Cudowna wyspa. LÎle hélice - Jules Verne

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L'Île a hélice

Premi?re partie

 

 

I. Le Quatuor Concertant

 

 

Lorsqu'un voyage commence mal, il est rare qu'il finisse bien. Tout au moins, est-ce une opinion qu'auraient le droit de soutenir quatre instrumentistes, dont les instruments gisent sur le sol. En effet, le coach, dans lequel ils avaient d? prendre place a la derni?re station du rail-road, vient de verser brusquement contre le talus de la route. 

"Personne de blessé?... demande le premier, qui s'est lestement redressé sur ses jambes. 

- J'en suis quitte pour une égratignure! répond le second, en essuyant sa joue zébrée par un éclat de verre. 

- Moi pour une écorchure!" réplique le troisi?me, dont le mollet perd quelques gouttes de sang. Tout cela peu grave, en somme. "Et mon violoncelle?... s'écrie le quatri?me. Pourvu qu'il ne soit rien arrivé a mon violoncelle!" 

Par bonheur, les étuis sont intacts. Ni le violoncelle, ni les deux violons, ni l'alto, n'ont souffert du choc, et c'est a peine s'il sera nécessaire de les remettre au diapason. Des instruments de bonne marque, n'est-il pas vrai? 

"Maudit chemin de fer qui nous a laissés en détresse a moitié route!... reprend l'un. 

- Maudite voiture qui nous a chavirés en pleine campagne déserte!... riposte l'autre. 

- Juste au moment o? la nuit commence a se faire!... ajoute le troisi?me. 

- Heureusement, notre concert n'est annoncé que pour apr?s-demain!" observe le quatri?me. 

Puis, diverses réparties cocasses de s'échanger entre ces artistes, qui ont pris gaiement leur mésaventure. Et l'un d'eux, suivant une habitude invétérée, empruntant ses calembredaines aux locutions de la musique, de dire: 

"En attendant, voila notre coach mi sur le do! 

- Pinchinat! crie l'un de ses compagnons. 

- Et mon opinion, continue Pinchinat, c'est qu'il y a un peu trop d'accidents a la clef! 

- Te tairas-tu?... 

- Et que nous ferons bien de transposer nos morceaux dans un autre coach!" ose ajouter Pinchinat. Oui! un peu trop d'accidents, en effet, ainsi que le lecteur ne va pas tarder a l'apprendre. 

Tous ces propos ont été tenus en français. Mais ils auraient pu l'?tre en anglais, car ce quatuor parle la langue de Walter Scott et de Cooper comme sa propre langue, grâce a de nombreuses pérégrinations au milieu des pays d'origine anglo-saxonne. Aussi est-ce en cette langue qu'ils viennent interpeller le conducteur du coach. 

Le brave homme a le plus souffert, ayant été précipité de son si?ge a l'instant o? s'est brisé l'essieu de l'avant-train. Toutefois, cela se réduit a diverses contusions moins graves que douloureuses. Il ne peut marcher cependant par suite d'une foulure. De la, nécessité de lui trouver quelque mode de transport jusqu'au prochain village. 

C'est miracle, en vérité, que l'accident n'ait provoqué mort d'homme. La route sinue a travers une contrée montagneuse, rasant des précipices profonds, bordée en maints endroits de torrents tumultueux, coupée de gués malaisément praticables Si l'avant- train se f?t rompu quelques pas en aval, nul doute que le véhicule e?t roulé sur les roches de ces abîmes, et peut-?tre personne n'aurait-il survécu a la catastrophe. 

Quoi qu'il en soit, le coach est hors d'usage. Un des deux chevaux, dont la t?te a heurté une pierre aiguë, râle sur le sol. L'autre est assez gri?vement blessé a la hanche. Donc, plus de voiture et plus d'attelage. 

En somme, la mauvaise chance ne les aura gu?re épargnés, ces quatre artistes, sur les territoires de la Basse-Californie. Deux accidents en vingt-quatre heures... et, a moins qu'on ne soit philosophe... 

A cette époque, San-Francisco, la capitale de l'État, est en communication directe par voie ferrée avec San-Diégo, située presque a la fronti?re de la vieille province californienne. C'est vers cette importante ville, o? ils doivent donner le surlendemain un concert tr?s annoncé et tr?s attendu, que se dirigeaient les quatre voyageurs. Parti la veille de San-Francisco, le train n'était gu?re qu'a une cinquantaine de milles de San-Diégo, lorsqu'un premier contretemps s'est produit. 

Oui, contretemps! comme le dit le plus jovial de la troupe, et l'on voudra bien tolérer cette expression de la part d'un ancien lauréat de solf?ge. 

Et s'il y a eu une halte forcée a la station de Paschal, c'est que la voie avait été emportée par une crue soudaine sur une longueur de trois a quatre milles. Impossible d'aller reprendre le rail- road a deux milles au dela, le transbordement n'ayant pas encore été organisé, car l'accident ne datait que de quelques heures. 

Il a fallu choisir: ou attendre que la voie f?t redevenue praticable, ou prendre, a la prochaine bourgade, une voiture quelconque pour San-Diégo. 

C'est a cette derni?re solution que s'est arr?té le quatuor. Dans un village voisin, on a découvert une sorte de vieux landau sonnant la ferraille, mangé des mites, pas du tout confortable. On a fait prix avec le louager, on a amorcé le conducteur par la promesse d'un bon pourboire, on est parti avec les instruments sans les bagages. Il était environ deux heures de l'apr?s-midi, et, jusqu'a sept heures du soir, le voyage s'est accompli sans trop de difficultés ni trop de fatigues. Mais voici qu'un deuxi?me contretemps vient de se produire: versement du coach, et si malencontreux qu'il est impossible de se servir dudit coach pour continuer la route. 

Et le quatuor se trouve a une bonne vingtaine de milles de San-Diégo! 

Aussi, pourquoi quatre musiciens, Français de nationalité, et, qui plus est, Parisiens de naissance, se sont-ils aventurés a travers ces régions invraisemblables de la Basse-Californie? 

Pourquoi?... Nous allons le dire sommairement, et peindre de quelques traits les quatre virtuoses que le hasard, ce fantaisiste distributeur de rôles, allait introduire parmi les personnages de cette extraordinaire histoire. 

Dans le cours de cette année-la, - nous ne saurions la préciser a trente ans pr?s, - les États-Unis d'Amérique ont doublé le nombre des étoiles du pavillon fédératif. Ils sont dans l'entier épanouissement de leur puissance industrielle et commerciale, apr?s s'?tre annexé le Dominion of Canada jusqu'aux derni?res limites de la mer polaire, les provinces mexicaines, guatémaliennes, hondurassiennes, nicaraguiennes et costariciennes jusqu'au canal de Panama. En m?me temps, le sentiment de l'art s'est développé chez ces Yankees envahisseurs, et si leurs productions se limitent a un chiffre restreint dans le domaine du beau, si leur génie national se montre encore un peu rebelle en mati?re de peinture, de sculpture et de musique, du moins le go?t des belles oeuvres s'est-il universellement répandu chez eux. A force d'acheter au poids de l'or les tableaux des maîtres anciens et modernes pour composer des galeries privées ou publiques, a force d'engager a des prix formidables les artistes lyriques ou dramatiques de renom, les instrumentistes du plus haut talent, ils se sont infusé le sens des belles et nobles choses qui leur avait manqué si longtemps. 

En ce qui concerne la musique, c'est a l'audition des Meyerbeer, des Halévy, des Gounod, des Berlioz, des Wagner, des Verdi, des Massé, des Saint-Saëns, des Reyer, des Massenet, des Delibes, les cél?bres compositeurs de la seconde moitié du XIXe si?cle, que se sont d'abord passionnés les dilettanti du nouveau continent. Puis, peu a peu, ils sont venus a la compréhension de l'oeuvre plus pénétrante des Mozart, des Haydn, des Beethoven, remontant vers les sources de cet art sublime, qui s'épanchait a pleins bords au cours de XVIIIe si?cle. Apr?s les opéras, les drames lyriques, apr?s les drames lyriques, les symphonies, les sonates, les suites d'orchestre. Et, précisément, a l'heure o? nous parlons, la sonate fait fureur chez les divers États de l'Union. On la paierait volontiers a tant la note, vingt dollars la blanche, dix dollars la noire, cinq dollars la croche. 

C'est alors que, connaissant cet extr?me engouement, quatre instrumentistes de grande valeur eurent l'idée d'aller demander le succ?s et la fortune aux États-Unis d'Amérique. Quatre bons camarades, anciens él?ves du Conservatoire, tr?s connus a Paris, tr?s appréciés aux auditions de ce qu'on appelle "la musique de chambre", jusqu'alors peu répandue dans le Nord-Amérique. Avec quelle rare perfection, quel merveilleux ensemble, quel sentiment profond, ils interprétaient les oeuvres de Mozart, de Beethoven, de Mendelsohn, d'Haydn, de Chopin, écrites pour quatre instruments a cordes, un premier et un second violon, un alto, un violoncelle! Rien de bruyant, n'est-il pas vrai, rien qui dénotât le métier, mais quelle exécution irréprochable, quelle incomparable virtuosité! Le succ?s de ce quatuor est d'autant plus explicable qu'a cette époque on commençait a se fatiguer des formidables orchestres harmoniques et symphoniques. Que la musique ne soit qu'un ébranlement artistement combiné des ondes sonores, soit. Encore ne faut-il pas déchaîner ces ondes en temp?tes assourdissantes. 

Bref, nos quatre instrumentistes résolurent d'initier les Américains aux douces et ineffables jouissances de la musique de chambre. Ils partirent de conserve pour le nouveau monde, et, pendant ces deux derni?res années, les dilettanti yankees ne leur ménag?rent ni les hurrahs ni les dollars. Leurs matinées ou soirées musicales furent extr?mement suivies. Le Quatuor Concertant - ainsi les désignait-on, - pouvait a peine suffire aux invitations des riches particuliers. Sans lui, pas de f?te, pas de réunion, pas de raout, pas de five o'clock, pas de garden- partys m?me qui eussent mérité d'?tre signalés a l'attention publique. A cet engouement, ledit quatuor avait empoché de fortes sommes, lesquelles, si elles se fussent accumulées dans les coffres de la Banque de New-York, auraient constitué déja un joli capital. Mais pourquoi ne point l'avouer? Ils dépensent largement, nos Parisiens américanisés! Ils ne songent gu?re a thésauriser, ces princes de l'archet, ces rois des quatre cordes! Ils ont pris go?t a cette existence d'aventures, assurés de rencontrer partout et toujours bon accueil et bon profit, courant de New-York a San- Francisco, de Québec a la Nouvelle-Orléans, de la Nouvelle-Écosse au Texas, enfin quelque peu boh?mes, - de cette Boh?me de la jeunesse, qui est bien la plus ancienne, la plus charmante, la plus enviable, la plus aimée province de notre vieille France! 

Nous nous trompons fort, ou le moment est venu de les présenter individuellement et nommément a ceux de nos lecteurs qui n'ont jamais eu et n'auront m?me jamais le plaisir de les entendre. 

Yvern?s, - premier violon, - trente-deux ans, taille au-dessus de la moyenne, ayant eu l'esprit de rester maigre, cheveux blonds aux pointes bouclées, figure glabre, grands yeux noirs, mains longues, faites pour se développer démesurément sur la touche de son Guarnérius, attitude élégante, aimant a se draper dans un manteau de couleur sombre, se coiffant volontiers du chapeau de soie a haute forme, un peu poseur peut-?tre, et, a coup s?r, le plus insoucieux de la bande, le moins préoccupé des questions d'intér?t, prodigieusement artiste, enthousiaste admirateur des belles choses, un virtuose de grand talent et de grand avenir. 

Frascolin, - deuxi?me violon, - trente ans, petit avec une tendance a l'obésité, ce dont il enrage, brun de cheveux, brun de barbe, t?te forte, yeux noirs, nez long aux ailes mobiles et marqué de rouge a l'endroit o? portent les pinces de son lorgnon de myope a monture d'or dont il ne saurait se passer, bon garçon, obligeant, serviable, acceptant les corvées pour en décharger ses compagnons, tenant la comptabilité du quatuor, pr?chant l'économie et n'étant jamais écouté, pas du tout envieux des succ?s de son camarade Yvern?s, n'ayant point l'ambition de s'élever jusqu'au pupitre du violon solo, excellent musicien d'ailleurs, - et alors rev?tu d'un ample cache-poussi?re par-dessus son costume de voyage. 

