Cezar Kaskabel. César Cascabel - Jules Verne

Kup ebooka

16.00 zł
13.76 zł (11,20 zł najniższa cena z 30 dni)

-
Proszę czekać

César Cascabel

Premi?re partie

 

 

 

Chapitre I. Fortune faite

 

 

"Personne n'a-t-il quelque autre monnaie a me donner?... Allons, enfants, fouillez-vous! 

- Voici, p?re!" répondit la petite fille. 

Et elle tira de sa poche un carré de papier verdâtre, chiffonné et crasseux. Ce papier portait ces mots presque illisibles: United States fractional Currency, entourant la t?te respectable d'un monsieur en redingote, avec le nombre 10 six fois répété - ce qui valait dix cents, soit environ dix sous de France. 

"Et d'o? cela te vient-il? demanda la m?re. 

- C'est ce qui me reste de la derni?re recette, répondit Napoléone. 

- Et toi, Sandre, tu n'as plus rien? 

- Non, p?re. 

- Ni toi, Jean? 

- Ni moi. 

- Qu'est-ce qui manque donc encore, César?... demanda Cornélia a son mari. 

- Il manque deux cents, si nous voulons avoir un compte rond, répondit M. Cascabel. 

- Les voici, monsieur patron, dit Clou-de-Girofle, en faisant voltiger une petite pi?ce de cuivre qu'il venait d'extraire des profondeurs de son gousset. 

- Bravo, Clou! s'écria la petite fille. 

- Bon!... ça y est!" s'écria M. Cascabel. 

Et "ça y était", pour parler le langage de cet honn?te saltimbanque. Le total faisait pr?s de deux mille dollars, soit dix mille francs. 

Dix mille francs, n'est-ce pas une fortune, quand on n'est arrivé que par ses talents a tirer argent de la générosité publique? 

Cornélia embrassa son mari, ses enfants vinrent l'embrasser a leur tour. 

"Maintenant, dit M. Cascabel, il s'agit d'acheter une caisse, une belle caisse a secret o? nous enfermerons toute notre fortune. 

- Est-ce vraiment indispensable? fit observer Mme Cascabel que cette dépense effrayait un peu. 

- Cornélia, c'est indispensable! 

- Peut-?tre un coffret suffirait-il?... 

- Voila bien les femmes! s'écria M. Cascabel. Un coffret, c'est pour les bijoux! Une caisse, ou tout au moins un coffre-fort, c'est pour l'argent, et, comme nous avons a faire un long voyage avec nos dix mille francs... 

- Va donc acheter ton coffre-fort, mais marchande bien!" répondit Cornélia. 

Le chef de la famille ouvrit la porte de cette voiture, "superbe et conséquente", qui lui servait de maison foraine, il descendit le marchepied de fer fixé aux brancards, et prit a travers les rues qui convergent vers le centre de Sacramento. 

Au mois de février, il fait froid en Californie, quoique cet État soit situé a la m?me latitude que l'Espagne. Mais, serré dans sa bonne houppelande doublée de fausse martre, son bonnet de fourrure enfoncé jusqu'aux oreilles, M. Cascabel ne s'inquiétait gu?re de la température, et marchait d'un pas joyeux. Un coffre-fort, ?tre possesseur d'un coffre-fort, avait été le r?ve de toute sa vie: ce r?ve allait se réaliser enfin! 

On était au début de l'année 1867. Dix-neuf ans avant cette époque, le territoire actuellement occupé par la ville de Sacramento n'était qu'une vaste et déserte plaine. Au centre s'élevait un fortin, une sorte de blockhaus, bâti par les setters, les premiers trafiquants, dans le but de protéger leurs campements contre les attaques des Indiens de l'Ouest-Amérique. Mais depuis cette époque, apr?s que les Américains eurent enlevé la Californie aux Mexicains, qui furent incapables de la défendre, l'aspect du pays s'était singuli?rement modifié. Le fortin avait fait place a une ville - maintenant l'une des plus importantes des États-Unis, bien que l'incendie et les inondations eussent, a plusieurs reprises, détruit la cité naissante. 

Donc, en cette année 1867, M. Cascabel n'avait plus a redouter les incursions des tribus indiennes, ni m?me les agressions de ramassis de bandits cosmopolites, qui envahirent la province en 1849, quand furent découvertes les mines d'or, situées un peu plus au nord-est sur le plateau de Grass-Valley, et le cél?bre gisement de Allison-Rauch, dont le quartz produisait par kilogramme un franc du précieux métal. 

Oui! ces temps de fortunes inou?es, de ruines effroyables, de mis?res sans nom, étaient passés. Plus de chercheurs d'or, m?me dans cette partie de la Colombie anglaise, le Caribou, qui se trouve au-dessus du territoire de Washington, o? des milliers de mineurs afflu?rent vers 1863. M. Cascabel n'était plus exposé a ce que son petit pécule, gagné, on peut le dire, a la sueur de son corps, et qu'il portait dans la poche de sa houppelande, lui f?t volé en route. En réalité, l'acquisition d'un coffre-fort n'était pas si indispensable qu'il le prétendait pour mettre sa fortune en s?reté; mais, s'il y tenait, c'était en prévision d'un grand voyage a travers les territoires du Far West, moins gardés que la région californienne - voyage qui devait le ramener en Europe. 

M. Cascabel cheminait ainsi, sans inquiétude, le long des rues larges et propres de la ville. Ça et la, des squares magnifiques, ombragés de beaux arbres encore sans feuillage, des hôtels et des maisons particuli?res, bâtis avec autant d'élégance que de confort, des édifices publics d'architecture anglo-saxonne, de nombreuses églises monumentales, qui donnent grand air a cette capitale de la Californie. Partout, des gens affairés, négociants, armateurs, industriels, les uns attendant l'arrivée des navires qui descendent ou remontent le fleuve dont les eaux s'épanchent vers le Pacifique, les autres, assiégeant le railroad de Folson, qui envoie ses trains vers l'intérieur de la Confédération. 

C'était du côté de High-street que se dirigeait M. Cascabel, en sifflotant une fanfare française. Dans cette rue, il avait déja remarqué le magasin d'un rival des Fichet et des Huret, les cél?bres fabricants parisiens de coffres-forts. La, William J. Morlan vendait bon et pas cher - au moins relativement - étant donné le prix excessif de toutes choses dans les États-Unis d'Amérique. 

William J. Morlan était dans son magasin, lorsque M. Cascabel s'y présenta. 

"Monsieur Morlan, dit-il, j'ai bien l'honneur... Je voudrais acheter un coffre-fort." 

William J. Morlan connaissait César Cascabel, et de qui n'était-il pas connu a Sacramento? Depuis trois semaines ne faisait-il pas les délices de la population? Aussi, le digne fabricant répliqua-t-il: 

"Un coffre-fort, monsieur Cascabel? Recevez tous mes compliments, je vous prie... 

- Et pourquoi? 

- Parce que d'acheter un coffre-fort, cela indique que l'on a quelques sacs de dollars a y encoffrer. 

- Comme vous dites, monsieur Morlan. 

- Eh bien, prenez ceci, répondit le marchand, en montrant une énorme caisse, digne de trouver place dans les bureaux de MM. de Rothschild fr?res ou autres banquiers qui sont généralement a leur aise. 

- Oh!... oh!... du calme! fit M. Cascabel. Il y aurait la de quoi loger toute ma famille!... Un véritable trésor, j'en conviens, mais, pour le moment, ce n'est pas elle qu'il s'agit de mettre sous clé!... Hein! monsieur Morlan, qu'est-ce que cette énorme caisse pourrait bien contenir? 

- Plusieurs millions en or. 

- Plusieurs millions?... Alors... je repasserai... plus tard, quand je les aurai!... Non! il me faut un petit coffre tr?s solide, que je puisse emporter sous le bras et mettre au fond de ma voiture, lorsque je voyage. 

- J'ai votre affaire, monsieur Cascabel." 

Et le fabricant présenta un coffre, muni d'une serrure de s?reté. Il ne pesait pas plus d'une vingtaine de livres, et était disposé a l'intérieur comme le sont les caisses d'argent ou de titres dans les établissements de banque. 

"De plus, a l'épreuve du feu, ajouta M. William J. Morlan, et garanti sur facture. 

- Parfait... parfait! répondit M. Cascabel. Cela me va, si vous me répondez de la fermeture de ce coffre!... 

- Fermeture a combinaisons, ajouta le fabricant. Quatre lettres... un mot de quatre lettres a choisir sur quatre alphabets, ce qui donne pr?s de quatre cent mille combinaisons. Pendant le temps qu'un voleur mettrait a les chercher, on aurait le temps de le prendre un million de fois! 

- Un million de fois, monsieur Morlan! C'est vraiment merveilleux!... Mais le prix?... Vous comprenez, un coffre-fort est trop cher, quand il co?te plus que ce qu'on a a mettre dedans! 

- Tr?s juste, monsieur Cascabel. Aussi, ne vous vendrai-je celui-ci que six dollars et demi... 

- Six dollars et demi?... répondit Cascabel. Je n'aime pas ce prix de six dollars et demi! Voyons, monsieur Morlan, il faut ?tre rond en affaires! Traiterons-nous a cinq dollars? 

- Soit, parce que c'est vous, monsieur Cascabel." 

Marché conclu, prix payé, William J. Morlan proposa au saltimbanque de faire porter le coffre a sa maison foraine, ne voulant pas le charger de ce fardeau. 

"Allons donc, monsieur Morlan! Un homme comme votre serviteur, qui jongle avec des poids de quarante! 

- Eh! eh!... Que p?sent-ils exactement, vos poids de quarante? demanda en riant M. Morlan. 

- Exactement quinze livres, mais ne le dites pas!" répliqua M. Cascabel. 

La-dessus, William J. Morlan et lui se sépar?rent, enchantés l'un de l'autre. 

Une demi-heure apr?s, l'heureux possesseur du coffre-fort arrivait a la place du cirque, o? stationnait sa voiture, et il y déposait, non sans quelque satisfaction d'amour-propre, "la caisse de la maison Cascabel". 

Ah! comme on l'admira dans son petit monde, cette caisse! Et combien la famille se montra heureuse et fi?re de l'avoir! Il fallut l'ouvrir, il fallut la refermer. Le jeune Sandre aurait bien voulu se fourrer dedans - pour s'amuser. Mais impossible, elle était trop exiguë pour loger le jeune Sandre! 

