zatem - mówiła lady Helena - mowa jest o jakimś kapitanie i dwóch majtkach.
- Być to bardzo może - odezwał się lord Glenarvan.
- Przyznam się waszej dostojności, że następny wyraz graus niemałego nabawia mię kłopotu. Nie wiem, jak go tłumaczyć. Może go nam wyjaśnić trzecia kartka. Co zaś do dwu ostatnich wyrazów, te objaśnić bardzo łatwo: bringt ihnen znaczy nieście im - co, przyłożywszy do angielskiego wyrazu assistance, jak i tamte znajdującego się w siódmym wierszu, będziemy mieli razem; nieście im pomoc.
- Tak, nieście im pomoc! - zawołał lord Edward - lecz gdzież są ci nieszczęśliwi? Dotąd nie mamy najmniejszej wskazówki miejsca, w którem się przytrafił wypadek rozbicia.
- Może kartka, pisana po francusku, da nam w tym względzie jakie objaśnienie - dodała lady Helena.
- Przejdźmy do francuskiego dokumentu, a tem łatwiejsze będą nasze badania i domysły, że język ten znamy wszyscy.
Trzecia kartka nosiła te wyrazy:
troi ats tannia
gonie austral
abor
contin pr cruel indi
jeté ongit
et 37° 11?
- A widzicie panowie - zawołała lady Helena - tu już mamy cyfry...
- Idźmy porządkiem - mówił lord Glenarvan - zaczynajmy od początku. Pozwólcie mi rozebrać jeden po drugim te wyrazy rozrzucone i niezupełne. Z pierwszych zaraz liter widać, że chodzi o jakiś statek trzymasztowy, którego nazwę ˝Britannia˝ łatwo złożyć można z kartek angielskiej i francuskiej. Z dwu następnych wyrazów: gonie i austral ostatni tylko ma jakieś znaczenie.
- Jest to szczegół bardzo ważny - wtrącił John Mangles - rozbicie miało miejsce na półkuli południowej.
- Nie jest to jeszcze tak bardzo jasne - odezwał się major.
- Idę dalej - mówił lord Edward. - Następuje wyraz abor, rdzeń słowa aborder. Ci nieszczęśliwi przybili więc gdzieś do brzegu. Ale gdzież? Contin! czyżby ten wyraz miał znaczyć continent (ląd stały?) Cruel!...
- Cruel - zawołał John Mangles - ależ to doskonale tłumaczy niemiecki wyraz graus... grausam... okrutny!
- Idźmy dalej! idźmy dalej! - wołał niecierpliwie Glenarvan rozciekawiony. - Indi, znaczy zapewne Indje, gdzie ci biedacy zostali wyrzuceni. Cóż znowu znaczy wyraz ongit? - Ach! longitude (długość)! a tu szerokość: trzydzieści siedem stopni, jedenaście minut. Mamy nakoniec jakąś wskazówkę dokładniejszą.
- Lecz brakuje stopnia długości - rzekł Mac Nabbs.
- Trudnoż wszystkiego naraz żądać, kochany majorze - odpowiedział lord Edward - dokładnie oznaczony stopień szerokości także ma swoją wartość. Kartka, po francusku pisana, jest ze wszystkich najdokładniejsza. Widoczną jest rzeczą, że wszystkie trzy są tylko dosłownem tłumaczeniem tegoż samego tekstu, bo wszystkie mają jednaką liczbę wierszy. Trzeba je przeto złożyć teraz razem, przetłumaczyć na jeden język i wynaleźć najprawdopodobniejsze i najzrozumialsze ich znaczenie.
A na jakiż język chcecie zrobić to tłumaczenie? - zapytał major.
- Na francuski - odpowiedział Glenarvan - bo w nim najwięcej przechowało się wyrazów zrozumiałych.
- Wasza dostojność ma rację - odezwał się John Mangles - tem więcej, że wszyscy, jak tu jesteśmy, znamy ten język wybornie.