Pinchinat, - alto, que l'on traite généralement de "Son Altesse", vingt-sept ans, le plus jeune de la troupe, le plus folâtre aussi, un de ces types incorrigibles qui restent gamins leur vie enti?re, t?te fine, yeux spirituels toujours en éveil, chevelure tirant sur le roux, moustaches en pointe, langue claquant entre ses dents blanches et acérées, indécrottable amateur de calembredaines et calembours, pr?t a l'attaque comme a la riposte, la cervelle en perpétuel emballement, ce qu'il attribue a la lecture des diverses clés d'ut qu'exige son instrument, - "un vrai trousseau de ménag?re", disait-il, - d'une bonne humeur inaltérable, se plaisant aux farces sans s'arr?ter aux désagréments qu'elles pouvaient attirer sur ses camarades, et, pour cela, maintes fois réprimandé, morigéné, "attrapé" par le chef du Quatuor Concertant. 

Car il y a un chef, le violoncelliste Sébastien Zorn, chef par son talent, chef aussi par son âge, - cinquante-cinq ans, petit, boulot, resté blond, les cheveux abondants et ramenés en accroche- coeurs sur les tempes, la moustache hérissée se perdant dans le fouillis des favoris qui finissent en pointes, le teint de brique cuite, les yeux luisant a travers les lentilles de ses lunettes qu'il double d'un lorgnon lorsqu'il déchiffre, les mains potelées, la droite, accoutumée aux mouvements ondulatoires de l'archet, ornée de grosses bagues a l'annulaire et au petit doigt. 

Nous pensons que ce léger crayon suffit a peindre l'homme et l'artiste. Mais ce n'est pas impunément que, pendant une quarantaine d'années, on a tenu une boîte sonore entre ses genoux. On s'en ressent toute sa vie, et le caract?re en est influencé. La plupart des violoncellistes sont loquaces et rageurs, ayant le verbe haut, la parole débordante, non sans esprit d'ailleurs. Et tel est bien Sébastien Zorn, auquel Yvern?s, Frascolin, Pinchinat ont tr?s volontiers abandonné la direction de leurs tournées musicales. Ils le laissent dire et faire, car il s'y entend. Habitués a ses façons impérieuses, ils en rient lorsqu'elles "dépassent la mesure", - ce qui est regrettable chez un exécutant, ainsi que le faisait observer cet irrespectueux Pinchinat. La composition des programmes, la direction des itinéraires, la correspondance avec les imprésarios, c'est a lui que sont dévolues ces occupations multiples qui permettent a son tempérament agressif de se manifester en mille circonstances. O? il n'intervenait pas, c'était dans la question des recettes, dans le maniement de la caisse sociale, confiée aux soins du deuxi?me violon et premier comptable, le minutieux et méticuleux Frascolin. 

Le quatuor est maintenant présenté, comme il l'e?t été sur le devant d'une estrade. On connaît les types, sinon tr?s originaux, du moins tr?s distincts qui le composent. Que le lecteur permette aux incidents de cette singuli?re histoire de se dérouler: il verra quelle figure sont appelés a y faire ces quatre Parisiens, lesquels, apr?s avoir recueilli tant de bravos a travers les États de la Confédération américaine, allaient ?tre transportés... Mais n'anticipons pas, "ne pressons pas le mouvement!" s'écrierait Son Altesse, et ayons patience. 

Les quatre Parisiens se trouvent donc, vers huit heures du soir, sur une route déserte de la Basse-Californie, pr?s des débris de leur "voiture versée" - musique de Boieldieu, a dit Pinchinat. Si Frascolin, Yvern?s et lui ont pris philosophiquement leur parti de l'aventure, si elle leur a m?me inspiré quelques plaisanteries de métier, on admettra que ce soit pour le chef du quatuor l'occasion de se livrer a un acc?s de col?re. Que voulez-vous? Le violoncelliste a le foie chaud, et, comme on dît, du sang sous les ongles. Aussi Yvern?s prétend-il qu'il descend de la lignée des Ajax et des Achille, ces deux illustres rageurs de l'antiquité. 

Pour ne point l'oublier, mentionnons que si Sébastien Zorn est bilieux, Yvern?s flegmatique, Frascolin paisible, Pinchinat d'une surabondante jovialité, - tous, excellents camarades, éprouvent les uns pour les autres une amitié de fr?res. Ils se sentent réunis par un lien que nulle discussion d'intér?t ou d'amour- propre n'aurait pu rompre, par une communauté de go?ts puisés a la m?me source. Leurs coeurs, comme ces instruments de bonne fabrication, tiennent toujours l'accord. 

Tandis que Sébastien Zorn peste, en palpant l'étui de son violoncelle pour s'assurer qu'il est sain et sauf, Frascolin s'approche du conducteur: 

"Eh bien, mon ami, lui demande-t-il, qu'allons-nous faire, s'il vous plaît? 

- Ce que l'on fait, répond l'homme, quand on n'a plus ni chevaux ni voiture... attendre... 

- Attendre qu'il en vienne! s'écrie Pinchinat. Et s'il n'en doit pas venir... 

- On en cherche, observe Frascolin, que son esprit pratique n'abandonne jamais. 

- O??... rugit Sébastien Zorn, qui se démenait fiévreusement sur la route. 

- O? il y en a! réplique le conducteur. 

- Hé! dites donc, l'homme au coach, reprend le violoncelliste d'une voix qui monte peu a peu vers les hauts registres, est-ce que c'est répondre, cela! Comment... voila un maladroit qui nous verse, brise sa voiture, estropie son attelage, et il se contente de dire: "Tirez-vous dela comme vous pourrez!..." 

Entraîné par sa loquacité naturelle, Sébastien Zorn commence a se répandre en une interminable série d'objurgations a tout le moins inutiles, lorsque Frascolin l'interrompt par ces mots: 

"Laisse-moi faire, mon vieux Zorn." Puis, s'adressant de nouveau au conducteur: "O? sommes-nous, mon ami?... 

- A cinq milles de Freschal. 

- Une station de railway?... 

- Non... un village pr?s de la côte. 

- Et y trouverons-nous une voiture?... 

- Une voiture... point... peut-?tre une charrette... 

- Une charrette a boeufs, comme au temps des rois mérovingiens! s'écrie Pinchinat. 

- Qu'importe! dit Frascolin. 

- Eh! reprend Sébastien Zorn, demande-lui plutôt s'il existe une auberge dans ce trou de Freschal... J'en ai assez de courir la nuit... 

- Mon ami, interroge Frascolin, y a-t-il une auberge quelconque a Freschal?... 

- Oui... l'auberge o? nous devions relayer. 

- Et pour rencontrer ce village, il n'y a qu'a suivre la grande route?... 

- Tout droit. 

- Partons! clame le violoncelliste. 

- Mais, ce brave homme, il serait cruel de l'abandonner la... en détresse, fait observer Pinchinat. Voyons, mon ami, ne pourriez-vous pas... en vous aidant... 

- Impossible! répond le conducteur. D'ailleurs, je préf?re rester ici... avec mon coach... Quand le jour sera revenu, je verrai a me sortir de la... 

- Une fois a Freschal, reprend Frascolin, nous pourrions vous envoyer du secours... 

- Oui... l'aubergiste me connaît bien, et il ne me laissera pas dans l'embarras... 

- Partons-nous?... s'écrie le violoncelliste, qui vient de redresser l'étui de son instrument. 

- A l'instant, réplique Pinchinat. Auparavant, un coup de main pour déposer notre conducteur le long du talus..." 

En effet, il convient de le tirer hors de la route, et, comme il ne peut se servir de ses jambes fort endommagées, Pinchinat et Frascolin le soul?vent, le transportent, l'adossent contre les racines d'un gros arbre dont les basses branches forment en retombant un berceau de verdure. 

"Partons-nous?... hurle Sébastien Zorn une troisi?me fois, apr?s avoir assujetti l'étui sur son dos, au moyen d'une double courroie disposée ad hoc. 

- Voila qui est fait," dit Frascolin. Puis, s'adressant a l'homme: "Ainsi, c'est bien entendu... l'aubergiste de Freschal vous enverra du secours... Jusque la, vous n'avez besoin de rien, n'est-ce pas, mon ami?... 

- Si... répond le conducteur, d'un bon coup de gin, s'il en reste dans vos gourdes." La gourde de Pinchinat est encore pleine, et Son Altesse en fait volontiers le sacrifice. "Avec cela, mon bonhomme, dit-il, vous n'aurez pas froid cette nuit... a l'intérieur!" Une derni?re objurgation du violoncelliste décide ses compagnons a se mettre en route. Il est heureux que leurs bagages soient dans le fourgon du train, au lieu d'avoir été chargés sur le coach. S'ils arrivent a San-Diégo avec quelque retard, du moins nos musiciens n'auront pas la peine de les transporter jusqu'au village de Freschal. C'est assez des boîtes a violon, et, surtout, c'est trop de l'étui a violoncelle. Il est vrai, un instrumentiste, digne de ce nom, ne se sépare jamais de son instrument, - pas plus qu'un soldat de ses armes ou un limaçon de sa coquille. 

 

 

II. Puissance d'une sonate cacophonique

 

 

D'aller la nuit, a pied, sur une route que l'on ne connaît pas, au sein d'une contrée presque déserte, o? les malfaiteurs sont généralement moins rares que les voyageurs, cela ne laisse pas d'?tre quelque peu inquiétant. Telle est la situation faite au quatuor. Les Français sont braves, c'est entendu, et ceux-ci le sont autant que possible. Mais, entre la bravoure et la témérité, il existe une limite que la saine raison ne doit pas franchir. Apr?s tout, si le rail-road n'avait pas rencontré une plaine inondée par les crues, si le coach n'avait pas versé a cinq milles de Freschal, nos instrumentistes n'auraient pas été dans l'obligation de s'aventurer nuitamment sur ce chemin suspect. Espérons, d'ailleurs, qu'il ne leur arrivera rien de fâcheux. 

Il est environ huit heures, lorsque Sébastien Zorn et ses compagnons prennent direction vers le littoral, suivant les indications du conducteur. N'ayant que des étuis a violon en cuir, légers et peu encombrants, les violonistes auraient eu mauvaise grâce a se plaindre. Aussi ne se plaignent-ils point, ni le sage Frascolin, ni le joyeux Pinchinat, ni l'idéaliste Yvern?s. Mais le violoncelliste avec sa boîte a violoncelle, - une sorte d'armoire attachée sur son dos! On comprend, étant donné son caract?re, qu'il trouve la mati?re a se mettre en rage. De la, grognements et geignements, qui s'exhalent sous la forme onomatopéique des ah! des oh! des ouf! 

L'obscurité est déja profonde. Des nuages épais chassent a travers l'espace, se trouant parfois d'étroites déchirures, parmi lesquelles apparaît une lune narquoise, presque dans son premier quartier. On ne sait trop pourquoi, sinon parce qu'il est hargneux, irritable, la blonde Phoebé n'a pas l'heur de plaire a Sébastien Zorn. Il lui montre le poing, criant: 

"Eh bien, que viens-tu faire la avec ton profil b?te!... Non! je ne sais rien de plus imbécile que cette esp?ce de tranche de melon pas m?r, qui se prom?ne la-haut! 

- Mieux vaudrait que la lune nous regardât de face, dit Frascolin. 

- Et pour quelle raison?... demande Pinchinat. 

- Parce que nous y verrions plus clair. 

- O chaste Diane, déclame Yvern?s, ô des nuits paisible courri?re, ô pâle satellite de la terre, ô l'adorée idole de l'adorable Endymion... 

- As-tu fini ta ballade? crie le violoncelliste. Quand ces premiers violons se mettent a démancher sur la chanterelle... 

- Allongeons le pas, dit Frascolin, ou nous risquons de coucher a la belle étoile... 

- S'il y en avait... et de manquer notre concert a San-Diégo! observe Pinchinat. 

- Une jolie idée, ma foi! s'écrie Sébastien Zorn, en secouant sa boîte qui rend un son plaintif. 

- Mais cette idée, mon vieux camaro, dit Pinchinat, elle vient de toi... 