Quant a Clou-de-Girofle, il n'avait jamais rien vu de si beau - m?me en r?ve. 

"Ce que ça doit ?tre difficile a ouvrir, s'écria-t-il... a moins que ça ne soit facile, si ça ferme mal!" 

- Tu n'as jamais rien dit de plus juste," répliqua M. Cascabel. 

Puis, de cette voix de commandement, qui n'admet pas de réplique, et avec un de ces gestes significatifs, qui ne permettent pas une hésitation: 

"Allons, enfants, filez par le plus court, dit-il, et rapportez-nous de quoi déjeuner... royalement. Voici un dollar que je mets a votre disposition... C'est moi qui régale!" 

Le brave homme! Comme si ce n'était pas lui qui "régalait" tous les jours! Mais il aimait ce genre de plaisanterie, qu'il accompagnait d'un bon gros rire. 

En un instant, Jean, Sandre et Napoléone eurent quitté la place, en compagnie de Clou, ayant au bras un large coffin de paille, destiné au transport des provisions. 

"Et, maintenant que nous sommes seuls, Cornélia, causons un peu, dit M. Cascabel. 

- Et de quoi, César? 

- De quoi?... Mais du mot que nous allons choisir pour la serrure de notre coffre-fort. Ce n'est pas que je me défie des enfants!... Grand Dieu! Des chérubins!... ni m?me de cet imbécile de Clou-de-Girofle, qui est l'honn?teté en personne!... Mais il faut que ces mots-la soient secrets. 

- Prends le mot que tu voudras, répondit Cornélia. Je m'en rapporte a toi... 

- Tu n'as pas de préférence? 

- Non. 

- Eh bien! j'aimerais que ce f?t un nom propre... 

- Oui!... c'est cela... le tien, César. 

- Impossible!... Il est trop long!... il faut que ce nom n'ait que quatre lettres. 

- Alors ôte une lettre a ton nom!... Tu peux bien écrire César sans r! Nous sommes les maîtres de faire ce qui nous plaît, je suppose! 

- Bravo, Cornélia! C'est une idée... une de ces idées comme il t'en vient souvent, ma femme! Mais si nous nous décidons a enlever une lettre a un nom, j'aimerais mieux en enlever quatre, et que ce f?t au tien! 

- A mon nom?... 

- Oui!... En en prenant la fin... elia. Je trouve m?me cela plus distingué! 

- Ah!... César. 

- Ça te fera plaisir, n'est-ce pas, d'avoir ton nom a la serrure de notre coffre-fort? 

- Oui, puisqu'il est déja dans ton c?ur!..." répondit Cornélia avec non moins d'emphase que de tendresse. 

Puis, toute joyeuse, elle embrassa vigoureusement son brave homme de mari. 

Et voila comment, par la suite de cette combinaison, quiconque ne connaîtrait pas ce mot Elia, ne pourrait jamais ouvrir le coffre de la famille Cascabel. 

Une demi-heure plus tard, les enfants étaient de retour avec les provisions, du jambon et du b?uf salé, coupés en tranches appétissantes, et aussi quelques-uns de ces surprenants légumes que produit la végétation californienne, des choux arborescents, des pommes de terre grosses comme des melons, des carottes longues d'un demi-m?tre "et, disait volontiers M. Cascabel, qui n'ont d'égales que celles que l'on tire sans avoir le soin de les cultiver"! Quant a la boisson, on n'a que l'embarras du choix parmi les variétés que la nature et l'art offrent aux gosiers américains. Cette fois, sans parler d'un broc de bi?re mousseuse, chacun aurait sa part d'une fine bouteille de sherry au dessert. 

En un tour de main, Cornélia, secondée par Clou, son aide ordinaire, eut préparé le déjeuner. La table fut mise dans le second compartiment de la voiture, dit salon de famille, et dont la température était maintenue a un degré convenable par le fourneau de la cuisine, établi dans le compartiment voisin. Si, ce jour-la - comme tous les jours d'ailleurs - le p?re, la m?re et les enfants mang?rent avec un remarquable appétit, cela n'était que trop justifié par les circonstances. 

Le repas achevé, M. Cascabel, prenant le ton solennel qu'il donnait a ses boniments, lorsqu'il parlait au public, s'exprima en ces termes: 

"Demain, enfants, nous aurons quitté Sacramento, cette noble ville, et ses nobles habitants, dont nous n'avons qu'a nous louer, quelle qu'en soit la couleur, rouge, noire ou blanche. Mais Sacramento est en Californie et la Californie est en Amérique, et l'Amérique n'est pas en Europe. Or, le pays, c'est le pays, et l'Europe, c'est la France, et il n'est pas trop tôt que la France nous revoie "dans ses murs", apr?s une absence qui s'est prolongée pendant bien des années. Avons-nous fait fortune? A proprement parler, non! Cependant, nous possédons une certaine quantité de dollars, qui feront bonne figure dans notre coffre-fort, lorsque nous les aurons changés en or ou en argent français. Une partie de cette somme nous servira a traverser la mer Atlantique sur les rapides vaisseaux portant notre pavillon aux trois couleurs que Napoléon promena jadis de capitale en capitale... - A ta santé, Cornélia!" 

Mme Cascabel s'inclina devant ce témoignage de bonne amitié que lui donnait souvent son époux, comme pour la remercier de lui avoir donné des Alcides et des Hercules en la personne de ses enfants. Puis, il reprit: 

"Je bois aussi a notre heureux voyage! Puissent les vents favorables gonfler nos voiles!" 

Il s'arr?ta pour verser a chacun un dernier verre de son excellent sherry. 

"Mais, Clou, peut-?tre me diras-tu que, notre passage une fois payé, il ne restera plus rien dans le coffre-fort?... 

- Non, monsieur patron... a moins que le prix des bateaux ajouté au prix des chemins de fer... 

- Des chemins de fer, des railroads, comme disent les Yankees! s'écria M. Cascabel. Mais, ?tre na?f et dépourvu de raisonnement, nous ne les prendrons point! Je compte bien économiser les frais de transport de Sacramento a New York, en faisant route dans notre maison roulante! Quelques centaines de lieues, cela n'est pas pour effrayer, je suppose, cette famille Cascabel, qui a l'habitude de se balader a travers le monde! 

- Évidemment! répondit Jean. 

- Et quelle joie ce sera pour nous de revoir la France, s'écria Mme Cascabel. 

- Notre France que vous ne connaissez pas, enfants, reprit M. Cascabel, puisque vous ?tes nés en Amérique, notre belle France que vous connaîtrez enfin! Ah! Cornélia, quel plaisir pour toi, une Provençale, et moi, un Normand, apr?s vingt ans d'absence! 

- Vois-tu, Cornélia, on m'offrirait un engagement, f?t-ce au théâtre de M. Barnum, que je refuserais maintenant! Retarder notre retour, jamais!... J'irais plutôt sur les mains!... C'est le mal du pays qui nous tient, et il faut soigner cela en revenant au pays!... Je ne connais pas d'autre rem?de!" 

César Cascabel disait vrai. Sa femme et lui n'avaient plus qu'une pensée: rentrer en France, et quelle satisfaction de pouvoir le faire, puisque l'argent ne manquait pas! 

"Nous partirons donc demain! dit M. Cascabel. 

- Et ce sera peut-?tre notre dernier voyage! répondit Cornélia. 

- Cornélia, répliqua son mari avec dignité, je ne connais qu'un dernier voyage, c'est celui pour lequel Dieu ne délivre pas de billet de retour! 

- Soit, César, mais, avant celui-la, ne nous reposerons-nous pas, lorsque nous aurons fait fortune? 

- Nous reposer, Cornélia? Jamais! Je ne veux pas de la fortune, si la fortune doit nous conduire a l'oisiveté! Penses-tu donc que tu aies le droit de laisser sans emploi les talents dont la nature t'a si largement gratifiée? Imagines-tu que je puisse vivre les bras croisés, au risque de compromettre le jeu de mes propres articulations? Vois-tu Jean abandonnant ses exercices d'équilibriste, Napoléone ne dansant plus sur la corde raide avec ou sans balancier, Sandre ne figurant plus au sommet de la pyramide humaine, et Clou, lui-m?me, n'empochant plus sa demi-douzaine de soufflets a la minute pour le plus grand agrément du public? Non, Cornélia! Dis-moi que le soleil s'éteindra sous la pluie, que la mer sera bue par les poissons, mais ne me dis pas que l'heure du repos sonnera un jour pour la famille Cascabel!" 

Et, maintenant, il n'y avait plus qu'a achever les préparatifs, afin de se mettre en route le lendemain, d?s que le soleil se l?verait a l'horizon de Sacramento. 

C'est ce qui fut fait pendant l'apr?s-midi. Inutile de dire que le fameux coffre-fort avait été placé en lieu s?r dans le dernier compartiment de la voiture. 

"De cette façon, dit M. Cascabel, nous pourrons le garder nuit et jour! 

- Décidément, César, je crois que tu as eu une bonne idée, répondit Cornélia, et je ne regrette pas l'argent que nous a co?té ce coffre. 

- Peut-?tre est-il un peu petit, ma femme, mais nous en ach?terons un plus grand... si notre magot se développe!" 

 

 

Chapitre II . Famille Cascabel

 

 

Cascabel!... Nom cél?bre et m?me illustre dans les cinq parties du monde et "autres lieux", disait fi?rement celui qui le portait avec tant d'honneur. 

César Cascabel, originaire de Pontorson, en pleine Normandie, était rompu a toutes les finesses, débrouillardises et trucs du pays normand. Mais, si malin, si roublard qu'il f?t, il était resté honn?te homme, et il convient de ne pas confondre avec les membres trop souvent suspects de la corporation des bateleurs. Chef de famille, il rachetait par ses vertus privées l'humilité de son origine et les irrégularités de sa profession. 

A cette époque, M. Cascabel avait bien l'âge qu'il paraissait, quarante-cinq ans, ni plus ni moins. Enfant de la balle, dans toute l'acception du mot, il avait eu pour berceau la balle que son p?re portait sur ses épaules, pendant qu'il courait les foires et marchés de la province normande. Sa m?re étant morte peu apr?s qu'il eut vu le jour, il fut recueilli fort a propos dans une troupe foraine, lorsqu'il perdit son p?re quelques années plus tard. La se passa son enfance, en culbutes, contorsions et sauts périlleux, la t?te en bas, les pieds en l'air. Puis, il devint successivement clown, gymnaste, acrobate, hercule de foire - jusqu'au moment o?, p?re de trois enfants, il se fit le directeur de cette petite famille qu'il avait créée de compte a demi avec Mme Cascabel, née Cornélia Vadarasse, de Martigues en Provence. 