- Zaczynam tedy; spróbuję złożyć w całość te wyrazy i ułamki zdań, zachowując ściśle przerwy, jakie pomiędzy niemi natrafiamy, i uzupełniając sens tam, gdzie on jest widoczny i niewątpliwy. Potem wszystko to porównamy i osądzimy, co wnosić należy.
Glenarvan pochwycił pióro i wkrótce potem podał towarzystwu papier, na którym nakreślone były wiersze następujące:
7 juin 1862 troismâts ˝Britannia˝ Glasgow
sombré gonie austral
a terre deux matelots
capitaine Gr abor
contin pr cruel indi
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et 37° 11?, de latitude Portez-leur secours
perdus
W tej chwili jeden z majtków przyszedł uwiadomić kapitana, że ˝Duncan˝ wpływał do zatoki Clyde, i pytał go o rozkazy.
- Jakie są zamiary waszej dostojności? - rzekł John Mangles, zwracając się z zapytaniem do lorda Glenarvan.
- Dostać się do Dumbarton jak najprędzej, skąd lady Helena powróci do Malcohn Castle, a ja pojadę do Londynu i przedstawię dokument ministerstwu marynarki.
John Mangles wydał potrzebne rozkazy, które majtek odniósł do spełnienia porucznikowi.
- Teraz, kochani przyjaciele - mówił lord Edward - prowadźmy dalej nasze poszukiwania; zdaje się, że trafiliśmy na ślad ważnej jakiejś katastrofy. Życie kilku ludzi zależy od naszej domyślności, użyjmy więc wszystkich sił naszej inteligencji do odgadnięcia tej nieszczęsnej zagadki.
- Jesteśmy gotowi, kochany Edwardzie - rzekła lady Helena.
- Najprzód - mówił Glenarvan - trzeba w tym dokumencie zwrócić uwagę na trzy rzeczy: l-mo, co wiemy, 2-do, czego się domyślamy i 3-tio, czego nie wiemy. Cóż tedy wiemy? - Wiemy, że 7-go czerwca r. 1862 trzymasztowy okręt ˝Britannia˝ z Glasgowa zatonął; że dwaj majtkowie i kapitan rzucili niniejszy dokument na morze pod 37° 11? szerokości i że żądają pomocy.
- Nic prawdziwszego - odezwał się major.
- Przejdźmy do tego, czego się domyślamy - mówił dalej Glenarvan. - Najprzód: że rozbicie zdarzyło się na wodach południowych, a dalej zwracam uwagę waszą na wyraz gonie: czy nie jest on zakończeniem francuskiem nazwy kraju, o który chodzi?
Ach! Patagonja (Patagonie) - zawołała lady Helena.
- Nieinaczej, kochana żono.
- Ale czy przez Patagonję przechodzi trzydziesty siódmy równoleżnik? - zapytał major.
- To łatwo sprawdzić - rzekł John Mangles, rozkładając mapę Ameryki Południowej. - Tak jest, niezawodnie: trzydziesty siódmy równoleżnik przecina Arankonję i północne prowincje Patagonji, wreszcie ginie w Atlantyku.
- Dobrze - ciągnął Glenarvan - posuwajmyż się w naszych domysłach. Dwaj majtkowie i kapitan dostają się na ląd, jak to wskazują niedokończone wyrazy abor... (aborder) i contin... (continent). Uważajcież dobrze: dostają się na ląd, a nie na wyspę. Cóż się dalej z nimi dzieje? - To odgadnąć mamy z dwu niepojętych głosek, pr.. Ci nieszczęśliwi są widocznie schwytani (pris), lub niewolnikami (prisonniers), ale czyimi? Okrutnych Indjan. W moim przynajmniej umyśle miejsca próżne na papierze w taki wypełniają się sposób. Nie wiem wszakże, czy i wy, kochani towarzysze, podzielacie ten mój sposób widzenia rzeczy.