- De moi?... 

- Sans doute! Que ne sommes-nous restés a San-Francisco, o? nous avions a charmer toute une collection d'oreilles californiennes! 

- Encore une fois, demande le violoncelliste, pourquoi sommes- nous partis?... 

- Parce que tu l'as voulu. 

- Eh bien, il faut avouer que j'ai eu la une inspiration déplorable, et si... 

- Ah!... mes amis! dit alors Yvern?s, en montrant de la main certain point du ciel, o? un mince rayon de lune ourle d'un liseré blanchâtre les bords d'un nuage. 

- Qu'y a-t-il, Yvern?s?... 

- Voyez si ce nuage ne se dessine pas en forme de dragon, les ailes déployées, une queue de paon tout oeillée des cent yeux d'Argus!" 

Il est probable que Sébastien Zorn ne poss?de pas cette puissance de vision centuplée, qui distinguait le gardien de la fille d'Inachus, car il n'aperçoit pas une profonde orni?re o? son pied s'engage malencontreusement. De la une chute sur le ventre, si bien qu'avec sa boîte au dos, il ressemble a quelque gros coléopt?re rampant a la surface du sol. 

Violente rage de l'instrumentiste, - et il y a de quoi rager, - puis objurgations a l'adresse du premier violon, en admiration devant son monstre aérien. "C'est la faute d'Yvern?s! affirme Sébastien Zorn. Si je n'avais pas voulu regarder son maudit dragon... 

- Ce n'est plus un dragon, c'est maintenant une amphore! Avec un sens imaginatif médiocrement développé, on peut la voir aux mains d'Hébé qui verse le nectar... 

- Prenons garde qu'il y ait beaucoup d'eau dans ce nectar, s'écrie Pinchinat, et que ta charmante déesse de la jeunesse nous arrose a pleines douches!" Ce serait la une complication, et il est vrai que le temps tourne a la pluie. Donc, la prudence commande de hâter la marche afin de chercher abri a Freschal. 

On rel?ve le violoncelliste, tout col?re, on le remet sur ses pieds, tout grognon. Le complaisant Frascolin offre de se charger de sa boite. Sébastien Zorn refuse d'abord d'y consentir... Se séparer de son instrument... un violoncelle de Gand et Bernardel, autant dire une moitié de lui-m?me... Mais il doit se rendre, et cette précieuse moitié passe sur le dos du serviable Frascolin, lequel confie son léger étui au susdit Zorn. 

La route est reprise. On va d'un bon pas pendant deux milles. Aucun incident a noter. Nuit qui se fait de plus en plus noire avec menaces de pluie. Quelques gouttes tombent, tr?s grosses, preuve qu'elles proviennent de nuages élevés et orageux. Mais l'amphore de la jolie Hébé d'Yvern?s ne s'épanche pas davantage, et nos quatre noctambules ont l'espoir d'arriver a Freschal dans un état de siccité parfaite. 

Restent toujours de minutieuses précautions a prendre afin d'éviter des chutes sur cette route obscure, profondément ravinée, se brisant parfois a des coudes brusques, bordée de larges anfractuosités, longeant de sombres précipices, ou l'on entend mugir la trompette des torrents. Avec sa disposition d'esprit, si Yvern?s trouve la situation poétique, Frascolin la trouve inquiétante. 

Il y a lieu de craindre également de certaines rencontres fâcheuses qui rendent assez problématique la sécurité des voyageurs sur ces chemins de la Basse-Californie. Le quatuor n'a pour toute arme que les archets de trois violons et d'un violoncelle, et cela peut paraître insuffisant en un pays o? furent inventés les revolvers Colt, extraordinairement perfectionnés a cette époque. Si Sébastien Zorn et ses camarades eussent été Américains, ils se fussent munis d'un de ces engins de poche engainé dans un gousset spécial du pantalon. Rien que pour aller en rail-road de San-Francisco a San-Diégo, un véritable Yankee ne se serait pas mis en voyage sans emporter ce viatique a six coups. Mais des Français ne l'avaient point jugé nécessaire. Ajoutons m?me qu'ils n'y ont pas songé, et peut-?tre auront-ils a s'en repentir. 

Pinchinat marche en t?te, fouillant du regard les talus de la route. Lorsqu'elle est tr?s encaissée a droite et a gauche, il y a moins a redouter d'?tre surpris par une agression soudaine. Avec ses instincts de loustic, Son Altesse se sent des velléités de monter quelque mauvaise fumisterie a ses camarades, des envies b?tes de "leur faire peur", par exemple de s'arr?ter court, de murmurer d'une voix trémolante d'effroi: 

"Hein!... la-bas... qu'est-ce que je vois?... Tenons-nous pr?ts a tirer..." 

Mais, quand le chemin s'enfonce a travers une épaisse for?t, au milieu de ces mammoth-trees, ces séquoias hauts de cent cinquante pieds, ces géants végétaux des régions californiennes, la démangeaison de plaisanter lui passe. Dix hommes peuvent s'embusquer derri?re chacun de ces énormes troncs... Une vive lueur suivie d'une détonation s?che... le rapide sifflement d'une balle... ne va-t-on pas la voir... ne va-t-on pas l'entendre?... En de tels endroits, évidemment disposés pour une attaque nocturne, un guet-apens est tout indiqué. Si, par bonheur, on ne doit pas prendre contact avec les bandits, c'est que cet estimable type a totalement disparu de l'Ouest-Amérique, ou qu'il s'occupe alors d'opérations financi?res sur les marchés de l'ancien et du nouveau continent!... Quelle fin pour les arri?re-petits-fils des Karl Moor et des Jean Sbogar! A qui ces réflexions doivent-elles venir si ce n'est a Yvern?s? Décidément, - pense-t-il, - la pi?ce n'est pas digne du décor! 

Tout a coup Pinchinat reste immobile. 

Frascolin qui le suit en fait autant. 

Sébastien Zorn et Yvern?s les rejoignent aussitôt. 

"Qu'y a-t-il?... demande le deuxi?me violon. 

- J'ai cru voir..." répond l'alto. 

Et ce n'est point une plaisanterie de sa part. Tr?s réellement une forme vient de se mouvoir entre les arbres. 

"Humaine ou animale?... interroge Frascolin. 

- Je ne sais." 

Lequel e?t le mieux valu, personne ne se f?t hasardé a le dire. On regarde, en groupe serré, sans bouger, sans prononcer une parole. Par une éclaircie des nuages, les rayons lunaires baignent alors le dôme de cette obscure for?t et, a travers la ramure des séquoias, filtrent jusqu'au sol. Les dessous sont visibles sur un rayon d'une centaine de pas. Pinchinat n'a point été dupe d'une illusion. Trop grosse pour un homme, cette masse ne peut ?tre que celle d'un quadrup?de de forte taille. Quel quadrup?de?... Un fauve?... Un fauve a coup s?r... Mais quel fauve?... "Un plantigrade! dit Yvern?s. 

- Au diable l'animal, murmure Sébastien Zorn d'une voix basse mais impatientée, et par animal, c'est toi que j'entends, Yvern?s!... Ne peux-tu donc parler comme tout le monde?... Qu'est- ce que c'est que ça, un plantigrade? 

- Une b?te qui marche sur ses plantes! explique Pinchinat. 

- Un ours!" répond Frascolin. C'est un ours, en effet, un ours grand module. On ne rencontre ni lions, ni tigres, ni panth?res dans ces for?ts de la Basse-Californie. Les ours en sont les hôtes habituels, avec lesquels les rapports sont généralement désagréables. On ne s'étonnera pas que nos Parisiens aient, d'un commun accord, l'idée de céder la place a ce plantigrade. N'était- il pas chez lui, d'ailleurs... Aussi le groupe se resserre-t-il, marchant a reculons, de mani?re a faire face a la b?te, lentement, posément, sans avoir l'air de fuir. La b?te suit a petits pas, agitant ses pattes antérieures comme des bras de télégraphe, se balançant sur les hanches comme une manola a la promenade. Graduellement elle gagne du terrain, et ses démonstrations deviennent hostiles, - des cris rauques, un battement de mâchoires qui n'a rien de rassurant. "Si nous décampions, chacun de son côté?... propose Son Altesse. 

- N'en faisons rien! répond Frascolin. Il y en aurait un de nous qui serait rattrapé, et qui paierait pour les autres!" Cette imprudence ne fut pas commise, et il est évident qu'elle aurait pu avoir des conséquences fâcheuses. 

Le quatuor arrive ainsi, en faisceau, a la limite d'une clairi?re moins obscure. L'ours s'est rapproché - une dizaine de pas seulement. L'endroit lui paraît-il propice a une agression?... C'est probable, car ses hurlements redoublent, et il hâte sa marche. 

Recul précipité du groupe, et recommandations plus instantes du deuxi?me violon: 

"Du sang-froid... du sang-froid, mes amis!" 

La clairi?re est traversée, et l'on retrouve l'abri des arbres. Mais la, le danger n'est pas moins grand. En se défilant d'un tronc a un autre, l'animal peut bondir sans qu'il soit possible de prévenir son attaque, et c'est bien ce qu'il allait faire, lorsque ses terribles grognements cessent, son pas se ralentit... 

L'épaisse ombre vient de s'emplir d'une musique pénétrante, un largo expressif dans lequel l'âme d'un artiste se rév?le tout enti?re. 

C'est Yvern?s, qui, son violon tiré de l'étui, le fait vibrer sous la puissante caresse de l'archet. Une idée de génie! Et pourquoi des musiciens n'auraient-ils pas demandé leur salut a la musique? Est-ce que les pierres, mues par les accords d'Amphion, ne venaient pas d'elles-m?mes se ranger autour de Th?bes? Est-ce que les b?tes féroces, apprivoisées par ses inspirations lyriques, n'accouraient pas aux genoux d'Orphée? Eh bien, il faut croire que cet ours californien, sous l'influence de prédispositions ataviques, est aussi artistement doué que ses congén?res de la Fable, car sa férocité s'éteint, ses instincts de mélomane le dominent, et a mesure que le quatuor recule en bon ordre, il le suit, laissant échapper de petits cris de dilettante. Pour un peu, il e?t crié: bravo!... 

Un quart d'heure plus tard, Sébastien Zorn et ses compagnons sont a la lisi?re du bois. Ils la franchissent, Yvern?s toujours violonnant... L'animal s'est arr?té. Il ne semble pas qu'il ait l'intention d'aller au dela. Il frappe ses grosses pattes l'une contre l'autre. Et alors Pinchinat lui aussi, saisit son instrument et s'écrie: "La danse des ours, et de l'entrain!" Puis, tandis que le premier violon racle a tous crins ce motif si connu en ton majeur, l'alto le soutient d'une basse aigre et fausse sur la médiante mineure... L'animal entre alors en danse, levant le pied droit, levant le pied gauche, se démenant, se contorsionnant, et il laisse le groupe s'éloigner sur la route. "Peuh! observe Pinchinat, ce n'était qu'un ours de cirque. 

- N'importe! répond Frascolin. Ce diable d'Yvern?s a eu la une fameuse idée! 

- Filons... allegretto, réplique le violoncelliste, et sans regarder derri?re soi!" Il est environ neuf heures, lorsque les quatre disciples d'Apollon arrivent sains et saufs a Freschal. Ils ont marché d'un fameux pas pendant cette derni?re étape, bien que le plantigrade ne soit plus a leurs trousses. Une quarantaine de maisons, ou mieux de maisonnettes en bois, autour d'une place plantée de h?tres, voila Freschal, village isolé que deux milles séparent de la côte. Nos artistes se glissent entre quelques habitations ombragées de grands arbres, débouchent sur une place, entrevoient au fond le modeste clocher d'une modeste église, se forment en rond, comme s'ils allaient exécuter un morceau de circonstance, et s'immobilisent en cet endroit, avec l'intention d'y conférer. 

"Ça! un village?... dit Pinchinat. 

- Tu ne t'attendais pas a trouver une cité dans le genre de Philadelphie ou de New-York? réplique Frascolin. 

- Mais il est couché, votre village! riposte Sébastien Zorn, en haussant les épaules. 

- Ne réveillons pas un village qui dort! soupire mélodieusement Yvern?s. 