Intelligent et ingénieux, si sa vigueur était remarquable, son adresse peu ordinaire, ses qualités morales ne le cédaient point a ses qualités physiques. Sans doute, pierre qui roule n'amasse pas de mousse, mais elle se frotte, du moins, aux aspérités des chemins, elle se polit, elle émousse ses angles, elle se fait ronde et luisante. Aussi, depuis quarante-cinq ans qu'il roulait, César Cascabel s'était-il si bien frotté, poli et arrondi, qu'il connaissait de l'existence tout ce qu'on en peut connaître, ne s'étonnant de rien, ne s'émerveillant pas davantage. A force d'avoir couru l'Europe de foire en foire, de s'?tre acclimaté aussi bien en Amérique que dans les colonies hollandaises ou espagnoles, il comprenait a peu pr?s toutes les langues, il les parlait plus ou moins bien, "m?me celles qu'il ne savait pas", disait-il, car il n'était gu?re g?né de s'exprimer par gestes, lorsque la parole lui faisait défaut. 

César Cascabel était d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, torse vigoureux, membres bien assouplis, face a maxillaire inférieur quelque peu saillant - ce qui est signe d'énergie - t?te forte, embroussaillée de cheveux rudes, patinée au feu de tous les soleils et au hâle de toutes les rafales, moustache sans pointe sous son nez puissant, deux demi-favoris sur des joues couperosées, yeux bleus, tr?s vifs, tr?s perçants, avec un bon regard, une bouche qui aurait encore eu trente-trois dents, s'il en avait fait mettre une. Devant le public, un Frédérick Lemaître a grands gestes, a poses fantaisistes, a phrases déclamatoires, mais, en particulier, tr?s simple, tr?s naturel, et adorant sa famille. 

D'une santé a toute épreuve, si son âge lui interdisait maintenant le métier d'acrobate, il était toujours remarquable dans les travaux de force qui "demandent du biceps". En outre, il possédait un talent extraordinaire dans cette branche de l'industrie foraine, la ventriloquie, la science de l'engastrymisme, qui date de loin, puisque, au dire de l'év?que Eustache, la pythonisse d'Endor n'était qu'une ventriloque. Quand il le voulait, son gosier lui descendait de la gorge dans le ventre. Aurait-il pu chanter un duo a lui seul?... Eh! il n'aurait pas fallu l'en défier! 

Enfin, pour achever son portrait, notons que César Cascabel avait un faible pour les grands conquérants - Napoléon surtout. Oui! il aimait le héros du Premier Empire autant qu'il détestait ses bourreaux, ces fils de Hudson Lowe, ces abominables John Bull. Napoléon, c'était "son homme"! Aussi n'avait-il jamais voulu travailler devant la reine d'Angleterre, "bien qu'elle l'en e?t prié par l'intermédiaire de son majordome", a ce qu'il disait volontiers, et si souvent, qu'il avait fini par le croire. 

Et, cependant, M. Cascabel n'était point un directeur de cirque, un Franconi, un Rancy ou un Loyal, a la t?te d'une troupe d'écuyers, d'écuy?res, de clowns, de jongleurs. Non! un simple forain, qui s'exhibait sur les places, en plein air, quand il faisait beau, sous une tente, quand il pleuvait. A ce métier, dont il avait couru les chances hasardeuses pendant un quart de si?cle, il avait gagné, on le sait, la somme rondelette, présentement enfermée dans le coffre a combinaisons. 

Ce que cela représentait de travaux, de fatigues, de mis?res parfois! A présent, le plus dur était fait. La famille Cascabel se préparait a revenir en Europe. Apr?s avoir traversé les États-Unis, elle prendrait passage sur un paquebot français ou américain - anglais... jamais! 

Du reste, César Cascabel n'était embarrassé de rien. Les obstacles, cela n'existait pas pour lui. Des difficultés tout au plus. Se défiler, se débrouiller dans la vie, c'était son affaire. Il e?t volontiers répété apr?s le duc de Dantzig, l'un des maréchaux de son grand homme: 

"Fichez-moi un trou, et je passerai dedans!" 

Et il avait passé par bien des trous, en effet! 

Mme Cascabel, née Cornélia Vadarasse, une Provençale pur sang, l'incomparable voyante de l'avenir, la reine des femmes électriques, ornée de toutes les grâces de son sexe, parée de toutes les vertus qui font l'honneur d'une m?re de famille, sortie victorieuse des grandes luttes féminines, o? Chicago avait convié les "premi?res athl?tes du monde". 

C'est en ces termes que M. Cascabel présentait habituellement la compagne de sa vie. Vingt ans avant, il l'avait épousée a New York. Avait-il consulté son propre p?re sur ce mariage? Non! D'abord parce que son p?re ne l'avait point consulté pour le sien, disait-il, et ensuite parce que ce brave homme n'était plus de ce monde. Et cela s'était fait simplement, on peut le croire, sans toutes ces formalités préliminaires qui, dans la vieille Europe, retardent si fâcheusement l'union de deux ?tres faits l'un pour l'autre. 

Un soir, au théâtre de Barnum dans le Broadway, o? il se trouvait en qualité de spectateur, César Cascabel fut émerveillé du charme, de la souplesse, de la force que déployait une jeune acrobate française dans l'exercice de la barre fixe, Mlle Cornélia Vadarasse. Associer ses talents a ceux de cette gracieuse personne, n'en faire qu'une de ces deux existences, entrevoir pour l'avenir une famille de petits Cascabel dignes de leurs p?re et m?re, cela parut tout indiqué a l'honn?te saltimbanque. S'élancer sur la sc?ne pendant un entracte, se faire connaître de Cornélia Vadarasse, lui faire les propositions les plus convenables en vue d'un mariage entre Français et Française, aviser un honorable clergyman qui était dans la salle, l'entraîner au foyer, et lui demander de consacrer une union si bien assortie, c'est ce qui fut fait dans cet heureux pays des États-Unis d'Amérique. Et en sont-ils moins bons, ces mariages a la vapeur? En tout cas, celui de César Cascabel et de Cornélia Vadarasse devait ?tre l'un des meilleurs qui eussent été célébrés en ce bas monde. 

A l'époque o? commence cette histoire, Mme Cascabel avait quarante ans. Elle était de belle taille, un peu épaissie peut-?tre, cheveux noirs, yeux noirs, bouche souriante, toutes ses dents comme son mari. Quant a sa vigueur exceptionnelle, on avait pu en juger dans les mémorables luttes de Chicago, o? elle obtint "un chignon d'honneur". Mentionnons que Cornélia aimait encore son époux comme au premier jour, ayant une confiance inaltérable, une foi absolue, dans le génie de cet homme extraordinaire, l'un des plus remarquables types qu'ait jamais produits le pays normand. 

Premier-né des garçons issus de ce mariage d'artistes forains: Jean, alors âgé de dix-neuf ans. S'il ne tenait pas de sa race pour les aptitudes aux travaux de force, aux exercices de gymnaste, de clown ou d'acrobate, il s'y rattachait par une remarquable adresse de mains et une s?reté de coup d'?il qui en faisaient un jongleur gracieux, élégant, que ses succ?s n'enorgueillissaient gu?re. C'était un ?tre doux et pensif, brun comme sa m?re, avec des yeux bleus. Studieux et réservé, il cherchait a s'instruire o? et quand il le pouvait. Bien qu'il ne rougît pas de la profession de ses parents, il comprenait qu'il y avait mieux a faire que des tours en public, et ce métier, il se promettait de le quitter d?s qu'il serait en France. Mais ayant pour ses p?re et m?re une affection profonde, il se tenait a ce sujet sur une extr?me réserve, et d'ailleurs, comment arriverait-il a se créer une autre situation dans le monde? 

Deuxi?me garçon: Ah! celui-la, l'avant-dernier-né, le contorsionnaire de la troupe, c'était bien le produit de l'union des Cascabel. Douze ans, leste comme un chat, adroit comme un singe, vif comme une anguille, un petit clown haut de trois pieds six pouces, venu au monde en faisant le saut périlleux - a en croire son p?re - un vrai gamin par ses espi?gleries et ses farces, prompt a la repartie, mais une bonne nature, méritant parfois des taloches et riant quand il les recevait, car elles n'étaient jamais bien méchantes. 

On l'a remarqué, l'aîné des Cascabel se nommait Jean. Et pourquoi ce nom? C'est que la m?re l'avait imposé, en souvenir d'un de ses grands-oncles, Jean Vadarasse, un marin de Marseille, qui avait été mangé par les Cara?bes - ce dont elle était tr?s fi?re. Évidemment, le p?re, qui avait cette chance de se nommer César, en e?t préféré un autre, plus historique, plus en rapport avec ses admirations secr?tes pour les hommes de guerre. Mais il n'avait pas voulu contrarier sa femme a la naissance de leur premier enfant, et il avait accepté le nom de Jean, se promettant bien de se rattraper, s'il lui survenait un autre rejeton. 

C'est ce qui arriva, et le second fils fut nommé Alexandre, apr?s avoir failli s'appeler Amilcar, Attila ou Annibal. Seulement, par abréviation famili?re, on disait Sandre. 

Apr?s le premier et le deuxi?me garçon, la famille s'était accrue d'une petite fille, et cette petite fille, que Mme Cascabel aurait voulu appeler Hersilla, se nommait Napoléone, en l'honneur du martyr de Sainte-Hél?ne. 

Napoléone avait alors huit ans. C'était une gentille enfant, qui promettait d'?tre fort jolie, et tint en effet sa promesse. Blonde et rose, d'une physionomie vive et mobile, tr?s gracieuse et tr?s adroite, les exercices de la corde raide n'avaient plus de secrets pour elle; ses petits pieds, posés sur le fil métallique, glissaient et jouaient comme si la lég?re fillette avait eu des ailes pour la soutenir. 