Glenarvan mówił z gruntownem przekonaniem, które w oczach jego czytać się dawało; zapał jego przeniknął wszystkich obecnych i ci zgodnie zawołali:
- Tak jest! tak jest! widocznie! inaczej być nie może!
Po krótkiej przerwie, lord Edward tak mówił dalej:
- Wszystkie te przypuszczenia, drodzy moi przyjaciele, zdają mi się być dostatecznie usprawiedliwione. Według mojego przekonania, wypadek zdarzył się na wybrzeżach Patagonji. Zresztą każę zapytać w Glasgowie, dokąd odpłynął okręt ˝Britannia˝ - z tego łatwo odgadniemy, czy mógł być zapędzony w te okolice.
- Nie potrzebujemy posyłać tak daleko - wtrącił John Mangles. - Ja mam tu cały komplet handlowego dziennika Mercantile and Shipping Gazette, z którego najdokładniejsze powziąć możemy wiadomości.
- Zobaczmyż, zobaczmyż! - niecierpliwie domagała się lady Glenarvan.
John Mangles wziął pakę gazet z roku 1862 i zaczął je szybko przerzucać; po niedługiem szukaniu, z radością zawołał:
"30 maja r. 1862 Peru. Z Callao ładunek do Glasgowa, okręt ˝Britannia˝, kapitan Grant".
- Grant! - zawołał Glenarvan - ten śmiały Szkot, który chciał założyć Nową Szkocję na wodach Oceanu Spokojnego!
- Tak jest - odrzekł John Mangles - ten sam, który w roku 1861 wypłynął z Glasgowa na okręcie ˝Britannia˝ i o którym aż dotąd żadnej niema wiadomości.
- To już najmniejszej nie ulega wątpliwości - zawołał Glenarvan. - To on! to ten sam! Wszystko jest jasne i oczywiste. Okręt ˝Britannia˝ opuścił Callao 30-go maja, a 7-go czerwca, to jest w ośm dni po odjeździe, zatonął na wybrzeżach Patagonji. W tych kilku napozór niezrozumiałych i nieczytelnych wyrazach mamy całą tę historję. Tak tedy domysły nasze okazują się zupełnie uzasadnione. Jednej więc już tylko rzeczy nie wiemy, to jest stopnia długości...
- Który nam jest zupełnie teraz niepotrzebny - odezwał się John Mangles - skoro znam kraj i wiem stopień szerokości, to podejmuję się trafić odrazu do miejsca, w którem okręt uległ rozbiciu.
- Więc tedy wiemy wszystko, co nam wiedzieć potrzeba? - spytała lady Glenarvan.
- Wszystko, droga moja Heleno; wyrazy, które woda morska zmyła na dokumencie, dopełnię teraz bez trudu, jakby mi je sam kapitan Grant dyktował.
To mówiąc, lord Glenarvan pochwycił pióro i bez najmniejszego namysłu zredagował notatkę następującą:
"Dnia 7-go czerwca 1862 r. trzymasztowy okręt ˝Britannia˝ z Glasgowa zatonął na wybrzeżach Patagonji, na półkuli południowej. Kierując się ku ziemi, dwaj majtkowie i kapitan Grant próbuje, czy nie uda im się dobić do lądu, gdzie popadną w niewolę okrutnych Indjan. Rzucają ten dokument pod... stopniem długości i 37° 11? szerokości. Nieście im pomoc, lub zginą."
- Wybornie! wybornie! drogi Edwardzie - zawołała lady Helena - i jeśli ci nieszczęśliwi wrócą kiedy do swej ojczyzny, tobie to tylko samemu zawdzięczać będą.
- A wrócą z pewnością - zawołał Glenarvan. - Dokument ten zbyt jest jasny i wyraźny, aby Anglja namyślać się mogła, czy biec z pomocą trzem swoim synom, zapędzonym gdzieś na puste wybrzeża. - A to, co uczyniła dla Franklina i tylu innych, uczyni dziś dla nieszczęśliwych rozbitków z okrętu ˝Britannia˝.