- Réveillons-le, au contraire!" s'écrie Pinchinat. En effet, - a moins de vouloir passer la nuit en plein air, il faut bien en venir a ce procédé. Du reste, place absolument déserte, silence complet. Pas un contrevent entr'ouvert, pas une lumi?re aux fen?tres. Le palais de la Belle au bois dormant aurait pu s'élever la dans des conditions de tout repos et de toute tranquillité. 

"Eh bien... et l'auberge?..." demande Frascolin. 

Oui... l'auberge dont le conducteur avait parlé, o? ses voyageurs en détresse doivent rencontrer bon accueil et bon gîte?... Et l'aubergiste qui s'empresserait d'envoyer du secours a l'infortuné coach-man?... Est-ce que ce pauvre homme a r?vé ces choses?... Ou, - autre hypoth?se, - Sébastien Zorn et sa troupe se sont-ils égarés?... N'est-ce point ici le village de Freschal?... 

Ces questions diverses exigent une réponse péremptoire. Donc, nécessité d'interroger un des habitants du pays, et, pour ce faire, de frapper a la porte d'une des maisonnettes, - a celle de l'auberge, autant que possible, si une heureuse chance permet de la découvrir. 

Voici donc les quatre musiciens opérant une reconnaissance autour de la ténébreuse place, frôlant les façades, essayant d'apercevoir une enseigne pendue a quelque devanture... D'auberge, il n'y a pas apparence. 

Eh bien, a défaut d'auberge, il n'est pas admissible qu'il n'y ait point la quelque case hospitali?re, et comme on n'est pas en Écosse, on agira a l'américaine. Quel est le natif de Freschal qui refuserait un et m?me deux dollars par personne pour un souper et un lit? 

"Frappons, dit Frascolin. 

- En mesure, ajoute Pinchinat, et a six-huit!" On e?t frappé a trois ou a quatre temps, que le résultat aurait été identique. Aucune porte, aucune fen?tre ne s'ouvre, et, cependant, le Quatuor Concertant a mis une douzaine de maisons en demeure de lui répondre. 

"Nous nous sommes trompés, déclare Yvern?s... Ce n'est pas un village, c'est un cimeti?re, o?, si l'on y dort, c'est de l'éternel sommeil... Vox clamantis in deserto. 

- Amen!..." répond Son Altesse avec la grosse voix d'un chantre de cathédrale. Que faire, puisqu'on s'obstine a ce silence complet? Continuer sa route vers San-Diégo?... On cr?ve de faim et de fatigue, c'est le mot... Et puis, quel chemin suivre, sans guide, au milieu de cette obscure nuit?... Essayer d'atteindre un autre village!... Lequel?... A s'en rapporter au coachman, il n'en existe aucun sur cette partie du littoral... On ne ferait que s'égarer davantage... Le mieux est d'attendre le jour!... Pourtant, de passer une demi-douzaine d'heures sans abri, sous un ciel qui se chargeait de gros nuages bas, menaçant de se résoudre en averses, cela n'est pas a proposer - m?me a des artistes. Pinchinat eut alors une idée. Ses idées ne sont pas toujours excellentes, mais elles abondent en son cerveau. Celle-ci, d'ailleurs obtient l'approbation du sage Frascolin. 

"Mes amis, dit-il, pourquoi ce qui nous a réussi vis-a-vis d'un ours ne nous réussirait-il pas vis-a-vis d'un village californien?... Nous avons apprivoisé ce plantigrade avec un peu de musique... Réveillons ces ruraux par un vigoureux concert, o? nous n'épargnerons ni les forte ni les allegro... 

- C'est a tenter," répond Frascolin. Sébastien Zorn n'a m?me pas laissé finir la phrase de Pinchinat. Son violoncelle retiré de l'étui et dressé sur sa pointe d'acier, debout, puisqu'il n'a pas de si?ge a sa disposition, l'archet a la main, il est pr?t a extraire toutes les voix emmagasinées dans cette carcasse sonore. Presque aussitôt, ses camarades sont pr?ts a le suivre jusqu'aux derni?res limites de l'art. 

"Le quatuor en si bémol d'Onslow, dit-il. Allons... Une mesure pour rien!" 

Ce quatuor d'Onslow, ils le savaient par coeur, et de bons instrumentistes n'ont certes pas besoin d'y voir clair pour promener leurs doigts habiles sur la touche d'un violoncelle, de deux violons et d'un alto. 

Les voici donc qui s'abandonnent a leur inspiration. Jamais peut- ?tre ils n'ont joué avec plus de talent et plus d'âme dans les casinos et sur les théâtres de la Confédération américaine. L'espace s'emplit d'une sublime harmonie, et, a moins d'?tre sourds, comment des ?tres humains pourraient-ils résister? E?t-on été dans un cimeti?re, ainsi que l'a prétendu Yvern?s, que, sous le charme de cette musique, les tombes se fussent entr'ouvertes, les morts se seraient redressés, les squelettes auraient battu des mains... 

Et cependant les maisons restent closes, les dormeurs ne s'éveillent pas. Le morceau s'ach?ve dans les éclats de son puissant final, sans que Freschal ait donné signe d'existence. 

"Ah! c'est comme cela! s'écrie Sébastien Zorn, au comble de la fureur. Il faut un charivari, comme a leurs ours, pour leurs oreilles de sauvages?... Soit! recommençons, mais toi, Yvern?s, joue en ré, toi, Frascolin, en mi, toi, Pinchinat, en sol. Moi, je reste en si bémol, et, maintenant, a tour de bras!" 

Quelle cacophonie! Quel déchirement des tympans! Voila qui rappelle bien cet orchestre improvisé, dirigé par le prince de Joinville, dans un village inconnu d'une région brésilienne! C'est a croire que l'on exécute sur des "vinaigrius" quelque horrible symphonie, - du Wagner joué a rebours!... 

En somme, l'idée de Pinchinat est excellente. Ce qu'une admirable exécution n'a pu obtenir, c'est ce charivari qui l'obtient. Freschal commence a s'éveiller. Des vitres s'allument ça et la. Deux ou trois fen?tres s'éclairent. Les habitants du village ne sont pas morts, puisqu'ils donnent signe d'existence. Ils ne sont pas sourds, puisqu'ils entendent et écoutent... 

"On va nous jeter des pommes! dit Pinchinat, pendant une pause, car, a défaut de la tonalité du morceau, la mesure a été respectée scrupuleusement. 

- Eh! tant mieux... nous les mangerons!" répond le pratique Frascolin. Et, au commandement de Sébastien Zorn, le concert reprend de plus belle. Puis, lorsqu'il s'est terminé par un vigoureux accord parfait en quatre tons différents, les artistes s'arr?tent. Non! ce ne sont pas des pommes qu'on leur jette a travers vingt ou trente fen?tres béantes, ce sont des applaudissements, des hurrahs, des hips! hips! hips! Jamais les oreilles freschaliennes ne se sont emplies de telles jouissances musicales! Et, nul doute que toutes les maisons ne soient pr?tes a recevoir hospitali?rement de si incomparables virtuoses. 

Mais, tandis qu'ils se livraient a cette fougue instrumentale, un nouveau spectateur s'est avancé de quelques pas, sans qu'ils l'aient vu venir. Ce personnage, descendu d'une sorte de char a bancs électrique, se tient a un angle de la place. C'est un homme de haute taille et d'assez forte corpulence, autant qu'on en pouvait juger par cette nuit sombre. 

Or, tandis que nos Parisiens se demandent si, apr?s les fen?tres, les portes des maisons vont s'ouvrir pour les recevoir, - ce qui parait au moins fort incertain, - le nouvel arrivé s'approche, et, en parfaite langue française, dit d'un ton aimable: 

"Je suis un dilettante, messieurs, et je viens d'avoir la bonne fortune de vous applaudir... 

- Pendant notre dernier morceau?... réplique d'un ton ironique Pinchinat. 

- Non, Messieurs... pendant le premier, et j'ai rarement entendu exécuter avec plus de talent ce quatuor d'Onslow!" Ledit personnage est un connaisseur, a n'en pas douter. 

"Monsieur, répond Sébastien Zorn au nom de ses camarades, nous sommes tr?s sensibles a vos compliments... Si notre second morceau a déchiré vos oreilles, c'est que... 

- Monsieur, répond l'inconnu, en interrompant une phrase qui e?t été longue, je n'ai jamais entendu jouer si faux avec tant de perfection. Mais j'ai compris pourquoi vous agissiez de la sorte. C'était pour réveiller ces braves habitants de Freschal, qui se sont déja rendormis... Eh bien, messieurs, ce que vous tentiez d'obtenir d'eux par ce moyen désespéré, permettez-moi de vous l'offrir... 

- L'hospitalité?... demande Frascolin. 

- Oui, l'hospitalité, une hospitalité ultra-écossaise. Si je ne me trompe, j'ai devant moi ce Quatuor Concertant, renommé dans toute notre superbe Amérique, qui ne lui a pas marchandé son enthousiasme... 

- Monsieur, croit devoir dire Frascolin, nous sommes vraiment flattés... Et... cette hospitalité, o? pourrions-nous la trouver, grâce a vous?... 

- A deux milles d'ici. 

- Dans un autre village?... 

- Non... dans une ville. 

- Une ville importante?... 

- Assurément. 

- Permettez, observe Pinchinat, on nous a dit qu'il n'y avait aucune ville avant San-Diégo... 

- C'est une erreur... que je ne saurais m'expliquer. 

- Une erreur?... rép?te Frascolin. 

- Oui, messieurs, et, si vous voulez m'accompagner, je vous promets l'accueil auquel ont droit des artistes de votre valeur. 

- Je suis d'avis d'accepter... dit Yvern?s. 

- Et je partage ton avis, affirme Pinchinat. 

- Un instant... un instant, s'écrie Sébastien Zorn, et n'allons pas plus vite que le chef d'orchestre! 

- Ce qui signifie?... demande l'Américain. 

- Que nous sommes attendus a San-Diégo, répond Frascolin. 

- A San-Diégo, ajoute le violoncelliste, o? la ville nous a engagés pour une série de matinées musicales, dont la premi?re doit avoir lieu apr?s-demain dimanche... 

- Ah!" réplique le personnage, d'un ton qui dénote une assez vive contrariété. Puis, reprenant: "Qu'a cela ne tienne, messieurs, ajoute-t-il. En une journée, vous aurez le temps de visiter une cité qui en vaut la peine, et je m'engage a vous faire reconduire a la prochaine station, de mani?re que vous puissiez ?tre a San- Diégo a l'heure voulue!" 

Ma foi, l'offre est séduisante, et aussi la bien venue. Voila le quatuor assuré de trouver une bonne chambre dans un bon hôtel, - sans parler des égards que leur garantit cet obligeant personnage. 

"Acceptez-vous, messieurs?... 

- Nous acceptons, répond Sébastien Zorn, que la faim et la fatigue disposent a favorablement accueillir une invitation de ce genre. 

- C'est entendu, réplique l'Américain. Nous allons partir a l'instant... En vingt minutes nous serons arrivés, et vous me remercierez, j'en suis s?r!" 

Il va sans dire qu'a la suite des derniers hurrahs provoqués par le concert charivarique, les fen?tres des maisons se sont refermées. Ses lumi?res éteintes, le village de Freschal est replongé dans un profond sommeil. 

L'Américain et les quatre artistes rejoignent le char a bancs, y déposent leurs instruments, se placent a l'arri?re, tandis que l'Américain s'installe sur le devant, pr?s du conducteur- mécanicien. Un levier est manoeuvré, les accumulateurs électriques fonctionnent, le véhicule s'ébranle, et il ne tarde pas a prendre une rapide allure, en se dirigeant vers l'ouest. 

Un quart d'heure apr?s, une vaste lueur blanchâtre apparaît, une éblouissante diffusion de rayons lunaires. La est une ville, dont nos Parisiens n'auraient pu soupçonner l'existence. 

Le char a bancs s'arr?te alors, et Frascolin de dire: "Enfin nous voici sur le littoral." 

- Le littoral... non, répondit l'Américain. C'est un cours d'eau que nous avons a traverser... 

- Et comment?... demande Pinchinat. 