Il va de soi que Napoléone était l'enfant gâtée de la famille. Tous l'adoraient, et elle était adorable. Sa m?re se berçait volontiers a cette idée qu'elle ferait un jour quelque grand mariage. N'est-ce pas un de ces aléas inhérents a la vie nomade des saltimbanques? Pourquoi Napoléone, devenue jeune fille et belle fille, ne rencontrerait-elle pas un prince qui tomberait amoureux d'elle et l'épouserait? 

"Comme dans les contes de fées? répondait M. Cascabel, plus positif que sa femme. 

- Non, César, comme dans la réalité. 

- Hélas! Cornélia, le temps n'est plus o? les rois épousaient les berg?res, et, d'ailleurs, au jour d'aujourd'hui, je ne sais si les berg?res consentiraient a épouser des rois!" 

Telle était la famille Cascabel, un p?re, une m?re et trois enfants. Peut-?tre e?t-il mieux valu qu'elle se f?t accrue d'un quatri?me rejeton en vue de certains exercices de pyramide humaine, o? les artistes s'échafaudent les uns sur les autres en nombre pair. Mais ce quatri?me ne vint pas. 

Heureusement, Clou-de-Girofle était la et tout indiqué pour pr?ter son concours dans les spectacles extraordinaires. 

En réalité, Clou complétait bien les Cascabel. La troupe, c'était sa famille. Il en faisait partie a tous les titres, bien qu'il f?t d'origine américaine. Un de ces pauvres diables, sans parents, nés on ne sait o? - et c'est a peine s'ils le savent eux-m?mes - élevés par charité, nourris par occasion, tournant bien quand ils ont une bonne nature, une moralité native qui leur permet de résister aux mauvais exemples et aux mauvais conseils de la mis?re. Et ne faut-il pas avoir quelque pitié pour ces misérables si, le plus souvent, ils sont entraînés a mal faire ou a mal finir? 

Ce n'était pas le cas de Ned Harley, a qui M. Cascabel avait trouvé plaisant de donner le surnom de Clou-de-Girofle. Et pourquoi? 1° parce qu'il était maigre comme un clou; 2°parce qu'il était engagé pour recevoir, pendant les parades, plus de giroflées a cinq feuilles qu'il n'en pousse en un an sur n'importe quel arbuste de la famille des crucif?res! 

Deux ans avant, lorsque M. Cascabel avait rencontré ce malheureux ?tre pendant sa tournée aux États-Unis, Ned Harley en était réduit a mourir de faim. La troupe d'acrobates a laquelle il appartenait venait de se débander apr?s la fuite du directeur. Il y jouait les "minstrels". Un triste métier, m?me quand il nourrit ou a peu pr?s celui qui l'exerce! Se barbouiller de cirage, se "négrifier", comme on dit, rev?tir un habit et un pantalon noirs, un gilet blanc et une cravate blanche, puis chanter des chansons grotesques en raclant un violon ridicule, en compagnie de quatre ou cinq parias de son esp?ce, quelle fonction dans l'ordre social! Eh bien, cette fonction venait de manquer a Ned Harley; et il fut trop heureux de rencontrer la Providence sur son chemin dans la personne de M. Cascabel. 

Précisément, celui-ci venait de renvoyer son pitre, auquel étaient plus généralement dévolus les rôles de pierrots dans les sc?nes de parade. Le croirait-on? Ce pitre s'était donné comme Américain, et il était d'origine anglaise! Un John Bull dans la troupe ambulante! Un compatriote de ces bourreaux, qui... Vous connaissez l'antienne. Un jour, par hasard, M. Cascabel apprit quelle était la nationalité de l'intrus. 

"Monsieur Waldurton, lui dit-il, puisque vous ?tes Anglais, vous allez filer immédiatement, o? je vous flanque ma botte au derri?re, tout pierrot que vous ?tes!" 

Et, tout pierrot qu'il était, M. Waldurton e?t reçu la botte a l'endroit indiqué, s'il ne se f?t hâté de déguerpir. 

C'est alors que Clou le remplaça. L'ex-minstrel s'engagea pour tout faire, aussi bien la parade sur les tréteaux que le pansage des b?tes ou la cuisine, lorsqu'il fallait donner un coup de main a Cornélia. Il va sans dire qu'il parlait le français, mais avec un accent des plus prononcés. 

C'était, en somme, un garçon resté na?f, bien qu'il f?t âgé de trente-cinq ans, aussi gai quand il attirait le public par ses boniments cocasses, que mélancolique dans la vie privée. Il voyait plutôt les choses par leur côté fâcheux, et, franchement, on n'aurait pu s'en étonner, car il e?t été difficile qu'il se comptât parmi les heureux de ce monde. Sa t?te en pointe, sa figure longue et tirée, ses cheveux jaunâtres, ses yeux ronds et béb?tes, son nez démesurément long, sur lequel il pouvait placer une demi-douzaine de besicles - grand effet de rire - ses oreilles écartées, son cou de héron, son maigre torse posé sur des jambes de squelette, en faisaient un ?tre bizarre. D'ailleurs, il ne se plaignait pas, a moins que... - c'était la correction qu'il apportait généralement a son dire - a moins que la mauvaise chance lui donnât lieu de se plaindre. Au surplus, depuis son entrée chez les Cascabel, il s'était fort attaché a cette famille qui n'aurait pu se passer de Clou-de-Girofle. 

Tel était, si l'on peut s'exprimer ainsi, l'élément humain de cette troupe de saltimbanques. 

Quant a l'élément animal, il était représenté par deux braves chiens, un épagneul, tr?s précieux a la chasse, tr?s s?r a la garde de la maison roulante, et un caniche, savant et spirituel, destiné a devenir membre de l'Institut, le jour o? il y aura un Institut pour la race canine. 

Apr?s les deux chiens, il convient de présenter au public un petit singe qui, dans les concours de grimaces, pouvait lutter non sans succ?s avec Clou lui-m?me, et, le plus souvent, les spectateurs eussent été fort embarrassés de savoir auquel des deux adjuger le prix. Puis, il y avait un perroquet, Jako, originaire de Java, qui parlait, bavardait, chantait et jacassait dix heures sur douze, grâce aux leçons de son ami Sandre. Enfin, deux chevaux, deux bons vieux chevaux, traînaient la voiture foraine, et Dieu sait si leurs jambes, un peu raidies par l'âge, s'étaient allongées a travers les chemins pendant des milles et des milles! 

Et veut-on savoir comment s'appelaient ces deux excellentes b?tes? Elles s'appelaient l'une Vermout, comme le vainqueur de M. Delamarre, l'autre Gladiator, comme le vainqueur du comte de Lagrange. Oui! elles portaient ces noms illustres sur le turf français, sans avoir jamais eu la pensée de s'inscrire pour le Grand Prix de Paris. 

Quant aux deux chiens, on les nommait: l'épagneul, Wagram, le caniche, Marengo, et l'on devine aisément a quel parrain ils devaient ces noms cél?bres dans l'histoire. 

Le singe, lui, avait été baptisé John Bull - tout simplement a cause de sa laideur. 

Que voulez-vous? Il faut passer a M. Cascabel cette manie qui prenait sa source, apr?s tout, dans un patriotisme tr?s pardonnable - m?me a une époque o? de telles sympathies n'ont plus gu?re raison d'?tre. 

"Comment, disait-il quelquefois, ne pas adorer l'homme qui s'est écrié sous une gr?le de balles: Suivez mon panache blanc, vous le trouverez toujours, etc." 

Et lorsqu'on lui faisait observer que c'était Henri IV qui avait prononcé ces belles paroles: 

"Possible, répondait-il, mais Napoléon e?t bien été capable de les dire!"

Cezar Kaskabel

Tom pierwszy

 

 

Rozdział I. Majątek zebrany.

 

 

Czy nie ma kto jeszcze miedziaków? Chodźcie no, dzieci, przeszukajcie kieszenie! 

- Mam to jeszcze, ojczulku! - odrzekła dziewczynka. 

I wyjęła z kieszonki kwadratowy zielonkowaty papierek, pomięty i potłuszczony. 

Na papierze tym był prawie nieczytelny napis: "United States Fractional Currency" otaczający wielce poważną twarz mężczyzny we fraku i liczba to powtórzona sześć razy; papierek ten miał wartość dziesięciu centów, czyli około dziesięciu francuskich sous. 

- Skąd to dostałaś? - zapytała się matka. 

- To reszta dochodu z ostatniego przedstawienia, - odrzekła Napoleona. 

- Czy dałeś mi wszystko, Sander? 

- Tak, ojcze. 

- Nie masz nic więcej, Janie? 

- Nie. 

- Ileż ci jeszcze potrzeba, Cezarze? - zapytała się męża Kornelia. 

- Brakuje nam jeszcze dwóch centów do zaokrąglenia sumy, - odrzekł Kaskabel. 

- Oto są, panie, rzekł Clovy, podając miedzianą monetę właśnie dobytą z głębin kieszonki u kamizelki. 

- Brawo, Clovy! - zawołała dziewczynka. 

- Doskonale! Teraz jesteśmy w porządku! - zawołał pan Kaskabel. 

I byli istotnie "w porządku" wedle słów tego znakomitego artysty. Cała suma wynosiła dwa tysiące dolarów, to jest dziesięć tysięcy franków. Dziesięć tysięcy franków! Czyż to nie majątek, skoro go się pozyskało od publiczności dzięki własnemu tylko talentowi? 

Kornelia objęła ramieniem szyję męża i dzieci go po kolei uścisnęły. 

- A zaraz - rzekł p. Kaskabel, - chodzi o zakupienie kasy ogniotrwałej, pięknej żelaznej szafy, z tajemnemi skrytkami, aby w nich pomieścić ten majątek. 

- Czy nie moglibyśmy się bez niej obejść? - zapytała się pani Kaskabel, cokolwiek zaniepokojona tym wydatkiem. 

- Nie możemy, Kornelio! 

- Może wystarczyłaby Kasetka? 

- Co tej kobiecie się roi! - drwił p. Kaskabel. - Kasetka jest na klejnoty! Kasa, albo raczej szafa ogniotrwałą kupuje się na pieniądze! A że mamy do odbycia długą podróż z naszymi dziesięciu tysiącami franków... 

- A zatem idź kup tę szafę, ale staraj się dostać ją tanio, - przerwała Kornelia. 