- A może - dodała lady Helena - ci biedacy mają rodziny, które opłakują ich stratę. Może ten biedny kapitan Grant ma żonę, dzieci...
- Masz słuszność, kochana lady, zaraz ich uwiadomię o losie ojca i zapewnię, że bynajmniej nadziei tracić nie powinni. Teraz zaś, kochani przyjaciele, każdy na swoje miejsce, bo się zbliżamy do portu.
Istotnie ˝Duncan˝, płynąc całą siłą pary, minął brzegi wyspy Bute, wpłynął na wąską zatokę, zawrócił około Greenock i o szóstej wieczorem zarzucił kotwicę u stóp bazaltowej skały Dumbartonu, na której wierzchołku stał sławny pałac znanego bohatera szkockiego, Wallace'a.
Tam czekał powóz, zaprzężony w konie pocztowe, mający odwieźć do Malcolm-Castle lady Helenę i majora Mac-Nabbs. Lord Glenarvan, uścisnąwszy młodą małżonkę, siadł na pośpieszny pociąg drogi żelaznej glasgowskiej.
Lecz przed odjazdem jeszcze szybszemu na wszystko posłańcowi powierzył ważną depeszę i rzeczywiście w kilka minut potem telegraf elektryczny przyniósł do gazet: Times i Morning-Chronicle ogłoszenie następującej treści:
"Kto chce mieć wiadomości o losie trzymasztowego okrętu ˝Britannia˝, który z kapitanem Grant wypłynął z Glasgowa, niech się zgłosi do lorda Glenarvan; Malcolm-Castle, Luss, hrabstwo Dumbarton - w Szkocji.
Rozdział III. Malcolm-Castle.
Zamek Malcolm, jeden z najpoetyczniejszych w Szkocji, wzniesiony jest ponad piękną doliną wioski Luss, a czyste wody jeziora Lomond obmywają granitowe podstawy jego murów. Od niepamiętnych czasów należał on do rodziny Glenarvan, która w ojczyźnie Rob-Roya i Fergusa Mac-Gregora przechowała w czystości tradycje gościnnych obyczajów starych bohaterów walterskotowskich. W epoce rewolucji socjalnej w Szkocji, ci z wasalów, którzy nie mogli dawnym naczelnikom klanów zbyt wygórowanych opłacać dzierżaw, zostali usunięci; jedni poumierali z głodu, drudzy zostali rybakami, a inni nareszcie wyemigrowali. Rozpacz była powszechna. Jedna tylko rodzina Glenarvanów zachowała to przekonanie, że dotrzymanie słowa równie obowiązuje wielkich i małych, i nie naruszyła stosunków swych z dzierżawcami. Ani jeden z nich nie opuścił rodzinnej swej strzechy i ziemi, w której spoczywały prochy jego przodków; wszyscy pozostali w klanie swych dawnych wodzów. Dlatego też w tej epoce nawet, w tym wieku obojętności i niezgody, rodzina Glenarvan miała samych jedynie Szkotów tak w zamku Malcolm, jak i na pokładzie ˝Duncana˝; wszyscy oni byli potomkami wasalów Mac-Gregora, Mac-Farlane'a, Mac-Nabbsa, Mac-Naugthonsa, to jest byli synami hrabstw Sterlingu i Dumbartonu. Dzielni ci ludzie duszą i ciałem oddani byli swemu panu, a niektórzy z nich dotąd jeszcze nie zapomnieli dawnego narzecza starej Kaledonji.
Lord Glenarvan był panem ogromnego majątku, którego używał szczodrze na cele dobroczynne; dobroć serca przewyższała jeszcze wrodzoną mu szlachetność i hojność. Pan Lussy, laird Malcolmu, był reprezentantem swego hrabstwa w izbie lordów, lecz w charakterze legitymisty-jakóbity. Niewiele dbając o przypodobanie się domowi Hanowerskiemu, źle też był widziany przez angielskich mężów stanu, szczególniej zaś dlatego, że trzymał się starych tradycyj swych przodków i energiczny stawiał opór wdzieraniu się "tradycyj południowych" w sferę polityczną.