- Au moyen de ce bac dans lequel le char a bancs va prendre place." En effet, il y a la un de ces ferry-boats, si nombreux aux États-Unis, et sur lequel s'embarque le char a bancs avec ses passagers. Sans doute, ce ferry-boat est m? électriquement, car il ne projette aucune vapeur, et en deux minutes, au dela du cours d'eau, il vient accoster le quai d'une darse au fond d'un port. Le char a bancs reprend sa route a travers les allées d'une campagne, il pén?tre dans un parc, au-dessus duquel des appareils aériens versent une lumi?re intense. A la grille de ce parc s'ouvre une porte, qui donne acc?s sur une large et longue rue pavée de dalles sonores. Cinq minutes plus tard, les artistes descendent au bas du perron d'un confortable hôtel, o? ils sont reçus avec un empressement de bon augure, grâce a un mot dit par l'Américain. On les conduit aussitôt devant une table servie avec luxe, et ils soupent de bon appétit, qu'on veuille bien le croire. Le repas achevé, le majordome les m?ne a une chambre spacieuse, éclairée de lampes a incandescence, que des interrupteurs permettront de transformer en douces veilleuses. La, enfin, remettant au lendemain l'explication de ces merveilles, ils s'endorment dans les quatre lits disposés aux quatre angles de la chambre, et ronflent avec cet ensemble extraordinaire qui a fait la renommée du Quatuor Concertant.

Cudowna wyspa

Część pierwsza

 

 

I. Koncertujący kwartet.

 

 

"Źle rozpoczęta podróż rzadko kiedy kończy się dobrze." Zdanie to z wielką słusznością mogłoby powtórzyć w tej chwili czterech artystów leżących wraz ze swymi instrumentami w bliskości przewróconego powozu, do którego wsiedli na ostatniej stacyi kolei żelaznej. 

- Czy nikt nie jest ranny?... - pyta z niepokojem ten, który się pierwszy podniósł. 

- U mnie lekkie draśnięcie kawałkiem szkła z rozpryśniętej szyby - odpowiada drugi, obcierając zakrwawiony policzek. 

- Ja mam zdartą skórę na nodze - mówi trzeci i równocześnie opatruje sobie ranę. 

- Moja wiolonczela! moja wiolonczela! - woła wreszcie czwarty - oby tylko nic złego nie stało się mojej wiolonczeli! 

Szczęśliwym wypadkiem pudła są nienaruszone, a cenne instrumenta trzeba będzie prawdopodobnie na nowo tylko nastroić. 

- Przeklęta ta kolej żelazna, która nas w połowie drogi w tak fatalnem zostawiła położeniu! - odzywa się jeden z podróżnych. 

- I przeklęty ten powóz, który się wywrócił na pustej drodze, daleko od mieszkań ludzkich - odpowiada drugi. 

- I to jeszcze w chwili, gdy noc zapada - dorzuca trzeci. 

- Szczęście jeszcze, że nasz koncert zapowiedziany jest dopiero na pojutrze - robi uwagę czwarty. 

Po tych narzekaniach niebawem dobry humor artystów wziął górę nad fatalnością położenia, zaczęli nawet sobie wesoło żartować z całej tej nieszczęsnej przygody. Mówili między sobą po francuzku, odzywając się jedynie, choć zupełnie poprawnie, językiem Walter-Scotta i Coopera do woźnicy, który jak się okazało, najwięcej w całym tym wypadku ucierpiał, spadłszy z kozła w chwili, gdy się przednia oś u powozu złamała. Oprócz wywichnięcia nogi poniósł biedak ciężkie i bolesne obrażenia na całem ciele, to też i mowy być nie mogło, by sam bez pomocy podniósł się z ziemi. Za cud jednak rzeczywiście uważaćby należało, że przynajmniej nie było wypadku śmierci. Kamienista bowiem droga prowadziła przez górzystą okolicę, nie rzadko też po jednej lub drugiej stronie szumiał rączy potok, lub czerniały głębokie przepaście, i gdyby wypadek miał miejsce o kilkadziesiąt kroków dalej, wszystkich byłaby spotkała śmierć niechybna. 

Teraz jednak powóz jest nie do użycia, jeden z koni padając złamał nogę, drugi zaś złamanym dyszlem tak mocno pokaleczony, że niepodobna, by mógł pójść niezwłocznie w dalszą drogę; więc, ni pojazdu ni koni. Trzeba też prawdziwej fatalności, jakiej ulegli nasi artyści na terytoryum Niższej Kaliforni. Dwa wypadki w podróży w ciągu dwudziestu czterech godzin, to już wymaga zbyt wielkiej filozofii. 

W czasie, gdy się powieść nasza zaczyna, stolica państwa San-Francisco, miała już bezpośrednią komunikacyę z San-Diego, miastem położonem na samej granicy Kalifornii; tamto właśnie zdążali nasi podróżni, aby dać koncert zapowiedziany od dawna i z upragnieniem oczekiwany. Gdy wigilię dnia tego wsiedli do pociągu w San-Francisco, wszystko zdawało się najlepiej sprzyjać zamierzonej wycieczce, aż najniespodziewaniej, o jakie pięćdziesiąt mil od San-Diego, pociąg musiano zatrzymać, gdyż wskutek gwałtownej ulewy spadłej tejże nocy, nasypy kolejowe zostały tak uszkodzone,, iż komunikacya dalsza, aż do czasu naprawy, musiała być przerwaną. Podróżnym naszym pozostało tylko do wyboru, albo czekać, aż ruch pociągów w tę stronę znowu się rozpocznie, albo też nająć w najbliższem miasteczku jakikolwiek pojazd; za zgodą wszystkich wybrano to ostatnie. 

Po długich poszukiwaniach znaleziono wreszcie w sąsiedniej wiosce powóz w rodzaju starego landa; okucia jego rdza już mocno zniszczyła, a sukno wewnątrz mole całkiem zjadły; nie było to więc nic eleganckiego, ale też nie było wyboru. Ugodzono się z właścicielem co ceny wynajmu, woźnicę ujęto obietnicą sutego napiwku i zostawiając kufry i bagaże na kolei, czterej artyści umieścili się jak mogli najlepiej w starym wehikule, zabierając jedynie swe cenne instrumenta. Ruszyli tak w dalszą drogę o godzinie drugiej i aż do siódmej posuwali się raźno naprzód, gdy nagle spotkał ich drugi, fatalny wypadek, na wskutek którego przepadła możność dalszej jazdy, a do San-Diego jeszcze całe mil dwadzieścia! 

Dla czego jednak ci artyści są pochodzenia francuskiego, a co więcej są to urodzeni Paryżanie. Jakąż to dziwną igraszką losu, znaleźli się w nieznanych regionach Baja California? 

Dla czego?... Oto zwykła walka o byt pchnęła ich za oceany. W Europie, wybitniejszym nawet talentom trudno nieraz zdobyć sobie dostateczne utrzymanie, gdy tymczasem w Ameryce, wśród bogacących się coraz więcej Yankesów, poczęło się budzić w czasie, w którym miały miejsce opisywane wypadki t. j. około 20 lat temu, żywe zamiłowanie do sztuk pięknych, a przedewszystkiem do malarstwa i muzyki. Sprowadzano więc i płacono sumy wielkie za płótna mistrzów starych i nowych szkół Europy, artystów zaś uprawiających muzykę i śpiew, obsypywano oklaskami i złotem. Dopóki gust się nie wykształcił u tego ludu żyjącego dotychczas cyframi, przekładano nadewszystko głośną i szumną muzykę oper: Wagnera, Verdiego, Berlioza i innych; z biegiem jednak, poczęto gustować w głębokich i pełnych uczuć tonach Mozarta, Haydna i Bethowena, a jednocześnie muzyka sonat wprost zapalała powolnych i zimnych spekulantów. Wtenczas to właśnie czterech naszych artystów postanowiło zapoznać mieszkańców Ameryki, z nieporównaną w piękności spokojną i pełną elegancyi muzyką salonową. W rachunkach swych nie doznali zawodu, bo dotąd nie brakło im ani brzmiących oklasków, ani przyjemnie dźwięczących dolarów. Ich poranki lub wieczory muzykalne licznie były odwiedzane i "Kwartet koncertujący", jak ich powszechnie nazywano, zaledwie zdołał uczynić zadość licznym zamówieniom. Bez niego nie było uroczystości, rautu, lub zabaw urządzanych po parkach, choćby najświetniejszych, któreby zasługiwały na zanotowanie publiczne. Złoto też bogatej Kalifornii szerokim strumieniem płynęło do kieszeni smyczkowych wirtuozów, lecz niestety, nie zatrzymywało się tam długo, nie umieją bowiem oszczędzać ci książęta tonów, nie umieją ogólnie zbierać kapitałów ludzie oddani sztuce. Prowadząc życie cyganeryi artystycznej, w bezustannej podróży z Nowego Yorku do San-Francisco, z Quebecu do Nowego Orleanu, z Nowej Szkocyi do Texas, "Kwartet koncertujący" wydawał prawie wszystko, co im hojne ręce wielbicieli sztuki tak ochotnie rzucały. 

Zanim jednak rozpoczniemy opowiadanie o dalszych losach czterech naszych bohaterów, czas zapoznać czytelnika choćby z ogólnymi rysami ich powierzchowności i charakteru. 

Yvern?s, jest mężczyzną lat trzydziestu dwóch, wzrostu średniego, szczupły, włosy długie lekko falujące, koloru jasno blond, oczy ciemne, podłużne o melancholijnym spojrzeniu, postawa ogólnie elegancka choć widocznem jest w niej nieco pozowania, właściwego niektórym artystom; posiada talent mogący mieć nadzieję świetnej przyszłości, w kwartecie zajmuje też miejsce pierwszego skrzypka. 

Drugie skrzypce trzyma Francolin, lat trzydzieści, przy wzroście małym dość otyły; włosy i zarost ciemne, oczy czarne, dla bardzo krótkiego wzroku nosi stale pince-nez w złotej oprawie. Natury szczerej, wolnej od wszelkiej zazdrości i bezpodstawnej ambycyi, choć zresztą zdolny bardzo muzyk. Sprawuje poważny urząd kasyera towarzystwa, i w roli tej nawołuje stale do oszczędności, dotąd jednak bez pożądanego uznania i skutku. 

Ponchard, najmłodszy i najweselszy, przez kolegów żartobliwie "Ekscelencyą" tytułowany, gra pięknie na altówce; ma lat dwadzieścia siedm; przedstawia typ tych charakterów, które całe życie pozostają młode. Umysł to bystry, lubujący się w dowcipach, na których mu nigdy nie zbywa, gotowy zawsze do zaczepki i odporu. Oczy ma rozumne, włosy rudawo blond, wąsik starannie wykręcony. W żartobliwych swych rozmowach ma tę wielką zaletę, że nie obraża nigdy nikogo i z właściwą sobie uprzejmością przyjmuje uwagi zwierzchnika. 

Kwartet nasz bowiem złożył władzę najwyższą i decydującą w ręce najstarszego członka, skończonego wiolonczelisty, Sebastyana Vaillant; zasługuje on na to wyróżnienie zarówno swym talentem jako i wiekiem, ma już bowiem lat pięćdziesiąt pięć. Wzrostu średniego, włosów dotychczas blond, wolnych od siwizny, zczesywanych na czoło i skronie tak, że się łączą z bujnym zarostem twarzy; nosi stale binokle, z poza których widać bystre i rozumne spojrzenie. Rozmowny, gadatliwy nieledwie, umie jednak zachować przewagę nad swymi towarzyszami, którzy zgodnie przyjmują każdą jego decyzyę, dotyczącą czy wyjazdu, czy nowego programu koncertu. On też załatwia wszelkie korespondencye, wszelkie układy z impresaryami miejscowości, do których się udać mają; kwestyę tylko rachunków i kasy, mniej czując się do tego zdolnym, chętnie powierzył opiece drugiego skrzypka. 

Czterej ci artyści o temperamencie tak różnym, są jednak bratersko do siebie przywiązani, łączy ich bowiem nie tyle interes, ile wspólność upodobań czerpanych z tego samego źródła sztuki. Serca ich, jak doskonale nastrojone instrumenta zgadzają się zawsze. 

Dalszy przebieg tej scenicznej opowieści, dorzuci jeszcze niejeden rys do powyżej skreślonych sylwetek charakterów, które jeżeli nie są typami szczególnemi, przedstawiają jednak dość oryginalności, o tyle więcej zajmującej, że po hucznych oklaskach jakie obecnie grą swą wywołują, zostali przeniesieni... ale nie uprzedzajmy wypadków, nie przyśpieszajmy "tempa" jakby powiedział dowcipny Ponchard. 