 "Boss" widowiska otworzył drzwi "przepysznego i konsekwentnego" rydwanu, swego podróżnego domu mieszkalnego; zeszedł po stopniu żelaznym zawieszonym na hakach i wszedł na ulice schodzące się w środkowym placu miasta Sacramento. 

Luty jest zimnym miesiącem w Kalifornii, chociaż stan ten położony jest w szerokości geograficznej Hiszpanii. Ubrany jednakowoż w płaszcz podszyty imitacyą tumaków i w futrzaną czapkę na uszy zaciągniętą, p. Kaskabel nie wiele sobie robił ze zimna i szedł swobodnie. Szafa ogniotrwała! Być właścicielem szafy ogniotrwałej od dawna było jego marzeniem, a to marzenie teraz miało się wypełnić! 

Przed dziewiętnastu laty obszar zajmowany obecnie przez miasto Sacramento był pustą płaszczyzną. W środku stał mały fort, rodzaj blokhauzu wystawionego przez pierwszych osadników, pierwszych przemysłowców, którzy chcieli ubezpieczyć swe obozowiska przed napaściami Indyan z dalekiego Zachodu. 

Ale od owego czasu, kiedy Amerykanie zabrali Kalifornię od Meksykanów, którzy nie byli w stanie jej bronić, widok kraju zmienił się w sposób szczególny. Mały fort ustąpił miejsca miastu, jednemu z najpoważniejszych w Stanach Zjednoczonych, chociaż pożar i potop parę razy niszczyły wzrastającą stolicę stanu. 

Obecnie zaś, w roku 1867, p. Kaskabel już nie miał powodu obawiać się najścia szczepów indyjskich, lub choćby napaści owych bezładnych kup bandytów kosmopolitycznych, które grasowały w prowincyi w r. 1849 kiedy odkryto kopalnie złota położone cokolwiek dalej na północny wschód, na płaszczyźnie Grass Valley i w sławnych Allisona obszarach, których rudy dawały na każde dwa funty czystego metalu wartości dwudziestu centów. 

Tak, owe czasy niesłychanych kaprysów fortuny, niewymownych nieszczęść i niezmiernych rozczarowań już minęły. Nie było już poszukiwaczy złota nawet w owej części Kolumbii brytyjskiej, do której tysiące awanturników przybywały w r. 1863. Pan Kaskabel nie narażał się w swych podróżach na obrabowanie mająteczku zarobionego w całem tego słowa znaczeniu w pocie czoła, który teraz miał w swojej kieszeni. Co prawda, to nabycie szafy bezpieczeństwa nie było tak niezbędnem jak on to przedstawiał, jeśli zaś chciał ją posiadać, to więcej ze względu na długą podróż przez pewne terytorya Dalekiego Zachodu, mniej bezpieczne od Kalifornii, - podróż ku ojczyźnie, ku Europie. 

Z umysłem swobodnym tedy p. Kaskabel przechodził przez szerokie schludne ulice miasta. Tu i ówdzie znajdowały się wspaniałe place obsadzone pięknemi choć jeszcze bezlistnemi drzewami, hotele i prywatne rezydencye elegancko i z komfortem budowane publiczne budynki w stylu architektury anglosaskim, i kilka przepysznych kościołów które podnosiły wspaniałość tej okolicy Kalifornii. 

Wszędzie snuły się gromady śpieszących za interesami ludzi, kupców, właścicieli okrętowych, fabrykantów, z których jedni oczekiwali nadejścia okrętów płynących po rzece dążącej do Oceanu Spokojnego, a inni gromadzili się w około dworca Tolsom, z którego liczne pociągi kolejowe wyruszały do wnętrza kraju. 

Pan Kaskabel kierował swe kroki ku ulicy High i idąc pogwizdywał marsza francuzkiego. Przy tej ulicy bowiem, dawniej już zauważyć był skład pewnego rywala firmy Fichet et Haret, sławnych paryskich fabrykantów szaf bezpieczeństwa. Tam William J. Morlan sprzedawał swój towar "dobry i tani", - przynajmniej o tyle, o ile, zważywszy wygórowane ceny nałożone na wszystko w Stanach Zjednoczonych. 

William J. Morlan był w swoim składzie wszedł pan Kaskabel. 

- Panie Morlan, - rzekł wchodzący, - sługa pański uniżony. Radbym kupić kasę ogniotrwałą. 

William J. Morlan znał Cezara Kaskabela; w Sacramento nie było nikogo, któryby go nie znał. Przecież od trzech tygodni zachwycał wszystkich mieszkańców. A zatem fabrykant odpowiedział: 

- Kasę ogniotrwałą, panie Kaskabel? Winszuję panu z całego serca. 

- A czego? 

- Bo jeśli kto kupuje kasę, to widać że ma worki pieniędzy, które radby w niej złożyć. 

- Masz pan słuszność, panie Morlan. 

- Więc pan weź tę, - i kupiec wskazał palcem na olbrzymia szafę, godną stanąć w biurze Braci Rotszyldów lub innych takich bankierów, posiadających i dosyć i za dużo. 

- No, no, to za wiele, - rzekł p. Kaskabel. - Mógłbym tam zamieszkać z całą moja rodziną. Śliczne cacko, to prawda, ale na razie mam inne pomieszkanie...Powiedzno mi pan, panie Morland, ile też pieniędzy mogłoby się pomieścić w tym potworze? 

- Kilka milionów w złocie. 

- Kilka milionów?... HM... To zgłoszę się kiedy indziej, gdy je będę posiadać!... Widzisz pan, mnie chodzi o mocną małą skrzynką, którą mógłbym wziąć pod pachę i ukryć w moim wozie, kiedy będę w podróży. 

- Mam coś zupełnie dla pana stosownego, panie Kaskabel. 

Fabrykant sięgnął po mały kuferek żelazny, zaopatrzony w zamek bezpieczeństwa. Nie ważył on więcej niż dwadzieścia funtów, a wewnątrz miał przedziałki podobne do tych, jakie znajdują się w szufladkach na gotówkę w domach bankowych. 

 - Skrzynka ta też jest ogniotrwała - dodał, - i dam na to gwarancyą w kwicie, który panu wystawię. 

- Doskonale! Lepszej nie znajdę! - odrzekł p. Kaskabel. - Najzupełniej dla mnie stosowna, jeżeli pan gwarantujesz, że zamek jest dobry. 

- Zamek to kombinacyjny, - rzekł William J. Morlan. - Cztery litery; wyraz złożony z czterech liter układa się z czterech całych alfabetów, co panu dozwoli zrobić około czterech kroć sto tysięcy kombinacyj. Nimby złodziej odgadł taki wyraz, to mógłbyś pan kazać go powiesić milion razy! 

- Milion razy, panie Morlan? To doprawdy cudowne! A jakaż cena tego? Pojmie pan, że kasa jest za droga, jeżeli kosztuje więcej, aniżeli się posiada, ażeby w nią złożyć. 

- Naturalnie, panie Kaskabel. Ta skrzynka kosztuje sześć i pół dolara. 

- Sześć i pół dolara? - odrzekł Kaskabel. - Nie podoba mi się liczba sześć i pół. Możebyśmy obcięli rogi tej liczby? Okrągło pięć dolarów: co pan na to? 

- Przystanę, panie Kaskabel, choć dla nikogo innego tegobym nie uczynił. 

Targ zakończono, pieniądze zapłacono, a W. J. Morlan ofiarował się posłać nabywcy do domu skrzynkę, ażeby nie potrzebował sam dźwigać ciężara. 

- Co pan sobie myślisz, panie Morlan! Człowiek, jak uniżony pański sługa, który przerzuca jak piłką czterdziestofuntowemi kulami! 

- Powiedz no pan, ile właściwie ważą pańskie czterdziestofuntowe kule? - zapytał się śmiejąc p. Morlan. 

- Dokładnie po piętnaście funtów; ale sza! 

I p. Morland i jego odbiorca pożegnali się, zachwyceni sobą wzajemnie. 

Pół godziny później szczęśliwy właściciel kasy dostał się do placu cyrkowego gdzie stał jego rydwan i złożył nie bez wewnętrznego zadowolenia "kasę ogniotrwałą firmy Kaskabel". 

O, jakże podziwiano w tym małym światku tę kasę! jakąż dumą i radością zapełniało serce wszystkich jej posiadanie! A ile sprawiało uciechy jej otwieranie i zamykanie! Mały Sander miał ochotę wskoczyć do niej, tak dla zabawki. Ale o tem nie można było i pomyśleć: skrzynka za małą była dla małego Sandera! 

Clovy zaś nigdy nie widział nawet we śnie coś podobnie pięknego. 

- Myślę, że zamek nie tak łatwo jest otworzyć, - zawołał, - chyba że bardzo byłoby to łatwo, gdyby do się należycie nie zamknęło. 

- Nigdy nie powiedziałeś większej prawdy, - odrzekł p. Kaskabel. 

Potem tonem rozkazującym, nie znoszącym żadnej remonstracyi i z gestami zaznaczającymi, że żadnej zwłoki być nie może, powiedział: 

- Teraz zaś dzieci, marsz najkrótszą drogą i postarajcie się nam o śniadanie "A number 1"! Macie dolara, za którego możecie kupić, co wam się podoba ja dzisiaj traktuję! 

Poczciwiec! Jak gdyby nie codziennie on tylko traktował. Lubił jednakowoż w taki sposób żartować i przy tem genialnie potrząsać głową. 

W okamgnieniu wybiegli Jan, Sander i Napoleona w towarzystwie Clovy'ego, który rósł na ramieniu duży kosz słomiany na prowizye. 

- Kiedy teraz jesteśmy sami, Kornelio, - rzekł Cezar Kaskabel, - możemy pomówić swobodnie. 

- O czem, Cezarze? 

- O czem? Przecież musimy obrać wyraz do zamykania naszej kasy. Nie powiadam, bym nie ufał dzieciom...... mój Boże! To anioły!...albo temu biedakowi Clovy'emu, który jest uosobiona uczciwością! Ale przecież należy to utrzymać w tajemnicy. 

- Obierz wyraz, jaki ci się podoba, - odrzekła żona, - ja zgodzę się na wszystko, co zrobisz. 

- Nie przychodzi ci nic na myśl? 

- Nie. 

- No, to chciałbym, aby to było jakieś imię? 

- Dobrze! Mam już! Twoje imię, Cezar. 

- To nie może być, Moje imię za długie. Wyraz może się składać tylko z czterech liter. 