Przy tem wszystkiem lord Edward Glenarvan nie był człowiekiem ani zacofanym, ani krótkowidzącym, ani ograniczonej inteligencji. Owszem, bramy jego hrabstwa otworem stały dla wszelkiego postępu; ale w duszy pozostawał Szkotem i dla sławy to Szkocji z jachtami swemi stawał do zapasów na wszystkie gonitwy i walki, ogłaszane przez "Królewski Jachtowy Klub na Tamizie".
Edward Glenarvan miał trzydzieści dwa lata; był wysokiego wzrostu, rysów twarzy nieco surowych; miał nieopisaną słodycz spojrzenia, a cała postawa jego tchnęła urokiem górskiej poezji "high-landu". Znany był jako waleczny, przedsiębiorczy, zuchwały "Fergus" XIX wieku, lecz zarazem dobry nad wszelki wyraz.
Lord Glenarvan od trzech dopiero miesięcy zaledwie był żonaty; poślubił on miss Helenę Tuffnel, córkę słynnego podróżnika Wiliama Tuffnela, który sam był jedną z licznych ofiar nauk geograficznych i zgubnej namiętności do odkryć.
Miss Helena nie należała do szlacheckiej rodziny, ale była Szkotką, co w oczach lorda Glenarvan miało największą wartość - i młodą tę, powabną, odważną i przywiązaną dziewicę pan na Lussy wybrał na dozgonną swą towarzyszkę. Poznał ją żyjącą samotnie, sierotę, prawie bez majątku, mieszkającą w domu ojcowskim w Kilpatrick. Odrazu odgadł w niej zacną niewiastę i poślubił ją bez namysłu. Miss Helena miała dwadzieścia dwa lata, blond włosy i oczy jasno-niebieskie, jak woda na szkockich jeziorach w pięknym wiosny poranku. Miłość jej dla męża była większa jeszcze niż wdzięczność. Kochała go tak, jakgdyby to ona była bogatą dziedziczką, a on ubogim sierotą opuszczonym. Dzierżawcy, włościanie i słudzy duszę by za nią oddali z ochotą i nazywali ją: nasza dobra pani z Luss.
Lord Glenarvan i lady Helena żyli szczęśliwi w Malcolm-Castle, w pośród wspaniałej i dzikiej zarazem natury kraju górzystego, przechadzając się pod cieniem starych kasztanów, brzmiących jeszcze niekiedy echem dawnych wojennych pieśni (pibrochs), lub błądząc wśród opustoszałych wąwozów, gdzie historja Szkocji w odwiecznych wypisana jest zwaliskach. To błądzili po lasku brzezinowym czy modrzewiowym, wpośród obszernych płaszczyzn, zasianych pożółkłym wrzosem, to wdzierali się na strome szczyty Ben Lomondu, albo konno przebiegali puste odłogi, napawając się pięknościami tej poetycznej krainy, dotąd jeszcze nazywanej "Krainą Rob Roya", którą z takim czarującym talentem opiewał Walter-Scott nieśmiertelny. Przy zapadającym zmroku, gdy na horyzoncie rozbłysła jasna latarnia Mac-Farlane'a, przy świetle jej chodzili po galerji, okalającej zamek Malcolm, a tam zadumani, samotni, nie pomnąc o reszcie świata, wśród poważnego milczenia natury, marzyli długo, mile... aż ich noc chłodna ostrzegła nareszcie, że potrzeba powrócić do komnat zamczyska.