Gdy więc nasi Paryżanie znaleźli się około ósmej godziny wieczorem na pustej drodze Niższej Kaliforni, wśród szczątków połamanego powozu i leżących na ziemi pokaleczonych koni, i gdy trzej młodzi poczęli brać całą tę przygodę z jej strony humorystycznej, Sebastyan Vaillant, jako starszy i dyrektor, pozostał chmurnym i widocznie mocno strapionym, trzymając w ręku swą wiolonczelę, którą już po wiele razy na wszystkie zbadał strony, chociaż nie była wcale uszkodzoną. 

- A więc przyjacielu, cóż teraz zrobimy? - zagadnął Francolin, do leżącego wciąż na ziemi woźnicy. 

- To, co się robić zwykło, gdy się niema ani koni ani powozu; trzeba czekać... 

- Czekać aż nadejdzie drugi pojazd, a jeżeli się go nie doczekamy? - zawołał Panchard. 

- To trzeba go poszukać - odrzuca Francolin, którego praktyczny zmysł nie opuszcza nigdy. 

- Szukać, ale gdzie? - gniewnie zapytał Sebastyan, drepcąc teraz niecierpliwie w około.

- Tam, gdzie się znajduje - flegmatycznie odpowiada woźnica. 

- Czy taką powinna być twoja odpowiedź, z wrastającem uniesieniem, zdradzającem się coraz wyższemi tonami głosu - zawołał Sebastyan. - Oto niedołęga, który wywraca powóz, łamie go, kaleczy konie i spokojnie jeszcze śmie mówić: Radźcie sobie jak możecie! 

Rozjątrzony dyrektor nie tak prędko byłby zamilkł, gdyby rozważny Francolin nie przerwał wzmagającego się potoku słów, spokojnem swem odezwaniem: 

- Pozwól mi działać, mój stary! a zwracając się do woźnicy, zapytał: Gdzież teraz jesteśmy, przyjacielu? 

- Zda mi się, o jakie pięć mil od Freschal. 

- Czy to jest miasto? 

- Nie, to tylko wioska nadbrzeżna. 

- A znajdziemy tam powóz i konie? 

- O powozie niema i mowy, conajwięcej możnaby tam wynająć wóz jaki... 

- Wóz zaprzężony w woły, jak za pięknych czasów panowania Merovingów - zawołał Ponchard. 

- Niech i tak będzie - rzekł z rezygnacyą Francolin. 

- Zapytaj go lepiej, czy w tej dziurze Freschal znajdziemy jaką oberżę, mam już bowiem dosyć tych awantur po nocy - wtrącił Sebastyan Vaillant. 

- A co przyjacielu, jestże tam jaka oberża? - pyta dalej niezmordowany Francolin. 

- A no, jest przecie ta, gdzie mieliśmy właśnie przeprządz konie. 

- I aby dostać się do tej wioski, czy wystarcza iść prosto tą oto drogą? 

- Najprościej w świecie... 

- A więc idźmy! - ponurym głosem zawołał wiolonczelista. 

- Zdaje mi się, że byłoby okrutnem opuścić tego biedaka na środku drogi; - robi uwagę Ponchard. - Sprobuj-no przyjacielu, czy nie mógłbyś z moją pomocą... 

- O, niepodobieństwem jest mi się ruszyć - z jękiem odpowiada woźnica, zresztą wolę już tu pozostać przy koniach i powozie; z brzaskiem dnia może i pomoc jaka nadejdzie... 

- Z Freschal postaramy ci się przysłać tu kogo. 

- Oberżysta tamtejszy zna mię dobrze i wiem, że nie zostawiłby mię w tak smutnem położeniu. 

- Chodźmy już, chodźmy! - woła niecierpliwie stary Vaillant, zakładając na plecy ogromne swe pudło z wiolonczelą. 

- Poczekaj jeszcze chwilę aż przeniesiemy tego biedaka choćby na przydrożną murawę, zawsze będzie mu tam trochę wygodniej. 

Szlachetnym zamiarom Poncharda żywo dopomogli koledzy, i po małej chwili nieszczęśliwy woźnica spoczywał na miękiej trawie, pod rozłożystem drzewem. 

- Zdaje się, że ci będzie tymczasem tak dogodniej - powiada na pożegnanie Francolin; - poczekać więc musisz, aż oberżysta z Freschal pomoc jaką nadeśle, tymczasem nie potrzebujesz już niczego, jak się zdaje... 

- Jeżeli łaska i jeżeli zostało jeszcze u pana cokolwiek w manierce, wdzięczny byłbym bardzo... 

- Manierka Poncharda jest jeszcze pełną, lecz "Jego Exscelencya" chętnie robi tę ofiarę. 

- No, sądzę, z ci z tem będzie ciepło, wewnątrz przynajmniej, - dorzuca żartobliwie, poczem na bezustanne nawoływania Vaillanta wszyscy czterej ruszają pieszo w dalszą drogę. Każdy z nich obciążony jest jedynie swym instrumentem, uważając za dobrą, choć tę okoliczność, że bagaże pozostały na stacyi kolei. Mniejsza z tem, że łatwo mogą nadejść w znacznem opóźnieniu, lecz cóżby zrobili, gdyby im przyszło dźwigać teraz ciężary takie aż do Freschal. Intrumenta muzyczne, to już co innego, żaden szanujący się artysta nie rozłącza się z nimi nigdy, podobnie jak żołnierz winien mieć zawsze broń przy sobie, albo jak ślimak niesie wszędzie swą skorupę. 

 

 

II. Potęga sonaty smyczkowej.

 

 

Podróż piesza w nocy, wśród nieznanej i pustej okolicy, gdzie nie jest osobliwością spotkać się ze złoczyńcami, może rzeczywiście obudzić i w najodważniejszym trochę niepokoju. Ogólnie Francuzom przyznać trzeba dużo odwagi, więc i naszym artystom nie zbywa na tym cennym przymiocie, to też mimo, że już noc zapada, odważnie podążają wskazaną przez woźnicę drogą. Lecz roztropny Francolin, jako i wesoły Ponchard i idealny Yvernes mają jedynie do niesienia skórzane pudła z lekkimi skrzypcami, gdy biedny dyrektor ze swą wielką wiolonczelą, którą z rezygnacyą zarzucił na plecy niezbyt wesoło jest usposobiony, a częste jego westchnienia i narzekania przerywają jedynie ciszę, jaka zapanowała chwilowo wśród podróżnych. Tymczasem mrok coraz gęstszy zapada, na niebie ukazują się czarne chmury poprzedzierane tu i owdzie błękitem nieba, skąd wygląda dość smutno nikły i wąski sierp księżyca. Widok jego niewiadomo z jakiej przyczyny drażniąco działa na biednego wiolonczelistę, który wyciąga ku niemu grożącą pięść, mówiąc: 

- Pocóżeś tu przyszedł ze swym bladym profilem!... Nie znam doprawdy nic głupszego na świecie nad ten okrawek niedojrzałego melona, który się przesuwa tam wysoko... 

- Rzeczywiście byłoby lepiej, gdyby księżyc zechciał się nam pokazać w całej swej pełni - robi uwagę Francolin. 

- A to dla czego? - pyta Ponchard. 

- Dla prostej przyczyny, że przy jego świetle widzielibyśmy lepiej wszystko w około.

- O piękna Diano, ideale wdzięczny uwielbianego Endymiona; o, nocy cicha, urocza!... - zadeklamował patetycznie Yvernes. 

- Dosyć już, dosyć tej poetycznej improwizacyi - woła wiolonczelista; doprawdy te "Pierwsze skrzypce" zanudzić mogą swemi poezyami... 

- Zdaje mi się, że trzeba przyspieszyć nieco kroku, inaczej całą noc spędzimy pod gołem niebem - robi uwagę Francolin. 

- I nie zdążymy stawić się na oznaczoną godzinę koncertu - żałośnie wtrąca Ponchard. 

- Prześliczne macie myśli, niema co mówić - głosem niezadowolenia odpowiada Sebastyan Vaillant. 

- Myśl ta pochodzi od ciebie samego, miły towarzyszu - odcina się Ponchard. 

- Odemnie?... jakim to sposobem? 

- Bezwątpienia! Bo dla czego nie pozostaliśmy w San Francisco, gdzie mieliśmy całą kolekcyę kalifornijczyków, gotowych zawsze słuchać naszej muzyki z najwyższem zachwytem. 

- Ale pytam raz jeszcze, dla czego wybraliśmy się w tę niefortunną podróż? 

- Bo tego chciałeś ty sam przecie... 

- Jeżeli tak, to przyznać muszę, że myśl podobna była jedną z najmniej udanych... i gdyby... 

- Ach, przyjacielu! - przerywa Yvernes, wskazując ręką chmurkę na niebie, której rąbek, jaśniejszy promień księżyca, malowniczo oświetlił. 

- Cóż tam znowu takiego mój Yvernesie. 

- Popatrzcie tylko, czy ta chmurka nie ma kształtów jakiegoś bajecznego smoka o rozpostartych skrzydłach i pawim ogonie, w którym błyszczą wszystkie setki ócz Argusa... 

Zdaje się, że natura nie obdarzyła dyrektora ową siłą wzroku, jaką się odznaczał legendowy potwór; biedak bowiem nie spostrzega głębokiej dziury przed sobą, nieostrożnie stawia w nią nogę, i wywraca się najfatalniej wraz z pudłem wiolonczeli na grzbiecie, tworząc na ziemi grupę dość komiczną, przypominającą nieco pełzającego żółwia w jego grubej skorupie. 

Sebastyan łatwo się irytujący wybuchnął teraz całym potokiem wymyślań skierowanych przeciwko poetycznemu skrzypkowi i jego uwielbieniu dla tego potwora, który błądzi gdzieś po przestworzach niebieskich. 

- To Yvernes winien temu - wołał z gniewem - gdybym nie był spojrzał na jego przeklętego smoka... 

- O, już go nie ma! Teraz widzę czarę o prześlicznych kształtach; tylko odrobinę imaginacyi, a dopatrzeć nawet można rękę nadobnej Hebe, gotowej nalać boskiego nektaru - deklamował pierwszy skrzypek, mało okazując troski dla leżącego na ziemi towarzysza. 

- Ostrożnie, aby nie było wiele wody w tej czarze i aby twa piękna bogini, nie uraczyła nas niepożądaną wcale ulewą - zawołał Panchard - bo doprawdy byłoby to niezbyt przyjemną rozrywką. Coś mi się jednak zdaje, że się bardzo na deszcz zbiera... wilgoć czuć już w powietrzu, nie traćmy więc czasu aby conajprędzej znaleźć schronienie pod jakim dachem w Freschal. 

Uprzejmi koledzy spieszą na ratunek nieposiadającemu się ze złości wiolonczeliście, pomagając mu stanąć na nogach, gdyż sam, z ogromnym swym instrumentem próżne, a komiczne robił ku temu wysiłki. Usłużny Francolin ofiaruje się nieść dalej jego wiolonczelę; Sebastyan zrazu nie przyjmuje tego dowodu życzliwości ze strony kolegi, bo jakże to zresztą rozłączyć się artyście ze swym ukochanym instrumentem, który jest przecie jakby połową jego samego; ustąpił jednak w końcu, i ta cenna jego połowa, przechodzi na plecy uczynnego Francolin'a, wzamian któremu biedny dyrektor niesie dalej lekkie skrzypce. Teraz już raźno spieszą naprzód, lecz przy coraz ciemniejszej nocy poczyna padać deszcz kroplisty; czara jednak pięknej Hebe Yvernes'a nie wylewa całej swej zawartości, więc podróżni mają nadzieję dostać się za godzin parę do Freschal zdrowo i sucho. Mimo tego ciągła baczność okazuje się konieczną, gdyż droga, którą podążają, nadzwyczaj jest nierówną, zawaloną kamieniami i pniami odwiecznych drzew; nierzadko też szumią w przepaściach tuż u jej brzegów głębokie, rwące strumienie. Yvernes ze swem poetycznem usposobieniem znajduje to położenie bardzo zajmującym, Francolin jednak przeciwnego jest zdania, tym więcej, że w takim miejscu, wśród ciemnej nocy nie trudno o spotkanie z jaką bandą złoczyńców, a oni nie mają nic do obrony, chyba jedynie smyczki od skrzypiec i wiolonczeli, która to broń zaiste i przeciw najsłabszemu nawet nieprzyjacielowi na zbyt byłaby kruchą. Nieostrożność taką popełnić mogli tylko Europejczycy; prawdziwy Yankes nie wybrałby się w podróż nawet koleją żelazną z San-Francisco do San-Diego bez zaopatrzenia się w doskonały kilkustrzałowy rewolwer. "Jego Excelencya" tymczasem nie traci fantazyi, a idąc naprzód i torując jakoby drogę reszcie towarzystwa, robi sobie od czasu do czasu przyjemność zaniepokojeniem kolegów, staje więc i drżącym, jakby z przestrachu, głosem mówi: 

- Tam, tam w dali spostrzegam coś niezwykłego, bądźmy gotowi do obrony, przyjaciele. 