- No to ujmij jedną literę. Można przecież obyć się bez r. Myślę, że wolno nam zrobić, co nam się podoba. 

- Brawo, Kornelio! Myśl doskonała! Jedna z tych myśli, które często na czas ci przychodzą do głowy, żonusiu! Ale jeżeli zdecydujemy się ująć literę imienia, to wolę ująć już cztery, i to z twojego! 

- Z mojego imienia? 

- Tak, a zatrzymamy końcowe litery: elia. Doprawdy, zdaje mi się, że będzie najlepsze; niechże tak będzie! 

- O. Cezarze! 

- A przecież będzie ci się podobało, że twoje imię będzie na zamku kasy, czyż nie? 

- Niezawodnie, skoro to imię jest w twojem sercu! - odrzekła Kornelia z serdecznem uczuciem. 

Z rozjaśnioną twarzą pani Kaskabel złożyła głośny całus na drgającym w uśmiechu policzku męża. 

W skutek tego to układu, ktoś nie znający imienia Elia, nadaremnie byłby usiłował otworzyć kasę ogniotrwałą rodziny Kaskabel. 

Pół godziny później powróciły dzieci z prowizyami, szynką i soloną wołowiną pokrajanemi w apetyczne płatki, i oczywiście też z okazami przedziwnych owych produktów wegetacyi kalifornijskiej, jakoto głów kapusty rosnącej na szypułkach do drzew podobnych, kartofli wielkości melonów, marchwi pół jarda długiej, z którą wedle słów Kaskabela może się równać tylko chyba kalifornijska cebula, którą się pożywa bez trudu jej sadzenia. Co do trunków, to chyba tylko trudnym był wybór pomiędzy tymi, które natura i sztuka dostarczają spragnionym wargom Amerykanów. Przy tej zaś sposobności, oprócz dzbana piwa, uśmiechała się rodzinie na deser butelka dobrego sherry do stosownego podziału. 

W okamgnieniu Kornelia, której jak zwykle pomagał Clovy, przyrządziła śniadanie. Stół zastawiono w drugim przedziale rydwanu, zwanym bawialnią rodziny, w którym utrzymywano odpowiednią temperaturę za pomocą piecyka kuchennego ustawionego w przedziale sąsiednim. Jeżeli tego dnia jak zresztą codziennie, ojciec, matka i dzieci zajadali z doskonałym apetytem, to łatwo było wytłomaczyć to okolicznościami. 

Po śniadaniu, pan Kaskabel, przemówił tonem uroczystym, jaki zwykł był przemawiać do publiczności: 

- Jutrom dzieci moje, pożegnamy się ze szlachetnem tem miastem Sacramento i z jego szlachetnymi mieszkańcami, z których mamy powód być ze wszech miar zadowoleni, bez względu na ich rasę, czerwoną, czarną czy białą. Ale Sacramento jest w Kalifornii, a Kalifornia jest w Ameryce, a Ameryka nie jest w Europie. Ojczyzna zaś jest ojczyzną, a Europa oznacza dla nas tyle, co Francya. Nie należy teraz zwlekać ani jednego dnia, by Francya "ujrzała nas w obrębie swych murów" po długoletniej naszej nieobecności. Czy zebraliśmy majątek? Ściśle mówiąc, nie zebraliśmy. Posiadamy jednakowoż w ręku pewną sumkę dolarów, która bardzo pokaźnie będzie się przedstawiała w naszej szafie ogniotrwałej, gdy ją zamienimy na francuzkie złoto lub srebro. Cześć tej sumki dozwoli nam przedostać się przez Ocean Atlantycki na jednym z owych szybkich okrętów, na których powiewają trójkolorowe flagi takie, jakie niegdyś Napoleon przenosił z jednej stolicy do drugiej. - Zdrowie twoje, Kornelio! 

Pani Kaskabel uprzejmem skinieniem głowy podziękowała za to uczczenie jej przez męża, który nieraz taki wyraz dawał swoim uczuciom, jakoby chciał dziękować jej za to, że obdarzyła go Alcydesem i Herkulesem w osobach ich dzieci. 

Mówca rzekł jeszcze: 

- Piję też na szczęśliwy powrót do kraju nas wszystkich. Oby pomyślne wiatry wydymały nasze żagle! 

Zamilkł na chwilę, ażeby każdemu napełnić kieliszek doskonałem swem sherry. 

- Jednakowoż, - rzekł dalej, - może Clovy zarzuci, że skoro zapłacimy za przeprawę przez morze, to może nic w szafie nie pozostanie? 

- Tak źle nie będzie, boss, chyba że wydatek na przeprawę przez morze dołączy się do kosztów podróży kolejami... 

- Kolejami, drogami żelaznemi, jak wyraża się Yankee! - zawołał p. Kaskabel. - Ależ, mój kochanku, mój poczciwcze, nie pojedziemy niemi! Zamierzam oszczędzić koszta podróży ze Sacramento do Nowego Yorku, przebywając tę drogę na własnym wozie! Kilkaset mil! To przecież nie odstraszy rodziny Kaskabel, przyzwyczajonej do przenoszenia się nieraz z jednego końca świata na drugi! 

- Rozumie się! - zapewnił Jan. 

- A jakże ucieszymy się, gdy znowu ujrzymy Francyą! - zawołała pani Kaskabel. 

- Naszą starą Francyą, której wy jeszcze, dzieci moje, nie znacie, - mówił dalej p. Kaskabel, - bo jesteście urodzone w Ameryce, naszą piękną Francyą, którą nareszcie poznacie. Ach, Kornelio, co za rozkosz będzie dla ciebie, dziecka Prowancyi i dla mnie, syna Normandyi, po dwudziestu latach tołaczki! 

- O tak, Cezarze, niezawodnie! 

- Czy wiesz ty, Kornelio? Gdyby mię chciano angażować, choćby u Barnuma, to nie zgodziłbym się! Odkładać podróż naszą? Przenigdy! Wolałbym pójść na czworakach!... Tęsknota nas ogarnia i jedynem na to lekarstwem jest powrót do ojczyzny!... Nie znam innego na to środka! 

Cezar Kaskabel mówił prawdę. On i żona jego mieli teraz pragnienie tylko jedno: powrócić do Francyi, a co za szczęście, że byli w stanie to uczynić, gdyż nie brak było na to pieniędzy! 

- A zatem wyruszamy jutro! - rzekł p. Kaskabel. 

- I może ostatnia to już nasza podróż, - zauważyła Kornelia. 

- Kornelio! - rzekł mąż z godnością, - ostatnią podróżą, jaką ja znam, jest ta, w której Bóg nie daje biletu powrotnego! 

- To prawda, Cezarze, ale przed tą podróżą, czyż nie możemy odpocząć, skoro zebraliśmy majątek? 

- Odpocząć, Kornelio? Nigdy! Nie chcę majątku, jeżeli z nim jest złączone próżnowanie! Czy sądzisz, że masz prawo marnować talenta, którymi cię Opatrzność tak obficie obdarzyła? Czy wyobrażasz sobie, że mógłbym żyć z założonemi rękami i dopuścić, ażeby zesztywniały moje członki? Czy chcesz, ażeby Jan wyrzekł się swoich produkcyj jako ekwilibrysta, Napoleona przestała tańczyć w tłumie z drążkiem albo bez niego, Sander nie stawał więcej na szczycie ludzkiej piramidy, a Clovy nie dostawał po pół tuzina policzków na minutę ku wielkiej uciesze publiczności? O nie, Kornelio! Powiedz mi, że deszcz ugasi promienie słoneczne, albo że ryby wypiją morze, ale nie mów mi, że kiedykolwiek uderzy godzina odpoczynku dla rodziny Kaskabel! 

Nie pozostawało nic więcej do czynienia, jak tylko ostatecznie przygotować się do wyruszenia w drogę nazajutrz rano, skoro tylko słońce wyglądnie z za widnokręgu Sacramenta. 

Uczyniono to w ciągu południa. 

Nie trzeba wspominać, że kasę ukryto w najdalszym zakątku wozu. 

- W tym pokoju, - rzekł p. Kaskabel, - będziemy mogli strzedz jej we dnie i w nocy. 

- Doprawdy, Cezarze, myślę, że była to dobra myśl, - zauważyła Kornelia, - i nie żal mi pieniędzy wydanych na kasę. 

- Mała ona może jeszcze, żonusiu, ale kupimy większą, skoro nasz skarb większe przybierze rozmiary! 

 

 

Rozdział II. Rodzina Kaskabel.

 

 

Kaskabel! - Nazwisko to, można powiedzieć, było głoszone i wysławiane we wszystkich językach sławnych w pięciu częściach świata i "w innych jeszcze miejscowościach", jak dodawał z dumą ten, który nazwisko to tak zaszczytnie nosił. 

Cezar Kaskabel, urodzony w Pontorson, w samem sercu Normandyi, był mistrzem we wszystkich sztuczkach, figlach i "kawałkach" właściwych Normanom. Ale przy swoim sprycie i swych wiadomościach, pozostał człowiekiem uczciwym i byłoby rzeczą niesłuszną stawiać go na równi z podejrzanymi aż nadto często członkami braci kuglarskiej; u niego, niskość urodzenia i profesyonalne uchybienia uszlachetnione zostały przez osobiste cnoty, jakiemi się odznaczał jako głowa rodziny. 

W owym czasie p. Kaskabel wyglądał na swój wiek, 45 lat, ni mniej ni więcej. Będąc dzieckiem ulicy w całem tego słowa znaczeniu, jedyną swą kolebkę miał w tłómoku, który ojciec jego dźwigał na barkach wędrując z kiermaszów na kiermasze w Normandyi. Matka jego umarła wkrótce po jego urodzeniu, a kilka lat później umarł także jego ojciec, to szczęściem dla niego adoptowała go pewna trupa wędrowna. 

U trupy tej spędził wiek młody na skokach, młynkach i koziołkach, głową na dół, nogami w powietrzu. Potem z kolei był clownem, gimnastykiem, akrobatą, Herkulesem na kiermaszach małomiasteczkowych, - aż do czasu, kiedy jako ojciec trojga dzieci, zamianował siebie manażerem rodziny dochowanej się wspólnie z panią Kaskabel, z domu Kornelia Vodarasse, pochodzącą z Martigues w Prowancyi (we Francyi). 