Tak im przeszły pierwsze po ślubie miesiące. Lecz lord Glenarvan nie zapomniał, że żona jego była córką wielkiego podróżnika; domyślał się, że lady Helena musi żywić w duszy wszystkie skłonności swego ojca, i nie mylił się w tym względzie. ˝Duncan˝ został zbudowany nato jedynie, aby lorda i lady Glenarvan przeniósł do najpiękniejszych w świecie krain, na wody morza Śródziemnego, a nawet aż do wysp archipelagu. Łatwo odgadnąć, jaką radość lady Helenie sprawiło oddanie ˝Duncana˝ do jej rozporządzenia. Bo i rzeczywiście, czyż jest większe szczęście, jak upajać się wrażeniami pierwszej miłości pod zachwycającem niebem Grecji i miesiąc miodowy spędzić na czarownych wybrzeżach Wschodu!
Tymczasem lord Glenarvan pojechał do Londynu. Ponieważ chodziło o ocalenie biednych rozbitków, zatem chwilowe to oddalenie się męża więcej niecierpliwiło, niżeli zasmucało lady Helenę. Nazajutrz rano depesza od męża otrzymana uwiadamiała ją o rychłem jego powrocie; wieczorem tegoż dnia odebrała list, w którym prosił ją o przedłużenie urlopu, bo propozycje jego napotkały na niejakie trudności; trzeciego dnia lady Helena znowu otrzymała od męża list, w którym lord nie taił swego niezadowolenia z admiralicji.
Od tej chwili lady Helena poczęła być niespokojna. Wieczorem, gdy sama siedziała w swym pokoju, intendent zamku, p. Halbert, wszedł z zapytaniem, czy lady pozwoli wprowadzić do siebie nieznane dziewczę z chłopczykiem, którzy pragną widzieć się z lordem Glenarvan.
- Czy są z tych stron? - spytała lady Helena.
- Nie, pani - odrzekł intendent - nie znam ich; do Balloch przybyli koleją, a z Balloch do Luss przyszli pieszo.
- Poproś ich, panie Halbert - rzekła lady Glenarvan.
Intendent wyszedł. W chwilę potem młoda para wprowadzona była do pokoju lady Heleny. Byli to brat i siostra; podobieństwo rysów pokazywało to na pierwszy rzut oka. Siostra miała lat szesnaście; piękna jej, choć tchnąca niejakiem strudzeniem twarzyczka, oczy, na których znać było, że często i długo płakały, postawa pełna rezygnacji i odwagi, skromna, lecz porządna i czysta odzież, dobrze o niej świadczyły. Trzymała ona za rękę chłopczyka dwunastoletniego, który z postawy pragnąłby uchodzić za opiekuna i protektora swej starszej siostry. I rzeczywiście, ktoby chciał jej ubliżyć, niełatwą miałby sprawę z tym zuchwałym malcem.
Siostra zmieszała się trochę w obecności lady Heleny, lecz ta, zachęcając ją uprzejmem, dobrotliwem wejrzeniem, rzekła:
- Macie mi coś do powiedzenia, moje dzieci?
- Nie - odpowiedział śmiało chłopiec - nie z panią, lecz z lordem Glenarvan pragnęlibyśmy pomówić.
- Daruj mu pani jego śmiałość - rzekła wtedy dziewczynka, karcąc brata wzrokiem.
- Niema w tej chwili w zamku lorda Glenarvana - powiedziała lady Helena - lecz jestem jego żoną i mogę go wam w zupełności zastąpić.
- Pani jest lady Glenarvan? - zawołało dziewczę.
- Tak jest, miss.
- Żoną lorda Glenarvan z Malcolm-Castle, który w Timesie ogłosił, że ma wiadomość o rozbitym okręcie ˝Britannia˝?
- Tak, tak! - z niecierpliwością powtórzyła lady Helena - a wy...
- Ja jestem miss Grant, pani, a on jest moim bratem.
- Miss Grant! miss Grant! - zawołała lady Helena, chwytając dziewczynkę za ręce i ciągnąc ją ku sobie - a potem nagle obróciła się do malca i szczerze go ucałowała.
- Pani - rzekło dziewczę - co wiesz o nieszczęściu mojego ojca? Czy on żyje? Czy go kiedy zobaczymy? Powiedz mi, błagam cię!... zaklinam na wszystko.