Ale gdy droga zagłębiła się w gąszcz leśną, gdy nasi podróżni znaleźli się wśród odwiecznych, pod obłoki sięgających drzew, tych prawdziwych mamutów - olbrzymów świata roślinnego, gdzie każdy pień więcej dziesięciu ludzi gotowych do napaści podróżnego zakryć może, mimowolny lęk jakiś opanował nieszczęsnych artystów, zamilkł nawet żartobliwy Ponchard. 

Nagle "Jego Exelencya" staje nieruchomo. Francolin, który idzie tuż za nim, czyni to samo, więc dwaj pozostali zaniepokojeni zbliżają się szybszym krokiem i pytają: 

- Cóż tam nowego, czy widzicie kogo? 

- Może to tylko tak mi się zdawało - odpowiada cichym głosem "drugi skrzypek." 

Lecz nie jest to przywidzenie żadne, faktycznie bowiem postać postać jakaś poruszała się wśród drzew, widzą to teraz wszyscy. 

- Czy to postać ludzka, czy też zwierzęca - wypytuje dyrektor - jak ci się zdaje Francolin? 

W mroku nie mogę dojrzeć - odpowiada tenże. 

Trudnem byłoby jednak zadecydować biednym artystom jakie spotkanie mniejszą przejmowałoby ich obawą, bo zarówno zły człowiek, jak i zwierz dziki tylko im złe wyrządzić mogą. Stanęli tuż przy sobie, tworząc zbitą grupę, aby to bliskie sąsiedztwo dało im możność łatwiejszej obrony przed nieprzyjacielem. 

Tymczasem światło księżyca, przedzierające się przez chmury, rzuciło trochę światła na gąszcz leśną i ukazała się wyraźnie postać olbrzymia, którą już teraz w żaden sposób wziąć nie było można za człowieka. Tak, z pewnością było to zwierzę, ale jakie? Może drapieżne, na pewno drapieżne - myślał sobie każdy z tych biedaków bezbronnych. 

- Jest to, jak się zdaje, tegoczesny mamut - szepcze Yvernés. 

- Czy chcesz przez to powiedzieć - mówi Sebastyan głosem cichym, lecz mocno zirytowanym - nic ciebie nie rozumiem z twym tegoczesnym mamutem. 

- Jest to zwierzę, które od przedpotopowych mamutów pochodzenie swe wywodzi, a jest niem niedźwiedź - tłomaczy Yvernes, którego dobry humor i w tej nawet chwili nie opuścił. 

A tak, to niezawodnie będzie niedźwiedź - potwierdza Francolin. 

I rzeczywiście niezgrabne, kudłate kształty tego zwierzęcia, olbrzymiego gatunku, coraz wyraźniej zarysowują się przed oczami wylęknionych podróżnych. W lasach Niższej Kalifornii nie ma obawy spotkać się ze lwem, tygrysem lub panterą, z dzikich zwierząt żyją tam jedynie jeszcze niedźwiedzie. Jednak spotkanie z niemi nie można zaliczać do przyjemności, ktoż bo nie zna strasznych historyi, kreślących nam obraz rozpaczliwej walki człowieka z niedźwiedziem. To też nasi Paryżanie jednomyślnie chcą mu ustąpić z miejsca, uważając go z całą słusznością za pana tych pustych obszarów. Oby jednak ich odwrót nie przedstawił się zwierzęciu jako tchórzliwa ucieczka i tem go do napaści więcej nie ośmielił, cofają się powoli w tył, mając go tym sposobem zawsze na oku. 

Zwierzę również powoli, ale miarowym krokiem, idąc na tylnych łapach, podąża stale w ich kierunku; zbliża się już nawet o tyle, że wyraźnie słychać groźne jego mruczenie, przerywane od czasu do czasu szczękiem uderzających o siebie zębów. 

- Musi być głodny i podrażniony - zauważył cicho Ponchard. 

- A gdybyśmy się rozproszyli i każdy z osobna szukał bezpieczeństwa - radzi "Jego Exelencya." 

- Byłoby to szaleństwem, bo w takim razie jeden z nas stałby się na pewno łupem zwierzęcia, odpowiada Francolin. 

Trafność tej uwagi jest każdemu widoczną, więc w zbitej tak gromadce posuwają się dalej naprzód; niestety jednak idą tak powoli, że zwierzę ma już do nich zaledwie kroków kilkanaście. Jakżeż tu czekać dłużej na gwałtowny napad takiego siłacza, to też ten i ów myśli już o spiesznej ucieczce, gdy cichy, lecz pewny siebie głos "drugiego skrzypka", zatrzymuje ich jeszcze na miejscu. 

- Spokoju i zimnej krwi, przyjaciele! - mówi do nich. 

Nagle cisza leśna napełnia się przejmującym, głębokiem i pełnem uczucia "Largo", w którem dusza artysty odbija się cała. To Yvernes wyjąwszy z pudła swe skrzypce, każe im śpiewać pieśń pod zaklęciem czarownego swego smyczka. Myśl to prawdziwie genialna, bo i dla czego muzycy nie mieliby szukać ocalenia w sztuce, która jest ich siłą? Czyż kamienie poruszane śpiewem Amphiona, nie układały się same w gruby mur około zagrożonych Teb? Czyż dzikie zwierzęta oswojone lirycznem natchnieniem piewcy, nie leżały ciche i spokojne u nóg boskiego Orfeusza?... 

Lecz cóż to? i niedźwiedź ten kalifornijski zdaje się ulegać tym samym czarom, jakim się poddawały jego pobratymcy w bajecznych czasach historyi. 

Stopniowo bowiem rozdrażnienie, tak widoczne z początku ustępuje i chociaż za cofającym się powoli kwartetem zwierzę idzie dalej, groźne jego mruczenie zastąpiły teraz oznaki wielkiego zadowolenia, zda się, mało brakuje, by jak jaki meloman sztuki, nie dziękował hucznymi oklaskami za tak piękną muzykę. Jeszcze kwadrans drogi, a artyści nasi znajdują się już na skraju lasu, gdzie zatrzymują się chwilę, przy ciągle melodyjnie dźwięczących skrzypcach Yvernés'a; niedźwiedź tymczasem nie zdradza chęci do dalszego pościgu, przeciwnie, stojąc na tylnych łapach, przedniemi macha niezgrabnie, lecz miarowo, z taktem muzyki. Natenczas Ponchard dobywa także swój instrument z pudła i zcicha komenderuje. 

- Taniec niedźwiedzi! żwawo przyjaciele! 

W jednej chwili zahuczały znane dźwięki oryginalnej tej muzyki, powtarzanej wielokrotnie po wędrownych cyrkach. I rzecz dziwna, zaraz po przegrywce zwierze poczęło na niezgrabnych swych łapach obracać się, przechylać, słowem, najkomiczniejsze wyprawiać gesta, z czego korzystając podróżni, spiesznie podążyli w dalszą drogę. 

- Zaiste, śmieszne to, ale pewną zda mi się rzeczą, że nasz straszny napastnik, to tylko oswojony niedźwiedź z menażeryi. 

- Trzeba jednak przyznać, że Yvernes miał klasyczny pomysł z tą muzyką. 

- Uchodźmy teraz w tempie "alegretto" nie oglądając się poza siebie - radzi pierwszy skrzypek. 

Z wielką ochotą reszta towarzystwa przyjmuję tę myśl praktyczną, lecz mimo przyspieszonego kroku jest już godzina piąta, gdy dochodzą wreszcie do upragnionego celu tej nocnej wędrówki. Spostrzegają też od razu, że jest wioska dość nędzna, składająca się ze czterdziestu może drewnianych domów, rozstawionych w około placu, zacienionego staremi bukami; w głębi widnieje dzwonnica skromnego kościółka. Jest to więc jedna z owych nadbrzeżnych osad, spotykanych dość często w tym kraju. Strudzeni podróżni zatrzymują się wśród zabudowań pogrążonych w ciszy nocnej i naradzają się co dalej czynić im wypada. 

- I to ma być wieś! - mówi z niechęcią Ponchard. 

- Czy spodziewałeś się znaleźć tu coś w rodzaju Filadelfii albo Nowego-Yorku - sprzeciwia się Francolin. 

- Ależ ona śpi snem sprawiedliwych, ta wasza wioska! - mówi Sebastyan, wzruszając z niezadowoleniem szerokiemi ramionami. 

- Nie budźmy śpiącej wioski! - wzdycha melancholijnie Yvernés. 

- Przeciwnie, obudźmy ją co najprędzej! - woła rezolutnie Ponchard - inaczej bowiem możemy tak czekać głodni i zmęczeni aż do rana. Zdaje się, że zaklęty pałac "Śpiącej królewny' z bajki, mógłby stać tu najspokojniej, taka pustka i cisza w około, ani odrobiny światła w żadnem oknie, ani jedna ulica nie uchylona. 

- A oberża! gdzie ta oberża - pyta Francolin, rozglądając się w około. 

Tak, oberża, o której mówił woźnica, gdzie spodziewali się nieszczęśni znaleźć gościnny przytułek i ten oberżysta, który miał spieszną pomoc dać leżącemu tam na drodze z wywichniętą nogą, czy to wszystko było snem tylko, halucynacyą jakąś u tego biedaka? Albo może dyrektor i jego towarzysze zabłądzili w tych stronach obcych sobie zupełnie; może ta miejscowość nie jest wcale Freschal'em. Pytania te bez odpowiedzi tymczasem, tłoczyły się do myśli stojących dotąd nieruchomo podróżnych. Zrozumieli jednak prędko, że aby zasięgnąć wiadomości pewnych, trzeba rozmówić się choćby z jednym mieszkańcem wioski, trzeba więc stukać do drzwi i zbudzić kogo, a przedewszystkiem starać się odnaleźć zapowiedzianą oberżę. W tym celu każdy na swą rękę idzie obejrzeć zbliska wszystkie domki; niestety, żadnego śladu, ni znaku oberży! A więc w braku tejże trzeba się dostać do któregokolwiek prywatnego mieszkania, bo czy zresztą znalazłby się jaki krajowiec, któryby odmówił, w zamian za parę dolarów, trochę gorącego posiłku i wygodnego posłania? 

- Stukajmy w takt sześcio-ósemkowy! - radzi nigdy niestrudzony w swych dowcipach Ponchard. 

Lecz biedni artyści mogli wystukać wszystkie możliwe takty z równym rezultatem. Ani jedne drzwi, ani jedno okno nie uchyliło się nawet, mimo, że obeszli tak z dwanaście domów. 

- Omyliliśmy się - twierdzi Yvernes - to nie jest wieś, to musi być cmentarz, gdzie wszyscy śpią snem wiecznym. Vox clamantis in deserto. 

- Amen! - odpowiada "Jego Exelencya" poważnym głosem katedralnego śpiewaka. 

Lecz cóż teraz pozostaje wśród tej grobowej ciszy? Czy iść dalej do San-Diego, ależ wszyscy upadają już ze znużenia i głodu, - a następnie w jaką zwrócić się stronę bez przewodnika wśród nocy ciemnej... Czy szukać innej wsi? ale jeżeli można dać wiarę opowiadaniu woźnicy, niema żadnej innej osady w pobliżu, zresztą naraziliby się tylko na nowe zabłąkanie. Pozostaje jedynie czekać brzasku dnia, choć nie będzie to rzeczą łatwą, bo jeszcze kilka godzin do wschodu słońca, a ciężkie chmury pokrywające niebo, grożą lada chwila ulewnym deszczem. Przyznać trzeba, że taka ostateczność nie może być w guście najwięcej ekscentrycznego artysty. 