Jako człowiek inteligentny i pomysłowy, jak z jednej strony rozporządzał muszkułami i siłą przechodzącemi zwykłą miarę, tak z drugiej strony odznaczał się przymiotami umysłu nie mniejszymi od fizycznych zdolności. Prawda to, że toczący się kamień mchem nie porasta, ale przynajmniej przeciera się o grudy przydrożne. polerując się, sterczące jego rogi się wygładzają, staje się krągłym i błyszczącym. Tak to w przeciągu lat dwudziestu pięciu przetaczając się, Cezar Kaskabel tak bardzo się przetarł tak wygładził i wypolerował, że wreszcie wiedział wszystko, co w życiu wiedzieć należy, nie dziwił się niczemu, i żadna niespodzianka spotkać go nie mogła. W skutek tułania się po całej Europie z kiermaszu na kiermasz, i aklimatyzując się później w Ameryce równie szybko jak w koloniach holenderskich lub hiszpańskich, rozumiał prawie wszystkie języki i mówił nimi mniej lub więcej biegle, "a nawet tymi, których nie znał", jak zwykł był zapewniać, gdyż nietrudną było rzeczą dla niego wyrazić swe mniemanie gestami, ilekrotnie zawiodło go jego językoznawstwo. 

Cezar Kaskabel był wzrostu nieco więcej niż średniego; ciało miał muszkularne, członki "dobrze naolejowane", dolna jego szczęka, cokolwiek wysunięta, znamionowała energię; głowa jego była duża, okryta gęstą czupryną; skóra wygładzona słońcem każdego klimatu i wygarbowana wyziewami każdego morza; miał wąsy krótko u obu końców przystrzyżone, a bokobrody pokrywały do połowy jego rumiane policzki; nos był dość gruby; miał oczy siwe bardzo bystre i przenikliwe ale odznaczające się wyrazem uprzejmości; szczęki zaś jego mogłyby jeszcze pochwalić się trzydziestu trzema zębami. gdyby mu jeden wprawiono. 

Wobec publiczności był prawdziwym Fryderykiem Lemaiere, tragikiem o gestach patetycznych, pozach efektownych i napuszystym sposobie wyrażania się, ale w życiu prywatnem był to człowiek bardzo naturalny i pełen prostoty, który uwielbiał swą żonę i dzieci. 

Obdarzony konstytucyą, która wszystko mogła, nie mógł wprawdzie przy wzrastającej liczbie lat już teraz akrobatycznym oddawać się produkcyom, ale jeszcze zawsze podziw wywoływał w wykazywaniu siły swych muszkułów. Oprócz tego posiadał nadzwyczajny talent w tej dziedzinie swojego zawodu, którą zowią wentrylokwizmem, czyli brzuchomówstwem, to jest w umiejętności setki lat starej, jeżeli jak zapewnia Biskup Eusachius, prorokini w Edou była tylko brzuchomówczynią. Na jego życzenie przyrządy jego głosowe ześlizgiwały się z krtani do żołądka. Zapytacie się może, czy mógłby był sam jeden zaśpiewać duet? No, nie radzilibyśmy zakładać się z nim o to! 

Ażeby uzupełnić jeszcze jego rysopis, zauważymy, że Cezar Kaskabel miał słabość do wielkich zdobywców w ogóle. a do Napoleona w szczególe. O tak! Uwielbiał bohatera pierwszego cesarstwa równie jak nienawidził jego "dręczycieli", owych synów Hudsona Lowe, owych nienawistnych Johnów Bullów. Napoleon! Oto był mąż "wedle jego serca"! I dlatego nigdy nie chciał produkować się w obec królowej Anglii. "chociaż go o to prosiła przez swego pierwszego marszałka dworu", jak zapewniał tak poważnie i tak często. że w końcu i sam w to uwierzył. 

A przecież p. Kaskabel nie był zarządcą cyrku, nie był on Franconim z trupą jeźdźców i amazonek, clownów i kuglarzy. Bynajmniej. Urządzał tylko widowiska dla publiczności na otwartem powietrzu, jeżeli pogoda sprzyjała, a pod namiotem, jeżeli deszcz padał. Na tem przedsiębiorstwie, którego wszelkie tajniki wyzyskiwał od ćwierci stulecia, zarobił, jak to już widzieliśmy, okrągłą sumkę właśnie złożoną w skrzynce ze zamkiem kombinacyjnym. 

Ile pracy, ile trudów, ile udręczeń niekiedy było potrzeba do zgromadzenia takiej sumy! Najcięższe czasy jednakowoż minęły. Kaskabelowie przygotowali się do powrotu do Europy. Przebywszy przez Stany Zjednoczone wsiądą na okręt francuzki lub amerykański, - byle broń Boże nie angielski. 

Co do trudności, to Cezar Kaskabel nic sobie z nich nie robił. Przeszkody dla niego wprost nie istniały. Utrudnienia niejakie zapewne znajdował w swej drodze, ale wyplątywanie i wydobywanie się z nich tworzyły specyalność życia jego. Lubił powtarzać słowa księcia Gdańska, jednego z marszałków jego wielkiego męża: 

"Zróbcie mi dziurę, a przedostanę się przez nią". 

Dużo też było dziur, przez które się przewijał! 

"Pani Kaskabel, z domu Kornelia Vadarasse, prawdziwe dziecię Prowancyi, niezrównana w jasnowidzeniu rzeczy przyszłych, królowa kobiet elektrycznych, zdobna we wszystkie wdzięki płci swojej, jaśniejąca wszelkiemi cnotami stanowiącemi dumę matek, szampionka we wielkich zapasach kobiecych, na które Chicago zawezwało "pierwszych atletów świata". 

W takich wyrazach p. Kaskabel zazwyczaj przedstawiał publiczności swoją żonę. Przed dwudziestu laty ożenił się z nią w Nowym Yorku. Czy radził się ojca w tej sprawie? Wcale nie! Najprzód, jak powiadał, dlatego, że ojciec jego nie radził się jego, kiedy miał się żenić, a powtóre dlatego, że zacny ten mąż już na tej planecie nie istniał. A sprawę tę załatwiono w sposób nader prosty, zapewniam i bez wszelkich owych wstępnych formalności, które w Europie tak opóźniają połączenia się dwóch istot dla siebie wzajemnie przeznaczonych. 

Pewnego wieczoru, w teatrze Barnuma przy Broadway, gdzie Cezar Kaskabel znajdował się między widzami, zachwycił się on wdziękami, zgrabnością i siłą okazywaną w ćwiczeniach na drążku przez młodą akrobatkę francuzką, pannę Kornelię Vadarasse. 

Połączenie swoich własnych talentów z talentami tej zgrabnej atletki, spojenie w jedno ich życia, dochowanie się kilkorga młodych Kaskabelów godnych ojca i matki, - wszystko to przesunęło się w myśli dzielnego znawcy swej profesyi. W pauzie pomiędzy aktami udał się śpiesznie za scenę, przedstawił się Kornelii Vadarasse i zrobił jej propozycyą, by wyszła za niego, jako Francuzka za Francuza, potem ujrzawszy dostojnego duchownego pomiędzy widzami, zaprosił go do poczekalni artystów i poprosił, by pobłogosławił tak dobraną parę - i więcej nic nie było potrzeba w szczęśliwym tym kraju Stanów Zjednoczonych. Czy kontrakta te zawarte na całe życie tak w okamgnieniu, na złe się obracają? Niech sobie kto sądzi jak chce, połączenie się Kaskabela z Kornelią Vadarasse było niezawodnie jednem z najszczęśliwszych na tym padole. 

W czasie, kiedy rozpoczyna się nasze opowiadanie, pani Kaskabel miała lat czterdzieści. Miała postać wspaniałą, trochę może tęgą, ciemne włosy, uśmiechnięte usta i tak jak jej mąż, dwa rzędy zdrowych zębów. Co do niezwykłej swej siły muszkułów, to złożyła jej dowody w owych zapasach w Chicago, gdzie pozyskała "szynion honorowy" jako nagrodę specyalną. Dodajmy jeszcze, że Kornelia zawsze jeszcze kochała swego męża tak jak w pierwszym dniu poznania, i że niezachwianą ufność i absolutną wiarę pokładała w geniusz tego męża nadzwyczajnego, jednej z istot najznakomitszych, jakie Normandya kiedykolwiek wydała. 

Pierworodnem dzieckiem naszych wędrujących artystów był chłopiec, Jan, liczący obecnie lat dziewiętnaście. Chociaż nie odznaczał się tak jak jego rodzice siłą muszkułów i talentami gimnastycznymi, akrobatycznymi lub clownowskimi, to przecież zdradzał swe pochodzenie przecudowna pewnością oczu i ruchów ręki, w skutek czego wykształcił się na zgrabnego i eleganckiego żonglera. Odznaczał się przytem skromnością cechującą prawdziwego artystę. Był młodzieńcem łagodnym, myślącym a miał oczy niebieskie i cerę ciemną taką jak matka. 

Przytem pilny i zamknięty w sobie, starał się kształcić gdziekolwiek i jak zdołał. Chociaż nie wstydził się profesyi swoich rodziców, czuł jednak, że istnieje coś lepszego od urządzania widowisk dla publiczności i miał zamiar opuścić trupę, skoro tylko dostanie się do Francyi. Ale serdeczne jego przywiązanie do ojca i matki kazało mu starannie utrzymywać zamiar ten w tajemnicy; a zresztą, jakież mógł mieć widoki na zmianę swego stanowiska na świecie? 

Z kolei był drugi chłopiec, przedostatni z dzieci, kontorcyonista trupy. Był on istotnie logicznym produktem pary Kaskabelów. Liczył obecnie lat dwanaście, był zgrabny jak kotka, zwinny jak małpka, ruchliwy jak piskorz, słowem uosobnienie clowna półczwarta stopy wysokiego, który przewróciwszy koziołka dostał się na ten świat, jak powiedział ojciec, prawdziwy łobuzek równie dowcipny jak figlarny i swobodny, a przy tem poczciwe mający serce, zasługujący nieraz na kuksa, ale przyjmujący go z grymasem, zwłaszcza, że nigdy nie był zbyt dotkliwy. 