- Moje dziecię - odparła lady Helena - nie chciałabym lekkomyślnie odpowiedzieć na tak ważne pytanie, aby cię nie łudzić.
- Mów pani, mów na Boga! mam siłę do zniesienia wszelkiej boleści... mogę słuchać wszystkiego.
- Moje drogie dziecię - rzekła znowu lady Helena - bardzo słabą mamy nadzieję, lecz przy Bożej pomocy może kiedyś zobaczycie jeszcze waszego ojca.
- Boże mój, Boże! - zawołała miss Grant, nie mogąc powstrzymać łez radości; mały Robert tymczasem pocałunkami okrywał ręce lady Heleny.
Gdy minęło to pierwsze wrażenie bolesnej radości, dziewczę zarzuciło pytaniami dobrą lady Glenarvan, która opowiedziała jej całe zdarzenie ze znalezionemi w butelce papierami, pozwalającemi się domyślić, że okręt ˝Britannia˝ zabłąkał się na wybrzeżach Patagonji; że po jego rozbiciu się, kapitan z dwoma, jacy przy życiu zostali, majtkami, musiał dostać się na ląd; że nareszcie w tym dokumencie, spisanym w trzech językach i powierzonym falom oceanu, żądają, by im przybyć z pomocą.
W czasie tego opowiadania, Robert Grant pożerał oczyma lady Glenarvan; życie jego zdawało się zależeć od słów, przez nią wymawianych. W dziecięcej jego wyobraźni żywo rysowały się obrazy niebezpieczeństw, na jakie ojciec jego w tej chwili mógł być narażonym; widział go jużto na pokładzie Britannji, jużto tonącego w fa1ach oceanu, lub też pomagał mu myślą wspinać się na skałę, mającą uratować mu życie. Po kilkakroć przerywał opowiadanie lady Heleny wykrzyknikami:
- Mój ojcze! mój biedny ojcze!
Dziewczę ze złożonemi rękami, całe drżące, powstrzymując dech, słuchało opowiadania, nie przerywając go ani jednym wyrazem; po skończeniu zaś zawołała, zalewając się łzami:
- Ten papier, oh! daj mi pani ten papier!
- Nie mam go już, moje dziecię - odpowiedziała lady Helena.
- Już go pani nie masz!
- W interesie waszego ojca lord Glenarvan musiał go zabrać do Londynu; lecz upewniam cię, że co do słowa powtórzyłam ci treść jego.
- Ale pragnęłabym widzieć pismo mojego ojca.
- Jutro może lord Glenarvan powróci. Mąż mój przez pokazanie tego dokumentu chce nakłonić ministra marynarki do bezzwłocznego wysłania okrętu na poszukiwanie kapitana Granta.
- Czy być może pani! uczyniliście to dla nas?
- Tak, moja droga miss, i co chwila oczekuję powrotu mojego męża.
- Pani! - rzekło dziewczę głęboko wzruszone i podniecone - niech wam Niebo zapłaci za tę dobroć i łaskę!
- Drogie dziecię - rzekła lady Helena - nie zasługujemy na żadną wdzięczność: każdy inny na naszem miejscu zrobiłby toż samo. Oby się tylko spełniły błogie nasze nadzieje! Tymczasem, do powrotu lorda Glenarvan pozostańcie w zamku...
- Pani - odezwała się miss Grant - nie śmiemy nadużywać współczucia, jakie raczysz okazywać nieznajomym...
- Nieznajomym! moje drogie dziecię, ani ty, ani brat twój nie jesteście obcymi w tym domu, a przedewszystkiem pragnę, aby za swym powrotem lord Glenarvan mógł powiedzieć dzieciom kapitana Granta o tem, co się da uczynić dla ocalenia ich ojca.
Nie można było nie przyjąć tak serdecznej ofiary. Stanęło więc na tem, że miss Grant i brat jej Robert czekać będą w Malcolm-Castle powrotu lorda Glenarvan.