W tej chwili Ponchard objawia pomysł nowy; wprawdzie u niego o pomysły nie trudno, ma ich zawsze moc wielką w pogotowiu, ale tym razem projekt zyskuje od razu sankcyę nawet ze strony rozważnego zawsze Francolin'a. 

- Przyjaciele - mówi wesoły skrzypek - dla czego nie mielibyśmy spróbować i teraz sposobu, który nam tak świetne dał rezultaty wobec napastującego niedźwiedzia? Starajmy się obudzić wieśniaków potężnym koncertem, w którym nie pożałujemy ani "forte" ani "allegro"! 

- Można spróbować - odpowiada Francolin, zwracając się do Sebastyan Vaillant, jakby o potwierdzenie tego zdania, lecz ku wielkiemu zdziwieniu spostrzegł, że tenże ma już swą wiolonczelę przysposobioną do grania. Pospiesznie wszyscy poszli za przykładem dyrektora i stanęli gotowi naśladować go, aż do ostatnich granic sztuki. 

- Kwartet "si bemol Onslow'a"! - komenderuje wiolonczelista. 

Dobrze to znana muzyka naszym artystom, obejdą się bez nut, a jako doskonali mistrze i w ciemności umieją prowadzić smyczkiem po strunach swych instrumentów. Niebawem przestrzeń cicha i pusta napełniła się cudowną harmonią tonów. Rzecz dziwna, że nigdy dotąd nasz kwartet, choćby przed najliczniej zgromadzonymi słuchaczami, nie grał z taką werwą i z takiem uczuciem. Czyż jest ludzka istota zdolna oprzeć się urokowi tej pieśni? Gdyby to miejsce było rzeczywiście cmentarzem, jak to zauważył Yvernes, jeszcze bodaj szkielety, podniosłyby się z głębin ziemi, by bić brawo i dziękować za taką ucztę tonów. 

A jednak domy w Freschal pozostają zamknięte, mieszkańcy ich ani myślą dać jakikolwiek znak życia i w ciszy zupełnej rozbrzmiewa wspaniały finał kwartetu. 

- A więc to tak! - woła wściekły ze złości Sebastyan - wam, zda się, potrzeba jak waszym niedźwiedziom, hałaśliwych tylko dyssonansów! Rozpoczynajmy więc to samo raz jeszcze, ale ty Yvernesie graj z tonu re, a Ponchard nie bierze ton sol, ja pozostanę w si bemol. A teraz z całych sił!! 

Zabrzmiały znów struny instrumentów, łącząc się tym razem w dysharmonię okropną, rozdzierającą uszy. Zdawałoby się, że to jakaś symfonia Wagnera grana całkiem na odwrót. Czego jednak nie dokazała skończona w swem pięknie muzyka, to wywołały od razu te wstrętne fałszywe wrzaski. Wioska poczyna się budzić, kilka kobiet spiesznie i z widocznem zajęciem otwiera okna. Więc żyją tu ludzie zdolni słyszeć, a nawet słuchać?... 

- Zdaje się, że mają zamiar rzucić nam jabłek - mówi Ponchard w czasie przypadającej pauzy,.. bo mimo dyssonansów takt jest ściśle zachowany. 

- Tem lepiej, zjemy je z gustem - odpowiada praktyczny Francolin. Na znak dyrektora rozpoczyna się druga część koncertu. Powodzenie jest zupełnie, bo gdy wreszcie zabrzmiał ostatni takt w czterech różnych tonach, mieszkańcy Freschal nie rzucają grającym jabłek, ale zagłuszają ich wprost gwałtownem biciem w dłonie i krzykliwemi wrzaskami podziwu i uznania. Niema żadnej wątpliwości, że uszy tych poczciwców nie słyszały dotąd równie pięknej muzyki, to też wnosząc z ich zapału, rzeczą jest oczywistą, iż już teraz wszystkie drzwi, wszystkich domów otworzą się gościnnie dla takich artystów. 

Tymczasem, gdy jeszcze tony napełniały powietrze dziwną swą dysharmonią, nowy jakiś słuchacz przybył na miejsce tego szczególnego koncertu. 

Osobistość ta, zeszedłszy z wozu o motorze elektrycznym, stanęła zdala na zakręcie drogi. Jest to mężczyzna postawy wysokiej i pełnej, o ile można zauważyć wśród cieniów nocy. W chwili gdy Paryżanie pytają się wzajemnie, czy z kolei, gdy okna się zamkną, drzwi domów zechcą się dla nich otworzyć, nowoprzybyły zbliża się do nich i poprawną mową Yankesów przemawia tonem uprzejmym: 

- Dyletantem tylko jestem panowie, ale za szczęśliwego się uznaję, że miałem zaszczyt przyklasnąć grze waszej. 

- I to w czasie ostatnio granego kawałka - odpowiada ironicznie Ponchard. 

- Nie panie, byłem tu już od czasu pierwszego numeru, i wyznaję, że rzadko zdarzyło mi się słyszeć ten kwartet Onslow'a wykonany z równym talentem. 

Osobistość ta musi być niezłym znawcą - myślą sobie artyści, a Sebastyan występując w swej roli dyrektora, odpowiada: 

- Miło nam nad wyraz, słyszeć pochwałę z ust pana, i jeżeli drugi numer przykro drażnił jego uszy, to ... 

- Panie - przerywa nieznajomy - nie słyszałem nigdy muzyki tak fałszywej, oddanej z taką perfekcyą. Domyślam się też celu, w jakim panowie zgodzili się na podobne wykonanie; ale jeżeli tu, jak widzę, cel ten chybił zupełnie, bo poczciwi mieszkańcy Freschal błogo znowu zasypiają, to pozwólcie bym ja wam ofiarował... 

- Gościnne przyjęcie u siebie? - pyta niespokojnie Francolin. 

- Tak jest, panie, proszę najuprzejmiej do swego domu. Pewny też jestem, że nie mylę się bardzo, gdy powitam w panach sławny na całą Amerykę "Koncertujący kwartet"? 

- Słowa pańskie, są nam nad wyraz miłe odpowiada Francolin - ale tak uprzejmie ofiarowaną gościnność gdzież znaleźć możemy? 

- Nie dalej jak o dwie mile stąd... 

- Czy to na wsi, panie? 

- Nie, w mieście. 

- Jestże to jakie większe miasto? 

- Bezwątpienia... 

- Za pozwoleniem, lecz objaśniono nas, że na całą tę okolicę nie znajdziemy innego miasta prócz San Diego. 

- Jest to pomyłka, której nie umiem sobie wytłómaczyć. 

- Pomyłka? - pyta Francolin. 

- Zapewniam panów, i gdy zechcecie mi towarzyszyć, przyrzekam wam przyjęcie godne artystów waszej miary. 

- Zdaje mi się, że nie pozostaje nam nic innego nad przyjęcie tego zaproszenia - zauważył Yvernes półgłosem. 

- W zupełności podzielam twoje zdanie - odpowiada Ponchard. 

- Chwilę jeszcze, chwilkę jedną - wola Sebastyan - nie uprzedzajcie decyzyi dyrektora! 

- Cóż to znaczy? - pyta Amerykanin zaniepokojony. 

- To znaczy, że jesteśmy oczekiwani w San Diego, gdzie zobowiązaliśmy się dać całą seryę poranków muzykalnych, z których pierwszy zapowiedziany jest na niedzielę, to znaczy na pojutrze. 

- O-o-o! - przeciągłym głosem, w którym wyraźnie odczuwa się niezadowolenie, odzywa się nieznajomy. Niebawem jednak, w tonie poprzedniej rozmowy dodaje: Zdaje mi się, nawet mam pewność, że to w niczem nie przeszkodzi zamiarom pańskim. Dzień jeden wystarczy do zwiedzenia naszego miasta, które bądź co bądź zasługuje na zaciekawienie, a ja z mej strony przyrzekam odstawić panów do najbliższej stacyi kolejowej tak, abyście zdążyli do San Diego na oznaczoną godzinę. 

Zaprawdę, ofiara taka zbyt nęci, i nazbyt jest pożądaną dla naszego kwartetu, któremu tak niespodziewanie zabłysła nadzieja spędzenia nocy ciepło i wygodnie, jeżeli już nie biorą pod uwagę względów szczególnych jakie im przyrzeka nieznana ta osobistość. 

- A więc zgoda na mój projekt, nieprawda? - nalegał dalej przybyły. 

- I owszem, w tych warunkach przyjmujemy chętnie - odpowiada Sebastyan, któremu zmęczenie i głód dokuczało już dostatecznie, aby mógł lekkomyślnie odrzucać podobnie nęcące zaproszenie. 

- Zatem jedźmy bez straty czasu; w dwadzieścia minut stajemy na miejscu, i... przekonany jestem, że będziecie mi panowie wdzięczni za to małe zboczenie z drogi. 

Obojętni już na dziwne zachowanie się mieszkańców Freschalu, którzy zaraz po skończonym koncercie zamknęli na nowo starannie okna i najspokojniej oddali się wypoczynkowi, czterej Paryżanie i nieznajomy podążyli w kierunku pojazdu oczekującego swego właściciela. 

Podczas, gdy "Kwartet" umieściwszy dogodnie swe instrumenta, zasiadał na długich ławkach, tak zwanego u nas myśliwskiego wozu, Amerykanin zabrał miejsce obok woźnicy-mechanika, który w tejże chwili podniósł rączkę zapory od akumulatora elektrycznego. Lekko i równo potoczyły się koła, i z szybkością zadziwiającą podróżni znaleźli się na drodze wiodącej w stronę zachodu. 

Po kwadransie jazdy odbywającej się w tak nowy całkiem sposób, nasi Paryżanie ujrzeli w dali przed sobą, przestrzeń znaczną, jaśniejącą srebrzystem światłem księżyca. Bezwątpienia jest to odblask oświetlonego w całej pełni wielkiego jakiegoś miasta, tego samego zapewne, do którego wiózł ich gościnny nieznajomy - pomyśleli artyści; ku wielkiemu jednak ich zdziwieniu pojazd zatrzymuje się nagle. 

- Czy stajemy przy rogatkach miasta? - zapytuje Francolin. 

- Nie panie - odpowiada Amerykanin - mamy przed sobą przestrzeń wodną, którą wypada nam przebyć. 

- Ale jakim uczynimy to sposobem? 

- Najwygodniej w świecie przewiezie nas wszystkich ten oto prom - brzmiała odpowiedź. 

I rzeczywiście bez zwłoki czasu wóz wraz z pasażerami wjechał na pokład tak powszechnie używanego w Stanach Zjednoczonych "ferry-boat", prawdopodobnie poruszony siłą elektryczną, bo ni dymu ni pary dojrzeć nie było można. 

Po kilku zaledwie minutach dobijają do przeciwnego brzegu, który w tym miejscu przedstawia mały, lecz z wszelkiemi dogodnościami urządzony port. Bez żadnych wstrząśnień wóz wyjechał na równinę, ubitą drogę i niebawem znajduje się w cienistym parku; nad zielenią drzew, wielkie lampy powietrzne rozlewają w około istną powódź światła. Przebywszy bramę tego uroczego zacisza, wjeżdżają na dźwięczący pod kołami bruk uliczny i wkrótce zatrzymują się przed parkiem wspaniałego hotelu, gdzie są przyjęci z dobrze wróżącą gościnnością, dzięki kilku słowom wypowiedzianym przez Amerykanina. Natychmiast też poprowadzono podróżnych do suto zastawionej wieczerzy. Gdy już zaspokoili tak głód jak pragnienie, poważny kamerdyner wskazał im obszerną sypialnię, oświetloną w tej chwili rzęsistem światłem lamp elektrycznych, których urządzenie dawało możność obniżenia siły płomienia do nikłego blasku nocnych lampek. Zostawiając na później wszelkie pytania i objaśnienia tych cudowności, zmęczeni artyści spiesznie układają się do łóżek rozstawionych w czterech rogach pokoju i zasypiając snem pokrzepiającym, chrapią z taką wyjątkową zgodnością, na jaką zdobyć się może tylko sławny "Koncertujący Kwartet".