Powiedzieliśmy wyżej, że najstarszy potomek Kaskabelów został nazwany Janem. Skąd to imię? Matka życzyła sobie tego, ażeby uczcić pamięć jednego z swych dziadków stryjecznych, Jana Vadarasse'a, marynarza z Marsylii, którego pożarli wyspiarze Karybejscy, o czem z dumą wspominała. Rozumie się, że ojciec, który na swoje szczęście nosił imię Cezara, wolałby był inne imię, lepiej znane w historyi i odpowiedniejsze dla jego zachwycania się wojownikami. Ale nie chciał opierać się życzeniom żony przy urodzeniu się pierworodnego I przyjął imię Jana, przyrzekając sobie skrycie, że sobie to wynagrodzi, skoro drugi syn im się urodzi. 

Kiedy to zaś istotnie nastąpiło, to drugiego syna nazwano już Aleksandrem, a jeszcze dobrze, że nie dano mu imię Hamilkata, Attyli lub Hannibala. Dla krótkości zaś, w rodzinie nazywano go skróconem imieniem Sander. 

Po pierwszym i drugim chłopcu powiększyło się grono familijne o córeczkę, którą nazwano Napoleoną na cześć męczennika z wyspy św. Heleny, chociaż pani Kornelia miała ochotę nazwać ją Hersylią. 

Napoleona liczyła teraz lat ośm. Była miłem dziewczątkiem, zapowiadającem że wyrośnie na piękną panienkę. Różowa, o innej twarzyczce, żywych, wdzięcznych ruchach, zwinna i pojętna, nauczyła się chodzić po rozciągniętej linie, jakoby mała sylfida posiadała skrzydełka, które ją utrzymywały w powietrzu. 

Nie potrzeba dodawać, że Napoleona była gagacikiem w rodzinie. Wszyscy ją uwielbiali i zasługiwała na to. Matka jej pieściła się myślą, że zrobi ona kiedyś świetną partyę. Czy nie wydarza się coś podobnego w życiu wędrownem? Dlaczegożby Napoleona, wyrósłszy na piękną dziewicę, nie miała spotkać w życiu księcia, któryby w niej się zakochał i z nią się ożenił? 

- Jak w bajkach czarodziejskich? - zapytywał się Kaskabel, którego zmysł więcej był praktyczny, aniżeli jego żony. 

- Nie, Cezarze, tylko jak w życiu codziennem. 

- Niestety, Kornelio, minęły czasy, w których królowie żenili się z pasterkami i daję słowo, że w naszych czasach radbym widzieć pasterkę, któraby chciała wyjść za króla! 

Taka była rodzina Kaskabelów, ojciec, matka i troje dzieci. Byłoby może lepiej, gdyby czwarta latorośl zwiększyła tę liczbę ze względu na to, że w pewnych figurach z ludzkiej piramidy lepiej jest mieć parzystą, kiedy artyści wpinają się jeden na drugiego. Ale ta czwarta latorośl się nie pojawiała. 

Na szczęście, był jeszcze Clovy, który doskonale się nadawał do uzupełnienia potrzeb przy sposobnościach nadzwyczajnych. 

I rzeczywiście Clovy był uzupełnieniem Kaskabelów. Nie był on tylko członkiem trupy; był jakoby członkiem rodziny; a miał też wszelkie prawo do tego, chociaż był Amerykaninem z pochodzenia. Był on jedną z owych biednych istot, owych "niczyich dzieci", urodzonych Bóg wie gdzie, - oni sami często o tem nie wiedzą - z miłosierdzia utrzymywanych, żywionych jak los zdarzy, i obierających w życiu prawą drogę, jeżeli dobre mają skłonności, jeżeli wrodzone ich poczucie tego, co jest dobrem, dozwala im opierać się złym przykładom i złym pokusom ich nędznego otoczenia. A czy nie powinniśmy kierować się pewną litością w obec tych nieszczęśliwych, jeżeli, jak to się najczęściej zdarza, do złych czynów pobudzone, zły znajdują też koniec? 

Otóż tak się rzecz miała z Nedem Harleyem, któremu p. Kaskabel uznał za słuszne nadać żartobliwe przezwisko Clovy. A dlaczego? Oto najprzód dlatego, że miał w sobie równie mało tłuszczu, jak wysuszony goździk korzenny, który nazywa się po angielsku clove; a powtóre dlatego, że go zaangażowano do otrzymania w czasie "parad" większą liczbę pięciopalcowych znaków na twarzy, aniżeli najbujniejszy krzak może wydać goździków w przeciągu roku! 

Przed dwoma laty, kiedy p. Kaskabel go napotkał w swej wędrówce po Stanach, biedaczysko prawie umierał z głodu. Trupa akrobatów, do której należał, właśnie się rozleciała, gdyż jej zarządca uciekł. Wraz z nimi on przedstawiał był "minstrelów"; smutne to zatrudnienie, nawet jeżeli wyjątkowo się opłaca lub przyjemniej wyżywia tego, który mu się oddaje. Osmarować sobie twarz czernidłem do butów, "negrować się", jak to nazywają; ubierać czarny surdut i spodnie, białą kamizelkę i krawat; potem śpiewać niedorzeczne pieśni i przytem skrobać po śmiesznych skrzypcach z czterema lub pięcioma innymi tegoż rodzaju wyrzutkami, - co za stanowisko w społeczeństwie! Otóż Ned Hezley właśnie utracił to stanowisko towarzyskie i opatrznościowem dla niego było zaopiekowanie się nim p. Kaskabela. 

Właśnie wówczas się zdarzyło, że p. Kaskabel niedawno napędził artystę, który zazwyczaj grał rolę clowna w paradach. Czy kto byłby to przypuścił? Clown ten udawał Amerykanina, a w rzeczywistości angielskiego był pochodzenia! Nędzny John Bull w trupie! Ziomek tych nielitościwych dręczycieli, którzy, - wszak znacie resztę. Pewnego dnia zupełnie przypadkowo p. Kaskabel dowiedział się o narodowości prawdziwej tego intruza. 

- Panie Waldazton - rzekł do niego, - skoro pan jesteś Anglikiem, to mi pan zabieraj się ztąd natychmiast, albo pan uczujesz na twarzy palce nie ręki mojej, choć pan jesteś clownem! 

I zaiste, chociaż był clownem, byłby uczuł palce w but odzianej stopy, gdy nie był znikł natychmiast. 

Wtedy to Clovy zajął opróżnione miejsce. Były "minstrel" zaangażował się teraz jako "człowiek do wszelkich posług", produkował się na scenie, opiekował się końmi lub też i w kuchni pomagał, skoro pani potrzebowała pomocy. Rozumie się, że mówił po francusku, chociaż akcentem mocno cudzoziemskim. 

Był zresztą człowiekiem pospolitego umysłu, miał lat trzydzieści pięć, a chociaż w obec publiczności wesołym swym humorem umiał wszystkich pobudzać do śmiechu, to przecież w prywatnem życiu melancholicznego był usposobienia. Zapatrywał się na sprawy z ciemnego stanowiska i ostatecznie nie można było temu się dziwić, gdyż nie mógł się uważać za jednego ze szczęśliwców na tej ziemi. Z kościstemi swemi rękami, wydłużoną twarzą, włosami koloru słomianego, owczemi oczyma i nosem fenomenalnie długim, na którym mógł pomieścić pół tuzina binokli, co zawsze wywoływało wybuchy śmiechu, - z kłapiastemi uszami, długą jak u bociana szyją i chudym tułowiem spoczywającym na cieniutkich nogach, wyglądał bardzo dziwacznie. 

A przecież nie żalił się nigdy, chyba że, - był to właśnie ulubiony zwrot w jego mowie, - szczególne nieszczęście dawało mu powód do narzekania. Przytem zaś od czasu przyłączenia się do Kaskabelów, wielce się przywiązał do poczciwych tych ludzi, a oni znów ze swej strony, nie mogliby się byli obejść bez swojego Clovy. 

Taki to był, że się tak wyrazimy, żywioł ludzki w tej trupie wędrownej. 

Co zaś do żywiołu zwierzęcego, to reprezentowały go dwa piękne psy; jeden legawiec, - doskonały do polowania i znakomity stróż domu na kołach, - i pojętny bardzo i inteligentny pudel, który niezawodnie mógłby był zostać członkiem "Instytutu", gdyby władze umysłowe psiego rodu we Francyi wynagradzano na równi z ludzkiemi. 

Oprócz tych psów musimy przedstawić także małą małpkę, która godnym była rywalem Clovy'ego przy wzajemnem przesadzaniu się w wykrzywianiu twarzy i u publiczności budziła wątpliwość komu należy przyznać palmę pierwszeństwa. Była także papuga. Dżako, pochodząca z Jawy, która gadała i paplała i śpiewała i gwizdała przez dziesięć godzin z pomiedzy dwunastu, dzięki nauczycielowi swemu i przyjacielowi Sanderowi. W końcu dwa konie, dwa poczciwe stare konie, ciągnęły wóz i trudno przypuścić, by ich nogi, trochę już zesztywniałe wiekiem, przedłużyły się przemierzywszy Bóg wie ile mil w tym kraju. 

A czy nie ciekawiście poznać nazw tych dwóch poczciwych rumaków? Jeden z nich nazywał się Vermont, jak zwycięzki koń p. Delamarre'a, a drugi Gladiator, jak wyścigowiec hr. de Lagrange'a. O tak, nosiły te nazwy tak sławne na wyścigach francuzkich, a przecież nigdy im przez myśl nie przychodziło współubiegać się o wielką nagrodę paryską. 

Co do psów, to legawiec nazywał się Wagram, a pudel Marengo; nie potrzeba zaś tłómaczyć, komu zawdzięczały te sławne historyczne nazwy. 

Małpę zaś - nazwano John Bull z tej prostej przyczyny, że była tak brzydką. 

Cóż robić? Musimy wybaczyć tę manię p. Kaskabelowi, gdyż ostatecznie pochodziła z uczuć patryotycznych, co ją usprawiedliwia nawet w czasach gdy tak skrajne uczucia nie mają już racyi bytu. 

- Czyż byłoby rzeczą możliwą, - mawiał niekiedy, - nie czcić męża, który zawołał pośród gradu kul: "Trzymajcie się piór mego kapelusza, zawsze je ujrzycie etc.?" 

A kiedy mu przypomniano, że to Henryk IV wyrzekł piękne te słowa, to odpowiadał: 

- Być to może, ale Napoleon miałby był prawo je wyrzec!